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Médias : le choc des photos

La nouvelle campagne de sensibilisation aux dangers de l’anorexie faite dans un style très direct en laissant carte blanche à celui qui fit la marque Benetton en publicité, Olivero Toscani.

Le dénuement décharné d’une très courageuse française, Isabelle Caro, s’affiche ainsi sur les murs italiens en pleine semaine de la mode.

Une façon nouvelle de montrer concrètement la maladie et ses ravages. Un choix pas partagé par tous en particulier en France où le Bureau de Vérification de la Publicité déconseille l’affichage. Vous ne saviez pas qu’il existait le BVP ? Ben maintenant c’est bon.
L’homme n’en est pas à son coup d’essai puisqu’il fit scandale en son temps en osant représenter l’homosexualité ou la mort prochaine d’un malade du sida.
Je ne vous le cache pas, moi j’aime beaucoup.
La photo dans ce monde de l’image qui défile, qui va vite, qui va partout, qui s’affiche partout garde cette force extraordinaire, cette puissance d’évocation et d’interprétation. Parvenir à capter toute l’émotion d’un instant ou d’une situation en un clic c’est redoutable, c’est fort et souvent beau.
L’anorexie est une maladie complexe dans laquelle l’image de soi et l’image que l’on projette aux autres et que l’on croit projeter aux autres sont complexes. Montrer simplement ce que c’est et de suite susciter le malaise, c’est déjà beaucoup, le signe aussi d’un problème pas bien assumé par notre société.
Alors que l’on se réjouit chaque année d’un calendrier Pirelli ou Dieux du stade très suggestif à ne pas mettre entre toutes les mains, que la publicité mondaine de luxe se complaît dans le porno chic avec des relents évidents et affichés de sado-masochisme ou d’avilissement de la femme-objet, tout le monde applaudit.
Quand un grand magazine, Paris Match pour ne pas nommer ce champion de l’éthique, retouche une image et supprime les bourrelets disgracieux de notre président, il en appelle à l’esthétisme et tout le monde applaudit.
Il y a donc dans notre relation à l’image une difficulté à prendre de la distance autant de par notre éducation, notre culture que du fait des habitudes, des standards que l’on nous sert depuis tout petit. Il y a ce que l’on peut montrer et le reste. Souvent un journaliste ténébreux nous explique que sa rédaction a décidé de ne pas diffuser telle ou telle image car trop choquante. 10 minutes plus tard un film d’une rare violence débute sur la même chaîne...
Pour autant doit-on faire intervenir la morale face à une photo, doit-on préjuger de l’image qui peut être diffusée ou non dans un univers déjà si médiatique ? Y a-t-il des règles et alors quelles sont-elles ? S’il n’y en a pas, pourquoi tant de haine, de précipitation ? Où est le libre arbitre ?
Le sujet est tout de même une cause noble, bien plus noble en tout cas qu’un parfum, un bijou ou une voiture. Est-ce donc si scandaleux de voir en vrai une anorexique et normal de voir des dizaines de jeunes filles en maillot de bain se trémousser sur un salon de l’auto à Francfort ? Qu’une jeune fille soit choquée par cette représentation est-ce si gênant ou ne peut-on croire qu’elle mettra un visage et une apparence sur une maladie et glorifiera peut-être moins le mannequinat que le monde du marketing vante à longueur de journées ? Doit-on vivre dans un monde feutré, sans chocs, sans risques, mais terriblement virtuel ?
Je crois en la force de l’image mais il ne faut pas en avoir peur, au contraire, elle doit être déclencheuse chez chaque individu de sa propre réaction : aversion peut-être, dégoût, intérêt, surprise, soutien... là est le rôle d’une photo publique, on approche de l’art et de ses interprétations libres les plus diverses, c’est pourquoi je comprends mal cette censure bien pensante.
Ironie de l’actualité, les photos chocs sont à l’honneur cette semaine puisque des clichés de la vie quotidienne des officiers SS à Auschwitz viennent d’être rendus publiques. Comme celle d’Isabelle Caro, ces photos se passent de commentaires mais soulèvent en chacun de nous tant de questions fondamentales...
"Une image vaut mille mots" disait Confucius...


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85 réactions à cet article    


  • maxim maxim 28 septembre 2007 11:32

    l’anorexie et ses méfait .... ma fille cadette à 18 ans qui se trouvait trop ronde parce qu’une copine se trouvait elle même trop ronde ,alors qu’elles étaient parfaitement normales ...... l’une a entrainée l’autre avec les emmerdes que l’on imagine ,tentatives de suicide ,hospitalisations ,l’enfer .... maintenant elle a 26 ans ,plutôt jolie ,a retrouvé une vie normale et une silhouette feminine ,mais très fragile ..... tout ça pour des effets de mode voulus par les marchands de chiffon ..... lamentable !!!!!


    • LE CHAT LE CHAT 28 septembre 2007 11:53

      J’applaudis à cette campagne de publicité italienne , les images peuvent choquer , mais une bonne photo vaut mieux qu’un grand discours et marquera nettement plus les esprits ! les jeunes filles que l’on veut disuader ne sont pas portées sur la lecture , à part les sms des copines , et l’impact visuel les marquera beaucoup plus !

      je trouve scandaleux que ne soient pas durement sanctionnés les agents qui obligent ainsi les mannequins à avoir des hanches à rayer les baignoires , les os c’est bien pour un pot au feu , mais pour le glamour , c’est mieux avec de la viande autour ...


