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Accueil du site > Actualités > Médias > Révolution Cantona : Jorion vs Lubochinsky

Révolution Cantona : Jorion vs Lubochinsky

Ce jeudi 2 décembre, sur France 3, l’un des sujets abordé dans l’émission Ce Soir Ou Jamais de Frédéric Taddéï était intitulé "Cantona et les banques". Il a principalement opposé l’économiste Catherine Lubochinsky et l’anthropologue Paul Jorion. J’ai trouvé ce débat fort intéressant à décrypter, car peut-être sans le vouloir, beaucoup de choses y sont dites. Voici mon décryptage.

Le débat est lancé par la diffusion d’un extrait du 19/20 de France 3. L’accroche du sujet ne fait pas dans la dentelle : "Après les autographes et le cinéma, le casse du siècle du système bancaire, c’est le nouveau créneau d’Eric Cantona."
 
Le "casse du siècle", vraiment ? Comme vous y allez, chers journalistes de France 3 ! Ainsi, Eric Cantona, ainsi que le collectif qui a repris l’idée qu’il a lancée "à la cantonade" lors d’une interview télévisée, serait un appel à faire un braquage dans une banque ? Voyons voir : si je comprend bien, aller récupérer NOTRE argent dans notre banque, c’est BRAQUER la banque ? Intéressant. On va le voir, ce raisonnement va être confirmé implicitement par Catherine Lubochinsky et explicitement par Paul Jorion dans la suite des propos qui vont être tenus tout au long du débat.
 
Madame Lubochinsky commence en disant qu’elle n’est pas inquiète, mais qu’elle ne trouve pas drôle du tout, cette idée de Cantona. Ah ? Mais donc, si ce n’est "pas drôle du tout", ne serait-ce pas qu’il y a là quelque chose d’un peu inquiétant tout de même ?
Elle enchaîne aussitôt par une énorme contre vérité, en répétant à nouveau ce mythe que "ce sont les dépôts qui font le crédit, donc s’il n’y a plus de dépôts, il n’y aura plus de crédit, donc tous ceux qui ont besoin de crédit à la consommation n’en auront plus". Enfin, je dis "mythe", mais en réalité, cette explication est en partie vraie bien sûr. Comme tout bon mensonge, il faut qu’il repose sur un fonds de vérité, histoire d’être crédible, et d’autre part sur l’ignorance des mécanismes du crédit contemporain - ignorance entretenue par le mythe de la "bonne banque". Elle continue en outre en nous expliquant que 75 % de l’activité économique est financée par les banques. Intéressant également, ça : cela confirme donc implicitement - pour ceux qui ont encore du mal à l’admettre - que ce sont bien les banques qui dirigent réellement notre société. On comprend mieux pourquoi de plus en plus de gens se lèvent en dénonçant l’inqualifiable subordination des représentants politiques aux milieux de la finance et des banques.
 
Puis, elle poursuit sur la sa lancée en nous disant que "ce n’est pas le moment de foutre la pagaille dans le système bancaire". Mais enfin, Madame Lubochinsky, je croyais que vous n’étiez pas inquiète ? Et là vous sous-entendez que ce serait foutre la pagaille ? ...
 
La suite devient drôle, lorsqu’elle avoue - non sans une certaine "gêne" (elle a broubelé) - "que certes, les banques ont sûrement commis des erreurs et sont, euh, un ... hum, enfin, une des composantes de la crise financière dans laquelle elles nous ont mis". Alors, faudrait savoir : les banques sont "une" des composantes de la crise ? Ou bien ce sont effectivement elles qui nous y ont mis ? Décidez-vous. Il va falloir "entre guillemets" les punir, dit-elle ensuite, "puisqu’elles ont fauté". Et que nous propose Madame Lubochinsky pour punir les banques (et accessoirement "comprendre ce qui s’est passé") ? Tenez-vous bien : aller voir un film ! Oui, vous lisez bien : en allant tous en cœur au cinéma voir "l’excellent" film Inside Job, nous punissons les banques (sic) ! Punir les banques en allant voir un film, fallait l’oser[1] : elle l’a fait ! Bravo Madame Lubochinsky, vous vous êtes surpassée. Mazette. Je comprend mieux le "punir entre guillemets".
Frédéric Taddéï demande alors si c’est possible d’aller, comme ça, dans les banques retirer son argent, si c’est aussi simple, ce à quoi Paul Jorion répond "non, on ne pourra pas parce que ce n’est pas comme ça que cela fonctionne". Et il explique : "ce que les gens oublient c’est que quand ils déposent leur argent à la banque, et bien ce n’est plus vraiment leur argent".
 
J’ai bien entendu, là ? Lorsque je dépose mon argent dans une banque, ce n’est plus vraiment mon argent ? Madre de dios ! Ce serait donc encore pire que tout ce que nous craignions, alors ? Mama mia ! Je comprend ce que voulait dire cette accroche du 19/20 de France 3 lorsqu’ils parlaient de "casse du siècle". En effet : si l’argent que nous déposons à la banque n’est plus "vraiment" notre argent, alors le retirer c’est effectivement braquer la banque. Oui, mais euh, non ! Non, non, non ! C’est mon pognon, bordel ! Je n’ai fais que le déposer à la banque parce que somme toute, dans le système actuel, ben je n’ai pas le choix : je suis pratiquement obligé d’avoir un compte en banque. Alors quoi ? Les banques nous volent nos sous ? Ben faut croire que oui, mon bon Monsieur. En tout cas, on en déduit au minimum qu’elles en disposent comme bon leur semble, et peuvent le cas échéant refuser de nous le rendre. Je sais pas vous, mais moi, oui, ça a tendance à m’inquiéter !
 
Jorion nous offre ensuite son interprétation des propos de Cantona : "Mais c’est pas ça, qu’il a dit Cantona, hein, c’est pas vraiment ça : il a dit "il faut faire la révolution". Il a dit "il faut faire la révolution", alors, c’est vrai que c’est un footballeur, c’est pas un technicien de la finance. Il ne va pas vous dire "ça fonctionne comme ça dans les banques, donc il faut faire comme ça". Il lance une idée en l’air. Il lance une idée en l’air pour dire "on en a marre", "on en a assez", "on en a plein le ..." Bon. (...) Il parle de la révolution, il ne parle pas des banques. Bon, alors il y a des gens qui ont pris ça au vol, alors lui, il va peut-être retirer son argent maintenant de la banque, (mais) c’est parce qu’il ne connaît pas de meilleur moyen pour le moment."
Ah ? Il ne parle pas des banques ? Tiens, pourtant, j’aurais cru ... Attendez, revoyons cette vidéo, voulez-vous : qu’est-ce qu’il a dit, Cantona ?
 
"(...)Tu parlais de la révolution : on (ne) va pas aller prendre les armes, on va pas aller prendre des "machins" (mitraillettes ?), on va pas aller tuer des gens. La révolution, elle est très simple, au contraire, à faire. Le système, c’est quoi ? Le système, il tourne autour des banques. Le système est bâti sur le pouvoir des banques. Donc il peut être détruit par les banques. C’est-à-dire qu’au lieu qu’il y ait trois millions de gens qui aillent dans la rue avec leurs "machins"(calicots), ils vont à la banque, ils retirent leur argent, et les banques s’écroulent. Trois millions... ou dix millions de gens. Et là, il y a une vraie menace, là il y a une vraie révolution. La révolution, elle se fait dans les banques. Et là, on commencera à nous entendre autrement."
Dix phrases et le termes "banque" est mentionné six fois. Alors, effectivement, Cantona parle bien de la révolution, nous sommes parfaitement d’accord. Mais lorsqu’il conclu par "la révolution, elle se fait dans les banques", vous ne pouvez plus dire que Cantona "ne parle pas des banques", qu’il "ne dit pas vraiment ça". Désolé de vous contredire, mais c’est ce qu’il dit, il ne tortille pas du cul, il dit : il faut vider nos comptes en banque, point barre. Paul Jorion modère cependant son interprétation en précisant que Cantona dit cela "parce qu’il ne connaît pas de meilleur moyen". C’est vrai, Cantona il est comme la plupart d’entre nous, simples citoyens, pas vraiment initié aux arcanes de la finance et à l’opacité du système bancaire.
 
On nous dit - comme le fait encore Lubochinsky - que "nos dépôts font le crédit", alors, quand on voit, comme Cantona, que les grèves, les manifestations, les syndicats, tout ce cirque ne sert plus a rien, qu’on se fiche du peuple et de ses revendications, qu’on renfloue les banques en dressant la facture aux peuples qui n’y sont strictement pour rien, ben qu’est-ce qu’on peut encore faire ?
 
