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Accueil du site > Actualités > Médias > Réalisme socialiste à l’Éducation nationale ?

Réalisme socialiste à l’Éducation nationale ?

Le premier numéro de septembre-octobre 2006 de « Question d’éducation, le journal d’information de la communauté éducative » vient de paraître. Le ministre de l’Éducation nationale entend ainsi livrer à un million trois cent mille agents de son ministère l’information qui leur manquait : « Priorité à l’information ! », clame le ministre dans le titre de son éditorial.

La notion d’information, selon le ministère

On tient donc là enfin, par l’usage qui en est fait, la signification du mot information que l’on chercherait vainement dans les instructions officielles de l’Éducation nationale.
- Ses index connaissent le mot « informatique », mais pas le mot « information », comme si sa définition allait de soi. On en était réduit jusqu’ici à la déduire des oppositions de mots que le ministère opérait. Le mot informer était, par exemple, employé dans une série de termes qui s’opposaient, telle que celle-ci : « (L’élève doit pouvoir) reconnaître les objectifs du message : exprimer des faits, des idées, des sentiments, informer, expliquer, argumenter, démontrer, persuader, inciter à une action, chercher à influencer, réfuter, questionner, etc... » (BOEN N°12 23.03/1989). Il en ressortait que le mot informer différait de tous les autres, de persuader, d’argumenter ou de chercher à influencer, et signifiait donc transmettre un fait avéré, sans volonté d’influencer.
- Cette acception était en outre confirmée par des notions que l’école inculque depuis une dizaine d’années à ses élèves. Elle classe, en effet, les différents discours en plusieurs catégories : le discours narratif, le discours descriptif, le discours explicatif, le discours argumentatif, le discours informatif. Il en découle forcément que le discours informatif se définit comme un discours qui, dépouillé des caractéristiques de tous les autres, se limite à livrer un ou plusieurs faits sans aucune visée d’influence sur le récepteur.
- Le ministre aujourd’hui prêche d’exemple : en qualifiant son journal de « journal d’information », il entend bien le distinguer de son jumeau répulsif, « le journal d’opinion », jugé d’emblée partisan et manipulateur, dans la bonne tradition de « la théorie promotionnelle de l’information » diffusée par les médias. Comme tout marchand d’eau minérale qui jure ne mettre que de l’eau pure dans ses bouteilles, les médias prétendent n’offrir qu’une information-vérité exempte de toute pollution d’opinion, conformément à leur hasardeuse distinction entre information et commentaire. Le choc des photos

Malheureusement, « le journal d’information » du ministre de l’Éducation nationale, prétendument préservé de toute opinion polluante, résiste mal à l’épreuve des faits.
- « Le choc des photos » lui est, d’entrée, fatal : non pas que « le journal d’information » du ministre donne, comme Paris-Match, dans le voyeurisme ! Il n’imite pas davantage ces journaux d’information municipaux qui publient la bobine de leur maire à toutes les pages. Le ministre n’apparaît que deux fois. Non, le journal fait seulement dans la guimauve édifiante : la réalité scolaire est ici vue sous l’angle de la promotion. La première de couverture, par exemple, montre de profil une jolie jeune femme, brosse et craie en mains, méditant sereinement devant un tableau. La métonymie est mignonne mais naïve : elle présente une partie d’un tout et l’effet d’une cause - c’est-à-dire une professeur sereine - pour qu’en soient déduits ce tout et cette cause - c’est-à-dire une classe entière attentive, suspendue aux lèvres de leur charmante professeur. Ça existe évidemment, c’est ce qui devrait être partout, mais est-ce vraiment l’ordinaire des établissements scolaires aujourd’hui ?
- Quant aux autres photos, elles sont aussi informatives : elles oscillent entre des scènes d’élèves studieux ou de groupes vaquant calmement dans les couloirs, sac au dos, sans bousculade ! La vraie vie de tous les jours, quoi ! Comme on le voit, « l’information » du ministre consiste à livrer une représentation promotionnelle de l’École, dans laquelle il n’entre, bien sûr, aucune opinion.
- On songe au réalisme socialiste qui contraignait les artistes, du temps de feue l’Union soviétique, à célébrer dans leurs œuvres non la rude vie quotidienne, qui aurait donné des arguments à l’ennemi capitaliste, mais la vie heureuse promise par le socialisme : photos, peintures, sculptures saisissaient donc des êtres toujours resplendissants de joie de vivre, bandant leurs muscles dans la lumière des matins qui chantent. Encore une fois, aucune opinion là-dedans ! Rien que du « discours informatif », on vous dit, sans aucune visée d’influence sur le lecteur ! Le poids des mots - euphémisme et falsification partielle

