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Master Chef, émission réac’ et populiste

I. INTRO : TÉLÉ-RÉALITÉ, OUI MAIS...

Regarder l'émission Master Chef diffusé le jeudi soir en prime sur TF1 m'a rendu enthousiaste ! 

Si l'on demandait aux "spécialistes médias" -omniprésents dans ses même médias (vous avez dit conflit d'intérêt, consanguinité professionnelle ?)- de nous parler brièvement de Master Chef, que trouveraient-ils à nous dire ? Que c'est une émission de télé-réalité qui cartonne sur TF1, que c'est un concept étranger, qu'il n'y a rien de nouveau à l'horizon…

L'auteur de cette analyse sociologico-médiatique va vous démontrez pourquoi Master Chef est un programme qui mérite un intéret particulier et minutieux. Son succès en disant long sur le contexte sociologique actuelle de la majorité des citoyens de ce pays.

II. MÊME ÉCRITURE

La télé-réalité, c'est de la télé-réalité. De loin tout se ressemble. C'est Angela Lorente qui le dit elle même : "la télé-réalité c'est une écriture". Ok mais ça veut dire quoi clairement ?

A. De la forme

A la base c'est un format, une durée bien précise entre plusieurs séquences scénaristiques stratégiques et des pages de publicités. La présentation, l'élément perturbateur, les péripétie, l'élément de résolution, etc… On apprend ça au collège, très terre à terre comme écriture. 

Ajoutez à cela le gadget, c'est-à-dire les effets sonores et visuels divers. On voit tous de quoi on parle, pas besoin de s'attarder là-dessus. Ce premier degré de l'écriture et tous ses accessoires créent la forme. 

B. ...au formatage

Si la forme d'écriture de la télé-réalité peut se perfectionner afin d'atteindre une efficacité surprenante, comme tous produit nouveau à la mode, il est copié. De produit marginal et novateur, il se transforme en vulgaire produit de masse. 

C'est ici qu'on assiste au formatage : une multiplication d'émissions sur tout et n'importe quoi, toujours écrit de la même manière. Du bon et du moins bon, qui inspire de l'indigence. Cette caricature à outrance aboutissant à des produits plus grotesques les uns que les autres !

III.MESSAGE DIFFÉREND 

La télé-réalité a depuis 2001 toujours mis en avant des valeurs typique de la société de marché libéral et consumériste voulue par l'élite banquaire, cette élite qui dirige et finance les médias. Autrement dis des valeurs méprisables comme l'égoïsme, l'arrivisme, le narcissisme, l'effacement de conscience au nom du jeu, etc… 

Dans Master Chef, ces valeurs là n'existent pas.

A. Conscience réel

Dans les reportages post-programme de 2ème partie de soirée ("Master Chef se met à table"), nous prenons conscience de l'avilissement et du sentiment de frustration que provoque les métiers du tertiaire, pourtant synonyme de "branché" -car faisant du col bleu lobotomisé un cadre au pouvoir d'achat conséquent votant socialiste car "progressiste" dans le sociétale et ignare dans le social, lui permettant alors de combler son absence de profondeur spirituel par le mépris du travailleur pauvre du secteur primaire "qui lui n'a même pas internet haut débit "-il y a encore 10 ans. Qu'ils soient web master, graphiste, chef d'entreprise, ils ressentent un profond besoin de sublimation de leur quotidien. Avoir 500 chaînes de télé dans son bouquet satellite ne suffit plus…

A côté de ça, le "beauf" ouvrier ou artisant qui a l'habitude de souffrir au travail, vient chercher l'occasion de sublimer son courage, la cuisine étant une passion, ils veulent associer leur savoir à leur passion.

B. Conscience possible

Dans les deux cas, ces deux catégories, que la société marchande a tout fait pour séparer et rendre inconciliable, se rejoignent sur un besoin vital de tout homme : dépasser la conscience du réel (boulot-métro-dodo) et l'accommodement lymphatique dans lequel on nous a plongé, pour redécouvrir la conscience possible : rien n'est figé, l'action naît de l'idée, le bonheur est d'autant plus crédible qu'il nous parait inimaginable. 

Dans toute société qui s'est rassembler pour se révolter, les esprits ont commencé à converger avec la foi en la conscience possible, pour ainsi dire, le dépassement de la conscience réelle. S'il ne s'agit ici que de changer de profession, c'est la métaphore parfaite de la révolution raisonnable, humaniste et sociale face au libéralisme et au mondialisme financier totalement déshumanisé.

Notons également qu'il n'est pas question de conflit de génération, concept crée de tout pièce par la société avec pour inspiration la stratégie vieille comme le monde du "diviser pour reigner".

Un retour aux valeurs d'antan, que l'histoire fait toujours, à un moment ou à un autre, passer pour réactionnaire, laissant place à l'idéal progressiste de l'absence de raison au profil de la possession matérielle et de l'émotion à tout crain. 

IV. L'EXPLICITE

En regardant l'émission Master Chef au 1er degré en rentrant du boulot, et pour s'endormir, il est peu évident de saisir cette subtilité de sens qui transparaît pourtant pendant deux heures.

A. Réussite

Au 1er degré, que pratiquent les "spécialistes", on y voit des ambitieux absorbés par l'envie de réussite. La volonté de battre l'autre et remporter de l'argent pour accéder au succès et à la notoriété. La cuisine n'est qu'un prétexte.

B. Clash et jurés qui cassent

Il y a un jury, puisqu'il en faut toujours un, qui fasse le show. Il en rajoute et est brutal avec les candidats dans le but de les désarmer et de les déstabiliser. Qu'ils soient cuisiniers ou critique reconnus ne changent absolument rien.

