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Accueil du site > Actualités > Médias > Libération : le plan Plenel

Libération : le plan Plenel

J’en parlais récemment dans mon blog, le projet de l’ancien directeur de la rédaction du Monde, Edwy Plenel, pour Libération a été rendu public cette semaine. Vous pouvez le télécharger ici.

Petite tentative d’analyse...

Sur la situation du journal Libération, Edwy Plenel livre plusieurs chiffres intéressants : 30 millions d’euros de dettes, 13 millions d’euros de perte annuelle, dans ce qu’il qualifie de « spirale dépressive ». La vente en kiosques de Libé est, quant à elle, « à moins de 80 000 exemplaires ». La situation n’est pas aussi désespérée, puisque, comme il le précise un peu plus loin, la procédure de sauvegarde demandée par le journal lui a permis de gagner du temps.

Qu’est-ce qu’une procédure de sauvegarde ? C’est un dispositif nouveau, mis en place par la loi du 26 juillet 2005, pour venir en aide aux entreprises en difficulté et leur éviter la faillite. A l’issue d’une période d’observation - ici, de six mois - un plan sera arrêté par le Tribunal de commerce de Paris. Un administrateur judiciaire - en l’occurrence Régis Valliot - est nommé par le tribunal, pour surveiller la gestion. Et éviter de nouveaux dérapages. Les dirigeants restent à leur poste, tout comme les salariés. D’après la loi, le plan peut avoir une durée maximum de dix ans. Ce que Plenel interprète, d’une façon un peu hâtive - car rien n’est encore décidé - par : "Les dettes, le problème est réglé, il y a la sauvegarde. Elles sont étalées sur dix ans.« 

Les causes, Edwy Plenel les désigne clairement :  »absence de rigueur de gestion, absence de vigilance des actionnaires, manque de dynamisme collectif". Très politique, il évite de critiquer uniquement les dirigeants, ou les actionnaires, ou les salariés. On peut avoir une vision différente des choses et penser que perdre vingt millions d’euros en six mois - Edouard de Rotschild est entré au capital de Libération en avril 2005, au point de frôler la cessation de paiements, relève difficilement de la responsabilité des salariés.

Edwy Plenel dit d’ailleurs, quelques lignes plus loin : "Puisque la question a été posée de changer la gouvernance de Libération, je dis ma position : [...] si cela veut dire que les dirigeants soient rigoureux dans leur gestion et veillent à la situation financière comme s’il s’agissait de leur propre argent et non pas de celui des autres [...], je suis pour." Des phrases tout de même très dures, alors qu’il appelle seulement les actionnaires à être « vigilants et responsables » et les salariés à être « rassemblés ».

Le plan que propose Edwy Plenel, il préfère parler de projet, s’articule autour de quatre axes : "un plan rédactionnel, ensuite un plan commercial, dont découle un plan d’économie [...] et dont découle un plan de recapitalisation".

Le plan rédactionnel est très clair, pour ce qui est de l’organisation. Et très flou pour ce qui concerne le fond.

Sur l’organisation, d’abord. Edwy Plenel veut créer une « plate-forme rédactionnelle » qui produise « plusieurs contenus ». Ces contenus sont destinés prioritairement au Web, ensuite au quotidien papier et à un magazine hebdomadaire.

Sur le Web, ils se déclinent sous la forme d’articles, de blogs de journalistes, il s’agit, si on comprend bien, de créer des micro communautés autour des journalistes de Libé, "de service, programme, conso...« et »d’inventions propres au Web", que Libé n’a pas encore travaillées. On sait qu’une « radio Libé » est d’ores et déjà en préparation, pour diffusion sur le site.

En ce qui concerne Internet, le mot d’ordre d’Edwy Plenel est clair : « Le Web doit être un lieu de recette. »

La logique est celle du payant, sur le modèle revendiqué du Parisien, qui a adopté toute une gamme de micropaiements, "à l’article, à la semaine, au nombre d’articles« . Plenel mentionne aussi la possibilité d’un  »abonnement premium", on pense à Salon magazine aux Etats-Unis et cite le modèle d’El Pais, qui permet d’imprimer des éditions sur mesure, en fonction des centres d’intérêt.

