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Accueil du site > Actualités > Médias > Livre numérique : Google triomphe, l’édition française est (...)

Livre numérique : Google triomphe, l’édition française est outragée

Alors que Google a conclu son accord numérique sur une simple décision de justice, l’édition française est en émoi. Entre les fausses déclarations d’un Jean Arcache (Place des éditeurs) qui ne craint pas le piratage (de quoi parle-t-on ?) et un Arnaud Nourry (Hachette livres) qui donne de la voix dans le Figaro, les professionnels de l’édition sortent enfin de leur réserve et de leur inertie. Emboîtant le pas, la SCAM (Société Civile des Auteurs Multimédia) déclare dans un jargon équivoque que les décisions de justice américaines ne s’appliquent pas à la France.

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BNF
©2006 PAX

Avec la conclusion des innombrables tractations américaines autour de la numérisation des millions de titres par Google dans le cadre de son moteurs de recherche Google Books, les professionnels de l’édition montrent enfin les dents pour défendre le bifteck. Car il ne s’agît pas de tenir des discours humanistes sur la valeur du patrimoine de la BNF, ni de défendre l’exception culturelle francophone, ni même de s’interposer dans l’opération de pillage de Google. Il s’agit pour les professionnels de l’édition française de ne pas perdre d’argent et de s’assurer que leurs acquis seront préservés.

L’édition française est dans une posture complexe. Le éditeurs ne font pas que lire des livres, de les faire fabriquer et de les publier. Ils font également vivre une économie du papier et de l’imprimerie qui au travers de facilités de caisse et de crédits informels ne peut survivre sans le flux constant des commandes d’éditeurs. Ils font également vivre les libraires, qui par un extraordinaire système d’offices et de retours voient leur trésorerie retenues en otage dans les livres de compte des diffuseurs. Et finalement, la plupart des grands groupes d’édition sont également diffuseurs, gardant une main ferme sur le circuit d’acheminement et de promotion des produits. Dans ces conditions, les plus gros sont les plus forts et ces derniers tiennent l’ensemble du marché.

Internet, ou plutôt le Web comme terrain d’activité commerciale déréglementé, est une réelle menace pour les éditeurs français. Plus de frontières, donc plus de ventes de droits à l’étranger. Plus de points de distribution, donc plus de diffusion physique. Un simple envoi par la poste suffit. Plus de diffusion physique, plus de marges, plus de libraires, plus d’offices, plus de trésorerie captive pour compenser l’avance de trésorerie sur la fabrication. En bref, le Web menace de réduire considérablement les marges bénéficiaires que les groupes d’édition faisaient sur toutes les étapes de la chaînes de diffusion et de distribution, soit entre 45 et 65% de son chiffre. Pas étonnant, que dès que l’on parle d’argent, les principaux intéressés fassent la gueule.

Alors comment réagir face à la numérisation galopante effectuée par Google Books ?

Loin d’être stupide, Google s’adresse aux bibliothèques plutôt qu’aux ayants droit. Et derrière un projet humaniste et pédagogique, Google met les ayants droit au pied du mur. Les groupes d’édition ont compris depuis des mois le petit manège de Google, mais plutôt que d’intervenir, ils ont préféré attendre que l’on parle d’argent et que des cours de justice américaines statuent. Le résultat est décevant. Finalement, l’accord est un partage avantageux de 37% des recettes pour Google et 63% pour les ayants droits s’il en est. A la lumière des mécanismes d’édition français, on comprendra qu’il s’agit d’une véritable perte pour les groupes d’édition qui doivent subvenir aux besoins de leurs prestataires (payés à perte de vue sur la banque des yeux) et leurs distributeurs (devenus créditeurs permanents). Et c’est sans compter l’infrastructure de diffusion qui est rendue obsolète de fait.

