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Accueil du site > Actualités > Médias > Préserver le statut de l’A.F.P. ? une question essentielle (...)

Préserver le statut de l’A.F.P. ? une question essentielle !

L’Agence france Presse est l’une des trois plus grosses agences de presse mondiales.
Son existence est menacée dans ses principes actuels.

« Faire de l’AFP un des leaders mondiaux de l’information à l’ère numérique » est le titre du rapport du dirigeant de l’A.F.P. Pierre LOUETTE, remis au Président de la République en mars dernier.

L’Agence france Presse est l’une des trois plus grosses agences de presse mondiales.

Et pour réaliser à bien ce challenge, le boss de l’agence propose tout simplement de transformer l’établissement public autonome en « société nationale à capitaux publics, assurant un financement stable et pérenne ». Cette métamorphose serait indispensable pour lever des fonds.
La loi n°57-32 du 10 janvier 1957 portant statut de l’agence France-Presse se trouverait largement modifiée.

Précisons que celle-ci indique dans son article 2 :

"1° L’Agence France-Presse ne peut en aucune circonstance tenir compte d’influences ou de considérations de nature à compromettre l’exactitude ou l’objectivité de l’information ; elle ne doit, en aucune circonstance, passer sous le contrôle de droit ou de fait d’un groupement idéologique, politique ou économique ;
2° L’Agence France-Presse doit, dans toute la mesure de ses ressources, développer son action et parfaire son organisation en vue de donner aux usagers français et étrangers, de façon régulière et sans interruption, une information exacte, impartiale et digne de confiance ;
3° L’Agence France-Presse doit, dans toute la mesure de ses ressources, assurer l’existence d’un réseau d’établissements lui conférant le caractère d’un organisme d’information à rayonnement mondial."

Cette modification serait "compensée" par l’arbitrage d’une fondation de vigilance qui devrait garantir son indépendance. Nous sommes priés de ne point sourire devant cette "assurance".

L’objectif des modifications est affichée avec plus ou moins de sincérité et de transparence : il faut que l’agence soit "rentable" et le défi du numérique permet de poser la question des recettes.
On voudrait donc nous faire croire que c’est par l’apport d’investisseurs privés que pourrait se développer l’A.F.P. alors que ce serait une véritable révolution pour l’information nationale, francophone et mondiale (l’A.F.P., c’est aussi l’info en 6 langues !).

Cela fait plusieurs années qu’une forte volonté politique conservatrice pousse à la privatisation progressive voire brutale de l’A.F.P..

Or l’introduction de capitaux privés au sein de l’A.F.P. signifierait la fin de son indépendance selon le principe bien concret du "qui paye commande !" .

Cela peut paraitre logique voire simpliste mais cela va mieux en le disant.

Face au zapping médiatique national permanent, au contrôle de nombreux médias par des pouvoirs financiers considérables, à la pratique quotidienne (et mondiale) de l’Etat-spectacle et d’une pipolisation effrénée de la vie publique, l’A.F.P. représente un outil de préservation d’une indépendance indispensable pour les libertés citoyennes.

Rien que pour cela, le statut de l’A.F.P. doit être absolument préservé.
 

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4 réactions à cet article    


  • Forest Ent Forest Ent 25 juin 2009 12:33

    L’AFP sera vendue à Bolloré, qui s’est porté acquéreur. Il en fera ce qu’il a fait de « Direct-matin », un catalogue de pub avec 0% de matière informationnelle garanti, et un gros badigeon de vernis sarkozyen. Ca permettra à cette entreprise de s’aligner sur ses concurrents, AP et Thomson, qui ne prétendent pas publier de l’info objective et perdent du pognon.

    Mais dire que « l’AFP est aujourd’hui apolitique » me fait rigoler. Surtout dirigée par un ancien collègue de Sarkozy au cabinet Balladur. « Qui paye décide », certes. Or l’état français est aujourd’hui le premier client de l’AFP, point dont l’article ne parle pas. Et tout le monde sait bien ici que l’état, c’est Sarkozy. Pour ceux qui ne le savent pas, c’est 30 euros d’amende.


    • Axel de Saint Mauxe Nico 25 juin 2009 22:41

      De toutes façons l’AFP est une usine à désinformer... je ne bougerai pas le petit doigt pour défendre cette officine.

      Bon débarras.


      • krolik krolik 26 juin 2009 00:09

        Tout à fait d’accord avec Nico, une vraie machine à désinformer.
        Pour seul exemple à quelque fois qu’il se passe quelque chose dans le nucléaire qui pourrait être apparenté à une amélioration de la sûreté, de la transparence.
        Le type de l’AFP rajoute une phrase dans le style : « Il est rappelé que Greenpeace ou SDN s’est prononcé »contre"..
        Alors qu’à aucun moment Greenpeace ou aucun autre organisme antinucs n’intervenait dans l’information et qu’ils ne s’étaient pas prononcé sur l’information..
        Donc que du baratin sectaire dans la dépêche AFP.
        Et dans la mesure où les journalistes qui exploitent les dépêches AFP ne se triturent pas les méninges pour analyser l’information, ils font un peu de laïus reprenant les mêmes thèmes que l’AFP.
        Vraiment l’AFP peut disparaître, et être transformée en agence de pub, ce sera sans aucun regret, et de plus ça ne les changera pas trop de leurs habitudes.

        @+


      • remiaufrere remiaufrere 30 juin 2009 15:07

        L’AFP est sans doute très imparfaite...

        De là à la traiter de « machine à désinformer », c’est un excès de language !

        On peut bien sûr vouloir sa disparition car ce point de vue est une opinion. Mias à condition de bien analyser les conséquences de sa disparition : il restera deux grandes agences de presse anglo-saxonnes et quelques véritables officines mércantiles.

        Quand à la définition de « l’apolitisme », je le laisse à chacune et chacun car nous jugeons la diffusion de l’information selon notre propre positionnement politique.

        La différence c’est que l’A.F.P. n’est pas forcément apolitique mais c’est un organisme publique contrôlé par la puissance publique. Et là-dessus c’est une preuve d’indépendance (très relative aujourd’hui avec notre Président j’en conviens) mais qui peut être dynamisée par l’alternance démocratique.

        Sans agence comme l’A.F.P., demain il nous faudra accepter l’information américaine et commerciale.

        Assumer la disparition de l’A.F.P., c’est aussi accepter demain une information encore plus limitée.

        Comme quoi le « mieux » est aussi l’ennemi du « bien » !

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