Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Médias > Subvention de la presse en ligne : trahisons, hypocrisie et mépris de (...)

Subvention de la presse en ligne : trahisons, hypocrisie et mépris de l’indépendance

20 millions d’Euros de subventions pour la presse en ligne pour l’année 2009, vous avez bien lu, 20 millions d’Euros de subventions ! Cela pourrait être une heureuse nouvelle pour Internet, mais les conditions dans lesquelles se fait cette répartition sont opaques et iniques. Paradoxe des paradoxes, les premiers bénéficiaires (Rue89, Mediapart, Slate) sont ceux qui les ont le plus critiqué par le passé quand ils ne pouvaient pas en bénéficier et qui ont toujours crié à l’indépendance de la presse : "faites ce que je dis, pas ce que je fais"... Mais est ce vraiment un paradoxe que les premiers bénéficiaires de ces subventions soient des ex de Libé (Rue 89 avec Pierre Haski et Pascal Riché) et des ex du Monde (Mediapart avec Edwy Plenel et Slate avec Jean-Marie Colombani) ?
 
Suite aux Etats généraux de la presse écrite, un fonds d’aide au développement des services de presse en ligne (fonds SPEL) a été créé. Il prévoit l’attribution de 60 millions d’aides, sur trois ans, aux entreprises de presse sur Internet. 80% sont des subventions, 20% des formes d’avances remboursables.
 
Les journaux ne sont plus ainsi les seuls a bénéficier des aides de l’Etat, les éditeurs en ligne, les pure player en bénéficient désormais aussi.
 
Pourquoi subventionner ? Pourquoi maintenir une presse sous perfusion alors que de nombreux acteurs méritants ne touchent rien ?
 
Pourquoi fausser la concurrence ? Pourquoi choisir de maintenir certains acteurs au détriment d’autres ? Pourquoi ne pas dire « Que le meilleur gagne » ? Les subventions créent des distorsions invraisemblables car ce ne sont pas forcément ceux qui le méritent qui touchent les subventions. Or, l’argent reste le nerf de la guerre, il leur permettra de vivre et de prendre une longueur d’avance sur ceux qui ne sont pas financés.
 
Sur le fond ces subventions soulèvent plusieurs problèmes qu’il faut bien distinguer.
 
  • Transparence !
 
La première des vertus dans le journalisme, c’est la transparence, car sans transparence il ne peut pas y avoir de confiance.
 
Or la liste des bénéficiaires et le montant des subventions publiques à la presse en ligne n’ont pas été rendus publics.
 
Comment peut-on accepter que de l’argent public soit distribué sans qu’il y ait un compte rendu détaillé aux principaux intéressés : les contribuables qui sont aussi les lecteurs. Cette opacité est simplement contreproductive et crée un malaise entre les acteurs mais aussi avec leur public.
 
Novovision résume bien la situation dans son article « Subventions à la presse en ligne : une trahison pour un plat de lentilles  » : « C’est plus qu’étrange, c’est plus qu’une anomalie. C’est un scandale. Le fait même que la presse, dans son ensemble, se refuse délibérément à jouer son rôle d’information des citoyens-contribuables sur l’utilisation des fonds publics, dès lors qu’elle en est elle-même la bénéficiaire, suffit, à mon avis, à pointer la gravité du problème : la presse a donc bel et bien des choses à cacher, à nous cacher, sur notre argent et sur ce qu’elle en fait ! 
 
Mais le fait que les pure players, à leur tour, acceptent de telles règles du jeu pose un autre problème de fond auquel des blogueurs comme Thierry Crouzet ou moi ne pouvons qu’être extrêmement sensibles. Cette manne publique est en effet placée sous conditions. Et ces conditions (il faut aller y voir dans le détail) consistent bel et bien pour la presse en ligne pure players à rentrer dans le rang du bon vieux journalisme « à l’ancienne  ».
 
