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Accueil du site > Actualités > Médias > Les télés locales : à quoi servent-elles ?

Les télés locales : à quoi servent-elles ?

Les télés locales, "ça eût payé...Mais ça paie plus !" Au moment où les regards se tournent vers le projet de réforme du service public audiovisuel, on assiste à des baisses d’audience et à des réductions des effectifs dans les chaînes locales. C’est une période noire. Même M6 et TV Breizh (filiale de TF1) sont en difficulté et doivent prendre de mesures drastiques.

Déjà en 2007, TV7 Bordeaux, la chaîne locale la plus regardée, avait taillé dans ses effectifs. Cette année, Télé Toulouse (TLT) est en cessation de paiements, Orléans TV est abandonné par le groupe Hersant Médias et Télé Lyon Métropole (TLM) supprime des postes.

C’est la crise et pourtant, ce sont des groupes importants qui financent ces chaînes locales : Le Groupe Lagardère, par exemple est un des actionnaires de Télé Toulouse.

Plus de décrochages locaux à M6 :

Les grosses chaînes souffrent aussi, ainsi M6 qui abandonne ses cinq derniers flashes info en images, les "6 minutes" de Bordeaux, Lille, Lyon, Marseille et Toulouse. Cette recentralisation n’est pas provoquée par des difficultés économiques, puisque les parts d’audience nationale de la chaîne sont en hausse. Le succès national de cette formule avait conduit la chaîne à procéder à des décrochages quotidiens dans plusieurs grandes villes, souvent en partenariat avec la presse quotidienne régionale. 12 décrochages régionaux interviennent du lundi au vendredi à 20h35 à Bordeaux, Lille, Tours, Marseille, Nantes, Montpellier, Lyon, Nancy, Grenoble, Rennes, Nice et Toulouse (source : CSA, données 2005)

C’est donc la fin d’une formule qui avait réussi à séduire son public mais il est vrai que M6 n’a jamais été une chaîne très productive d’émissions d’information.

Breizh anatomy :

Columbo ou Grey’s anatomy en breton, c’est d’un intérêt limité, même si cela permet de perfectionner son breton. TV Breizh, filiale de TF1 basée à Lorient, a donc décidé de laisser tomber la diffusion de séries ou films doublés en breton et de son journal local pour devenir une "mini-généraliste" classique. Déjà en 2003, TV Breizh avait annoncé la réduction du temps d’antenne des programmes régionaux, en raison des pertes financières pour opérer une mutation : "moins bretonne et plus généraliste". La concurrence du câble et du satellite se faisant aussi sentir. Dans cette logique, la rentrée avait vu disparaître de la grille des programmes un magazine hebdomadaire en langue bretonne. En janvier prochain, c’est la diffusion du journal régional quotidien en français de 7 minutes, qui est supprimée.

Aujourd’hui, ce sont les programmes doublés qui sont sacrifiés. Ils "n’étaient plus suffisamment générateurs d’audience", selon M. Desgrées du Lou, directeur de la chaîne. "Nous voulons réaffecter nos ressources vers des programmes plus puissants et plus générateurs d’audience", a-t-il dit, expliquant que TV Breizh avait vocation à être une chaîne "mini-généraliste payante". Pour le moment, la chaîne n’est pas moribonde. Elle emploie 42 personnes et "doit présenter un résultat positif en 2008".

Mais la fin de l’analogique va-t-elle signer la mort des chaînes locales ? Dans une interview donnée à Télérama le 3 septembre 2008, le PDG de TF1 annonçait que TV Breizh serait la chaîne "bonus" du groupe sur la TNT lors de l’arrêt de la diffusion analogique en 2011. TV Breizh sera "reformatée" pour l’arrivée sur la TNT gratuite en 2011.

Le virage vers un contenu plus généraliste en vue de rester dans la course à l’audience face à la multiplication des chaînes câblées et satellite, fait perdre peu à peu leur spécificité régionale aux chaînes locales et l’on se demande, dès lors, à quoi elles servent si elles s’orientent vers le conformisme et vers l’uniformité.

La loi du 5 mars 2007 relative à la modernisation de la diffusion audiovisuelle et à la télévision du futur a prévu des facilités pour la mise en œuvre du basculement vers le numérique des télévisions locales. Mais si "modernisation" veut dire "uniformité" et course à l’audience, les chaînes locales perdront complètement leur cachet local et n’auront plus rien d’original par rapport aux chaînes nationales et internationales.

A quoi serviront donc ces chaînes locales qui n’auront plus rien de régional ? Et d’ailleurs auront-elles leur place dans la future réforme ?


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13 réactions à cet article    


  • Dr. Larsen Mr Hyde 18 novembre 2008 10:58

    Bah, tout ça c’ est avant tout de l’ economie.

    C’ est comme ça partout, dans bien des secteurs, les groupes ont tendance à ratisser large...

    Ne pas viser un segment de marché trop restreint, on apprend ça en premiere année de BTS !!

    C’ est pareil partout, les gros rachetent les petits.... Regardez le nombre de petits commerces qui mettent les clefs sous la porte ou qui se font racheter par des grosses enseignes !!

    Le resultat de tout ça, c’ est que pour le consommateur le choix se restreint... On mange tous les mêmes marques de supermarché, on achete tous nos apparts dans les mêmes agences, on part tous en vacances dans les mêmes clubs de vacances, on achete tous des disques Universal, Sony...



    • Lisa SION 2 Lisa SION 2 18 novembre 2008 11:15

      Chaque grand groupe devrait se comporter comme ce " Grand Frère " qui accompagne par la main ses cadets que sont les télés locales. Mais, la compétition est telle qu’ils abandonnent ces poids morts inutiles comme de simples valises sur le bord du chemin. De toutes façons, vu qu’il n’y aura un jour plus qu’un grand groupe géant qui aura mangé tous les autres et diffusera du matin jusqu’au soir, sa pensée unique entrecoupée de flash de pub maison et répétitives...tives...tves...tvs...tv...tv...tv...tv...

      C’est la même erreur qui a tué le chemin de fer local. Bien sûr il y a plus de passagers entre Paris et Lyon qu’entre Montluçon et Aygurande, mais en maintenant un prix raisonnable sur les grands axes, ceux-çi auraient pu parrainer de petites lignes déficitaires. Un matériel plus léger, au prix de revient plus faible sur la ligne Clermont Nimes, traçée par Jean Eiffel ( près de cent cinquante tunnels et viaducs, quand même...) aurait sauvé cette petite ligne fleuron de notre civilisation. Le chemin de fer a tué les canaux, l’autoroute tue le chemin de fer, internet tuera la télé.

      De toutes façons, les télés hyper-passives sont condamnées par internet interactif.


      • Marc Bruxman 18 novembre 2008 22:32

        				

        								
        				
        					Chaque grand groupe devrait se comporter comme ce " Grand Frère " qui accompagne par la main ses cadets que sont les télés locales.

        Non la télé locale peut être rentable. Elle peut même faire une audience non négligeable sur le plan local. Et pour certains commerces, faire de la pub sur ces chaines a un intérêt certain. 

        Ce qui tue la télé locale, c’est le CSA et la réglementation complétement inadaptée. 



      • La Taverne des Poètes 18 novembre 2008 11:43

        Les chaînes thématiques réclament un statut spécifique. Lire ici. Mais rien pour les chaînes locales. En France, le parisianisme fait sa loi.


        • La Taverne des Poètes 18 novembre 2008 11:46

          Et les petites radios aussi... ?


        • LE CHAT LE CHAT 18 novembre 2008 15:20

          TV breizh a un programme composé surtout de redifs de columbo et d’arabesque ! une alternative aux somnifère ! on devrait prescrire aux insomniaques !  smiley


          • Absurde Absurde 18 novembre 2008 16:01

            Les chaînes locales, connais pas. Je vis dans le Sud-est, actuellement les Alpes de Haute-Provence, où il n’existe que les programmes locaux de France 3, qui se résument à des actus qui concernent surtout la région de Marseille, et à des magazines qui doivent être diffusés le week-end, l’après-midi, je n’en sais pas plus, j’ai vécu dans les Alpes-Maritimes et le Var où c’est idem. Il est vrai que je n’ai ni câble ni satellite, n’étant pas franchement accro à la télé, et que niveau TNT on ne reçoit ici que France 5, Arte et LCP. Les radios locales on en a quelques-unes, essentiellement commerciales, ce qui veut dire variétés et pub, pub et variétés. 
            Alors c’est quoi une chaîne locale, à la lecture de cet article ? Une filiale d’un gros groupe qui investit dans l’autochtone et le patoisant ? Ce qui veut dire que malgré le peu d’argent que coûte désormais le matos audiovisuel, le CSA estime que vous et moi ne sommes pas capables de parler de ce qui se passe dans le coin où nous visons aux gens qui y vivent aussi, et surtout avec eux ? Qu’il faut en passer par la bénédiction des aparatchiks pour ça ?
            On a vu ce que ça a donné, les radios libres. On sait tous qu’il y a des tonnes de fréquences disponibles sur les petites ondes et les ondes moyennes où des gens comme vous et moi pourraient parfaitement donner la parole à des gens comme vous et moi là où nous sommes. Sauf que c’est interdit pas la loi française. Sauf que le CSA est là pour veiller à ce que ça ne se fasse pas. Et puis à quoi bon, puisque c’est désormais tout à fait possible de faire ça sur le web ? 

            Questions subsidiaires ; pour quel auditoire ? Existe-t-il une réelle demande ? Cela répond-il à un besoin chiffré ? Ce débat a-t-il encore lieu d’être ? 

