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Accueil du site > Actualités > Politique > 1998-2010 : La déroute de la famille centriste

1998-2010 : La déroute de la famille centriste

Les dernières élections régionales ont été marquées par la défaite cinglante du Modem. Le parti centriste, héritier de l’UDF de Valéry Giscard d’Estaing, se réduit à présent à une dizaine d’élus régionaux, alors qu’il en comptait 120 six ans plus tôt. Mais au-delà de l’échec personnel de François Bayrou, qui ne cesse de s’effondrer depuis les élections présidentielles de 2007, il faut constater que la famille centriste dans son ensemble a subi une longue suite de défaites électorales depuis douze ans. Les centristes sont-ils condamnés à disparaître ?

Retour vers le futur

1998. L’UDF se présente seul ou associé au RPR dans la plupart des régions françaises. Le parti sort alors des législatives nées de la dissolution du gouvernement par Jacques Chirac, où il a obtenu 14,4% des voix et 114 députés. Il a soutenu le gouvernement d’Edouard Balladur contre Jacques Chirac, participé aux gouvernements d’Alain Juppé (12 ministres et 8 secrétaires d’état, soit la moitié des postes). François Bayrou a été ministre de l’éducation nationale sous Balladur et Juppé jusqu’à cette dissolution fatale.  

Les élections régionales ne se présentent pas sous de bons auspices pour la droite. Au sein de l’UDF, plusieurs tendances s’affrontent et s’opposent. D’un côté, la Force Démocrate créée par Bayrou est soutenue par André Santini, de l’autre les groupes Démocratie Libérale d’Alain Madelin, le Parti Radical, le Parti Populaire d’Hervé de Charrette et Jean-Pierre Raffarin, se situent sur une ligne plus droitière. A l’issue du premier tour des régionales, Bayrou et Madelin s’opposent sur la position à adopter vis-à-vis du Front National. Le tableau est dangereux pour la droite. La gauche obtient 52% des suffrages et la droite est menacée dans de nombreuses régions par un Front National en pleine forme (plus de 15% des voix). Madelin choisit de soutenir l’union avec l’extrême droite, contredisant la position de l’UDF. Bien que l’UDF obtienne la présidence dans la moitié des conseils régionaux, Démocratie Libérale et le Parti Populaire choisissent la scission. Deux régions seulement restent fidèles à Bayrou, l’Alsace et la Picardie. Les élus UDF sont alors environ 250 en France.  

Six ans plus tard, lors des élections régionales de 2004, la plupart des régions sont passées sous la coupe de l’UMP. Les partis centristes les plus libéraux (Démocratie Libérale et Parti Populaire) ont rejoint la Majorité Présidentielle pour réélire Chirac en 2002. Deux présidents de régions seulement continuent à se réclamer du centrisme : Anne-Marie Comparini en Rhône-Alpes et Adrien Zeller en Alsace. Les listes de droite sont déjà largement dominées par l’UMP. Par conséquent, le nombre d’élus centristes est divisé par deux, se réduisant à 120. La droite ayant été largement battue lors de ces élections, le nombre de conseillers régionaux de droite (en incluant les chasseurs, les régionalistes et les listes diverses) est passé de 710 à 580. On ne peut pas dire que la dynamique de l’union ait porté ses fruits. 

Viennent alors les élections présidentielles et le score exceptionnel de François Bayrou. L’espoir d’un renouveau du centrisme monte dans le pays. Le Modem est créé et réunit des dizaines de milliers de militants, un engouement jamais vu dans l’histoire du centrisme depuis Giscard. Et patatras ! Le mouvement se scinde et les Nouveaux Centristes rejouent la même partition qu’en 2002. C’est le début d’un long déclin pour les centristes. Législatives, municipales, européennes, régionales… le Modem passe de 18,6% à 4,1%. On se demande comment François Bayrou pourrait enrayer ce déclin.

Un Nouveau Centre-UDF historique ?

