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Accueil du site > Actualités > Médias > M6 déborde en Suisse romande, scénario pour médias globalisés

M6 déborde en Suisse romande, scénario pour médias globalisés

La concurrence territoriale n’est pas cantonnée à l’Internet et préfigure peut-être les futurs problèmes entre les diffuseurs sur un même bassin linguistique, Canada compris.

Tout commence en 2002 lorsque M6 augmente significativement la puissance de ses émissions frontalières vers la Suisse. Cette dérogation générale aux chaînes hertziennes dans le cadre du « débordement frontalier » aurait pu être relativement indolore si dans le même temps M6 n’avait prospecté le marché publicitaire helvète. La télévision suisse est d’autant plus irritée que la concurrence ne se limite pas à M6 car le bassin germanique est largement alimenté par les télévisions allemandes. Outre le manque à gagner publicitaire, la chaîne suisse risque de se retrouver en difficulté pour produire des émissions locales.

Ce sont peut-être les prémices de ce qui risque de se passer avec la diffusion à grande échelle de programmes télévisuels sur Internet. Dès lors que les réseaux de communication autorisent la diffusion de flux audiovisuels, rien n’empêchera un site Internet, d’un réseau de télé, d’un producteur ou d’un infomédiaire, de proposer des contenus à toutes les zones géographiques qui l’intéressent. C’est d’autant plus facile pour les médias américains que ceux-ci produisent souvent les séries exportées dans le monde entier. Les négociations sur les droits seront facilitées.

A court terme le risque est faible car les droits de diffusion payés par les chaînes nationales sont très supérieurs à ceux que pourraient retirer les producteurs en téléchargement payant sur Internet. Mais c’est une question de temps pour que le niveau d’équipement des ménages en réception haut débit rejoigne la taille du parc de télé et que les entreprises de médias globalisées commercialisent de la publicité locale via les régies de groupes comme Yahoo ou Google.

Il est important que les diffuseurs et producteurs français prennent cette menace au sérieux en simplifiant les droits de diffusion et la loi sur le droit d’auteur. Si cette loi a protégé jusqu’ici notre exception culturelle française, elle risque aujourd’hui, dans un paysage audiovisuel globalisé, d’être un frein à la production française et au développement de nos chaînes.

En regardant attentivement les essais en cours aux Etats-Unis en termes de diffusion audiovisuelle sur Internet, il est clair que les grands médias américains vont exporter leur recette. Ils y sont poussés par le téléchargement illégal s’ils ne veulent pas perdre en recettes publicitaires. Un grand dirigeant d’un réseau de télé a récemment indiqué qu’il commençait à diffuser les séries phares simultanément sur le réseau de télé et sur Internet. La première expérience prévoyait un délai d’une journée entre les deux moyens de diffusion mais les séries se retrouvaient sur les réseaux peer tot peer souvent avant la fenêtre de diffusion décalée entre la côte Est et la côte Ouest (6 de décalage).

Il en est de même avec la France, où les séries US sont souvent disponibles en version sous-titrée quelques heures après la diffusion sur les télés américaines et en version française/canadienne quelques jours après. Si l’on doit attendre la diffusion des mêmes séries sur les chaînes françaises, le décalage est de plusieurs mois, souvent d’un an et parfois plus.

On comprend bien que c’est une situation qui ne pourra pas durer.

Il en va de même pour les spectacles ou le sport. Prenons la Coupe du monde de football qui a été un déclencheur dans la bataille M6 / TSR. Ces chaînes payent des droits faramineux pour diffuser sur un territoire, ce qui n’a plus de sens avec Internet. Rien n’empêchera d’ici quelques années les producteurs de ce spectacle (la Ligue de football) de proposer les matchs en streaming sur son site Internet financé par de la publicité ou des abonnements au match, à la saison ou que sais-je encore. Il en va de même pour la F 1 et d’autres sports contrôlés par des fédérations puissantes. On peut également imaginer un accord mondial avec Yahoo qui diffuse globalement les contenus et se charge de la publicité, qui achète les droits mondiaux ou reverse un pourcentage sur les revenus générés...

Il semble que ces évolutions technologiques mettent à mal beaucoup d’industries des médias sans que leurs dirigeants aient pris toute la mesure du phénomène.

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2 réactions à cet article    


  • Re :« bataille M6 / TSR » (---.---.41.253) 29 juin 2006 10:07

    « Basée à Zoug »(..)« Host Broadcasting Services »(..)« Günter Netzer et »(..)« Dreyfus »(Joël Depommier,Gauchebdo Juin 2006) ont fait leur Pub chez M6 Juin 2006 mais pendant plusieurs 90antes minutes du « Coupe du monde de football »(« M6 déborde en Suisse romande, scénario pour médias globalisés » par Christian Jegourel Edgeminded, Agoravox France, 28.6.’06) l’ecran chez M6 etait noir apres mes informations sur le Net. Netzer et sa femme je recontre tres souvent sur la rue. En Allemagne sur le Net j’ai fais une petite remarque qu’on ne laisse plus passer sur la rue ni Netzer ni Beckenbauer avec leur corruption grave mais attaque physiquement les deux.


    • smoky007 11 juin 2009 23:50

      Ce n’est pas tellement la pub qui dérange… Ce sont surtout les jingles annonçant la pub suisse qui sont répétitivement identique à chaque coupure toutes les 15 minutes ! Et en plus ils sont abrutissants de chez abrutissants !

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