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Radio France internationale s’interroge sur son avenir

Les personnels de Radio France internationale (RFI) ont, par une grève le 25 octobre, manifesté leurs inquiétudes quant à l’avenir de leur entreprise. Le budget de RFI, qui provient pour 40 % de la redevance et 60 % du ministère des Affaires étrangères, sera le seul de l’audiovisuel public en baisse en 2007. La création d’une CNN à la française, France 24, gourmande en crédits publics, est au centre des inquiétudes.

La mission de RFI est la diffusion de programmes radiophoniques en français et dans dix-neuf autres langues dans le monde entier. Sa diffusion commence en 1931 sous le nom du Poste colonial, avant de devenir Paris mondial en 1938, Radio Paris en 1939, RTF Radio Paris en 1945 et ORTF Radio Paris en 1965, avant de prendre le nom de RFI en 1975. Elle est la voix de la France. Société indépendante de Radio France depuis 1987, elle prend une orientation africaine sous le septennat de Valéry Giscard d’Estaing. François Mitterrand s’attachera à lui redonner une dimension mondiale. En 1996, sous la présidence de Jean-Paul Cluzel, elle se transforme en une station d’information en continu à l’échelle planétaire. Aujourd’hui, RFI c’est 1000 collaborateurs dont 400 journalistes et un réseau de 350 correspondants dans le monde mais surtout 44 millions d’auditeurs réguliers dans le monde et plus de 340 radios partenaires qui diffusent tout ou partie de ses programmes sur leurs fréquences.

Radio publique chargée de porter la voix de la France à l’étranger, RFI enregistrera pourtant une baisse de sa dotation de près de 2 millions d’euros, pour s’établir à 126 millions d’euros en 2007 mettant fin à une augmentation de 15 % sur la période 1997-2006.

Une situation qui amène la CGT à dénoncer "l’abandon de RFI au profit d’une télévision internationale en partenariat avec TF1", avec à la clé un plan social déguisé. La direction, surprise elle-même par la mesure, s’avoue incapable de chiffrer le nombre de "fins de collaboration" à envisager.

France 24, une chaîne de télévision française d’information en continu, verra le jour le 6 décembre 2006. Elle devrait être l’homologue français de chaînes d’information internationales telles que les américaines CNN et Voice of America, la britannique BBC World ou l’allemande Deutsche Welle.

La volonté de création de France 24 trouve essentiellement son origine dans la censure des médias américains sur la position de la France lors de la guerre d’Irak. Un appel à projet est lancé en 2003. Trois seront déposés dont un 100% public regroupant France Télévisions et RFI. Jacques Chirac n’en veut pas, et impose TF1 dans le projet, officiellement pour bénéficier de l’expérience de LCI. Pour ménager cette dernière et ne pas la concurrencer, la future chaîne ne sera pas diffusée en France. Finalement, le mariage forcé ne fait que des mécontents dans le secteur public, méfiants à l’égard du partenariat avec TF1... et réciproquement. RFI, quant à elle, est exclue du projet.

Le public de RFI, est totalement différent de celui de France 24 qui veut s’adresser aux classes supérieures des pays touchés. "Disons tous merci à RFI", titrait ainsi le 2 novembre "Le nouveau Réveil", site internet de Côte d’Ivoire. Merci à la radio française d’avoir tenu en haleine la majeure partie des Ivoiriens, toutes classes confondues, sur l’adoption d’une nouvelle résolution de l’ONU qui reconduit pour un an le président Laurent Gbagbo et son Premier ministre, en donnant des pouvoirs très élargis à ce dernier.

C’est bien là toute la force de RFI. Pouvoir toucher très facilement, via un transistor, technologie peu onéreuse et très répandue, des populations défavorisées économiquement, souvent analphabètes, exposées aux manipulations. Elle apparaît souvent pour ces populations comme l’un des derniers liens avec l’ancienne puissance coloniale.

Mais RFI, ce n’est plus seulement "la radio des pauvres". La station a développé au cours des dernières années un site Internet multilingue qui se veut une source d’information alternative face aux médias anglosaxons. Elément du rayonnement de la France, la réduction de ses moyens serait une erreur stratégique. Sa survie à terme sera liée à un devoir d’efficience dans sa gestion, et surtout dans une complémentarité à inventer avec France 24.


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16 réactions à cet article    


  • Patrick Adam Patrick Adam 8 novembre 2006 11:54

    @ l’auteur

    Au lieu de s’interroger sur leur avenir, les journalistes de Radio France devraient s’interroger sur la ligne éditoriale de cette chaîne qui est le pire des reflets du « sanglot de l’homme blanc » qui se puisse imaginer.

    Vous parlez « d’élément de rayonnement de la France, » alors qu’elle en est l’élément dominant du dénigrement international.

