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New-York Times gratuit : l’économie de la sérendipité naît à travers les moteurs !

Le New-York Time (NYT) a annoncé que l’intégralité de son site web (moins quelques babioles comme leurs illustres mots croisés) devenait 100 % gratuit : pour moi qui traîne ma bosse dans les médias depuis quinze ans et sur internet depuis douze, c’est un vrai signe (très) fort !

Pourquoi ? Parce que depuis tout ce temps, le NYT et le Wall Street Journal (WSJ) sont les deux icônes que l’on brandit chaque fois que l’on parle d’internet payant : ce sont les deux seuls qui arrivent, selon les termes habituels de ceux qui en parlent (comptent-ils vraiment tous les frais...) à avoir une activité en ligne rentable.

Eh bien, avec cette annonce, le glas du contenu rédactionnel payant sur internet semble sonner ! A quand le WSJ gratuit lui aussi ?

Le NYT a fait ses calculs : il se trouvera mieux financièrement en valorisant ses services et son contenu de manière indirecte et intégralement via la publicité par un afflux de visiteurs amenés par les moteurs (qui vont indexer les millions de pages libérées par l’ouverture) plutôt qu’en essayant d’avoir des revenus directs via abonnements.

Selon Wikipedia, la sérendipité, c’est "la caractéristique d’une démarche qui consiste à trouver quelque chose d’intéressant de façon imprévue, en cherchant autre chose, voire rien de particulier. Cette approche est issue d’une démarche heuristique."

J’exagère légèrement dans mon titre par rapport à la définition en disant que ce nouveau modèle économique du NYT est "sérendipiteux" : les gens qui sont sur un moteur cherchent quelque chose (donc pas "rien de particulier" selon la définition). Ils ne savent juste pas où le trouver donc ils passent en grande majorité par Google, documentaliste universel (par la taille de son index et la vitesse à laquelle il le met à jour).

Et c’est donc ensuite, par le côté "fortuit" (donc "sérépenditeux") de la définition ci-dessus que les visiteurs (500 millions par mois) de Google peuvent se retrouver sur le site NYT plutôt.

En fait, le NYT a tout fait pour que cela soit le moins fortuit possible : il a en son temps acheté About.com, un moteur de recherche, visiblement surtout les compétences de son équipe de développement, pour remodeler son site de manière optimale (déjà + 87 % atteints par cette équipe entre juillet 2005 et juillet 2006 sur le contenu actuellement "ouvert") en termes de "Search Engine Optimization" (SEO) afin que les millions de pages (vingt ans d’archives !) qui vont être ainsi libérées fassent leur chemin au plus vite vers le haut des pages de résultats de Google. C’est capital dans ce nouveau business model du NYT ! (Voir cet ancien billet si vous n’êtes pas convaincu).

Le calcul est le suivant : avec ses abonnés 471 000 abonnés combinés (papier + internet) + 227 000 abonnés "online solo", NYT fait environ 10 millions de dollars par an via ces abonnements. Sur mon blog, le coût par mille pages (CPM) chez Google est de 1,3 dollars. Donc pour faire 10 millions de dollars à ce tarif-là (le CPM NYT est sûrement plus haut) , le NYT doit montrer 7,7 milliards de pages par an (21 millions par jour). Ce n’est sûrement pas hors d’atteinte ! (Pour comparaison, Google + Youtube font 100 + 20 milliards chaque mois).

En effet, en avril 2005, le site faisait déjà 18,5 millions par jour. Donc, il leur faut au maximum doubler leur fréquentation actuelle pour retomber sur leurs pieds. Ce n’est vraiment pas inatteignable vu l’audience planétaire maintenant "utilisable" (voir ci-dessous) par NYT et vu la taille du contenu libéré (cf. plus haut)

Mais, sur le fond, cela reste pour moi un énorme bouleversement du business model :

  • le modèle historique des journaux est bien décrit par Emmanuel Parody  : un cercle identifié et connu de lecteurs desquels on essaie d’arracher un revenu direct maximum (en plus de la publicité) basé sur une fréquentation très récurrente du service ;
  • cette bascule du NYT, c’est le modèle inverse : la planète (ou presque : vu la croissance de population internaute...) comme audience potentielle mais anonyme. Et l’agrégation d’infimes revenus à travers chaque interaction comme générateur d’un revenu supérieur à l’ancien modèle.
[Note : ce modèle comme celui de l’agrégation dans le web 2.0 n’est pas valide pour tout le monde : il faut pouvoir se trouver en très bonne position (à travers de multiples liens favorisant le PageRank) dans les réponses organiques des moteurs pour un spectre large d’interrogations. Il faut donc un contenu énorme et de renommée afin qu’il soit fortement lié par d’autres sites.]