Raisonnement par A + B : je récupère mon pognon à la banque. "Simplissime", nous dit à un moment Madame Lubochinsky. Ben oui, simplissime, précisément. Mais les choses simples s’énoncent clairement, que je sache, non ? Les idées les plus simples sont souvent les meilleures. Même d’Ockham l’affirmait, nous dit-on en cours de sciences.
 
Mais dites-moi, je pensais à quelque chose, là : que font les escrocs lorsqu’ils montent une arnaque ? D’abord, ils se font passer pour des personnes de confiance, membres d’un organisme au dessus de tout soupçon par exemple - au service du public si possible. Puis ils présentent un produit ou une solution simple, facile et avantageuse à un problème courant. Ils embobinent le pigeon par des propos mielleux, noient les réponses aux éventuelles questions clefs dans un charabia technique, puis lorsque le pigeon est ferré, ils lui font signer un document et l’affaire est faite. Le pigeon est cuit, le mouton tondu et l’alouette plumée. Curieux, ça me rappelle quelque chose. Mais quoi ?
 
Bon, revenons à notre débat. Jorion nous expose une idée d’action pour punir les banques. Il dit : "Je propose qu’on interdise les paris sur toutes les fluctuations de prix. Là, vous réduisez les moyens de la finance tels qu’ils sont maintenant, vous les réduisez de 80 % d’un coup et vous la cantonnez à faire des choses utiles." Okay. Peut-être. Pourquoi pas ? Moi j’y connais pas grand chose, moi. Lui, il a l’air de s’y connaître, alors oui, moi je veux bien. Mais je fais comment, moi, simple citoyen, pour "interdire les paris sur les fluctuations de prix" ? Je vais à la Bourse avec un grand calicot "INTERDIT DE PARIER SUR LES FLUCTUATIONS DE PRIX !" ? J’aurais pas l’air con, tiens (remarquez, j’ai l’habitude).
 
Lubochinsky réplique à cela par une mauvaise astuce de dialectique éristique qui tombe à l’eau, parce que Paul Jorion a visiblement l’air rompu à cet exercice. Et celui-ci de lui river son clou par une autre astuce à la Schopenhauer : l’argument technique. "Je dis : interdiction des paris sur les fluctuations de prix. Par exemple les "CDS position nues"[2], puisque vous voulez être technique." J’aime bien quand un débatteur s’y entend en dialectique et ne se fait pas avoir. Elle n’en menait pas large sur le sujet, du coup, la pauvre Madame Lubochinsky. Jorion one point - Lubochinsky zéro point. Elle ne recommencera pas.
 
Monsieur Taddéï, qui a tout de même dû, comme moi, cogiter depuis tout à l’heure à cette question de retirer son pognon de la banque, revient avec une question plus directe ; il veut savoir si oui ou non les banques sont tenues de nous rendre notre fric. Réponse collégiale : "Oui, mais pas immédiatement, pas instantanément." Madame Lubochinsky précise : "Sur un dépôt - sur un compte à vue - ils sont tenus de vous le rendre. Alors, il y a des limites "techniques" : au delà d’un certain montant, vous devez nous donner deux ou trois jours, ça dépend des montants." ... Des limites "techniques". Ben tiens. Foutredieu, je reste un indécrottable paysan, moi : dès qu’on me cause "technique", je deviens méfiant, c’est plus fort que moi. Et Lubochninsky de conclure : "Mais quel est l’intérêt de faire ça ? Aucun !"
 
Et là, Frédéric Taddéï va nous sortir un truc énorme ! "L’intérêt, vous le savez bien, c’est qu’il y a environ 1,5 milliards d’argent dans les banques, et sur les comptes courants, il y a 270 milliards, donc vous savez très bien que vous pouvez créer la panique."
 
Parle-t-il réellement d’argent "en banque" ou veut-il parler d’espèces "en circulation" (dont une partie serait en banque, et l’autre en circulation) ? Si quelqu’un peut déjà trancher ça ? Cantona, lui, parle de trois millions de personnes qui iraient chercher leur argent à la banque. Le collectif bankrun2010 propose, lui, de retirer son argent des comptes d’épargne et comptes courant. Si effectivement 3 millions de Français (soit environ 5 % de la population Française, seulement) allaient retirer leur argent, ils pourraient en moyenne retirer chacun 500 euros. Cinq cents euros par personne, pour vider un compte courant et/ou un compte d’épargne, c’est pas beaucoup, hein. Et vlan ! plus un kopeck en banque ? Si c’est vrai, alors Cantona a indéniablement raison. Par "sécurité", il monte même le nombre de personnes à dix millions, mais même avec trois millions, on y arrive. Il y a environ 4,6 millions de sans emploi en France : si chacun d’eux allait retirer le même jour 325 euros, les banques seraient vidées ... Là, ceux qui croient encore que les simples citoyens n’ont aucun moyen de faire trembler les banques par le simple retrait de leurs fonds, ben je ne sais pas ce qu’il leur faut.
 
Bon, d’accord, il n’y aura peut-être en réalité qu’entre 50 et 100 fois moins de gens qui iront réellement retirer leur fric le 7 décembre. Le système ne s’écroulera pas. Pas encore. Mais il va se prendre une bonne petite douche froide. Comme quand on se prend un verre à la figure. En fait, ils savent, eux. Ils savent qu’ils sont fragiles, et que si on veut, on les tient par les couilles. Cela va être démontré par la suite dans le débat.
 
Madame Lubochinsky nous explique alors que l’on appelle cela effectivement un "bank run" (course au guichet en français). Elle nous dit : "En général, ces courses aux guichets se produisent quand il y a une incertitude sur la qualité de la banque." Oui, Madame Lubochinsky, exactement : "une incertitude sur la qualité de la banque", c’est bien de cela qu’il s’agit. Vous ne croyez pas que l’on a largement de quoi avoir des "incertitudes sur la qualité des banques", après le bordel de 2007 qui nous a plongés dans la crise où nous sommes encore en ce moment ? Vous ne croyez pas qu’il y a une incertitude sur la qualité de la banque quand on voit qu’il faut à grands coups de "rigueur budgétaire" des états, voter en force des plans de sauvetage en Grèce, en Irlande, et demain, où ça ? Le Portugal, l’Espagne, la Belgique et pourquoi pas la France, même ? Bon, alors.
 
En fait, personnellement, j’ai bien l’impression que le pire va effectivement venir. Je pense que le premier semestre, peut-être même le premier trimestre 2011 verra le système s’effondrer, lorsque le dollar dégringolera. Ce que de toute façon, tôt ou tard, il fera ! Alors tant qu’à faire, autant retirer ses billes avant que cela n’arrive, sans quoi, effectivement, on sera doublement baisés.
 
Sur ce, Paul Jorion ne nous rassure pas, en répondant à Frédéric Taddéï que oui, cela se produit, il l’a même vécu chez IndyMac, en Californie. "C’est possible, et c’est le talon d’Achille du système bancaire", précise-t-il, confirmant ce que je déduisais ci-dessus. Madame Lubochinsky ne dit pas autre chose, en parlant elle d’un autre exemple de bank run, daté de 2007, en Angleterre, avec la banque Northern Rock, "qui avait simplement un problème de liquidités, qui est un problème vieux comme le monde dans les banques", dit-elle. Ah bon ? Un problème vieux comme le monde ? Vous m’en direz tant.
 
Comprenant que les propos de Paul Jorion concernant le retrait d’argent à la banque sont de nature à faire peur aux citoyens, Madame Lubochinsky revient sur le sujet : "(...) je m’inscris en faux, je suis désolée : les dépôts des ménages, c’est de l’argent qui leur appartient (aux simples citoyens, ndlr) et la banque les leur rend immédiatement" nous dit-elle. Nous voilà rassurés. Quoique : les exemples ne manquent pas - même en dehors de bank run (je n’en ai jamais connu de mon vivant) - où la banque rechigne à rendre l’argent. J’en ai objectivement connus, notamment avec la Caisse d’Epargne Écureuil, en France. Pour des raisons "techniques" a-t-on répondu à ma compagne, après lui avoir simplement dit "on ne peut pas" sans autre explication (agence de Sedan). Alors à choisir qui je vais croire entre les propos rassurants de Lubochinsky et ceux inquiétants de Jorion, je pense que les faits penchent hélas pour le dernier.
 
