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Accueil du site > Actualités > Médias > Violence et responsabilité des médias

Violence et responsabilité des médias

L’autre jour sur France Inter, monsieur Bauer répondait à des questions sur la délinquance et sa récente évolution. Il disait, entre autres choses (très intéressantes), que le développement des innombrables systèmes de protection dont nous sommes entourés avait une conséquence nette sur la baisse de la délinquance : en effet, il est plus difficile aujourd’hui de fracturer une serrure de voiture ou d’appartement, et par voie de conséquence les délinquants s’attaquent directement aux personnes. D’où une baisse des effractions qui représentaient une part importante de la délinquance, compensée et au-delà par une hausse des agressions.

Mais il y a une chose encore plus inquiétante encorev : le développement de la violence gratuite. Un regard, un comportement plus ou moins désapprobateur peuvent aujourd’hui vous attirer un coup de poing, ou même un coup de couteau dans le ventre. Plus encore : on assiste depuis déjà quelques temps à des « clips » de violence filmés par des jeunes qui s’amusent à casser la figure d’un passant pour faire un film qui est immédiatement diffusé sur internet.

Ces montées de violence gratuite, outre le fait qu’elles sont redoutables car elles menacent tout un chacun, sans qu’il soit besoin d’en donner prétexte, font peser une grave question sur notre société.
Point n’est besoin d’être un grand chercheur du CNRS pour comprendre que cette violence est directement liée à l’éducation et aux médias.

Les médias d’abord, parce que c’est plus clair : les films innombrables qui passent sur toutes les chaînes de télévision (qui entre parenthèse viennent à 95% des USA) contiennent à 95% (?) des scènes de violence. On se tire dessus, on tue à coups de pied, on trucide, en veux-tu, en voilà, on se massacre, on s’étripe. Et bien entendu, le rôle du méchant est celui du héros, tandis que les victimes sont des ventres mous indignes de notre intérêt. Le phénomène est mondial : au Japon, personne ne connaît plus les films d’Ozu ou de Kurosawa. En revanche le kung fu fait rage !

Et la presse écrite n’est pas non plus avare sur le sujet.

On sait bien qu’il faut vendre et qu’on ne vend que ce que le public achète, mais tout de même.

Au stade où nous en sommes, il faut oser enfin poser la question de la responsabilité des médias.

Pendant des décennies, cette question a été taboue. Seuls quelques droitistes ringards osaient la poser, et la poser revenait donc à être considéré comme un droitiste ringard. La censure a été considérée une fois pour toutes comme une grave atteinte aux droits de l’homme, et quiconque encore aujourd’hui oserait prononcer ce mot horrifique serait définitivement condamné par toute la classe dite intellectuelle et tous les bobos du monde.

Et pourtant.

La responsabilité des médias est écrasante.

Au fait, à qui tous ces crimes profitent-ils ? Au public ? Aux victimes ? Aux délinquants ? Ce qui est sûr c’est qu’ils assurent de bons scores à l’audimat. De bons scores, et donc de bonnes recettes...

Mais laissons là cet aspect des choses et contentons-nous d’affirmer haut et fort l’écrasante responsabilité des médias.

Il y a des solutions.

Devant le grave problème de la pollution, on a créé un marché des droits à polluer. C’est une solution bâtarde certes, et le mieux serait bien sûr de supprimer la pollution, mais devant l’impossibilité de le faire, on a trouvé ce biais qui a au moins le mérite de faire payer le pollueur, et de pouvoir ainsi financer la reconstitution des forêts du tiers monde.

Pourquoi nos chères chaînes ne paieraient-elles pas une taxe pour pollution morale, dont le produit pourrait utilement être attribué aux associations qui se préoccupent des jeunes, qu’ils soient délinquants ou pas encore ?

On peut éviter de parler de censure si l’on veut éviter une révolte chez les bons frères, et se contenter de parler d’une taxe sur pollution sociale. Les films étrangers (américains et asiatiques pour l’essentiel) paieraient une lourde taxe à l’importation.

Bien sûr les bons esprits vont demander comment on définit la violence. On peut dans un premier temps dire qu’une situation de violence est une situation qui se traduit par une bagarre, un combat, un décès : en bref toute situation où l’on s’échange des coups, où le fort écrase le faible.

Pour la violence morale, on verra plus tard.

Qui doit juger ? Reprenons l’idée des jurys populaires, sans doute discutable pour les questions politiques qui requièrent une formation de haut niveau, mais peut-être plus indiquée pour la morale familiale. Ou plus simplement une commission où l’on trouverait des représentants des associations compétentes au plan social, des mères de famille, et pilotée par un ministère à définir.

En ce qui concerne l’éducation, c’est plus difficile car le problème vient des familles qui ont dans leur grande majorité largement démissionné de leur mission éducative. Il s’agit du plus vaste problème de société auquel nous sommes confrontés aujourd’hui : comment reprendre la main ? Comment remotiver les familles, à l’heure où elles se délitent et se fracturent de plus en plus. C’est sans doute un problème global qui dépasse tous les autres, et qui n’est pas près de trouver des solutions. C’est tout l’enjeu de l’éducation qui ne se réduit pas à l’Education nationale, mais qui l’englobe. On avancera sur ce sujet, mais ce sera long.

Dans l’immédiat, aidons les familles, et cessons de laisser la violence se vendre librement, et pour rien, dans le supermarché des médias.


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57 réactions à cet article    


  • Cris Wilkinson Cris Wilkinson 25 mai 2007 10:44

    Vous ne seriez pas socialiste par hasard ?

    Toujours à chercher une excuse extérieure pour expliquer le comportement des gens.

    Vous voulez réduire la violence, appliquer une sanction dissuasif en cas de perpétration de crime. C’est très efficace.

    Je prend juste un exemple, même s’il porte sur un autre sujet, pendant l’émission envoyé spécial sur le logement, hier soir, ils ont parlé de l’exemple du Québec concernant les gens qui ne voulaient pas payer leur loyer, leur nombres à fortement chuter, du jours où ils ont passé une loi qui met à la porte un mauvais payeur au bout de 40 jours (même en hiver).

    Comme quoi, le bâton cela marche des fois beaucoup mieux que la carotte.


    • Gazi BORAT 25 mai 2007 14:19

      @ Chris Wilkinson

      Expliquer n’est pas excuser..