Ce nouveau modèle est risqué bien sûr : j’ai écrit il y a peu que les seuls revenus indirects étaient un modèle d’affaires malsain. Certes, la publicité (en ligne) est le futur du Web 2.0, selon Ray Ozzie de Microsoft et sa croissance actuelle est explosive. Mais, au prochain retournement économique (il arrive - comme tous prédécesseurs - seule question quand ? Peut-être proche : cf. les Etats-Unis actuellement) toujours violent pour la pub (cf 2001), le NYT online tiendra-t-il le choc ?

En échange, le potentiel est énorme : la population internaute croît (vite) et ce n’est finalement plus qu’elle à travers son activité toujours croissante qui définit la limite ultime des revenus de ce modèle pour un site anglophone, de renommée mondiale et de qualité très supérieure comme NYT. [L’efficacité commerciale de NYT ne limite plus : seule la qualité rédactionnelle et technologique (SEO) définissent le résultat].

Donc, c’est un gros pari ! Même s’il y a des économies immédiates : toute la mécanique commerciale pour gérer ses abonnements devient inutile... (La promotion marketing doit-elle perdurer).

Mais, il me paraît juste dans la position du NYT de tenter le coup à ce moment où certains budgets publicitaires actuellement fortement réalloués vers le online ne trouvent pas preneurs faute d’espaces (de qualité) disponibles. (D’ailleurs, en parallèle à la presse, la musique s’y prépare et la TV "prend la température" aussi).

Des bascules commes celle du NYT vont "ouvrir les vannes" aux annonceurs même si l’anonymat va faire baisser le ciblage donc le CPM !

De plus, je pense que l’on commence à quitter actuellement les médias électroniques (divers : publication en ligne, TV, radio, etc.) pour aller vers Le Média (unique - de convergence - posé sur internet) piloter par le modèle publicitaire pur. Ceux des médias traditionnels qui s’immergent dans le nouveau monde à 100 % au plus tôt sont sûrement ceux que l’on retrouvera après "la vague"...

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 New-York Times gratuit : l'économie de la sérendipité naît à travers les moteurs !

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31 réactions à cet article    


  • Didier Durand Didier Durand 22 septembre 2007 09:18

    Bonjour Arthur,

    100% d’accord sur la qualité du titre !

    Les liens depuis Agoravox dont vous parlez vont finalement servir la stratégie du NYT que j’ai tenté d’expliquer smiley cordialement didier


  • Forest Ent Forest Ent 21 septembre 2007 22:32

    Il n’est pas très risqué pour un site « sérieux » de s’appuyer sur la pub actuellement.

    Certes, l’économie US va mal, et la pub va en prendre en coup. Mais le CA sur le net est à peine 10% du global, et ce n’est pas là et à ce moment que le contrecoup sera le plus violent : ce sera sur la presse écrite, qui va dérouiller encore plus.

    Par contre, ceux qui misent sur une poursuite du développement exponentiel de la pub sur le net se trompent. Les arbres ne montent pas au ciel. Si elle continuait à augmenter à ce rythme, elle serait à 100% du global dans 5 ans. Ca ne marche pas.

    Tout dépend de la VoD. La pub télé est à un peu moins de 200 G$. Il faudrait qu’elle bascule sur youtube pour qu’il y ait un relais de croissance. Ca m’a l’air mal barré. Mais ça ne concerne de toutes façons pas le NYT.

    Le WSJ va être repris par Murdoch. Je suppose qu’il va chercher des synergies avec myspace et ce genre de machins.


