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Peut-on anticiper l’effondrement de la puissance informationnelle de la machine médiatique ?

Syrie. Le pays est sur toutes les lèvres, qu'elles appartiennent à un répétiteur ou un libre-penseur, et sur tous les claviers, qu'ils appartiennent à un téléphone ou un ordinateur. Dans ce cas, évidemment, se dégage une position intellectuelle officielle adoptée, ou non, par la population française. C'est bien ce « ou non » qui balancent, avec la force d'un chimpanzé en quête de reconnaissance, des coups de poing dans le torse de la machine médiatique dont les poumons se vident brusquement.

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TF1

Vérité officielle contre capacité de réflexion

Il y a dix ans, il aurait été plus juste de parler de "toute-puissance" mais la machine médiatique a vraisemblablement perdu de sa superbe. Par cette appellation générique, je désigne arbitrairement tous les médias, peu importe le canal qu'ils utilisent pour postillonner, reprenant la ligne de conduite dictée de l'autre côté de l’Atlantique, par d'ardents défenseurs des droits l'Homme et surtout de sa capacité à transpirer, sang et sueur, pour des profits. Donc, pour résumer très brièvement, Bashard al-Assad est la possession du diable, il « sarine » sa population parce qu'il existe des preuves irréfutables.

Pour autant, les Français apparaissent peu séduits par cette version. Le panurgisme dictée par le(s) gouvernement(s) est une maladie qui a enfin trouvé un vaccin en la personne du réseau numérique. Loin d'être la panacée tant attendue par une minorité grandissante de conscients, il se présente quand même comme le visage défiant d'une population qui se réveille. Là où le doigt des puissants pointent, le regard du peuple ne suit point, enfin moins... enfin y a pas que des veaux en France quoi !

Ainsi, la question se pose ; la machine médiatique va t-elle tomber ?

Soutien du gouvernement à son meilleur ami/outil

Si la machine médiatique exerce une influence se réduisant dans la formulation d'opinions, le gouvernement français croit toujours en elle. Un exemple peut être ? En voici un, éclairant à s'en carboniser la rétine. Selon le rapport annuel public de 2013 (source 1), sur la période 2009-2011, le soutien, ou plutôt l'assistanat, à la presse écrite s'élèverait à 5 milliards d'Euros. Somme apparaissant sans doute excessive en tant de crise. Entre autres, Le Nouvel Observateur a touché annuellement presque huit millions d'euros d'aides. Le Monde, plus gourmand, a lui empoché plus de dix-huit millions d'euros... Difficile dès lors de croire en des journalistes libres de dire et de penser avec une perfusion incessante aussi conséquente.

Par ailleurs, les réunions non-officialisées telles que le dîner du siècle affichent à la figure de toute la France un jeu de relations dangereux pour une profession censée être indépendante. Les tâte-claviers, les gratte-papiers, les racle-gosiers sont autant de dépendants qui tendent la papatte pour recevoir des croquettes. Peu importe le goût de celles-ci, les employés de la machine médiatique, dans une grande majorité, se contenteront de les recracher telles quelles.

De l'asthme pour la machine médiatique

L'optimisme peut-il s'inviter dans les prévisions de l'avenir de la machine médiatique ? L'utopique imaginera un monde où les médias seront totalement indépendants, de pensées et de porte-monnaie. Oublions la partie sur le pessimisme et partons directement sur le réalisme.

Le machine médiatique devrait s’essouffler, tant économiquement que réflexivement. La conscience d'une partie de la population se forge (certes encore trop lentement) avec l'avènement d'un Internet, qui s'affirmera lui dans un futur proche comme tout-puissant dans la cour des médias. Pour cette raison, Internet effraie. Il fait trembler les puissants comme un démon qui corrompt les esprits en les libérant. Pour preuve, en France, l'État pousse à envahir le net (source 2) et veut diriger ses aides vers des projets qui mobiliseront le réseau des réseaux.

Il semblerait que les capacités respiratoires de la machine médiatique soient diminuées. Elle tousse quand les islamistes que nous cherchons à détruire au Mali sont les rebelles en Syrie. Elle cherche à reprendre son souffle quand les bouchons sur l'autoroute sont les grands titres. Elle suffoque quand divers sondages démontrent, dans une moindre mesure, l'opposition majoritaire à une intervention en Syrie pour tuer papa, maman, bébé, leur chat et finalement Bashard al-Assad, après lui avoir trouvé tous les attributs du dictateur génocidaire.