Le groupe Hachette, qui a avalé Numilog, le propose comme plate-forme de distribution électronique à ses enseignes et même à ses concurrents, perpétuant ainsi le quasi monopole de distribution que le géant du livre français et anglo-saxon détient depuis plus de cinquante ans. Ses challengers (Editis, Gallimard) s’orientent avec beaucoup de retard vers des solutions analogues mais indépendantes. Pendant ce temps, les acteurs de la grande distribution commencent à formuler et à proposer leur propres offres de livres numériques en ligne, devenant de fait des concurrents potentiels de leurs fournisseurs. Et dans le silence médiatique le plus absolu, des bases de données de libraires comme Electre persistent dans leur réserve.

Devant la dispersion et l’éclatement des forces en France, c’est au tour de la SCAM de lever le doigt et de se prononcer contre l’envahisseur Google. Mais sans vraiment le condamner, la Société Civile des Auteurs Multimédia argue que les dispositions prises par la justice américaine ne sauraient s’appliquer à la France, ni même à l’Europe. Impuissante devant la machine juridique et financière qu’est devenu Google, la SCAM se garde bien de porter l’affaire devant une cour, tant la dépense serait astronomique. Alors, elle joue la carte de l’outrage et en appelle aux pouvoirs publiques, et plus particulièrement aux instances de la culture fraîchement embarquées. L’affaire est résolument politique.

A mesure que Google démontre sa fantastique capacité à surmonter tous les obstacles dans sa conquête du monde de l’édition, l’insignifiance des principaux professionnels et de leurs stratégies apparaît assez clairement. Seules des initiatives locales, indépendantes et souvent anecdotiques démontrent qu’il y a de l’espoir et que des solutions pourraient bien émerger de la myriade de petits éditeurs ou bien des auteurs eux-mêmes. Ces initiatives sont trop nombreuses pour êtres citées et encore moins être organisées tant elles sont hétérogènes et diverses. C’est de cette pluralité que vont sans nul doute sortir les dispositifs contractuels de demain, les nouveaux types d’ouvrages littéraires, de nouvelles formes de partage du savoir et de la mémoire humaine. Car contrairement à ce que beaucoup pensent, le livre est depuis des siècles entré dans la société du partage. Et il n’a pas eu besoin d’Internet pour cela.

 

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23 réactions à cet article    


  • abdelkader17 10 septembre 2009 10:56

    On demande bien au citoyen lambda d’être flexible et de s’adapter au marché pourquoi en serait il autrement de l’édition Française, à moins que ce soit des mesures que l’on prône uniquement pour la plèbe.
    Il ne s’agit ni plus ni moins pour les empires de presses détenus par les Lagardère et compagnie,les gros industriels les marchands de canon de garder leur place monopolistique.


    • Deneb Deneb 12 septembre 2009 07:39

      Abdel « les marchands de canon »

      Quand on porte une arme, fustiger les marchands de canons releve d’une hypocrisie totale. C’est la taqqiya, Kader ?


    • ZEN ZEN 10 septembre 2009 11:24

      Merci pour cet article
      C’est la gueguerre avec Amazon
      Mais les enjeux à long terme sont inquiétants pour tous, comme tout monopole

      « Le numérique ne tuera pas le livre, ni le papier. Mais il risque bien de tuer le contenu. »(P.A.Xavier)