    • Didier Durand Didier Durand 22 septembre 2007 09:21

      Bonjour Forest,

      D’accord avec vous sur le fait que la croissance publicitaire online aura une fin. Mais, vu sa qualité / renommée, le NYT aura toujours des annonceurs en suffisance. Au détriment des sites moins prestigieux... cordialement didier


    • Dégueuloir Dégueuloir 23 septembre 2007 00:18

      Les investisseurs étrangers détiennent plus de 4 400 milliards de dollars de dette américaine, sous la forme de bons du Trésor et de titres. S’ils vendent seulement quart de cette somme les USA sentiront la douleur de l’hyper-inflation. Durant la dernière décennie, les étrangers étaient avides d’acquérir nos bons du Trésor et nos capitaux, avalant les 800 milliards de l’énorme déficit de la balance commerciale et maintenant la demande pour le dollar à un niveau artificiellement élevé. Mais comme pour les souscripteurs d’emprunts immobiliers dont le taux incitatif [2] arrive soudain à son terme, les USA vont devoir faire face à un douloureux réajustement : des remboursements plus élevés et des revenus moins généreux pour se payer leurs caprices.

      Ce petit jeu aurait peut-être pu continuer un peu plus longtemps si la politique étrangère de Bush ne nous avait aliéné amis comme ennemis. Mais peut-être pas. Après tout, la politique financière généreuse de la Fed, venant s’ajouter aux dépenses extravagantes de Bush - 3 000 milliards de dollars de dette de l’état supplémentaires en 6 ans - condamnait le pays depuis le début. Les dépenses à crédit ont été la règle depuis le premier jour. Arrive maintenant la gueule de bois.

      On s’attend à ce que Bernanke baisse les taux d’intérêts le 18 septembre. Cette décision fournira un peu plus de la drogue du crédit facile aux accros de Wall Street mais elle pourrait aussi déclancher une fuite panique du dollar. C’est ce qui empêche le patron de la Fed de dormir.

      L’équipe Bush a été avertie plusieurs fois - par la Banque des Règlements Internationaux, la Banque Mondiale, le Fonds Monétaire International, la Banque Centrale Européenne - que sa politique était « insoutenable » et se terminerait par une crise économique. Mais elle a ignoré les critiques avec sa même indifférence habituelle, comme pour celles portant sur la guerre d’Irak.

      pourquoi devraient-ils s’en soucier, si le pays devait souffrir ? Leurs amis bénéficieraient toujours des coupes massives - et non financées - dans les impôts. Leurs armées de mercenaires privés et leurs contractants de marchés sans appel d’offre auraient toujours leurs dessous de table. Les Démocrates auraient toujours leurs énormes dépenses de guerre « hors budget » [3] Et ils seront toujours capable d’imprimer autant de monnaie sans valeur qu’ils le souhaitent, jusqu’à ce que le dernier sou soit vidé des coffres publics.

      Pas de soucis. En plus, les média feraient le ménage après eux, avec leurs habituels bavardages. Au fur et à mesure que les calamités affecteront l’économie, nous pouvons nous attendre à assister au défilé habituel de menteurs au brushing impeccable, chantant la gloire du « marché, » de la dépense effrénée et de la consommation.


    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 22 septembre 2007 02:09

      Je salue cette nouvelle étape dans le triomphe du web sur les vieux accros du papier... et le coup de pouce pour les blogueurs qui se préparent a donner l’assaut final aux médias traditionnels. Car le NYT gratuit en ligne veut dire, a brève échéance, pas de NYT en kiosques. Le temps d’amortir les rotative au plus serré... et de renégocier les contrats des syndiqués.

      Je ne crois pas du tout, au contraire, que l’on « sonne le glas du contenu rédactionnel payant sur internet ». Ce sont les chroniqueurs vedettes qui vont vendre l’accès à leurs chroniques/blogues. Et il le feront par abonnement, puisque le marché publicitaire, comme le dit Ent Forest, n’est pas illimité. 4% de lecteurs qui lisent les éditoriaux aux USA - beaucoup plus pour les chroniques, mais je n’ai pas le chiffre sous la main - c’est déjà un marche de 10 M de lecteurs pour des commentateurs qui se font un nom. À UN dollar par mois... Je trouverais amusant qu’on en arrive à une société où un Winchell aux USA - ou Camus en France - se ferait le revenu de Johnny Hallliday ou d’un joueur de base-ball... :- )

      PJCA


      • Didier Durand Didier Durand 22 septembre 2007 09:26

        Bonjour Pierre,

        Malgré cette ouverture online et contrairement à vous, je donne encore au moins 2 décennies au NYT sur papier (voir plus !). L’avenir le dira...

