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Accueil du site > Actualités > Médias > Mouvement Citoyen pour le Droit à l’Information

Mouvement Citoyen pour le Droit à l’Information

Un petit groupe de blogueur(se)s est à l’initiative d’un Mouvement Citoyen pour le Droit à l’Information (MCDI).
 
Parce que nous en avons marre que les médias nationaux joue le jeux du Chef de l’Etat et de son gouvernement, en faisant la sourde oreille de ce qu’il se passe réellement dans notre île depuis maintenant 25 jours. Et pour que le mouvement suivi en Martinique, à la Réunion et en Guyane ne fasse pas les frais de cette désinformation.
 
Nous avons donc écrit une lettre ouverte à l’attention de tous les médias, que nous tâchons de diffuser le plus largement possible.
 
Notre lettre ouverte n’est pas faite pour les incriminer, bien au contraire, mais pour qu’ils prennent conscience qu’ils sont les premiers acteurs à faire en sorte que les valeurs démocratiques et en particulier la LIBERTE D’EXPRESSION soient respectées
Et qu’à leur côté se trouve toute une population prête aussi à les défendre.
La Liberté d’Expression est leur premier droit, mais ils ont aussi le DEVOIR, en contre partie, de relayer avec EQUITE et PARTIALITE toutes les informations !
 
Ces valeurs et libertés sont en danger aujourd’hui ! Tous les médias devraient dénoncer toutes les pressions auxquelles ils font face, je pense notamment à Thierry FUNDERE qui en fait les frais aujourd’hui même.

Lettre ouverte 
Guadeloupe, le 13 Février 2009.
 
Mesdames, Messieurs les journalistes,
 
Si nous prenons la plume ce jour (ou plutôt le traitement de texte), c’est pour vous faire part d’une situation particulièrement inquiétante. Vous n’êtes pas sans savoir que la Guadeloupe traverse actuellement une crise très grave. Cela fait maintenant 4 semaines que cela dure et nous, habitants de la guadeloupe, des autres DOM et métropolitains, nous posons un certain nombre de questions quant à la façon dont cet évènement est perçu en France hexagonale.
 
Retard dans l’information

Durant les deux premières semaines, aucune information n’a été relayée dans les médias nationaux sur les faits se déroulant dans l’île. Comment cela a-t’il été possible ? En effet, si la Haute-Vienne, la Seine St Denis ou le Pas de Calais s’étaient mis en grève totale, combien de temps aurait-il fallu aux médias pour communiquer l’information ? Moins d’une heure.
 
Pourtant, pour la Guadeloupe, il aura fallu attendre 15 jours de paralysie totale pour que cela fasse la une des journaux. Pourquoi notre merveilleuse île ne serait-elle pas considérée comme un département français à part entière ? Pourquoi fait-elle l’objet d’une telle indifférence ? Serait-ce la distance qui expliquerait un tel retard à l’allumage ? Faut-il alors en conclure que hors de la métropole, il n’y à point de salut, point de droit à être écouté ou même entendu par les autres départements ?
 
M. Sarkozy a accordé une interview afin de pouvoir s’expliquer au sujet des problèmes du moment. Pas un mot sur la Guadeloupe. Beaucoup ici se sont indignés sur le silence de notre Président. Mais ce n’est pas que ce silence qui nous a le plus choqué, mais bien le manque d’intérêts sur le sujet de la part des 2 journalistes. Après tout, Le Président n’était là que pour apporter des réponses et non poser les questions. C’est donc bien aux journalistes, qu’aujourd’hui, nous demandons : comment avez-vous bien pu omettre de parler des préoccupations de toute une population, à savoir celle de la Guadeloupe et des DOM en général ?

Nous aimerions croire à un regrettable oubli et non pas à une intention claire et délibérée de passer outre sur un sujet sensible. Il serait souhaitable que la classe journalistique ne joue pas le jeu de l’Etat et comprenne que la France ne se limite pas à l’hexagone.
 
Désinformation

Notre seconde préoccupation concerne la façon dont l’information est relayée. En fait, quand nous parlons d’information nous voulons plutôt dire désinformation. Lorsque nous écoutons les médias nationaux et locaux, nous constatons une énorme différence. Comment une telle distorsion des faits peut elle se produire ?