- Le confirme, d’ailleurs, la photo saugrenue choisie pour illustrer, en page 5, les « violences en milieu scolaire » : on y voit trois gamins en train de se taquiner gentiment ! Singulier euphémisme pour minimiser ce que le texte inventorie pourtant : menaces physiques ou verbales, vols, agressions sexuelles, dégradations, drogue, rackets , en oubliant les injures, les autres agressions physiques et même la tentative d’assassinat comme à Étampes en décembre 2006 !
- Cette « information » touche même à la falsification partielle quand il s’agit de rappeler le texte fondamental qui régit la protection du fonctionnaire en cas d’agression, l’article 11 de la loi du 13 juillet 1983. Normal ! Le ministère l’a ignoré si souvent depuis sa promulgation au détriment des victimes ! Un recteur de Montpellier, dans une circulaire du 2 mai 2002, s’était même payé le luxe de réécrire la loi : il avait effrontément remplacé « l’obligation » de protection par « une simple possibilité » ! Cette fois, le ministre commence par citer fidèlement le texte - « La collectivité publique est tenue de protéger les fonctionnaires » -, mais il modifie ensuite le contexte de cette obligation : il parle d’agression « dans le cadre de leurs fonctions » quand la loi parle d’agression « à l’occasion de leurs fonctions ». Quelle différence ? L’interprétation du ministre est restrictive : « dans le cadre de leurs fonctions » signifie pendant l’exercice du service, lors d’un cours ou dans l’établissement. La formule de la loi, « à l’occasion de leurs fonctions », elle, est extensive : elle protège aussi le fonctionnaire qui viendrait à être attaqué hors de l’établissement, en ville par exemple, si un élève ou un comparse venaient à l’agresser - Ça s’est vu ! - parce qu’il a mis au premier une mauvaise note ou une retenue ! Si l’intention du ministre était vraiment d’appliquer la loi à la lettre, en aurait-il falsifié certains de ses termes ?

Le ministre est donc pris à son propre piège. Il appelle information ce qui est en fait une promotion de sa politique éducative. Pouvait-il faire autrement ? Non, bien sûr, car « un journal dit d’opinion » diffuse des opinions ouvertement, quand « un journal dit d’information » croit plus habile de les répandre plus ou moins discrètement. Pas moyen d’y échapper ! L’information entendue comme un fait avéré n’existe pas : elle n’est qu’une représentation plus ou moins fidèle d’un fait. Un ministre de l’Éducation nationale ne devrait-il pas le savoir ? Et son ministère ne devrait-il pas cesser d’enseigner ces erreurs ? Journal de la communauté éducative est dès lors la seule appellation appropriée. Paul Villach

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15 réactions à cet article    


  • yan Essal (---.---.68.214) 28 septembre 2006 11:23

    Comparée au système soviétique à de multiples reprises , l’éducation Nationale ne souffre ni critique ni réforme en profondeur . Comme le système soviétique , elle s’effondrera d’un seul coup chacun le sait et il suffit de peu de choses maintenant .

    On s’en remettra ,je pense même que ce sera mieux , évidemment.... ça ne peut être pire !

    mais vous savez , le mammouth a du poids électoral, il vieillit et maigrit un peu , mais l’essentiel reste . J’attends avec impatience 2008 année du grand changement , je pense que là , l’effondrement sera spectaculaire et enfin nous pourrons changer de siècle .


    • CONTESTATION (---.---.11.86) 28 septembre 2006 12:35

      L’Ecole publique a été grangrénée par la politique spectacle dans le grand cadre de l’ère du divertissement de l’économie libérale.

      Maintenant, force est de constater que la moindre image est conçue pour faire rêver. Seulement l’écart entre la représentation et le réel étant tel qu’il ne peut susciter que des sentiments de déception, de frustrations, qui, ensuite - on le voit chaque jour - peuvent dégénérer en réactions de violences.

      A quelles logiques et stratégies, les représentations de l’Ecole répondent-elles lorsqu’elles présentent un réel quelque peu falsifié ? Est-ce vraiment nécessaire électoralement parlant, si politiquement rentable pour en arriver là ?