        Et encore contrairement à vous, je pense que le paiement pour un article ou l’autre génère une transaction trop complexe (abonnement, paiement à la pièce, etc...) pour faire qu’il ait une chance contre les millions de site de la blogosphère (avec d’excellents dans tous les domaines). Tous ces meilleurs blogs sont basés sur la pub donc gratuits donc à accès immédiat.

        Là aussi l’avenir dira...

        Par contre, d’accord avec vous sur le coup de main des blogueurs : plein de liens en perspective donc remontée rapide vers le haut des résultats des moteurs !

        cordialement didier


      • Harald 22 septembre 2007 09:08

        Résultat de votre requête pour le mot : « sérendipité » (serendipite). Il n’y a pas d’entrée correspondante dans le dictionnaire.


        • Didier Durand Didier Durand 22 septembre 2007 09:29

          Bonjour Harald,

          Il me semble que sérendipité est entré dans les dernières éditions du Larousse / Robert (2008). Avez-vous vérifier par là ? (En tout cas, voir mon lien : il est dans Wikipedia) cordialement didier


        • Harald 22 septembre 2007 10:52

          Hello Didier

          eh non : je ne l’ai pas trouvé dans l’édition du Thresor de la langue françoyse (1606) de Jean Nicot auquel je me suis référé. smiley

          Blague à part, le Wiktionnaire machin-chose, ne vaut pas tripette.

          Par contre, il y a en ligne les dictionnaires du CNRS que j’apprécie particulièrement (http://www.cnrtl.fr/lexicographie/).

          Et pour finir, je trouve le mot très très moche. smiley


        • bivipi 23 septembre 2007 01:04

          C’est vrai qu’il ne suffit pas toujours de remplacer le « y » du mot anglais par un « é » pour donner le mot français comme dans « liberty » pour donner « liberté ». Le mot français pour serendipity est sérendipidité (art de faire des découvertes heureuses par hasard.) Je me souviens que c’était un mot incontournable aux USA dans le domaine de la recherche il y a un dizaine d’années dans tout mémo digne de ce nom.


        • IP115 22 septembre 2007 10:11

          Bon article Didier Durand, deux ou trois remarques toutefois.

          Le NYT subit aujourd’hui ce que nombre d’autres entreprises ont dû subir avant lui. Il se doit de sortir à temps de la sphère du « me too »[1] qu’il dominait avec quelques autres et s’y retrouve aujourd’hui à l’étroit, s’il veut survivre.

          Le NYT aborde aujourd’hui la 4me sphère de me too dans le domaine des media papiers (papiers payants, papiers gratuits, online payant, online gratuits). Certain comme Les Echos vont même plus loin en ajoutant à leur offres online classique une offre epaper (avec lecteur multimédia intégré) en forme de journal (film plastique, technologie de projection d’encre N&B pour le moment) ...

          Concernant le modèle business, mieux que le CPM, le CPC sur des offre de type AdSense bien plus rémunératrices ... Mais c’est Forest qui as raison, de plus en plus de pub développées comme de véritables petits films (je pense à des pub comme celles de BMW développée exclusivement pour le net) qui n’attende que des espaces de qualité (entendez clientèle haut de gamme, et trafics élevé) pour se développer. Et cela m’étonnerait qu’un journal prestigieux comme le NYT, n’ait pas inclus ces sources de financement dans leurs modèles business ...

