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Accueil du site > Actualités > Médias > NetCulture.gouv.fr : vers un futur immédiat ?

NetCulture.gouv.fr : vers un futur immédiat ?

Nous sommes en 2011. Suite à une prise de conscience politique des enjeux de l’accès à la culture, aussi bien sociétaux qu’économiques, la licence globale a été instaurée, accolée à un portail institutionnel. Explication.

Nous sommes en novembre 2011. Je viens de démarrer mon navigateur. Ma page d’accueil, NetCulture.gouv.fr, comme beaucoup de Français depuis septembre 2010. En effet, 2010 a été une petite révolution pour le monde de la culture, et surtout pour les petits créateurs comme moi : le ministre de la Culture a décidé de vraiment s’occuper du dossier de ce qu’on appelait alors le piratage musical.

Au début, ça n’a pas été facile : vous pensez bien, les lobbyistes d’Universal et Cie planqués à l’Assemblée ont montré les crocs. Mais le ministre l’avait bien compris, la situation n’était plus tenable : le Top 5 des ventes de singles était occupé par deux "chanteurs" de la Star Ac’, une de la Nouvelle Star, une compilation des plus grands tubes de M. Pokora et une réédition de l’album de Patrick Risoli ("Elles sont cuitas, les bananas"...). A côté de ça, la direction de France 2 avait décidé de programmer les Victoires de la musique à 00h35, présenté par Brigitte Lahaie et Desireless : eh bien oui, depuis que les majors avaient décidé de ne plus produire que les artistes ayant réussi à faire plus d’un million de vues sur DailyMotion, la création en avait pris un coup et on survivait comme on pouvait !

M. le Ministre a donc pris le taureau par les cornes et a pris une décision incroyable : instaurer une licence globale ! Bien entendu, levée de boucliers générale : on condamnait la création, on sacrifiait l’emploi de dizaines de milliers de personnes sous prétexte de jeunisme, et bien d’autres choses. C’est alors là qu’il a dévoilé son "plan d’attaque", en trois points :

1 - Création du portail NetCulture

Un des reproches principaux des créateurs était l’impossibilité de comptabiliser les téléchargements, et donc de répartir correctement les revenus. La solution fut la création de NetCulture.gouv.fr . A cette adresse, on trouve toutes les ressources musicales qui ont été soumises par leurs créateurs : un peu un YouTube institutionnel.

Pour le créateur, le système est simple : une fois identifié, on se dirige vers l’onglet "créateur". Là, après avoir renseigné un certain nombre de champs tels que l’auteur, le compositeur ou encore le producteur, on charge l’album. Pour le format, la liberté est totale mais les créateurs ont bien compris qu’il valait mieux une qualité sonore optimale, et non plus la "qualité" proposée sur les anciens Music Stores. Et depuis l’arrivée de l’UHD (Ultra Haut Débit), les futurs fans auront de quoi rapatrier rapidement l’album sur leur ordinateur donc on ne lésine plus sur la qualité : le portail accepte même le FLAC, un format lossless (sans perte de qualité) !!Après, pour se faire connaître, divers moyens sont possibles.
- Le système "Promotion" permet d’apparaître dans un "bandeau déroulant" de la page d’accueil du portail, pour une durée d’une semaine. Bien entendu, ce système n’est pas gratuit : en échange de cet avantage, on renonce aux rémunérations qui nous seraient dues pour les deux semaines à venir.
- Le système "Coup de coeur" permet à chaque utilisateur enregistré de donner un "coeur" à un artiste qu’il apprécie, et cela une fois par semaine. L’artiste ayant le plus de "coeurs" passe la semaine sur la page d’accueil.
- Le système "Phare" permet à l’artiste le plus téléchargé une journée de se retrouver en page d’accueil le jour suivant.
- Le système "Nouveau" sélectionne au hasard, à chaque raffraîchissement de la page, un des albums mis en ligne dans la semaine.
Et depuis deux mois, en beta test, on peut maintenant ajouter des clips ou encore des vidéos de concert. Ainsi, notre page créateur, visible par les inscrits au portail, deviens une sorte de page MySpace.

