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PPDA et Macé-Scaron pris la main dans le sac

Il n’y a pas que les élèves qui trichent ! Qui bravent la morale, les valeurs comme certains le clament du haut de leur chaire. Les aînés restent leurs mentors. La preuve par PPDA et Joseph Macé-Scaron, tous deux journalistes. L’un, ancien présentateur vedette, l’autre : directeur adjoint de l’hebdomadaire Marianne (après avoir fait ses classes au Figaro). Au premier degré, on peut dire qu’ils partagent une passion. La flamme du plagiat. Cet art qui consiste à pomper un auteur émérite sans le citer. Pas vu, pas pris ! Une déontologie que les deux « récidivistes » condamnent sans ambiguïté, pourtant… Mais entre le discours et les actes, la frontière relève du mythe. Du label. C’est ce que vient de rappeler la justice « aux délinquants à col blanc. » Aux omniprésents du quatrième pouvoir, familiers des entrées, des plateaux, des casquettes multiples (chroniqueurs, rédacteurs, animateurs, producteurs, écrivains…). Que les puristes se rassurent. Cette décision ne changera rien à la situation des deux confrères. Patronnés, ils garderont leur poste, leur salaire, leur carte de presseleurs réseaux. Mieux encore ou ironie de la polémique. Ils feront la leçon à l’antenne, se présentant comme des parangons de vertu, sans éprouver la moindre gêne. « Une élite éclairée » qui distille « la bonne parole » aux ignorants que nous sommes. Dans ce microcosme, le remords, la conscience ne sont que des mots. Des vœux pieux. Quand ils ne sont pas un alibi pour relancer une profession aux abois. Joseph Macé-Scaron – un Plenel tatoué- en théologien inavoué, continuera, sur I>TELE, de pourfendre le gouvernement, de lister les scandales… et de présenter des livres où, en « critique avisé », il passe des auteurs au vitriol. Adepte du néologisme, il parle «  d’intertextualité » pour assurer sa défense.

Patrick Poivre d’Arvor, toujours propre sur lui, malgré des interviews bidonnées, enchaînera les conférences, proposera son talent au plus offrant, sans avoir à batailler, ni à jouer les capitaines Achab. Charité bien ordonnée commence par soi-même. Une maxime jugée « ringarde » pour une corporation qui, au nom de l’exemplarité, l’honnêteté, adore exhumer les affaires, les boules puantes. Mais qui ne supporte pas la moindre critique dés qu’on l’interroge sur ses pratiques, ses mœurs, son rapport à l’éthique, au pouvoir, à l’argent. Il serait injuste de réduire l’œuvre des contrebandiers à « la délinquance littéraire », au pillage des sources. Des pratiques ancestrales, somme toute, consubstantielles aux pesanteurs du milieu, à l’habitus, appelées circonstances atténuantes. PPDA tout comme Macé-Scaron sont cultivés. Il faut le reconnaître ! Mais plombés par une réputation de tricheurs, « de voleurs de beauté ». Au point de passer pour des cuistres de la pige. Des mercenaires, pour ne pas dire faussaires, incapables de plaider « coupables » quand on les prend la main dans le sac et qui font du déni, une respiration de caste. Contrepartie naturelle des projecteurs, de la gloire, renchérissent les médiocrates. Le toujours plus de François de Closets. En deux mots : la tentation de l’éternelle innocence. L’éloge de l’irresponsabilité psalmodieraient les héros défroqués, déclassés, en mal d’idées claires.

Pour aller plus loin :

« Joseph Macé-Scaron ne réserve pas l’ « intertextualité » à ses ouvrages littéraires. Dans ses articles de presse, il recopie également des passages entiers sur ses confrères. Exemples. A ce jour, Joseph Macé-Scaron a publié trois romans. On sait, depuis les révélations de ces dernières semaines, que le directeur adjoint de la rédaction de Marianne, directeur du Magazine littéraire et célèbre chroniqueur télé, a fait des « emprunts » non signalés dans les trois : à Ernst Jünger dans Trébizonde, avant l’oubli (Robert Laffont), à Victor Malka pour Le cavalier de Minuit (Julliard) et à pas moins de trois auteurs – Bill Bryson, Jay McInerney et Rachel Cusk – pour Ticket d’entrée (Grasset), best-seller de ces derniers mois avec 40 000 exemplaires écoulés. Un petit parfum de scandale plane sur Saint-Germain-des-Prés. »

Lire la suite de l’article, L’Express.fr

« Déjà soupçonné de plagiat pour sa biographie d’Hemingway, Patrick Poivre d’Arvor s’est fait taper sur les doigts mercredi par la justice qui l’a condamné pour avoir, dans l’un des ses ouvrages, porté atteinte à la vie privée d’une ex-compagne et pillé leur correspondance. Le journaliste devra verser à Agathe Borne 25.000 euros de dommages-intérêts et 8.000 euros de frais de justice. »

Lire la suite de l’article du Point.fr

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4 réactions à cet article    


  • Lisa SION 2 Lisa SION 2 19 septembre 2011 17:50

    Très ennuyeux, quand on va taper leur nom dans les moteurs de recherche sur ce nouveau support numérique, vont apparaitre en premier leurs fautes et défauts flagrants. bonne nouvelle pour les inconnus dans mon genre sans réputation, ni couronne, ni top cinquante, mais néanmoins plumes pointues en acuité, l’avenir joue pour nous petits pions perdus mais vierges d’intérêts et de dettes.


    • Christophe Certain Christophe Certain 19 septembre 2011 19:34

      Que l’auteur de l’article se rassure : l’intertextualité n’est pas (non plus) une invention de Macé-Scaron, c’est même un terme assez courant en analyse littéraire. On n’apprend pas ça dans les écoles de journalisme ?


      • gébé gébé 19 septembre 2011 23:56

        Le lien sur « la sociologie est un sport de combat », film de Pierre Carles sur Bourdieu, dont il a été le secrétaire...

        http://www.youtube.com/watch?v=nbJFMNmBwro


        • Qaspard Delanuit Gaspard Delanuit 20 septembre 2011 01:07

          Attention, problème souvent mal compris. Quand un personnage médiatique se fait pincer pour plagiat, cela ne signifie pas que c’est lui qui a été assez con pour recopier des pages entières d’un texte déjà publié et parfois célèbre, qui sera reconnu à coup sûr ! 

          Cela signifie que c’est une vengeance de leur nègre. 

          Car tous ces gens célèbres n’ont pas le temps d’écrire eux-mêmes leurs livres (trop de dîners mondains), donc ils font appel au service d’un nègre. A un moment, il y a désaccord (financier, importance du travail, etc.) et le nègre se venge en plaçant discrètement une bombe à retardement dans le texte sous la forme d’un gros plagiat honteux visible comme le nez au milieu de la figure de Gérard Depardieu.

          L’auteur-imposteur pris la main dans le sac ne peut pas accuser le nègre sans révéler au public une escroquerie encore plus grande de sa part (signer un livre qu’il n’a même pas bien relu). Donc pour ne pas avouer qu’il n’est pas l’auteur de son livre, il doit expliquer comme il peut qu’il a été totalement stupide de faire un si gros plagiat, et il passe pour un vrai crétin.  smiley

          Mais généralement, ce n’est pas un crétin, c’est seulement un escroc.  smiley

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