      -Pourquoi Google dévore tous les livres :
      "La Bibliothèque de France va-t-elle confier à Google le soin de numériser une partie de ses collections ? L’hypothèse est envisagée au sein de l’établissement public. Cinq ans après l’annonce du programme Google Books visant à numériser les documents des plus grandes bibliothèques du monde, le moteur de recherche américain s’affirme comme l’unique opérateur de ce nouveau partage des connaissances. Un monopole qui inquiète...
      On vous offre une maison mais le chemin pour y accéder ne vous appartient pas. Le promoteur vous promet la main sur le cœur qu’il n’y installera jamais de péage, tout juste envisage-t-il d’y mettre quelques panneaux publicitaires. Acceptez-vous le marché ? C’est un peu la question à laquelle doivent répondre aujourd’hui les plus grandes bibliothèques du monde. Elles récupèrent pour elles tous les documents numérisés par Google et elles ont le droit de les utiliser à leur guise. En échange, le moteur récupère l’exclusivité sur l’indexation du contenu. Or, si la numérisation du patrimoine écrit mondial à des fins de conservation et de mémoire est un enjeu majeur, l’accès aux connaissances sous ce nouveau format l’est tout autant. Dans le mouvement d’humeur contre Google, on retrouve ainsi la problématique de la presse avec l’hégémonie de Google News dans le secteur de la recherche sur l’actualité. Dans ce cas, Google se rémunère sur les chemins d’accès. Le fait que Google tire des revenus de son système de recherche n’est pas scandaleux en soi. C’est la dérive monopolistique qui inquiète. Lorsque tout est potentiellement accessible en ligne, la façon d’accéder à l’information est au moins aussi importante que l’information elle-même. Et lorsque ce pouvoir est concentré dans les mains d’une seule entreprise, c’est forcément un problème. Même si cette dernière a pour slogan « Don’t be evil » (« Ne sois pas diabolique »)...
      La préoccupation de Google n’est pas tant la rentabilité du processus (même si, à long terme, il devrait s’y retrouver), mais le fait de rester le lieu privilégié de la recherche. Et donc de ne pas laisser tout un pan du contenu indexable à un autre que lui. En assumant le coût de la numérisation des livres, Google s’assure que son petit chemin restera le passage obligé pour la majorité des internautes pour les cinq ou dix ans à venir. Et ça, ça n’a tout simplement pas de prix.

      -« Google voudrait créer la plus grande librairie privée de l’histoire » :

      -Le livre numérique va-t-il faire disparaître le papier ? :


      • Pierre-Alexandre Xavier Pierre-Alexandre Xavier 10 septembre 2009 12:22

        Merci pour ces compléments utiles.


      • Lisa SION 2 Lisa SION 2 10 septembre 2009 12:07

        PAX,

        " contrairement à ce que beaucoup pensent, le livre est depuis des siècles entré dans la société du partage. Et il n’a pas eu besoin d’Internet pour cela. « 

        Si je puis me permettre, si gogol a besoin du livre et qu’il a les moyens, il n’a qu’à payer avec cette distinction : Il est essentiel qu’aucun monopole ne vienne entraver la démarche d’une filière existante, sous quelque prétexte que ce soit. Ce fut déjà le cas pour la musique, les boites de nuits devant rétribuer l’organisme de droits, pour se soulager de ces frais, s’est mise à produire sa » propre musique ". Résultat, la richesse de ces produits a fondu au point qu’aujourd’hui par moment, il ne reste plus que le battement du tempo, et plus aucun musicien ni poète, comme s’il y avait plus que les trous du gruyère...C’est face à ce phénomène croissant qu’il faut lutter, la paupérisation de la culture sous prétexte de vulgarisation.

        D’un autre côté, gogol participe par ce biais à l’extension du français dans le monde, ce n’est pas négligeable. 


        • Pierre-Alexandre Xavier Pierre-Alexandre Xavier 10 septembre 2009 12:19

          Je suis tout à fait d’accord. On peut se demander pourquoi Google ne fait pas comme les boites de nuits et ne produit pas sa propre littérature. Mais la réponse est assez évidente.
          En revanche, je crois que l’extension du français dans le monde n’est en aucun cas dû à Google et que l’intégration des ouvrages de la BNF ou d’autres collections ne changera pas cela. Google fait essentiellement la promotion de la pensée et de la littérature anglo-saxonne. C’est le modèle économique qui veut ça.


        • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 10 septembre 2009 13:59

          @ Pierre-Aexandre-Xavier.


           On frappe sur le mauvais clou. Il est inevitable que toute litterature devienne numérisée et l’avenir du livre écrit est dans le musée. Élargir le rayon des incunables. 

