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Suppression de la publicité sur la télévision publique : un débat peut en cacher un autre (suite)

Retour sur l’année qui a suivi l’annonce de la suppression de la publicité de la télévision publique par le président de la république Nicolas Sarkozy.

Le 27 février dernier, j’écrivais un article sur la suppression de la publicité sur la télévision publique. Dans cet article, je décrivais la méthode Sarkozy pour faire naitre le débat (en l’occurrence sur la suppression de la publicité) mais qui faisait de l’ombre au « vrai » débat sur le sujet (la révision du cahier des charges de la télévision publique).
 
A quelques jours de la mise en application de cette « réforme », c’est l’occasion de faire le point sur ce qui s’est passé cette année 2008.
 
On peut constater qu’entre la déclaration initiale et le résultat (qui devrait être obtenu le 05 janvier 2009 ou un peu plus tard car le texte de loi ne devrait pas être voté d’ici là par le sénat), il y a un écart.
 
Rappel de la déclaration en conférence de presse (9 Janvier 2008) : « Je souhaite que le cahier des charges de la télévision publique soit revu, profondément, et que l’on réfléchisse à la suppression totale de la publicité sur les chaînes publiques qui pourraient être financées par une taxe sur les recettes publicitaires accrue des chaînes privées et par une taxe infinitésimale sur le chiffre d’affaires de nouveaux moyens de communication, comme l’accès à internet ou la téléphonie mobile ».
 
Sur la première partie de la phrase, ce que je pressentais s’est réalisé, c’est-à-dire que le cahier des charges a été modifié mais bon, rien de significatif et je ne pense pas qu’on va sentir la différence sur les programmes le 05 janvier. Ce que j’estime être le vrai débat sur la télévision a bien été « zappé ».
 
Sur la deuxième partie de la phrase, on peut déjà souligner qu’il n’y aura pas une disparition totale mais seulement partielle (et je ne pense pas que la suppression totale soit pour tout de suite vu la difficulté de trouver un financement).
 
Par contre, sur les moyens de financement, bravo à Nicolas Sarkozy pour avoir anticipé la réflexion du groupe de travail. A moins que la commission Copé aie été inspiré par Nicolas Sarkozy ;-).
 
Enfin, il y a aussi ce qui n’était pas dans sa déclaration de début d’année, le nouveau débat sur la nomination du président de France Télévision par le président de la république. Si l’on n’était pas sûr que le débat sur la suppression de la publicité allait éclipser le débat sur le cahier des charges, on en remet une petite couche avec la nomination du président « histoire de ».
 
Cette année 2008, la méthode est donc restée la même et la conclusion de mon premier article s’est donc malheureusement réalisée :
« Espérons que tous les débats autour du financement serviront vraiment à l’audiovisuel public et que le temps passé (et donc l’argent) n’aura pas seulement servi à changer son financement sans aucun impact sur les programmes. C’est un des problèmes avec Nicolas Sarkozy, la forme est souvent critiquée et donc la polémique cache le débat de fond. »

J’en conclue que cette méthode, qui a l’avantage de faire naitre le débat et de faire parler n’est pas finalement très efficace car les polémiques ont monopolisées le débat (au moins sur ce sujet). Beaucoup d’agitation pour des changements mineurs sur ce qui devrait être l’essentiel : les programmes de la télévision publique.
 
Rendez-vous après le 05 Janvier pour la confirmation sur les programmes.

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4 réactions à cet article    


  • Romain Desbois 27 décembre 2008 10:32

    Il est assez ironique de voir défiler dans les médias tous les artistes venant pour vendre leur soupe (quelques fois très bonne), nous expliquer que c’est très bien de supprimer la pub.
    D’ailleurs justement de quelle pub allons nous être privée. Pas celles que font tous les invités des émissions, pas celles des gingles avant et après les émissions.
    Pourtant qu’est-ce qu’à de différent la télévision publique depuis que l’on a supprimé la SFP ? Toutes les émissions produites sont payées à des producteurs ou producteurs/animateurs privés, clés en main !

    Et puis l’argument spécieux que parcequ’il n’y aurait plus de pub, les programmes gagneraient en qualité m’énervent ; est-ce que cela a empêché de faire du Maupassant sur france2 ? D’autant que l’audience a été excellente.

    Sans compter le gouffre financier des retransmissions du sport, des JO, du Paris-Dakar-Titicaca !

    Avez-vous remarqué aux JT le nombre de fois où la pub s’immisce ? Le panneau des sponsors derrière le sportif du jour, les reportages où là, point d’obligation de "flouter", contrairement aux documentaires.

    Qu’est-ce que c’est que cette usine à gaz de reverser une partie de la pub du privé pour financer le public ? Cela veut dire que pour le public, plus le privé aura d’audience, plus la pub rapportera et donc plus le public aura sa part ! Donc l’intérêt du public n’est pas de concurrencer le privé sous peine de se privé de cette manne.

    On nous refait le coup du bonus/malus censé s’autofinancer et qui au bout du compte coûte des centaines de millions d’euros à l’Etat.


    • mojique mojique 27 décembre 2008 16:49

      De toute façon pub ou pas pub, la télévision restera un moyen qui a fait ses preuves ( élèction de M.Sarkozy) pour abêtir les gens.


      • mojique mojique 27 décembre 2008 16:52
        Lorsque je regarde le JT, je ne dis plus informations, j’ai l’impression que l’on m’enfonce la peur ; la médiocrité tel un clou dans la tête.

        • Argentomaouss Argentomaouss 28 décembre 2008 09:04

          L’article relatif à la nomination du Président de France Télévisions par celui de la République n’était destiné qu’à faire naître des débats "parasites" visant à occulter le but unique de cette réforme : Donner plus de pub, donc plus de ressources, donc plus de bénéfices, aux chaînes privées.

          D’où la possibilité pour ces chaînes privées de diffuser 9 minutes de pub par heure au lieu de 6. 

          Tout le reste, c’est de la poudre aux yeux. Ca fait des années que le CSA composé de membres nommés par les Présidents de la République, de l’Assemblée Nationale et du Sénat ne nomme que des personnes qui plaisent au pouvoir en place. 

          On ne crache pas dans la main qui vous donne à manger.




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