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Accueil du site > Actualités > Médias > Suppression de la publicité sur la télévision publique : un débat peut en (...)

Suppression de la publicité sur la télévision publique : un débat peut en cacher un autre

La méthode de Nicolas Sarkozy faite d’annonces chocs est très efficace pour faire parler et créer des polémiques, mais peut parfois cacher les vrais débats : l’exemple du futur de la télévision publique.

Dans sa conférence de presse du 9 janvier 2008, Nicolas Sarkozy déclarait : « Je souhaite que le cahier des charges de la télévision publique soit revu, profondément, et que l’on réfléchisse à la suppression totale de la publicité sur les chaînes publiques qui pourraient être financées par une taxe sur les recettes publicitaires accrue des chaînes privées et par une taxe infinitésimale sur le chiffre d’affaires de nouveaux moyens de communication, comme l’accès à internet ou la téléphonie mobile ».

Depuis bientôt deux mois, tout le monde discute de la deuxième partie de cette phrase, c’est-à-dire le financement de la télévision publique, mais l’idée principale, à mon sens, de la révision du "cahier des charges de la télévision publique" a été totalement "zappé".

Tout cela à cause du style Sarkozy qui ne peut s’empêcher pour lancer une idée de provoquer.

Ainsi, l’idée de revoir le cahier des charges pour introduire plus de "culture" paraît séduisante et, d’ailleurs, l’actuel président de France Télévision Patrick de Carolis mène déjà une politique en ce sens ; le théâtre en direct à la télévision est le meilleur exemple récent. Annoncer simplement une révision du cahier des charges de la télévision aurait donc occasionné quelques débats dans les émissions de Jean-Marc Morandini, mais sans plus.

Mais le président veut marquer son temps avec des décisions qui n’ont pas pu être prises jusqu’à maintenant pour marquer sa "rupture", et il en prend d’autant plus de plaisir que les idées avaient été proposées, mais non réalisées par la gauche en son temps.

On pourrait donc dire que Nicolas Sarkozy a réussi son coup car, presque deux mois plus tard, le sujet est toujours d’actualité (création d’une commission dirigée par Jean-Francois Copé il y a une semaine, nombreux articles de journaux). Malheureusement pour lui, cette "provocation" est en train de se retourner contre lui, un peu comme tout ce qu’il entreprend depuis quelques semaines. Elle est symptomatique de la précipitation des annonces du président (outre la suppression de la publicité, on peut citer la mémoire de la Shoah).

En effet, en ces temps de baisse du pouvoir d’achat, quel était le besoin d’évoquer la suppression de la publicité à la télévision publique que personne ne semble demander et qui est synonyme pour les Français de la création d’une augmentation de la redevance ou de la création d’un nouvel impôt... donc d’une diminution du pouvoir d’achat.

Il se trouve coincé maintenant entre renoncer à sa proposition ou augmenter une taxe. Nous prenons le chemin d’un compromis entre les deux.

En effet, en ce qui concerne le recul sur la proposition initiale, lors de l’investiture de la commission, le président a évoqué la possibilité de supprimer la publicité seulement après 20 heures et, dans une dépêche AFP, on apprend que la ministre de Culture Christine Albanel "a évoqué la possibilité d’un maintien de la publicité sur les écrans des chaînes locales de France 3 et sur les chaînes du Réseau France outre-mer (RFO)". En ce qui concerne l’augmentation d’une taxe, outre la piste évoquée par le président lors de sa conférence de presse, on parle d’un élargissement de l’assiette de la redevance avec l’imposition des résidences secondaires.

Espérons que tous les débats autour du financement serviront vraiment à l’audiovisuel public et que le temps passé (et donc l’argent) n’aura pas seulement servi à changer son financement sans aucun impact sur les programmes. C’est un des problèmes avec Nicolas Sarkozy, la forme est souvent critiquée et donc la polémique cache le débat de fond.

Rendez-vous dans quelques mois pour voir si cette méthode est efficace.


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10 réactions à cet article    


  • tvargentine.com lerma 27 février 2008 13:43
     
     
    Voila un bon débat qui mérite de l’argumentation et c’est une bonne chose
     
    Ci-dessous un article censuré 
     
     
     
     
    une idée simple

    France2 et la transmission de la connaissance ou comment relancer une politique industrielle exportatrice en France

     En Ile de France 50.000 entreprises de moins de 50 salariés vont être cédées en raison du départ à la retraite de leur propriétaire (source CROCIS)

    http://www.crocis.ccip.fr/

    L’absence de reprises d’entreprises pourtant solides économiquement ,pourrait se payer au prix de la perte de 40.000 emplois par an en France et une dizaine de milliers d’emplois en Ile de France (source INSEE),sans parler de la perte de la connaissance intellectuelle.

    http://www.insee.fr

    Quel type d’entreprises sont concerné ?

    Les entreprises industrielles ,Les industries du bois,du papier et du carton,la chimie plastiques et la métallurgie.

    Nous voyons ,que bien souvent ce sont des secteurs d’activité exportateurs. avec une sur représentation de l’industrie et de la construction et pas de services.

    Ces entreprises à céder ont en moyenne d’après toutes les études ,22 ans d’activité.

    Nous voyons bien ici,la problématique ; des entreprises industrielles sont à vendre ou risque de disparaître avec les emplois,pour la raison simpliste que des erreurs politiques stratégiques des dirigeants socialistes durant cette période au pouvoir (Delors, Rocard, Fabius,Bereygovoy,Attali) n’ont plus rien fait pour les industries d’exportation et ont tout misé sur les secteurs des services.

    Ils auront été les fossoyeurs des industries du charbon,de l’acier,de la chimie...avec des centaines de milliers de destructions d’emplois et des milliers de sous-traitants qui ont disparu.

