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Quand la presse « censure » la presse

Pour la 4e fois consécutive, la CPPAP refuse d’accorder son numéro au bimensuel « Pratiques de Santé ». Une façon indirecte de « censurer » un média différent qui parle des médecines alternatives.

Il existe en France une instance dont le travail est peu médiatique et qui a pourtant un rôle capital : la CPPAP (Commission paritaire des publications et agences de presse). C’est elle qui décerne le fameux n° qui permet aux journaux de bénéficier des aides de l’Etat (aides postales et faible TVA notamment). Refuser ce n° à un titre, c’est le condamner à être bien plus cher que ses concurrents et donc à le pénaliser, voire, indirectement, à le censurer.

C’est ce qui arrive (courrier de la CPPAP du 25 juin 2006) à "Pratiques de Santé", le "Journal de la médecine naturelle", 70 000 abonnés, qui est dans le collimateur de cette Commission : "C’est la quatrième fois (en huit ans d’existence) que l’administration essaie de nous faire la peau en nous frappant au porte-monnaie", écrit Alexandre Imbert, responsable de la rédaction.

La CPPAP a reproché à cette publication, par le passé, de recommander la prise de vitamine C à plus d’un gramme par jour. Elle l’a accusé de recommander (avant tout le monde) l’usage des probiotiques, style bifidus ; de détourner les lecteurs des voies médicales "scientifiquement éprouvées". Globalement, la CPPAP retire son agrément à la revue car celle-ci ne servirait pas l’intérêt général.

Ainsi, un journal qui se permet de proposer des alternatives à la médecine académique n’a pas droit de cité en France. Les opinions "différentes" ne sont pas admises dans le débat. Autrement dit, la discussion en matière de médecine est interdite. Les journaux doivent servir la "vérité officielle" sous peine d’être considérés comme ne servant pas l’intérêt général. On peut s’étonner cette conclusion, mais on en est là.

Le plus grave, pour notre profession, c’est que cette CPPAP est bien paritaire  : y est représentée, d’un côté, l’administration centrale (sous le titre du Premier ministre) et, de l’autre, la presse. Le n° de CPPAP est donc accordé ou refusé par le gouvernement et la presse. Donc, un n° refusé est aussi refusé par la presse, qui est - signalons-le en passant - à la fois juge et partie (puisqu’on élimine ainsi également de possibles concurrents).

Il faut savoir enfin que les journalistes (malgré leur demande par les syndicats) ne sont pas représentés dans cette commission, mais uniquement les éditeurs de presse. Quand on sait que la publicité pharmaceutique fait vivre bien des titres, quand on sait que certains de ces éditeurs sont liés à des groupes pharmaceutiques, comment être sûr qu’il n’y ait pas conflit d’intérêt ? Comment être sûr qu’ils n’utilisent pas cette instance pour tenter d’enrayer la montée du recours aux médecines naturelles ?

Pour limiter ce risque, je propose, dans mon livre récemment paru[1], que des représentants du public (des lecteurs) et des journalistes soient également nommés dans cette CPPAP.

Nous, journalistes, devons réagir à cette censure indirecte. Nous ne pouvons admettre que le pouvoir politique et le pouvoir médiatique aient seuls le droit de dicter ce que les journaux ont le droit de dire ou de ne pas dire sur des sujets sensibles ou polémiques.

Cet article est une prise position non en faveur des médecines douces mais pour que le contrepouvoir journalistique s’exerce également à ce niveau de décision.


[1] « L’Information responsable. Un défi démocratique », J-L M-L, Editions ECLM, 2006. J’y présente également le cas de ce journal.

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58 réactions à cet article    


  • L'équipe AgoraVox Marc 26 juillet 2006 10:45

    Excellent article sur une pratique scandaleuse. Je suis abonné à cette revue de très bonne qualité et j’en reviens pas de qui leur arrive.