Madame Lubochinsky, mise sur la sellette par Jorion, se défend en expliquant : "Je comprend que les inégalités ce sont extrêmement accrues au cours de ces vingt dernières années à cause du développement de la finance. Ceci étant, ceux qui vont aller - et ceux qui seront le plus pénalisés ! - par des problèmes dans les banques, ce ne sera pas les personnes aisées, ce sera la catégorie des gens les moins aisés." Et que propose-t-elle pour punir les banques ? A part aller voir un film didactique qui nous explique comment le monde de la finance nous plume ? "Vous voulez punir les banques, Monsieur Jorion, c’est pas compliqué, vous limitez l’effet de levier GLOBALEMENT." Très bien, Madame Lubochinsky : par un "effet de levier". C’est que je suis un simple paysan, moi, voyez-vous. Quand on me demande quel est ma culture, je répond "la betterave". Un "effet de levier", je sais ce que c’est : pour soulever mon tracteur, par exemple. Mais pour protester contre les banques et les punir, par contre, je vois pas trop. Sauf à utiliser une barre à mine pour défoncer les portes de mon agence. Ce n’est pas ça que vous suggéreriez, par hasard ? Non, pas vous. Vous êtes raisonnable, Madame Lubochinsky, vous nous dites, en sommes, que le gouvernement peut punir les banques par un "effet de levier" (un terme technique des arcanes financière, j’imagine). Puis ensuite, vous nous dites que de telles mesures seront impossibles (ou inefficaces) car elles ne peuvent pas être prises GLOBALEMENT "parce qu’en même temps, chaque pays essaye d’être le plus compétitif, d’avoir la place financière la plus compétitive. Il y a donc un conflit d’intérêts entre les régulateurs eux-mêmes, et les gouvernants ont un conflit d’intérêts eux-mêmes". Donc les mesures que vous préconisez ne seront JAMAIS prises, et vous le savez pertinemment. Donc nous sommes impuissants.
 
Attention, chère Madame Lubochinsky, attention ! Jeu dangereux ! Vous semblez méconnaître ce proverbe qui dit que "La violence est le dernier recours de l’impuissance". Si vous nous convainquez que nous sommes impuissants face à l’incurie et le dictat inacceptables des banques et de la finance, vous risquez fort de récolter, non plus de la colère... mais de la violence ! Curieusement, j’ai comme dans l’idée que cela ne déplairait pas à certains, que le peuple se déchaîne quelque peu de façon violente : cela justifierait le déploiement de forces de répression et la prise de mesures encore plus liberticides que celles déjà prises jusqu’ici (lois spéciales contre le terrorisme). Tout droit vers un régime ultra répressif, proto dictatorial. Le seul, en sommes, qui soit encore en mesure de sauver les banques, le monde de la finance et les privilégiés qui en tirent profit face à la révolte légitime des peuples. Comme une sensation de déjà vu, non ?
 
L’écrivain Percy Kemp, qui était également présent sur le plateau, a très peu parlé, mais je ne voudrais pas vous priver de son intervention, qui allait dans le même sens que celle de Paul Jorion. Il dit notamment : "(...) quand Eric Cantona dit "au lieu qu’il y ait trois millions de personnes qui aillent dans la rue, il faut qu’il y en ait trois millions à la banque", il parle symboliquement en ce sens que ce qu’il veut dire, c’est "si vous en avez marre, il faut sortir du système". Madame parle de carte de crédit ou de crédit à la consommation, mais ce que Cantona dit, c’est qu’il ne faut plus vouloir tout ça, finalement." Encore une fois, je ne crois pas que Cantona parle symboliquement. Je sais ce qu’est un symbole, et ce que Cantona dit n’a rien de symbolique. Cela dit, je suis d’accord sur votre interprétation : il faut sortir du système. De ce système. Il ne s’agit pas de le "réformer" : il est in réformable. Il faut donc le faire s’écrouler pour en sortir, parce que nous sommes aliénés à ce système, que nous le voulions ou non. Il agit tel un égrégore sur nos vies, et nous sommes enchaînés à ce système. Comme les humains de la trilogie Matrix sont enchaînés et aliénés à La Matrice. Comme le dit très bien Percy Kemp en conclusion : "l’appauvrissement n’est pas dû à une diminution des richesse, mais uniquement une augmentation de l’avidité". L’avidité, l’égoïsme et l’individualisme forment le cœur de l’idéologie libérale, c’est sur ce moteur que repose la base de son édifice doctrinal. Par essence, ce système porte en germe le fruit de ses excès. Ce n’est pas un bon système, ni un projet de société souhaitable. Il convient donc d’en changer. Non pour une raison idéologique, non pour une raison morale ou éthique (encore qu’il y aurait des choses à en dire tout de même) mais pour une raison pratique et factuelle : cela ne fonctionne pas !
Paul Jorion conclu en évoquant le syndrome Robin des Bois. "C’est un type de personnage que l’on vous apprend à admirer, quand vous êtes petit, et vous avez peut-être envie, un jour, de devenir un Robin des Bois. Alors quand l’occasion vous est donnée, vous l’utilisez."
 
Catherine Lubochinsky répond que Paul Jorion mélange tout, que c’est un problème de société. Mais oui, Madame, c’est un problème de société, vous avez raison. Dans une société, tous les facteurs interagissent entre eux, ils sont interdépendants, par conséquent, il n’est pas ici question de "tout mélanger" : tout est intriqué. Oui, Madame Lubochinsky, c’est un problème de société.
 
Et cette société, nous allons la changer, parce que nous n’en pouvons plus de la vôtre.
 
Conclusions
 
Ce mardi 7 décembre (jour probable de diffusion du présent article), nous aurons une idée de la mobilisation à ce bankrun2010, et on saura quel impact il aura sur les banques.
 
Personnellement, j’ai fais le choix d’y participer, et même de poursuivre le mouvement par toute une série de mesures simples, qui visent toutes à me retirer au maximum du système bancaire tel qu’il existe. Totes choses concrète qui demeure à ma portée de simple citoyen.
 
Premièrement, j’ai demandé l’annulation d’une "facilité de caisse" (crédit déguisé, à près de 12 % d’intérêts), "facilité" à laquelle je n’ai d’ailleurs jamais souscris : elle m’a été "accordée" (gracieusement, j’imagine ?). On peut d’ailleurs s’interroger sur la légalité de cette façon de faire : n’ayant jamais rien signé relatif à cette "facilité de caisse", ne suis-je pas en droit de réclamer tous les intérêts qui m’ont été ponctionnés ? Il y a là une piste à suivre pour un avocat d’affaire désireux d’aider les simples déposants (on est des millions dans le cas). L’appel est lancé.
 
Deuxièmement, j’irai retirer quelques deux cent euros (ce qui me reste), ne laissant que moins de cent euros, pour les payement d’urgence.
 
Troisièmement, je vais envoyer une lettre à mon banquier.
 
Quatrièmement, je continuerai à l’avenir à ne laisser que le strict minimum sur mon compte courant, et je ne souscrirai pas de compte d’épargne (ce serait idiot, ils tournent à plus ou moins 1.5 % alors que l’inflation tourne à plus ou moins 3 %).
 
Cinquièmement, je ne vis plus à crédit. Finit les emprunts, finit le crédit à la consommation, finit de payer deux fois le prix des choses. Quand j’achète, je paye cash, et en liquide de préférence : là, on sait ce qu’on dépense, on a un vrai rapport - physique - avec l’argent. L’impact sur la prise de conscience de la valeur des choses est tout de suite très nette.
 
Sixièmement, je cogite à une proposition visant à mettre en place un autre système, une autre façon de construire les échanges dans une société. Et pour l’action immédiate, je réfléchit à ce qu’il convient d’exiger au monde bancaire, et à la meilleure façon d’utiliser notre propre "effet de levier" : la récupération massive de nos billes. Comme le dit Cantona : là on nous entendra autrement !


[1] notez, dans l’extrait que je met en lien, qui voyons-nous interviewée ? Une certaine Christine Lagarde ...
[2] Credit–Default Swaps

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156 réactions à cet article    


  • Tassathée Tassathée 6 décembre 2010 10:56

    Bonjour,
    D’accord avec la critique des intervenants, mais le bankrun ....
    Franchir le pas en ayant 300 euros en banque, ok, je comprends qu’il n’y ait guère d’hésitations à avoir.
    Mais qu’en est-il des petits épargnants ? de 5 000 à 15 000 euros, il me paraît plus difficile de convaincre les gens de rempailler leurs oreillers avec autant de fric.
    Pour séduire cette catégorie de partenaires (qui aurait tout de même un sacré poid) il me semble qu’il faut un peu plus de solutions immédiatement concrêtes et alternatives.