      Par contre, pour pouvoir juger, il vaut mieux d’abord comprendre..

      gAZi bORAt


    • Reinette Reinette 25 mai 2007 14:59

      Spécialistes

      Dirigé par le socialiste Pascal Boniface, l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS) est un cercle de « spécialistes » abonnés aux plateaux de télé, où chaque crise internationale leur fournit une occasion d’énoncer des platitudes savantes et des prévisions erronées.

      Pour renforcer leur « indépendance », le conseil d’administration de l’IRIS a intronisé le 22 juin deux nouveaux membres : François Scheer, conseiller chez Areva, et Alain BAUER, PDG d’une société de conseil en sécurité, théoricien de la « tolérance zéro » à la française et grand inspirateur des lois Sarkozy.

      Avant, BAUER passait à la télé environ une fois par semaine. Désormais, c’est une fois par jour !


    • Reinette Reinette 25 mai 2007 15:08

      OMERTA

      « La Mafia n’est pas étrangère dans ce monde ; elle y est parfaitement chez elle, elle règne en fait comme le modèle de toutes les entreprises commerciales avancées », disait Debord en 1988.

      Janvier 2007, à l’aise devant les caméras de télé, un homme d’honneur et d’influence crache le morceau.

      JEUDI 11 JANVIER. L’émission de Frédéric Taddei « Ce soir ou jamais » sur France 3 bat son plein. Sujet : « Truands : de la fiction à la réalité ».

      Xavier RAUFER, l’éminent commerçant paranoïaque, semble attendre patiemment. Lorsqu’il prend enfin la parole, c’est pour se répandre dans une litanie d’annonces apocalyptiques : « Les enlèvements se multiplient. Les choses s’aggravent... Aujourd’hui, les braquages sont bricolés. C’est trois ou quatre jeunes. Sans repérage. C’est le signal d’une nouvelle génération de criminels. Et puis les activités s’enfilent les unes dans les autres... Après les braquages, on passe directement à la drogue et à la prostitution... Partout se développent de formidables organisations criminelles... »

      (À lire les titres de ses ouvrages, on cherche du regard les issues pour pouvoir s’arracher au plus vite : Le grand réveil des mafias, La guerre ne fait que commencer, Les treize menaces du Chaos mondial...)

      Enseignant à l’Institut de criminologie de Paris et professeur à l’École de police criminelle de Chine, RAUFER est un des principaux prosélytes et commerçants de la « tolérance zéro ».

      Mais maintenant que cette idéologie sécuritaire a conquis tous les milieux dirigeants, ce sont surtout les mafias qui le préoccupent. Et il sait de quoi il parle : ses relations, amitiés, collaborations confinent à un véritable annuaire de la classe dirigeante. Attention, pince-nez obligatoire ! On y trouve, pêle-mêle, Giscard, L’Express et Le Figaro, Pasqua, la cellule élyséenne de Mitterrand, des services secrets américains, le directeur de France Culture, les cercles patronaux, les autorités chinoises, des milieux universitaires, Radio Courtoisie, la direction de la gendarmerie, Alain Bauer, ancien grand maître du Grand Orient de France...

      Militant, dans les années 60, dans le groupuscule néofasciste Occident, Xavier RAUFER, dit « Bonne Soupe » [1], a côtoyé dans sa jeunesse Madelin et Longuet, passés depuis au néolibéralisme. Leur mentor ? Georges Albertini, un ex-vichyste ayant patauger durant l’après-guerre dans les milieux bancaires, les officines anticommunistes occultes et divers services secrets. Dans les copinages juvéniles de Raufer, on retrouve aussi un certain Penciolelli et Patrick Buisson, respectivement ancien patron et ex-directeur de la rédaction du journal d’extrême droite Minute. Actuellement directeur du service politique du Figaro, Buisson animait encore récemment des émissions sur LCI en compagnie du présentateur vedette David Pujadas. Lequel est membre du « Siècle », think tank qui rassemble depuis 1944 les membres les plus puissants et influents de la classe dirigeante française.

      La quintessence des pouvoirs politiques, économiques et médiatiques s’y rencontre, entre autres Claude Bébéar, Thierry Breton, Jean-Pierre Chevènement, Jean-Marie Colombani, Jean-François Copé, Laurent Fabius, Serge July, Alain Minc, Nicole Notat (Vigeo), Michel Pébereau (BNP Paribas), Patrick Poivre d’Arvor, Nicolas Sarkozy, Ernest-Antoine Seillière, Jean- Claude Trichet... Mamma mia !

      Tous ces padrone et caporegime qui polémiquent en public et se concertent quand micros et caméras s’éteignent ! De quoi céder au plus délirant conspirationnisme face à un tel faisceau de connivences partout présent dans l’économie, les médias, la politique et les institutions !

      On comprend mieux alors, l’intérêt que Xavier Raufer porte aux mafias « illégales » en concurrence directe avec celles disposant de la loi. Et, devant les caméras, « l’expert » de s’ébaudir, sans oser se nommer lui-même, sur le savoir-vivre des chefs mafieux : « Ils ont une noblesse de comportement... La différence qu’il y a entre le milieu et la mafia, c’est la différence qu’il y a entre un beaujolais nouveau et un château-latour 1947. »

      ...Et rompant malencontreusement l’omertà : « Le jour où un chef de la mafia meurt, le lendemain il a un successeur, le jour où Action Directe a tué le PDG de Renault, il y avait un autre PDG. Il n’y a pas eu une voiture de moins produite dans l’année. La mafia, c’est pareil, ça continue... » Voilà qui est dit !

      En clair, systèmes industriels et commerciaux et mafias, même fonctionnement, mêmes principes, mêmes garanties pour la pérennité du pouvoir, même connivence occulte imposant la dépendance.

      Alors, que viennent faire au milieu de ces « guerres » entre mafias, les offensives menées contre la grande masse des anonymes au nom de la « tolérance zéro » et de la lutte contre les incivilités ?

      Contrôler et réprimer les populations sans pouvoir, c’est montrer spectaculairement l’omniprésence du droit et de la loi dans la rue tout en ne dérangeant pas dans leurs palais les véritables prédateurs. Comme dans toutes les guerres modernes, pris entre deux feux, ce sont les civils qui morflent.

      Et si en plus toute l’opération dégage de beaux profits grâce à l’intoxication paranoïaque et à l’explosion du marché de la sécurité, c’est du nanan !