Malgré l’échec évident du Modem, on ne peut ignorer l’échec relatif de son frère jumeau, le Nouveau Centre. Des 80 candidats du Nouveau Centre aux législatives en 2007, seulement 17 ont été élus, malgré de nombreuses circonscriptions "laissées" par l’UMP. Le parti allié à l’UMP pour les municipales et cantonales de 2008 ne rassemble que 2% des suffrages exprimés. Pour les européennes et les régionales, totalement intégrés dans les listes de la majorité, les candidats Nouveau Centre n’obtiennent que les miettes laissées par l’UMP. Trois députés européens, 74 conseillers régionaux (au lieu des 120 conseillers sortants), peu de mairies, peu de sénateurs… Le bilan du Nouveau Centre est loin d’être resplendissant après trois années de lien avec la majorité.

Evidemment, ce sont les ambitions personnelles qui ont prévalu. Jean-Marie Cavada a sauvé son siège de député européen, au mépris de toute morale politique. Hervé Morin a obtenu le maroquin dont il rêvait. André Santini s’est protégé en se plaçant dans le sillage de Sarkozy dès le premier tour de la Présidentielle. Jean-Christophe Lagarde a cultivé l’ambiguïté en profitant de l’étiquette Modem pour se faire réélire. Au bal des trahisons, on ne voit guère qui peut sortir grandi de ces trois années de lutte.

Aujourd’hui, Hervé Morin et Jean Arthuis proposent de refonder un "vrai Centre" dans la perspective des prochaines élections présidentielles. L’UMP affaibli et déclinant, les "alliés" reprennent leurs billes et veulent éviter de sombrer avec le navire amiral. Mais leur calcul politique n’a-t-il pas définitivement tué le centrisme en France ? A force de cogner sur Bayrou, tout regroupement semble impossible aujourd’hui. D’autres opposants, à droite comme à gauche, ont profité de leurs dissensions. D’un côté, Dominique de Villepin apparaît comme le chevalier blanc des déçus du sarkozisme. De l’autre, Daniel Cohn-Bendit a siphonné les électeurs attirés par une troisième voie alternative, entre gauche et droite. 

Les centristes "majoritaires", entre Nouveau Centre et Alliance Démocrate, ne représentent que 2 ou 3% des électeurs, trop peu donc pour peser dans les prochaines échéances électorales. Malgré ses échecs répétés, François Bayrou conserve la cote la plus élevée parmi les personnalités du Centre. En mars 2010, il conserve une "cote d’avenir" (TNS Sofres) de 28%. Il n’est jamais descendu en-dessous de 22%. Hervé Morin n’a jamais dépassé les 18%, sa cote moyenne s’établissant à 13% environ. Difficile dans ces conditions de rassembler les foules autour de son projet. Une fois encore, la famille centriste ne se place que dans la position du rémora, ce poisson vivant dans le sillage des requins. Celui-ci se nourrit en nettoyant son hôte, le débarrassant de ses scories et de ses parasites.

 

Perspectives politiques

Le Centre subit la loi du scrutin majoritaire instauré par la Ve République. Incapable de structurer ses forces dans un grand parti unitaire, il survit en groupuscules fédérés autour d’un leader charismatique, seul capable de gagner la Présidentielle. Persuadés que François Bayrou n’aurait pas le poids nécessaire pour l’emporter face à Sarkozy, les Nouveaux Centristes ont préféré l’assurance de préserver leur avenir personnel au mépris d’un projet politique plus large.  

Chacun désigne François Bayrou comme seul responsable de cet état des choses, en raison de son "obsession présidentielle". Mais c’est bien une erreur de perspective. Oui, François Bayrou ne vise qu’une seule élection, la seule capable de reconstruire un grand mouvement centriste. Oui, il a eu tort d’un bout à l’autre de cette séquence en ne parvenant pas à tracer une stratégie électorale raisonnable autour de candidats formés et soutenus par le parti. Oui, il s’est enfermé dans un combat personnel avec le Président de la République qui a obéré sa ligne politique. Il n’en reste pas moins qu’il est le seul capable aujourd’hui de redresser la barre de son courant.

