Les futures élections municipales se joueront sur des enjeux locaux. Mais, d’une part, ces élections générales ont toujours valeurs de test à l’échelle nationale. Et, d’autre part, il est vraisemblable que les listes locales du MoDem s’allieront suivant les cas, ou avec la gauche, ou avec la droite.
Il apparait donc légitime d’envisager un socle de propositions communes qui nous assurera une visibilité à l’échelle nationale et une cohérence dans nos alliances : qu’aucun, en interne ou en externe, ne puisse nous accuser de renoncement après une alliance tant que les propositions communes seront maintenues.
Les futures élections municipales
se joueront sur des enjeux locaux.
Mais, d’une part, ces élections
générales ont toujours valeurs de test à l’échelle nationale. Et, d’autre part, il est vraisemblable que
les listes locales du MoDem s’allieront suivant les cas, ou avec la gauche, ou
avec la droite.
Il apparaît donc légitime
d’envisager un socle de propositions communes qui nous assurera une visibilité
à l’échelle nationale et une cohérence dans nos alliances : qu’aucun, en
interne ou en externe, ne puisse nous accuser de renoncement après une alliance
tant que les propositions communes seront maintenues.
Les 10 propositions que
j’envisage sont les suivantes :
Une ville plus
démocratique :
1.
Une
intercommunalité à l’échelle de la ville
2.
Des
referendums locaux sur les grands enjeux
3.
Revendiquer
le droit d’expérimentation
Une ville plus
durable et plus équilibrée :
4.
Une
politique énergétique municipale responsable
5.
Appliquer
réellement la loi SRU
6.
Une agence
municipale de veille et d’information sur la qualité de vie
Une ville plus
dynamique :
7.
Construire
8.
Tous les
services municipaux en ligne
9.
Une agence
municipale du travail de proximité
Je ne propose ici que 9 idées sur
10, pour bien signifier que cette article n’est qu’une vision personnelle et
partielle, à débattre, à modifier et à compléter.
NOTA : Ces propositions
concernent les communes urbaines, les communes rurales devraient sans doute
faire l’objet de propositions spécifiques.
Une ville plus
démocratique :
- Une intercommunalité à l’échelle de
la ville
Le
morcellement administratif des communes n’est aujourd’hui plus adapté à
l’échelle de la ville.
Dans beaucoup d’agglomération, les communes sont devenues des
quartiers aux profils socio-économiques très segmentés. Et la ville, face à des
problèmes communs et interdépendants, n’a pas la possibilité d’apporter des
réponses coordonnées en raison de son morcellement administratif. De même, la
crise des banlieues ne pourra se résoudre que par la mise en place d’une
véritable solidarité entre communes riches et communes pauvres. Cette solidarité
est impossible à l’échelle des communes mais, elle le deviendra à l’échelle de la ville. De même pour la
maîtrise du développement urbain et l’urbanisme.
L’intercommunalité
doit donc dépasser le seul cadre actuel des services collectifs (transports,
eau, assainissement, déchets...) pour
devenir le véritable espace de l’exercice de la démocratie, de l’urbanisme et
de la solidarité.
Le MoDem
devrait donc porter l’ambition d’étendre les intercommunalités tant dans
l’espace urbain que dans leurs compétences.
- Des referendums locaux sur les
grands enjeux
Au-delà des
visions idéologiques de la ville, il y a des choix à long terme indispensables
à faire pour en définir l’avenir. Ainsi par exemple des transports ou de
l’urbanisme.
La réponse à
toutes ces questions n’est pas forcément politicienne : en fonction des
aspirations de chacun ou de ses possibilités financières, ce n’est pas parce
que l’on vote traditionnellement pour telle ou telle majorité que l’on sera
nécessairement favorable à ses projets. Ce qui peut être vrai au niveau
national ne l’est pas forcément à l’échelle locale. C’est pourquoi, sur les
choix à long terme, des référendums locaux devraient être organisés.
Mais, il ne devrait
pas s’agir vraiment de référendums, qui ont toujours un relent de plébiscite ou
de protestation, mais plutôt des votes de choix entre trois projets, dont un
présenté par l’opposition. Les deux autres projets seraient préparés par la
majorité municipale sur la base d’ambitions et de coûts différents. En cas de
victoire du projet de l’opposition, le maire s’engagera à nommer un adjoint qui
en est issu afin de mettre en œuvre ce projet en bonne intelligence. C’est le
pragmatisme et non l’idéologie partisane, qui doit éclairer la conduite
municipale. C’est ce qu’attendent les citoyens.
Les électeurs
auraient alors la possibilité de se prononcer en toute connaissance de cause
sur les projets présentés : coûts, intérêts, délais, qualités... ils
pourront alors choisir de dépenser plus (en impôts) pour de nouveaux services ou
de nouvelles infrastructures. Il n’y aura pas de hausse d’impôts qui ne sera
librement consentie par référendum.