Par exemple, LeMonde n’ayant fait aucune annonce sur ce qu’il aurait pu toucher ose quand même avancer « Les pures players regrettent toutefois que la majorité des fonds aille vers les sites de la presse traditionnelle. "Le délai entre la parution du décret et la date limite de dépôt des dossiers était très court, moins de quinze jours, déplore Maurice Botbol, président du Syndicat de la presse indépendante d’information en ligne (Spiil). La presse traditionnelle s’est précipitée avec des dossiers déjà ficelés, parfois vieux de plusieurs années. Elle était mieux armée que nous." Des groupes comme La Dépêche, Bayard Presse ou Lagardère Active devraient être bien servis. »
 
Certains pure player ont trouvé bon de publier leur gain et surtout de l’annoncer en brandissant l’argument de la transparence pour se justifier : « Rue89 touchera 249 000 euros, Mediapart 200 000 euros ou encore Slate.fr 199 000 euros. (...) Satellifax, lettre spécialisée dans l’audiovisuel, et Yagg, un site homosexuel, devraient également recevoir une aide. »
 
Cela pourrait être louable, mais on sent poindre une gêne : « Rue89 avait fait savoir lors de l’ouverture de ce débat l’an dernier, que nous n’étions pas demandeurs d’aide publique, et que dans un monde idéal, celles-ci ne devraient pas exister. » Mais… car il y a toujours un mais… Pierre Haski a succombé aux sirènes de l’argent facile. Et je ne suis pas le seul à le remarquer : Régis Soubrouillard dans Marianne conclut son article « Net : l’argent de l’état sème la zizanie » : « Le positionnement de Rue89 dit bien l’embarras d’un secteur économique encore trop fragile pour refuser la laisse qu’on lui tend. Pour preuve les arguments donnés par Pascal Riché sur Twitter. Le co-fondateur de rue89.com explique que : « la position de Rue89 n’a pas changé : nous ne les réclamons pas, mais nous les acceptons ». Le jésuitisme on-line a un bel avenir devant lui… »
 
Rappelons également que Médiapart a claqué la porte des Etats généraux de la presse écrite, mais est le premier sur la liste à demander des aides… Le contribuable aide un site qui est par ailleurs payant : voilà du service public, un journalisme pour tous les citoyens, dont la première mission est d’informer le public.
 
  • Pluralisme ? Toujours les mêmes !
 
Voilà comment cela se passe dans notre monde. Les pure player vivent chacun chez eux jusqu’au jour où de l’argent peut être distribué par l’Etat. Alors, à ce moment là, ils savent se regrouper.
 
C’est ainsi que @rrêt sur images, Bakchich, Indigo Publications, Mediapart, Rue89, Slate, Terra Eco se regroupent pour créer le Spiil, le Syndicat de la presse indépendante d’information en ligne. Le but ? En deux mots ? Créer une force de lobbying pour influencer l’Etat, intégrer la commission qui décide de l’allocation des aides et ne faire rentrer dans le syndicat que les personnes qui respectent le décret qui fixe les critères du statut d’éditeur de presse en ligne. Autrement dit les amis. Les faux amis sont priés de patienter sagement dans un sas d’entrée : le statut de « membre associé » est créé à la va-vite pour les mécontents. Les membres « fondateurs » du Spiil sauront « aider » ces « membres associés » à devenir comme eux : des vrais journalistes.
 
La désignation des « éditeurs de sites d’information » est donc très floue et arbitraire.
 
Derrière le Spiil se cachent toujours les mêmes : de Pierre Haski (Rue89, ex Libé), à Edwy Plenel (Mediapart ex Monde) en passant par Jean-Marie Colombani (Slate, ex Monde)… ou comment créer un nouveau journalisme, comment faire du neuf avec du vieux ! Et oui, toujours les mêmes… ceux qui finissent par toucher les aides publiques…
 
  • L’indépendance
 
Venons-en au problème principal qui est posé qui est bien évidemment celui de l’indépendance.
 