    Votre article est à mettre en perspective avec celui-ci toujours publié sur AgoraVox :

    "Je ne veux pas d’une presse d’état : Des patrons de presse réclament à l’Etat des subventions au nom de la démocratie. Subventionner la presse n’aurait il pas l’effet inverse ?"

    http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=11724


    • gem (---.---.117.249) 26 juillet 2006 13:33

      Bon article

      Ce qui est scandaleux c’est l’existence même de cette instance (la CPPAP) et des privilèges fiscaux qu’elle peut distribuer. Qu’on supprime ça et il n’y aura plus de problèmes (et pas besoin d’y nommer des lecteurs, des journalistes ... d’ailleurs « nommer » qui, par qui, comment, pourquoi ... ?)


    • Fred (---.---.119.14) 26 juillet 2006 17:45

      Bonjour et merci pour votre article. Je suis abonné à cette revue depuis 1997 et je la trouve intéressante même si parfois surprenante. Il y a des personnes sérieuses qui écrivent dedans dont le Dr Willem qui la dirige je crois.

      Voilà le document que j’ai reçu par courrier avec le dernier numéro et qui explique bien toute l’histoire de cette sombre affaire (lire le fichier PDF). Le plus étonnant c’est qu’aucune raison précise n’a été signifiée en 2006 à la revue pour expliquer cette arrêt brutal.

      C’est vraiment n’importe quoi !


    • Vilain petit canard Vilain petit canard 26 juillet 2006 11:05

      Merci de faire la lumière sur ce « petit » coup en douce à la fameuse liberté de la presse. Il n’y a plus rien à ajouter, sauf un amer constat. On donne un numéro à « Guts », le journal de Cauet, mais pas à un journal qui a recommandé la vitamine C. Pour le bifidus, il faut un peu se méfier, parce qu’on peut suspecter une action en sous-main des fabriquants de yaourts miracle. Remarquez, ça ajouterait encore de l’eau à notre moulin : les représentants des marchands d’armes élimineraient un journal favorable aux marchands de yaourts, pour faire plaisir à leurs copains marchands de médicaments.

      Ajouter des représentants de l’Etat n’y changerait rien, j’en ai bien peur. Et des journalistes, d’accord, mais des journalistes travaillant dans quel groupe de presse ?


      • bj33 (---.---.206.205) 26 juillet 2006 11:17

        Dans un genre similaire, Pirate magazine s’est vu retirer (il y a un moment) son numéro CPPAP.

        Une méthode « élégante » pour faire taire.

        http://www.acbm.com/virus/num_26/pirates-magazine-cppap.html


        • Adolphos (---.---.59.170) 26 juillet 2006 11:22

          « Ainsi, un journal qui se permet de proposer des alternatives à la médecine académique n’a pas droit de cité en France. Les opinions »différentes« ne sont pas admises dans le débat. Autrement dit, la discussion en matière de médecine est interdite. »

          Les gens ont le droit de raconter n’importe quoi en économie, alors pourquoi pas les laisser délirer aussi en médecinne, effectivement. Je propose même de démocratiser la médecine, et de faire un vote sur les diagnostique et les traitements pour chaque patient lourds, via internet. Ca serait de la médecine citoyenne de toute beauté !


          • alberto (---.---.163.250) 26 juillet 2006 13:30

            Je ne suis pas certain que les conseils proposés par le journal en question aient fait autant de dégats qu’une certaine quantité de médicaments mis sur le marché, avec la bénédiction des instances académiques, et dont les bienfaits sont encore aujourd’hui vantés par la presse académique qui cherche à se faire la peau de ce petit journal qui la dérange.


          • alberto (---.---.163.250) 26 juillet 2006 13:51

            Cette décision de la CPPAP est d’autant plus scandaleuse que les participants à cette instance n’y connaissent absolument rien sur les sujets traités par le journal qu’ils sont chargés d’éliminer (ici sujets sur la santé et la médecine en l’occurance), et n’ont rigoureusement aucune obligation de motiver leur décision, et surtout, aucune juridiction nationale ne peut venir demander à modifier cette décision administrative !!!

            C’est pas un beau pays la France ?


          • RBK (---.---.207.169) 26 juillet 2006 20:21

            C’est parfaitement faux. Une action devant la juridiction administrative est tout à fait possible.