Pour les auditeurs, le système est encore plus simple. Une fois arrivé sur la page d’accueil, il y a trois choix :
- Faire une recherche, manuelle ou automatique, de l’auteur, de l’album ou du producteur.
- Cliquer sur l’un des albums "Phare", "Nouveau", "Promotion" ou "Coup de Coeur" présenté.
- Se laisser guider par le "Fouineur", qui va comparer nos derniers téléchargements avec ceux des autres internautes, et nous proposer les albums téléchargés par ceux ayant les mêmes goûts musicaux que nous.
Après avoir sélectionné l’album, on peut donc soit l’écouter en streaming, soit le télécharger en toute transparence, en quelques secondes. Ce téléchargement sera comptabilisé pour le créateur et également pour nous, pour le calcul de la contribution flottante (voir ci-dessous).
A noter que le portail propose également un système de playlist pour les bars, restaurants et autres, eux aussi soumis à la rétribution mais sur d’autres critères.

2 - Instauration de la Licence culturelle globale (LCG)

Chaque internaute s’est vu proposer, par une lettre recommandée envoyée par son opérateur, de disposer de la LCG. En cas d’accord, il se voyait attribué un login et un mot de passe, permettant l’accès au portail NetCulture en échange d’une augmentation de 10 € de sa facture d’accès à Internet. Après six mois, le ministère a procédé à une évaluation du système et, avec une commission paritaire de consommateurs et de créateurs, a décidé d’ajuster la cotisation : chaque internaute se verrait à présent prélevé d’une somme en rapport avec sa consommation, et ne pouvant excéder 3% de son salaire net, des mesures de gratuité étant mises en place pour les plus bas salaires. L’ensemble des cotisations devant bien entendu atteindre la même somme que celle perçue précédemment.

Ces cotisations, reversées directement à l’AGLCG (Agence de gestion de la LCG), étaient ensuite entièrement distribuées aux créateurs, sans frais de gestion ! Logique : le ministre de la Culture avait eu la bonne idée d’autoriser un publicité, discrète et contrôlée mais efficace. vous pensez bien : avec les millions de connexions chaque jour, les annonceurs se sont arraché à prix d’or les places, et l’ensemble des frais de gestion (personnel et matériel) sont ainsi "transparents".

3 - Volet "Maisons de disque"

En contrepartie, car il fallait bien en offrir une, M. le Ministre a proposé un certain nombre de mesures aux maisons de production, pour faire face au manque à gagner sur la vente des produits physiques.
- Durcissement judiciaire : Les tribunaux ont reçu pour consigne d’appliquer plus strictement les amendes (la case "prison" a été supprimée : un peu de sérieux tout de même !) pour les délits de contrefaçon.
- Reclassement des employés : le personnel chargé de développer et entretenir le portail est issu à 80% des maisons de disques, qui n’ont pas eu à payer d’indemnités de licenciement. Pour le ministère, c’était une bonne pioche : pas besoin de faire beaucoup de recherches et de gaspiller du temps et de l’argent, on avait ainsi déjà des gens formés et compétents.

Bien sûr, les majors ont râlé. Mais au moins, elles se sont bougées : on a eu le droit une utilisation intelligente du support physique, avec des packagings inventifs, une pluie de bonus et beaucoup d’autres choses.

De l’autre côté, cela a fait des heureux : les consommateurs avaient enfin accès à toute la musique qu’ils voulaient et les créateurs étaient enfin rétribués à leur juste valeur. Alléluia !

Ces deniers temps, Rupert Murdoch (magnat australien de la presse et propriétaire de MySpace) fait un peu la tronche : NetCulture envisage d’accoler une partie "blog" à la page de chaque créateur !

Le gouvernement envisage lui d’étendre l’idée : le site de l’INA devrait être bientôt intégrés à NetCulture, et le dictionnaire de l’Académie française est disponible depuis aujourd’hui dans un nouvel onglet.

Merci de m’avoir lu. Ce projet a sûrement beaucoup d’imperfections, je compte sur vous pour m’aider à l’améliorer.

Il ne tient qu’à nous, en faisant pression sur nos politiques, pour que la création de NetCulture n’attende pas 2011.


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16 réactions à cet article    


  • Guillaume Champeau (---.---.92.206) 12 avril 2007 10:42

    Je pense que tu fais une erreur dès le départ en considérant que la licence globale équivaut à une culture gouvernée d’en haut, étatique. C’est au contraire l’assurance d’une culture dominée d’en bas, par ses propres « usagers ». La licence globale autoriserait chacun à être à la fois « consommateur » et « distributeur » de toutes les oeuvres. Donc pas de NetCulture.gouv.fr, mais au contraire toutes les oeuvres partout, sur tous les blogs, tous les réseaux P2P,... C’est bien cette perte de contrôle qui fait peur à l’industrie.


    • Phosphoros Phosphoros 12 avril 2007 10:53

      Oui mais à ce moment là reste le problème de la redistibution de cette licence globale, et de la clarté de l’offre.