Morin et Arthuis en appellent à leurs anciens amis UDF, les ex-Démocratie Libérale et Parti Populaire, passés à l’UMP en 2002. Il est peu probable que Jean-Pierre Raffarin et Alain Madelin entendent cet appel, à moins que l’un ou l’autre imagine que ce nouveau rassemblement des centristes pourrait servir leurs ambitions personnelles lors des prochaines élections présidentielles. Raffarin, étrillé après son passage à Matignon, ne semble pas entretenir de telles ambitions. Christine Boutin, seule candidate ouvertement sociale-chrétienne lors des élections présidentielles de 2002, n’a obtenu que 2% des votes au premier tour. Aucune autre personnalité ne semble être en mesure de faire émerger un discours social-chrétien et humaniste, ainsi que le souhaitent les quinze signataires de l’appel centriste.

Faute d’un coup d’éclat au cours des prochaines élections présidentielles, le courant centriste semble condamné à disparaître. Leur avenir repose entièrement entre les mains de François Bayrou. Mais peut-être que les dissensions entre Europe Ecologie et les Verts, la lutte fratricide entre Sarkozy et Villepin, les primaires socialistes qui s’annoncent une nouvelle fois sanglantes ouvriront une voie étroite à la candidature du président du Modem.


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Réagissez à l'article

25 réactions à cet article    


  • alberto alberto 27 mars 2010 11:15

    D’abord, ça ce n’est pas un article, et puis le centre ce n’est pas une famille !

    Bien à vous.


    • Eleusis Bastiat - Le Parisien Libéral eleusis 30 mars 2010 07:10

      mais encore ?


    • oncle archibald 27 mars 2010 11:37

      Et surtout vous (l’auteur) ignorez ou feignez d’ignorer que le propre des électeurs du centre est de choisir sur des programmes et non pas de suivre un étendard blanc, rose, rouge ou vert .. Comme il n’y avait pas de programmes, il y a eu beaucoup d’abstentions .. centristes . Votre camembert est un peu passé, vous vous apercevrez rapidement qu’il pue !


      • volpa volpa 27 mars 2010 12:51

        Je reste persuadé que Bayrou et le MODEM ont un avenir.


        • heliogabale boug14 27 mars 2010 13:03

          Vous n’avez pas tort...C’est un article assez intéressant car il met en perspective le fait que Bayrou est dans une stratégie centriste (avec possibilité d’alliance avec la gauche) depuis1998...Cet homme est beaucoup moins opportuniste que l’on croit...mais son problème c’est de tout miser sur les présidentielles...ça pourrait devenir sa force...surtout si la France s’effondre d’ici là et on se souviendra alors peut-être de lui...il lui faudra une bonne campagne aussi....


        • Spip Spip 27 mars 2010 13:55

          Historiquement, le Centrisme n’a jamais été véritablement « autonome ».

          Sous la 4ème République et avant, il servait de force d’appoint tantôt à l’un tantôt à l’autre, faisant payer cher le pourcentage de voix qu’il amenait ( un peu à la manière de certains petits partis en Israël)

          L’arrivée de De Gaulle ayant balayé ce système, la version française de la démocratie chrétienne ne s’en est jamais remise, son influence s’éteignant avec son dernier leader, Pierre Pflimlin (petite prune)

          La suite, l’UDF, n’était pas que centriste, loin de là, c’était quand même un joyeux (?) conglomérat où il y avait de la carpe et du lapin... La séparation des espèces ayant fini par se faire avec l« aide » du RPR-UMP il en restera... peu. Les erreurs stratégiques de Bayrou et les récents débauchage ont fait le reste.

          Alors, quel avenir pour le centrisme ? La 3ème voie pour ceux qui ne veulent plus du bipolarisme actuel commence à être très fréquentée...