    Ce bankrun organisé à la hâte (oui 02 mois pour l’effondrement d’un systême plusieurs fois centenaire c’est court), avec pour seule campagne facebook et quelques sites internet (heureusement les médias vous ont filé un coup de pouce même si l’intention était surement tout autre), c’est bâclé et ça ne peut qu’effrayer les 80% de français qui serait pourtant avec vous avec plus de pédagogie.
    On ne fait pas une révolution comme un apéro facebook (genre on verra si ça marche, sinon on en refera un).
    Il faut penser l’avant (la campagne informative et pas que sur le net) le pendant (expliquer par exemple que faire de l’argent récupérer) et l’après (les conséquences d’une réussite pour le citoyen moyen).
    Sans celà aucune mobilisation conséquente n’est possible, et surtout celà signifirait une action mature et réfléchie et serait moins facilement discrédibilisable dans les médias


    • Morpheus Morpheus 6 décembre 2010 11:15

      Vous avez en partie raison, il conviendrait de donner des pistes sur « que faire avec les épargnes » que l’on souhaite soustraire.

      S’il s’agit d’une somme de l’ordre de 10000 à 15000 euros, comme vous le suggérez, je proposerais simplement de les retirer du comptes-épargne (en espèces) et de déposer cette somme dans un coffre à la banque : placé dans un coffre (et non sur un compte), cet argent est retiré de la circulation ; il existe toujours, mais « il dort » comme on dit, dans un coffre - et la banque n’en dispose plus.

      Autre solution, convertir cette liquidité en lingots d’or ou argent (pas en bon à valoir, ni en action-or / argent, elles sont bidon : les banques offrent des actions or / argent pour 100 fois la quantité existant réellement au monde ! donc, en choisissant cette option, changer la liquidité en or ou argent véritable. Et placez-le dans un coffre.

      Autre solution, transférer le montant de votre épargne sur un compte en Suisse. Pourquoi la suisse ? L’argent « virtuel » de votre compte est convertit en Francs Suisses et retiré du système bancaire européen (c’est cela le but). Ce transfert est légal s’il est déclaré au fisc (et ne constitue dès lors pas un indice de fraude fiscale).

      Il y a peut-être d’autres solutions, à chacun aussi de se renseigner, de s’informer et de trouver une façon utile de transformer cet argent virtuel en bien réel (terre, habitat, ...)

      Concernant l’après mobilisation, il y a des actions à penser, en effet (je m’y attèle). Une piste : exiger la nationalisation des banques de dépôt et l’interdiction pour celles-ci d’être liée aux banques d’affaire ou d’utiliser leurs fonds pour spéculer sur les marchés financiers (investissement uniquement dans l’industrie réelle, l’infrastructure, etc. - le monde réel, les projets concrets, pourquoi pas des projets environnementaux, comme le fait la banque Triodos). Ensuite, chose essentielle : réclamer le contrôle de la monnaie nationale.


    • Traroth Traroth 6 décembre 2010 11:39

      Ce qu’il faut avant tout, ce sont des dirigeants politiques qui ne soient pas à la solde des banques, et qui ne décideront pas en cas de succès de l’opération que c’est au contribuable de renflouer les banques !


    • franchamont franchamont 6 décembre 2010 14:19

      @ Morpheus : Merci pour cet excellent article qu’il fallait faire,. Toutefois il y manque la question « Que Faire à la place avec son argent ? » comme le dit justement Tassathée avec des remarques que j’approuve entièrement.

      Vous dites : « déposer cette somme dans un coffre à la banque : placé dans un coffre (et non sur un compte), cet argent est retiré de la circulation ; il existe toujours, mais »il dort« comme on dit, dans un coffre - et la banque n’en dispose plus ». 

      Cela ne peut être qu’une solution transitoire. Si la somme protégée n’est pas très élevée le coût de location du coffre sera prohibitif en comparaison. C’est bon si on veut y planquer une bonne quantité de métal physique, surtout de l’or. Mais c’est une très mauvaise idée de conserver des billets de banque car la dévaluation est inéluctable, même sur toutes les monnaies.

      Car les choses vont de plus en plus mal. L’information ne manque pas sur AV avec deux autres bons articles ce même jour (comme quoi tout se précipite !) :

      et

      c’est-à-dire la dévaluation corollaire de l’euro et la chute des autres monnaies qui vont toujours tenter de se ré-aligner sur les autres pour protéger les exportations. Ce qui nous amène à la solution tant désirée des globaliste : la monnaie mondiale. Elle sera basée sur l’or, lequel vaut de plus en plus cher. Les banques ont fait disparaître l’or des états et nous ne savons où il est ; peut-être sous prétexte de se garantir contre la dette des états qu’ils ont provoquée. Ils vont le ressortir au moment qui leur sera opportun, lors de la création de la monnaie globale probablement et en faire la base consolidée de leur immense pouvoir mondial.

      Qui détient l’or (ou l’argent par extension) sera le plus fort. En avoir un peu aidera bien. Avis aux petits épargnants !

    • franchamont franchamont 6 décembre 2010 14:44

      A ce sujet, pour les anglophones, suivre la campagne lancée par Max Keiser, analyste et activiste financier smart (et cool en plus) sur son site maxkeiser.com où vous retrouverez toutes ses apparitions sur la chaîne Russia Today de plus en plus suivie dans le monde anglo-saxon. Vous y trouverez beaucoup de nouvelles sur la campagne et des liens vers les vidéos parues sur YouTube de gens montrant toutes les pièces et lingots qu’ils ont achetés pour tuer JP Morgan.

      La campagne a un franc succès et le prix de l’argent est déjà monté en flèche à près de 30 dollars US l’once.

      Elle consiste à ce que le plus de monde possible achète des pièces ou des lingots d’argent afin de faire tomber JP Morgan et peut-êtres d’autres institutions financières qui ont vendu de l’argent sous contrats « futures » (promesses, càd argent-papier) alors qu’ils n’en ont pas assez pour les couvrir (very short positions). Le but est aussi de se protéger individuellement car le prix de l’argent physique tend à se séparer (à la hausse) de l’argent-papier qui va s’écrouler lorsque cette bulle va éclater.

      Il devient de plus en plus difficile de trouver le métal physique et les vendeurs prennent de plus en plus de commissions (ce qui crée déjà une hausse réelle sur le métal physique). Dépêchez-vous.

    • Blartex 6 décembre 2010 14:54

      Traroth,

      Ce qu’il faut avant tout, ce sont des dirigeants politiques qui ne soient pas à la solde des banques

      Ah bon, vous en connaissez ?


    • Morpheus Morpheus 6 décembre 2010 15:11

      @ Franchamont

      "Cela ne peut être qu’une solution transitoire. Si la somme protégée n’est pas très élevée le coût de location du coffre sera prohibitif en comparaison. C’est bon si on veut y planquer une bonne quantité de métal physique, surtout de l’or. Mais c’est une très mauvaise idée de conserver des billets de banque car la dévaluation est inéluctable, même sur toutes les monnaies."

      Oui, vus avez absolument raison et faites bien de le précisez, il s’agit en effet d’une solution provisoire, c’est bien ainsi que je l’entendais. L’idée est de soustraire ces montants des actifs bancaires afin d’obtenir un moratoire de citoyens à banques (et de citoyens à gouvernants) afin de refonder (et non réformer) le système bancaire et d’échanges.

      Cordialement.



    • xbrossard 6 décembre 2010 15:29

      @l’auteur


      « Concernant l’après mobilisation, il y a des actions à penser, en effet (je m’y attèle). Une piste : exiger la nationalisation des banques de dépôt et l’interdiction pour celles-ci d’être liée aux banques d’affaire ou d’utiliser leurs fonds pour spéculer sur les marchés financiers  »

      laisser tomber ; tant que vous n’aurez pas le pouvoir, vous n’avez rien à exiger. La solution de Cantona a du succès simplement parce que c’est la seule solution où les citoyens ont un moyen d’action, sans passer par leur élus qui ne représentent qu’eux même et l’oligarchie. Même Paul Jorion, pourtant très bon dans son domaine, n’arrive pas à se sortir du carcan de l’illusion démocratique : sa solution nécessiterait qu’il ai un quelconque pouvoir, ce qu’il n’a pas. Et de toute façon l’oligarchie, grande gagnante de la crise actuelle, ne changera pas les règles.

      A la limite, une autre solution serait que tout le monde transfère ses fonds vers une banque coopérative, en espérant qu’elles ne soient pas pourris comme les autres...