      Pour la redistribution, cela « condamne » à l’utilisation d’un certain nombre de procédés de tracking, de moins en moins acceptés par les utilisateurs.

      Pour la clarté de l’offre, l’utilisation des logiciels de P2P est, malgré tout, assez élitiste : j’ai très souvent dû aider des proches pour leur expliquer comment se servir d’eMule. Alors qu’avec un site institutionnel, une sorte d’ITMS du ministère de la culture, tout est beaucoup plus lisible. Et avec le système d’upload que je préconise, du type « MySpace », le contrôle venant d’en haut est limité. Après, je comprends tes réticences vis-à-vis d’un système fondé sur le mode web 1.0. Mais avec les petites touches d’autogestion (liberté d’upload pour les artistes) et un simple rôle de maintenance pour les responsables du portail, je pense que ce système peut être efficace.

      Merci en tout cas pour le commentaire :)


    • Guillaume Champeau (---.---.92.206) 12 avril 2007 11:09

      Je ne crois pa que la redistribution soit un si gros problème. Le tracking (anonymé bien sûr) n’a pas de raison d’être refusé par les internautes s’ils ont en retour l’assurance de pouvoir faire circuler librement les oeuvres et sans risque pénal. Mais c’est le débat qu’il aurait fallu ouvrir avant de condamner tout de go la licence globale.

      Il faut aussi accepter un certain niveau d’imprécision, ce qui n’est pas si choquant. La méthode des sondages est déjà utilisée par la rémunération équitable et pourrait être encore beaucoup plus fiable sur Internet avec quelques dizaines voire centaines de milliers d’internautes volontaires. A débattre.


    • Phosphoros Phosphoros 12 avril 2007 17:42

      Je ne m’attendais pas à autant de réactions, mais tant mieux, elles sont toutes assez instructives !!

      @ Forest Ent (et sûrement d’autres pour ce point) : Ce qui m’ennuie dans l’idée de l’utilisation des outils P2P, c’est qu’elle reste, comme je l’ai dit précédemment, asez élitiste. Il serait faux de dire que nos grands-parents, voire même nos parents, arriveraient à s’y retrouver sans une sacrée dose de motivation. Mais je suis bien d’accord qu’il serait idiot d’abandonner tous ces systèmes : après, il pourrait éventuellement être intéressant de mettre en parallèle le site institutionnel et les outils P2P, pour ne pas perdre cette philosophie (chère à Guillaume Champeau).

      @ Frihd : Globalement, si je résume, vous êtes contre la LG car vous pensez que cela déresponsabiliserait l’internaute, et le transformerait en vrai consommateur ? Si oui, mais je ne le pense pas, où est le problème : la « cotisation » sera payée, et donc les artistes seront rémunérés, après si l’internaute ne pense qu’à assouvir une boulimie et ne profite même pas des oeuvres, où est le problème ? Tant pis pour lui. Economiquement, ça n’a aucune incidence.

      @ IP:xxx.x3.237.22 : le problème avec votre système, c’est que ce seront toujours les mêmes qui toucheront les rémunérations, avec aucune souplesse de gestion.

      @ Benjamin Thominet : Comme dis précédemment, mon système ne supprime pas pas les logiciels de P2P, et peut même fonctionner en parallèle avec ceux-ci. Au sujet de la progressivité de la licence globale, je pense qu’il serait vécu comme une injustice que celle-ci soit forfaitaire, à moins que la somme à payer ne soit vraiment ridicule. Mais vous aurez du mal à m’enlever de l’idée que l’on veut toujours payer moins que son voisin, a fortiori quand celui-ci « consomme » plus. Vous noterez galement que j’ai fixé une LG atteignant au maximum 3% du salaire net, soit 30€ environ pour un smicard, le prix de deux CDs ; je pense que ce seuil permet de ne pas se limiter. Et au sujet de « ne pas tout attendre de l’Etat », je suis d’accord avec vous mais dans un esprit de démocratisation de l’offre, c’est, à mon avis, le plus simple.

      J’attends vos réactions :)


    • (---.---.162.15) 13 avril 2007 08:16

      Il faudrait voir à ne pas oublier que la « licence globale » est un racket de tous les internautes, comme on rackette actuellement tous les acheteurs de CD vierges.

      Am.