      • LE CHAT LE CHAT 28 septembre 2007 11:56

        @L’auteur

        j’adore ton logo rantanplanisé smiley je suis sang et or , mais je suis les performances de tous les clubs chtis avec attention .Désolé pour mercredi ! smiley


      • ytty54 ytty54 28 septembre 2007 12:18

        je trouve que c’est assez représentatif de la saison du Losc en cours...


      • LE CHAT LE CHAT 28 septembre 2007 12:44

         smiley smiley smiley

        pour Lens , on peut mettre snoopy sur sa niche , ça roupille pas mal ! mais je peux assumer ici au pays de l’OM smiley


      • Antoine Diederick 28 septembre 2007 13:44

        at Lechat,

        Autant la campagne « United colors of B°°°° » avait été provocatrice en montrant un sidéen , autant celle-ci me semble bien plus acceptable s’il s’agit de dénoncer une maladie grave qui semble être plus culturelle que biologiquement inéluctable....

        Et donc comme Le Chat , j’approuve plutôt cette campagne.

        At l’auteur,

        Article qui me plait.


      • ytty54 ytty54 28 septembre 2007 16:23

        je l’ai trouvé sur l’excellent site www.allezlelosc.com


      • Halman Halman 28 septembre 2007 11:53

        Il y a peu dans mon supermarché, j’ai croisé une bande de gamines d’une quinzaine d’années, très volubiles, très gaies, mais beaucoup trop maigres.

        Dans le rayon des patisseries et gateaux en tous genres, l’une d’elle hurle bien fort (un des tics des ados) : « mais tu ne va pas bouffer ça tu va encore devoir te faire vômir ! »

        Dans une totale inconscience de la gravité du problème.

        Motivées par une société de consommation cynique et meurtrière qui ne voit pas où est le problème de vendre des produits tellement surchargés de graisses et de sucres, que l’augmentation catastrophique des infarctus et diabetes laisse totalement froide, pourvu que cela rapporte.

        Ce n’est pas les adultes qui sont visés, touchés, mais bel et bien les ados, à l’âge où on peut leur fourguer n’importe quoi dans la cervelle comme vérité profonde.

        Et comme c’est l’âge idiot où ils sont systématiquement contre tout ce que font et disent les adultes, ils se précipitent comme des moutons, par simple réflèxe de contradiction, vers tout ce que les adultes ne consomment pas.

        La bêtise des ados, cible magnifique pour les professionnels du marketing qui vendent leur âme au diable en vendant leurs poisons à des anges, pourvu qu’ils se fassent du poignon.


        • gingko64 30 septembre 2007 17:23

          Et les gamines bien trop grosses, ça ne fait réagir personne ? Parce que là on ne parle pas de cas marginaux comme l’anorexie, mais de 25% des ados (sans compter les enfants, ce qui ferait bondir le %) ! D’ici peu, être obèse sera la norme et la taille 34 une maladie à combattre. Drôle d’époque !


        • lambertine 1er octobre 2007 18:07

          Quand j’étais gamine, une femme qui portait du « 38 » était considérée comme maigrichonne.


        • gingko64 1er octobre 2007 21:26

          Et moi quand j’étais gamine, celles qui faisaient 38 étaient appelées des « petits boudins »...Je crois qu’on n’est pas nées à la même époque smiley


        • MagicBuster 28 septembre 2007 11:54

          Le mimétisme (ou la mode si vous préférez) est une plaie.

          Je ne peux m’empêcher de penser : A toutes ces chinoises qui se font opérer pour ne plus avoir les yeux bridés, A toutes ces français qui ne veulent plus de leur hanches, A toutes les américaines qui veulent des seins énormes (pour ne pas dire déraisonables), etc . . .

          Il est plus que temps d’arrêter le massacre.


          • biztoback 28 septembre 2007 12:06

            Il y a un malaise en France, ce sont les conséquences.


            • Martin Lucas Martin Lucas 28 septembre 2007 13:35

              A l’auteur : Vous n’avez pas besoin d’utiliser les affiches et publicités représentant de beaux corps nus comme boucs émissaires pour dénoncer la censure faite sur la représentation de certaines réalités par le BVP.

              Autant je trouve le travail du BVP totalement nuisible (en laissant passer certaines pubs, il participe au blanchiment écologique de certains grands pollueurs), autant je suis lassé d’entendre les gens se plaindre d’une soi-disant agrssion visuelle parce qu’on représente des personnes dans le plus simple appareil, d’autant plus que ce même public ira se pâmer sous le plafond de la chapelle sixtine et devant un Botticelli.

              Un autre aspect me surprend dans cette campagne. Etrangement, Toscani utilise exactement ce qu’il veut combattre, en nous présentant une image destinée à heurter nos canons esthétiques.

              Quand le message aurait du insister sur les méfaits de l’anorexie pour la santé, on nous présente les choses d’un point de vue esthétique et canonique.

              A quand la même campagne sur les obèses ?

              Quid de la tolérance pour des physiques différents ? Il existe des personnes très maigres et pourtant bien portantes qui pourraient trouver cela insultant (le message, pas l’image).

              Cette campagne aura-t-elle une quelconque efficacité ?


              • ytty54 ytty54 28 septembre 2007 16:19

                Vous avez peut être raison honnêtement je ne sais pas quelle sera l’efficacité de cette campagne, sûrement négligeable mais justement qu’on la laisse vivre sans en faire toute une histoire. C’est vrai que cette campagne peut choquer mais tout peut choquer, le calendrier des rugbymans du stade français me choque : montrer des beaux mecs musclés je trouve ça insultant surtout quand je sors de la douche...