Le Web serait également rentabilisé par la publicité. "Les recettes du Web sont devant nous, écrit Plenel. Avec son audience, le fait que le Web n’ait pas la publicité qu’il devrait avoir est stupéfiant."

Du quotidien papier on sait qu’il serait "resserré, mobile, pas figé, très sélectif", délesté de ce qui sera mieux traité sur le Web. Avec une une très souple et très forte, sur le modèle des quotidiens anglo-saxons.

L’hebdomadaire serait axé sur le "magazine, le long reportage, le long portrait, le long papier de réflexion", sur le modèle - excusez du peu - du New Yorker, de Harper’s, du Times Literary Suplement ou de la New York Review of Books. Le plus amusant, c’est qu’Edwy Plenel précise un peu plus tôt que cet hebdomadaire ne serait « pas très difficile à faire ». Les journalistes anglo-saxons seront sans nul doute très impressionnés par les immenses capacités des journalistes de Libé, capables de produire des articles, des blogs et, accessoirement, sans doute sur leur temps perdu, un New Yorker, "vendu séparément" ! Une chose est sûre, c’est qu’on n’est pas près d’aller faire un stage là-bas !

Pour conduire ce projet à terme, Edwy Plenel est très clair : « Il faudra des sacrifices », c’est-à-dire "réduire la pagination et réduire les effectifs". Il n’apporte aucune précision sur le nombre de licenciements envisagés. Mais la logique est claire. Le seul service épargné sera la force commerciale, qui pourrait même être renforcé.

Sur le fond... « On a perdu le lecteur de vue », explique Plenel, qui indique qu’une « place est à prendre », celle de "quotidien de gauche« . »Ce n’est plus l’image du Monde, ce n’est pas évidemment l’image du Figaro", poursuit-il. Les anciens collègues de Plenel au Monde apprécieront...

Cette place, comment l’occuper ? Là, on reconnaît la patte Plenel : en imposant son « propre agenda », en bousculant sa une, en n’hésitant pas à sortir des scoops ou à « monter des sujets ». Rien de nouveau par rapport à ce qu’il a fait au Monde.

Quant à la fameuse petite phrase sur Sarkozy, elle apparaît dans les questions-réponses entre Plenel et la rédaction de Libé, que l’on peut télécharger ici.

Voici l’extrait :

"[...] Il me paraît évident vu la définition que j’ai donnée de Libération -je le dis aussi en tant que lecteur- que Libération doit être - il n’y a rien d’indigne à cela - un journal de combat contre Nicolas Sarkozy. Cela ne veut pas dire que c’est simplement un journal d’opinion, un journal qui ferait que du commentaire contre Sarkozy. C’est un journal qui, quand les jeunes meurent le jeudi à Clichy, titre : « Non il n’y a pas la version des jeunes et de la police. Il n’y en a qu’une : c’est la police qui ment. » Et l’agenda de Monsieur Sarkozy, nous le bousculons, parce qu’il y a eu mensonge qui a duré pendant une semaine."

Je maintiens que tout cela ne fait pas une politique éditoriale... En conclusion, je retiens cette phrase terrible, et très injuste aussi, restée sans réponse : "Nous continuons à faire des journaux payants en regardant la télévision, en écoutant la radio ou en lisant Yahoo News. Sans essayer de répondre à la question : qu’est-ce qui va légitimer le fait qu’on nous achète ?"

Car derrière tout cela, il y a un fantôme plus effrayant encore pour Libé, la presse gratuite...


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33 réactions à cet article    


  • TEO (---.---.76.217) 19 octobre 2006 13:58

    Considérant que Plenel est sans beaucoup de conteste possible un des meilleurs journalistes français... je suis curieux de voir ce que donnerait son projet pour Libé... Forcément mieux que la merde molle et inintelligente qu’est devenu libé depuis quelques temps. Attendons de voir.