Ne disons pas qu’il n’y a pas un problème. Ne jouons pas l’autruche. Les subventions font vivre la presse traditionnelle depuis des années. Désormais les éditeurs en ligne sont également de la partie. Novovision a raison d’ironiser « Il ne s’agit pas de jeter la pierre, bien entendu, à la seule presse en ligne, qui ne touche que 60 malheureux millions d’euros dans l’affaire (20 millions d’euros par an pendant trois ans), quand sa grande sœur du papier touchera dans le même temps un bonus exceptionnel de 600 millions d’euros d’ici à la prochaine élection présidentielle - la date est probablement une coïncidence... - (en plus de la rente déjà acquise !). Frédéric Filloux avait bien raison de marquer d’une pierre noire, sur Slate.fr : Le jour où Sarkozy a acheté la presse »
 
Mentionnons que seul le pure player @rrêt sur images a décidé de ne pas demander d’aides publiques comme l’explique Daniel Schneidermann dans son article Aides d’État, non merci. Il faisait valoir trois arguments que l’article de Marianne « Net : l’argent de l’état sème la zizanie », pointe du doigt :
 
- « nous ne voyons pas très bien pourquoi le contribuable nous aiderait ».
- « si nous, sites de presse, remplissons une mission de service public (estimons-nous), celle d’informer, nous ne sommes clairement pas dans le cadre juridique du service public ».
- « Enfin, évidemment, je n’oublie pas la première raison avancée par les quelques uns d’entre vous qui nous poussaient à refuser : la crainte pour notre liberté de ton »
.
 
Mais le débat sur l’indépendance n’est pas terminé. Et certaines réactions en disent long sur la véritable indépendance qui règne. A la question de Carlo Revelli lors de la présentation du Spiil, le Syndicat de la presse indépendante d’information en ligne, sur l’indépendance des pure player qui demandent des aides de l’Etat, Pierre Haski twitte  : « Carlo Revelli (agoravox), question perfide sur les aides à la presse numérique. Vrai débat à venir. ».
 
Pour Pierre Haski cela est perfide ?! Une telle question sur l’indépendance est perfide ?
 
Et si quelqu’un aurait encore un doute si les aides publiques interviennent ou pas dans la politique éditoriale des journaux subventionnés, je vous invite à lire l’article "Quand la presse censure la presse" publié en 2006.
 
D’ailleurs, on se demande si AgoraVox rentre ou pas dans ce dispositif d’aide ou même s’ils ont touché des aides. Je n’ai rien trouvé à ce sujet sur Internet.
 
  • Honte aux faux nouveaux médias !
 
Je comprends l’indignation que cela soulève chez les blogueurs : Thierry Crouzet dans son article « L’État spolie les blogueurs  », vise juste :
 
« Le gouvernement ne subventionne que la presse qu’il peut contrôler, c’est-à-dire celle qui ressemble à une entreprise (et déficitaire de préférence). Mais nous au moins nous ne perdons pas d’argent et créons de la richesse. Nous ne sommes pas en train de ruiner des investisseurs ou de pomper les impôts de nos compatriotes. Nous participons à la vie culturelle et nous n’allons rien recevoir, sinon des volées de bois verts.
On nous menacera de nous faire taire, de nous poursuivre en diffamation dès que nous serons impertinents ou politiquement incorrects, on nous discréditera, nous accusant de pratiquer le journalisme de caniveau… tout cela justement parce que nous ne faisons pas la manche, parce que nous ne demandons rien, parce que nous sommes libres.
 
Rappelez-vous. Il avait été question d’attribuer des macarons aux blogueurs politiquement corrects. Le gouvernement fait mieux : un chèque. Si l’argent était réparti à l’audience cumulée, les médias qui vont recevoir cet argent n’auraient droit à rien parce qu’ils ne représentent plus rien.
 
Je ne demande pas à l’État de nous subventionner mais je lui demande de laisser crever une industrie moribonde. Rue89. Médiapart. Slate. N’avez-vous pas honte de demander de l’argent ? Aurez-vous encore la force d’écrire « je » et d’élever la voie. Vous ne l’avez jamais fait d’ailleurs, sinon pour participer à la valse bien huilée du monde médiatique qui se regarde le nombril. »
 
On a observé un phénomène de journalistes « opportunistes ». Beaucoup d’entre eux se retrouvent aujourd’hui sur Internet dans des pure player alors qu’hier ils étaient les premiers à critiquer le Web. Ils sont nombreux à avoir retourné leur veste.
 