              • Aranka 28 septembre 2007 22:01

                Tout à fait d’accord avec l’article. :)

                J’espère que cette photo fera prendre conscience à certaines personnes à quel point les médias, et notamment la pub et certains magazines, entretiennent le culte de l’apparence dans nos sociétés, uniquement pour des intérêts commerciaux (en plus du culte de la performance). Tout cela favorisant le manque de confiance en soi, les complexes et l’anxiété de ne pas être à la hauteur chez les individus.

                J’espère aussi que les mannequins (qui sont déjà des sortes d’objets commerciaux porte-vêtements) seront un jour autorisées à manger suffisamment pour ne plus ressembler à des squelettes maladifs mais à de vrais femmes. Ou même qu’un jour les mannequins seront interdit(e)s ^^

                A propos du calendrier des « Dieux du stade », je trouve également cela excessif (et commercial). Je comprends qu’on puisse admirer la beauté du corps humain, mais c’est considérer ces personnes plus comme des objets que comme des êtres humains.

                Mais ce qui me choque beaucoup plus, ce sont les « hôtesses » des salons autos ou informatique notamment, qui servent d’argument commercial pour vendre une carte graphique ou une voiture, en posant en petite tenue avec des poses provoquantes(!) Et également toutes les publicités, magazines féminins/masculins (remplis de stéréotypes : une femme s’intéresse forcément à la cuisine, la mode, la déco,la couture, la ’psychologie’, les ’stars’... ; un homme au foot et au sport, aux voitures, à la muscu, au sexe...), calendriers, magazines érotiques... où les femmes (et de plus en plus les hommes) sont traitées (même si elles/ils l’acceptent car cela leur permet de vivre) comme des objets, des arguments de vente, parfois de façon humiliante, en véhiculant des messages stéréotypés sur chaque sexe, et sur ce à quoi il faudrait ressembler, ce qui a des effets très négatif sur les mentalités. Avec en plus des publicités partout pour les régimes, les appareils pour se « sculpter » un corps parfait, etc...

                Bref, j’espère que cette publicité fera au moins réfléchir un peu les gens, et aidera à faire évoluer les mentalités même si la pub sera toujours la pub... ;)

                (Oups, désolée c’est long :p)


              • Aranka 5 octobre 2007 00:20

                A ytty54

                Je partage votre point de vue. Mais pour reprendre vos termes et d’un point de vue féminin, voir à tous les coins de rues des photos de femmes superbes au corps et au visage « parfaits » (d’autant plus qu’ils sont largement maquillés et souvent retouchés) peut également sembler insultant/humiliant/complexant à des millions de femmes, et ce depuis des années...

                et en alimentant une pression sociale déjà importante par rapport aux critères attendus de « féminité » et de « désirabilité » entraîner complexes et/ou quête sans fin vers un idéal/canon de beauté par peur de ne pas être à la hauteur, en cherchant par tous les moyens à améliorer toujours plus son apparence (maquillage, crèmes anti-rides, régimes, vêtements à la mode...) ce qui profite (et c’est le but) aux industries cosmétiques, diététiques, de la mode, etc... et maintenant de plus en plus hélas aux praticiens en chirurgie esthétique. Je trouve cela d’un cynisme assez incroyable. Sans parler du culte de la jeunesse, jeunisme... (Quelle place pour les « séniors » et les personnes « âgées » dont l’expérience et la connaissance peuvent être d’une valeur inestimable ?)

                Certaines émissions américaines où il s’agit non seulement de « relooker » mais de « remodeler » un individu insatisfait de son apparence, y compris en en passant par la chirurgie esthétique (!), sont de ce point de vue assez effrayantes.

                Evidemment, tout cela n’est pas nouveau mais je trouve qu’on en arrive à un point assez inquiétant, d’autant que cela s’élargit maintenant de plus en plus aux hommes.

                Va-t-on vers un monde d’individus aux corps standardisés où tout « défaut » ou écart aux canons de beauté ou à la norme est corrigé ou sinon devient discriminant ? A quel degré de superficialité en est-t-on arrivé pour autant définir la valeur d’un individu par son apparence ? Notre identité (notamment sexuelle) est-elle si fragile qu’elle ait besoin de tous ces artifices (chez la femme) pour soutenir un narcissisme défaillant ou du moins permettre de garder une image acceptable de soi, par nous-même et par la société ? Jusqu’où la publicité agit-elle sur notre inconscient ? Quelle est l’influence des stéréotypes qu’elle véhicule sur la formation de notre identité par rapport aux comportements attendus des genres féminin et masculin ? Comment expliquer qu’une femme soit presque « obligée » par la société (ou du moins fortement encouragée)pour donner l’image d’une féminité « épanouie » de recourir à des artifices et traitements divers de son corps (maquillage, bijoux, vêtements sexy, épilation...)comme si cette féminité n’allait pas de soi, alors que l’homme pour être homme a juste à « être » (bien qu’il subisse également une pression importante je suppose, mais peut-être plus liée à la performance). Jusqu’où vont aller les cultes de l’apparence et de la performance avec l’individualisme grandissant, et sans compter les nouvelles possibilités techniques offertes notamment par la génétique ?