    • Didier H. (---.---.103.127) 1er novembre 2006 10:49

      Je partage votre opinion. Un journal qui perd son âme et conserve son titre est plus proche du coma que de l’intelligence. La presse en France à besoin de pluralité.

      D.


    • l’aberration (---.---.64.135) 19 octobre 2006 14:12

      d’apres le canard le projet plenel serait Réduction des effectifs et site web payant,autant que libé c’est mort !

      C’est marrant d’entendre "c’est le seul quotidien de gauche ,sauvez le !« .Comme »le monde " on le saurait si libé etait de gauche !


      • Algunet (---.---.25.73) 19 octobre 2006 15:00

        Libé s’est totalement descredité aux yeux de ceux qui cherchent une information VRAIE car ce ne sont que des articles de partis pris et si le fait dérange, tant pis, Libé passe outre : qu’il pleuve et ce journal d’information te dit qu’il fait beau et comment se mettre de la crème solaire...


        • dapeacemaker (---.---.1.14) 20 octobre 2006 11:31

          pour tous ceux qui denigre le contenu de libé je tiens a dire Bravo !

          mais ce n est pas le seul a mentir.... d ailleur si ququn connais un journal qui n est pas tenu de mentir, donnez moi son nom je vous en prie !

          pkoi ment il ? parce qu il est un outil... http://fr.wikipedia.org/wiki/Lib%C3%A9ration_(journal)

          Fondé sous l’égide de Jean-Paul Sartre... Respect ! mais le pauvre s est fait detourné son journal : Arrivée d’Édouard de Rothschild En 2005, le journal, a besoin d’un nouveau financement. Serge July se bat alors pour l’entrée dans le capital d’Édouard de Rothschild, et celui-ci est accepté par le conseil d’administration le 20 janvier.

          .... toujours les memes noms partout.

          Power is nothing without control... et certains l ont bien compris.


        • Sam (---.---.116.120) 19 octobre 2006 15:04

          Plenel à la peine.

          Plenel en plein dans le modèle à éviter : on se concentre sur la pub et on cherche à morceliser l’info pour avoir plein de petits morceaux à vendre.

          Pognon, pognon, vendre, vendre.

          Un lecteur veut du texte fort et pas cher, parce que tout augmente sauf les salaires et parce que, déjà, les journaux sont chers et, qu’enfin, les quotidiens viennent après les magazines, dans les achats.

          Comble, quand on s’appelle Plenel, quand a une cervelle d’analyste réputée et qu’on est issue d’une frange politique luttant pour le citoyen, ce « patron » n’évoque pas la crise au coeur des problèmes de Libération : manque de lectorat.

          Pourquoi ?

          Glissement à droite depuis « Vive la crise », ce qui est très bien analysé par Rimbert, qui stimagtise l’influence nocive de la pensée Rosanvallon, entre autres. Donc, perte progressive d’un lectorat de gauche et populaire.

          Enfoncement dans le système pub, qui attelle les contenus et enchaine les initiatives à une réussite financière qu’elle-même condamne à l’échec, puisque cette même pub génére des contenus de plus en plus acquis aux milieux financiers-industriels-politiques libéraux, ce qui fait perdre des lecteurs.

          Enfin, Plenel est à l’aise avec « les petites mains » de Libération. Ils vont devoir fournir trois fois plus de contenus, multiplier les enquêtes et les reportages (pour les pages dossier/hebdo)en étant moins nombreux. A l’intérim, est-il prévu d’embaucher des déesses Shiva aux sept bras ?..

          Enfin, July gagnait 30 patates/mois, combien se fera Plenel pour dorer la pilule à ces pauvres stakanovistes de la plume, le temps que Rotschild tire définitivement l’échelle et que Plenel se soit bien rempli sa tirelire ?..

          Par ailleurs, on nous a détaillé les envolées du gotha, du gratin du journalisme..Que pense la base ?

          Qui ira demander aux anonymes, aux pigistes, aux secrétaires, à la maquette, aux webmestres de ce canard qui n’en finit pas de se trainer, que s’en est pitoyable... ?


