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Lorsque Libé fait l’éloge de l’insécurité et de l’islam : subversion ou bien-pensance ?

Libération est certainement le journal le plus subversif du moment. Ne riez pas ! Sa ligne éditoriale - en matière de société - est proprement hallucinante et provocante. Dans le contexte actuel, sécuritaire et vaguement "islamophobe", et alors que le gouvernement vient de lier, sans aucun complexe, immigration et insécurité, s’engouffrant dans le sillon creusé il y a plusieurs décennies par le Front national, le quotidien de gauche (caviar) prend ce sillon à contre-courant avec une vigueur folle, et s’affirme comme le pôle de résistance absolu et systématique au sarkozysme. Quitte à sombrer parfois dans l’outrance.

Nicolas Sarkozy s’était largement fait élire en 2007 sur le thème de la sécurité, et grâce à son offensive contre l’islam, fustigeant pêle-mêle l’excision, la polygamie et l’égorgement du mouton dans la baignoire. Depuis, les cités qu’il avait promis de passer au Kärcher ont de nouveau flambé, comme récemment lors des émeutes de Grenoble, et les faits divers les plus sordides se sont multipliés, avec, par exemple, le massacre d’un conducteur au bord de l’A13. Concernant l’islam, pour ne citer qu’une seule entrave à la laïcité, les prières dans la rue Myrha (18e arrondissement de Paris) tous les vendredis sont presque devenues une coutume, dans l’attente d’une hypothétique mosquée en 2012.
 
Début juillet, le président de la République voit sa cote de popularité atteindre un minimum historique (26 % d’opinions favorables), tandis que Marine Le Pen tire seule les marrons du feu, progressant dangereusement dans la perspective de 2012, où d’aucuns imaginent déjà un 21 avril à l’envers. C’est alors que Sarkozy renfile son vieux costume de super flic, et durcit le ton.
 
Sarko et ses vieilles recettes
 
Fin juillet, il lance une proposition audacieuse, la déchéance de nationalité pour les criminels d’origine étrangère qui attenteraient à la vie des forces de l’ordre : “Toute personne d’origine étrangère qui porte atteinte à la vie d’un policier doit être déchu de sa nationalité française”, déclare-t-il lors d’une visite à Grenoble. Mais la proposition est inconstitutionnelle. Et jamais sans doute elle ne pourra rentrer en application. Mais seule l’annonce compte ; il faut donner l’impression aux Français que Robocop reprend les choses en main. De nouvelles annonces spectaculaires leur auront vite fait oublier la vieille promesse...
 
Sarkozy lie même explicitement insécurité et immigration et affirme que la nationalité française "se mérite". C’est Le Pen dans le texte. Vingt ans après.
 
 
D’aucuns, à l’instar de Jean-Luc Mélenchon, considèrent même que le Front national, représenté aujourd’hui par Marine Le Pen, est plus modéré que Nicolas Sarkozy et son ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux.
 
Plusieurs mois auparavant, le lien entre l’immigration et l’insécurité était déjà tissé par Frédéric Lefebvre. Sur Twitter, Christophe Barbier nous révélait, en mars, l’influence d’Eric Zemmour sur la stratégie de l’UMP, avant que Lefebvre ne livre directement, début août, le fond de sa pensée sur Europe 1 : "Évidemment… La délinquance, chacun sait qu’il y a des liens avec l’immigration. Chacun le sait… C’est souvent pas correct de le dire, mais c’est une réalité que chacun connaît…"
 
Inutile de revenir sur la politique d’expulsion des Roms, qui occupe l’actualité en ce moment, et qui répond au terrible fait divers de Saint-Aignan.
 
Nicolas Sarkozy, si l’on en croit les sondages, est massivement approuvé par la population pour sa politique sécuritaire. Et les socialistes, qui dénoncent un "racisme officiel" (Montebourg) et une "dérive antirépublicaine" (Aubry), semblent hurler dans le désert.
 