    • ExSam 26 mai 2007 10:58

      Wilkinson

      Les gens comme toi préfèrent, de toute façon, jeter toutes leurs carottes en surplus à l’eau, plutôt que d’en donner une seule.

      Loin de rétablir une quelconque justice, - il faudrait, en bonne justice, d’abord interdire les logements « morts » pour spéculation, et l’augmentation hallucinante des loyers qu’infligent les propriétaires -, la politique du bâton systématique justifie l’avidité et l’égoïsme fonciers de tes semblables.

      Bref, tes raisonnements faux-culs nous rasent.


    • JPL 26 mai 2007 23:25

      @ Cris Wilkinson

      1) Si le simple fait pour l’auteur d’être à votre avis socialiste disqualifie son propos...

      ...c’est assez édifiant quant à votre sens de la démocratie et quant à votre honnêteté intellectuelle

      2) les Etats-Unis appliquent précisément une politique consistant à prononcer des sanctions dissuasives : peine de mort, peines de prison automatiques après récidives (une des promesses de Sarkozy), etc.

      Bilan :

      - 2,5 millions d’américains en prison (ce qui ferait proportionnellement environ 500 000 prisonniers en France si nous étions aussi débiles, au lieu de 60 000

      - taux de criminalité effrayants, 874 meurtres par an à New-York, environ 200 à Washington, http://www.disastercenter.com/crime/nycrime.htm http://www.disastercenter.com/crime/dccrime.htm Autrement dit plus de meurtres pour New-York et Washington réunis que pour la France entière (quand même plus de 6 fois plus peuplées que ces deux villes) http://www.insee.fr/fr/ffc/chifcle_fiche.asp?tab_id=97

      Avec des résultats comme cela (malgré une police puissante et qui n’hésite pas à commettre des bavures sanglantes, autre dissuasion qui se révèle efficace...) comment peut-on lancer sans plus réfléchir « yaka appliquer des sanctions dissuasives » ?

      Des années de lavage de cerveau qui finissent par faire oublier les faits à bien trop de gens...


    • Gilles Gilles 27 mai 2007 09:04

      Que ce soit en France ou aux USA, des études ont montrés une nette corrélation entre niveau de violence de la société et la violence dans les productions cinématographiques. Moult exemples aussi de personnes ayant commis des actes de violence influencée dans le passage à l’acte par un film.

      Ce débat n’a rien à voir avec une étiquette politique.


    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 27 mai 2007 17:54

      @ Cris Wilkinson. Vous ne seriez pas.... dans l’erreur, par hasard ? Parce que, je suis étonné qu’on mette désormais les Québécois au trottoir pour non paiement du loyer, alors que, lorsque tout récemment encore j’y habitais, avant de choisir la vie sous les bananiers, on ne pouvait même pas, de novembre à avril, cesser la fourniture en électricité du consommateur pour non paiement de la facture . Bon, si vous le dites... mais il vaudrais vérifier.

      Quant au contrôle de la violence dans les médias audiovisuels. Non seulement toute censure est-elle devenue plus que jamais inefficace à l’Ère de l’Internet, mais toute prohibition prétendant contraindre le citoyen adulte et sain d’esprit à autre chose qu’au respect de la liberté des autres et du bien public doit dsparaître. La société doit aller vers l’émancipation, pas le goulag. http://www.nouvellesociete.org/120.html

      Il serait opportun de reserrer les critères excluant les mineurs des films de violence et imposant que toute émission TV ou l’ouverture de tout site internet comportant des scènes de violence soit précédées d’une mise en garde beaucoup plus détaillée, afin que ceux qui exercent le contrôle sur ces mineurs puissent leur en interdire l’accés. celà sans se faire d’illusion sur l’efficacité de ce contrôle, mais c’est une autre histoire.

      C’est au palier de l’éducation qu’on doit agir. Il faut conditionner - j’utilise le mot à dessein - les enfants à la non-violence. Il y a des cultures où la violence est moins présente, preuve q’on peut obtenir des changements de comportement. Faisons-le. Mais toute l’éducation est à revoir... http://www.nouvellesociete.org/704.html

      Pierre JC Allard


    • yoda yoda 25 mai 2007 10:58

      1/ L’humanité n’a pas attendu les films de kung-fu ou pornos pour commettre des crimes et des viols a foisons. smiley

      2/ La violence pour origine une frustration et non pas une imitation. Mets toi en travers du chemin de Sarko, on verra si il ne va pas t’en coller une. smiley

      3/ « Pourquoi nos chères chaînes ne paieraient-elles pas une taxe pour pollution morale » : de nombreux médias polluent en effet le cerveau des telespecteurs, non pas d’images violentes, mais d’images « divertissantes », qui les divertit afin qu’ils ne remettent pas en cause l’irrationalité de la société et de leur mode de vie smiley

      Cordialement, smiley


      • alala 25 mai 2007 12:38

        @ yoda

        « La violence pour origine une frustration et non pas une imitation. »

        C evidemment plus compliqué, les comportements violents ont de nombreuses origines la frustration en fait parti mais egalement la culture, l’education la grandeur morale etc peuvent favoriser leur expression.

        Mais il faut accepter que des gens sont foncierement mauvais egalement, et pas considerer que c soit la faute des medias soit celle de la societe dans son integralite ou de je ne sais quel bouc emissaire.

        C vraiment un probleme complexe et censurer les medias c punir l’ensemble de la societe pour la derive d’une minorité. Les punitions collectives ne sont jamais une solution.

        Si on veut lutter contrela violence, il faut responsabiliser les gens et ne plus leur trouver des excuses. On est responsable de ses actes un point c tout ou alrs on abandonne la notion du libre arbitre et on accepte celle d’une forme d’eugenisme ...


      • Gazi BORAT 25 mai 2007 14:17

        « la grandeur morale »

        La morale n’est pas une donnée quantifiable et est à géométrie variable selon les époques et la catégorie sociale.

        De plus, il n’existe pas de morale universelle.

        Combien de financierts font de bonnes affaires qui, si elles restent dans les bornes de la légalité, ne seraient pas moralement condamnables ?

        Combien de grands idéaux ne justifient pas, au nom de leur noblesse incontestée, le recours à des moyens que la morale pourrait condamner ?

        La morale est toujours une injonction du puissant à l’égard de celui qui l’est moins.

        Si la morale a quelque chose d’universel, c’est bien son hypocrisie..

        gAZi bORAt


      • Eric De Ruest Eric De Ruest 25 mai 2007 11:10

        - interdit la publicité, puisqu’il n’est plus interdit d’interdire

        - Du coup, la raison d’être de TF1, vendre de l’espace de cerveaux disponible, s’effondre.

        - Du coup, on se réapproprie la communication et on diffuse les millions de films, longs, moyens et courts qui n’ont pas vraiment eu droit au chapitre

        - Du coup l’américan way of life qui nous fatigue pompeusement depuis trop longtemps, est enfin remise en question

        - Du coup, c’est une chance extraordinaire de prendre un nouveau départ !

        Bon, ok, c’est schématisé, mais il s’agit simplement d’un coup de volonté populaire....


        • Hub. Hub 25 mai 2007 11:23

          Dire que les médias sont responsables de la montée de la délinquance directe (coups de poing, coup de couteau) avec comme effet dopant le fait que les systèmes de sécurité soient plus performant aujourd’hui relève de l’amalgame quelque peu pervers. Il y a en effet d’un côté la violence crapuleuse et de l’autre la violence expressive liée à un mal être profond et pathologique de l’agresseur, or vous mélangez les deux.

          Les films violent n’inciteront à la violence que ceux qui seraient de toutes manières passés à l’acte un jour ou l’autre, des malades qui n’ont pour s’exprimer et donner la réplique que ce « mode de communication », pour les autres potentiellement violent, je pense qu’au contraire il peuvent avoir un effet calmant par une identification aux personnages d’un film, une violence par procuration en somme.

          C’est un peu comme si vous disiez que les films pornos incitent au viol, là encore je pense qu’au contraire ils jouent davantage un rôle désamorçant qu’incitatif pour la très grande majorité des amateurs du genre qui savent faire la part des choses.

          Alors, en dehors des problèmes d’éducation qui sont une réalité mais qu’il faut relativiser néanmoins, arrêtons de rejetter la responsabilité de certains faits de violence sur les films et les médias, qui n’en sont que le reflet et non la cause.


          • Dragoncat Dragoncat 25 mai 2007 11:27

            @ l’auteur

            Si je peux comprendre vos préoccupations en ce qui concerne le développement de la violence, et particulièrement celui de la violence gratuite, je ne peux souscrire à vos solutions.

            Vos « jurys populaires » font froid dans le dos et rappellent la mise sous tutelle d’état de la culture dans des pays comme la Chine. La violence médiatisé n’est pas un problème si simple.

            Un film violent peut être éducatif. Tout dépend du propos, du scénario, et du côté gratuit de cette violence dans le propos. « Il faut sauver le soldat Ryan » est indubitablement violent, et même parfois gore. Est-ce qu’il incite pour autant à être violent ? Ca me parait éminament discutable.

            Et puis si vous voulez aller par là, le cinéma américain ne serait pas le seul responsable. Le contraire d’un comportement violent chez une personne, c’est le sens civique et la responsabilité individuelle face aux autres. Est-ce que vous croyez que des émissions comme celle de Cauet, spécialisée dans le « pipi-caca-prout » développe des valeurs propres à responsabiliser les gens, ou au contraire à les débiliser ? Quand un animateur aussi reconnu demande à une heure de grande écoute à une actrice, sourire entendu et ricanement en coin, si son plat préféré est la purée, ça me navre et me parait plus « dangereux » qu’un film de kung-fu.

            Cordialement,

            Dragoncat


            • LaEr LaEr 25 mai 2007 12:25

              D’accord avec vous DragonCat, non au retour de la propagande. La propagande, qu’elle soit « bien-pensante » ou non arrive toujours à une dérive totalitariste. Et quelle valeur aurait-elle même à l’heure ou les médias ne connaissent plus de frontières ?

              Et pour abonder dans le sens de DragonCat, je vois plus dans la recherche constante d’inculture télévisuelle sur TF1 ou M6 par exemple, la raison de l’appauvrissement de pensée de toute une partie de la population.

              Et c’est cet appauvrisement intellectuel qui est à mon avis la grande cause de la montée de la violence : plus d’éducation parentale (la télé est là, pas besoin de s’en occuper !), plus de réflexion sur les notions de bien et de mal, et surtout une éloge de l’individualisme et de la notoriété imméritée (voir une blondasse siliconée gagner des millions pour le simple fait qu’elle remue ses fesses et ses 2cm² de vêtements sur un play-back retouché électroniquement n’est pas tellement l’exemple d’une « saine réussite » pour la « jeune gérénération »).


            • Dragoncat Dragoncat 25 mai 2007 13:54

              @ LaEr

              Merci pour la précision.

              Nous sommes d’accord ! smiley

              Faire espérer à toute une génération qu’il est plus « rentable » d’aller faire le « loft » ou de se prendre pour Mylène Farmer plutôt que de bosser, c’est une réelle responsabilité dans la perte des valeurs. Si on mettait dans la balance les milliers d’heure de travail faites par des artistes confirmés, face à des jeunes qu’on invite à tortiller en « prime » en leur faisant miroiter une carrière à la U2 gagnée en deux coups de cuillère à pot, ça éviterait des désillusions et remettrait bon nombre de choses à leur place.

              La comparaison entre facilité apparente et difficulté du réel : voilà qui peut aussi générer de la violence.

              Dragoncat


            • LaEr LaEr 25 mai 2007 15:10

              Je me souviens d’un sketch des guignols qui montraient 2 « djeuns » avec PPDA. Le débat portait, en gros, sur l’utilité d’apprendre (à l’école) pour réussir dans la vie. Les Djeuns parlent de la télévision, des stars et des jeux à la con où les gens gagnent des fortunes pour connaître la couleur du cheval blanc d’Henri IV... puis de leur prof de Math, qui est leur seul exemple de gars qui a bossé, appris, et qui roule toujours en R19...

              La réplique de fin des « djeuns » est sans appel « Je serais bien con de vouloir devenir intelligent »...


            • floruf floruf 25 mai 2007 12:22

              @ l’auteur Encore un énième article sur la violence télévisuelle , vous enfoncez des portes ouvertes ! la violence ,et comme tout un tas d’autres comportements des plus sauvages ou associaux, fait parti de notre société et ce depuis des lustres. Légiférer ne résoudra pas les pulsions qui nous habitent ! D’ailleurs, dans un article de Science-et-vie , il nous était expliqué que le cerveau humain était resté primaire contrairement à nos sociétés qui avait évoluées de manière exponentielle ces 3 ou 4 derniers millénaires.D’une certaine manière, le cerveau de l’homme d’aujourd’hui n’ayant pas ou peu évolué physiologiquement depuis l’âge de pierre n’est pas adapté au monde qui nous entoure.


              • herve33 25 mai 2007 13:14

                Tout à fait d’accord avec les commentaires de cet article , le raccourci entre violence dans les médias et violence dans la rue est un peu facile .

                Le meilleur moyen pour prévenir la violence chez les jeunes , c’est l’éducation , surtout celle des parents qui est primordiale , la société ne peut pas se susbtituer totalement aux parents . C’est là , tout le problème de l’insécurité , une jeunesse sans repère , qui lorsque papa maman n’imposent plus des valeurs morales , se laissent aller à la loi de la rue , celle du plus fort contre le plus faible .


                • Fred 25 mai 2007 13:44

                  Enfin avant les medias, je mettrais l’education des parents comme premiere responsable de la violence actuelle. On voit tous des films de violence et pourtant on ne devient pas tous des malades. Je suis desole mais quand des jeunes de 14 ans trainent dans les rues la nuit, on se demande ce que font les parents ?

                  C’est bizarre de toujours vouloir rendre la societe responsable de tous les maux, quand est-ce que les gens deviennent responsables de leurs actes ?


                  • ExSam 25 mai 2007 13:50

                    Les Bauer, les gens d’Alliance et autres excités d’extrême-droite, dans le genre, citent toujours les agressions et les inciviltés globalement.

                    On mélange, d’une part, la dispute de couple avec le vol à l’arraché, l’agression du petit vieux au fond d’un impasse bien sombre (c’est le fantasme le plus répandu) avec des claques échangées entre voisines ou entre automobilistes.

                    Bref, les vrais agressions n’ont aucune commune mesure avec les chiffres globaux que nous offrent ces messieurs, qui font peur exprés pour leur personnage, leurs effectifs et leur carrière.

                    De plus, les données sont produites sur une année, en général. Ca fait plusieurs milliers d’éléments.

                    Si vous regardez les mêmes chiffres à la journée, rapportés à l’ensemble du territoire, à soixante millions de français, vous vous apercevrez qu’il y a dans la réalité très peu d’agressions, et encore moins de coups de couteau pour un regard, comme fantasme l’auteur.

                    Vous avez très peu de chances de vous faire agresser, même si vous habitez dans des zones urbaines et rurales très défavorisées. Les chiffres le disent, quand on les produits avec sérieux et pondération.

                    Mais la vie aussi. J’ai habité dix ans dans la banlieue déshéritée, dans un de ces HLM blèmes, et ça ne date pas de cinquante ans, mais de cinq ans.

                    J’y suis resté dix ans. Je n’ai été agressé qu’une fois, pourtant je sortais et rentrais tard, en voiture ou à pied. L’agression s’est résumée à un coup de baton sur le toit de ma voiture quand je passais.

                    On vous fait peur. Ceux qui le font sont profondément lucides, ils savent ce qu’ils veulent. Profiter des créations de postes de flics en tous genres, de la programmation de batiments de police, des prisons, de systèmes et locaux de surveillance, etc, uniquement pour se faire voir, valoir, monter dans leur hiérarchie, acquérir le pouvoir et l’argent.

                    Pour ce faire, ils n’hésitent à détruire le vivre-ensemble, à nous dresser les uns contre les autres. Les politiques ne les découragent pas, au contraire.

                    Pourquoi ?...Parce qu’il est plus facile de contrôler des gens qui ont peur et que le sécuritaire permet d’augmenter tous les moyens de pression, de coercitions, de repression dont un gouvernement a « besoin », en cas de crise socio-économique très grâve comme celle que nous vivons.

                    Quant aux médias, je donnerais un seul exemple, l’auteur a bien expliqué et insisté sur leur responsabilité.

                    On nous projette tous les soirs à la télé, des films policiers.

                    La plupart du temps, ils sont d’orgine américaine. La plupart du temps le scénario est le suivant : des flics résolu poursuivent un tueur en série encore plus résolu à tuer tout ce qui bouge.

                    Ce genre de tueur est un malade très grave. Il est atteint, dans la réalié bien sûr, de psychoses paranoïdes, de mégalomanie, de phobies et d’obssessions terribles.

                    Hors, dans les films, la police le considère comme un type mauvais, la malfaisance incarné, un « génie du mal » et s’acharne à le traquer et le tuer ou l’arrêter dans un climat très violent, une sorte de vengeance froide.

                    Le tueur est considéré comme très intelligent et très pervers, et toujours reponsable, c’est-à-dire considéré par les flics, la caméra, le scénario, comme doté de tous ses moyens qu’il tourne vers le Mal. Le Diable, pour résumer.

                    Peut-on s’étonner que la maission ministérielle et d’autres organisme, comme l’Observatoire des Prisons, aient établis qu’il y a au moins trente pour cent de malades mentaux plus ou moins graves incarcérés en France ?..

                    Ces malades n’ont rien à faire dans une prison. Elle ne les disciplinera pas, elle aggravera leur maladie, elle fera courir des risques aux autres détenus et aux matons, puisque l’enfermement déjà dur pour n’importe qui, rendra les malades littéralement fous.

                    Sans parler des risques que ces malades courrent. Le premier étant de se faire tabasser ou tuer par des détenus sains, qui ont peur d’eux ou qui ne supportent pas les manifestations de la maladie mentale, qui peuvent être étranges et dérangeantes, surtout quand on est condamné à la promiscuité ignoble qui est celle de nos prisons. On peut le comprendre.

                    En tout état de cause, plusieurs fois par an, des prisonniers « sains » et des malades perdent la vie en prison.

                    On agit inhumainement et on fait prendre de gros risques à tout le monde. Les médias, c’est pas seulement du cinéma.


                    • Dragoncat Dragoncat 25 mai 2007 14:01

                      @ Exsam

                      Vous avez certainement raison sur l’exagération qui peut être faite d’un certain nombre de faits divers.

                      Reste malgré tout qu’il y a ces deux dernières décennies une augmentation réellement inquiétante du nombre de violences GRATUITES. Donc pas motivé par le vol ou autre. J’ai passé dix ans dans le 93 (et j’y suis né) et s’il y avait des agresssions, elles étaient pratiqués par des gens dont le but premier étaient de « s’enrichir ».

                      Ce nouveau genre d’agression touche aussi plus souvent les femmes, et c’est aussi un motif réel d’inquiétude. On peut faire le juste milieu entre « l’insécurité est un mythe » de DSK en 2002 et « la France est en guerre civile » vu par les US.

                      Quand une amie se fait casser le nez d’un coup de boule pour avoir refuser les « avances » (« tu veux pas que je te crame la chatte ? » - je cite) d’un jeune homme, on peut dire qu’un tabou est tombé et qu’une limite a été franchie.

                      Maintenant, mettre ça sur le dos des médias, non !

                      Dragoncat


                    • lambertine 25 mai 2007 15:16

                      Mouais... euh...

                      Je ne reviendrapas sur la soi-disant responsabilité des « média » dans la violence (alibi facile... qui revient neuf fois sur dix à accuser les sempiternelles productions américaines). Je me demande plutôt s’il arrive aux personnes qui accusent les productions - cinéma et séries - de tous les maux les... regardent, parfois. Oui, il existe des films de « tueurs en série » où un type cinglé « joue avec les flics » et, non, ça ne repréente pas la réalité. Combien de ces films sur la totalité des fictions diffusées ? Je vais m’en tenir aux fictions « policières » : la majorité d’entre elles traitent 1. de violences intra-familiales 2. condamnent fermement toute forme de violence ou d’agression, même de la part des forces de l’ordre 3. font preuve d’énormément de compassion pour les victimes. Alors, oui, il y a des exceptions, oui, il reste des « films de baston », mais globalement, nettement moins qu’il y a trente ans (comparez la violence d’un Cold Case ou d’un New York 911 avec celle d’un Starsky et Hutch ou mêmed’un Drôles de Dames. C’est assez édifiant, et pas en faveur des « bons vieux programmes »).


                    • ExSam 25 mai 2007 20:35

                      Dragoncat

                      Reste malgré tout qu’il y a ces deux dernières décennies une augmentation réellement inquiétante du nombre de violences GRATUITES. Donc pas motivé par le vol ou autre. J’ai passé dix ans dans le 93 (et j’y suis né) et s’il y avait des agresssions, elles étaient pratiqués par des gens dont le but premier étaient de « s’enrichir ».

                      The times they’re a changin...Notre époque comporte ses violences nouvelles sans doute. Ce qui n’infirme pas le fait qu’elles soient présentées avec un miroir grossissant.

                      On peut sans doute les accoler à une mentalité générale qui voit la levée de tabous, encore une fois générée principalement par les médias pour grande partie. L’insécurité économique nationale et mondiale n’y est pas pour rien non plus, et d’autres facteurs sans doute, perte des repères collectifs, des identifications et solidarités, des marqueurs sociaux qui permettent à la société de lier l’individu à elle, lui accordant ainsi protection et l’aidant à se conformer aux limites.

                      Si vous voyez dans cette génération d’actes gratuits - qu’ils conviendraient quand même de repérer sans qu’il y ait doute, par des organismes indépendants, au vu des manipulations qui se font jour - un changement de mentalité des individus, une nouvelle « jungle » en construction, je ne le crois pas. Les évolutions des mentalités sont bcp plus lentes que les changements économiques et institutionnels, et la « nature humaine » est aussi longue à évoluer, ses constituants sont culturellemnet fixés et biologiquement aussi depuis très longtemps. Ils changent dans une durée que je pense extrêmement longue.

                      Quoiqu’il en soit, je vois dans le rapport des médias à la société aujourd’hui, un facteur de déliaison plutôt que de cohésion et d’éducation. Il faut mettre un coup d’arrêt et rapidement, me semble-t-il.


                    • ExSam 25 mai 2007 21:24

                      Combien de ces films sur la totalité des fictions diffusées ? Je vais m’en tenir aux fictions « policières » : la majorité d’entre elles traitent 1. de violences intra-familiales 2. condamnent fermement toute forme de violence ou d’agression, même de la part des forces de l’ordre 3. font preuve d’énormément de compassion pour les victimes.

                      Je crois que tu devrais me prêter ton poste, il a l’air beaucoup mieux que le mien.

                      Si l’on peut voir ce que tu affirmes dans certaines séries françaises, il faut remarquer qu’elles ne font pas l’essentiel de l’audience, d’une part.

                      D’autre part, si la violence y est moins flagrante, la coercition, le rabaissement des victimes, le déni de responsabilités fortes ou de fautes de la part de la police y est flagrant. La violence feutrée ou évidente domine toujours largement la « proximité », l’empathie, la compréhension lucide pouvant déboucher sur une sortie sans dommages, d’un côté ou de l’autre.

                      Sans parler de la violence continue et forte des séries américaines, tant pour le caractère des personnages policiers que pour leurs actes, on peut donc, finalement, retrouver dans les séries française le paradigme « série américaine », mais traité « basse intensité », me semble-t-il.

                      Peu ou prou, on se retrouve toujours dans une légitimation de la violence, pour des fins peut-être légitime. La police est le bras séculier, le légitime porteur de cette violence censée répondre à la violence des voyous. La violence reste l’univers de référence qui ne se remet pas en question, ni ne trouve d’éléments plus importants que lui ou qui le pondèrent, voire le délégitiment.

                      La violence exercée est donc une manière d’institution. Son emprise, son imprégnation ne peuvent que s’avérer, à la longue, profonde, et amener l’individu moyen à penser et vivre la violence comme naturelle, dans la mesure où il peut s’inventer une raison de l’exercer.

                      Ce qui n’est pas si difficile, qu’on soit en situation d’autorité ou simplement convaincu que son bon droit doit être satisfait, par tous les moyens...


                    • lambertine 25 mai 2007 23:14

                      Je ne parle pas des séries françaises, mais de séries américaines. J’ai cité « Cold Case », qui à mes yeux est certainement la série la plus « empathique » et dans laquelle les coups de feu et autres baston sont rarissimes, voire exceptionnels. On ne peut pas dire que dans des séries comme « FBI Portés disparus », Les Experts ou même NCIS, les armes à feu soient le moyen habituel de régler les problèmes. Je ne nie pas que d’autres émissions, films, programmes soient violents et « amoraux » (genre 24 heures chrono ou The Grudge) mais ils sont minoritaires et diffusés à des heures où, théoriquement, les enfants ne regardent pas. Je me méfie beaucoup plus de programmes que j’appellerais « niais », sitcoms diverses, téléréalité et gnangnanteries sans originalité.


