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Pourquoi eBay et Yahoo ne fusionnent pas

A la suite du partenariat publicitaire entre eBay et Yahoo ! la semaine dernière, certains clament que l’heure des fusions et acquisitions a sonné dans l’industrie Internet. L’auteur pense le contraire, et dévoile ses arguments.

Le récent accord signé entre Yahoo ! et eBay pour un partenariat publicitaire, mêlant des conditions générales de vente privilégiées entre les deux entités, conduit forcément à se poser la question suivante : qu’est-ce qui se trame derrière tout ça ?

Réactions instinctives sur le Net : contrer directement Google, et indirectement isoler Microsoft. Il y a bien sûr du vrai, mais pas seulement.
Réaction d’un journaliste de France Info, hier matin : « L’heure des fusions acquisitions dans l’Internet a commencé ». Et là, je prends mon blog, à défaut de stylo.

Non, au contraire, ce n’est l’heure ni des fusions ni des acquisitions, et voici pourquoi.

Première raison : la fusion d’AOL avec Time Warner en janvier 2000 a laissé des traces dans les esprits, et ceci de la côte Est (de Wall Street à la Madison avenue, pour le marché publicitaire) à la côte Ouest (la Silicon Valley). Sans argumenter pendant des heures, disons qu’une méga fusion, c’est un peu faire traverser le Cap Horn à deux paquebots attachés l’un à l’autre, le tribord de l’un contre le babord de l’autre. Forcément, ça tangue dès que le marché publicitaire ou la Bourse ou les deux se retournent.
Enfin, et surtout, l’actionnaire n’y trouve pas son compte, et voit même son portefeuille perdre de la valeur, et c’est bien ce qui s’est passé pour AOL TW.

Deuxième raison : les cœurs de métiers de chacun sont-ils complémentaires ? C’était, pensait-on à l’époque, le cas de la vente d’espaces publicitaires online et offline pour AOL-Time Warner. Erreur. Aux US, les deux ne se sont jamais entendus au niveau le plus opérationnel, ne parlons même pas des baronnies des deux bords. Vu de Paris, AOL France faisait des deals avec la Gaumont, ignorant superbement de faire online la promo du dernier film de la Warner. Ce n’était pas faute de se voir, AOL et Warner partagent le même immeuble à Neuilly. Au contraire, une fusion entre deux métiers différents fait-il sens ? C’est par nature illogique, on ne fusionne pas deux métiers, encore moins quand les deux sociétés peuvent s’entraider.
Dans le cas de Yahoo ! et eBay, les métiers ne sont pas comparables. Le premier est un simple support de promotion publicitaire pour le deuxième. En retour, eBay voit son Skype promu sur Yahoo, mais surtout son système de paiement PayPal pour concurrencer le Google Wallet à venir.
Ces deux-là on fait un bon deal de cross-marketing, cela crée de la valeur pour les deux partenaires, et laisse à chacun la liberté de faire ce qu’il veut en retour. Surtout, eBay devrait devenir moins dépendant de Google pour générer du trafic sur sa place de marché, et Yahoo fait une belle affaire en sécurisant des revenus futurs. La Bourse a réagi positivement à cette annonce, aussi bien pour l’un que pour l’autre.

Troisème raison : « We all eat in the same plate », entendu souvent chez Google. Belle vision, aussi simple que stratégique, car tellement vraie. Les clics, les eye balls et les marchands ne sont pas infinis, certes en croissance, mais pas infinis. Fusionner reviendrait à accroître sa part du gâteau, mais la taille du gâteau, elle, reste la même. Et après ? Et après, rien.

Quatrième mais pas dernière raison. D’accord, les CEO ne sont pas seuls décisionnaires en la matière, mais tout de même, leur choix pèse dans la balance. Les boss d’eBay et de Yahoo !, Meg Whitman et Terry Semel, ont-ils envie de perdre leur job à plusieurs M$ par an et plusieurs dizaines de M$ de stock-options ? Pas vraiment. Le cobaye fut Steve Case, fondateur d’AOL, évincé de la direction d’AOL-TW. Passe encore pour un Steve, car avoir été fondateur d’AOL, ça laisse son ego faire des traces dans les livres d’histoire de l’Internet. Mais Meg et Terry sont de « simples » salariés, et n’auront même pas leur plaque à l’entrée. Bill Gates, Steve Case, Larry&Sergey, eux, oui. Car qui dit fusion dit éviction. L’un doit laisser la place à l’autre.

Enfin, fusionner pour être plus gros qu’un Microsoft ou qu’un Google, cela n’est pas garanti sur le papier. Le mariage ne garantirait pas le succès, encore moins lorsqu’on croit en son avenir, comme c’est le cas de Yahoo ! qui a le vent en poupe, en prenant le virage du Web 2.0 à toute vitesse, s’assurant des applications sticky pour les prochaines années.


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2 réactions à cet article    


  • (---.---.162.15) 29 mai 2006 12:16

    Ah ouais, du web2.0 et avec du sticky, rendez-vous compte, du sticky web2.0 à toute vitesse, ah ben ça alors, ça défrise l’avenir, sûr !!

    Am.


    • e-bay(Yahoo Alliance) OPA/Bill Gates (---.---.115.129) 30 mai 2006 00:16

      e-bay et yahoo ont signe un contrat ensemble les jours derniers(on attend maintenant que Bill Gates achete ce valeur ajoute(yahoo&ebay) pour etablir « msn_search » contre « google »).

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