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Rififi chez Lagardère Active Medias

Après un show face aux financiers venus écouter la bonne parole, mais surtout la stratégie future, (le 25 janvier dernier) le titre Lagardère a baissé de 4,5% à la Bourse. Inexplicable ? Non, show raté, c’est en tout cas ce que disent certains des participants.

Pourtant, Didier Quillot, le nouveau PDG venu de chez Orange au prix fort, devait porter la bonne parole de la convergence numérique et de la mutualisation des contenus et des ressources, viatique indispensable à qui veut séduire les marchés. En effet aujourd’hui, la convergence numérique, le bimédia et la mutualisation s’inscrivent en lettres « full hd » au fronton de tous les groupes médias. Tous morts de trouille à l’idée de se faire décrocher sur le terrain du langage stratégique.
Mais quelle est la réalité ? Pour ceux qui s’en souviennent, on a eu droit au même discours en 2000, à l’heure de la première bulle Internet. Tous les groupes qui en avaient les moyens financiers achetaient des start-up Internet à tour de bras, quoi qu’ils en coûtent. Ifrance, racheté par Vivendi par exemple (vente qui a lancé le talentueux Marc Simoncini, patron de Meetic), Vivendi qui fut l’un des acteurs majeurs à gros carnet de chèque de l’époque.
Chez Lagardère, Fabrice Sergent fut l’un des acteurs de cette « webisation » du groupe. Il en fut de même chez Prisma Presse, même si le vieux sage Axel Ganz restait très méfiant. Idem chez Emap France (Mondadori France aujourd’hui), où une équipe fut recrutée très vite pour travailler les marques et la pub sur le Net. Le Monde, Le Figaro, Libération passèrent également la vitesse supérieure, en tout cas de façon visible, sur la forme. Il « fallait » absolument présenter une stratégie Internet. Et quand la bulle explosa, certains ont très vite adopté la stratégie du repli frileux sous la couette des certitudes anciennes.
Quant au fond, qu’en reste-t-il, six ans après ? Voilà une question qu’il faut éviter de poser dans la plupart de ces grands groupes de presse. C’est une question qui fâche, tant les investissements n’ont pas connu beaucoup de retours, ni opérationnels, ni économiques... Et cela explique que le groupe Lagardère repeigne aux couleurs de la modernité de « la convergence numérique » une stratégie déjà exprimée et vendue aux marchés il y a six ans. Est-ce la vraie raison du décrochage du titre en Bourse ? Ou bien les analystes, souvent frileux face aux entreprises traditionnelles, ont-ils frémi à l’annonce de résultats positifs à trois ans ?
Il semble que ces engagements lointains aient été également jugés flous. Le groupe a annoncé le lancement de cent sites Web dans l’année, c’est beaucoup alors que l’équipe chargée des opérations n’est pas encore totalement constituée... Le show organisé sous l’égide du cabinet de consultants Arthur D. Little n’a donc pas séduit. On reproche déjà aux consultants d’avoir ressorti de leurs cartons un projet des années 2000, tant il est vrai que tout cela avait un air déjà connu. Le résultat tangible ? Didier Quillot, à peine arrivé dans son nouveau métier, connaît déjà les affres du doute.


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3 réactions à cet article    


  • arturh (---.---.119.98) 2 février 2007 12:52

    S’il y a bien quelque chose que le web nous a appris, c’est que le développement de succès n’y est pas fonction d’investissement de départ en argent mais en créativité. Et de ce point de vue, deux petits malins dans un garage et le groupe Lagardère sont à égalité. Pire, Le groupe lagardère est en état d’infériorité, en raison de la lourdeur de la structure. La stratégie du groupe Lagardère aujourd’hui, comme l’était la stratégie de JM Messier en son temps, est de type soviéto/stalinien : c’est la stratégie du grand bond en avant. On développe mais on veut tout contôler dès le départ. Cette stratégie est vouée à l’échec.

    Les leçons de Google et Youtube n’ont pas été tirées. Et le pire, c’est qu’il semble que le groupe Lagardère soit impliqué dans cette future catastrophe économique annoncée qu’est Quaero, le « google à la française ». Résultat annoncé : si un vrai « google à la française » bricolé comme l’original dans deux chambres d’étudiants d’une Grande Ecole devait voir le jour, le groupe Lagardère se condamne d’avance à devoir tout faire pour le tuer dans l’oeuf.


    • D. Artus D. Artus 2 février 2007 15:18

      Je partage votre point de vue... Les grands groupes sont condamnés à racheter des boîtes ayant déjà fait leurs preuves ou à engloutir des millions en vain... Qu’est-ce que quaero exactement ? Cela m’intéresse d’avoir des infos. Merci d’avance.


    • surtoutpasmoi (---.---.29.99) 19 mars 2007 04:49

      Bonjour

      Journaliste et réalisateur dans l’audiovisuel, créateur d’évènementiels, j’ai travaillé durant 9 mois au sein de Hachette et plus particulièrement au site public.fr. Alors que je devais contribuer au développement du site et du web chez Hachette, je me suis retrouvé... reporter. Je fus non seulement entouré d’une direction incompétente mais aussi plongé dans un véritable panier de crabes.

      Apple, Microsoft, Google, Yahoo, Myspace, Amazone, Ebay, Youtube, Dailymotion, ... tous les grands acteurs du web ont été crées par des individus et non par des grands groupes.

      Les grands groupes sont dirigés par des personnes qui veulent garder leur poste et refusent les idées novatrices et talents venus de l’extérieur. Une personne extérieur aguérie des enjeux du web est vue comme un danger chez certains responsables de Hachette.

      La culture économique et sociale des grands groupes français est opposée à une réussite sur le web. J’ai donc quitté Hachette sans aucun remord pour monter ma propre opportunité, tellement les comportements étaient aberrants.

      je suis allé voir le film « à la recherche du bonheur » avec Will Smith, film que je vous conseille, tiré d’une histoire vraie. Résumé : un homme de presque 40 ans, noir, se retrouve à la rue avec son fils. Commercial, il a du mal à vendre ses produits aux medecins hospitaliers. Plutôt intelligent, il accepte et ose se présenter à un entretien pour être stagiaire dans une des plus grandes entreprises de courtage américaine. A la clé : un poste de trader pour le meilleur stagiaire. Non seulement il fut sélectionné pour ce stage par les pontes de cette société après leur avoir avoué quand même que s’il est en retard à son entretien c’est parce qu’il a été arreté la veille pour non paiement des ces pv et que s’il est mal habillé c’est qu’il était en train de peindre !! mais en plus à force de sacrifces il obtient le poste et devient le plus grand courtier de cette société...

      A la fin du film, la salle a applaudi...j’ai resentir une grande émotion collective. Et en discutant avec les spectateurs, on en est tous venus à cette malheureuse remarque : cette belle histoire, ce n’est pas en France que ça pourrait arriver ... smiley

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