                Je sais que je caricature un peu mais il me semble que tout cela touche des questions d’identité vraiment essentielles et que certaines dérives de nos sociétés me paraissent inquiétantes. N’est-on pas en train de les déshumaniser de plus en plus au détriment du lien social ? (Cela me fait penser à l’excellent film « Gattaca ») Tellement de questions en suspens... :p


              • Avatea Avatea 28 septembre 2007 14:19

                il y a un problème d’education et de construction mentale autour de cela.. un commentaire parlait de la stupidité des ado.. des effets d’entrainement.. Je pense que cela n’arrive pas tout seul : manque de confiance en soi, manque d’attaches et/ou d’un cocon familial equilibré, que sait-je...


                • fern 28 septembre 2007 14:31

                  @ l’auteur.

                  merci pour cet article très intéressant. Je vous rejoint totalement lorsque vous dites que la censure de cette photographie est d’avantage le résultat d’un tabou social que d’un soucis de l’effet potentiellement choquant de celle-ci.

                  @Martin Lucas.

                  Les gens ne se plaignent pas de la nudité rendue visible par les photographies de mode, mais de la façon dont les corps de ces mannequins sont transformés. Michel Ange n’a pas eu besoin de photoshop pour évoquer la beauté du nu.  smiley

                  Enfin le photographe utilise effectivement les mêmes critères « artistiques » que les photographes de mode pour réaliser ce portrait ; mais il s’en justifie trés bien lui même en expliquant que c’est dans le soucis d’un impact fort de mise en parallèle qu’il a adopté cette démarche. Il joue simplement à armes égales pour renverser notre vision de la page de magazine.

                  Enfin à toutes celles et ceux qui souffrent d’anorexie, j’apporte mon soutien et je félicite la jeune femme qui a posé pour ces clichés pour son courage et son combat !


                  • Algunet 28 septembre 2007 14:34

                    Notre fille est anoréxique...

                    Ce qui me choque dans cette pub, c’est que l’annonceur s’est offert une pub avec une anorexique comme manequin (en la payant ?) pour faire au final et surtout la publicité de la marque « BENETTON » car il me semble que c’est de « BENETTON » dont on parle, n’est-ce pas ?


                    • Alake Alake 28 septembre 2007 15:40

                      non l’annonceur est la marque de vêtement no-lita. Le but de cette pub n’est pas de faire de promouvoir la marque mais de dire « nous sommes contre l’anorexie ».

                      Je pense qu’ils ont tout simplement voulu montrer ce qu’il y a sous les vêtements de certains mannequins que les ados admirent tant.

                      Une chose qui n’a pas été mentionnée dans les médias français : cette campagne a été lancée pendant la semaine de la mode à Milan.


                    • Sarah 2 octobre 2007 17:40

                      Je suis étudiante en psychologie (dernière année et je travail sur le thème de l’anorexie) et j’ai moi même traversé l’expérience de l’anorexie. J’ai bien noté que votre enfant traversait actuellement cette expérience et je tiens à vous apporter toute ma compassion. Un des éléments qui m’a permis de trouver le ressort d’adopter un autre fonctionnement fut la volonté de ne plus voir souffrir les gens que j’aimais. Je ne sais si cela est opportun de vous le dire mais j’espère que vous ne vous croyez pas responsable de ce qui arrive à votre fille...souvent le corps médical ( encore aujourd’hui incapable de comprendre le phénomène anorexique) incrimine les parents ( c’est plus aisé que de reconnaitre son ignorance). Je ne sais si cela vous interesse mais je vous propose de garder contact, en dehors de ce forum, je serais ravie de vous communiquer les résultats ( encore peu étayés) de mes recherches. Sinon, il est claire à mes yeux, à tord ou à raison, que cette campagne est une vulgaire manœuvre marketing. Lorsque j’avais un corps qui ressemblait à celui de la photo, je le cachais sous de grands vêtements amples et je me serais sentie « violée » de constater que chacun pouvait se le représenter identique à celui de l’image. j’en aurais beaucoup souffert et je me serais sentie encore un peu plus différente...ce qui aurait alimenté les causes de mon troubles !!! L’anorexie n’a rien à voir avec la mode et le marketing, ce trouble existait bien avant l’avènement de ces dimensions contemporaines (le premier cas étudié remonte au 16éme siècle) et il sévissait aussi à l’époque ou les canons de la beauté pesaient 65kg en moyenne, pour 1m60. Réduire l’anorexie à un probléme de mode, et de volonté de plaire par la maigreur, c’est au mieux débile, au pire criminel ; parce que cela dit, implicitement que les personnes présentant un fonctionnement anorexique sont des « fashions victimes » et cela nuit à l’estime de soi, qui est finalement bien plus au coeur de la problématique que n’importe quel photo de mode. Au tenant de cette approche je dirais : essayez de perdre 20kg en 5 mois pour ressembler à un mannequin !!!...c’est impossible.


                    • fern 28 septembre 2007 14:47

                      @ Algunet ;

                      Il ne s’agit aucunement d’une pub pour la marque BENETTON.

                      Le photographe avait été rendu célèbre pour ces clichés de l’époque pour cette marque, notamment celui d’une femme noire allétant un nourisson blanc.

                      Il s’agit ici d’une campagne de pub contre l’anorexie initiée par le ministère de la santé italien.

                      Aucune marque ou enseigne n’est à associer à ces clichés.

                      De tout coeur avec vous,

                      Cordialement,

                      Fern


                      • lambertine 28 septembre 2007 16:22

                        Pardon ?

                        C’est quoi, No-lita, sinon une marque de fringues ?