          • Stef (---.---.20.126) 26 juillet 2006 12:08

            C’est un quoi un magazine concurrent à magazine de medecine naturelle ? Un magazine de medecine conventionelle ? ( lesquel ?) La médecine conventionelle est un concurrent de la médecine naturelle ?

            Je pensais que les 2 etaient complémentaires.

            Petite question : comment font les autres pays en Europe pour avoir des magazines (ou une presse en générale) non subventionnés et moins chère quand France ?( plus de pub ?un autre censeur potentiel)


            • Chitah (---.---.91.222) 26 juillet 2006 12:16

              Plutot que de proposer d’élargir la commission en question, Mangouste, pourquoi ne pas la supprimer purement et simplement ? Si j’ai envie de publier un journal, pourquoi je devrais avoir un numéro machin-truc ? A quoi sert cette commission au juste ?


              • Jesrad (---.---.20.126) 26 juillet 2006 13:02

                La commission en question sert à favoriser une concurrence déloyale dans les médias au profit de ceux que le pouvoir central a choisi.


              • RBK (---.---.207.169) 26 juillet 2006 20:28

                Le « pouvoir central » ??? C’est quoi ? La CPPAP donne très facilement, et dans la très grande majorité des cas, son agrément à recevoir des avantages fiscaux et postaux... D’ailleurs, les critères auxquels elle a recours sont tout à fait publics et clairement définis. L’idée d’une commission « obscure », complotant dans l’ombre, est donc absurde. Je répète d’ailleurs, comme je l’ai dit plus haut, qu’une action contre la décision de la CPPAP peut être attaquée devant la juridiction administrative. Cela peut même aller devant le Conseil d’Etat.


              • Yann Riché (---.---.114.124) 26 juillet 2006 12:59

                un rapide coup d’oeil via le lien de l’article m’amène à penser d’abord que vous ne mentionnez pas la raison du retrait de l’agrément et il y en a forcément une.

                Le deuxième point concerne la médecine naturelle. Ainsi l’UFC que choisir expliquait que les huiles essentielles commercialisées ne portent pas suffisament de renseignement quant à leurs ingédients ce qui a une incidence quand vous savez que pour la même plante un usage peut être néfaste ou sans danger.

                Ensuite je me permets de relativiser la médecine naturelle car derrière comme pour tout commerce il y a nécessité de vendre et donc vanter dans la presse les bienfaits de telle ou telle médication « naturelle » n’est pas me semble t’il conforme à la déontologie de la presse, mais je peux me tromper.


                • spud (---.---.254.75) 26 juillet 2006 13:06

                  Merci de l’info, je ne connaissais pas le principe du numéro attribué... et encore moins le numéro attribué à qui-va-bien... choquant ? en france ? presque pas... M’en vais grâce à vous me renseigner sur le sujet...


                  • Jojo2 (---.---.158.64) 26 juillet 2006 13:39

                    Vachement efficace contre la peste...


                  • bj33 (---.---.206.205) 26 juillet 2006 14:24

                    pour le cancer, il y a eu les études faites par rika zarai.......


                  • JL ML Mangouste 26 juillet 2006 14:34

                    Je ne parlais pas, dans cet article, en tant qu’adepte ou non des « médecines naturelles ».

                    Je parlais au nom du journaliste qui s’étonne et proteste contre le fait qu’une instance animée par les seuls pouvoirs (politique et économique) puisse décréter si le fond de telle ou telle revue est d’intérêt général, si tel ou tel article concernant la santé mérite de participer ou non au débat démocratique. On est alors dans le cas de figure d’une vérité officielle en matière de médecine, vérité protégée par des gens qui ne sont pas a priori compétents et qui ne prendront leurs sources de renseignement qu’auprès des pouvoirs.

                    J’ai toujours pensé que la presse devait être aussi un contre-pouvoir. Qu’elle peut diffuser des informations contradictoires, même sur des sujets graves, et que c’est au débat démocratique et au citoyen de se faire lui-même son opinion. A moins que l’on accepte de dire : en médecine (et dans quel autre domaine ?), ce n’est pas à moi de décider ce qui est bon pour moi mais aux spécialistes. Sachant que ceux-ci, comme de nombreux être humains, ne vivent pas que pour le bonheur de tous. Et que les intérêts faussent souvent, précisément, la recherche de l’intérêt général...