          • Bernard Dugué Bernard Dugué 19 octobre 2006 15:25

            Une piste que j’évoque, en ignorant presque tout de la situation du journal

            Il paraît que la tendance actuelle dans nombre d’entreprise se fait au profit de l’encadrement, sureprésenté et bien payé, travaillant peu, alors que les employés et autres ouvrier triment pour des salaires qui ne décollent pas. Et si Libé n’avait pas su investir sur les gens qui travaillent du cerveau, et si Libé avait été ponctionné par quelques dizaines de profiteurs ?

            Il y aura bien un ancien pigiste de passage pour dire si cela est exact


            • Le Hérisson Le Hérisson 19 octobre 2006 17:26

              Effectivement, je suis d’accord avec vous : on ne peut pas faire un journal « contre »... ni d’ailleurs un quelconque projet d’entreprise. D’autre part, en tant que journaliste moi-même, je trouve des plus discutables la posture qu’avait Plénel au monde. Sautant sans arrêt sur le scoop, au mépris parfois de la vérité, sans vérifier, (souvenons nous de la fausse maison de Mitterrand par ex...). De plus, ce personnage me semble ne pas avoir réglé son passé trotskiste. Plénel, quand il était au Monde, semblait avoir qq peu oublié la charte déontologique des journalistes qui stipule notamment qu’un journaliste ne doit pas se prendre pour « un justicier ». Je lis Libération depuis presque toujours, plusieurs de mes courriers de lecteur y ont été publiés, dont un en tête de chronique au lendemain du fameux 21 avril 2002. Je suis très triste de ce qui arrive au journal et encore plus attéré qu’il fasse appel à Plénel.


              • MAKHNO (---.---.143.66) 19 octobre 2006 18:00

                Je ne suis pas surpris de la déroute de Libé. Au départ, c’était un journal militant et antiestablishment et puis il y a eu le Libé de la deuxième mouture avec l’apparition de rubriques bourses et autres hochets pour bobo. Libé n’est plus un journal de gauche mais reste le seul quotidien au style impertinent. De lecteur assidu, je suis devenu lecteur occasionnel. Et chaque fois que je l’achète, je suis déçu. Des titres raccoleurs sans contenu journalistique. Ce journal ne donne plus envie de le lire. Si le nombre de lecteurs a baissé sensiblement, c’est qu’il ne correspond plus aux attentes. Le choix a été fait un moment donné d’avoir comme coeur de cible : les bobos parisiens. Les articles sont devenus superficiels. Plenel est un arriviste issu du trotskisme, trop manichéen et imbu de sa personne. Chercher un sauveur,Plenel, voila la solution... C’est dans l’air du temps, on a déjà Sarko en politique. La dérive date de l’ère July. Il a insulté ses lecteurs aprés le référendum sur la constitution européenne. Je pense que le masochisme des lecteurs a une limite. Pour terminer, certains magazines se portent bien et ce sans publicité.Je citerai : Marianne, Charlie hebdo, le canard enchaîné, le monde diplomatique.


                • Gregz (---.---.127.56) 19 octobre 2006 18:04

                  Je trouve que le projet de Plenel a du sens : moderniser drastiquement le journal afin de relancer sa viabilité économique, en lui redonnant pleinement son ambition originelle d’être un journal de gauche.