Il est toujours trop tôt pour chercher des phrases chocs à réciter durant l'oraison funèbre de la machine médiatique. Pourtant, d'années en années, elle semble se diriger vers sa place de cimetière, accompagnée peut être du système qu'elle sert. Officiellement, la classe dirigeante française blâme Internet pour sa concurrence déloyale. Informer gratuitement et indépendamment, une honte ! Cette même classe ne s'interroge en revanche que très peu voire pas du tout sur le ras-le-bol d'une population sur l'incompétence des journalistes. Alors les transporter sur Internet est une idée tout à fait futile. La puissance informationnelle de la machine médiatique, autrefois indiscutable, lui est aujourd'hui âprement disputée sur le sujet de la Syrie. Et cette pauvre machine, si bien huilée par le passé, n'a visiblement pas les armes pour lutter...
 

Sources

1 : L'État soutient les médias

http://www.ccomptes.fr/Publications/Publications/Rapport-public-annuel-2013

2 : L'État favorise les projets prenant forme sur Internet

http://www.lexpress.fr/actualite/medias/aides-a-la-presse-le-gouvernement-va-favoriser-l-innovation_1265290.html

Jean-Jacques Bourdin qui croit les USA sur parole parce que les services américains, indépendants d'après lui, ont des preuves indéniables, mais bon, on ne sait pas trop ce que c'est et personne ne les a vu ou entendu...

Nota bene :

Vous noterez bien que la visible connivence entre les hommes politiques et la machine médiatique est sûrement responsable de la baisse de confiance, et donc de profit pour cette dernière. Si les aides augmentent en conséquence, c'est le cercle vicieux mes chers.


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15 réactions à cet article    


  • realTMX 2 septembre 2013 11:11

    Les média traditionnels, que sont la télé, la radio et la presse écrite, sont totalement obsolètes aujourd’hui.

    En plus de nous recracher des énormités à longueur de journée, ils sont incapables de se remettre en question et préfèrent vociférer sur un médium qu’ils ont du mal à appréhender car ils sont dépassés par l’ampleur que prend Internet jour après jour.

    C’est sûr que les relations qu’entretiennent les principaux propriétaires des média avec le monde économico-politique sont pour le moins néfastes voire nuisibles pour l’indépendance journalistique et donc pour la démocratie dans son ensemble.

    Les média sont de plus en plus menacés ce qui est à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne nouvelle, c’est qu’à terme ils redeviendront poussière. Mais la mauvaise nouvelle, c’est qu’ils essaieront pas tous les moyens d’entraîner Internet dans leur chute et ils ont le bras suffisamment long pour parvenir à leur sinistre dessein d’autant que les gouvernements veulent absolument museler ce médium qui leur résiste depuis un bon moment déjà.


    • Croa Croa 2 septembre 2013 23:31

      « les gouvernements veulent absolument museler ce médium qui leur résiste depuis un bon moment déjà. »

      Le ’’qui ’leur résiste’’ est exagéré : AgoraVox et Cie ne sont pas tout l’Internet, encore dominé par l’évangile selon TF1 et consorts avec, c’est vrai, une pensée imparfaitement unique, ce qui ne fait pas tout à fait du ouaîbe un médium résistant, hélas !


    • COLLIN 9 septembre 2013 14:14

      J’avais,naïvement,je le concède,crû à l’indépendance de « médiapart »,journal en ligne qui se faisait le chantre de la défense de la liberté de la presse...

      Je me suis promptement désabonné de cet organe de propagande dont les articles sur le conflit en Syrie (sous la plume de « Caroline Donati » et de « Thomas Cantaloube ») me donnaient la nausée à chaque lecture,tant leur contenu est « va-t-en guerre » et inféodé à l’empire....

      Et apparemment,il se trouve que je ne suis pas le seul...

      Je pense que sa disparition des écrans radars du WEB serait une mesure de salubrité médiatique !!!


    • Doume65 2 septembre 2013 11:48

      Bonjour.
      Depuis le 11 septembre 2001, il y a 12 ans, la machine politico-médiatique a interdit de s’interroger sur la véracité de l’ensemble de la version officielle sur l’attentat qui a eu lieu ce jour là. Cela fait donc au moins 12 ans que nous n’avons potentiellement plus de journalisme.


      • Singe conscient Singe conscient 2 septembre 2013 11:56

        Ma mémoire ne me permet pas de remonter avant 2001 (j’étais trop jeune à cette époque). Le journalisme d’avant cette date était-il vraiment mieux ?

        Je précise que ce n’est pas une question rhétorique.


      • realTMX 2 septembre 2013 14:18

        C’était le cas bien avant le 11 septembre 2001.

        On peut remonter à la fin de l’année 1990 avec les préparatifs de la guerre du golf. On nous avait déjà bien menés en bateau à cette époque.

        Quant à l’affaire de l’accident de Tchernobyl en 1986 où le nuage radioactif s’était soit-disant arrêté à nos frontières. Quelle mauvaise blague.

        En tout temps, on nous a enduits en erreur mais c’est vrai que c’est beaucoup plus marqué depuis le false flag de New-York.