                    C’est pourquoi j’estime :
                    - qu’une instance comme la CPPAP a son rôle de vigilance, mais qu’elle doit s’en tenir au respect des lois
                    - et qu’il serait bon que les journalistes (au moins) et le public (au mieux) participent à ce débat essentiel en terme de démocratie : la définition de l’intérêt général en matière de presse. La démocratie représentative a ses limites et doit s’ouvrir aujourd’hui, c’est du moins mon avis, à la démocratie participative.


                  • Jojo2 (---.---.158.64) 26 juillet 2006 15:53

                    La peste était un exemple...

                    Restent la tuberculose, les pneumonies et méningites à pneumocoques, les hémorroïdes (je recommande ausssi l’eau, mais froide et pas au même endroit), la sclérose en plaque (très bon les épinards), la polyarthrite rhumatoïde (pour ça ne pas lésiner sur les carottes), etc...

                    Cette revue doit être une mine...

                    Dommage...

                    Tout le monde doit avoir le droit de publier des conneries...


                  • Jojo2 (---.---.158.64) 26 juillet 2006 16:43

                    Ah, j’oubliais. La peste a disparu grâces aux libations d’eau chaude, c’est bien connu...


                  • Ludovic Charpentier (---.---.68.100) 26 juillet 2006 13:42

                    Ceux qui pensent qu’il n’y a pas d’intérêts financiers dans le domaine médical et que parce qu’on est plus diplômé, on en est forcèment plus honnête sont terriblement naïfs. S’il y a des praticiens évidemment honnête, il y aura toujours des Dr Knock prêt à prescrire la surdose médicamenteuse au moindre rhume. Autre bel exemple : nous n’avons pas en France une seule mais deux associations de lutte contre le cancer (l’ARC et la Ligue), et deux associations préférant se bouffer le nez au détriment de leur noble cause...

                    Maintenant, faut-il forcément soutenir le moindre journal qui se dit médicalement alternatif ??? Euh, j’en doute un peu. Peut-être ont-ils raison sur certains points. Mais d’un autre côté, si un médecin fait une erreur de prescription, il peut être traduit en justice. Pas un journal qui prodigue des conseils...


                    • alberto (---.---.163.250) 26 juillet 2006 14:04

                      « Pas un journal qui prodigue ses conseil... » : En êtes vous si sûr ?

                      Quand on veut tuer un chien on l’accuse de rage, comme vous le savez.

                      Et à votre avis : ou est le Pouvoir, du côté du petit canard du Dr. Willem ou du côté des grands trust de la Pharmacie : concluez vous-même...


                    • Ludovic Charpentier (---.---.68.100) 26 juillet 2006 15:11

                      Ce que je veux dire surtout c’est que la critique des milieux médico-pharmaceutiques ne doit pas non plus pousser à bénir le moindre journal ’alternatif’. Le peu d’articles que j’ai lu sur le site de ce journal me laisse quand même émettre un doute sur certaines démonstrations scientifiques proposées (même si la médecine n’est pas mon domaine de prédilection...). Je ne dis pas que tout est forcément erroné, mais je dis que sur un marché porteur comme la critique des corporations, il ne faut pas donner un blanc-seing à tout média ’alternatif’.


                    • Antoine Christian LABEL NGONGO Christian LABEL NGONGO 26 juillet 2006 14:20

                      Monsieur,

                      Vous avez écrit un bon article. Merci pour cette info, je ne savais pas qu’un tel organisme existait chez nous. C’est scandaleux, en vertu de quoi, peuvent-ils décider du bien-fondé d’une parution à une autre, au sujet de l’attribution d’un numéro ? Je ne savais pas qu’un système pareil fonctionnait chez nous, c’est digne d’un pays sous-développé. Je reste persuadé que toutes les médecines sont complémentaires, à partir du moment qu’elles ont pour objectif « apporter les meilleurs soins aux malades... ». Ils ont tout faux en sanctionnant. Leur argumentation n’est même pas valable, prennent-ils les lecteurs pour des abrutis ? Ils se permettent d’attribuer des numéros à des revues appartenant à certains animateurs de certaines chaînes de tv (sans prendre la peine de voir ce que vaut leur publication) et se dressent en juges pour d’autres. Merci encore pour votre article.