           La transformation est un marché à prendre. Ceux qui pensent retarder la transformation risquent de simplement perdre ce marché. Il faut recycler généreusement libraires, éditeurs et imprimeurs, mais NE RETARDONS PAS LA NUMÉRISATION. c"est ça, la culture pour tous.


          Pierre JC Allard


          • Pierre-Alexandre Xavier Pierre-Alexandre Xavier 10 septembre 2009 14:30

            Personne ne frappe sur le mauvais clou et pour ainsi dire, personne ne frappe sur aucun clou...

            La numérisation ne va pas s’arrêter. Même si la Communauté Européenne venait à faire volte-face et à s’opposer à la numérisation, cela n’arrêtera pas la numérisation. Google poursuivra sa course. Seuls les pays qui se seront opposés verront leur patrimoine prendre un retard considérable et continueront de courir devant la locomotive.
            Le problème que j’évoque est la lâcheté, disons le tout net, des groupes d’édition français et plus généralement occidentaux, face à l’hégémonie grandissante de Google sur le droit d’auteur. Car je soupçonne les grosses maisons d’espérer que Google torde le cou aux auteurs en créant une concurrence directe, sauvage et ouverte entre eux, tout en préservant les droits d’exploitation des éditeurs. Et c’est ce que Google propose de manière assez directe sans même mettre de formes. Mais le prix à payer est l’abandon des circuits classiques de distribution et de diffusion. Et ça les grosses boites d’édition ne sont pas prêtes à lâcher car elle constitue l’essentiel de leurs marges.


          • Halman Halman 10 septembre 2009 14:52

            http://www.techno-science.net/?onglet=news&news=6999

            Tout à fait Pierre JC Allard.

            C’est typiquement français.

            On râle, on boude les nouvelles technologies, et pendant ce temps là les réalistes s’y mettent et gagnent les marchés et les contrats.

            Les éditeurs français, au lieu de tergiverser et de faire dans l’attentisme attendent et se font avoir en beauté par les gros qui ont su s’emparer du morceau.

            S’ils avaient numérisé leurs livres il y a des années, nos éditeurs n’en seraient pas au pied du mur.

            Alors de gré ou de force il va bien falloir qu’ils s’y mettent.

            La numérisation est une chance de plus pour conserver et éditer les oeuvres humaines. Pas un combat contre le gros Google. Un chemin de plus pour la culture, il est prouvé que les jeunes sur Internet lisent plus qu’avant, ne serait ce que sur Wikipedia.

            Comment les éditeurs français peuvent ils se permettre de passer à côté d’une telle ouverture, d’un tel marché alors qu’ils se plaignent de la baisse générale de la lecture ?
            Le baton pour se faire battre ?

            Mais la mentalité française est ainsi faite. J’ai vu il y a pas mal d’années au salon du livre porte de Versailles une démonstration d’une machine à numériser les livres de la BN. A tous les autres stands la foule, et devant cette machine, deux quidams dont ma pomme.

            Mais quel tabou fait donc si peur au français devant une machine à numériser les livres ?

            Je me retrouve comme dans les début de l’informatique à la fin des années 1970 : une sorte de peur panique, de refus, de blocage à la Orwell devant une machine « qui pense à notre place » comme on disait à l’époque.

            C’est toujours comme ça dans tous les domaines en France : l’Etat et les grosses sociétés immobiles comme des mamouths congelés, et ce sont les petits privées avec leurs initiatives personnelles qui prennent les choses en mains.


          • Halman Halman 10 septembre 2009 15:04

            Qu’est ce qui empêche les libraires et les maisons d’éditions de s’y mettre ?

            Pourquoi ne numérisent ils pas eux mêmes leurs livres (tout en payant les droits d’auteurs exactement de la même manière qu’avec les livres papiers) et ne les distribuent ils pas eux mêmes ?

            Au lieu d’attendre les décisions des gouvernements et des grosses sociétés d’éditions ?

            J’aurai une librairie j’aurai embauché des opérateurs de saisie et fait mes déclarations à la sacem ou autre depuis longtemps. Je les aurais vendus sur des disquettes à l’époque (un roman en format texte fait au bas mot dans les 300 ko).