          [1] « Pour dépasser leurs concurrentes, les sociétés privilégient trop souvent la baisse des coûts et l’augmentation de la qualité de leur offre. Elles s’engagent alors dans une compétition frontale qui détériore leurs profits. Un des axes stratégiques majeurs pour sortir de cette situation consiste à trouver, à l’extérieur de la sphère de l’imitation (celle du Me too), de nouveaux gisements de performance, de nouveaux espaces d’activité et des » trous « concurrentiels. Se différencier des autres, nécessite d’abord de se différencier de soi même. »


          • Didier Durand Didier Durand 22 septembre 2007 10:37

            Bonjour IP115 (? ??...)

            Je n’ai pas voulu faire dans tous les détails mais quand je parlais de mon blog (qui est sous Adsense pour le prix CPM, j’utilisais en fait le e-CPM de Google (« Equivalent CPM ») qu’il calcule pour ramener les revenus CPC)

            Pour le reste, je vois que nous avons les mêmes lectures sur la différenciation compétitive. Je fais confiance au NYT pour innover dans ce domaine.

            cordialement didier


            • ZEN ZEN 22 septembre 2007 10:45

              Que pensez-vous de l’introduction de la pub de plus en plus massive dans Agoravox, et , depuis peu, insérée dans le déroulement des fils, sous l’apparence de « communiqué »(Volvo) ?


              • TALL 22 septembre 2007 11:05

                Pour !

                Si ça permet d’améliorer le site, voire de rétribuer les nombreux bénévoles de l’ouvrage

                PS : toute façon, quand ça m’emm... j’adblok smiley


              • ZEN ZEN 22 septembre 2007 11:12

                @ Tall

                Quels « bénévoles » ?..


              • snoopy86 22 septembre 2007 17:39

                @ Zen

                Prévisible de longue date... Le journalisme « citoyen » n’est qu’un alibi. Le plan marketing se déroule comme prévu mais plus lentement qu’imaginé.

                Par ailleurs vous devez être rétif à ce type de communication car le sponsor est bien suédois, mais c’est Volvo...


              • snoopy86 22 septembre 2007 17:41

                Pardon c’est Saab et non Volvo...


              • Loïc Decrauze Loïc Decrauze 22 septembre 2007 17:15

                Certains offrent leur presse en ligne, d’autres leur journal littéraire, plutôt que de passer par la voie éditoriale classique. Des centaines de pages à disposition, de 1991 à 2005, à travers une aventure humaine et un regard sans concession :

                http://journal-pamphletaire.blogspot.com/


                • bivipi 23 septembre 2007 00:43

                  Désolé de m’être arrêté au deuxième paragraphe. Mais les faits sont têtus. Le New-Times était en accès libre il y a encore quelques années, alors que le millénaire avait déjà tourné la page. Alors pourquoi lire plus avant un article basé sur des faits erronés ?


                  • Didier Durand Didier Durand 23 septembre 2007 05:43

                    Bonjour Bivipi,

                    Vous ne lirez pas ce commentaire puisque vous avez arrêté la lecture de l’article.

                    Mais au cas où : ce qui fait la grande différence cette fois,ce sont les archives libérées : des millions de pages qui vont pouvoir apparaître dans les moteurs. Elles n’étaient pas libres pendant la 1ère période de gratuité. C’est l’immense différence que vous n’avez peut-être pas perçue...

                    Il y a en a plein d’autres mais je ne les détaille pas : vous n’êtes plus là... smiley didier


                  • Didier Durand Didier Durand 23 septembre 2007 08:40

                    Bonjour Demian,

                    Ok avec cela : l’argent de la pub vient de toute façon (indirectement) des mêmes consommateurs. Juste plus diffus. cordialement didier


                  • Aruba 23 septembre 2007 15:04

                    A l’auteur.

                    Etant maintenant habitué par besoin professionnel comme de plus en plus de gens à passer de longues heures face à des écrans sur lesquels la lecture est aussi fatigante que laborieuse dans ce qui est devenu entre-temps une véritable « gerbe » permanente d’informations le plus souvent contradictoires pour entretenir le pseudo suspens destiné à accrocher le consommateur et par laquelle il est aussi de plus en plus difficile de faire la part des choses pour en tirer l’essence me ferait dire que trop de communication tue la communication. Et vous voir faire référence à de la sémantique puisée dans Wikipédia sans autre recherches pour construire et nous « révéler » votre vision d’une théorie de modèle économique serait peut-être finalement bien révélateur au sujet du : La vérité est en tout, tout est vérité et laissons le hasard bien faire les choses, relève presque de la mystification.