    • tvargentine.com lerma 12 avril 2007 10:43

      vous dites « Nous sommes en Novembre 2011. Je viens de démarrer mon navigateur. Ma page d’accueil : NetCulture.gouv.fr, comme beaucoup de français depuis septembre 2010. En effet, 2010 a été une petite révolution pour le monde de la culture, et surtout pour les petits créateurs comme moi : le Ministre de la Culture a décidé de vraiment s’occuper du dossier de ce qu’on appelait alors le piratage musical. »

      Seriez vous un supporter de SARKOZY pour penser que ce nain de jardin est capable de faire quelques choses pour la culture en France,à par créér des taxes et des PV entièrement automatisés ????????? smiley


      • Phosphoros Phosphoros 12 avril 2007 10:55

        Commentaire inutile. Sarkozy est contre la licence globale, donc je ne vois vraiment pas le rapport.

        Essayez de déverser votre bile antisarkozyte sur d’autres articles, si vous le pouvez.

        Cordialement.


      • Forest Ent Forest Ent 12 avril 2007 11:12

        Techniquement, je ne pense pas que l’état puisse ni doive faire un serveur pour l’ensemble de la population. A mon avis, ce site ne devrait contenir que des liens vers les principaux réseaux de p2p libres et ouverts : par exemple des hash_ids de ed2k ou des torrents. Ce serait juste un site de liens qui compterait les demandes.

        La dépense pour un serveur de liens étant minime, je ne vois pas pourquoi la faire financer par la pub. Et il sera impossible de recaser tout le personnel des majors. Le progrès technique consiste en gains de productivité.

        La valeur d’un LG musicale serait à mon avis entre 1 et 2 euros par mois. Mais il faut penser à tous les autres modes : vidéo, logiciel, etc ... Le problème le plus important de la LG n’est pas la mise en oeuvre, mais la répartition des recettes.

        Mon opinion est qu’il faut séparer dès le départ les recettes audio et vidéo, et exclure le logiciel. Il existe d’autres moyens de financer celui-ci.

        Pour les textes, le problème ne se pose pas tant qu’il n’y a pas de papier électronique crédible.


        • (---.---.237.22) 12 avril 2007 12:43

          La solution pour repartir la LG.

          Pourquoi il est si dur d’imaginer que chaque abonné à un FAI, possède un code.

          Avec ce code il rentre sur site maintenu par l’état.

          Sur ce site il choisit à quel artiste/auteur/créateur/festival/... il veut accorder la taxe qu’il paye sur on abonnement.

          (un site qui couterait moins chère que la part que prend la SACEM !!!)

          on est en démocratie. et la technologie est mature, Aujourd’hui on paye ses impots sur le net, il ne manque que la volonté politique !!!!!


          • frihd (---.---.60.204) 12 avril 2007 12:53

            Pour ma part je suis contre la licence globale, j’y ai pas mal réfléchi, ça me séduisait au premier abord, mais j’ai vite compris que ça serait assez désastreux.

            Si on centralise sur un super-serveur gouvernemental, il y a trop de risque de « contrôle » de la musique. Et rien que pour ça, je suis contre, on parle encore sur le sujet « Encore un petit journal militant »censuré« des problèmes posés par le CPPAP pour la presse. Autant éviter d’élargir ce champ d’action »d’état parrain" (au sens de mécène comme au sens du film du même nom).

            Si on opte pour un angle de vue p2p (un peu sauvage donc). Cela imposerait, où presque, un mode de diffusion « officiel » à un auteur. A mon sens, on doit toujours laisser le choix à l’auteur de controller ses media de diffusion. Sur le p2p, de toute manière, je doute que l’on découvre quoi que ce soit, on se contente de prendre ce dont on a entendu parlé ailleurs. Le p2p n’est qu’un moyen plus discret pour ses usagers que les vieux ftp et moins cher pour le fournisseur du contenu. Si on légalise le téléchargement « illégal », les portails de musique vont se contenter d’installer leurs propres serveurs p2p où ils filtreront les contenus concurrents. Les majors perdront un peu plus l’envie de plaire au consommateur, le seul but sera de « faire du clic » pour gonfler les statistiques de rétribution. L’avantage que pourrait avoir la licence globale serait à mon avis de bien séparer indépendants et majors, avec un peu de chance les premiers s’en sortiraient grandis .. le temps qu’ils deviennent des majors ? Pour ça, je pense qu’on a que la moitié d’un problème, ou la moitié d’une solution avec une solution p2p.

            Ensuite, plus que l’industrie de vente de musique, les radios aussi seraient touchées. Impossible de faire une radio sans une équipe de journalistes et des investissements gigantesques pour avoir du contenu « innovant ».

            Bref, d’une manière générale, l’art et en particulier la musique serait grandement touché et perdrait de sa saveur. C’est vrai que économiquement parlant, on peut avoir des solutions viables. Peut-être qu’on peut faire quelquechose de solide Toutefois la licence globale place l’usager sur un siège de consommateur, c’est le même traitement de faveur que font les majors. Comme toutes les offres « illimitées » d’ailleurs (qui va au restaurant à volonté pour manger un quart d’assiette ?).

