Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Médias > Promesses d’embauches en trompe-l’œil ?

Promesses d’embauches en trompe-l’œil ?

Périodiquement, la presse spécialisée se fait l’écho des prévisions d’embauches des grandes entreprises françaises. Des mensuels comme Courrier Cadres y consacrent de nombreuses pages chaque mois.

Si certaines entreprises, sollicitées pour répondre aux questions pressantes des journalistes, se dérobent parfois à l’exercice, c’est qu’elles ne peuvent s’y risquer, pour des raisons de fusion en cours ou parce que plus clairement, elles s’orientent vers des suppressions d’emploi. Les autres se prêtent volontiers au jeu, soit parce qu’elles ont de vrais besoins, soit parce qu’elles voient dans cette perche tendue une occasion d’asseoir leur notoriété.

La question qui se pose est que valent ces prévisions ? Pour le savoir, il faudrait bien sûr un suivi.

Communiquer sur les créations d’emplois est un moyen comme un autre de donner des gages de bonne santé de l’entreprise, de rassurer les actionnaires et de tenir ses concurrents à bonne distance.

Le cynisme semble s’affranchir des barrières quand un groupe qui licencie de manière fracassante sous le feu médiatique peut aussi connaître un besoin pressant d’annoncer qu’il recrute en même temps. Bien sûr, il n’y rien d’illogique à cela, rien que des activités en mutation.

Signe des temps, la pudeur autrefois affichée a disparu.

Certes, les ouvriers de la sidérurgie ne lisent pas ce genre de presse. Mais quand même....

Ainsi, dans le dernier Courrier Cadres de ce mois, Arcelor Mittal qui vient de défrayer la chronique avec l’annonce de la suppression de 600 emplois sur son site Mosellan de Grandrange, affiche, sans gêne, 170 recrutements à réaliser... de cadres il est vrai.

En bon professionnel averti et prudent, Courrier Cadres ne fait pas mystère de ces suppressions d’emplois sur l’encart en question.

Dans la sidérurgie, où les fermetures de sites voient de gros investissements être lancés simultanément dans une région voisine par ceux-là mêmes qui ont décidé de leur funeste sort, la croissance et la compétitivité ont des logiques qui défient parfois le bon sens. Les mêmes groupes industriels qui licencient des bataillons d’ouvriers recrutent très souvent à côté des cadres pour leurs unités nouvelles, voire même de nouveaux ouvriers.

Cela rappelle étrangement ces fermetures d’usines dans le textile, suivies aussitôt de la création d’une plateforme logistique, avec supply-chain complète. Censées permettre de reclasser un certain nombre des salariés d’usine, nombreuses sont ces unités qui ont sombré, dans la plus grande discrétion, quelques années plus tard.

Annoncer ses prévisions de recrutement par organe de presse pourrait donc apparaître comme une démarche de communication pure, plus qu’un appel à candidatures en bonne et due forme.

Autant le savoir donc...

En effet, en matière de sourcing, les entreprises se tournent aujourd’hui plus volontiers vers l’internet, en exploitant le site de l’entreprise, voire des sites commerciaux partenaires.

80% des recrutements des grandes entreprises se font en effet par les sites emploi. Les grosses DRH reçoivent quatre fois plus de candidatures qu’elles n’ont de salariés, soit largement plus qu’il n’en faut. Autant dire qu’elles n’ont pas une franche nécessité de communiquer sur leurs besoins en ressources humaines.


Pour entretenir le vivier, elles peuvent tout aussi bien maintenir leurs relations avec les écoles qui est une autre forme d’investissement, plus sur le long terme : forums et sponsoring d’événements pourront en effet fournir ultérieurement les précieuses recrues nécessaires à l’entreprise.

Certes, ce n’est pas que de la com, certaines recrutent, le font savoir et signent véritablement des contrats à la suite.

Mais il est clair que pour les grandes entreprises, ce qui est recherché est d’asseoir leur notoriété et de se constituer un vivier de candidatures pour le futur.

Une opération aussi exceptionnelle que celle menée récemment par une grande banque au Stade de France en est un exemple frappant.

"Un CDI en un jour" était le slogan de l’opération. 400 personnes se sont pressées ce jour-là, avec l’espoir de signer un contrat. Or, il se pourrait que ce type d’opérations flash ne soient parfois qu’un moyen de se constituer un vivier de candidatures.

Qui sait ? La réalité pourrait devenir plus cruelle encore, du genre : "Un CDI signé ce jour-là" et basta.


Moyenne des avis sur cet article :  4.5/5   (8 votes)




Réagissez à l'article

2 réactions à cet article    


  • tvargentine.com lerma 1er février 2008 13:33

    Vous avez passé 25 ans dans le secteur de la formation professionnelle

    Je vous pose des questions utiles

    Quelles sont les formations actuellement porteuses (en terme d’activité ) que peuvent suivre un ou une personne inscrite au RMI ?

    Existe t-il des formations rémunérées (proche du smic) pour des gens (hommes mais aussi femmes) inscrit au RMI qui souhaient se postionner sur un secteur d’activité porteur

    Voila 2 questions qui méritent des bonnes réponses et qui pourraient apporter un plus ici en terme d’information

    Avez vous des vrais lien web de formations disponibles pour les gens inscrits au RMI

    Merci

     

     


    • Yohan Yohan 1er février 2008 14:49

      @lerma

      Il y a assez de secteurs qui recrutent, même pour quelqu’un au RMI, mais votre question est trop générale et ça ne nous mènerait pas très loin d’y répondre du tac au tac. Si je vous dis par exemple que le BTP, le Nautisme, la Plaisance, la Métallurgie, la Plasturgie, le Transport, l’Industrie Agroalimentaire, l’Hôtellerie-restauration, le Commerce et les Métiers de bouche, la Filière bois, les métiers ouvriers des Collectivités territoriales (cf salon des emplois publics en ce moment) et j’en passe, recrutent, on en fait quoi ?.

      Tout dépend ce que que la personne est prête à faire, de ses compétences, de son énergie, de ses envies. Par exemple, je pourrai vous dire qu’on manque cruellement d’ascensoristes (Electronique). Mais on ne fait pas ce genre de métier sans passer par la case formation (en alternance au besoin).

      Si la personne à laquelle vous pensez ne sait pas ce qu’elle veut ou peut faire, suggérez lui de demander à l’ANPE de l’inscrire dans un BCA (bilan de compétences approfondi). Elle pourra ainsi faire le point et choisir une option de métier. Pour les secteurs en tension, les Régions, les Départements financent des formations qualifiantes et l’AFPA propose pas mal de formations qu’elle ne parvient pas toujours à remplir.

      Du boulot, il y en a, mais il faut se mettre dans le bon sens de la marche et le Bilan de compétences est la première marche.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès