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1914-1918 devoir de mémoire : Aragon forever

Comment rendre hommage à ces 10 millions de soldats français qui participèrent à ce terrible "Voyage au bout de la nuit" 4 ans durant.

1,5 million furent tués, 500 mille furent portés disparus et 2 millions reçurent les blessures les plus horribles : des "gueules cassés" aux amputés en passant par les gazés, on imagine avec peine la souffrance de ces histoires singulières anéanties au sens propre.

 

Le but de l’Allemagne était de saigner la France aux dires de ses généraux.

Quant aux responsables politiques et surtout militaires français leur rôle néfaste est d’avoir participé au délire des nationalistes à la Barrès ( Les déracinés) et à l’ambition de généraux incompétents comme le sinistre général Nivelle (Le Chemin des Dames).

Il en résulta un affaissement de la démographie que seule l’immigration de l’Est, du Sud et le baby-boom endigua.

Il serait bon, à l’heure où l’on parle d’identité nationale, de dire que les victimes de ces massacres le furent du seul fait des dirigeants à la solde du capitalisme qui organisèrent le massacre des peuples à des fins étrangères à ces derniers qui en payèrent le prix du sang.

Ouvriers, paysans et intellectuels furent ceux que l’on sacrifia sur l’autel des profits et du chauvinisme.

2000 intellectuels français perdirent la vie au cours de cette meurtrière guerre : Charles Péguy, Alain Fournier, Ernest Psichari (petit fils de Renan) Guillaume Apollinaire et tant d’autres.

Mes grands-parents furent de ceux qui n’échappèrent pas à cet effroyable conflit : l’un mourut des suites des diverses blessures reçues à l’âge de 34 ans, l’autre souffrit sa vie durant de ces poumons gazés.

A tous ces hommes et femmes qui partagèrent leur destin, je leur dédie ce très beau poême d’Aragon.

"Tu n’en reviendras pas toi qui courais les filles Jeune homme dont j’ai vu battre le coeur à nu Quand j’ai déchiré ta chemise et toi non plus Tu n’en reviendras pas vieux joueur de manille

Qu’un obus a coupé par le travers en deux Pour une fois qu’il avait un jeu du tonnerre Et toi le tatoué l’ancien Légionnaire Tu survivras longtemps sans visage sans yeux

Roule au loin roule train des dernières lueurs Les soldats assoupis que ta danse secoue Laissent pencher leur front et fléchissent le cou Cela sent le tabac la laine et la sueur

Comment vous regarder sans voir vos destinées Fiancés de la terre et promis des douleurs La veilleuse vous faite de la couleur des pleurs Vous bougez vaguement vos jambes condamnées

Vous étirez vos bras vous retrouvez le jour Arrêt brusque et quelqu’un crie Au jus là-dedans Vous baillez Vous avez une bouche et des dents Et le caporal chante Au pont de Minaucourt

Déjà la pierre pense où votre nom s’inscrit Déjà vous n’êtes plus qu’un mot d’or sur nos places Déjà le souvenir de vos amours s’efface"

Que la mémoire de nos pères demeure.

 

par loth jeudi 12 novembre 2009 - 25 réactions
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