            Au même prix qu’un livre papier je serais certainement rentré dans mes frais.


          • Marc Bruxman 10 septembre 2009 19:05

            "Les éditeurs français, au lieu de tergiverser et de faire dans l’attentisme attendent et se font avoir en beauté par les gros qui ont su s’emparer du morceau.

            S’ils avaient numérisé leurs livres il y a des années, nos éditeurs n’en seraient pas au pied du mur.« 

            Ca me rappelle le marché du disque :

            • En 1996 : Quoi c’est quoi ce truc la MP3 ? Faut être complétement con pour lire de la musique sur son PC. C’est un truc de boutonneux de cave avaleur de pizza vot’ truc !
            • En 2000 : Bordel y’a des cons qui le font ! Ils lisent de la musique sur leur PC parce que comme ca ils peuvent nous voler !
            • En 2001 : Les batards chez Apple, ils ont sortis un lecteur miniature. C’est possible ça ? Mais bon quand même faut un ordinateur pour le charger, les gens vont pas y arriver. Pis de toute façon on refuse de vendre de la musique pour cette merde, c’est un truc de pirate ca !
            • En 2003 : Bordel ! Pour faire passer des lois antipiratage, faut qu’on foute une offre légale. Maurice prépare une offre sur la bouze d’Apple. Toute façon quand les gens devront payer, ils jetteront cette merde.
            • En 2009 : Leur marché a baissé de 50% et ils n’ont toujours pas compris.
            En 2006, un abruti dont le métier était éditeur de livre (je tairai le nom) m’a regardé l’air ahuri et la bouche ouverte prête à gober une mouche devant un iLiad. Et il a dit : »Mais monsieur, le livre ca ne va pas mourrir !". Mais le progrès s’accélérant, il n’aura pas besoin d’attendre 2019 pour que son marché ait chuté de 50%.

            Le vrai drame actuel c’est que les gens sont face à une révolution technologique plus importante que tout ce que l’humanité ait connu. Mais ils ne comprennent pas ce qui se passe et agissent n’importe comment. Cela crée des bouleversements dans l’ordre des choses et ceux comme Google qui ont tout compris gagnent.

            Et dire que certains nous prévoient que la singularité technologique sera atteinte en 2046, on va bien rigoler.


          • Croa Croa 10 septembre 2009 22:55

            Les petits libraires sont déjà morts et ce n’est pas Internet qui les a tués. Restent les gros et les éditeurs... Ne craignons rien pour ceux-là, ce n’est pas Internet qui va les tuer !


          • Deneb Deneb 11 septembre 2009 08:53

            Marc : merci, vous m’enlevez les mots de la bouche.


          • ZEN ZEN 10 septembre 2009 14:06

            « NE RETARDONS PAS LA NUMÉRISATION. c »est ça, la culture pour tous."

            Bonjour Pierre
            A quelles conditions ?
            Prends-tu Google pour une oeuvre philanthropique ?
            (voir mes liens)


            • chmoll chmoll 10 septembre 2009 14:58

              s’pays est à la traine dans tous les domaines,j’dirais mème sur la paille,c outrageant  !!

              y en a qui savent profiter des opportunités,genre google


              • Marc Bruxman 10 septembre 2009 18:55

                Pourquoi se battre pour un combat perdu d’avance ? Et finalement quel est l’intérêt d’une maison d’édition au XXIème siécle ? Pour diffuser la culture au plus grand nombre, il faut aujourd’hui toute une infrastructure qui va des imprimeries au bibliothéques municipales. Et rien que cet accès à la culture coute très cher à la collectivité. Maintenant la révolution technologique en cours fait que ce qui coutait auparavant très cher va avoir un coût marginal. Et c’est une bonne nouvelle.

                La culture continuera elle toujours de vivre comme on le voit avec la musique. La destruction en cours des maisons de disque n’a en rien nuit à la création et au contraire permis un renouveau de la scène.