      • Marsupilami (---.---.52.238) 28 septembre 2006 12:51

        J’ai feuilleté la chose. C’est vrai que c’est consternant, affligeant, nullissime. Et ça a dû coûter bonbon. Du fric qui aurait pu servir plus utilement à l’Education Nationale.


        • roumi (---.---.74.206) 28 septembre 2006 12:55

          encore une forme d’information totalement decalee du terrain .

          ca fait journal d’entreprise a 1, 3 millions d’exemplaires ; bonjour la note .

          je signale que le projet educatif que chaque ecole doit produire une fois par an pour structurer l’annee suivante est gele .

          jusqu’a quand ? apres 2007 .

          ordre de l’accademie .

          comment produire du non sens a pas cher .

          ce monsieur vas aussi se retrouver avec des principaux de college en greve le dimanche 26 novembre !

          ceux du snpden .


          • Stephane Klein (---.---.19.227) 28 septembre 2006 13:04

            Ma petite reflexion concernant la discipline a l’ecole et l’autorite des profs est que ceux-ci ont creuse leu propre tombe.

            C’est en effet eux, principalement ceux issus de mais 68 et leur ’interdit d’interdir’ sous-entendu : interdit de sanctionner, qui ont instaure le laxisme generalise ebn matiere d’education (et non pas d’instuction), croyant benoitement que les eleves allaient les ecouter sagement et boire leurs paroles alors que disons le franchement : un eleve de college voire de lycee (parce que avant, ils sont encore ’relativement’ sages) n’a qu’une seule envie : s’amuser, foutre en l’air le systeme, et s’il faut balancer des chaises sur le profs, c’est que plus marrant.

            Alors aujourd’hui, les profs trinquent ? J’ai envie de dire que c’est bien fait pour leur gueule....sauf que c’est le collegues jeunes qui paient pour la stupidite de la generation precedente.


            • Sophia (---.---.129.29) 28 septembre 2006 17:53

              Votre réaction est compréhensible. Ce qui me gêne c’est que vous reportiez la faute sur les enseignants. N’est-il pas du devoir élémentaire des parents d’élever leurs enfants ? ELEVER, oui... faire en sorte que leur esprit s’élève.

              N’est-il pas du devoir de toute une société de faire grandir leurs enfants et de les aider à construire une vie plutôt que de les réduire à n’être que de bons petits consommateurs dont l’esprit est devenu captif de la mode, du foot et de la dernière voiture ?

              Croyez-vous que seul l’enseignant peut lutter contre les aspirations de toute une société chaque jour plus friande de ses cotations en bourse ou de jeux télévisés anesthésiants ? Les différents gouvernements soutenus par les capitaines d’industries multinationales, n’ont-ils pas profité des brèches ouvertes en 68 pour mieux lapider ce qu’ils estimaient avoir perdu ? Qui sont les grands gagnants de ces réformes régressives ? Les enseignants maltraités, peut-être ? Les précaires, les petits artisans ou les salariés sur siège éjectable ?


            • vigie (---.---.163.121) 28 septembre 2006 21:38

              @ sophia + 10

              Le discourt de responsabilité individuelle est passé de mode, ma pauvre sophia c’est tellement plus reposant,et déculpabilisant de reporter ses propres errements sur les autres.Il ne faut surtout pas faire d’introspection de peur d’y découvrir des choses qui risquent de nous déplaire.

              L’enseignant est le bouc émissaire d’une société qui a perdu ses propres modèles.Et l’éducation nationale champion du monde de la réformette cherche en vain ses propres valeurs.

              Tous dans le même moule,on est si bien dans nos valeurs communes de con ...sommateur repus.


            • Sophia (---.---.129.29) 28 septembre 2006 23:00

              Mais Vigie, vous n’avez rien compris à ce que j’ai écrit !

              J’ai écarté la seule responsabilité individuelle, à commencer par la responsabilité du seul enseignant sur qui il est si facile de faire porter les maux d’une société désorientée, malade de ses désirs inassouvis de puissance et d’argent !

              Tapez sur le lampiste, c’est ignorer les rouages de ceux qui décident pour les autres.