Et je ne serais pas surpris de voir de nouvelles dissidences sur certaines plateformes comme Rue89 ou Médiapart… Elles seraient justes. Comment peut-on réellement avoir confiance dans des sites qui tiennent un double discours :
 
- D’une part, ils veulent gagner de l’audience, font alors croire à un nouveau journalisme indépendant et transparent qui tiendrait compte de la parole de l’internaute (l’information à 3 voix : journalistes, experts, internautes) alors qu’ils reproduisent clairement le schéma de la presse traditionnelle, c’est-à-dire l’information à 1 voix : le journaliste tout puissant. En ligne, les journalistes n’ont pas inventé grand-chose comme le dit si bien dans son exposé Narvic.
- D’autre part, ils font les yeux doux au gouvernement pour toucher de l’argent.
 
Rue89 semble se spécialiser dans ce créneau. En effet, il ne faut pas oublier qu’en plus de la récente subvention, ce média en ligne indépendant a également reçu un financement lors de l’appel à projet sur le web 2 organisé par NKM. Sur le coup, Rue89 n’a pas annoncé ce qu’ils ont touché mais NKM a précisé que pour chaque projet les demandes d’aides variaient entre 75 000 € à 800 000 € !
 
Alors, oui sachez que les journalistes qui n’ont pas inventé grand-chose viennent d’être récompensés par des aides publiques. Ayez cela à l’esprit quand vous les lirez !
 
 

Moyenne des avis sur cet article :  4.96/5   (99 votes)




Réagissez à l'article

95 réactions à cet article    


  • Charles Martel Charles Martel 6 janvier 2010 09:47

    Les états généraux sont devenus l’état généreux.

    ou comment discréditer tout opposant potentiel en le finançant.


    • ruth 6 janvier 2010 10:11

      Comme le demandait quelqu’un, le blog est-il l’avenir de l’info ? Puisqu’au moins, sans forcément faire des enquêtes, les bloggeurs disent la vérité.

      Sans le Net, les blogs en génaral, l’affaire de l’EPAD allait passer comme une lettre à la poste.


    • non666 non666 6 janvier 2010 11:03

      @Charles
      Le fond de l’Histoire est encore pire.
      Sarkozy, comme Royal ont été choisi par les patrons des groupes de presse pour etre les finalistes de l’election de 2007.
      L’election de 2002 leur avait echappé de la façon bruyante que l’on sait (et dangeureuse pour leurs interets) .

      Seulement voila, quand on ne sert QUE les interets d’une minorité, on finit par ne plus etre lu (et cru !) que par cette minorité.
      Apres les politiques, ce sont donc les journalistes qui ne sont plus credible comme le confirme toutes les enquetes recentes.

      Les patrons des groupes medias, avoir avoir couiné comme des rats en pleurnichant sur la concurrence deloyale des journaux gratuits, apres avoir exigé de leur pion qu’il supprime la pub sur les chaines publiques de TV pour mieux se partager le pactole, ont finit par se faire subventionné purement et simplement par l’Etat.

      Comment continuer a manipuler la foule, a vendre la responsabilité des traders dans la crise (en oubliant le role du FMI, de l’AMF, de la COB, de la SEC, des agences de ratings, des paradis fiscaux) , a vendre un paysage politique français reduit aux partisans de la mondialisation sous tutelle US couleur rose (PS) ou bleu (UMP) si les medias ne sont plus la ?
      Le ROI a besoin de l’eglise et de ses precheurs pour bien expliquer aux sujets que pour etre bon chretien, il faut d’abord bien servir son seigneur....
      En injectant des millions d’Euros en sondages via le budget de l’Elysee , via les bureaux ministeriels , les factieux leurs avaient deja bien graissé la patte.
      Les groupes medias sont en effet aussi les groupes qui controlent les instituts de sondages.