                    • ExSam 26 mai 2007 11:07

                      Les Experts et autres FBI, présentent régulièrement une violence évidente et puissante, contrairement à ce que tu racontes, en zappant d’un feuilleton à l’autre, d’un pays à l’autre au grès de tes impressions. De plus, l’agressivité, l’imposition rigide et la haine du criminel sont de règle dans ces feuilletons. C’est tellement constant qu’une « naturalité » perverse s’installe...D’où manip, nuisance, etc.

                      On est à l’exact opposé de la compassion et du respect de l’individu, du recours à la force contrôlée, et surtout en dernier recours, comme ce devrait être la règle.

                      Et dehors, dans le réel, un flic qui plombe dans la tête un chauffard se verra, aujourd’hui, présenté comme « normal », et ce même flic se verra sûrement en résistant de l’ordre...


                    • Voltaire Voltaire 25 mai 2007 14:00

                      Sans vouloir ici trop polémiquer sur un sujet que je connais peu, j’ai été particulièrement choqué il y a quelques jours en découvrant, dans une série américaine pourtant assez peu violente, un cas de torture pratiquée comme si cela était parfaitement acceptable, par des officiers du FBI : ceux-ci, intérrogeant un suspect grièvement blessé sur un lit d’hôpital (sans personnel médical et sans avocat...), l’empêchait de prendre sa dose de morphine alors qu’il était dans une souffrance intense (brulures graves), tant qu’il ne donnait pas l’information souhaitée. Cette légitimisation de la torture par des officiels, répétée un peu plus tard dans cette même série pour un autre cas, m’a profondément choqué.

                      Comment alors enseigner à des enfants ou adlescents ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas, quand des officiers de police dans une série grand public, qui prétend être réaliste (nous ne sommes pas dans termitator ici !), peuvent violer tous les droits, torturer ouvertement, et présenter cela de façon normale et positive...

                      Cette banalisation de la violence ne peut qu’avoir des effets négatifs : où est le droit ?


                      • LaEr LaEr 25 mai 2007 14:58

                        Ici je vois un autre phénomène que la simple violence télévisuelle... C’est la diffusion des « valeurs américaines » par le biais des séries télévisuelles... Combien de séries américaines, dans un épisodes ou un autres, légitimaient la guerre en Irak, l’éxistence de Guantanamo, ou encore dans votre exemple, la torture ?

                        Regardez des séries come JAG, dont une bonne partie des images sont gracieusement offertes par la navy d’Oncle Sam. Je me souviens de passage (entre 2 zaps), qui m’avaient choqué par leur coté « we need you » et « God bless america ».

                        Les séries US servent aussi, parfois, à préparer le public US à la révélation de pratiques normalement abolies (et oui, il est fort possible que Chirac ne soit pas le seul président à craindre la justice de son propre pays).


                      • lambertine 25 mai 2007 15:26

                        Vous réussissez à juger une série « entre deux zaps » ?

                        JAG, je ne l’ai plus regardé depuis des lustres, mais je ferais remarquer que dans une autre série du même genre (NCIS) les pistes « Al Quaida » sont 95 fois sur 100 des « leurres » (et les criminels des proches des victimes). Et que les fictions récentes intègrent les évènements post-11 septembre dans leur scénarii, c’est normal. Pour ce que j’en ai vu,c’est en général bien fait et pas « God Bless America » du tout.


                      • Hub. Hub 25 mai 2007 15:33

                        Laisser de jeunes enfants qui ne sont pas encore à même de faire la part des choses devant ce type de séries, même de violence « soft » est irresponsable. Si un adulte n’est pas à côté pour faire le point immédiatement c’est la porte ouverte à toutes les interprétations possibles allant dans le sens d’une dégradation du lien social.

                        Il en va d’ailleurs de même pour les journeaux télévisés. Un enfant qui reçoit en pleine tête les attentats en Irak et au Liban, la guerrilla urbaine, les accidents et cataclysmes de toutes sortes n’est pas capable de trouver une explication rationnelle à ce type d’èvénements il en fera donc ce qu’il veut et c’est là qu’est le danger. D’où la nécessité de ne pas le laisser seul et d’être présent en tant que parents pour donner immédiatement un sens à ce type d’images.


                      • Gazi BORAT 25 mai 2007 16:01

                        « Le droit du justicier »

                        Ce qui nous est souvent montré, dans le cinéma américain, c’est le scénario type qui met en scène un justicier (Clint Eastwood en est le prototype parfait), un méchant particulièrement abject, une institution judiciaire qui, au nom du respect des libertés individuelles, protège le méchant abject du justicier noble.

                        Le justicier use alors de moyens illégaux et parvient à neutraliser le méchant abject.

                        Résultat : Les Forces de l’Ordre, au nom de leur noble mission, n’ont pas à se préoccuper du droit du citoyen.

                        gAZi bORAt


                      • lambertine 25 mai 2007 16:19

                        Un jeune enfant qui n’a pas l’âge de « faire la part des choses » n’a pas à se trouver seul devant la télévision « tout court », et certainement pas aux heures (il me semble que l’école est obligatoire en France) où passent ces séries dites violentes, c’est à dire, soit l’après-midi - Rex chien flic ? Ben oui, Rex chien-flic - ou après 21 heures. Un adolescent normalement constitué peut parfaitement faire la part des choses entre la réalité et la fiction.


                      • lambertine 25 mai 2007 16:34

                        Ce n’est pas « clint Eastwood », c’est l’Inspecteur Harry et ça date des années 80. Ce n’est pas en sortant des a-priori qui n’ont rien à voir avec la réalité des programmes que vous ferez avancer le schmilblick. Et la réalité des programmes, c’est plutôt « tu sors ton arme, t’es mis à pied ».


                      • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 27 mai 2007 19:23

                        @ Voltaire et seq. « Ce siècle » est peut aussi « trop jeune pour te lire »... je passe 20 minutes chrono, tous les jours, à me répéter en mantra que je ne désteste pas les Américains. Ils sont simplement les vecteurs d’une culture morbide qui se propage comme une gangrène dans notre civilisation en décomposition. Avez-vous pensé que votre article incite à la violence, comme il est difficile de ne pas vouloir écraser les vers quand on les voit grouiller ? Pourtant, votre article est nécessaire.