          • benoitb benoitb 27 mars 2010 14:12

            Attention, ne pas confondre démocrate et centriste :


            Quant à Bayrou, il peut encore incarner une alternative, à condition de : 


            • Reg68 27 mars 2010 14:23

              Article intéressant qui remet les pendules à l’heure. Tout est encore possible pour la famille centriste et démocrate (pour ceux qui n’aiment pas l’étiquette centriste). Bayrou n’est pas mort, Les Verts et le FN étaient aussi au bas des pâquerettes avant de remonter. Et je crois qu’on a plus de chance qu’eux : Bayrou a un capital populaire indéniable et un parti de militants, certes critiques qui devront être écoutés.


              • Daniel Roux Daniel Roux 27 mars 2010 14:28

                Vous partez du principe que l’étiquette est le produit. Se nommer Nouveau Centre n’est pas suffisant pour occuper le centre, par exemple ou Parti Socialiste, pour proposer une politique socialiste.

                La réalité, telle que je la perçois, est que le PS est le grand parti centriste. Il partage cette position avec Europe Ecologie et leur alliance ne devrait pas poser trop de difficultés idéologiques.

                A gauche du centre, se positionne le Front de Gauche et à droite, ce qu’il reste de l’UDF puis plus à droite encore, les versaillais de l’UMP.

                Reste les extrèmes, le NPA et LO d’un côté et le FN de l’autre.


                • non666 non666 27 mars 2010 15:15

                  Merde , je suis encore d’accord avec le gauchiste !


                  Le « centre », cela ne signifie rien , sinon à l’assemblée pour designer un parti susceptible de passer d’un coté ou de l’autre de la barrière fictive entre majorité et opposition, quelle que soit cette majorité a un instant t.
                  La logique du juste milieu évoquée par Bayrou entre un PS et une UMP supposée être les forces nécessaires et suffisantes de la démocratie s’est effondrée avec la participation et la preuve faite par les citoyens que ces deux partis ne représentaient plus la France.
                  Du coup, ce qui ne se définit que comme le juste milieu de ces deux machins , ne risque pas de représenter plus !

                  Historiquement cette famille EST la droite sociale, humaniste dite droite chrétienne démocrate. Elle était tout ce qui existait pour défendre les laissés pour compte , avant l’arrivée des marxistes.

                  Elle est tout ce qui devrait leur rester, maintenant que plus personne ne se revendique clairement du marxisme....
                  Dire que cette tendance est en voie de disparition sous le prétexte que celui qui a essayé de se l’accaparer a son seul profit s’est pris une claque , c’est un peu exagéré.
                  Cette famille est juste sans repères, sans point de fixation, sans INCARNATION aujourd’hui.

                  Elle ne peut pas rejoindre une UMP trop clairement libérale, atlantiste et pro-israélienne ou seuls des asservis tenus en laisse par un pacte de sang s’en revendique.
                  Les députés du « nouveau centre » ont en effet tous signés un pacte de vassalité avec l’UMP et le sarkozisme...
                  Elle n’a rien de commun avec le vote souveraniste (FN/Gaulliste/Chevenementiste)
                  Cette famille est une famille de laissés pour compte, de SPF ( sans parti fixe ...)

                  Elle ressemble en effet, comme le fait remarquer daniel Roux ci dessus a l’électorat socialiste , a l’électorat communiste ou tout électorat authentiquement marxiste dans ce pays .

                  Vers qui se retourner ?
                  Vers ceux qui ont le « copyright » du nom socialiste alors qu’ils annoncent TOUS chaque jour qu’ils sont désormais « social-démocrate » (social-traitre en vocabulaire marxiste...) , libéraux sociaux, sociaux liberaux ou Blairiste (comme Royal...) ?
                  Vers ceux qui ont un discours « de gauche » , un étiquette verte et une pratique très...liberale mondialiste ?

                  Non decidement, la seule véritable leçon de ce scrutin, c’est l’INADEQUATION de l’OFFRE politique avec la DEMANDE des citoyens.
                  Souverainistes, Chretiens democrates, marxistes sont en effet massivement en train de bouder les urnes alors que techniquement, ils sont globalement majoritaires dans ce pays....
                  Et quand ils ne boudent pas, ils se laissent berner par le miroir aux alouettes, le vote « utile » que leur impose les deux frères siamois(UMP et PS) de la mondialisation....