                Par contre, effectivement la capacité des états à controler la culture va se retrouver diminuée. Et quelque part c’est tant mieux.

                "L’édition française est dans une posture complexe. Le éditeurs ne font pas que lire des livres, de les faire fabriquer et de les publier. Ils font également vivre une économie du papier et de l’imprimerie qui au travers de facilités de caisse et de crédits informels ne peut survivre sans le flux constant des commandes d’éditeurs."

                Et franchement quel en est l’intéret ? A t’on encore besoin d’une économie du papier ? La réponse au vu des dernières inventions est probablement non. C’est extrémement triste et désagréable pour l’emploi mais c’est ainsi. On aura encore besoin de carton pour emballer certaines choses, de papier toilette mais de papier pour le bureau, les journaux ou les livres de moins en moins.

                De même, les librairies se font remplacer par des points de diffusion en ligne genre Amazon et franchement on y rien perdu. On a au contraire gagné le droit d’avoir accès à un catalogue que même la plus grande fnac de Paris n’avait pas en rayon. On a gagné l’accès à des livres du monde entier dans leur langue originale. Et bien rien que pour cela, je ne verserai pas de larmes.


                • chab 10 septembre 2009 19:34

                  Il est intéressant de constater que certains éditeurs n’ont pas attendu des initiatives de « géants » (comme Google ou l’Europe) pour adopter une philosophie favorisant la diffusion avant l’exploitation financière tout en ne « laissant pas tomber », et de loin, l’édition papier.

                  En France, les éditions de l’Eclat sont un exemple significatif. Voyez leur « petit traité plié en dix sur le lyber » et leur point de vu quant à Google Books.


                  • Canine Canine 10 septembre 2009 19:50

                    Personne ne pleure quand un ouvrier français perd son job parce qu’une machine le fait mieux et plus vite que lui. « C’est le progrès ». Je ne vois pas pourquoi on devrait pleurer pour les éditeurs (de livres, ou de musique, d’ailleurs).


                      • Croa Croa 10 septembre 2009 23:08

                        «  le livre est depuis des siècles entré dans la société du partage. »

                        Je dirais même plus : Le partage est l’essence même du livre. Sa place a toujours été à la bibliotèque et son accès public.

                        Le livre en tant que produit consommable est de notre époque, juste une parenthèse de l’histoire. Il ne disparaitra pas pour cela, retrouvera juste ses fonctions normales et essentielles et peu importe que sa forme change. 


                        • Deneb Deneb 12 septembre 2009 06:42

                          « Le livre en tant que produit consommable »

                          Mais vous les mangez ou vous les fumez ? Parce que juste en le lisant, il ne se consume pas, il reste le même après l’avoir lu. Ou voyez-vous la consommation ?


                        • Deneb Deneb 11 septembre 2009 08:51

                          Les éditeurs ont toujours exercé un diktat sur la litterature. Qu’est-ce qui fait qu’ils soient plus apte pour selectionner les écrits bons à publier ? Rien, à mon sens, ne serait-ce que l’expérience de la rentabilité commerciale. Il est evident que les editeurs privilégient les écrits qui se vendent - mais est-ce vraiment un critère de qualité de contenu ? En genéral, c’est plutôt des livres qui chuchotent aux gens ce qu’ils ont envie d’entendre, qui se vendent. En aucun cas ce n’est la mesure, ni de la qualité littéraire, ni de l’intérêt du contenu.
                          Avec Internet, l’essence même de leur dictat se retrouve remis en question. Alors ils flippent, jettent la faute sur Google, Internet, l’Immatériel. Ils essaient de nous faire croire que d’autres choses que le contenu soient aussi importants : le papier, que l’on peut humer, palper, ecouter le doux bruit quand on tourne les pages .... Un peu comme les charretiers vantaient les merites du transport à cheval par raport à la voiture : le doux bruit des férs contre les pavés, le fumet inimitable des crottes ....

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