      Desormais, comme en chine, nous avons diffrentes version du quotidien du peuple qui nous assenent les vérités officieles en enrichissant les intermediaires que sont les Dassault , les lagarderes , les Bouyghes....

      Ils controlent la presse, TOUTES les informations qui nous arrivent, pourquoi voudriez vous qu’ils nous mettent au courant ?


    • Lisa SION 2 Lisa SION 2 6 janvier 2010 11:44

      français : 1984
      <pdf> 1,3M 351 p.
      C’est la version française. Ce livre, d’une lecture agréable mais un peu angoissante, fournit le plan de notre époque. On ne saurait s’en passer.

      "La guerre c’est la paix, la liberté c’est l’esclavage, l’ignorance c’est la force." répète le régime de Big Brother en 1984, société la plus totalitaire imaginée en littérature. Orwell décrit ici un monde terrifiant, où la Police de la pensée règne. Winston Smith est employé au Commissariat des Archives, dans le ministère de la Vérité, où il falsifie l’Histoire pour ne pas compromettre le pouvoir qui se serait trompé dans le passé. Tout est réécrit  : il n’y a plus aucune trace de l’erreur, il n’existe qu’une seule version des faits, celle de Big Brother. Depuis des années, on mène une guerre sans fin et patriotique au bout du monde, la pensée est contrôlée, les opposants sont torturés par le ministère de l’Amour qui détruit leur mémoire et leur existence, la propagande s’affiche quotidiennement, et, partout, « Big Brother » nous regarde. C’est le monde où nous vivons déjà, encore en construction. Les lois mémorielles existent, la police de la pensée existe, le ministère de la Vérité est pour demain. Pour le reste, voyez Kaboul, Bagram, Guantanamo, un énorme goulag qui ne fait que grandir. Réveillez-vous un peu, tas de mollusques !


    • 1jour 6 janvier 2010 16:30

      @ Lisa SION

      Vous avez raison de nous rappeler « 1984 » c’est pour ma part  carrément le livre incroyable sur l’évolution actuelle de notre société, livre écrit en… 1948 !

      Je me souviens (ma lecture est assez récente) que Big Brother est même à l’intérieur de chaque maison via l’appareil le télécran qui occupe chaque pièce et voit sans angle mort, et impossible d’en éteindre le son ou l’image. En lisant j’ai bien sûr fait le parallèle entre ce télécran et l’Internet actuel de nos foyers. Ce n’est pas la même chose, la grosse différence étant que le Net reste encore le moyen d’expression par excellence du citoyen contemporain. Bon jusqu’à quand ? Le pouvoir rêve t-il encore d’un Net qui deviendrait de plus en minitelliste puis en phase aboutie, télécran ? Orwell écrivait en 1948, il voyait ça pour 1984, il s’est heureusement trompé et cela reste une fiction. Pour combien de temps encore ? Comme vous, je me pose la question.

      Cordialement.


    • Jacorius 6 janvier 2010 21:19

      En effet, j’ai moi même lu ce livre récemment et j’avoue que plus j’y pense est plus les parallèles avec notre société « moderne » sont flagrants. Cependant se qui m’inquiète le plus reste le niveau de consciences des gens aujourd’hui. Serais-ce le fameux télécran du salon qui les dirige autant !! Je sent une certaine naïveté parfois, ou propension à gober les moindres informations que l’on nous rabâche tous les jours, sans prendre aucune distance ni réflexion personnel.

      Pire encore, certaines personnes semble avoir déjà abdiquée n’ayant plus aucun instinct de survie tel un poilu jeté dans une tranchée (bon, j’y vais peut-être un peu fort là !). Ils acceptent leurs conditions, ils acceptent qu’on leur mente, en gros ils acceptent qu’on se foute de leur gueule. Ils voient que les choses déraillent mais préfèrent ne pas y croire. C’est comme si le système avais déjà abolis toute forme de résistance en eux, une espèce de dépression nationale nourris à coups de vaccin et de tamiflu et une petite dose d’Alqueda aussi, avec modération tout de même.