                  Les souverainistes pèsent toujours de 20 à 30 % des voix, comme les Chretiens democrates et les marxistes.
                  Ils se trompent juste tous de vote en choisissant des partis imposés par les medias, c’est tout....ou pas de vote du tout quand on les a suffisamment ecoeuré, évidement.









                • Daniel Roux Daniel Roux 27 mars 2010 17:56

                  Salut non666

                  "Elle [ le ps ] ne peut pas rejoindre une UMP trop clairement libérale, atlantiste et pro-israélienne ou seuls des asservis tenus en laisse par un pacte de sang s’en revendique."

                  Je crains bien que sur ces points, le PS (DSK ne s’en cache pas, Aubry est plus subtile) n’ait aucun problème à rejoindre l’UMP. D’où le doute légitime d’une partie de l’électorat « de gôche » sur une véritable rupture lors de la prochaine alternance.

                  Et je ne suis pas gauchiste smiley

                • non666 non666 27 mars 2010 21:38

                  Mais de quoi tu parle shawford ?


                • non666 non666 27 mars 2010 23:30

                  Tes 50 (100 ?) derniers messages se ressemblent shawford.

                  RIEN, aucun argument, des « conseils » ne portant sur rien , du flou, des insultes , du crachat maintenant.

                  Tu avais fait illusion pendant un moment pourtant.
                  Un autre tall , donc.
                  Va donc continuer a couiner sur les réponses de tes petits camarades du betar, la bas.


                • non666 non666 28 mars 2010 10:55

                  Tall, je n’ai jamais parlé d’un GRAND complot mondial.

                  Je fais souvent référence par contre à un petit complot de médiocres communautaristes qui sont obligé de s’allier a plus grand qu’eux pour réussir leur objectif.
                  Utiliser Behemoth pour combattre Leviathan..c’est biblique.

                  Tiens, c’est mon jour de bonté, le jour du seigneur.
                  Je vous indique un certain nombre de sites ou vous pourriez aller defendre vos opinions :


                  ah et celui la , c’est mon préféré :

                  Mais tout le site est une MINE d’information.


                • appoline appoline 28 mars 2010 12:50

                  @ Non,


                  Tu écris très cher : « Vers qui se retourner ? ». Et bien justement, à force de tourner en rond, les électeurs ne tournent plus, je dirais même qu’ils tournent le dos aux urnes. Quelle pagaille cet hémicycle, on ne sait plus qui fait quoi et à la limite dans quelle position. Un mécontentement avec le copain d’à côté, crac, on fait un parti de plus. Dans la logique c’est inutile, qu’en font-ils, rien pour la France, rien. Nous ne sommes plus dans la possibilité d’être pour ou contre, il faut recoller les morceaux de cette France laissée pour abandon. Mais cela est un rêve car ils sont si imbus d’eux-mêmes qu’ils ne voient pas que notre pays s’enfonce. 

                • werbrowsky werbrowsky 28 mars 2010 20:04

                  Excusez-moi, mais il ne faut pas confondre sociale-démocratie, façon parti socialiste, et centrisme. Le PRG est le dernier représentant effectif de la famille centriste « de gauche ». Ils ont donc été réduits eux aussi à la portion la plus faible de l’électorat, à cause du système de scrutin majoritaire.

                  Le bipartisme entraîne une division artificielle de la société française, comme s’il n’y avait que les travailleurs et le peuple d’un côté, et les dirigeants et les élites d’autre part. Le centrisme devrait être la synthèse entre sociale-démocratie à la Strauss-Kahn et démocratie-chrétienne à la Merkel. Tant que le système politique et électoral ne reposera que sur ce principe de balancier et d’alternance, il n’y aura pas de solution réelle aux problèmes de notre société. Seuls les grands gouvernements d’union nationale ont pu mener à bien les réformes indispensables, sur le principe du consensus, et non pas de l’affrontement systématique. Les périodes d’alternance ont d’ailleurs été plébiscitées par les électeurs, quoi qu’en pensent les états majors politiques. Le problème de l’UDF était bien de réunir en son sein les deux tendances les plus extrêmes, de l’ultra-libéralisme d’un Madelin, à la démocratie humaniste d’un Bayrou.