                      • Sarah 2 octobre 2007 17:15

                        Je vais tenter de rester correcte mais j’avoue que ce déballage d’ignorance m’agace...une campagne de pub contre l’anorexie cela ne veut rien dire : une campagne de pub c’est pour vendre des produits quelsqu’ils soient. Et l’anorexie est un trouble du comportement alimentaire. Deux espace inconciliable, sauf pour des annonceurs habiles qui savent que lorsque le spectateur est choqué, il va garder en mémoire les informations présentent au moment de son choc. De nombreuses expérimentation en psychologie expérimentales ont mis ce phénomène en lumière. Il s’en foute de la souffrance des personnes présentant un fonctionnement anorexiques et de leurs familles, ce qui leur importe est de vendre !!!et contrairement à ce que vous prétendez, une marque est clairement associée à cette campagne, c’est la marque italienne No-l-ita (c’est une marque de vêtements). A bon entendeur


                      • Aranka 5 octobre 2007 01:29

                        Cette campagne-choc (bien que faisant prendre conscience violemment du drame de l’anorexie à de nombreuses personnes) n’est pas une campagne contre l’anorexie en elle-même, mais reste une publicité pour une marque de vêtement (bien que le ministère de la santé italien y soit apparemment associé) qui se pose en dénonciatrice des pratiques de certaines agences de mode, qui en obligeant (plus ou moins directement) leurs mannequins à être très maigres (par des régimes draconiens) peuvent les faire basculer dans l’anorexie (Il existe malheureusement de nombreux cas).

                        L’intention peut paraître/être louable mais n’est évidemment pas désintéressée, car l’entreprise se (re)donne ainsi une excellente image de marque qui aurait pu être entachée par les récentes polémiques en Italie : elle montre ainsi qu’elle-même non seulement n’applique pas ces pratiques (se distingue des autres), les dénonce (nous sommes une marque éthiquement et socialement responsable, et même bienfaitrice) et par opposition et implicitement il me semble, promeut une image de la femme épanouie, en bonne santé et avec des formes, et non squelettique et maladive comme hélas les mannequins de nombreux défilés.


                      • Bouli Bouli 28 septembre 2007 14:57

                        Conclusion : le BVP est d’une hyprocrisie complètement irresponsable. Mais au-delà de ça : l’anorexie est-elle une maladie si tabou que ça en France ? Je veux dire, il y a nombre de reportages à la télé régulièrement sur le sujet, alors pourquoi censurer une campagne qui balance la réalité en face aux jeunes filles tentée par l’anorexie comme par la dernière mode ? C’est tout de même inquiétant.

                        @ l’auteur et au chat Oui mais si tous les 2 matchs on se prend des erreurs d’arbitrage, ça va être dur de changer rantanplan en dogue... smiley Mais bon, c’ets vrai qu’on se fait une saison pèpère...


                        • ytty54 ytty54 28 septembre 2007 16:22

                          effectivement je crois que ces dernières années on n’a jamais autant parlé d’anorexie mais ce blocage montre que de la parole aux actes il y a encore du chemin. Après tout sur un paquet de cigarette il est grassement marqué « fumer tue » pourquoi ne pourrait on pas afficher « l’anorexie tue » ?

                          pour le reste y a des erreurs d’arbitrage mais aussi des erreurs de casting !


                        • Bouli Bouli 28 septembre 2007 16:49

                          Oui mais pourquoi ce blocage ? Pourquoi en Italie ça passe et pas en France ? Notre culture/société fait-elle qu’on ne peut pas mettre une image en 4x3 sur l’anorexie ?

                          et pour ce qui est du casting, sans doute, mais en tout cas notre Claude et ses costards siciliens peuvent passer n’importe quelle audition... smiley


                        • marie 28 septembre 2007 15:21

                          Comme d’hab, les français sont frileux, et dans la demi teinte, ils ne veulent pas voir la réalité des choses, et cela n’est pas seulement valable pour l’anorexie..ils faut toujours les ménager, les pauvres, ce faisant leur attitude fait souvent le lit des plus forts et l’accablement des victimes...Au passage on remarque que le gouvernement italien a commandé cette campagne et que celle-ci se déroule pendant les défilés de mode..alors il y aura toujours des emmm....pour juger que c’est trop ci et pas assez çà, bref de blablater..en attendant, il y a des gens qui essaient de faire en sorte que l’anorexie ne touche plus les jeunes filles, comme elle les touche au nom d’une image que les vendeurs de chiffons imposent sans souci..du moins en France ou ils ont les mains libres !des relationset un jem’enfoutisme complet des jeunes filles de la masse ..


                          • Gazi BORAT 28 septembre 2007 15:43

                            « Anorexie et canons de la mode ».

                            Deux types d’anorexie doivent être pris en compte :

                            - L’ANOREXIE PROFESSIONNELLE : En cause principalement les canons de la mode qui incitent les couturiers à « employer » dans leurs défilés des filles de plus en plus jeunes, avec des critères de minceur qui mettent en danger celles qui s’y soumettent.

                            Une campagne est actuellement en cours obligeant à produire des certificats médicaux de « non-troubles nutritionnels » par les mannequins.

                            C’est une bonne chose et l’affiche de Toscani pourra contribuer à une prise de conscience du public qui, éventuellement pourra exercer de son côté des pressions sur les couturiers.

                            - L’ANOREXIE PSYCHOLOGIQUE : en cause ici des troubles psychologiques qui touchent les adolescentes, pour des raisons parfois liées à un refus des changements corporels liés à la puberté.

                            Pour ces cas, l’affiche de Toscani ne remplacera pas une thérapie.. Les canons de la mode se déplaçant vers des morphologies type Rubens, il y aurait toujours des anorexiques.