    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 10 janvier 2010 09:16

      20 millions sont bien peu par les temps qui courent. L’État n’a pas encore compris l’influence du Net. Pour l’instant, la frontière est claire : quand les medias traditionnels investissent le net - comme Rue 89 - l’État est prêt à mettre quelques deniers . Quand c’est le Net qui confronte les médias - comme Avox - non. Question de temps, les enchères vont monter.... Ce qu’il faut, c’est une Régie autonome de l’information, mais c’est encore trop compliqué pour Quidam Lambda.



      PJCA



    • zelectron zelectron 10 janvier 2010 18:25

      et si l’année prochaine l’enveloppe disparaissait ?
      J’en connais qui feraient naufrage....


    • voxagora voxagora 6 janvier 2010 09:49

       Le système sarkozien a fini de tuer l’indépendance de la presse écrite en lui distribuant de quoi vivre matériellement, le système sarkozyen détruit l’opposition socialiste -entre autre- en faisant des propositions d’emploi auxquelles il est apparemment difficile de résister, le système sarkozyen a inventé Hadopi pour pister les contradicteurs, le système sarkozyen commence son travail de sape sur internet en donnant de quoi vivre matériellement aux sites contradicteurs etc.. etc..


      • Yena-Marre Yena-Marre 6 janvier 2010 10:13

        Bonjour,
        De toutes façons, l’internet revé pour Sarko, c’est le model chinois !


        • saint_sebastien saint_sebastien 6 janvier 2010 10:24

          grave lol , une sorte de thérapie en ligne ... 

          en même temps internet permet aux gens proches dans leur idées mais éloignés géographiquement de se rassembler par la même , de créer des communautés d’interets qui peuvent aussi se traduire par une action « directe » dans la vie réel , c’est pas juste du blabla

        • saint_sebastien saint_sebastien 6 janvier 2010 10:16

          Alors , Avox a touché combien de la part de Sarko ?


          • wesson wesson 6 janvier 2010 10:20

            Bonjour l’auteur,
            puisque le sujet est évoqué, je souhaiterai que la fondation Agoravox éclaircisse sa position concernant cette aide, et indique si elle va en profiter, et à quelle hauteur.

            Pas de méprise toutefois : je n’estime pas du tout anormal que la presse en ligne ou autre puisse bénéficier d’un financement de la part de l’état. Par contre, ce qui est méprisable, c’est l’opacité dans l’attribution de ce financement et des critères présidant à cette attribution.


            • Romain Desbois 6 janvier 2010 10:58

              C’est vrai que l’on ne peut pas trouver normal que la presse papier soit subventionnée et penser le contraire pour le net.
              La question de fond est de l’utilité des subventions d’Etat (entendez subventions communales, générales, régionales et nationales).

              Franchement je préfère le système de dons des particuliers déductibles de leurs impôts (ou remboursables par le fisc pour les non imposés sur l’IRPP).

              Toute subvention directe sera entachée du doute du clientélisme, du piston ou de l’inféodation. Plus ou moins consciemment, les « attributeurs » en charge pour l’Etat auront plus de facilité à subventionner ce qui leur plait plutôt que ce qui plait à leurs administrés. En plus de mettre les demandeurs en position redevable, ce système de subventions rend inégaux les demandeurs ; ceux qui auront les relations, la tchatche ou le culot nécessaires seront les premiers voire les seuls servis.

              En génralisant le système des dons déductibles, c’est le citoyen qui choisit à quoi une partie de ses impôts va servir. Je trouve cela bien plus démocratique.

              NOTA :
              A Arrêt Sur Image, après un débat sur le forum, il a été décidé de ne pas demander de subvention.