            • abécédé ! (---.---.41.206) 28 septembre 2006 13:06

              Les problèmes actuels de la « france » sont uniquement d’ordre idéologique ! smiley

              Devinez laquelle ! UMPS ! Kif Kif bourricot ! smiley

              Tous les français n’ont pas biberonné à « l’usine de crétins » ! AOC selon les dires de certaines sommités politiques transfuges et récemment vaccinées ! smiley


              • mescalito (---.---.101.8) 28 septembre 2006 14:02

                ce qu’il faut c’est des professeurs comme sur la couverture sur magazine ! ca donnerait presque envie d’y retourner ! :)


                • fofi (---.---.60.232) 28 septembre 2006 18:42

                  je reviens d’une assemblée générale dans le ? (je ne veux pas stigmatiser)...j’ai reçu la feuille de choux : « QUESTION D’EDUCATION... » comme si il n’y avait qu’une seule question en matière d’éducation ! J’ai lu vos commentaires...NON ce n’est pas QUE la résultante des 68ards...c’est pour beaucoup le résultat d’une politique libérale qui vise à spéculer sur la réussite des génarations à venir ! Le projet de société saigne à blanc la misère pour qu’elle agonise plus vite ! Et oui ! Gauch’droit’ même combat à la seule différence c’est qu’avec la droite on sait à quoi s’en tenir !


                  • Ar Brezonneg (---.---.114.166) 28 septembre 2006 22:30

                    Ce sont les « inspecteurs généraux » qui sont chargés de donner du « sens » dans ce bordel ?

                    Qu est ce qu on attends pour en révoquer certains, et cela sans solde ?

                    Ces gens la ont fait beaucoup de dégats et causés bien des drames ! Sans compter les jeunes qui ont été gaspillés par leurs agissements nuisibles ! DEhors les incapables !


                    • Atmos (---.---.26.146) 1er octobre 2006 18:07

                      Avez-vous remarqué que les seuls ordinateurs représentés sont des mac grand écran ? Et ce mac est tout beau, tout neuf, tout cher !...


                      • arkane (---.---.102.41) 17 octobre 2006 16:53

                        A l’heure où nous nous entendons tous les jours le gouvernement dire qu’il met l’education et l’égalité des chances en priorité dans sa politique , Je vous écris cette présente à fin d’attirer votre attention sur la situation des non-titulaires de l’éducation nationale (20000 en France).Comment voulez vous travailler dans de bonnes conditions si les élèves changent 3 fois de prof dans l’années ! l’état vous ment (encore !) ,il engage des profs non-titulaires et au bout de 200 heures il les virent car s’ il les garde il doit leurs faire signer un cdd. Cet outil est la VACATION. C’est un statut qui n’ouvre ni droit aux assedics , ni droit à la sécurité sociale. Si,si ,ni droit à la sécurité sociale. L’autre outil est la contractualisation, le cdd à la sauce de l’etat differente de celle du privé. Elle est plus amére encore..... si cela vous intéresse de voir les coulisses de l’éducation, lisez la suite.Je suis dans l’éducation depuis 1999 et j’ai vu du trés bon comme du trés mauvais.

                        LES VACATIONS : Vous vous demandez si l’état se soucie de l’avenir de vos enfant ? La reponse est non ! Et je le prouve ! Vos enfants, au collége,vont avoir dans chaque matiére plusieurs profs qui ne seront dans l’établissement que pour 200h maximum dans l’année .PLus simplement dans une année, ils auront 2 profs de math,2 profs de musique .Comment voulez -vous qu’il y ai continuité dans le travail des élèves alors que devant eux les profs se succédent , anéantissant encore et encore les habitudes de travail des élèves et le principe d’autorité de l’enseignant. Depuis 2004,les rectorats ne font presque plus de contrat mais paye des vacations.Le Vacataire est payé à l’heure devant les élèves , le reste du temps il ne touche rien.Il ne peut faire que 200h dans l’année, il gagne environ 4000 euros dans l’années. Pourquoi 200h ? au delà ,les rectorats sont obligés de faire signer un cdd.La vacation n’est pas un statut, il n’ouvre pas le droit au chomage ,ni celui de la SECURITE SOCIALE.Les vacataires alternes entre RMI et vacations. Il faut signaler que c’est les socialistes qui , par le biais d’Allegre ,en 1997,ont instauré la vacation.Depuis,la droite l’utilise au maximum.