                      ACLNO


                      • JL ML Mangouste 26 juillet 2006 14:47

                        150 000 personnes meurent chaque année en France du cancer et ce, en suivant les soins de la médecine académique.

                        Vous l’avez compris, je l’espère, il ne s’agit pas ici d’opposer telle ou telle médecine, mais de permettre que la diversité des approches soit respectée, qu’elle soit étudiée soigneusement et loyalement. Et que le citoeyn puisse choisir en connaissance de cause - et non selon une « vérité » + ou - officielle...


                        • Jojo2 (---.---.158.64) 26 juillet 2006 16:38

                          Il existe pour celà des études randomisées...Qui proposera de comparer l’effet d’un traitement anticancéreux, le meilleur actuel, donnant disons 70% de chances de guérison, avec de la tisane de bourrache ? Accepteriez vous de participer ?


                        • antithèse (---.---.13.116) 28 juillet 2006 00:22

                          C’est bien connu. Lorsque l’effet placebo pourra être annulé (lorsque nous serons lobotomisés) alors nous pourrons sérieusement comparer, seulement (sauf à se croire soi-même dépourvu d’esprit).


                        • JBR (---.---.110.3) 5 septembre 2006 11:35

                          Il est vrai que depuis 1 siecle, la defaite de la medecine naturelle est flagrante tant s’effondre dans le monde occidental l’esperance de vie. Les antibiotiques par exemple, ont permis à des millers de personnes de survivre à des maladies begnines pour ensuite perir de cancer à l’age de vieillards perclus d’alzheinmer et de rhumatismes dans d’affreuses souffrances. C’est une honte. Pour la dignité humaine, il faut en revenir aux medecines naturelles et cesser cette course à l’esperance de vie.  smiley


                        • nono (---.---.94.25) 26 juillet 2006 15:59

                          c’est pas franchement de la censure... en france on put pas dire n’importe quoi en matiere de santé....

                          L’affaire est plus complexe que cela ... l’article melange n’importe quoi la censure, l’excercie illégale de la medecine, des conseils de prescrfiption non verifié...


                          • olaf_le_preux (---.---.203.80) 26 juillet 2006 16:16

                            Un des enseignements que l’attitude de la CPPAP apporte, c’est que les citoyens en général, qu’ils soient journalistes, fonctionnaires ou autres, ont pleinement intériorisé la vision et les préceptes de la médecine occidentale actuelle comme des « paroles d’évangile », incontestables et immuables.

                            Les évolutions et découvertes de cette même médecine, qui contredisent et remettent en question si souvent les « vérités » d’un jour, qui deviennent alors des « erreurs » d’hier, ne semblent pas troubler nos certitudes. Chers français cartésiens...


                            • Jojo2 (---.---.158.64) 26 juillet 2006 16:41

                              Mais vous êtes LIBRE de choisir le traitement que vous voulez. Personne ne vous en impose un. Ce qui est un crime c’est de bourrer le mou des gens avec des fables, de proposer des traitements qui n’ont jamais été testés scientifiquement, de leur faire croire que l’absorption massive de produits crus traite les leucémies (un exemple...)


                            • JL ML Mangouste 26 juillet 2006 17:58

                              Je ne peux répondre à tous les commentaires suite à mon article. Je remercie tous ceux qui ont pris la peine d’y répondre, serait-ce même pour tenter de le ridiculiser. L’important est, il me semble, qu’il y ait débat.

                              Je voudrais simplement mettre l’accent sur cette critique :

                              « Les médecines naturelles ou alternatives seraient de simples arnaques ou la voie d’accès de certaines sectes profitant du malheur des gens ».