                  • chantecler (---.---.237.238) 19 octobre 2006 18:24

                    @ Libé:votre problème est complexe:le financement,sa relance,son positionnement,sa déontologie. Libé a été créé grace à l’engagement de J.P Sartre,dans une période historique précise.Sartre reste à mes yeux le philosophe,l’écrivain,l’homme engagé,l’homme d’action du 20é siécle.Je n’en fais pas pour autant une idole mais il me semble impossible de le faire passer à la trappe tant il a laissé d’empreintes.On peut lui reprocher certaines choses mais il a toujours combattu le fascisme,le racisme,l’antisémitisme etc,et était profondément démocrate(vertu du dialogue),ce qui fait que nombre de jeunes,de salariés+- modestes,d’étudiants et d’intellectuels ont soutenu ce journal.Tout ceci pour dire que la dynamique initiale de Libé était son engagement à gauche,mais critique et anti doxa.Donc impossible de relancer le journal sans se reférer à cette dynamique historique et pas seulement financière ou élitiste. Le financement:je préfèrerais que cela redémarre par souscription,pour ancrer le journal,mais la mécanique est si lourde qu’il me semble qu’un financement extérieur est nécessaire.Il faudrait donc retrouver un système dialectique.Mais ne comptez pas sur moi pour acheter le nouveau Libé si celui-ci est truffé de publicité:je douterais,à priori et par expérience, de son indépendance. Le net peut inciter à acheter le journal:il suffit d’en donner des éléments,et de renvoyer le webeur intéressé à son achat.J’ajouterais que certains lecteurs n’ont pas la possibilité de l’acheter tous les jours, mais qu’un n° spécial week-end / synthèse de la semaine,avec certains rebonds, me conviendrait bien,avec exception pendant les périodes « chargées ».Voila : bonne chance.

                    PS:penser aux pigistes qui peuvent boucler leur fin de mois en écrivant des articles,et éviter de trop bichonner les « cerveaux » trop payés.


                    • (---.---.227.191) 19 octobre 2006 18:33

                      Etudiant, entre autres je lisais beaucoup Libé. Puis en travaillant, en évoluant avec la vie, Libé me donnait la nausée. Je l’ai jeté. Maintenant je lis le Monde, Marianne et Le Parisien. Je n’ai pas acheté un seul exmplaire depuis au moins 3 ans au moins, terminé.

                      Sous July, Libé était déjà un journal d’opinion sans aucune investigation, beaucoup d’articles superficiels branchouilles et d’interviews pour bobo. Interviews toujours sortis de la meme caste ! Je n’appelle pas cela un journal mais une tribune.

                      D’après le message de Plenel, çà va être pire !! Donc aucune chance pour Libé de capter de nouveaux lecteurs. Bref, ce journal en déclin va rester pour le ghetto bobo qui tourne en rond entre St Germain et le Marais, et pour les étudiants gauchos imbus.

                      Plenel n’a pas compris que le « journalisme » écrit depuis son bureau parisien sans bouger son cul de son siège en écrivant ses opinions (de gauche) qui passent par la tête est terminé !? car pesonne n’en veut plus ?!

                      La mort de Libé est signée


                      • ancillae (---.---.184.231) 19 octobre 2006 19:05

                        Il est toujours dommageable de voir la fin d’un journal ! messieurs ne brulez pas en place publique ce qui peut etre l’expression de notre liberté, sauvons Libé,le petit peuple veut lire des choses intelligentes, mais ne veut pas se faire manipuler.... aidez nous, têtes pleines !!!!


                        • Cool-Fahrenheit (---.---.227.191) 19 octobre 2006 19:20

                          « le petit peuple ... ne veut pas se faire manipuler » ? Dans ce cas là, il faut effectivement supprimer Libé !! Avec l’Huma (tiens, çà existe encore çà ?) il n’y a pas journal plus diffuseur de l’idéologie gauchiste dépassée que Libé !


                        • Marc Bruxmazn (---.---.48.80) 19 octobre 2006 20:07

                          L’huma ca existe encore mais le jour ou j’ai voulu en trouver un en quiosque pour ne pas mourrir idiot, j’ai galéré.

                          Bizarrement j’étais décu je m’attendais à un truc trés communiste (a la indymedia) et il sont bien bien à gauche certes mais ca garde une certaine dignité ;)

                          Aprés je ne sais pas si on est trés crédible pour diffuser une idéologie de gauche quand on appartient à un marchand d’armes ;)


                        • Zamenhof (---.---.193.97) 19 octobre 2006 20:58

                          Si onregarde les statistiques de diffusioon sur les 3 dernières années : Le Monde et Libération ont vu leurs ventes chuter de 12%. Dans le même temps l’Humanité (à partir d’une diffusion bien moindre en valeur absolu il est vrai) a vu ses ventes s’accroître de .... + 12%.

