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Xavier de Moulins M6, Romain Desarbres Itélé, Hervé Godechot France3, en questions

3 rédacteurs en chef de 3 chaines ô combien différentes se sont posés les bonnes questions sur leurs pratiques professionnelles lors d'une conférence au Press Club de Paris.

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Press Club Paris
Romain Desarbres, Hervé Godechot, Jean-Claude Bourret, Xavier de Moulins

La presse a largement couvert le renvoi de Claire Chazal de TF1 et son remplacement par Anne Claire Coudray. Le journal télévisé ne cesse d'évoluer, de se reconfigurer, alors que le premier journal télévisé a été diffusé il y a 66 ans le 29 juin 1949. Lors de cette rentrée audiovisuelle on a pu voir de nouvelles scénographies des plateaux, des changements dans les lignes éditoriales, une plus grande proximité avec le public, de nouveaux formats de reportages,une nouvelle hiérarchisation des sujets. Dans le même temps les nouveaux médias sur le "net" refusent le centralisme de l'information.

Alors que les JT réunissent près de 15 millions de téléspectateurs, qu'ils baissent en part de marché avec l'offre concurrentielle de 250 chaînes, Xavier de Moulins présentateur et rédacteur en chef du 19/45 et du magazine "66 minutes", Romain Desarbres rédacteur en chef d'Itélé ("la Newsroom"), Hervé Godechot rédacteur en chef du 19/20 de France 3 se sont retrouvés autour de Jean -Claude Bourret (groupe "Entreprendre"), pour jauger les évolutions du traitement de l'information dans leurs pratiques quotidiennes.

Xavier de Moulins qui dirige un journal dont l'offre de décryptage est approuvé par les jeunes, constate que "les gens ne se posent plus". Face à une certaine "lassitude chez le téléspectateur", il faut toujours "s'interroger sur l'après", tout en n'oubliant pas "l'aspect liturgique,le moment fort de la journée avec l'habitude de l'accompagnement" que constitue le journal télévisé. En respectant les "3 niveaux d'information que sont "la réalité augmentée" (les chiffres), le présentateur, l'image".

Romain Desarbres qui officie sur une chaine d'infos en continu insiste sur le "besoin d'infos" du public, l'obligation d' "agir vite" pour le journaliste et la vérification essentielle de l'info, face à la prolifération des sources ("ce qui est vu sur internet est souvent sans référence à la source").

Après 27 ans de carrière Hervé Godechot se rappelle les JT où l'on pouvait annoncer dans les titres à 19h30 ("nous venons d'apprendre") une information tombée à 19h28. L'immédiateté des réseaux sociaux, l'utilisation du smartphone font qu'il n'y a" pas d'infos nouvelles" pour le JT. Il faut donc offrir "une 2ème entrée, une plus-value" pour le téléspectateur.

A la question de J-C Bourret "chaque téléspectateur devient-il journaliste" avec les réseaux sociaux, Xavier de Moulins rétorque que Twitter, 310 millions d'utilisateurs contre 411 millions pour Instagram, représente une "petite élite", apporte "une charge de négativisme", alors qu'"on ne sait pas qui sont les auteurs". 

Il faut savoir que les images venant des particuliers sur des évènements sortant de l'ordinaire peuvent se vendre plus offrant. Comme le dit Romain Desarbres "il faut être le premier sur le coup. Il y a de la concurrence". Mais la méfiance doit prévaloir quant aux sources, même si pour certains journalistes "le premier réflexe c'est d'aller sur twitter".

Hervé Godechot se fie à la règle ancienne : "s'il n'y a pas 3 sources, ce n'est pas de l'info". Il faut prendre "You tube, Dailymotion, avec des pincettes". Le fantasme du "tous journalistes", doit tomber. Le journalisme est un métier et "la carte de presse existe".

Les journaux télévisés se bâtissent avec à la base la hiérarchisation des informations en tenant compte de la proximité avec les téléspectateurs que "l'on va chercher, car le public est volatile et le titre est remis en jeu à chaque fois" (Xavier de Moulins).

"Une ligne RTL, Le Parisien pour la proximité" sur M6, "une deuxième partie de journal avec un angle consommation, air du temps, culturel". Pour le rédacteur en chef de M6 les sources d'informations sont nombreuses : "journalistes qui tournent, montent les sujets, font des duplex, correspondants sur le terrain. La technique permet de croiser les infos". Et "ce ne sont pas les followers qui décident", sinon "on bascule dans un cercle pas si vertueux que çà".

L'image est essentielle pour Itélé : "pas d'image, pas d'info". Une carte peut accessoirement faire patienter le téléspectateur avant l'arrivée des images. "On réfléchit souvent", nous dit Romain Desarbres . Dans le face à face entre les morts de La Mecque et le chômage français, c'est la Mecque qui l'emporte avec des images, sur le chômage sans image. Après l'info principale dans la "Newsroom", un focus, un invité, un reportage viendront apporter un plus.

Un prochain débat du Press Club de France (animé par Isabelle Bourdet sa directrice) portera sur "Presse et photographies", avec le passage au numérique, l'arrivée de la photographie amateur, alors que l'image est chaque jour plus présente dans les médias... Preuve que les journalistes se posent les bonnes questions sur leur métier au quotidien.

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Xavier de Moulins

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1 réactions à cet article    


  • Nicole Cheverney Nicole CHEVERNEY 3 octobre 2015 22:45

    @ Alain Roumestand

    Aucun journaliste actuellement des médias mainstream ne possède ni la volonté ni le pouvoir de faire de la véritable information libre et honnête. Ils ne sont là que pour faire de l’audimat, de l’émotionnel.
    Tant que ces larbins dépendant étroitement de l’Oligarchie qui les récompense grassement pour leur soumission, tant que ces larbins du pouvoir considéreront l’écran plat et les supports papiers comme des aires de jeux ou de cirque, pour afficher leur égo démesuré, le public continuera à se détourner d’eux, de leurs informations tronquées, faussées, arrangées, de leurs mensonges éhontés.
    Et ce ne sont certes pas ces petits symposium de journaleux à la botte qui changeront quoi que ce soit à leur manque d’éthique. Ces cire-pompes, ne sont plus des journalistes, ce ne sont que des communicants détenteurs de cartes de presse qui s’écoutent parler et qui enfument le public.

    Internet est entrain de les détrôner et c’est tant mieux ! Leur mystification est éventée.

    Cordialement.

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