Ainsi, autant il pouvait paraître subversif de parler comme Le Pen il y a dix ans encore, autant, avec la banalisation de ce discours, par le concours, certes, de Nicolas Sarkozy, mais plus encore d’Eric Zemmour (dont Paul-Marie Couteaux disait récemment qu’il avait plus fait pour la cause nationale en quelques années que les professionnels de la politique en trente ans), on se demande si la subversion n’est pas plutôt aujourd’hui passée dans l’autre camp : celui, jadis, de la bien-pensance. Car la subversion est toujours relative à la pensée dominante, et celle-ci évolue, comme un balancier, de droite à gauche, et insensiblement le choquant devient la norme, avant que le retour de balancier ne renverse de nouveau les valeurs en place.
 
Islamophilie militante
 
Le journal Libération s’est illustré, depuis quelques mois, par différentes prises de position, très bien-pensantes il y a encore peu, mais qui sont en passe de devenir, dans le nouvel ordre mental en train de naître, absolument subversives.
 
Commençons par deux couvertures. La première date du 30 novembre 2009 et fait suite à la votation suisse sur l’interdiction des minarets.
La seconde date du 10 août 2010, et célèbre le début du ramadan en France.
Libération choisit clairement de faire la promotion de l’islam, d’abord en condamnant moralement la décision souveraine d’un peuple étranger, avec les termes mêmes qu’utilisera Daniel Cohn-Bendit à la télévision suisse face à Oskar Freysinger. C’est le registre moral - la honte - qui est privilégié, et les Suisses se voient reprocher de vouloir préserver leur identité frileuse et fermée sur elle-même.
 
 
La seconde couverture est encore plus osée, qui ne titre pas "Quand les musulmans de France font le ramadan", mais bien "Quand la France fait le ramadan". C’est tout le pays qui est engagé pour Libé dans cette fête religieuse, qui, nous dit-on par ailleurs, ne touche que 70 % des musulmans français, c’est-à-dire, au final, environ 5 millions de Français (puisqu’on estime le nombre de musulmans français à environ 7 millions). Pourquoi donc un titre aussi outrancier et provocant ? Histoire de donner une poussée de fièvre aux électeurs potentiels du FN ? Histoire de renforcer chez certains la crainte d’une islamisation complète du pays ?
 
En fait, comme l’indiquent les quatre pages que le quotidien consacre au ramadan, il s’agit d’insister sur l’adaptation de toute la France à une pratique religieuse, nous dit-on, "de plus en plus respectée et acceptée". Libération, qui s’offusquait du souci identitaire des Suisses, salue, en revanche, dans le ramadan "un rite identitaire de plus en plus populaire". Dur avec la religion catholique, traditionnelle en France, Libé (comme L’Humanité d’ailleurs) s’enthousiasme pour l’islam, religion des immigrés les plus récents. Dur avec les Suisses, qui veulent préserver leur identité séculaire, Libé se réjouit de l’affirmation identitaire que constitue le ramadan pour les musulmans pratiquants. Ce deux poids deux mesures ne laisse jamais de surprendre...
 
Libération pourrait sans doute reprendre à son compte le mot de Martin Hirsch, selon lequel l’intégration en France sera réussie "quand des catholiques appelleront leur enfant Mohamed".
 
 
Car Libé semble bien incarner l’idéologie des élites (en opposition flagrante avec celle des peuples), qui considèrent que l’assimilation est une discrimination (à bannir), et que le multiculturalisme est l’horizon moral vers lequel nous devons tendre. Nos cousins québécois connaissent aujourd’hui très exactement la même problématique, et le même fossé entre le peuple et ses représentants.
 
 
Eloge de l’insécurité
 
L’autre sujet sur lequel Libération s’est récemment montré subversif, c’est la sécurité. Et là, il fallait vraiment oser, au moment où les policiers disent de plus en plus ouvertement leur désarroi, leur ras-le-bol, victimes quotidiennes de la violence, et confrontés à l’impunité dont jouissent leurs agresseurs. Lire à ce sujet le témoignage de Denis, policier à la BAC : "Le flic est un sous-citoyen", paru dans Le Point le 28 juillet dernier. Ecoutez aussi Jean Claude Delage, du syndicat Alliance Police, qui annonce, le 20 août sur RMC, que pas moins de 2200 policiers ont été blessés en mission durant les six premiers mois de 2010.
 