    • Philou017 Philou017 6 décembre 2010 16:09

      Il y a la solution de déposer son argent dans une vraie banque coopérative :

      Crédit Coopératif :
      http://www.credit-cooperatif.coop/

      La Nef :
      http://www.lanef.com/epargner/autres_services.php

      Eventuellement Triodos en Belgique :
      http://www.triodos.be/fr/particuliers/
      http://www.belsif.be/default.aspx?ref=ACAAAH〈=FR

      Voir les commentaires sur cette page de Rue89 :
      http://www.rue89.com/blog-justice/2010/12/04/allez-cantona-chiche-on-cree-notre-banque-179158


    • franchamont franchamont 6 décembre 2010 18:49

      Crédit Coopératif ? Coopératif, vrai ou faux ?

      Je m’en suis bien méfié, l’an dernier il me semble, quand j’ai vu leurs pubs lors du lancement. J’étais allé voir leur affiliation, et bien je viens d’en retrouver la confirmation :


       BPCE (voir à l’onglet C-D) : 

      Le Crédit Coopératif est une des très nombreuses entreprises du groupe Banque Populaire - Caisse d’Epargne.

      Moi ça me fait froid dans le dos, rien que de constater le culot de s’être accaparé ce nom, ce titre ! Peut-on encore leur faire confiance ?

      Quelle rigolade ! Ils ont prévu que le peuple rechercherait une banque de style coopératif dans sa révolte contre les abus des banques. Ils en ont vite pris le nom et ils tentent de récupérer la clientèle écœurée des autres banques, dont les leurs !

      Mais où vont donc les réels profits du Crédit Coopératif ? Avez-vous étudié la question. Moi je me méfierais.

    • Morpheus Morpheus 6 décembre 2010 18:57

      Franchamont, je pense que vous avez raison de vous méfier. C’est un réflexe plus que sein de nos jours.

      Je crains que votre suspicion soit hélas justifiée, et qu’ils n’aient envisagé un replis vers des « banques coopératives ».

      La solution ? Créer nous-même une banque coopérative.


    • Thierry 6 décembre 2010 19:31

      Merci, Tassathée,
      voilà la rigueur qui manquait à la révolution indispensable de Cantona. Il faut continuer dans ce sens, sinon tout ça ne sera qu’un feu de paille qui ne sera pas pris au sérieux.


    • franchamont franchamont 6 décembre 2010 19:44

      « La solution ? Créer nous-même une banque coopérative. »

      Ah, ah, oui, en attendant de meilleurs temps, chacun peut se faire lui-même sa banque de dépôt coopérative personnelle ou en famille si la confiance y règne.

      On trouve facilement des kits de construction de banque qui incluent en général une bèche, une truelle, un bac en plastique souple, un quart de sac de mortier rapide, 28 briques rouges et une grande tuile pour les petits modèles. Plus un mode d’emploi et quelques bonnes adresses où acheter des métaux précieux fiables. Seule compétence requise : avoir un peu de muscle pour creuser un bon trou dans le jardin ou le fond de cave, savoir compter jusqu’à mille et faire une multiplication de tête pour vendre une ou deux pièces sur le marché noir des métaux sans se faire arnaquer avant d’aller faire les courses.

      Rien qu’à voir ces jolies graphes, on pourra acheter ou fonder une petite banque suisse dans peu d’années :

      L’or en 10 ans

      L’argent en 10 ans

      L’argent en un an

      Le Franc suisse en 10 ans


    • Philou017 Philou017 6 décembre 2010 20:29

      Franchamont : vous êtes léger. Essayez de voir plus loin que la 1ere page web venue.

      Le crédit populaire est un tres vieil organisme :

      1893 : Création de la banque des associations ouvrières, qui est devenue ensuite la Banque des coopératives ouvrières de production,puis Banque française de Crédit Coopératif puis Crédit Coopératif.

      1938 : Création par l’État de la Caisse Centrale de Crédit Coopératif, organisme professionnel et coopératif de financement des scop et coopérative de consommation.

      1969 : Début du Groupe Crédit Coopératif par rapprochement de la banque des Scop et de la Caisse centrale de Crédit Coopératif, aux métiers complémentaires. Création de la banque française de Crédit Coopératif.

      http://fr.wikipedia.org/wiki/Cr%C3%A9dit_coop%C3%A9ratif

      Il est vrai que depuis 2002, le crédit coopératif a signé un accord avec le groupe Banque populaire :

      2002 : En raison d’une réglementation bancaire rendant difficile l’existence d’établissements de taille moyenne isolés, le Crédit Coopératif rejoint un groupe bancaire coopératif. Il signe un protocole avec le Groupe Banque Populaire. Il entre au capital de la Banque fédérale des Banques Populaires, adopte le statut de société coopérative anonyme de banque populaire et devient une société mère de ce groupe bancaire coopératif. Transfert de la compétence d’organe central de la Caisse centrale à la BFBP.

      Je ne vois pas où est exactement le problème. Il n’y a pas de signes que la politique du CC depende de la Banque Populaire.Historique tiré du site :

      Historique

      Le Groupe a deux origines très anciennes  : d’une part la création de la Banque coopérative des associations ouvrières (1893) et, d’autre part, celle de la Caisse Centrale de Crédit Coopératif (décret de 1938), destinée à financer les coopératives de production et de consommateurs. Jusqu’à la fin du XXe siècle, en effet, l’État favorisait souvent le financement à long terme des investissements via des institutions financières spécialisées. La Caisse Centrale, bien que contrôlée par l’État, était un établissement coopératif : ses emprunteurs étaient aussi ses propriétaires.

      Après la loi bancaire de 1984, le Crédit Coopératif a entamé une activité de banque à proprement parler. A la fin des années 1980, il a fait le choix de ne pas rester cantonné dans des activités de financement spécialisé et a décidé d’offrir des services à tous ses clients, de plus en plus nombreux.
      Le sociétariat a donc pris une réelle ampleur et la Déclaration de Principes de 1984 est venue souligner les principes coopératifs du Groupe et les traduire par une organisation spécifique de sa gouvernance (une vie coopérative et une vie associative) et une logique de partenariats avec des Mouvements.

      Depuis 1989, le Crédit Coopératif mène une croissance organique sur des bases solides. Quatre opérations de croissance externe sont venues augmenter ses forces dans les années 1990 : la GMF Banque, la BTP Banque, Pommier Finindus et La Banque de l’Entreprise, lui donnant un nouveau périmètre d’action et permettant de doubler le chiffre d’affaires.

      En 1999, des accords ont été passés avec la SDR Nord-Pas de Calais et des engagements forts ont été pris dans des organismes solidaires, comme la Nef, l’Adie et la Caisse Solidaire du Nord-Pas de Calais. Ces opérations ont permis un ancrage plus fort dans les régions.
      Le Crédit Coopératif a étendu son action à un nombre plus important de particuliers et de PME. Durant cette phase de croissance, tout a été fait pour que les clients entrent dans la vie coopérative.

      En 2002, compte tenu d’une réglementation bancaire rendant difficile la vie des établissements de taille moyenne isolés, le Groupe Crédit Coopératif a décidé de s’arrimer au Groupe Banque Populaire, un groupe coopératif comme lui, dont il est devenu l’une des maisons mères. La Caisse et la Banque ont fusionné dans le Crédit Coopératif, banque pleinement coopérative. Le Groupe Crédit Coopératif, c’est déjà 115 ans d’action d’une coopérative bancaire au service d’une économie responsable.

      En août 2009, le rapprochement du Groupe Banque Populaire et du Groupe Caisse d’Epargne donne naissance au Groupe BPCE qui est désormais l’organe central du Crédit Coopératif. 

      http://www.credit-cooperatif.coop/le-groupe-credit-cooperatif/qui-sommes-nous/historique/

      D’autre part :

      Le Crédit Coopératif est une banque coopérative. Comme toute coopérative, elle appartient à ses sociétaires qui ont la double qualité d’associés (apporteurs de capital) et d’usagers. Les parts sociales représentent près de 80% du capital du Crédit Coopératif. Les 20% restants sont constitués des CCI, détenus par Natixis. C’est d’abord une coopérative de personnes morales (associations, coopératives, PME) qui ont la totalité des droits de vote en assemblée selon le principe démocratique « une personne, une voix ». « Le droit de vote [...] n’est pas proportionnel au capital détenu, preuve que la personne prime sur le capital »[2]. Depuis quelques années, le Crédit Coopératif s’ouvre aussi aux personnes physiques. Celles-ci sont clientes et sociétaires par souscription de parts C, parts à intérêt prioritaire mais sans droit de vote.
      http://fr.wikipedia.org/wiki/Cr%C3%A9dit_coop%C3%A9ratif

      Il me semble clair que si il y a eu une fusion avec les banques populaires, qui est aussi un groupement coopératif, le Credit populaire a gardé son autonomie.

