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Accueil du site > Actualités > Médias > Pujadas « défaitiste »

Pujadas « défaitiste »

Pour sa première grande émission à la télévision, Jean-Marc Ayrault n’aura pas provoqué la surprise. L’homme n’est pas sans talent, le discours se déroule sans grandes hésitations, bien huilé. La forme est belle mais sans fond. Sur ce fond on peut résumer la prestation par l'argument employé et qui fera florès : " Pujadas vous êtes un défaitiste"

En effet le Premier Ministre ne dit pas grand-chose en dehors des poncifs habituels et maintenant un peu éculés. Il a voulu rassurer sur la « réalité de son autorité », la « fermeté de ses convictions ». On assistait plus à une auto-suggestion : se convaincre lui-même.

En dehors de cet exercice très narcissique les Français qui auront suivi l’émission « Des Paroles et des Actes » n’auront pas appris grand-chose les touchant véritablement.

Trois niches fiscales échapperont au plafonnement à 10 000 euros par an : celles relatives à la restauration des bâtiments classés, au financement du cinéma et aux investissements dans les Dom-Tom.. On avouera que ces dispositions ne touchent pas la grande masse.

Si sur les taxes il est resté d’une imprécision héroïque, on aura enregistré le « pas pour l’instant » pour l’augmentation de la TVA et en revanche l’augmentation pour ainsi dire programmée de la CSG pour financer la dépendance.

Le maître mot de Ayrault demeure donc la « concertation » qui pourrait devenir un espèce de « label » : d’abord le dialogue.

Gouverner c’est bien sûr écouter, mais c’est surtout décider et dans ce domaine on reste dans le flou le plus total. « En l'entendant tergiverser, biaiser, faire diversion sur les choix à venir sur le coût du travail, le traité européen ou le droit de vote des étrangers, on ne peut s'empêcher de se demander si la concertation n'est pas, pour Jean-Marc Ayrault, une échappatoire plutôt qu'une solution. » Au passage, contrairement à ce qui était affirmé jusqu'à présent ; il reconnaît que juridiquement le traité européen n'a pas changé par rapport à l'exécré "Merkozy". Il y a finalement des évidences qui s'imposent. Se réfugier derrière l'avis du Conseil Constitutionnel pour refuser un référendum promis est assez cocace lorsque l'on se rappelle les critiques passées sur cette "noble institution"

Il était tout autant évocateur de suivre la séquence sur le déficit et sa réduction à 3% en 2013. Le débat a été introduit il y a quelques jours, sur la place publique par des socialistes et non des moindres : Claude Bartolone, Elisabeth Guigou etc. Les experts jugent que la prévision de croissance sur laquelle le gouvernement se fonde pour présenter son budget est irréaliste et que dans ces conditions la réduction du déficit annoncée l’est tout autant. David Pujadas essaye de lui faire remarquer cette contradiction et s’entend traiter de « défaitiste » pour toute réponse : un peu court quand même. Il ajoute, "Je ne me pose pas cette question." Bien grand lui fasse mais ce sont des questions qui se posent même s’il ne veut pas les recevoir.

Au total il est vraisemblable que sans avoir véritablement rassuré ses amis, Jean-Marc Ayrault n’a pas su dessiner les grandes lignes d’une politique alternative et convaincre les Français

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6 réactions à cet article    


  • LE CHAT LE CHAT 28 septembre 2012 14:20

    un bel exercice de langue de bois ........... Pas facile comme job , celui d’austère en chef !


    • escoe 28 septembre 2012 14:43

      J’ai regardé Poujadas et sa bande de mouches à merde (Langlet, Saint Cricq...) et je suis parti faire autre chose, écoeuré par avance.


      • Yohan Yohan 28 septembre 2012 14:46

        les mouches à merde, c’est bien vu smiley


      • Anaxandre Anaxandre 28 septembre 2012 15:11

         Pour « dessiner les grandes lignes d’une politique alternative » il faudrait commencer par le commencement, à savoir que l’État français se réapproprie les manettes du pouvoir que les différents gouvernements depuis quarante ans se sont évertués à déléguer à divers organismes internationaux, UE en tête ; le tout à coups de modifications de la Constitution exécutées en catimini et entre soi (Traité de Lisbonne) ou après toute une campagne de propagande bien orchestrée par la quasi totalité des « élites » politiques et médiatiques aux ordres des puissants lobbies qui contrôlent les instances dirigeantes de l’UE (Traité de Maastricht).

         « Le président de la République veille au respect de la Constitution (...). Il est le garant de l’indépendance nationale (...) »
         Extrait du titre II de la Constitution de la Vème République.

         Et que les traîtres et les sots ne viennent pas m’objecter qu’il est également écrit plus bas qu’il est tout autant le garant « du respect des accords de Communauté et des traités » puisque les derniers traités signés et ratifiés - et ne parlons pas de la réintégration dans l’OTAN - sont incompatibles avec le premier devoir du président en tant que « garant de l’indépendance nationale ».

         Et vous faites encore confiance à tous ces traîtres ! Oh, juste une fois tous les cinq ans me direz-vous, mais on se ravise de plus en plus vite ! Mais pour déçus que vous êtes, vous vous refusez toujours à voir la réalité profonde : la social-démocratie n’est qu’un leurre, elle n’est qu’un système qu’ont concocté les oligarchies transnationales financières et industrielles pour spolier en toute légalité les richesses des Peuples et des Nations.

         Pensez-vous vous sérieusement que la France, aujourd’hui au bord de la faillite et de la ruine nous dit-on, n’a pas tous les atouts pour être forte et indépendante ? N’a-t-on pas les cerveaux, les bras, la terre, la mer ? N’est-on plus capables de fabriquer des écrans plats, d’inventer les énergies de demain, de nous nourrir sans détruire les sols, de gérer notre monnaie, notre économie, nos frontières ? Sommes-nous devenus en quelques décennies à peine un si petit pays dénué d’atouts et peuplé d’enfants incapables de génie et d’innovation ?

         Évidemment non : nous avons tout ici, et ce que nous n’avons pas nous pourrions sans problèmes l’acheter à d’autres Nations. Le pétrole, le gaz ? Une France indépendante, forte et sûr d’elle-même s’engagerait dans de nouvelles alliances ou renforcerait ses liens avec de grands pays producteurs d’énergies tels que la Russie, l’Iran ou le Venezuela. Mais non, l’Oncle Sam nous dit que ce sont de mauvais régimes et qu’il vaut mieux s’approvisionner auprès d’une grande démocratie comme l’Arabie Saoudite !

         Réveillez-vous, vous étiez hier encore un grand pays au sol fertile, une grande Nation enviée et souvent immitée, une immense Culture. Cette France c’était vous. Ouvrez les yeux, il sera peut-être bientôt trop tard quand les charognards auront arraché les derniers lambeaux de chair de la vieille carcasse France. De votre chair.


        • CHIMERE 28 septembre 2012 20:57

          Vous ne sentez pas comme une odeur de chanvre ?...

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