                          quand on lit après certaines logorrhées anticommuniste sur ce journal, on sourit légèrement. ET quand on a eu l’occasion de dcortiquer toute la malhonnêteté et l’aspect propagande qui ne dit pas son nom dans ces journaux « de référence » comme Le Monde et Libé, ces chiffres font plaisir : bien fait pour aux, les lecteurs ne sont donc pas si bêtes. (Et ce n’est pas la concurrence des gratuits ni un biais politique : dans le même temps Le Figaro, ouvertement « honnêtement » de droite se maintient, et la Croix augmente de 5%)

                          Ceci dit , effectivement jusqu’à quand l’Humanité restera un journal sérieux et honnête ? le précédent commentaire soulève LA bonne question :

                          « Après je ne sais pas si on est trés crédible pour diffuser une idéologie de gauche quand on appartient à un marchand d’armes » smiley


                        • Sam (---.---.116.120) 19 octobre 2006 22:47

                          ancillae

                          N’oubliez pas Politis, qui mérite au moins autant que Libération une deuxième chance...


                        • Marc Bruxmazn (---.---.48.80) 19 octobre 2006 20:02

                          Je suis trop jeune pour avoir connu libé il y a longtemps.

                          Tout ce que je peux dire c’est qu’ils ont un problème principal : La qualité des article. Ce n’est pas du tout un point de vue politique. Le Figaro partage à mon sens le même problème. Face à l’info disponible sur internet et sur les gratuits, le prix de libé ou du figaro ne se justifie plus forcément. Même si libé garde un point fort : ses couvertures aguicheuses !

                          Seul « Le Monde » tire encore son épingle du jeu. Et pourtant on ne peut pas dire que je sois fan de la ligne politique du monde, mais ca a l’avantage d’être un minimum réfléchi et ne pas se retrouver en copier / coller de dépéches AFP ou de pseudo remaniements.

                          D’ailleurs c’est triste à dire mais les seules situation ou j’achéte dorénavant la presse c’est avant de prendre le train ou l’avion. Le reste j’y accéde en ligne parfois et souvent gratuitement mais parfois aussi en payant pour avoir accès à du contenu de qualité.

                          Le Wifi a bord des trains et le ePaper risquent bien d’être un gros coup dur pour la vente de journaux. C’est tout un monde qui change. Mais si un milliards de chinois et un milliard d’indiens doivent demain lire autant de journaux par tête que nous, il faudra bien se passer du papier pour sauver la forêt.


                          • Zamenhof (---.---.193.97) 19 octobre 2006 21:05

                            Non, le seul qui tire son épingle du jeu c’est La Croix. qui voit ses ventes croître de 5%. Et pourtant la qualité de ses articles ne me paraît pas fameuse (je l’ai reçu gratuitement pendant un mois). Et c’est assez un journal « béni-oui-oui » (sans jeu de mot ! pas au sens religieux du terme, au sens : conservatisme, respect de l’ordre établi, tendance à croire d’emblée toutes les explications officielles, et relayer toutes les campagnes de propagandes administratives et gouvernementales, manque d’esprit critique et d’effort pour chercher le dessous des cartes) assez anesthésique pour moutons conservateurs. Mais sans doute pas aussi tordu et moins manipulateur que Le Monde.


                          • Marc Bruxman (---.---.48.80) 19 octobre 2006 23:07

                            Je parlais de la qualité des articles ;) Pour les ventes je n’avais pas les stats.

                            Pour la croix ca doit être le vieillissement de la population. J’ai toujours vu que les vieux lire ce machin la.


                          • Jean (---.---.12.139) 19 octobre 2006 22:56

                            Marrant ce plan Plenel, c’est tres exactement le « plan sauvetage » de quelqu’un qui ne comprend rien a la montée des nouvelles formes d’informations...