      Maintenant si vous voulez rester dans l’idéalisme le plus abscons, vous pouvez créer votre banque. Je veux dire par là que le Crédit Coopératif ne me parait pas participer à la spéculation et au casino boursier, comme bien d’autres, et me parait bien plus sain.

      Je pense qu’avant de vous en prendre à un organisme qui a fait ses preuves, vous devriez être un peu plus prudent. Et il me parait que même les gens qui ont une philosophie humaniste ne peuvent guére agir complètement en dehors du système.


    • Traroth Traroth 6 décembre 2010 20:40

      @Blartex :


      « Ah bon, vous en connaissez ? » : Mélenchon bénéficie encore du bénéfice du doute, surtout depuis que j’ai lu « Qu’ils s’en aillent tous », mais là n’est pas la question. Ce que je dis, c’est que si l’initiative de Cantona réussit, c’est encore les pauvres qui seront lésés au final, parce que les politiques en poste sont pourris.

    • Philou017 Philou017 6 décembre 2010 20:51

      Plus de renseignements :

      Le Groupe Crédit Coopératif est un groupe bancaire coopératif. Il est organisé autour d’une banque nationale, le Crédit Coopératif, société coopérative anonyme de Banque populaire à capital variable, présente dans toutes les régions de France.
      La vocation du Crédit Coopératif, précisée dans sa déclaration de principes, est de « concourir au développement des personnes morales qui composent l’économie sociale ».
      Ainsi est-il la banque de référence de l’économie sociale, des entreprises coopératives ou groupées, des associations, des mutuelles, des SEM, des organismes paritaires, de l’ensemble des organismes au service de l’intérêt général, qui interviennent dans tous les domaines : sanitaire et social, culture, logement social, protection sociale, distribution, industrie, ... Le Crédit Coopératif travaille en lien étroit avec les mouvements qui les fédèrent et met son expérience au service des PME-PMI de tout secteur.
      Parmi ses sociétaires, beaucoup sont des acteurs de la solidarité, qu’elle soit sociale, économique, humanitaire… De cette proximité est née un engagement en matière de finance solidaire qui a donné naissance à la gamme la plus complète de produits solidaires proposée aux particuliers en plus de tous les produits et services classiques.
      Le Crédit Coopératif est une banque coopérative : ses sociétaires sont essentiellement des personnes morales clientes, des entreprises aux statuts très divers : associations, coopératives, mutuelles, PME - PMI adhérentes de coopératives, etc. Ils détiennent la majorité du capital de la banque et l’intégralité des droits de vote. Leurs représentants composent le conseil d’administration. Le Crédit Coopératif est leur banque, ils en sont les seuls « actionnaires » et les relations qu’ils entretiennent sont de nature partenariale ; elles s’inscrivent dans la durée et dans un mode de gouvernance participatif qui va bien au delà des obligations de son statut.
      Le Crédit Coopératif est un pionnier et un leader en matière de finance solidaire et en particulier de microfinance. Par nature et par choix, il partage avec l’ensemble des entreprises d’économie sociale une vision responsable de l’économie. Il est acteur d’un développement durable
      http://www.mutuellefr.org/credit-cooperatif-une-banque-cooperative-francaise-s663.html

      Le Crédit Coopératif est un pionnier et un leader en matière de finance solidaire et en particulier de microfinance. Par nature et par choix, il partage avec l’ensemble des entreprises d’économie sociale une vision responsable de l’économie. Il est acteur d’un développement durable..

      La Fondation Crédit Coopératif met en œuvre la politique de mécénat du Groupe, naturellement tournée vers le soutien et la promotion des entreprises d’économie sociale et de l’économie sociale en tant que telle.

      « Coopératif » n’est pas un vain mot, c’est un projet de solidarité économique où d’autres critères que la rentabilité maximale ont leur place : la qualité du service, l’intérêt général, la plus-value sociale…

      http://www.ldh-france.org/Credit-cooperatif

      Oui, vous avez raison, le Groupe Crédit Coopératif actuel est né de la fusion, en 2003, de deux établissements, une banque coopérative « le Crédit coopératif » et une union de coopératives, la « Caisse centrale de Crédit Coopératif ».
      Ces deux entités coopératives, nées pour financer des coopératives, s’étaient rapprochées en 1970 ; elles étaient depuis étroitement liées et formaient déjà un groupe. La fusion en question était donc une affaire interne, de famille ! Plutôt de l’ordre d’une simplification de structures.

      Les origines du Groupe remontent ainsi à la fin du XIXe siècle, avec la création par des coopérateurs en 1893 de leur propre banque, ancêtre de la banque devenue ensuite Banque Française de Crédit Coopératif puis Crédit Coopératif.

      La Caisse Centrale de Crédit Coopératif avait, elle, été créée par décret en 1938 pour gérer des fonds d’Etat destinés à financer les investissements, à l’origine, des coopératives de production et de consommation.
      Ces établissements, dont les champs de compétence s’étaient progressivement élargis, s’étaient rapprochés en 1970 pour former un groupe répondant à l’ensemble des besoins bancaires de leurs sociétaires, essentiellement des personnes morales.

      La loi bancaire en 1984 avait érigé la Caisse centrale en organe central, c’est-à-dire qu’elle avait une mission de contrôle et de garantie pour les établissements de crédit qui étaient proches d’elles, le plus souvent coopératifs, le plus souvent gérés avec un mouvement de sociétaires. En entrant dans le Groupe Banque Populaire, cette fonction réglementaire a été transférée de la Caisse centrale à la Banque Fédérale des Banques Populaires, ce qui a permis une simplification des structures du Groupe Crédit Coopératif...

      http://www.mycoop.coop/no_cache/sinterroger/question

      Leur page Facebook


    • JahRaph JahRaph 6 décembre 2010 21:05

      Excellent article !! J’avais relevé l’ineptie de la proposition d’aller voir un film pour punir les banques...

      Sinon, pour ceux qui ont beaucoup d’argent à retirer, il ne s’agit pas de les glisser sous le matelas, mais bien d’acheter de l’or et de l’argent, placement sûr en temps de crise (et de guerre).

      A bon entendeur... (pas moi ! Je suis fauché comme le blé en été...)


    • franchamont franchamont 6 décembre 2010 21:17

      Philou017

      Bonsoir, oui, c’est bien ce que je disais, le groupe BPCE est très doué pour récupérer de la main gauche le marché qu’il perd de la main droite, et la preuve c’est vous : votre existence ici même sur ce forum, à faire pour eux de l’évangélisme.

      Merci beaucoup, très peu pour moi. Je n’ai eu que des ennuis avec la BP quand je résidais en France, alors un de ses « populaires » clients. Leurs tarifs et leurs sales combines pour vous facturer une pénalité et des agios élevés alors que vous étiez couvert par un chèque sûr et fiable à valeur dans les 3 ou 4 jours (temps de mise en valeur sur lequel ils jouaient sciemment au lieu de le réduire à moins d’un jour comme font les banques honnêtes de nos jours où les réseaux tournent à la vitesse de la lumière). J’ai entendu d’autres gens se plaindre à la radio, nommément, de leurs astuces immorales et malhonnêtes. 

      Populaire que de nom, coopératif que de nom.

      Depuis que je suis en Suisse j’ai évité les banques oligarchiques type UBS et Crédit Suisse et j’ai trouvé un assez bon service dans les banques cantonales qui sont beaucoup plus près du modèle coopératif (fonds d’état du canton). Le peuple sait de mieux en mieux ce qui est bon pour lui dans le domaine bancaire. Depuis 2008 beaucoup se sont réfugiés dans les petites cantonales. Cela ne m’empêche pas de garder mon compte le plus vide possible et ils ne m’en veulent pas !

    • franchamont franchamont 6 décembre 2010 21:29

      Et puis, Philou017,

      (nota : vous auriez pu choisir un meilleur pseudo pour défendre une banque par ces temps qui courent, si ingrats pour la réputation des banquiers)

      puisque le Crédit Coopératif est si bien, pourquoi ne pas faire un article complet sur leur organisation, leur philosophie, les faits. Ne reprenez pas que ce que vous dites ici, donnez nous plutôt des bilans et des feuilles de comptes officielles qui prouvent réellement qui sont les sociétaires (coopérateurs devrait-on dire) et comment sont partagés les dividendes. La grosses question : les bénéfices non réinvestis sont-ils redistribués au prorata des fonds déposés et quels sont les salaires et bonus des cadres et employés ? Le client avec un dépôt a-il vraiment une part dans la coopérative et est-ce vraiment un statut de société coopérative ? Expliquez-nous les statuts. On aime la transparence et non le blabla.