 
Le 21 juin 2010, le quotidien dirigé par Laurent Joffrin publie donc un manifeste de soutien pour les cinq inculpés de Villiers-le-Bel. Des émeutiers accusés d’avoir tiré sur des policiers, et que l’on assimile ici au "peuple" lui-même (alors que le peuple serait bien plutôt la première victime des émeutiers...). Dans ce texte, les policiers sont accusés de s’amuser à "shooter" des "gamins", ils sont qualifiés de "force d’occupation" dans les banlieues, et se voient reprocher d’être aller "se plaindre devant le tribunal d’avoir reçu quelques plombs dans l’épaisseur de leurs gilets pare-balles". Nombre de commentaires sous l’article de Libé en souligneront le caractère honteux.
 
Rokhaya Diallo est l’une des co-signataires du manifeste publié par Libération. Voici comment elle s’exprimait face à Robert Ménard peu après la parution du manifeste, reprochant aux policiers d’être rentrés armés dans la cité de Villiers-le-Bel, et aux témoins d’avoir parlé à la police sous couvert d’anonymat (afin d’éviter les représailles).
 
 
Enfin, pas plus tard que le 18 août, le quotidien bobo publie un "Eloge de l’insécurité" ! Oui, vous avez bien lu, un éloge de l’insécurité. Ultime provocation ? Ultime subversion ? Signé par l’écrivain Marcel Zang, le texte traite en fait de l’insécurité dans un sens large, presque philosophique ; il s’agit du sentiment d’insécurité que génère l’altérité, l’Autre, pour chacun d’entre nous, ce qui laisse penser que le texte ne prend pas bêtement la défense de l’insécurité telle que chacun la conçoit au premier abord. "L’insécurité est une affaire de sexe, et elle disparaîtra avec le sexe, avec l’Autre, l’altérité. (...) L’insécurité est consubstantielle à la liberté", écrit ainsi Zang.
 
Mais classé dans la rubrique "Société", et dans le contexte actuel, il ne fait néanmoins guère de doute que l’article se veut une réponse à la politique sécuritaire du gouvernement. Et une phrase comme celle-ci résonne curieusement : "L’insécurité participe de la fiction - tout comme la femme est une fiction pour l’homme et vice-versa. L’insécurité, ou plus justement le sentiment d’insécurité, c’est de l’ordre du fantasme, de la déraison, ce qui n’exclut pas une certaine logique."
 
La fin de l’article verse dans une dimension clairement sociale : "Et dans toute société, établie forcément comme Centre, autrement dit « supérieure », détentrice du « commencement » et donc d’origine et de pureté, tout élément allogène est perçu comme hostile, menaçant, impur, c’est-à-dire porteur de sexe et susceptible de (re-)créer le rythme, la couleur, le mélange du péché originel. En un mot, tout corps apparemment extérieur au groupe constitué est perçu comme potentiellement violent parce que subversif et, bien sûr, « inférieur » et impur. Aussi, rien de plus logique que l’étranger, ou celui qui est vu comme différent, soit une figure emblématique de l’insécurité et du risque, et dans toutes les sociétés."
 
On se demande si ce texte - difficile à décrypter - ne réhabilite pas le fameux "sentiment d’insécurité", ce fantasme pour la gauche d’avant 2002, qui lui fit pourtant connaître sa plus cinglante défaite. L’insécurité semble ici vidée de tout contenu réel, presque niée, réduite à sa dimension psychologique. C’est l’autre en tant qu’autre qui ferait peur, indépendamment de tout acte. La subversion, si tel est bien le sens du texte, touche au grandiose - et va en énerver plus d’un.
 