            • wesson wesson 6 janvier 2010 11:57

              Bonjour Romain,

              « Toute subvention directe sera entachée du doute du clientélisme, du piston ou de l’inféodation. »

              Cela pourtant peut être évité de manière relativement simple : que les subventions soient distribuée par une commission indépendante, et allouées pour une longue période genre 10 ans. Je pense en fait à un système similaire au système qui finance la BBC, et qui lui permet une assez bonne indépendance car il n’existe pas de possibilité de réduction de la subvention pour crime de lèse majesté


            • Romain Desbois 6 janvier 2010 13:50

              Salut Wesson
              Pourquoi déléguer à une commission même indépendante ? Est-ce que laisser au citoyen le choix de subventionner lui même ce qu’il veut promouvoir n’est pas plus démocratique ?


            • Lisa SION 2 Lisa SION 2 6 janvier 2010 10:27

              Bonjour et meilleurs vœux à Agoravox,

              Dans l’ordre des nouvelles, j’ai lu que Médiapart faisait 8 ME de recettes publicitaires, puis que les sites que vous déclinez frisaient le dépôt de bilan, puis cette information que vous apportez. Classique préméditation dans l’évolution de la désinformation.

              Dès que l’adsl est arrivée dans ma campagne, en 2006, j’ai fouiné et dégotté bien des sites inconnus et indépendants parce que, non versions en lignes de la presse papier comme Oulala ou Agoravox. Je me suis naturellement tourné vers ceux ci dédaignant tous les autres comme je faisait déjà depuis toujours en ne lisant qu’Actuel, le plan B ou ces journaux alternatifs comme ceux de Guy Sitbon. C’est comme cela que j’ai pu échapper à la désinformation officielle qui mobilise les unes avec des faits divers comme les trois spéléologues de la Pierre Saint Martin, trois jours pour rien, ou Jauni A l’idée, etc...

              Je trouve tout mon bonheur, de brillants lanceurs d’alertes et un éclectisme enrichissant sur le ouaib libre, et suis pas surpris de savoir que mes impôts vont servir à alimenter le dopage médiatique tinta-marronier des relais pipole que je dédaigne copieusement.

              Si l’on veut rester libre, on peut fuir toutes les drogues légales y compris numériques.

              Cordialement, L.S.


              • Lisa SION 2 Lisa SION 2 6 janvier 2010 11:20

                erratum humanum est :

                 : 8 millions de visiteurs uniques en janvier dernier selon l’institut Nielsen, soit quatre fois plus que le numéro deux e-sante.fr. Doctissimo a dégagé plus de 8 millions d’euros de revenus publicitaires en 2007 (selon le numéro de mars de 60 Millions de consommateurs).

                Le site n’a pas peur de se faire gentiment le relais de l’indutrie pharmaceutique, comme sur cette info « Un vaccin contre les maladies nosocomiales ?  » qui est en fait le reprise d’un communiqué du laboratoire Sanofi-Pasteur qui commercialisera un jour peut-être ledit vaccin. Son directeur général, Christophe Clément, défend sa fonction sociale :

                Sur les forums doctissimo, où sont postés quelque 150 000 messages par jour


              • L'équipe AgoraVox L’équipe AgoraVox 6 janvier 2010 10:28

                Bonjour,

                Les critères étant très restrictifs pour rentrer dans ce dispositif, AgoraVox n’a pas déposé de dossier pour toucher ces aides. La Fondation AgoraVox n’a donc pas reçu d’aides.

                L’Equipe AV


                • saint_sebastien saint_sebastien 6 janvier 2010 10:42

                  vous êtes propre , je vais vite faire un don alors smiley


                • wesson wesson 6 janvier 2010 10:49

                  merci pour cette clarification


                • Lorenzo extremeño 6 janvier 2010 11:17

                  Bravo et merci á Agoravox,je continuerai de vous soutenir !


                • Arno 6 janvier 2010 11:32

                  Bonjour,

                  Vous pouvez nous expliquer en quelques mots quels étaient ces critères restrictifs ?
                  Merci
                  Arnaud

                • Flo Flo 6 janvier 2010 11:50

                  Merci pour cette clarification.