      Preuves et documents à l’appui, le ferez-vous ?

    • Philou017 Philou017 6 décembre 2010 23:42

      Pourquoi pas. je ne connais pas particulierement le crédit solidaire, mais ca peut se faire. Je le defend parce qu’il a une bonne réputation et que la NEF s’y est associée.


    • Laureline 7 décembre 2010 00:16

      Comme plusieurs personnes sous cet article, je pense que la meilleure solution c’est le Crédit coopératif. Je connais cette banque depuis longtemps, et quand vous ouvrez un compte ils ne se comportent pas comme des vendeurs de cartes et autres produits aux milles rêves, non. 

      Beaucoup de petites et moyennes associations solidaires, de syndicats et de petites entreprises y ont leurs comptes, et ce qui pas mal c’est que les particuliers y rencontrent des interlocuteurs attentifs. Et les Rmistes y sont aussi bien reçus que tout le monde. 

      En ce qui me concerne, je n’ai jamais fait de crédit, sans doute ai-je hérité cette prudence de mes ancêtres mi-paysans mi-artisans : « on ne vit pas au-dessus de ses moyens ». 
      La carte de retraits est inutile, il vaut mieux retirer au guichet les espèces que vous avez besoin pour la semaine, seul un chéquier suffit pour payer les factures... C’est comme ça que l’on contrôle ses dépenses.

      Et n’oubliez pas que l’habitude de la servitude, que ce soit pour la puissance de l’argent, ou pour la puissance politique ou religieuse, fait perdre du vue la condition même de la servitude. Les asservissements les mieux réussis sont ceux qui arrivent à couper dans votre imaginaire l’idée même d’asservissement pour vous le présenter comme un bien-être, une facilité. Le crédit par-exemple est un asservissement, on vous le présente comme une facilité mais vous devenez forcément esclave de cette argent puisque vous ne travaillerez plus que pour le rembourser. 



    • Morpheus Morpheus 7 décembre 2010 01:34

      Bravo, chère Laureline, j’approuve et apprécie beaucoup votre intervention, particulièrement sur la servitude. Elle invite à se remémorer le discours de la servitude d’Etienne de la Boétie.

      Cordialement.


    • ariel74 7 décembre 2010 08:19

      A voir l’appel lancé par le collectif « sauvons les riches » et un député des Verts qui propose de changer de banque et de choisir exclusivement une banque en corrélation avec l’économie réelle, (liste de banques coopératives et autres sur le site).....c’est comme pour la réforme des retraites... prenons nous en main, et NE LACHONS RIEN...


    • Blartex 12 décembre 2010 17:24

      morpheus :
      « C’est un réflexe plus que sein de nos jours.
       »

      Cachez ce « sein » que je ne saurais voir...
      Pas très sain tout ça !


    • Berserk 6 décembre 2010 11:06

      Très bon article Morpheus.
      Suite au visionnage de l’émission « Ce soir ou jamais », j’avais moi aussi envie de réagir aux inepties de Mme Lubochinsky mais vous l’avez fait mieux que je n’aurais pu le faire. Personnellement je suis également en train de modifier mes habitudes pour participer au mouvement. Et j’irai retirer plusieurs centaines d’euros demain matin.


      • Julien Julien 6 décembre 2010 11:14

        « Elle enchaîne aussitôt par une énorme contre vérité, en répétant à nouveau ce mythe que  »ce sont les dépôts qui font le crédit, donc s’il n’y a plus de dépôts, il n’y aura plus de crédit, donc tous ceux qui ont besoin de crédit à la consommation n’en auront plus« .


        Exact !

        Cette économiste me semble un peu légère.
        Pour les banques, ce sont les crédits qui font les dépôts.
        Pour les établissement financiers (e.g. Caisse d’Epargne), ce sont les dépôts qui font les crédits.
        Donc, la Caisse d’Epargne prête les dépôts de ses clients, alors que les banques prêtent de l’argent qu’elles n’ont pas (mais qui va leur revenir en dépôt).
        Voir la fin de la page ( »Vu de l’angle du « petit banquier ») :


        Mais cela ne change pas grand chose : on est dans un système bouclé. Le vrai problème, ce sont les intérêts, qui exigent un système économique parfaitement huilé (sans rentrer dans le détail) pour pouvoir être honorés. Ce n’est pas le cas, évidemment, et on est maintenant dans un système instable (exponentielle positive).
        Du coup, voilà le genre d’information hallucinante qu’on peut trouver dans la littérature, et que nos journalistes et politiciens ignorent sûrement :

        Par exemple, dans « Les 10 plus grands mensonges sur l’économie » par AJ Holbecq et P. Derudder, on apprend que :

        « Dans une étude des années 1985, l’économiste allemande Margrit Kennedy démontre qu’il y a, en moyenne, 40% d’intérêts cumulés dans les prix hors taxes de TOUTES les consommations, en analysant des comptabilités en cascade (donc y compris celles des fournisseurs). Elle arrivait par exemple à :
        - 12% d’intérêts financiers cumulés dans le ramasse public des ordures.
        - 38% dans le prix de vente de l’eau.
        - 77% dans le prix des loyers des habitations sociales.
        Dans une autre étude plus récente (2001), Ralf Becker, par une méthode totalement différente, celle de l’analyse des postes des comptes nationaux allemands, arrive à une moyenne de 46% ».

        Hallucinant, non ?
        Cela montre comment l’argent passe de la poche des pauvres et travailleurs à celle des rentiers inactifs.
        Dans le temps, ce qui limitait ce phénomène d’explosion intrinsèque au système (dû aux intérêts), ce sont les GUERRES, où, paraît-il, les rentiers étaient ruinés (est-ce vrai ? Je n’ai pas étudié ce sujet-là à fond, je ne fais que répéter ce que j’ai lu sur Agoravox il y a quelques mois).

        Pendant ce temps, les journalistes continuent à nous rabattre les oreilles avec des sujets sans intérêts.
        Nous sommes dans une période où l’ignorance bat son plein, sûrement à cause :
        * de l’ultra-spécialisation des gens, et la complexification des domaines d’étude.
        * de la société de consommation qui nous donne plein de moyens de ne pas s’intéresser à de vrais sujets (par exemple, on peut passer sa vie dans le monde passionnant des jeux vidéos).

        • Manu Manu 6 décembre 2010 11:17

          Merci pour cet article !


          • Thucydide Thucydide 6 décembre 2010 11:19

            Pour ma part, je n’irai pas. Et Paul Jorion a parfaitement raison quand il « ouvre » le discours de Cantona qui, en parlant des banques ne fait que proposer une piste pour casser le système sans violences ni sang inutiles.
            « Interdire les paris sur la valeur des marchandises », c’est un peu compliqué et je n’ai pas compris pourquoi Jorion (on voit bien qu’il n’a rien d’un agitateur, d’un Camille Desmoulins...) n’a pas eu un discours plu percutant : interdire la spéculation eût (pardon Nicolas) été autrement plus direct et plus incisif.

            Car ce qu’il faut maintenant c’est court-circuiter tous ces débats, primaires, langues de bois et concepts techniques dans lesquels se prélassent experts, politiques, journalistes, et autres membres de la caste dominante qui ne comprennent absolument pas la situation.

            Comme l’aristocratie de l’ancien régime : on se hait, on ne cesse de s’entredétruire, mais on reste attaché aux privilège qui font tous le confort de vie de la caste à laquelle on appartient.
            Et petit à petit on oublie le peuple, puis inévitablement on le méprise, faisant ainsi un déni de toute capacité à la révolte.

            De toutes façons, il faut bien comprendre que tôt ou tard la fracture sociale va atteindre le point de rupture et sans doute lors d’une manifestation pourrait-on voir la foule détourner inopinément son cours sur un cri du genre « à l’Élysée ! »

            Pour éviter cela, peut-être qu’un vote Mélenchon pourrait être une alerte utile
             


            • Morpheus Morpheus 6 décembre 2010 11:35


              Vous avez bien sûr raison : c’est une lutte des classes dont il s’agit. La « classe de Davos », comme la nomme Mme Susan Georges, dirige le monde, et les milieux et systèmes politiques « démocratiques » sont détourné à leurs seuls intérêts.

              Je ne suis malheureusement pas bien sûr que la solution vienne des urnes. Ce système est trop bien huilé afin de permettre à la même aristocratie politique de rester au pouvoir.