On pourrait envoyer ce beau texte à méditer à Romain, très prosaïquement confronté à l’insécurité réelle, et qui témoignait récemment de sa déconvenue sur RMC. Lui, ce n’est pas tant sa rencontre avec l’altérité qui l’a troublé, que celle avec un gros molosse de deux mètres, 130 kg, voleur de bagnole, et terreur de son quartier, venu le terroriser, lui, sa femme et ses enfants, en pleine nuit, pour lui réclamer du fric. Libé ne consacrera sans doute pas un article à Romain, ce plouc à qui la police a conseillé de déménager s’il voulait rester en vie. Trop démago comme story...
 
par Douglas Barr samedi 21 août 2010 - 57 réactions
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  • Par @distance (xxx.xxx.xxx.210) 21 août 2010 11:32
    @distance


    "Quand la France fait le ramadan"  smiley eh ben ! ça ne s’arrange pas à Libé ! 

    mais qui achète encore ce journal  ? - j’en trouve un de temps en temps, par terre, à l’entrée de mon immeuble sous les boites aux lettres ; même gratuit personne ne le ramasse, alors je le prends et j’épluche mes légumes dessus (dans les WC, c’est pas mal non plus, car ça fait chier )  smiley


    subventions à la presse pour l’année en cours s’élèvent à 419,3 millions, ventilés comme suit : laplumedaliocha

    - 200 719 000 d’aides à la diffusion, dont 111 millions d’aides au transport postal, 5,8 millions de réduction de tarif de transport SNCF, 1,9 millions d’aide à la diffusion internationale, 70 millions d’aide au portage et 12 millions d’exonérations de charges patronales pour les porteurs.

    - 11,9 millions d’aide au pluralisme, c’est-à-dire d’aide aux titres à faibles ressources publicitaires comme l’Humanité par exemple.

    - 93 millions d’aides à la modernisation, dont les 20 millions dont on a beaucoup parlé aux éditeurs de presse sur Internet,

    - 113 millions d’abonnement de l’Etat à l’AFP, parce que ce n’est pas anodin pour un pays d’avoir sa propre agence de presse d’un point de vue international.

    FinancesMedias2010

  • Par Hieronymus (xxx.xxx.xxx.243) 21 août 2010 13:20
    Hieronymus

    tout a fait, vous prechez un convaincu
    en verite un intello parisien tel Laurent Joffrin (ex maoiste)
    deteste le peuple (les gens ordinaires) et n’a que mepris pour lui
    partant de la, il se positionnera toujours en faveur de ceux qui lui sont opposes
    (au peuple traditionnel), de tout ce qui peut concourir a la ruine de ses valeurs,
    les redacteurs de Liberation illustrent parfaitement cet etat de fait par ces prises
    de position qui sont l’incarnation de leur haine de la France traditionnelle ..

  • Par bercav (xxx.xxx.xxx.115) 21 août 2010 13:44
    bercav

    Libération, infâme torchon qui aurait dû avoir la politesse de se saborder plutôt que d’être racheté par Rothschild.

    Voilà d’ailleurs ce que préfère faire le propriétaire de ce fleuron de la presse française, nouvelle tirée du Nouvelobs :

    Edouard de Rothschild, principal actionnaire du journal français Libération, a immigré lundi en Israël, a indiqué mardi 3 août le quotidien Yediot Aharonot.

    Homme d’affaires français, le baron Edouard de Rothschild, est le fils du baron Guy de Rothschild, qui fut le président de la banque Rothschild et Cie.

    Selon Yediot Aharonot, le nouvel Israélien n’abandonnera pas ses affaires en France et vivra une partie du temps dans sa maison de Tel-Aviv.

    Le journal a ajouté qu’Edouard de Rothschild devait rencontrer mardi le président israélien Shimon Peres à sa résidence à Jérusalem.

    La famille Rothschild a contribué financièrement aux débuts du sionisme au siècle précédent.

    Edouard de Rothschild a une fortune évaluée à plus de 300 millions d’euros, selon le magazine Challenges.

    Il croisera peut-être Jean Daniel ou Serge Dassault sur les plages d’Haïfa. Pauvre France...

  • Par manusan (xxx.xxx.xxx.242) 21 août 2010 09:27

    La gauche bobo passe au centre.
    La gauche socialo se converti à l’islam.
    La gauche athée vire à l’extrême droite.

    La gauche est tout simplement en train d’imploser depuis 2002.

    ça ne concerne pas encore les maires dont certains continuent de faire un très bon boulot ; je pense pour le cas précis à Jean-Marc Ayrault, le maire de Nantes ; rien à voir avec Lilles et Tulles qui croulent sous les subprimes.

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