                • L'équipe AgoraVox L’équipe AgoraVox 6 janvier 2010 11:57

                  @Arno : « Peuvent bénéficier du fonds SPEL les structures juridiques dont les projets se rapportent à un service de presse en ligne reconnu par la commission paritaire des publications et agences de presse (CPPAP). »


                • Big Mac 6 janvier 2010 13:03

                  Une autre condition éliminatoire pour Agoravox :

                  Le site candidat doit être « édité à titre professionnel », et « pour les services de presse en ligne présentant un caractère d’information politique et générale », il doit employer à titre régulier, au moins un journaliste professionnel...

                   smiley
                   smiley  smiley


                • Henri François 6 janvier 2010 14:19

                  Attitude digne d’éloge, mais alors comment faire - au delà du don - pour continuer d’insufler dans les « veines » d’Agora Vox l’énergie nécessaire à sa floraison ?
                  Je l’ignore mais peut-être que parmi vous tous, des idées pourraint poindre... 


                • jako jako 6 janvier 2010 14:51

                  mcm, il y a Olivier Bonnet et surement plusieurs autres pro sous un pseudo


                • Axior 6 janvier 2010 15:08

                  Quand je viens m’informer sur Internet, je commence par regarder l’ensemble des gros titres, puis je clque sur ceux qui m’intéressent le plus pour avoir une idée apprfondie sur des sujets bien précis. Je n’hésite pas à consulter plusieurs sources pour chacun.
                  Il se trouve qu’il n’y a pas si longtemps, en suivant cette méthode, j’étais beaucoup plus souvent sur Rue89 que sur Agora, mais maintenant c’est l’inverse.
                  Tiens donc ...
                  Je continuerai de ce fait à soutenir Agoravox, bien que je n’ai pas encore eu droit à mon petit logo, snif !
                  (Je ne peux pas donner plus que ce dont je dispose)


                • gimo 6 janvier 2010 15:27

                   de Badajoz  ??


                • Lapa Lapa 6 janvier 2010 15:30

                  mcm, il y a Olivier Bonnet et surement plusieurs autres pro sous un pseudo

                  vous voulez dire que Olivier Bonnet est employé par AV ? Ou que d’autres journalistes sous pseudos feraient parti de la masse salariale ?


                • jako jako 6 janvier 2010 15:47

                  Lapa, voir la réponse d’Agora plus bas


                • gimo 6 janvier 2010 15:53

                  ce post etait pour exetremeno de (badajoz)


                • Romain Desbois 6 janvier 2010 19:22

                  Et si Avox fabriquait des vaccins et les vendait à la France ? Je crois que c’est rentable des faire des vaccins et des médicaments !


                • Emile Red Emile Red 6 janvier 2010 10:28

                  Paul,

                  Votre article est parlant, la limite que vous vous êtes imposé en ne parlant que de la presse en ligne, malheureusement, cache la face immergée de l’iceberg.

                  Les subventions à la presse sont un océan sans fond où naviguent détournements arnaques et spoliations du niveau des montants aloués.
                  Les investissements et redistributions ne sont contrôlés par personne, ainsi l’argent du contribuable passe directement de Bercy aux actionnaires des groupes subventionnés, quelques jeux d’écritures et le tour est joué et les comptes privés gonflent sans vergogne.

                  Merci tout de même d’éclairer sur les scandales à répétition de la jungle médiatique, si vous le permettez je reprendrai en partie votre titre pour un article sur une autre facette de ce mélodrame.


                  • terrienhope3 terrienhope3 6 janvier 2010 10:29

                    papy dassaut va sans doute nous pondre un article sur agorahhh !hh !!!!
                    sur l’utilité de la démocratie (pour son compte en banque smiley
                    il a ses entrées maintenant sur agora


                    • terrienhope3 terrienhope3 6 janvier 2010 10:55

                      +1 pour agoravox ce coup ci


                      • terrienhope3 terrienhope3 6 janvier 2010 10:58

                        va falloir résister au requin d’en face maintenant

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON







Palmarès