                        CONTRACTUEL Il existe dans l’éducation nationale un contrat encore plus précaire que le CPE c’est le CDD reconductible à l’infinie grâce auquel les rectorats peuvent (en tant que prof),nous embaucher nous débaucher selon leur désir et en complète opposition avec le droit du travail français .Dans les faits , la période d’essaie peut durer une vie .Pour ma part j’ai fait 3 vacations de 200h chacune (c’est le maximum légal dans une année) .Ensuite j’ai enchaîné 5 contrats de 1 an chacun (CDDs). D’aprés l’education nationale je ne peux pas etre titulaire car je n’ai pas le CAPES .Ce concours ne valide pas un enseignement sur le metier de prof et n’ai pas superieur à bac+3 .Donc pour ces bureaucrates de l’EN l’experience n’a aucun interet.Ils vous diront que je n’ai qu’a passer le concours. Pour cela il faudrait une formation et surtout que le concours soit ouvert ; dans ma discipline (éducation musicale) le concours interne (concours réservé aux non-titulaires exerçant depuis 3 ans) est fermé depuis 2 ans alors que l’externe (pour les universitaires sans expérience) est ouvert .Je tiens à signaler que d’autres disciplines sont dans le même cas.

                        LES RECTORATS ET LES NON-TITULAIRES Déja les rectorats n’ouvrent qu’une semaine avant la rentrée de Septembre . Le jour de la rentrée ils voient où il ya des manques et les remplacements ne se font ,dans la majorité des cas qu 1 à 2 semaines aprés. J’accuse les rectorats et l’éducation nationale de non respect des droit de l’homme ,car le droit du travail en est un.

                        Les raisons :

                        - signature des contrats au delà du délai légal de 2 jours ( contrats antidatés)

                        - payement des heures de vacation irrégulier et ne correspondant pas au heures effectuées dans le mois

                        - non payement du chômage dans les délais légaux (+ de 2 mois ,bien plus !)

                        - aucune indemnité de licenciement

                        - nombre de CDD hors la loi

                        - aucun courrier de licenciement

                        - Non respect du droit à la formation

                        - non respect des barèmes de recrutement )

                        L’ETAT : faites ce que je dis et pas ce que je fais ! Remarque : tous les contrats sont des CDD, comme quoi l’état ne respecte pas les règles qu’il impose aux entreprises privées.

                        EXEMPLES DE SITUATIONS ETRANGES Dans mon académie nous sommes restés plusieurs années sans inspecteur d’académie et lorsque enfin on en désigne un ,celui-ci prend comme première directive de ne pas faire de formation pour la préparation du concours réservé sachant que ce même concours ne sera pas reconduit l’année d’après ainsi que le concours interne. N’ayant pas respecté le droit de formation ,qui l’on retrouve comme jury au concours réservé 2005 ?Ce même IPR que l’on va payer à la journée. Ceci est un bon exemple de malhonnêteté intellectuelle.

                        Il faut savoir que les rectorats ne se soucient pas de l’avenir des enfants ; durant au moins 3 ans les élèves d’un collége où j’étais,sont restés sans cours de musique et de dessin (comptant pour le brevet en 4éme et en 3éme).Les différents IPRs ne sont jamais venus dans la période Septembre 1999-juin 2005, sachant que sur le poste il y avait un contractuel qui aurait sans doute voulu être conseillé .C’était trop loin pour eux ,alors que certains profs montaient tous les jours (50km de montagne+ travaux sur la route).

                        CONCLUSION

                        Nous ,20000 precaires de l’EN nous n’avons pas la possibilité d’attaquer nos patrons comme dans le privé.Tout ceci provoquera des drames mais lorsque chaque fin d’année(aout) on ne sait pas si l’on aura du travail aprés les vacances(on le sait 2 jours aprés la rentrée),et que l’on ne peut pas prendre de credit ,et bien ! on ne se marie pas , on ne s’installe pas , on ne peut pas assumer des enfants( donc en avoir) ;En résumé on ne peut pas avoir de vie et il suffit de pas grand chose pour craquer.