                              C’est ignorer un savoir-faire multimillénaire, qui prospère encore dans certaines régions du monde (notamment en Chine et dans certains pays en développement) avec d’excellents résultats. C’est ignorer que ces médecines sont utilisées en complément dans de nombreux pays occidentaux (certains Etats US, Suisse, Canada, etc.), qu’elles font parfois l’objet de recherches sérieuses, que les principes actifs des plantes sont à la base de très nombreux médicaments recomposés chimiquement.

                              L’argument “arnaque” ou “agissement de secte” ne peut être utilisé de façon générale pour contrer l’usage de ces pratiques différentes. S’il est vrai qu’il est criminel de laisser entendre que manger des légumes suffit à guérir le cancer, il l’est tout autant de ne pas étudier loyalement et selon des protocoles adaptés d’autres propositions dont de nombreux utilisateurs peuvent témoigner des bienfaits qu’ils en ont reçu.

                              Le mode d’action de la plante est souvent global. L’étude de l’efficacité d’une méthode dite naturelle (qui ne se limite pas d’ailleurs à la phytothérapie) devrait dépasser la seule action mécanique qui est celle des médicaments (agissant d’ailleurs souvent sur le symptôme plus que sur la cause du mal), et s’appuyer sur une vision plus profonde, plus complète, de l’individu souffrant.

                              Enfin, je ne parlais pas, dans cet article, en tant qu’adepte ou non des « médecines naturelles ».

                              Je parlais au nom du journaliste qui s’étonne et qui proteste contre le fait qu’une instance animée par les seuls pouvoirs (politique et économique) puisse décréter si le fond de telle ou telle revue est d’intérêt général, si tel ou tel article concernant la santé mérite de participer ou non au débat démocratique. On est alors dans le cas de figure d’une vérité officielle en matière de médecine, vérité protégée par des gens qui ne sont pas a priori compétents et qui ne prendront leurs sources de renseignement qu’auprès des pouvoirs.

                              J’ai toujours pensé que la presse devait être aussi un contre-pouvoir. Qu’elle peut diffuser des informations contradictoires, même sur des sujets graves, et que c’est au débat démocratique de les mettre en concurrence et au citoyen de se faire lui-même son opinion au final.

                              A moins que l’on accepte de dire : en médecine (et dans quel autre domaine ?), ce n’est pas à moi de décider ce qui est bon à savoir mais aux spécialistes. Sachant que ceux-ci, comme de nombreux être humains, ne vivent pas que pour le bonheur de tous ; et que les intérêts faussent souvent, précisément, la recherche de l’intérêt général...

                              C’est pourquoi j’estime :

                              - qu’une instance comme la CPPAP a son rôle de vigilance, mais qu’elle doit s’en tenir au respect des lois

                              - et qu’il serait bon que les journalistes (au moins) et le public (au mieux) participent à ce débat essentiel en terme de démocratie : la définition de l’intérêt général en matière de presse. La démocratie représentative a ses limites et doit s’ouvrir aujourd’hui, c’est du moins mon avis, à la démocratie participative.


                              • Ludovic Charpentier (---.---.68.100) 27 juillet 2006 09:48

                                Mangouste, Ron Hubbard était un psychiatre opposé à sa confédération... il a fondé la scientologie.

                                Concernant la politisation des organisations de contrôle, bien sûr on peut en être critique, mais s’il n’y a pas de contrôle, on peut se retrouver avec des ’Rael magazine’ ou autre délire dans ce genre. La presse ’trash’ n’est pas comme vous le dîtes au-dessus de ces contrôles, ils ont été plusieurs fois censurés. Je n’ai rien contre la presse alternative, mais dans le cas du domaine médicale, si on peut émettre des réserves vis à vis de la corporation médico-pharmaceutique, sortir des articles sur des méthodes alternatives s’opposant aux césariennes ou proposant un traitement naturel du Chykungunya, si l’article se trompe, c’est la santé humaine qui est en jeu...


                              • Serge Weidmann (---.---.235.59) 26 juillet 2006 18:23

                                Abonné à Pratiques de santé depuis quelques années, c’est la seconde fois que je vois ce journal victime de discriminations.