              Ne pensez-vous pas que pour reprendre notre pouvoir au monde politique, il vaudrait mieux travailler ensemble à un projet de reconstruction de la démocratie, reconstruire une vrai démocratie, qui fonctionne réellement « du peuple, par le peuple et pour le peuple » ?

              C’est ce que propose Monsieur Etienne Chouard avec son Plan C.


            • Tassathée Tassathée 6 décembre 2010 11:31

              Ben là je suis plus trop d’accord :
              L’or, l’argent ou la monnaie dans un coffre à la banque...
              Oui ça aidera à effondrer le système, non ça ne garantit rien à l’épargnant.
              En cas de réel bankrun conséquence du bankrun organisé, je me voit mal jouer des coudes avec mes sousous, napoleons, pièces ou lingots dans un sac dans le cas ou la banque serait toujours ouverte...
              La seule issue est d’investir dans du concret mais la pierre c’est cher ! inaccessible sans crédit, on tourne en rond.
              La Suisse ? l’idée me semble contradictoire avec le fait que le mouvement serait international et non contre le système français.
              C’est pourquoi je trouve le mouvement pas assez réfléchi pour mobiliser largement.
              On ne peut pas reprocher à des parents, ou même des jeunes de se lancer corps et âmes dans une action qui pourrait leur faire perdre le peu qu’ils ont durement gagné, et même s’ils sont d’accord sur le fond : ce qu’il faut encore travailler d’ailleurs car si les films comme l’argent dette sont populaire sur la toile, cette popularité reste relative.
              De la pédagogie d’abord ! Beaucoup, beaucoup, beaucoup.
              Ne pas faire involontairement comme les politiques, embrigader les gens dans des actions à l’issue non calculée.
              Encore une fois, pourtant, je suis fier qu’un français (Cantona) provoque un tel débat (même si ceux qui ont compris comment fonctionne les banques ont le germe de cette idée depuis un moment, il l’a mis en lumière). 


              • Morpheus Morpheus 6 décembre 2010 11:50

                Je comprends vos réticences et vos objections. Comme vous dites, le problème est cornélien (c’est ce que j’illustre par le parallèle avec la Matrice).

                Mais l’essentiel, je crois, est de se mobiliser dans cette action, peut-être pas réellement pour provoquer le crash du système bancaire (il faudrait une forte mobilisation), mais pour lancer un avertissement très sérieux (un coup de semonce, si vous voulez).

                Cela aurait en soi plusieurs vertus. Permettez que je vous les exposes.

                - d’abord, le fait que l’on en parle, et que les citoyens s’intéressent au fonctionnement du système bancaire > cela contribue (ou peu contribuer) à un effort de pédagogie que vous soulignez à juste titre. Il faut que nous sachions dans quel jeu on nous a forcé de jouer. (il y a un jour un type qui a dit « Ne jouer jamais à un jeu avec celui qui a écrit les règles : vous serez toujours perdant ». Je crois vraiment que nous en sommes là.

                - faire prendre conscience aux banques que les simples citoyens ont le moyen de les faire tomber > et par là même, faire prendre conscience aux simples citoyens qu’une action commune de leur part leur offre une arme pour « causer » avec le système. Je persiste à penser qu’on peut les tenir par les couilles. Autrement dit, les banques, le système et les citoyens peuvent se tenir mutuellement pas les couilles (parce que pour l’instant, c’est le système qui nous tient par les couilles). De là, on peu parler au même niveau. Encore qu’il y a à en dire. J’y reviendrai si vous le souhaitez.

                - faire surgir un mouvement populaire de grogne - sinon de révolte - et ce internationalement. Cela peut avoir un impact immense ! La première révolution internationale. Songez-y. On peut être à l’aube d’une page de l’histoire. Et comme vous dites, la France, par le biais de son sympathique sportif et artiste Eric Cantona, pourrait en être le berceau. Ce n’est pas rien.


              • Rough 6 décembre 2010 11:46

                @morpheus...

                toujours aussi pointu dans votre connaissance du système bancaire...si transfert en Suisse nul besoin de convertir tes 358,83 euros en CHF..Les banques suisses acceptent les comptes en devises....Et puis placer son argent dans ce que d’aucuns appellent un paradis fiscal est un geste « révolutionnaire » à la portée limitée....

                Les métaux précieux pourquoi pas...mais soyez prêt à perdre 8% en frais de courtage....8% quand on n’a pas grand chose c’est déjà beaucoup....surtout pour une révolution qui trouve son origine dans le refus de payer 4% d’intérêt sur un prêt immobilier....

                Le coffre ça coûte aussi 85 euros par an pour un tout petit, mais comme vous n’avez pas grand chose ça ira....85 euros pour stocker moins de 500 euros c’est cher payer l’esprit révolutionnaire...

                A demain !


                • Morpheus Morpheus 6 décembre 2010 11:52

                  Vous avez peut-être raison, Rough.

                  Si vous avez de meilleures pistes, nous sommes toutes ouïes.


                • Tassathée Tassathée 6 décembre 2010 11:47

                  Ben moi peut-être car je comprends pas, qui sont ces « 1000 » qui vont me piquer mon froc ami étranger ?


                  • isa93 isa93 6 décembre 2010 11:49

                    Demain,
                    Je tacherais de retirer quelques centaines d’euros sans vider mon compte histoire de montrer mon désaccord même symboliquement avec ce système idiot. ..
                    Même si j’ai un peu peur de me faire attaquer en sortant....


                    • Tassathée Tassathée 6 décembre 2010 12:00

                      @ Morpheus
                      Ok je comprends tout à fait.
                      J’espère que l’avertissement ne sera pas totalement tourné en dérision aux JT nationaux, misérables messes des temps modernes, car ce coup de semonce est trop important symboliquement.
                      Il restera gravé inconsciemment dans l’esprit du citoyen TF1 ou FR2 (l’espèce la plus répandu en France).
                       Attention au pétard mouillé, Lagarde and co ne laisseront pas se répandre l’idée que ce moyen de lutte les effraient.
                      Il répandront la peur de tout paumer sur les citoyens si l’impact se fait sentir ou feront passer l’évènement pour une blague d’ados s’il foire.
                      Peut-être avez-vous raison et c’est pierre par pierre qu’il faut oeuvrer, à suivre.


                      • cmoy patou 6 décembre 2010 12:18

                        « Cinquièmement, je ne vis plus à crédit. Finit les emprunts, finit le crédit à la consommation, finit de payer deux fois le prix des choses. Quand j’achète, je paye cash, et en liquide de préférence : là, on sait ce qu’on dépense, on a un vrai rapport - physique - avec l’argent. L’impact sur la prise de conscience de la valeur des choses est tout de suite très nette. »

                        Je pense et j’agis ainsi depuis un moment déjà et demain j’irai comme d’habitude laisser le minimum sur le compte d’habitude je le fais au début du mois mais là même si celà ne sera certainement pas un succès total au moins j’aurai agit en citoyen responsable.
                        J’ai également ressenti la peur de la part des porte parole des BANKSTERS et rien que celà c’est encourageant.

                        Maintenant quel que soit les conséquences je me pose la question et après ?

                        • Pyrathome pyralene 6 décembre 2010 13:51

                          Et après ? il faudra recommencer l’opération chaque mois en faisant gonfler le nombre de participants toujours plus.....à coups de bélier, la porte finira par s’ouvrir pour voir les vampires à poil !!


                        • millesime 6 décembre 2010 12:19

                          Paul Jorion aurait pu développer ce qui suit pour être plus compréhensible concernant les paris sur les fluctations de prix :
                          Il faut savoir (selon le rapport de la banque mondiale) qu’il se traite au quotidien 4 000 milliards de dollars..
                          sur ces sommes colossales seules 10 % , oui vous lisez bien 10% sont consacrées aux échanges de produits et services entre états et entreprises.
                          Le reste (toujours selon la banque mondiale) c’est-à-dire 90% , oui 90%, sont orientées vers les marchés dérivés, c’est-à-dire l’économie virtuelle.
                          voilà la raison pour laquelle Paul jorion propose d’interdire les PARIS SUR LES FLUCTUATION DE PRIX
                          mais nos leaders politiques (surtrout occidentaux) ne sont pas prêt à changer le système de sorte que comme le suggère Eric Cantona, quelle solution ? la rue ? la banque ?

                          cette économiste (qui est prof aussi enseigne fait donc de drôle de cours... ! je ne voudrais pas être un de ses étudiants.. !)
                          il va sans dire que je suis d’accord avec la proposition de Paul Jorion

                          http://millesime.over-blog.com

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