    Une vrai catastrophe aujourd’hui pour la France,une vrai capitulation dans une guerre commerciale mondialisée !

    La problématique de la transmission d’entreprise se pose donc au gouvernement de Nicolas Sarkozy avec force et dans le cadre de sa politique de redressement d’une politique industrielle exportatrice ,le gouvernement devra permettre une modernisation du processus de reprise d’entreprises.

    La solution est simple,elle consisterait à privatiser France2 et avec l’argent de cette privatisation honorable, de constituer un fond de garantie Etatique permettant de superviser une politique industrielle de fusion acquisition de ces entreprises à reprendre et de définir une stratégie commerciale globale avec la création d’un nouveau marché coté,accessible aux citoyens contribuables et aux collectivités locales afin d’investir de l’argent et d’obtenir une réduction d’impôt

    Quel serait le coût pour le contribuable ? AUCUN puisque le financement se fait avec l’argent de la privatisation de France2

    Au lieu de monter une usine à gaz pour savoir si FRANCE 2 peut fonctionner sans publicité et créer de nouveaux impôts ou de nouvelles taxes,voila une initiative simple qui mérite l’attention du Président Nicolas Sarkozy

    La France doit se donner les moyens d’avoir une politique industrielle cohérente,le Président Nicolas Sarkozy doit la mettre en oeuvre le plus rapidement possible car les comptes du commerce extérieur sont dramatique pour l’avenir économique de la France et la croissance économique dans notre pays se tasse en raison de la crise qui frappe les marchés financiers mondiaux

    http://ec.europa.eu/news/economy/080221_1_fr.htm

     


    • roOl roOl 27 février 2008 14:54

      note au cliub des redactueurs,

      il faudrai voir à publier les articles de Lerma, sinon il devient lourd et les pose (impose) de partout sur les articles des autres...

      Au moins, on aurai une chance de le contenir dans certaines pages, et ca lui eviterai de se rependre partout comme un ejaculateur precoce (d’ailleurs il vient souvent en premier).

      Publiez les, mettez le nom de Lerma en gros, ca nous donnera une chance de lui montrer une vrai contre argumentation.


    • roOl roOl 27 février 2008 14:55

      Les aleas de la politique BlingBling... on lance des mesures polemique de partout en l’air, en esperant que ca tienne la haut jusqu’au prochaines elections ?

      Gare a la gravité !


    • Radix Radix 27 février 2008 14:29

      Bonjour

      La suppression de la pub sur la télévision publique est une idée qui peut paraître séduisante de prime abord. En effet la course à l’audimat tire les programmes vers le bas mais l’alternative dépend du type de financement.

      Si l’on augmente la redevance on mécontente les téléspectateurs des chaînes privées, si le financement provient de l’état on revient à l’ORTF en mettant les chaînes publiques sous la tutelle du politique.

      Par contre ce qui me paraît le déclencheur de cette subite "quête de sens et de culture" sur les chaînes publiques est la baisse de recette publicitaire de TF1 suite à l’arrivée de la TNT. La suppression de la pub des chaînes publiques entraînerais automatiquement l’augmentation des recettes de TF1 !

      Encore du "service après-vente" de Nicolas ?

      Radix

       


      • 1984 27 février 2008 16:23

        Merci Radix tout est dit !!!


      • JL JL 27 février 2008 16:27

         

        Cette initiative est un hommage que le vice rend à la vertu : en effet, supprimer la publicité dans le but d’améliorer les programmes, c’est reconnaître que les chaînes qui vivent de la pub font dans le médiocre voire dans l’insane.


        • dominos67 27 février 2008 17:10

          Il est vrai que l’on peut se demander pourquoi Nicolas Sarkozy n’a pas demandé un changement seul du cahier de charge avec plus de programmes de "qualité" tout en gardant la publicité, qui aurait diminué un peu si l’audience était moindre, cela aurait permis d’avoir de "meilleur" programme sans une trop grande augmentation d’un impot.

          Mais comme je l’explique, je pense qu’il voulait faire un coup et enfoncer la gauche un peu plus.

           


        • adryan barlet 27 février 2008 17:19

          Je suis pour la pub à la télé et pour la suppression de la redevance ! Si nos vedettes de la télé publique sont si bonnes, alors elles n’ont qu’à prouver qu’elles peuvent faire autant de fric que TF1 ! Rien n’empèche de sortir France 3 du lot et de consacrer ce réseau à de la télé communautaire régionale et aux débats de fond : politique d’aménagement du territoire, écologie,etc avec un temps de parole hebdomadaire aux partis politiques sur des sujets de leur choix...en prime time. Peut-être que cela inciterait les partis à réfléchir pour de bon à ce qu’ils ont en boutique ?


          • Dolores 25 mars 2008 22:13

            Je ne suis pas une fervente partisane de la pub à la télé MAIS

            si on la supprime, on va payer plein pot

            les programmes qui sont loin d’être formidables aujourd’hui seront minables demain

            Il faut m’expliquer (et me convaincre) comment avec moins d’argent, et alors que le caisses de l’état sont vides,on est suceptibles de faire une meilleure télé.

             Préparons les ciseaux pour la tonte !


            • cloporte 10 novembre 2008 09:52

              Je crois savoir que la suppression de la pub télé va entraîner une modification des grilles de programme et que les émissions prime time débuteront aux alentours de 20 h 30 : UIMPOSSIBLE d’être devant son poste à cette heure-là lorsqu’on travaille, temps de retour, préparation repas, etc... Doit-on mettre la télé pendant les repas, pour pouvoir regarder le début des émissions ? Sachant que cette habitude est néfaste pour la vie de famille...

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