      • Singe conscient Singe conscient 2 septembre 2013 14:23

        Merci pour vos réponses et ces informations. J’en saurais plus au moment de m’endormir.

        Par contre Démosthène vous vous centrez sur la TV (qui est certes le médias traditionnel le plus utilisé) alors que dans cet article, en parlant de machine médiatique, je voulais englobé la radio, la presse papier et la TV.


      • Badd 2 septembre 2013 20:05

        J’ai l’impression qu’avant 2001, on laissait un peu de place aux avis divergents sans les traiter systématiquement de complotistes ou de rouges-bruns.

        D’une façon générale, j’ai l’impression que le système s’est verrouillé progressivement à partir de la fin des années 80, suffisamment progressivement pour que cela ne soit pas trop visible mais force est de constater que notre système médiatique aujourd’hui n’a rien à envier au système soviétique des années 80. La phraséologie des journalistes est édifiante à cet égard et ce, même dans les dépêches banales de l’AFP où un jugement de valeur - négatif cela va de soi - est systématiquement rajouté s’il est question de l’Iran par exemple (un journaliste - y compris ceux qui ne doivent même pas savoir situer la Syrie sur une carte - ne peut plus bien sûr prononcer le nom d’Assad sans accoler « dictateur » ou « bourreau de son peuple », comme au bon temps de la Pravda).

        Cette régression touche aussi bien sûr la radio et les journaux mais il y a 30 ans, les journaux n’appartenaient pas tous à des groupes industriels ou à des banques liés à l’État, ce qui peut expliquer qu’il y avait encore une certaine pluralité.

        J’ai visionné il y a peu sur Youtube une émission de télé de 1976 sur L.F. Céline et dans la foulée une émission récente faite par Arte. La différence est saisissante, le quart d’heure d’indignation obligatoire ne figure absolument pas dans l’émission de 76 alors qu’il est impensable aujourd’hui de ne pas se le farcir, le doigt sur la couture du pantalon.


      • Croa Croa 2 septembre 2013 23:50

        La pensée alternative a toujours existé. Sur Internet il faut la chercher, ce qui est facile grâce à Google. Ailleurs que sur Internet il faut, encore plus, vouloir s’informer ce qui n’est pas naturel voire réclame des efforts. smiley

        En 1981 avec l’avènement des radios libres nous avons cru l’espace d’un instant que la parole et les cultures alternatives se libéraient mais Chante beau merle : Le public habitué à la soupe du show-buziness bouda les radios associatives et les sages ont continués à prêcher dans le désert puisque très vite les fréquences ne furent qu’un commerce financé par la pub.


      • Gabriel Gabriel 2 septembre 2013 12:46
        Peut-on anticiper l’effondrement de la puissance informationnelle de la machine médiatique ?
        Oui, tournez le bouton de votre radio ou de votre téléviseur sur OFF...

        • Croa Croa 3 septembre 2013 09:01

          Médiapart n’est pas tellement ’’à part’’  ! Il a, certes, fait émergé quelques scandales plus ou moins attendus (le monde politique est un panier de crabes) mais rien d’essentiel comme nous pouvons le constater en ce moment avec la Syrie.

          En ce qui me concerne j’ai résilié mon abonnement, ce qui est plus compliqué que d’en prendre un ! (Ces gens sont des fourbes !)

          En fait la bonne info est sur Internet mais il faut chercher ça sur les sites et blogs militants ainsi que dans les publications amateurs (désintéressés donc) comme Agoravox. 


        • escoe 8 septembre 2013 18:23

          Oui, tournez le bouton de votre radio ou de votre téléviseur sur OFF...


          Et cessez définitivement d’acheter la presse mainstream (Demorand, Nougayrède, Joffrin, Giesbert, Barbier etc) qui est désormais une véritable insulte à l’intelligence.

        • Jeff Parrot Jeff Parrot 2 septembre 2013 13:23

          Il y a t-il des signes d’effondrement, genre chute des audiences ?


          • Luc le Raz Luc le Raz 2 septembre 2013 16:16

            Pourquoi je ne cesse d’associer des mots comme « information-déformation » ou « publicité-duplicité » ? Une forme de rébellion de mon subconscient ?


            • soi même 8 septembre 2013 13:37

              Une information de plus en plus commue va donner la réponse par la force à une d’auto régulation de notre civilisation et ce craint ce qui sont informer, le pic des matières stratégiques va et en train de se produire tous au long du XXI siècles, ce qui va faire que inévitablement ce qui tiennes le haut du pavés aujourd’hui se retrouverons dans un gouffre. Car c’est bien commues seul ceux qui garde le sens pratique manuel, sont ceux qui seront les mieux à mêmes à survire dans se foutoirs que va être le XXI siècles.

              Nous assistions à la mort d’une civilisation, qui avant de s’éteindre comme la bougie brille d’un dernier éclat avant de s’éteindre.

              .
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