                    Donc et depuis, j’ai re-découvert le contact du livre et du papier qui permet une lecture dans un environnement moins destination promotionnelle dans tous les sens du terme et donc plus concentré sur le fond.

                    Cette frénésie du « business to business » et dont le Net est actuellement une cible privilégiée que tout le monde vise (A tort et à travers ?) en espérant y trouver un eldorado de connaissance ou de fortune inépuisable risque fort d’aboutir sur un réveil douloureux. Tout comme ce fut le cas pour ces Golden Boys qui prirent la bourse pour un casino et dont les vrais professionnels finirent par leur apprendre le bon sens des choses.

                    Mais qui suis-je pour oser le penser autrement que dans le cadre du commun des mortels consommateurs « ciblés » dont je suis ?


                    • Didier Durand Didier Durand 24 septembre 2007 08:49

                      Bonjour Aruba,

                      Loin de moi, la volonté d’être mystique ! smiley Juste la volonté d’utiliser un mot « différent » pour attirer l’attention et réfléchir tous ensemble en générant des commentaires comme la fin du vôtre

                      Le fond de votre commentaire est intéressant : il pose le problème du filtrage et de la qualité de l’information actuellement hyper-abondante amenée par cette gratuité.

                      Pour moi, elle n’est pas gênante en soi. A chacun d’être intelligent dans ce qu’il lit et utilise.

                      PS : livres et Internet se complètent à mes yeux. Le contexte pour l’Internet et la réflexion basée sur ce contexte via les livres

                      cordialement didier


                    • Guillaume Narvic NovöVision 23 septembre 2007 16:03

                      Bonjour,

                      Vos remarques sont intéressantes, notamment votre approche selon laquelle l’abandon de l’accès payant par abonnement au fonds d’archives du NYT peut se révéler à terme - presque paradoxalement - une source de revenu réelle, en améliorant la visibilité du site sur la première page de recherches Google, ce qui pourrait permettre d’accroître ses ressources publicitaires...

                      Mais, s’il vous plait, cessez de dire qu’il s’agit là d’un accès « gratuit »... Il n’y a pas plus de gratuité dans ce « modèle », qu’il n’y en a dans celui des journaux papiers abusivement qualifiés de « gratuits ».

                      Ces « modèles » sont financés par la publicité et la publicité est tout sauf gratuite ! La publicité est payante, et au bout de la chaîne qui constitue son « modèle » spécifique, ce sont les consommateurs qui la payent : les consommateurs du NYT en ligne, comme ceux d’Agoravox d’ailleurs, payent cette apparente gratuité par un surcoût (minime et donc presque invisible) sur le prix de leur pot de yaourt.

                      C’est d’ailleurs tout le « génie » de ce modèle de parvenir à collecter des milliards d’euros et de dollars de revenu auprès des consommateurs de manière indolore, et quasi invisible, en s’offrant « le luxe » de développer un discours totalement abusif, à la limite du mensonger, sur le thème de la gratuité.

                      Les conséquences de ce mode de fonctionnement sont pourtant nombreuses et importantes, et continuer à parler de « gratuité » dans ce cas contribue très largement - très opportunément ? - à les occulter.

                      Le « décrochage » entre l’acte d’achat (c’est à dire la lecture du NYT en ligne, ou d’Agoravox, ou de 20 Minutes sur papier, etc.) et son paiement réel (le petit surcoût sur le pot de yaourt) soumet radicalement le principe d’établissement de la valeur du bien acheté (l’information) à celui qui établit la valeur du bien auquel est attaché son paiement (le pot de yaourt). On arrive donc à ce que le prix de l’information est réellement indexé sur celui des produits de grande consommation, qui ont le plus massivement recours à la publicité.

                      Celui qui parviendra à vendre au meilleur prix l’information qu’il a à vendre sera donc, au bout du compte, celui qui aura vendu le plus de pots de yaourts ! La logique de ce modèle est donc bien de pousser le NYT en ligne - comme Agoravox ! - à vendre du yaourt, pour obtenir le paiement de leur propre produit, puisque ce paiement est « lié » à celui du yaourt.