- Pourquoi seuls les communiqués du gouvernement sont-ils repris par les médias ?
- Pourquoi les porte-paroles du LKP ou de l’UGTG ne sont-ils pas interrogés ?
- Pourquoi les communiqués des élus de Guadeloupe ne sont ils pas diffusés en métropole ?
- Pourquoi dans les reportages, nous ne voyons que le regard de touristes, parfois aigri que leur séjour soit mis à mal par le mouvement ?
- Pourquoi ne pas montrer le quotidien difficile d’une famille pour s’approvisionner en gaz, essence et nourriture ?
- Pourquoi les reportages sont-ils montés que sur du sensationnel et du négatif ?
Serions-nous dans un système de pensée unique où seule la parole de l’Etat compte et que le reste est sans intérêt ? Pourtant, si ce reste n’avait pas d’intérêt il n’y aurait pas un tel soutien de la population entière. Ce qu’il faut bien entendre et comprendre de ce qui se passe en ce moment, c’est le cri de tout un peuple qui souffre et qui aimerait bien que tout cela cesse au plus vite. Vous vous devez de montrer toutes les faces de la vie quotidienne qu’engendre ce cri de désespoir.
Nous reconnaissons qu’envoyer des envoyés spéciaux n’est pas forcement chose facile et représente un certain coût. Pourquoi ne pas vous mettre en relation avec nos médias locaux ? Internet est une source d’information et un vrai moyen de communication.
Vous pouvez déjà commencer par consulter le site de Lyannaj Kont Pwofitasyon(http://www.lkp-gwa.org/). Il serait bien que leurs communiqués puissent avoir le même écho que ceux du gouvernement. Ne serait qu’au nom de l’équité dans le droit et le temps de parole.
- Vous pouvez également écouter depuis Internet une radio locale qui donne un temps de parole important à tous les protagonistes qui interviennent dans la négociation. Il s’agit de Radio Caraïbes International (http://gp.rci.fm/). Vous pouvez même utiliser un stream audio (http://mq.rci.fm/player/gp.m3u) pour tout suivre en direct.
- Vous pouvez aussi faire comme l’Express et essayer de prendre des informations en suivant les blogs îliens. C’est une source d’information non négligeable.
- Nous vous recommandons également le site du syndicat UGTG (http://ugtg.org/).
 
Depuis plusieurs jours, nous lisons des articles et surtout les commentaires qui suivent. Nous sommes atterrés par le discours de certains. Mais comment éviter ce style de comportement haineux quand à la base l’information est complètement orientée.
 
Des gens n’hésitent plus à dire que les Antilles ne sont pas Françaises. Que les antillais ne sont que des bons à rien, profitant au maximum de l’argent des métropolitains. Nous sommes considérés comme des « pleurnicheurs » à qui, un jour ou l’autre, il faudra donner leur indépendance.
 
C’est là que le rôle des médias est important. C’est à vous de faire remonter les problèmes et c’est à vous de dire au peuple ce que le gouvernement cache, ne veut pas entendre et encore moins résoudre. Les revendications de LKP sont tout ce qu’il y a de plus légitimes. Et si aujourd’hui c’est le clash, c’est tout simplement parce que l’Etat a mis en place un type de fonctionnement qui aujourd’hui ne convient plus à la population des DOM.
 
L’état s’est embourbé. Il n’est plus capable de rétablir les choses et préfère du coup invoquer des soucis inter-guadeloupéens et s’investir qu’en simple médiateur.
 
Nous pourrions encore vous en écrire des pages, mais notre volonté n’est pas de faire un reportage approfondi sur la crise dans l’île papillon. Plutôt de vous faire prendre conscience de la nécessité de bien veiller à ce que tous les sons de cloches puissent résonner à égalité afin que le peuple sache vraiment ce qu’il en est. Sachez que nous restons à votre disposition pour toute information complémentaire car, plus que quiconque, nous souhaitons que la lumière jaillisse et ouvre les yeux de ceux qui ne veulent rien voir.  

 Mouvement Citoyen pour le Droit à l’Information (MCDI).
 
 
Pour nous contacter :
Nathalie HOARAU (bique.hoarau@yahoo.fr)
 Christelle RASPOLINI (christelle_ras@hotmail.com)

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8 réactions à cet article    


  • La Taverne des Poètes 18 février 2009 12:51

    La crise dans les DOM-TOM n’a que trop duré : le gouvernement doit faire quelque chose et vite !
    Car la faim justifie les moyens : gouvernants, donnez les moyens !
    Puis, cela fait, il vous faudra panser les bleus d’Outre-mer ! Car l’alimentaire est le plus crucial mais il n’y a pas que cela à régler...



    • alberto alberto 18 février 2009 13:32

      Christelle : Des médias informatifs et objectifs dans l’état de dépendance dans lequel il se trouvent ?

      Voir la prise en main par le pouvoir pour la nomination des PDG des chaînes publiques !

      Ca fait (trop) logtemps que ces médias ne servent qu’a propager la bonne parole du MEDEF : voir qui sont les patrons de presse...

      Alors ma pauvre dame je crains que votre lamento ajoute une larme de plus dans un océan d’indifférence, même si je suis bien d’accord avec votre constat.