Cette
démocratie directe est aujourd’hui devenue indispensable pour associer
directement les citoyens à leur choix de vie et de dépenses. Le MoDem, né d’une
aspiration à un renouvellement démocratique, pourrait en être le fer de lance.
- Revendiquer le droit
d’expérimentation
Logement
social, péages urbains, agence de veille de la qualité de vie, agence des
services de proximité, taxes municipales d’aménagement, réforme des taxis,
sécurité locale, démocratie directe, etc. Autant de domaines actuellement régis
par l’État, mais pour lesquels chaque ville pourrait faire valoir son intérêt
particulier, ses spécificités et revendiquer son droit d’expérimentation.
Un peu comme
au Moyen Âge quand les villes avaient réussi à gagner progressivement une
certaine indépendance, il s’agit maintenant de les ré-émanciper par rapport au
pouvoir centralisateur et normatif. Il s’agirait d’une étape logique de la
décentralisation et de la réappropriation de la politique par les citoyens
grâce à une plus grande proximité. Les villes, bien plus que les régions ou les
États, sont maintenant le véritable creuset de l’identité individuelle et de
l’innovation démocratique.
Sans cette
étape d’expérimentation, de nombreux projets originaux pour la ville ne
pourront être mis en œuvre, même si leurs citoyens en ont l’initiative et la
maîtrise du financement.
Le MoDem,
force de renouvellement et d’innovations, pourrait donc se positionner en tant
qu’initiateur de la décentralisation vers les villes, ainsi que comme
catalyseur de leur créativité pourvu qu’on leur en laisse la possibilité.
Une ville plus
durable et plus équilibrée :
- Une politique énergétique municipale
responsable
En matière
d’urbanisme ou de transports, les villes ont de larges compétences qui leurs
permettraient de mettre en œuvre des politiques énergétiques durables et
responsables.
Urbanisme :
- Inclure dans les documents d’urbanismes des
contraintes d’économies d’énergies supérieures aux normes, y compris en matière
de rénovation.
- Dans les concours d’architecture, privilégier
les projets les plus économes en énergies.
-
Développer des « quartiers verts » à
l’instar de Fribourg ou BedZed.
-
Il pourrait également être envisagé une
fiscalité locale modulée en fonction du Diagnostic de Performance Energétiques
(DPE) des bâtiments et des logements.
Transports :
- Mise en place d’une politique d’achat très
volontariste concernant les véhicules propres pour les services municipaux, les
bus et les taxis.
- La dissuasion financière progressive des
véhicules les plus polluants : vignette municipale, péage urbain, subventions
aux véhicules propres.
-
La réduction des embouteillages, car ils
participent largement à la pollution en multipliant le temps de fonctionnement
des véhicules.
- Appliquer réellement la loi SRU
La loi SRU qui prévoit un
minimum de 20 % de logements sociaux par commune est évidement imparfaite et
parfois difficilement applicable. Cependant elle définit une cible et fixe des
objectifs qui sont nécessaires à l’établissement d’une véritable mixité dans la ville. Elle est donc
indispensable.
Certaines
municipalités font délibérément le choix de ne pas l’appliquer et de renoncer à
la mettre en œuvre. Ce choix est démocratique car il correspond généralement à
celui de la majorité des électeurs. Le MoDem devrait avoir la position
courageuse d’annoncer qu’il ne sera pas de ces majorités. Nos élus devraient
s’engager à mettre en œuvre cette loi, c’est-à-dire à prendre toutes les
dispositions pour satisfaire cet objectif.
- Une agence municipale de veille et
d’information sur la qualité de vie
La maîtrise et
l’amélioration de la qualité de vie des citoyens urbains passent nécessairement
par une information objective et transparente des conditions de vie et
d’hygiène au cœur de la ville.
Les données à
prendre en compte pour assurer ce suivi seraient notamment les suivantes :
- La qualité de l’eau potable.
- La qualité des eaux des rivières et de fleuves.
- La qualité de l’air et la pollution.
-
Les niveaux de bruit : la pollution sonore.
- L’accidentologie : accident de circulation
et domestiques.
- La criminalité et les incivilités.
- La qualité des déplacements tant en voiture
qu’en transports en commun divers : confort, durée moyenne des trajets.
Cette agence s’attacherait également à mettre en exergue les véritables points
noirs quotidiens.
- L’indice spécifique du coût de la vie locale,
qui est bien différent de l’indice national.
- Ainsi qu’une veille sanitaire spécifique à
certaines grandes maladie urbaines : cancers, allergies, maladies
infantiles, troubles pulmonaires et respiratoires...
Tous ces
facteurs seraient suivis à court terme et à long terme et seraient publiés en
temps réel sur internet. Une partie de ces paramètres est déjà mesurée par
ailleurs, mais il s’agit ici de réaliser un véritable « reporting »
indépendant, lisible et transparent de la qualité de vie.
Ces agences
réaliseraient et publieraient également des comparatifs avec les valeurs relevées
dans d’autres villes comparables.