                      Cette logique est perverse. Elle tend à effacer la valeur propre du produit que constitue l’information. Elle pousse les producteurs d’information à se plier à la logique de markéting des produits de consommation de masse, indépendamment de la logique markéting propre à leur produit.

                      Si elle n’est pas régulée, contrecarrée, par un contre-poids qui reste à inventer et mettre en place, cette logique économique du modèle proposé pour vendre l’information mène directement les producteurs d’information à s’orienter vers ce que l’on pourrait appeler « le markéting rédactionnel » : sélectionner et hiéarchiser l’information que l’on vend à ses consommateurs, non plus en fonction de ce qui fait la valeur propre d’une information (sa crédibilité et son importance, sa véracité, sa nouveauté, ses conséquences, etc.), mais en fonction de l’audience qu’elle est susceptible d’obtenir auprès des consommateurs potentiels de yaourts, car c’est la clé pour obtenir de la publicité pour les yaourts, qui est elle-même la clé pour obtenir le paiement de l’information que l’on avait à vendre...

                      J’ai bien peur que celui qui a tout à tirer de ce modèle c’est le vendeur de yaourts. Le vendeur d’information en revanche a toutes les raisons de ne pas y retrouver son compte, puisqu’il perd totalement la maîtrise de la commercialisation de son bien et de l’établissement de son prix. Pire même, il se trouve contraint à soumettre cette commercialisation à une logique économique qui peut lui être contraire.

                      Et le consommateur final dans tout cela ? Mais qui se soucie encore du consommateur ?

                      narvic (novovision.fr)


                      • Vilain petit canard Vilain petit canard 24 septembre 2007 08:41

                        Bien vu.


                      • Didier Durand Didier Durand 24 septembre 2007 08:52

                        Vous reposez très bien l’éternelle question (... dans les médias)des conséquences et dangers de la pseudo-gratuité des services et contenus sponsorisés.

                        Tous vos arguments sont valides.

                        Malgré tout, actuellement, on semble glisser vers toujours plus de cette pseudo-gratuité.

                        Dans le cas du NYT, c’est utile à mon avis car cela équilibre encore quand même la balance de la qualité du contenu. On peut ainsi aussi accéder au meilleur comme au moins bon (.ie.e totalement axé « vente de yaourts ».

                        Cordialement didier


                      • manusan 24 septembre 2007 08:59

                        tout juste. Votre commentaire mérite d’être à la place de l’article, na.


                      • Didier Durand Didier Durand 24 septembre 2007 09:08

                        Bonjour Manusan, Cela ne me poserait pas de problème smiley (...juste qu’il manquerait le contexte intial)

                        Mais, effectivement on pourrait conseiller à Narvic d’en faire un article pour Agoravox.

                        didier


                      • manusan 24 septembre 2007 09:31

                        Bonjour Didier. je retire le « na » puérile. smiley

                        Les scientifiques disent souvent que l’on trouve quelque chose quand on pose la bonne question. bref ton article (et ce commentaire) amène à se poser plein de questions, merci.


                      • Didier Durand Didier Durand 24 septembre 2007 09:39

                        Bonjour Manusan, Pas de souci PS : j’ai la fibre scientifique.


                      • Tonioone 8 mars 2008 15:29

                        Le new-York Times gratuit, très bien mais qui veut il capter comme lectorat ? C’est là la seule "sérendipité" que j’y vois....

                        Le "faux"-gratuit marche évidemment, mais il faut plaire à ces lecteurs qui ne viennent que si ce n’est pas cher, comme "certain" utilise des mots incompréhensibles pour attirer le chaland.

                        La personne qui veux s’informer vraiment et réfléchir "digèrer" ces informations doit le vouloir, ne pas être qu’un simple relais d’information (cette toute puissante), c’était le lectorat et la puissance du NYT, en devenant gratuit ne va-t-il pas perdre son âme ??? D’ailleurs Didier qu’en pensez-vous, quelle est votre conclusion ?

                        PS : Le kindle (ebook amazon) est en rupture de stock, (peut-être un report des abonnements du (NYT) pour le lire partout...

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