                        Cela fait des années que pour faire des économies, les différents gouvernements diminuent le nombre de professeurs.Pour information , je gagnais 1200 euros par mois.Si leur but était vraiment de mieux gérer le budget de l’éducation , ils regarderaient de plus prés les fortunes qui sont dépensées dans les IUFM où beaucoup de pêrsonnes sont payées à remuer du vent car les formations qu’ils proposent sont de plus en plus déconnectées des situations rencontées sur le terrain.Il faut savoir que la responsable de ces centres de formation a dit à la télè que les IUFM ne servaient pas à apprendre aux enseignants des methodes pédagogiques ;aussi on est en droit de se poser la question : à quoi servent ces gens et pourquoi les paye-t-on ? La grande majorité de ces formateurs sont des personnes qui ne veulent pas av


                        • arkane (---.---.102.41) 17 octobre 2006 16:58

                          A l’heure où nous nous entendons tous les jours le gouvernement dire qu’il met l’education et l’égalité des chances en priorité dans sa politique , Je vous écris cette présente à fin d’attirer votre attention sur la situation des non-titulaires de l’éducation nationale (20000 en France).Comment voulez vous travailler dans de bonnes conditions si les élèves changent 3 fois de prof dans l’années ! l’état vous ment (encore !) ,il engage des profs non-titulaires et au bout de 200 heures il les virent car s’ il les garde il doit leurs faire signer un cdd. Cet outil est la VACATION. C’est un statut qui n’ouvre ni droit aux assedics , ni droit à la sécurité sociale. Si,si ,ni droit à la sécurité sociale. L’autre outil est la contractualisation, le cdd à la sauce de l’etat differente de celle du privé. Elle est plus amére encore..... si cela vous intéresse de voir les coulisses de l’éducation, lisez la suite.Je suis dans l’éducation depuis 1999 et j’ai vu du trés bon comme du trés mauvais.

                          LES VACATIONS : Vous vous demandez si l’état se soucie de l’avenir de vos enfant ? La reponse est non ! Et je le prouve ! Vos enfants, au collége,vont avoir dans chaque matiére plusieurs profs qui ne seront dans l’établissement que pour 200h maximum dans l’année .PLus simplement dans une année, ils auront 2 profs de math,2 profs de musique .Comment voulez -vous qu’il y ai continuité dans le travail des élèves alors que devant eux les profs se succédent , anéantissant encore et encore les habitudes de travail des élèves et le principe d’autorité de l’enseignant. Depuis 2004,les rectorats ne font presque plus de contrat mais paye des vacations.Le Vacataire est payé à l’heure devant les élèves , le reste du temps il ne touche rien.Il ne peut faire que 200h dans l’année, il gagne environ 4000 euros dans l’années. Pourquoi 200h ? au delà ,les rectorats sont obligés de faire signer un cdd.La vacation n’est pas un statut, il n’ouvre pas le droit au chomage ,ni celui de la SECURITE SOCIALE.Les vacataires alternes entre RMI et vacations. Il faut signaler que c’est les socialistes qui , par le biais d’Allegre ,en 1997,ont instauré la vacation.Depuis,la droite l’utilise au maximum.

                          CONTRACTUEL Il existe dans l’éducation nationale un contrat encore plus précaire que le CPE c’est le CDD reconductible à l’infinie grâce auquel les rectorats peuvent (en tant que prof),nous embaucher nous débaucher selon leur désir et en complète opposition avec le droit du travail français .Dans les faits , la période d’essaie peut durer une vie .Pour ma part j’ai fait 3 vacations de 200h chacune (c’est le maximum légal dans une année) .Ensuite j’ai enchaîné 5 contrats de 1 an chacun (CDDs). D’aprés l’education nationale je ne peux pas etre titulaire car je n’ai pas le CAPES .Ce concours ne valide pas un enseignement sur le metier de prof et n’ai pas superieur à bac+3 .Donc pour ces bureaucrates de l’EN l’experience n’a aucun interet.Ils vous diront que je n’ai qu’a passer le concours. Pour cela il faudrait une formation et surtout que le concours soit ouvert ; dans ma discipline (éducation musicale) le concours interne (concours réservé aux non-titulaires exerçant depuis 3 ans) est fermé depuis 2 ans alors que l’externe (pour les universitaires sans expérience) est ouvert .Je tiens à signaler que d’autres disciplines sont dans le même cas.

                          LES RECTORATS ET LES NON-TITULAIRES Déja les rectorats n’ouvrent qu’une semaine avant la rentrée de Septembre . Le jour de la rentrée ils voient où il ya des manques et les remplacements ne se font ,dans la majorité des cas qu 1 à 2 semaines aprés. J’accuse les rectorats et l’éducation nationale de non respect des droit de l’homme ,car le droit du travail en est un.