V. L'IMPLICITE

Dès lors, face à une lecture si consternante de simplisme et de raccourcis, analysons sérieusement l'implicite du programme ; implicite qui, sans le formatage des esprits et l'effacement de la raison par nos élites, devrait normalement paraître pour très clairement explicite.

A. Culture populaire

Master Chef est une émission qui met en avant la culture populaire, l'essence même des relations humaines, l'échange, le contact, la passion, la fraternité et la solidarité de classe, etc… Un peu fleure bleue mais néanmoins intrasequement vrai. 

Le vainqueur remporte 100 000 € ? Mais ce n'est pas pour fanfaronner et jouer au nouveau riche en se dandinant dans le quartier VIP des boites provinciales. Cet argent sert à concrétiser un projet concret, un projet de passion pour améliorer son quotidien et ainsi celui de sa famille, on est loin de l'égoïsme et du snobisme institutionnel libéral-libertaire ! 

De la même manière que, jadis, l'homme s'accomplissait en construisant son logis pour y abriter sa famille, le candidat de Master Chef donne de sa personne pour la communauté.

B. L'apprentissage ou le respect de l'élève face au maître

Les candidats ne demandent qu'à apprendre. Master Chef est une émission où on y voit qu'écouter les conseils, respecter l'autorité d'un tuteur est le meilleur moyen de progresser ; n'en déplaise au grands noms de la pédagogie démagogique qui font de l'Ecole Républicaine un foutoir sans nom.

Les jurés sont de très grands cuisinier issus de la classe populaire, ayant réussi à la force du poignet et de conviction, à l'exemption de Sébastien Demorand. Ils sont légitime. Ce n'est pas pour rien que Master Chef met en avant le dépassement de soi, l'esprit d'équipe, la créativité, le talent, la capacité de souffrance, la rigueur… 

Les trois jurés sont exigeants, mais surtout des professionnels passionnés aux jugements incisifs, sans détours, mais justes.

C. Il y a encore des hommes

Ce qui frappe avec cette télé-réalité, c'est le profil des candidats et des jurés : ce sont des hommes (au sens large), des vrais. Pas des effeminés, pas des merdeux au physique ridicule, pas des écervelés qui ne rêvent que d'être célèbre à tout prix, pas des faux-rebels qui n'ont comme référence que la culture atlantiste américaine et ont ainsi une mentalité de plus en plus apatride, pas des branché bobos faussement impertinents éstempillés Canal +, etc… 

En clair, des gens comme vous et moi (et pas "un tout petit peu plus" comme aime à le dire Angela Lorente). 

C'est un autre élément fondamental de la réussite de l'émission, ce n'est pas un cirque avec dedans des animaux qui méprisent le public. Le public, le peuple, ils l'aime profondément, parce qu'il y appartient. Voilà une certitude : s'il y avait plus d'hommes et de femmes de valeurs à la télé, nous la critiquerions moins.

VI. CONCLUSION : COMPRENDRE LA TOTALITÉ

On est tous d''accord pour dire que ce n'est pas une émission de cuisine, mais une émission sur la cuisine, pas besoin des "analystes" pour le comprendre. 

Après cette -très brève- étude sociologique de la totalité, nous sommes en mesure de conclure -non sans ironie- par une formule bateau qui serait en mesure d'apparaître dans un magazine de médias dominant (résumer l'ensemble de l'article en quelques lignes tout en voulant en transmettre la profondeur serait impossible) : "Master Chef, c'est, sur la forme une télé réalité banal, mais sur le fond : c'est l'anti Secret Story". 


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5 réactions à cet article    


  • PtitLudo PtitLudo 9 septembre 2011 11:46

    1 - C’est sur TF1
    2 - C’est truffé de pubs

    Ca suffit pour pas regarder !


    • lesdiguières lesdiguières 7 octobre 2011 14:14

      Je suis d’accord, c’est sur TF1 et bourrés de Pub. Mais j’aime bien cette téléréalité (la seule que je regarde), alors pendant la pub, je coupe le son et je vaque à autre chose. La cuisine c’est notre patrimoine national ... qui vacille, ... sauvons-le ! 


    • Morgane Lafée 9 septembre 2011 20:02

      Y a aussi un truc sur les ordinateurs, c’est une souris qui permet de cliquer sur les articles qui nous intéressent et de ne pas cliquer sur ceux qui ne nous intéressent pas. smiley


    • Morgane Lafée 9 septembre 2011 20:01

      Assez d’accord avec cette analyse des valeurs transmises par cette émission, qui doit être à peu près la seule émission de télé-réalité que je regarde. Ah non, il y a aussi La Nouvelle Star et X-Factor sur M6, que je trouve également au-dessus du lot. Mais si on suit votre analyse, au contraire de Master Chef, ces émissions de musique reposent sur une sorte de paradoxe : les candidats doivent travailler dur et parfois encaisser les critiques acerbes du jury tout en développant leur égo pour que le papillon sorte ses ailes. Et puis, les opinions des jurés sont davantage influencées par l’image qu’ils veulent donner, comme on l’a vu cette année dans X-Factor avec le cas de ce petit jeune qui se faisait casser toutes les semaines sous prétexte qu’il charmait les midinettes. Pas très objectif comme critère, d’autant que les jurés tombent dans ce cas dans le même piège que lesdites midinettes.
      Évidemment, dans Master Chef, le public ne peut pas juger lui-même de la saveur du plat. Mais ils arrivent plutôt bien à compenser cette frustration en faisant des commentaires assez précis.

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