            Est-ce ainsi que l’on doit regarder nos artistes ? j’en doute fort, et je suis même persuadé que c’est un bon moyen d’aliéner tout le monde. J’en connais des gens qui passent leur temps à télécharger, au point que regarder un film ou une série n’est pas un plaisir mais un besoin. Et, plus que simplement regarder, entasser. Il faudrait bien des études pour comprendre se phénomène d’entassement. Qui ne connaît pas un téléchargeur se ventant d’avoir 400Go de films/musique mais est incapable de faire un jugement sur ses films, incapable d’en connaître la liste.

            Pour moi le problème le plus grave des téléchargements n’est pas économique mais bel et bien social, et les batailles « majors vs. consommateurs » n’ont pas aboutît et n’aboutîront à rien.

            Il n’en reste pas moins que l’accès à la culture pour tous est quelquechose d’important. L’échange culturel permit par internet est merveilleux et je ne cesse d’en profiter. Je pense en outre que le rapport aux arts est primordial pour l’ouverture d’esprit, la créativité. Bref qu’on parfait un esprit scientifique et pratique avec un zest artistique.

            Enfin, existent déjà de nombreux musiciens qui ont fait le choix de la liberté ou de la gratuité, on les retrouve sur des sites comme boxson.net , dogmazic.net ou encore jamendo.com . Mais aussi sur tout plein de petits sites. Le mieux c’est d’apprendre à fouiller smiley.

            Pour les autres contenus, on sait déjà que le logiciel libre pousse les logiciels propriétaires à s’améliorer (qui aurait imaginé des onglets sur Internet Explorer ?), et une licence globale n’apporteraît rien sur le plan économique. A propos des vidéos, elle demandent plus d’investissements et surtout des investissements très variables d’une production à l’autre (La Linéa et Matrix sont à mon sens deux chefs d’oeuvres, mais leurs coûts sont loins d’être proches). Ca va être dûr de « doser » une rétribution correcte avec une licence globale.

            Ma conclusion est pas forcémeent joyeuse, car je ne vois pas trop comment sortir de ce cul-de-sac de « consommation » si ce n’est en initiant les gens à la pratique artistique. Je suis persuadé que le problème vient de là. Il faudrait que je fasse un article mais je ne m’en sens pas très motivé et puis, je ne suis pas sociologue, juste jeune avec un côté artiste et très proche de la musique dite libre sur internet (mais si un sociologue passe par là je peux aider à l’orienter/témoigner).


            • frihd (---.---.60.204) 12 avril 2007 13:07

              Il y a déjà des projets de portails institutionnels. J’étais à la conférence Creative Commons Italia et il y a quelques projets universitaires, là-bas.

              Il y a aussi le gros projet de méta-portail européen

              ° http://www.michael-culture.org/fr/home .

              D’autres existent pour divers sujets et avec divers thèmes :

              ° http://archive.org/ pour le domaine public/le libre diffusion.

              ° http://www.ocwconsortium.org/ pour les cours.

              ...

              On assiste à des regroupements, et des entassements de plus en plus importants :). Bien entendu pour des soucis de législations ces sites sont tous des sites de contenus libres ou domaine public. La plupart sont financées par des dons ou subventions.

              Il ne manque vraiment plus que les outils pour exploiter ces énormes bases de données.


              • Benjamin Thominet (---.---.241.41) 12 avril 2007 14:38

                Je suis de longue date défenseur de la licence globale... vous pourrez trouver plusieurs de mes contributions sur le Net

                j’apprécie que d’autres défendent ce principe de licence gloable, mais comme Guillaumen Champeau, je crois que vous n’avez pas bien compris les vrais enjeux de la licence globale.

                Il ne s’agit pas d’une pure logique de consommation où on pourrait accéder à tout ce qu’on veut pour un prix modique et forfaitaire (qui d’ailleurs dans votre proposition n’est plus forfaitaire du tout, puisque proportionnel au volume téléchargé)

                La licence globale, c’est reconnaitre que les citoyens disposent d’un « droit d’échange de la culture », dans la mesure ou la réalisation d’une copie et sa diffusion, entre autres via les systèmes P2P (mais peut etre demain par d’autres moyens, meme sans rapport avec internet) ne coute rien ! Mais comme il faut bien financer la création, ce droit ne peut etre gratuit : il faut payer une redevance. C’est bien le principe actuel des radios qu’il s’agit d’étendre à tout citoyen qui en fait la demande, et qui doit faire totalement abstraction des moyens de diffusion et collecte des oeuvres utilisés.