                            Si libé n’est plus lu, c’est parceque audela de sa posture « de Gauche », c’est un journal qui n’apporte rien, qui est regulierement en retard sur Internet pour ce qui est de l’info international, qui vehicule la meme pensée conformiste que vehicules les autres MSMedia...

                            Moi je ne le lit plus, comme je ne lit plus « Le Monde » non plus (a part le Monde Diplo, qui reste un peu plus libre dans ses analyses), parceque ce journal ne me parle plus, il a pris un violent decalage par rapport a ce que je ressent des evenements, il est conformiste meme dans son soit disant « Anti conformisme ».

                            Pouquoi acheter Libé ou payer pour Libé.net quand on peux acceder gratuitement au « Guardian » a « the independant » ou des sites comme « Dedefensa », qui sont beaucoup plus interressant dans leurs analyses et qui n’hesite pas a prendre de vrais risques par rapport aux versions « tres officielles » que repetent en coeur Libé et consors ?

                            Libé ne prend plus de risque editorial, libé n’est plus lu...


                            • Stef (---.---.20.126) 20 octobre 2006 13:24

                              Jean,

                              j’ai exactement la même analyse que vous. Sauf que je lis encore Libé et le Monde...quand je prend l’avion...


                            • ohlala (---.---.124.230) 19 octobre 2006 23:42

                              Libé. Quel employé, quel patron, quel actionnaire, dans quelle entreprise, a pu rester 32 ans à son poste, fusse-t-il parmi les fondateurs ? Pas sûr que ça existe dans un secteur si chaud. July l’a fait. Sans se rendre compte que le monde tournait. Déjà, dans la posture de commentateur télé pour des publics qui n’avaient jamais ouvert son journal il frisait l’arnaque. Dans le rôle Labellisé Patron de Presse.

                              Plenel. Un autre « patron de presse » arrive et les malheureux font semblant d’y croire.On refait le net, le quotidien, le magazine, ouais allons-y, mais pour quels lecteurs ? Regagner les anciens lecteurs partis ? Trop tard, ils ont goûté à d’autres plaisirs ailleurs, et quand on a quitté, c’est rare qu’on y revienne. Il faudrait un bouleversement de société pour repartir avec un journal.

                              Exemple. Citer en exemple le New-Yorker, c’est déjà signe de facilité, pire, de manque d’imagination. Et pourtant le New-yorker lui-même a radicalement changé dans les années 80. Aprés s’être fait racheter pour pas cher par Condé Nast. Le changement a été fulgurant et il n’y a pas eu beaucoup de survivants parmi le personnel. Mais ces années là, le net n’était pas ce qu’il est, la pipolisation à tout crin arrivait. Et ce tournant réalisé, la rédac chef est partie pour un groupe... de développements multimédia, comme on dit.

                              Plenel pour un « quotidien de gauche »... mais c’est quoi, c’est qui la gauche ? On oublie cette frime fashion-pub, pipoles-en-promo-en-portraits ?

                              Juste des paroles de patron de presse. Un job à revoir.


                              • zicide (---.---.192.215) 20 octobre 2006 02:09

                                Je pense qu’il devrait juste le vendre plus cher leur journal.

                                Surtout qu’ils ont du fric à claquer les bobos.


                                • axion (---.---.174.250) 20 octobre 2006 07:04

                                  Libé c’est la gauche facile, celle de Mitterand, celle, un peu, de Jospin.

                                  La gauche est en pleine mutation, et donc, libé galère. Et si libé ne résiste pas c’est à cause du manque de contenu (qui aurait pu le sauver).

                                  Etre diffuseur d’opinions au jour où l’opinion change : et patatras.

                                  Je ne crois pas au plan Plenel.

                                  Le bon plan pour libé, c’est de faire un libé-golène, car c’est le lieu où se recentre aujourd’hui la gauche : le lectorat se trouve là.


                                  • arturh (---.---.119.98) 20 octobre 2006 11:13

                                    L’article montre très bien pourquoi le projet de Plenel, s’il devait voir le jour, est un échec programmé.