    J’ai écouté cette chaîne pendant des années parce que je n’en captais pas d’autres et c’était pour moi un véritable supplice. RFI, c’est « Radio-bobolitude des milles collines », « Radio je me couvre de cendres », « Radio nous sommes les plus pourris ».

    Patrick Adam


    • lol (---.---.73.132) 8 novembre 2006 12:21

      Monsieur Adam préfère sûrement un discours qui flatte ses opinions politiques : radio courtoisie sans doute aucun radio patrick adam ment radio patrick adam est alllemand


      • Patrick Adam Patrick Adam 8 novembre 2006 14:21

        @ lol

        Monsieur Adam préfère la radio de la vérité et pas la radio de la bassesse dans laquelle vous avez l’air d’aimer vous détendre à vos heures perdues pour profiter de toute votre bonne consicence qui ne vous coûte pas bien cher. Mais je vois aussi que vous avez toutes les affinités nécessaires pour apprécier « radio calomnie », ou « radio j’aime dénoncer en douce » monsieur le « résistant » des lendemains qui chantent... Pétainiste le matin et Gaulliste le soir....

        Patrick Adam


      • seb59 (---.---.180.194) 8 novembre 2006 13:51

        Avant de parler de reduction de ses moyens, on devrait plutot parler de son audience ...

        L’auditoire est il au rendez vous ?

        Si oui, trouver des moyens ne devrait pas etre dur ! Un peu de sponsors et de pub, quelques animateurs sympas, un programme adapté, le tour est joué.

        Si la réponse est non, a quoi sert cette radio ? Inutile de pleurer alors sur les redevances du contribuable, et sur l’aide de l’etat.

        Radio france doit etre au service de ses auditeurs et non l’inverse.

        Avoir une radio francaise (d’un autre age) qui « rayonne » sur le monde (mais que personne n’ecoute), je ne vois pas l’interet...


        • Tintin (---.---.71.55) 8 novembre 2006 16:19

          En Afrique subsaharienne RFI représente la radio francophone la plus écoutée,ce serait une catastrophe pour tout les démocrates africains si elle disparaissait.Ce serait la fin de l’influence française positive en Afique (et dans le monde).La bétise de ce gouvernement UMP est sans limite...

          Et ce ne sont pas les conneries de P Adam qui y changeront quelque chose,il a encore perdu une occasion de se taire. smiley


          • swl (---.---.224.61) 8 novembre 2006 16:38

            RFI disparaît comme toutes les radio ondes courtes. C’est passé de mode (amateur d’OC que je suis est le premier à le déplorer) Passer en DRM (digital) ne résoudrait pas son problème de RFI puisque dans ce cas, les récepteurs seraient trop cher pour les population pauvre (à moins que dans l’avenir ?). Actuellement c’est le Net, demain ce sera autre chose. A mon avis, la fin de RFI est inéluctable et rien ne sert de perdre de l’argent inutilement. Nous avions aussi Saint-Lys-Radio et les bateaux de la course du rhum en direct, c’est aussi fini.


            • monteno (---.---.179.94) 9 novembre 2006 10:25

              @swl

              Je comprends ta nostalgie des ondes courtes ! mais n’es tu pas omnubilé par ton hobby ? Le problème d’une radio, ce n’est plus la technologie utilisée pour sa diffusion, mais son contenu qui lui est diffusable et transportable par n’importe quel système compatible avec les technologies disponibles chez ses cibles ; si le monde écoute sur Internet, RFI peut trés bien diffuser sur Internet ! Par contre si le contenu éditorial de RFI n’interesse personne, alors, quelle que soit la technologie de diffusion utilisée, RFI n’a plus sa raison d’être.


            • benréa (---.---.106.43) 9 novembre 2006 00:26

              La publicité ne fait pas partie du cahier des charges d’une radio de service publique,elle est meme dans l’impossibilité d’en faire à part pour des collectives et collectivitées ou des entreprise d’etat.... Lorsque vous ecoutez France inter pour ne pas avoir d’ecrans de pub de 3 minutes ( comme sur certaines radios generalistes ), et que vous etes heureux de ne pas etre pollué par cette pub, c’est grace a la redevance et donc au cahier des charges de ces radios publiques.... pour ce qui est des auditeurs, l’article le stipule 44 millions d’auditeurs ce n’est pas rien, c’est les 3/4 de la population francaise... RTL, Europe ou France Info (publique) reveraient de toucher autant de monde.... RFI est un lien avec le monde (pour toute les populations pas seulement les francais).... 89 fm ecoutez avant d’en parler