                            Les parents d’enfants anorexiques accuseront toujours la mode, procédé facile pour évacuer leur culpabilité.

                            gAZi bORAt


                            • Antoine Diederick 28 septembre 2007 17:47

                              @ Borat

                              « Les parents d’enfants anorexiques accuseront toujours la mode, procédé facile pour évacuer leur culpabilité. »

                              euhhh, votre affirmation me semble trop facile....


                            • claude claude 28 septembre 2007 20:56

                              @ borat,

                              je m’inscrit en faux à votre affirmation : «  »Les parents d’enfants anorexiques accuseront toujours la mode, procédé facile pour évacuer leur culpabilité."

                              l’anorexie est un trouble du comportement alimentaire qui sévit particulièrement à l’adolescence, époque où l’enfant voit ses repères et son corps changer.

                              une de mes copines de classe, belle sportive aux joues un peu trop rondes à son goût, en est morte nous avions alors 16 ans...

                              l’anorexie, c’est l’angoisse de tous les parents dont la fille commence à vouloir ressembler à kate moss ou un autre mannequin faisant la couverture des magazines... quand, faisant un petit « 40 » pour 1m75, elle se prend pour une baleine obèse parce qu’elle ne rentre pas dans un 38, voire un 36... et qu’elle entreprend une campagne de repas « chipotteurs »...

                              mais pour avoir eu une reflexion pareille, je doute que vous ayez une ado à la maison... smiley


                            • Algunet 28 septembre 2007 21:32

                              gAZi bORAt

                              Vous avez une vision de cette maladie qui ne correspond pas à la réalité. Pour la côtoyer et l’étudier depuis plus de 7 ans, il faut savoir que ce trouble du comportement alimentaire déclenché par une cause souvent anodine telle un régime alimentaire, le souci de la perfection, à l’occasion d’un voyage à l’étranger ou d’une peur de décevoir…, évolue vers une maladie mentale complexe dont l’anorexie ou la boulimie suivant les phases en sont les conséquences. Des spécialistes parlent même de présence de certains gènes… De plus il ne faut pas confondre maigreur même extrême et anorexie. Tous les mannequins ne sont pas anorexiques mais dans cette profession le taux d’anorexiques est de plus en plus important depuis que les standards exigés par les professionnels tendent vers la maigreur.

                              Également quand vous dites : « Les parents d’enfants anorexiques accuseront toujours la mode, procédé facile pour évacuer leur culpabilité. », croyez-vous que les familles des enfants morts d’un accident de la route et qui accusent la vitesse et l’alcool comme facteur principal le font pour déculpabiliser ? Je crois plutôt qu’ils ne veulent pas que ce gâchis, qu’est la mort de leur enfant, ne se répète pas… pour le malheur des autres.

                              10% des anorexiques meurent des suites de leur maladie, soit par dénutrition, soit par suicide. Mon épouse et moi n’éprouvons aucune culpabilité, d’autant que nous avons eu la chance d’avoir décelé la maladie à ses tout débuts. Car c’est une des causes principales de culpabilité : ne pas avoir vu s’installer la maladie.

                              Alors oui voir des mannequins d’une extrême maigreur fait que je m’inquiète pour elles et pour toutes celles qui par souci de ressemblance à ces icones de la mode vont prendre un risque énorme.

                              Allez visiter un site pro-ana en tapant sur le moteur de recherche les mots ana et mia… (pour anorexique et boulimique dans leur langage) et vous vous rendrez compte qu’il s’agit d’une maladie mentale et non un excès de maigreur.


                            • Mango Mango 28 septembre 2007 21:42

                              D’accord avec Gazi BORAT .

                              Il ne s’agit évidemment pas de dire que les parents SONT coupables, mais il est indéniable qu’ils éprouvent une culpabilité certaine, qui peut devenir tellement insupportable qu’il est humain de rechercher des causes « externes » au mal-être de leur enfant.

                              Mais en même temps, il ne faut pas nier la pression sociale dans le déclenchement de troubles alimentaires, qu’il s’agisse d’anorexie ou de boulimie, car souvent, les deux sont associés.

                              Alors, j’ai envie d’un gros coup de gueule.

                              Un gros coup de gueule, parce que cette publicité, censée dénoncer l’anorexie et ses ravages, et au sujet de laquelle je suis absolument d’accord avec l’auteur pour en dénoncer l’interdiction, cette photo d’une femme mourrante (car je ne trouve pas d’autres mots), cette femme souffrante, cette femme à l’agonie, eh bien, Mesdames et Messieurs, certaines de vos filles l’envieront et certains hommes la désireront.

                              Non, ne protestez pas avant d’avoir fait un tour sur les sites qui font l’apologie de l’anorexie. Allez-y, on en reparle après. Cette femme est presque « grassouillette » comparée aux images que l’on trouve sur ces sites.

                              J’ai regardé hier soir un reportage d’ « Envoyé Spécial » qui traitait du « gavage des filles » en Mauritanie. Il existe encore des sociétés où, pour survivre aux famines et aux maladies, mieux vaut avoir une bonne « réserve » pour espérer s’en sortir. C’est devenu une distinction sociale. Cela peut aller jusqu’à mettre la santé en danger.

                              « Vouiii », me direz-vous, « mais chez nous... »

                              Je ne parlerai que de ce que je connais, et « chez nous », ce n’est pas si vieux : ma grand-mère, petite et menue, ayant eu la malchance de naître avant l’avènement de la ligne « haricot vert » dans sa lointaine campagne, a été gavée comme une oie par crainte qu’aucun homme ne veuille de cette crevette, au point qu’elle faillit en trépasser et en est ressortie plus maigre encore qu’avant ! Enfin, elle en réchappa et fête cette année ses 100 ans, comme quoi...