                Un système centralisé couterait une fortune, et plomberait donc immédiatement le principe de la diffusion cultrelle sur internet. De plus, il nierait le role que renvendiquent les usagers dans la promotion des oeuvres qu’ils apprécient.

                Donc, pour répondre point à point à votre article :

                1- le portail netculture doit pour moi etre limité à un sstème permettant de déclarer ce qu’on écoute (soit manuellement, quand on ne peut pas faire autrement, soit automatiquement si on met en place des solutions techniques qui permettent aux lecteurs audio, soft ou hard de se connecter sur ce portail). Les données collectées par ce portail permettront ensuite de réparti les sommes entre les artistes comme vous le décrivez.

                Tout le reste n’a rien à faire sur un portail d’état :
                - la mise à disposition des fichiers doit etre décentralisée et libre, pour minimiser les coûts et favoriser la diversité des oeuvres disponibles
                - les systèmes de promotion (collaboratifs ou non) n’ont aucun besoin d’etre étatisé : n’importe qui peut monter un site de ce type (ca existe déjà dans d’autres domaines : comparateurs de prix, forum divers et variées...)

                2- la licence globale ne peut etre que forfaitaire... pas progressive. Un système progressif revient indirectement à réinstaurer des coûts « à l’unité » des oeuvres. Hors, à partir du moment où il y a un cout unitaire sur les oeuvres, chacun tend à restreindre sa consommation aux strict nécessaire. Comme le coût global du financement de la création n’aura lui pas beaucoup bougé, un système progressif imposerait des prix unitaires grosso modo équivalents aux prix actuels, pour forcer les gens à dépenser l’argent nécessaire au financement de la création... et celui qui voudra consommer plus devra dépenser plus, et vu les prix, il ne le fera pas...ce système est compréhensible dans le mode du CD, ou le cout unitaire ne peut baisser en deça des frais fixes (fabrication, transport...)mais n’est pas pertinent dans le mondu du web. La licence globale permet d’éviter ce probleme : on impose un « cout d’acces » assez élevé (le prix de la licence), donc suffisant pour financer la création, mais qui permet en contrepartie d’accéder aux oeuvre sans restriction, ce qui est le seul moyen de

                vraiment favoriser la diversité culturelle. Au final : tout le monde est gagnant : les artistes ont la garantie de voir leurs revenus préservés (globalement) et peuvent etre bien plus diffusés qu’avant, le public peut accéder, pour une dépense équivalement en moyenne à ce qu’il dépensait avant, à un catalogue infini. Mais si on propose une licence « premier prix » ou plusieurs niveaux, tout le système s’écroule : les revenus du monde artisitque ne sont plus garantis, le cout « de base » augmente, les couts « grosse conso » explosent... bref, on revient à un système de rareté organisée, ce qu’il faut éviter à tout prix.

                Autre détail, la facturation de la licence ne peut etre accolé à la facture « internet ». Comme je l’ai dit, cette licence doit etre applicable au dela du net. il s’agit d’un droit d’échange d’oeuvres copyrightées, quel que soit le moyen d’échange utilisé. La facturation de cette « redevance » doit donc etre totalement indépendante.

                3- compensations pour les maisons de disque : tout à fait d’accord avec vous.

                Conclusion, arreter de tout attendre de l’état ! Que l’état mette en place le cadre légal à des systèmes innovants, et ca sera déjà pas mal... ensuite, laissez faire les initiatives individuelles et privées.


                • Phosphoros Phosphoros 12 avril 2007 17:44

                  Je ne m’attendais pas à autant de réactions, mais tant mieux, elles sont toutes assez instructives !!

                  @ Forest Ent (et sûrement d’autres pour ce point) : Ce qui m’ennuie dans l’idée de l’utilisation des outils P2P, c’est qu’elle reste, comme je l’ai dit précédemment, asez élitiste. Il serait faux de dire que nos grands-parents, voire même nos parents, arriveraient à s’y retrouver sans une sacrée dose de motivation. Mais je suis bien d’accord qu’il serait idiot d’abandonner tous ces systèmes : après, il pourrait éventuellement être intéressant de mettre en parallèle le site institutionnel et les outils P2P, pour ne pas perdre cette philosophie (chère à Guillaume Champeau).