              • SWL (---.---.81.9) 9 novembre 2006 07:53

                La vocation de RFI n’est pas de diffuser sur la bande FM (à faible portée), c’est bien depuis l’origine, l’émission internationale sur OC. Hors les auditeurs (par ce mode) se font rares. D’où la suppression progressive de toutes les radio internationales du monde sur OC. La plupart se retrouvent uniquement sur satellites et suppriment leurs puissants émetteurs coûteux. Quant aux programmes, c’est une autre histoire, ils restent évidemment, mais via satellite. A quand les « radios satellites » bon marchés pour les pays en voie de développement ? Là, est le véritable problème, un problème de vecteur. Une autre solution est de faire la transmission à distance par satellite, puis de rediffuser localement les émissions sur la bande FM. Mais cela nécessite l’accord des gouvernements locaux, pour y installer ces émetteur bande FM (ou de pays limitrophes) Alors que les ondes courtes permettaient de diffuser à longue distance sans autorisation locale, on connaissait chez nous « Radio Free Europe » diffusé par les américains sur l’Europe de l’Est au temps du bloc soviétique.


              • nono mulder (---.---.160.74) 9 novembre 2006 10:08

                Radio France Internationale, France-inter, toutes deux reprises en main au nom d’une soit-disante nécessité de faire place à davantage de « modernisme » montrent bien en réalité la mise au pas actuelle des médias dans notre pays...


                • lol (---.---.174.18) 9 novembre 2006 12:21

                  patrick tu nous saoule c’est quoi ton problème au juste ? a part de voulor avoir raison sur tout victime d’abus sexuel par des vilains bobos etant jeune ? on est en droit de se poser la question une telle haine du rouge mélangée à une bétise insondable ne sauraient trouver autres explication à vos sempiternels commentaires qui disent tous la même chose quelque soit le topic : « j’aime pas les gens mais moi je m’aime bien »


                  • Marcel Chapoutier (---.---.71.55) 10 novembre 2006 15:12

                    Qu’est-ce que ça peut faire si RFI est plus écoutée en FM qu’en OC maintenant, si des émetteurs FM s’installent partout, et si l’écoute par satellite se développe, tant mieux si les possibilités de capter RFI augmentent.

                    J’ai toujours regretté qu’en France on ne puisse l’écouter sur la bande FM qu’à Paris. J’en ai tellement assez des « Infos radio » à 90% uniquement axées sur les nouvelles hexagonales, c’est à des signes comme ça que l’on mesure le degré de « république bananière » d’un pays.

                    Je suis citoyen du monde avant tout , les nouvelles du monde (dont on est privé sur les grands médias radios français) m’intéressent plus qu’avoir tout le temps un matraquage abusif sur des sujets inintéressants franchouillards.

                    VIVE RFI !!!...


                    • iskander (---.---.113.49) 12 novembre 2006 16:59

                      j’ai ecouté R.f.I. pendant mon séjour en Afrique. C’étair au début des années 80 et c’était déjà un dégueulis gauchiste, on crachait sur La France à longueur d’émission. Radio Moscou était plus sympa à écouter. Et sur radio suède ou la radio belge on avait de bonnes infos et de la musique écoutable. Quasiment personne à Dakar à l’époque n’écoutait R.F.I., d’ailleurs il n’y avait pas de club d’auditeurs. A part gaspiller notre argent à quoi sert R.F.I.


                      • Marcel Chapoutier (---.---.71.55) 13 novembre 2006 11:16

                        J’ai compris pourquoi RFI est attaqué par la racaille UMP,c’est parce que cette radio a trop relayé la complicité du gouvernement français dans le massacre de 1 million de rwandais en 1994 et ne relaye pas les thèses révisionnistes style Stephen Smith, Pierre Péan. Il n’y a qu’à se souvenir des déclarations de Villepin allant dans le même sens révisionniste, car en tant que chef de cabinet du 1er ministre en 94 Alain Juppé,il est mouillé jusqu’au coup dans cet immense crime contre l’humanité,c’est une honte.

                        Iskander est un fiéffé menteur...


                        • patachoux1 (---.---.193.53) 16 novembre 2006 10:27

                          Monsieur est complètement maso. Il dit que c’est de la M... et il l’écoute régulièrement et pendant des heures pendant des années ...

                          Cela se soigne ...


                          • fv (---.---.60.55) 23 novembre 2006 17:43

                            Passer en FM c’est bien... mais RFI a pour vocation de couvrir le monde entier et la FM n’a qu’une portee de quelques dizaines de kilometres. Combien d’emmeteurs faut il installer ? Les ondes courtes meme si elle sont de mauvaise qualite ont l’avantage de couvir une large zone. La France abandonne les ondes courtes et la Chine prend sa place. Amusez vous a regarder que qu’on peut capter en ondes courtes : des emissions en chinois, arabe, anglais, allemand et rarement RFI. Quant au satelite je n’en parle pas. C’est pour les riches et pas pour les populations du tiers monde.

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