                              Depuis 50 ans, c’est l’inverse...

                              Ma mère s’est mise à fumer à 15 ans pour ne pas manger : c’était conseillé dans le livre de régime de Gaylord Hauser, de l’époque, que nous avons pieusement conservé. « S’il vous arrive d’avoir faim »- malgré la biscotte-pamplemousse du matin et la feuille de laitue-œuf dur de midi- « fumez une cigarette et buvez un café » ! C’est le même qui nous vend aujourd’hui des « substituts de repas » sucrés jusqu’à l’écœurement (mais d’édulcorants, d’ailleurs objets de polémiques), et des produits « diététiques » ! A l’époque de Bardot, vous passiez 50 cm de tour de taille, vous étiez foutue ! Diurétiques, amphétamines... Tout était bon pourvu que vous puissiez boucler cette *% !§ de ceinture sur votre jupe en vichy ! Plutôt crever (comme Marylin) plutôt que de renoncer à porter le bikini !

                              Moi, j’ai eu de la chance : Birkin, bien que fluette, arborait fièrement, et avec un brin de provocation pour l’époque, un arrière-train féminin en diable qui nous épargna les complexes de nos sœurs, nées à peine 5 ans plus tôt, et traumatisées à vie par Twiggy et Françoise Hardy.

                              Devenue mère et épanouie, j’ai lu - ou entendu ?- Vanessa Paradis, de 10 ans ma cadette, qui avouait avoir été désespérée par son « gros cul » (? !?!?!?) lorsqu’elle était ado, jusqu’à ce qu’elle se rende compte que ces messieurs appréciaient les fesses rebondies. Ouf ! On respire ! Et vu le mec qu’elle s’est trouvé avec son « gros cul », on se dit que rien n’est perdu !

                              Ma fille de 14 ans qui se retrouve en 3ème avec une silhouette de femme « faite », se fait traiter de « gros cul » car elle porte du 36 pour 1m 67 ; eh, oui ! Hors du 10 ans, point de salut ! Bon nombre de ses copines « sèchent » carrément la cantine, certaines après avoir falsifié leur carnet de liaison, d’autres profitent de l’indifférence plus ou moins complice des parents. D’autres se contentent de grignoter une feuille de salade, puis courent se gaver de bonbons, de gaufres et de beignets avant de se faire vomir.

                              Heureusement pour ma puce à moi, elle a, pour l’instant, assez confiance en elle pour se trouver très bien, prendrait bien encore qqs centimètres pour remplir et me piquer toutes mes fringues, et par chance, aime trop la « bonne bouffe » pour songer à s’affamer.

                              Mais j’ai beau tenter de me rassurer en me disant que j’ai pris beaucoup de temps et de soin à parfaire l’éducation alimentaire de mes enfants, je tremble en songeant qu’un jour où elle serait fragilisée, elle pourrait considérer que ses formes sont la cause de tous ses maux.

                              Je crois très important de rappeler à nos filles, et à tous ceux qui s’extasient sur des brindilles faméliques, que les femmes ont des seins, des hanches, qu’ un certain pourcentage de masse graisseuse est indispensable pour être une « vraie » femme, féconde (les grandes sportives souffrent souvent d’aménorrhée en raison du déséquilibre entre masse musculaire et masse graisseuse. Idem pour les anorexiques : plus de masse du tout !).

                              Rappelons que l’horrible cellulite, graisse honnie, résistante à toutes les restrictions alimentaires et que l’on attaque aujourd’hui à coups de malaxages, triturages, massages, disloquages, enfouissements, enveloppements, et autres lasers, multi piqûres et onctions de produits dont le prix au kilo ridiculise les frais de bouche des époux Chirac, pour finir par la « succionner » à l’aspirateur- je me demande ce qu’ils font des bocaux ? Ils les réinjectent dans les bouches de « stars » ?-, cette ignoble cellulite disgracieuse, Mesdames et Messieurs, est probablement à l’origine de la survie du genre humain, car accrochée aux fesses de vos femmes, elle leur a permis de rester fécondes et de continuer de procréer dans les pires périodes de disettes et d’épidémies , alors que les malheureuses aux maigres derrières et aux cuisses étiques succombaient par suite de privations ou de fièvres.

                              D’ailleurs, malgré un relativement récent brassage des populations, il n’y a qu’à voyager et observer les morphologies dominantes pour voir que plus les conditions de survie sont (ou furent ) aléatoires, plus le cul stocke !

                              Rappelons à nos filles que nous les aimons comme elles sont, que les photos des magasines sont retouchées, que les mannequins qu’elles admirent sont parfois plus jeunes qu’elles, siliconées à 13 ans pour vendre de la « disponibilité de cervelle » - occupe -toi de tes bourrelets, tu ne réfléchiras pas à autre chose !-

                              Gloire Laetitia Casta, et d’autres, réhabilitatrices de rondeurs, et occasionnellement, d’une ombre de duvet sous les aisselles !

                              Et, mes sœurs, méprisons ces minables timorés qui nous veulent osseuses à rayer la baignoire, lisses comme des bidets, maquillées comme des voitures volées, sèches comme des harengs, désodorisées comme une cuvette de WC, pour mettre en valeur les sièges baquets de leur Porsche ou la harde haute-couture dont ils veulent montrer qu’ils ont eu les moyens de se fendre pour notre anniversaire !