            Au Canada, vous avez une chaîne publique qui est représentée dans chaque province, et qui produit une télé purement locale qui parle de la vie des gens qui la regardent. Si vous voulez vous faire une idée, allez-y voir par vous-mêmes :

            www.craftytv.com/tv/index/filter/Canada%20in%20english/page1

            Aux Etats-Unis, les chaînes locales sont soit indépendantes, soit elles dépendent de groupes tels que NBC, CBS, ABC... Le fait est qu’elles existent et qu’elles se déclinent aussi en télés communautaires. 
            Nous, on en est encore, grosso modo, à l’Ortf. Déjà, pour le prix de la redevance qui nous est demandé, on a quoi à se mettre sous la dent ? Même pas une demi-douzaine de chaînes qui reflètent la vacuité sépulcrale de ce qu’est devenue notre culture, servie par les fils-de agréés. A quoi je veux en venir ? A ceci. Pour qu’une télévision régionale ait pu exister, se développer, toucher les gens, durer, il aurait déjà fallu au départ que nous soyions éduqués à l’intérêt de l’outil télévisuel. Or ça ne s’est jamais fait. La télé en France n’a jamais été envisagée autrement que comme une espèce de pis-aller pseudo-culturel mis à place à l’intention des malheureux qui ne disposent pas d’autre chose de plus passionnant pour tuer leurs soirées. Les "bouquets" sont venus ensuite avec leur cortège d’abonnements juteux, mais sans rien changer à la donne. La télé c’est d’un côté ceux qui la font, et de l’autre ceux qui sont supposés la regarder, sans qu’il y ait jamais d’interaction entre les deux. Si on avait voulu ouvrir l’antenne, à un moment donné, à une forme populaire de libre expression au niveau local, la télé n’en serait pas là où elle en est. Telle quelle, elle est condamnée à disparaître. Les pratiques sont en train de changer, le mouvement est inexorable, les écrans vont s’ouvrir sur d’autres horizons où le CSA à la soviétique sera dans le même rôle que la Sacem aujourd’hui, dans l’éternel débat sur la propriété intellectuelle. 


            • LE CHAT LE CHAT 18 novembre 2008 16:10

              à Marseille , y’a OM TV 24H/24 mais faut être fan ....


            • Gasty Gasty 18 novembre 2008 19:14

              Petite remarque, je reçois TV Breizh par la TNT sur Rennes. La région bretagne n’est peut etre pas désservi dans sa totalité, je l’ignore.


              • Marc Bruxman 18 novembre 2008 22:29

                Que les télés locales soient en difficultés ce n’est pas nouveau. Dans ma région d’origine, TV 8 Mont Blanc crée par un industriel passionné (qui avait fait fortune avant) a englouti des millions avant que son fondateur ne jette l’éponge. Et que l’on ai un écran noir. La chaine a réssuscité quelques années plus tard avec un soutient des collectivités locales. 

                J’avais pu en discuter avec les gens qui y bossaient (à l’époque du dépot de Bilan) et qui étaient ma foi très sympa. Les raisons de l’échec du projet étaient :

                • Le monopole de TDF sur la diffusion. TDF leur facturait une vrai fortune pour diffuser la chaine. Un scandale. Ce monopole a aujourd’hui sauté et certaines chaines commencent à déployer leurs propres émétteurs car cela revient largement moins cher. 
                • Les restrictions débiles du CSA : La plus belle ? L’interdiction de la pub pour les grandes surfaces à la télé. Pourquoi ? Pour protéger la radio ! Résultat, alors que plein de grandes surfaces auraient bien voulu payer cette chaine pour qu’elle diffuse leur pub, elles ne pouvaient pas. Privés d’annonceurs,
                Pour avoir des chaines locales libres et de qualité, il suffirait de laisser à qui il veut la liberté d’émettre. Il y a suffisamment de canaux hertzien pour cela si l’on était pas de mauvaise fois (faites du zapping en italie pour vous en convaincre sachant que la TNT améliore largement les choses d’un point de vue technique). Si vous avez en France une télé de merde, il ne faut pas regarder plus loin que ca. 

                Vive l’internet, on sera bientot libéré du CSA. Et vive le streaming !

                • La Taverne des Poètes 19 novembre 2008 09:00

                  Les chaînes privées (TF1, M6 et Canal+) devraient échapper à la taxe prévue par la réforme de l’audiovisuel, selon Le Figaro. Le principe de la taxe sera voté mais dans la réalité, les chaînes ne paieront pas.


                  • Michel Lamarque 19 novembre 2008 14:31

                    Article bien documenté, le panorama de la TV locale n’est pas très folichon ! En France et même en Espagne, où le réseau Localia est abandonné par son fondateur le groupe Prisa (El País).

                    La fin des haricots ? En fait ce qu’il manque souvent, c’est un vrai modèle économique, c’est à dire un équilibre entre une offre de programmes, son coût, l’appétit des téléspectateurs et les possibilités des annonceurs ...

                    Cet équilibre peut exister, comme chez nous sur TVPI à Bayonne. La chaîne gagne des sous et se développe ... à voir sur www.tvpi.fr ! ML



                     


                    • La Taverne des Poètes 19 novembre 2008 17:05

                      Les députés UMP réduisent de moitié la future taxe sur les chaînes privées. La décision a été prise en commission. Il faut attendre la séance publique de l’Assemblée nationale, à partir du 25 novembre.

                      Cela ne permettra pas de compenser la perte des recettes publiciaires. Va-t-on vers un service public au rabais ?

                      Source : Le Monde


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