                                J’ai d’ailleurs l’intention de faire un article moi aussi dans mon blog Vent d’Auvergne,avec la pétition de soutien à ce journal.

                                Merci d’avoir réagi comme vous l’avez fait.

                                Derrière la presse qui condamne la presse, il y a aussi : l’Etat qui cède aux lobbies : de la médecine allopathique et qui ne supporte pas les médecines différentes : l’homéopathie, la phytothérapie, les soins par les compléments nutritionnels et les huiles essentielles.

                                La médecine « hard », devra, à terme, baisser pavillon car l’homme de la rue a pris en charge sa santé et ne compte plus se laisser mener par le bout du nez. En attendant, battons-nous pour la liberté et donc pour la concurrence entre médecines. Soutenons la pétition du magazine « Pratiques de santé ».


                                • Ren (---.---.108.69) 26 juillet 2006 18:26

                                  Je partage votre opinion quant au fait que des journalistes devraient faire partie de cette commission mais je trouve l’exemple de ce « journal » mal choisi car á mes yeux la medicine traditionnelle ou non, doit être basée sur des preuves scientifiques et non des « croyances ».

                                  @ Tom, je ne connaissait pas l’existence d’un prix Nobel de morale mais bon si c’est moi qui l’ai reçu cette année j’en suis très honoré. Merci á tous ceux qui on voté pour moi.


                                  • L'équipe AgoraVox paul 26 juillet 2006 18:46

                                    Le profil du rédacteur en chef de cette revue n’est pas celui d’un gourou fou comme certains laisse le croire et comme on en trouve souvent dans ce milieu.

                                    Jean-Paul Willem est docteur en médécine, diplômé universitaire d’épidémiologie du Sida, diplôme d’anthropologie médicale. Il est aussi président :

                                    * des Médecins Aux Pieds Nus, * de la Faculté libre de Médecine Naturelle (FLMNE), * et de l’Association Biologique Internationale (ABI).

                                    Bref, quelqu’un de sérieux qui a vécu toute sa via dans la médécine traditionnelle et qui a une approché différente.

                                    En tous les cas si j’en crois ce site http://www.mapn.org/folder.2006-02-21.8473922920/le-fondateur/


                                    • www.jean-brice.fr (---.---.235.186) 26 juillet 2006 19:35

                                      Je n’ai pas la prétention de m’y connaitre en médecine, mais néammoins je suis inquiet devant la multiplication des interventions dans la liberté de la presse : on prépare 2007 !


                                      • José W (---.---.25.142) 27 juillet 2006 07:48

                                        Excellent article.

                                        Ce qui est vrai pour la médecine, l’est tout autant pour la politique, l’économie, le social, la science, le spirituel : bref dans tous les domaines.

                                        La presse alignée déteste les voix discordantes : ainsi il n’y a qu’à lire les gardiens du temple comme le néo-taiseux Daniel Schneidermann qui accuse Agoravox de diffuser des informations dérangeantes (notamment sur le 11 Septembre), et qui pose comme une régèle d’or et comme principe journalisitque absolu la capacité à taire des informations, sous-entendu des informations qui ne plaisent pas aux pouvoirs établis...

                                        Pour cette presse-là, il y a le PAF et pour les autres dit-il il y a le « PIF », méthode rhétorique et journalistique classique ayant pour but de stigmatiser les adversaires dans une bulle externe pour mieux ensuite les étouffer.

                                        La seule manière de répondre à cette mise au ban, c’est de se regrouper et de contre-attaquer.


                                        • Ludovic Charpentier (---.---.68.100) 27 juillet 2006 09:43

                                          Très bien, va sur le site web du journal incirminé, et à la première grippe, applique leurs remèdes ! Ca nous fera des vacances...


                                        • Fred (---.---.123.29) 27 juillet 2006 09:58

                                          Moi il y a deux ans, j’ai fait le vaccin de la grippe. J’ai été fiévreu pendant 2 jours et un mois plus tard j’ai choppé la plus grande grippe de ma vie. Super la médécine officielle. La seule chose positive, c’est que ça m’a presque rien coûté car les labos ont réussi à faire financer ce super vaccin par la secu... Génial.

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