      Alors, que faire ? La lumière viendra-t-elle par internet ? Peut-être mais elle n’éclairera que ceux qui la cherche.

      Bien à vous.


      • Vilain petit canard Vilain petit canard 18 février 2009 14:22

        C’est sympathique, votre intiative, mais vous présupposez que le corps des journalistes est là pour informer les citoyens, ce qui n’est pas du tout le cas. 

        Ils jouent socialement le rôle d’intermédiaire entre les dirigeants et le peuple, et organisent ce qu’on appelle la communication descendante, du dominant (en haut) au dominé (en bas), des espèces de prêtres ou de chamanes, au fait des réalités supérieures, et nous en faisant vaguement profiter. D’ailleurs, ce qu’ils préfèrent, c’est leurs débats de cabotins, où ils s’invitent entre eux, comme Zemmour et Domenach sur i>Télé, ou ailleurs, voyez, leur type de relation entr eux, c’est avant tout la connivence. D’ailleurs aussi, regardez, quand les citoyens commencent à s’informer eux-mêmes sans leur intermédiaire (par Internet), c’est l’hallali : l’internet est un repaire de rumeurs et de pédophiles, etc. On risquerait de se passer d’eux ? Impossible, voyons.

        L’épisode Sarkozy a mis en lumière brutalement, par son aspect grotesque et caricatural (et même ridicule), la réalité sociologique de ce soutien structurel du pouvoir. Copinage avec les patrons de presse, intervention du chef de l’Etat dans les équipes des journaux, de la radio, et de la télé, suppression de la pub pour faire chic, etc. Sans parler de l’hypermédiatisation de Sarkozy, on connaît même la taille de son gâteau d’anniversaire. C’était sous notre nez depuis longtemps. Mais maintenant, on ne peut plus dire : ah ben zut non j’avais pas vu le lien.

        Alors votre lettre ouverte, il faut la faire, naturellement, mais franchement, n’en attendez pas beaucoup de résultats. Si vous recevez un accueil favorable des professionnels de la profession, comme on dit, c’est que le pouvoir aura commencé à changer de mains. 

        Ou comme on disait quand j’étais petit, que les mouches auront changé d’âne.



        • Philou017 Philou017 18 février 2009 15:47

          Dans son discours devant ce qu’on a appelé les états généraux de la presse, Sarkosy a laché :
          ""Marc Bloch ne nous a-t-il pas enseigné que la mission de la presse est de« former le peuple à être le collaborateur conscient des représentants qu’il s’est lui-même donnés ?"
          Ca ne s’invente pas.


        • Vilain petit canard Vilain petit canard 18 février 2009 16:42

          Merci Philou, comme tu dis, ça ne s’invente pas !!!! Et moi qui avait l’impression de faire du mauvais esprit en disant la même chose...


        • plancherDesVaches 18 février 2009 14:47

          Uouais...
          Se révolter contre la manipulation de l’information faite pour maintenir les foules bien calmes et dociles, bonne initiative. Surtout qu’elle dure depuis la dernière guerre mondiale...
          Je vous rassure, non seulement les gouvernements n’aiment pas ça, mais en plus, ils font tout pour décridibiliser ce genre d’initiatives.

          Et pis... y’a Agora déjà, viendez avec nous, plus on est de fous... smiley


          • Kalki Kalki 18 février 2009 17:00

            La liberté d’expression c’est la liberté d’information et de l’information sur internet.

            Un nouvel article interressant

            http://www.pcinpact.com/actu/news/49176-presomption-culpabilite-responsabilite-hadopi-albanel.htm?vc=1&p=2#vc


            La loi antipiratage Création et Internet, ou comment un projet va subrepticement mettre en place une présomption absolue de culpabilité, un filtrage protocolaire des réseaux, une surveillance active des usages, tout en malmenant l’économie numérique du logiciel.

            Des outils obligatoires pour l’abonné, optionnels pour l’Hadopi

            L’horreur économique se dédouble d’une aberration juridique car la liste est aussi optionnelle («  la Haute Autorité peut établir la liste  »). Ce qui signifie que si l’Hadopi ne parvient pas à dresser une liste satisfaisante, les internautes seront dans l’impossibilité de renverser leur présomption de culpabilité. Sur ce point, l’Hadopi est véritable étau, et entre les mâchoires, l’abonné est pris au piège.

            On croit rever.

            L’interropérabilité en question
            Le filtrage protocolaire, l’invité-surprise du projet Hadopi


            • plancherDesVaches 18 février 2009 19:39

              Kal Ki, effectivement, sous prétexte d’anti-piratage, nous allons subir le contrôle de toutes nos communications, et donc, de la liberté d’expression qui fait tant peur aux politiques.
              Maitriser les canaux...

              Merci pour le lien.

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