                        Je suis contre toute censure des médias - incluant les médias citoyens - , simplement parce que le rejet qui n’est pas internalisé reviendra nous hanter. N’interdisons pas, éduquons. Si les médias américains justifient la torture, c’est parce que cette acceptation de l’inacceptable fait partie du « programme d’éducation » de l’État fasciste (américaniste ?) à l’intention de ses citoyens. A l’intention du monde entier, puisque la domination américaniste sur le monde est d’ABORD culturelle. La sociologie de manipulation est devenue une science exacte et on a fait bien des « progrès » depuis Bernays.

                        La violence mise en évidence n’est pas seulement un modele implicite de comportement ; elle est SURTOUT une justification de la violence contre le mal - l’ennemi « mérite » d’être torturé " - et, à ce titre, c’est le message subliminal qui l’accompagne qui est le véritable poison.

                        Comme ce n’est pas la violence du justicier qui est toxique pour la société, mais le message implicite que ce justicier et ses méthodes hors la loi sont la seule solution aux problèmes de la société. L’État de droit apparaît, impuissant, inepte, à remplacer vite par une État fort... http://www.nouvellesociete.org/402.html

                        La seule défense contre la manipulation par le Pouvoir - qui suscite en nous les sentiments qu"il veut que nous ayons, pour nous faire poser les geste qu’il veut que nous posions - est une TOTALE liberté d’expression. Il faut que, même si bien timidement, il y ait au moins quelque part un message qui ne soit pas une maille dans la chaîne de l’endoctrinement. Ça, et s’éduquer soi-même à faire la part des choses dans un monde où le mensonge est roi.

                        Pierre JC Allard


                      • Nicolas Nicolas 25 mai 2007 14:08

                        « Pourquoi nos chères chaînes ne paieraient-elles pas une taxe pour pollution morale »

                        C’est le consomateur qui doit payer, évidement, pas les chaines, pas plus que les entreprises pour l« eur » polution ne payent.


                        • vachefolle vachefolle 25 mai 2007 14:17

                          Orange mecanique, et le lavage de cerveau ?

                          N’oubliez pas le fondement moralisateur de tous les films et feuilletons. Le bon est gentil, et gagne a la fin.

                          Dans tous ces medias, la police intelligente et sophistiquee, arrete toujours le mechant.

                          Et puis prenez en compte le principe des polars :

                          A la fin c’est toujours l’assasin le coupable....


                          • xenophon 25 mai 2007 14:46

                            Je crois pour ma part qu’ imputer la violence à tel ou tel responsable est certes satisfaisant pour la raison mais erroné .

                            Il y a à mon avis une problématique à résoudre : une société qui réclame de plus en plus de liberté peut-elle devenir de moins en moins violente ? La liberté est-elle compatible avec l’ égalité et la fraternité ? Jacques Duclos , un vieux paléo-communiste , parlait des dégats que ferait un renard libre dans un poulailler libre ! Nous n’ en sommes peut-être pas loin . La violence pourrait peut-être , ce qui reste à vérifier , diminuer avec une meilleure formation du citoyen où tous les moyens d’ éducation ( famille , école , religion , autres ) convergeraient vers une morale sociétaire homogène , admise par tous : ce serait contraindre momentanément pour être moins violent ensuite et comprendre la validité de la loi . Les sociétés primitives , dont Rousseau nous vantait la sagesse , passent presque toutes par l’ octroi d’ un brevet d’ adulte , initiatique ou non . Ca nous révulse , à juste titre , mais la violence y est rarement endogène .

                            Alors , faute de mieux , la répression semble le seul recours . Les « cités » difficiles le sont par les populations déstructurées qui y habitent et non par le cadre de vie : des efforts énormes sont consentis en vain pour l’ améliorer , réduits rapidement à néant par le vandalisme . L’acculturation scolaire est rejettée , le refuge « culturaliste » est un alibi commode . Je ne connais pas de « culture » qui permet de rançonner les faibles et de brûler des voitures . Il s’ agit de non droit , aboutissement ultime de la liberté .


                            • Reinette Reinette 25 mai 2007 14:56

                              L’OND, cet Observatoire national de la délinquance n’est pas une officine d’amateurs. Mis en place par Sarkozy en 2003 dans le but d’affiner les statistiques et stratégies policières, en mettant en synergie « administrations, chercheurs et praticiens », il a à sa tête un certain Alain BAUER.

                              Ce personnage connaît bien son sujet.

                              PDG de la société Alain Bauer Associates (!), qui distribue conseils et formations en sécurité, il est, avec son complice Xavier Raufer, le maître d’oeuvre de la diffusion en Europe des théories de la « tolérance zéro », élaborées par le Manhattan Institute, cabinet-conseil des ultra-conservateurs américains.

                              (Connu pour sa « sensibilité de gauche » - il a été administrateur de la Mnef, élu au bureau du syndicat étudiant UNEF-ID, proche de Chevènement et collaborateur dans le cabinet de Rocard à Matignon -, apprécié pour le zèle idéologique et technologique qu’il met à savoir tout sur tout, Alain BAUER préfère cependant passer sous silence quelques épisodes de sa carrière.

                              Notamment sa participation en 1993, à San Diego (Californie), aux activités de la société Science Application International Corporation (SAIC) [1], considérée comme la vitrine des services spéciaux américains, dont elle sous-traite une part importante des besoins industriels.

                              C’est à son retour, après 7 mois de stage, qu’il est nommé vice-président de l’antenne Europe de la SAIC [2], avant de créer sa propre boîte de sécurité dans des locaux contigus.

                              Ainsi, Alain BAUER est aujourd’hui à la fois le fournisseur et le client d’un marché dont fait partie sa propre entreprise de sécurité !!!

                              [1] « Quand on consulte l’organigramme de la société, on y découvre des officiers supérieurs de l’US Army, de l’US Navy, de l’US Air Force, du Pentagone, de la CIA et de beaucoup d’autres services gouvernementaux américains » rapporte Marc Filterman.

                              [2] Aucune inscription (ni radiation) sur cette société ne figure au registre du commerce.


                              • ExSam 25 mai 2007 21:28

                                Reinette

                                Salut, content de te lire.

                                Bauer n’est effectivement pas un perdreau de l’année. Et il semble difficile de compter sur lui pour nous soumettre qu’une batterie illimitée de moyens radicaux pour combattre, éradiquer, emprisonner les violents.

                                La violence en sortira-t-elle étiolée ?..Je ne le crois nullement.

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