                                    En effet, Plenel conclu lui-même que son projet conduit naturellement à faire de Libé un journal anti-Sarkozy.

                                    C’est complètement idiot, puisque Libération est DEJA un journal anti-Sarkozy.


                                    • ancillae (---.---.184.231) 20 octobre 2006 11:27

                                      ok, pour POLITIS,Sam le monde est vaste et il s’y passe des choses graves qui devraient impliquer nos dirigeants et nous mêmes,lisons « courrier internationnal »


                                      • (---.---.124.230) 20 octobre 2006 11:59

                                        Plenel : ce que je voulais dire (+ haut) c’est que je ne comprends pas pourquoi il faut aller chercher Plenel dans son placard pour sortir ce « plan ». N’importe qui, et avant nous les gens de Libé, ont évidemment pensé à tout ça, depuis longtemps. Chaque fois qu’un quotidien bat de l’aile, on sort le même « plan ». De là à l’appeler « le plan Plenel » ...Ouafff...

                                        Alors pourquoi faire semblant ? Plenel pour rassurer l’ actionnaire principal ?


                                        • arturh (---.---.119.98) 20 octobre 2006 12:25

                                          Le grand problème de ce journal, qu’Edwy Plenel ne pourra certainement pas résoudre, c’est que ce journal s’appelle Libération et que sa ligne éditoriale est d’être opposé à la liberté.


                                          • Dominique Dutilloy Dominique Dutilloy 20 octobre 2006 12:38

                                            Je ne porterai aucun jugement de valeur sur le quotidien LIBE... Cependant, je trouve tout à fait sidérant que ce journal ait commis, à l’encontre de celles et ceux d’entre nous qui avaient voté « non » au projet de constitution européenne, le 29 mai 2005, un article truffé de propos insultants... Certes, le droit de ce quotidien était de s’opposer à nous, « nonistes »... C’est là où est la liberté d’expression, même si son éditorialiste de l’époque, était, comme la plupart de ses éditorialistes actuels, un adepte de la « pensée unique »...

                                            Cependant, j’estime qu’il faut se battre pour éviter ce plan de licenciement dont sont menacés les journalistes : la liberté d’informer passe par là, car un journaliste qui se meurt (non pas physiquement, mais moralement car il ne peut plus écrire) est une bibliothèque qui disparait !


                                            • Internaute (---.---.255.44) 20 octobre 2006 17:29

                                              Comment peut-on vouloir gagner de l’argent en faisant un journal volontairement politisé (...le seul journal de gauche !) à un moment où justement tout le monde se rend compte que les hommes politiques dégoûtent les gens.

                                              Le choix stratégique est mauvais dés le départ et Libé suivra le sort du Hérisson et de l’Humanité. Sa diffusion se limitera à quelques encartés du PS et de la LCR.


                                              • tienvoiladuboudin (---.---.146.65) 21 octobre 2006 21:16

                                                @ Libé:je traduis Internaute:pour lui tous les journaux sont« volontairement » politisés:mais il manque un canard au FN, qui comme chacun sait n’est pas un parti politique.Donc soyez gentils,pour trouver grace à ses yeux,faites un Libé« Front National »:ce serait une oeuvre de salubrité publique.Entre nous il a raison:c’est un créneau !


                                                • odfra (---.---.74.54) 23 octobre 2006 22:02

                                                  On reprend les mêmes et on recommence. En plus si c’est pour faire du web autant prendre quelqu’un qui sait de quoi il parle.

                                                  J’en ai marre de voir les mêmes politiques depuis x temps et marre de voir les mêmes people-journalistes depuis aussi longtemps. Surtout quand ils sont responsables du mauvais état de la presse française. Evidemment que libé est mort avec ça. Et ça ne pertubera qu’un microcosme parisien.

                                                  Et la démocratie ? et oui il est grand temps d’y penser. Mais autant laisser faire ceux qui ne l’ont jamais perdue de vue (je n’inclus pas le journaliste vrai de vrai sans autre choix qu’obéir cela va de soi)

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