Une ville plus
dynamique :
- Construire
Hausses
démesurées des prix des logements, absence de mixité sociale, rareté des
logements sociaux, longueur des déplacements entre habitat et activité...
Autant de problèmes que connaissent toutes les villes et qui n’ont qu’une seule
solution efficace : construire. Et ce sont bien les municipalités qui ont
toutes les cartes en main sur ce sujet.
Il faut en
effet construire des logements (de tous types) pour recréer de l’offre et ainsi
faire baisser les prix (emprunts et loyers) qui plombent le budget et le
pouvoir d’achat des citoyens.
Il faut en
effet construire des logements sociaux pour offrir à tous les conditions
d’habitats décents qui permettent un développement et une éducation efficace.
Il faut en
effet construire des logements « normaux » ou des bâtiments
d’activités dans les zones les plus dégradées pour contribuer à revaloriser ce
patrimoine.
Il faut
construire responsable : c’est-à-dire en limitant l’étalement urbain,
densifier, et en promouvant toutes les dispositions qui permettent une
utilisation modérées des ressources et des énergies.
Le MoDem
pourrait donc être un parti de bâtisseurs responsables.
- Tous les services municipaux en
ligne
Aussi bien
pour les citoyens que pour les entreprises, la réalisation des démarches
administratives est généralement une grande perte de temps. Aujourd’hui les
moyens de communication et de sécurisation permettent d’envisager la
réalisation de la quasi-totalité des formalités sans avoir à se déplacer. Les
services ainsi offert seraient par exemple :
- Inscriptions aux écoles, crèches, centres
d’animations...
- Inscription sur les listes électorales
- Dépôt des permis de construire et des
déclarations préalables de travaux
- Demande de logements sociaux
- Etc...
Ce mode de fonctionnement
a l’avantage de permettre le suivi des dossiers, de réaliser une traçabilité
des demandes et d’être transparent. Il ne serait bien sûr pas exclusif, et des
services physiques seraient maintenus pour tous les citoyens qui ne souhaitent ou
ne peuvent utiliser ces technologies.
Sur ces
sujets, et sur tout ce qui peut faciliter la vie du citoyen et des entreprises,
le MoDem à l’ambition d’être moteur et de proposer des solutions nouvelles et
efficaces.
- Une agence municipale du travail de
proximité
Les services
d’emploi à la personne (garde d’enfants, assistance aux personnes âgées, femme
de ménage, bricolage, livraisons, garde d’animaux...) payés par Chèque Emploi
Service ou contrat de travail de particulier à particulier, doivent être
largement encouragés à se développer. En effet, tant l’offre (des milliers de
chômeurs) que la demande (des milliers de salariés sur-occupés) existent. La
difficulté de ce marché est de les faire se rencontrer et qu’elles s’épanouissent
dans la confiance et la sécurité pour que chacun puisse sans souci confier son
enfant ou les clés de chez soi. L’intermédiation d’un service public semble
donc nécessaire.
Concernant
plus spécifiquement la garde d’enfants et l’assistance aux personnes âgées,
cette solution est peut-être celle à privilégier : les solutions
collectives sont toujours plus chères pour la communauté, et souvent les moins
satisfaisantes pour les usagers. D’autre part, outre son aspect économique,
cette relation individuelle rétablit un vrai lien social local.
Ces agences
fonctionneraient un peu sur le modèle des syndicats à l’américaine, en
réalisant les missions suivantes :
- Défendre les intérêts de cette toute nouvelle
classe de travailleurs indépendants, mais relativement précaires.
- Contrôler ces travailleurs avant qu’ils ne
commencent et ensuite sur leur lieu de travail.
- Assurer une formation initiale et continue.
- Prendre en charge leur assurance et ainsi
tranquilliser les employeurs en cas de sinistre ou de vol. Réaliser une
médiation en cas de conflit.
- Optimiser les emplois du temps et les temps de
transports, qui sont généralement le calvaire de ces personnes travaillant
généralement à temps plein en réalisant de nombreux temps partiels.
- Informer la clientèle et mettre en relation les
parties.
- Accompagner l’évolution professionnelle vers
d’autres métiers.
C’est-à-dire,
devenir un véritable outil d’insertion et de réduction du chômage.
Ces agences
devront être un service public plutôt que des entreprises spécialisées. En
effet :
- Pour rester motivés et entreprenants, ces
travailleurs doivent rester indépendants. Le travail s’il était salarié serait
largement moins fiable. Il faut également maintenir la relation directe entre
l’employeur particulier et le travailleur particulier, seul gage de la
satisfaction et de la confiance entre les deux parties.
- Au niveau des coûts également, l’intermédiaire
d’une entreprise se ressent largement tant pour le client que pour le
travailleur, par un doublement (légitime) des frais. Le service public, lui
serait gratuit pour les deux parties, financé notamment par les économies
réalisées en prestations d’assistance diverses.