                  @ Frihd : Globalement, si je résume, vous êtes contre la LG car vous pensez que cela déresponsabiliserait l’internaute, et le transformerait en vrai consommateur ? Si oui, mais je ne le pense pas, où est le problème : la « cotisation » sera payée, et donc les artistes seront rémunérés, après si l’internaute ne pense qu’à assouvir une boulimie et ne profite même pas des oeuvres, où est le problème ? Tant pis pour lui. Economiquement, ça n’a aucune incidence.

                  @ IP:xxx.x3.237.22 : le problème avec votre système, c’est que ce seront toujours les mêmes qui toucheront les rémunérations, avec aucune souplesse de gestion.

                  @ Benjamin Thominet : Comme dis précédemment, mon système ne supprime pas pas les logiciels de P2P, et peut même fonctionner en parallèle avec ceux-ci. Au sujet de la progressivité de la licence globale, je pense qu’il serait vécu comme une injustice que celle-ci soit forfaitaire, à moins que la somme à payer ne soit vraiment ridicule. Mais vous aurez du mal à m’enlever de l’idée que l’on veut toujours payer moins que son voisin, a fortiori quand celui-ci « consomme » plus. Vous noterez galement que j’ai fixé une LG atteignant au maximum 3% du salaire net, soit 30€ environ pour un smicard, le prix de deux CDs ; je pense que ce seuil permet de ne pas se limiter. Et au sujet de « ne pas tout attendre de l’Etat », je suis d’accord avec vous mais dans un esprit de démocratisation de l’offre, c’est, à mon avis, le plus simple.

                  J’attends vos réactions :)


                  • FrihD (---.---.60.204) 12 avril 2007 23:37

                    Oui c’est tout à fait ça, à mon avis on pourrait trouver un bon compromis pour rémunérer les artistes (au moins en musique car je connais un peu le domaine de la musique en ligne et les coûts). Comme j’ai dit mes craintes sont surtout au niveau des réactions. Les divertissements étant de sacrées drogues (jeux-vidéos, jeux d’argent) je crains que ça nous poserai un certain nombre de problèmes. Toutefois je ne prétends pas avoir raison. J’espère même me tromper. Mais je pense qu’avant d’opter pour une licence globale il ne faut pas se contenter d’une étude économique. Je connais plus de gens « artistes » que de « consommateurs » du coup j’arrive à être optimiste bien que je traduise surtout mes inquiétudes : le pire gros téléchargeur que je connais est un colloc’ (à Turin) qui me dit juste bonjour au-revoir ... pourtant j’suis pas asocial et je parle pas si mal Italien que ça.


                  • Forest Ent Forest Ent 12 avril 2007 22:50

                    Le p2p est la substance même de l’internet, et il est hors de question de s’en passer.

                    S’il faut desservir 10 millions d’utilisateurs à 10Mb/s chacun, il faut un serveur qui débite 100 000 Gb/s, ce qui est hors de prix. Autant faire de l’hertzien ... Youtube, qui diffuse beaucoup moins que ça (et ne gagne d’ailleurs rien en pub) coûte 150 millions de $ en infras par an.

                    Alors qu’avec un DSL symétrique, chaque abonné est diffuseur pour ses voisins et CA NE COUTE RIEN ! Le p2p a la vertu miraculeuse de pouvoir transmettre à chacun ce qu’il veut quand il veut sans aucun équipement d’infrastructure supplémentaire.

                    Les serveurs de vidéo appartiennent à la préhistoire. Il n’y aura pas de VoD valable et massive sans p2p.


                    • (---.---.140.68) 13 avril 2007 09:00

                      Ceci est une copie revue et corrigée, postée à goldy.

                      L’objectif n’étant pas de vous casser le moral, mais de comprendre que certains d’entres nous réfléchissent depuis une vingtaine année sur ce sujet ! dés l’apparition du numérique...

                      À l’auteur.

                      Autant l’approche de monsieur Pelletier m’a fait bondir, autant je serais indulgent avec vous.

                      Vous êtes de bonnes fois, et vous vous remuez les méninges sur ce sujet épineux.

                      Hélas, aucune licence globale ou autres réglementations ne répondent équitablement aux enjeux de la culture.(et à bien d’autres puisque nombreux domaines sont concernés...)

                      Le premier Hic que nous faisons tous et trop souvent en évoquant ce sujet de la réglementation du monde informatique, c’est de considérer que les pratiques en sont stabilisées. Grosse erreur !

                      Ex simple parmi tant d’autres : Aujourd’hui vous passez pas un FAI, qui vous dit que cela sera la pratique de demain ? je soulève ce point, car précisément, nous avons prouvé que non seulement nous pouvons nous en passer, mais, en plus, cela devient urgent et nécessaire de les éviter !!!