                              Heureusement, le monde est plein de vrais hommes qui n’ont pas peur des vraies femmes et goûtent la joie d’ « en avoir plein les mains », si vous me permettez l’audace de l’image.

                              Aimez les femmes, elles s’aimeront.


                            • Antoine Diederick 28 septembre 2007 21:57

                              wouaahhh...joli, bravo !


                            • ycar 28 septembre 2007 22:31

                              Merci pour votre « coup de gueule » votre fille a de la chance de vous avoir ! merci de défendre les femmes qui ressemblent à des femmes c’est à dire qui ont des seins et des fesses rebondies, qui sont evidemment et entre autres des appâts sexuels. C’est ce que précisément nient les anorexiques , l’émergence de leur sexualité.Ce déni est le plus souvent inconscient . Tout le travail consiste a faire accepter ce caractère sexuel . La mode règle les canons de la beauté, malheureusement.Que les couturiers de renom habillent des femmes aux formes plus épanouies et ressemblant enfin à des femmes serait peut ête une aide( sans être une panacée) pour toutes ces jeunes filles qui cherchent l’image de « la femme ».


                            • ka 28 septembre 2007 23:00

                              @ Mango

                              Vous mentionnez un point très important dans votre post dont on oublie souvent de parler quand on aborde l’anorexie c’est la détresse dans laquelle se retrouvent certaines femmes qui ont été anorexiques et qui ont réussi à s’en sortir, parfois plusieurs années après ce cauchemar elles rencontrent des difficultés pour avoir des enfants.

                              Pour ce qui est de la jeune femme sur l’affiche publicitaire, il faut savoir que cela fait 13 ans qu’elle est anorexique et qu’elle se bat contre cette maladie. J’ai vu un reportage sur cette femme qui est très courageuse et qui continue son combat malgré le temps qui passe. Elle est déterminée et cette campagne de pub représentait pour elle un challenge, c’était un point de départ parce qu’elle avait décidé au moment du reportage d’essayer de reprendre du poids même si on imagine que ce sera etrêmement difficile parce que ça fait longtemps qu’elle souffre de cette maladie.

                              Si cette campagne peut l’aider à s’en sortir ce sera une bonne chose et elle aura été utile.


                            • claude claude 28 septembre 2007 23:08

                              bonsoir mango,

                              beau coup de gueule, dont je partage entièrement l’angle de vue.

                              ma fille fait aussi partie des « jolies rondes » avec un ( tout petit) petit bedon et un poids en rapport avec sa taille. périodiquement elle se pince la taille en marmonnant « qu’il faut qu’elle fasse un régime », mais ses revendications de minceurs s’estompent à la première tartine de nutella écervelée, rencontrée par hasard sur le bord de la table (pire encore, elle arrive à retrouver les pots planqués dans les placards)

                              mais elle a quelques copines qui se vouent au culte « pomme-vittel » dès que leur balance affiche 20 grammes de trop. c’est un drame de les avoir à table, grappillant une feuille de salade, un quart de la moitié d’un steak, 3 petits pois et 2 spaghettis... en revanche, j’ai remarqué que ces demoiselles biberonnaient sec toutes ces nouvelles liqueurs : malibu et consorts...

                              35 ans après, j’ai toujours en mémoire le visage de ma copine de 2°, élancée et musclée,car elle pratiquait la danse, qui pour être « plus mince » a cessé de se nourrir... un jour elle n’est plus venue en classe... et nous avons appris son décès après 2 mois d’hospitalisation.

                              cette image ne cesse de me hanter, et j’ai veillé à ce que mes enfants se sentent bien dans leur peau en leur apprenant à se défendre contre les dictats de la mode.


                            • ka 28 septembre 2007 23:38

                              Bonsoir Claude

                              Y avait une fille dans ma classe quand j’étais au lycée, super gentille et forte. Au début de l’année j’ignorais qu’elle avait été anorexique peu d’années avant. A chaque fois qu’on allait déjeuner à la caféteria elle prenait un peu de carotte rapée sans sauce avec un petit bout de pain, on ne comprenait pas, puis elle nous a raconté son histoire, super émouvante. Elle a perdu son père alors qu’elle entrait dans l’adolescence (première épreuve), ensuite sa mère s’est remariée avec un type qu’elle détestait (2ème épreuve). cette fille était très mignone et adorait la photo, elle nous a d’ailleurs montré un de ses books, des photos qu’elle a faites alors qu’elle commençait tout juste à reprendre goût à la vie. A cause de sa fragilité psychologique un jour elle s’est trouvé trop grosse et elle a commencé à perdre du poids très vite, pour changer, pour ne plus être celle qu’elle était au moment où ça allait mal dans sa tête. Ca a été l’engrenage elle ne contrôlait plus rien et est tombée dans l’anorexie, quelques temps après elle a du être hospitalisée et on l’a mise sous perfusion. Elle a réussi à s’en sortir grâce à sa détrmination et grâce à un homme qu’elle a rencontré. Elle a quitté la formation qu’elle suivait en BTS pour faire des études en pharmacie. J’ai eu des nouvelles d’elle un an après par hasard, on l’a rencontré, une amie et moi, dans la rue alors qu’on sortait du lycée et elle nous a annoncé qu’elle était super heureuse et qu’elle allait se marier. Ca nous a fait super plaisir, malheureusement toutes les filles qui deviennent anorexiques ne s’en sortent pas aussi bien.

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