                          Les raisons :

                          - signature des contrats au delà du délai légal de 2 jours ( contrats antidatés)

                          - payement des heures de vacation irrégulier et ne correspondant pas au heures effectuées dans le mois

                          - non payement du chômage dans les délais légaux (+ de 2 mois ,bien plus !)

                          - aucune indemnité de licenciement

                          - nombre de CDD hors la loi

                          - aucun courrier de licenciement

                          - Non respect du droit à la formation

                          - non respect des barèmes de recrutement )

                          L’ETAT : faites ce que je dis et pas ce que je fais ! Remarque : tous les contrats sont des CDD, comme quoi l’état ne respecte pas les règles qu’il impose aux entreprises privées.

                          EXEMPLES DE SITUATIONS ETRANGES Dans mon académie nous sommes restés plusieurs années sans inspecteur d’académie et lorsque enfin on en désigne un ,celui-ci prend comme première directive de ne pas faire de formation pour la préparation du concours réservé sachant que ce même concours ne sera pas reconduit l’année d’après ainsi que le concours interne. N’ayant pas respecté le droit de formation ,qui l’on retrouve comme jury au concours réservé 2005 ?Ce même IPR que l’on va payer à la journée. Ceci est un bon exemple de malhonnêteté intellectuelle.

                          Il faut savoir que les rectorats ne se soucient pas de l’avenir des enfants ; durant au moins 3 ans les élèves d’un collége où j’étais,sont restés sans cours de musique et de dessin (comptant pour le brevet en 4éme et en 3éme).Les différents IPRs ne sont jamais venus dans la période Septembre 1999-juin 2005, sachant que sur le poste il y avait un contractuel qui aurait sans doute voulu être conseillé .C’était trop loin pour eux ,alors que certains profs montaient tous les jours (50km de montagne+ travaux sur la route).

                          Nous ,20000 precaires de l’EN nous n’avons pas la possibilité d’attaquer nos patrons comme dans le privé.Tout ceci provoquera des drames comme la prise en otage ,dans une école, des élèves par un prof contractuel qui a pété les plombs.Je n’excuse pas son geste et ce n’etait sans doute pas la seule raison cet acte mais lorsque chaque fin d’année(aout) on ne sait pas si l’on aura du travail aprés les vacances(on le sait 2 jours aprés la rentrée),et que l’on ne peut pas prendre de credit ,et bien ! on ne se marie pas , on ne s’installe pas , on ne peut pas assumer des enfants( donc en avoir) ;En résumé on ne peut pas avoir de vie et il suffit de pas grand chose pour craquer. Cela fait des années que pour faire des économies, les différents gouvernements diminuent le nombre de professeurs.Pour information , je gagnais 1200 euros par mois.Si leur but était vraiment de mieux gérer le budget de l’éducation , ils regarderaient de plus prés les fortunes qui sont dépensées dans les IUFM où beaucoup de pêrsonnes sont payées à remuer du vent car les formations qu’ils proposent sont de plus en plus déconnectées des situations rencontées sur le terrain.Il faut savoir que la responsable de ces centres de formation a dit à la télè que les IUFM ne servaient pas à apprendre aux enseignants des methodes pédagogiques ;aussi on est en droit de se poser la question : à quoi servent ces gens et pourquoi les paye-t-on ? La grande majorité de ces formateurs sont des personnes qui ne veulent pas avoir à faire à des élèves , cela les obligerait à se remettre en question et à travailler. La deuxieme source de dépense que l’on pourrait réduire c’est celle allouée aux inspecteurs d’academies.Il y en a pour chaque matière et chacun d’eux a un nombre important de personnel sous ses ordres.Il ne faut surtout pas croire qu’ils font tout ; ils dechargent une partie de leur travail sur d’anciens profs qui , comme les formateurs d’IUFM, ne veulent plus avoir à faire aux élèves, il faudrait qu’ils corrigent des copies ,qu’ils préparent des cours, qu’ils remplissent des bulletins de trimestre,qu’ils assistent aux conseils de classe et surtout ,ils seraient obligés de fréquenter les parents d’élèves.

                          Tout ceci n’est qu’un état de fait , il n’ y a aucune exagération et si l’on vous dit le contraire ce n’est que de l’hypocrisie doublée d’un mensonge.

                          Nous ne sommes pas comptabilisés par les assedic car c’est les rectorats qui nous payent les indemnités.Pour avoir ces indemnités il faut fournir un papier de rejet des assedics.Il n’y a pas de convention entre les rectorats et l’unedic.

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