                      Autre ex : Le P2P est bien plus qu’un simple protocole. Les machines communiquent entre elles et le maillage du web prend une dimension sous estimée ! Irrévocable ! Incontrôlable à ce jour.

                      N’oublions pas n’ont plus que l’évolution des technologies a une progression exponentielle (loi Moore) et que la nano transformera notre approche de la situation...

                      Autre erreur, c’est la définition même de la culture ! En effet, le problème majeur va se résumer dans les définitions des brevets, droit d’auteur, ayant droit, copyright... et j’en passe ! Au niveau international. Mais aussi dans l’expression et les enjeux du pouvoir culturel...

                      Pour comprendre j’utilise cette image : ce n’est pas parce que nous payons nos autoroutes aujourd’hui que nous le ferons demain ! et pour de nombreuses raisons...

                      Ce problème de brevets, droit en tous genres sont déjà dans l’actualité quotidienne et il ne se passe pas un jour sans un accord en négociation ou un procès en court. Ce phénomène est exponentiel, car nous n’avons pas les mêmes règles internationales, ni les mêmes définitions et-ou volontés.

                      De ces problèmes, en découle un et d’une importance capitale : le rôle et la définition d’un artiste ou créateur dans nos sociétés contemporaines.

                      L’artiste ou créateur sera certainement le dernier à être abordé malgré qu’il soit l’un des plus fondamentaux dans cette histoire ! (rappelez-vous : l’excuse Dadvsi...)

                      De plus, le mélange des genres est inévitable. c’est le propre de l’échange culturel. Base fondamentale du développement humain.

                      Rappelons aussi que l’informatique c’est le matériel et le logiciel.

                      Alors que le nombre de fabricants matériels diminue, le nombre de concepteurs logiciels est en explosion ! C’est un autre point non négligeable dans cette évolution sans précédent, dans cette course folle économique et au pouvoir suprême !

                      Je pense que certains perçoivent déjà le danger d’un seul fabricant de processeurs...

                      Un constat : l’Open Source et Linux s’imposent par une logique mieux adaptée et armée aux enjeux d’aujourd’hui et de demain...

                      La licence Créative Common, issue de cette logique, a déjà quelques longueurs d’avance et correspond mieux aux pratiques du web. Elle a aussi des zones d’ombres qu’il faudra très vite éclaircir...

                      Au vu de ces quelques bouleversements plus que prévisibles, toute réglementation n’a plus le temps de voir le jour sans en être dépassée !!!

                      Si nous voulons tirer vers le haut aucune réglementation pénalisante ne devra être prise ! c’est le contrôle des multinationales qui devrait être la principale préoccupation des États et des citoyens ! C’est pourtant l’inverse qui se produit ! Danger...

                      La culture aujourd’hui c’est internet dans son ensemble international ! et ne sera jamais un NetCulture.gouv.fr... La musique n’est qu’une infime partie de la culture ! La culture est international donc mondial.

                      Avec la presse, le cinéma, le jeu vidéo, le logiciel la Pup,... ! C’est toute l’infrastructure de notre modèle économique, politique, social qui s’en retrouve bouleversé.

                      Soit, la culture est un marché et sa réglementation, c’est l’offre et la demande. Soit, elle est propagande et c’est une redevance d’état. Soit, elle est l’expression du comportement humain et se doit d’être libre.

                      Aujourd’hui, elle se veut tout à la fois, pour contenter tout le monde, et vous la payez au prix extra fort. (Prix+taxe+redevance+...)

                      Avec notre logique d’aujourd’hui (dadvsi, licence globale,...) nous sommes tous au service des US !!! Et pour longtemps si nous ne changeons pas notre état d’esprit...

                      Ce qui manque aujourd’hui à notre culture, c’est un gouvernement mondial, mais comme l’emprise des pouvoirs n’est pas fiable et que nous ne savons pas améliorer nos démocraties, nous nous dirigeons droit sur une anarchie sans nom.

                      Du coup le piratage en devient l’ultime expression culturelle ! Car n’oubliez jamais, l’art et la culture sont le reflet de nos sociétés...

                      Internet, a devancé la condition humaine sur bien des sujets, a fait tomber barrières et frontières. La lucidité de nos jours n’est pas de revenir en arrière, mais de convaincre nos gouvernements à un plus grand respect des peuples de ce monde.

                      Comme vous le constatez, ce sujet hors-norme dépasse de loin le simple petit problème d’une licence globale ou autres...

                      À méditer... si nous voulons éviter la guerre, que les hackeurs ont déjà gagnée !!!

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