                  Europe écologie se situait bien dans une logique centriste, apolitique et non affiliée. On le voit bien d’ailleurs dans le graphique reproduit dans l’article. Les écologistes rassemblent plus de la moitié de la sympathie des électeurs. La rupture entre Europe Ecologie et les Verts ne manquera pas de mettre fin à cette illusion d’un jour.


                • appoline appoline 29 mars 2010 18:45

                  @ Tall,


                  Invention, si seulement , gratte un peu dans certaines archives et tu verras très vite que ce n’est pas un mythe, tiens regarde déjà qui détient les médias, la pieuvre a les tentacules qui poussent depuis un bon moment. Entre autres, car quand on gratte juste un peu plus, ce que l’on découvre n’est pas joli joli.

                • Marianne Marianne 27 mars 2010 14:37

                  Oui, article intéressant, non partisan, qui prend du recul et permet de constaterl’absurdité de ces divisions entre des gens qui pensent la même chose sur le fond et n’arrive pas à s’entendre à cause de querelles d’égo, de luttes de pouvoir.
                  Voir mon article
                  http://www.lepost.fr/article/2010/03/27/2007174_le-modem-et-francois-bayrou-victimes-de-leur-fonctionnement-democratique.html?doFbPublish=2007174

                  Le résultat est là :
                   
                  - sur le fond, sur le contenu de son projet et des idées, le Mouvement Démocrate n’est absolument pas contesté par ses détracteurs, notamment par ceux qui le critiquent de l’intérieur où l’ont récemment quitté, Ce contenu est même repris par de nouveaux concurrents en panne d’idées,
                   
                  - on voit de multiples partis ou cercles de réflexion se créer et reprendre exactement les arguments et le langage de François Bayrou, en prônant le dépassement des clivages, le rassemblement des démocrates et des républicains, avec aussi la fibre sociale et écolo : Dominique de Villepin et le Nouveau Centre ou pseudo-centristes ou radicaux plus ou moins ralliés à la majorité à droite, Corinne Lepage, Daniel Cohn-Bendit, Jean-François Kahn, ...
                   
                  - ceux qui prétendent vouloir « rassembler » les démocrates sont en train de mieux les diviser, pour le plus grand bien soit de l’UMP soit du PS, qui dans le cadre d’un scrutin majoritaire en sortiront toujours gagnant l’un ou l’autre dans un schéma d’alternance bipolaire.
                   
                  C’est un sursaut des citoyens, de leur raz-le-bol devant tant de querelles puériles et leur désir de revenir à un débat de fond, de sortir de la crise et de construire tous ensemble un projet qui tienne la route, ainsi que de sanctionner les mauvais comportements politiques, qui peut nous sauver de cette impasse, de cette imposture, de la désespérance politique.

                  • Frabri 27 mars 2010 20:35

                    Tant qu’il n’y aura pas de vote a la proportionnelles le centrisme n’a pas un grand intérêt,

                    Parmi les 50% d’abstentionnistes il y en a qui attendent une offre politique pour sortir de la « muticrise » et pour une recomposition politique.

                    La sortie de la « multicrise » et la recomposition politique ne se feront pas a partir du centre qui par nature n’est pas suffisamment alternatif

                    http://www.google.fr/search?hl=fr&source=hp&q=multicrise&meta=&btnG=Recherche+Google


                    • Frabri 27 mars 2010 21:04

                      Ajoutons que le centrisme c’est intéressant pour les classes moyennes qui sont majoritairement centristes, mais Alain lipietz avec son « modèle de société en sablier » montre que les classes moyennes inférieures sont en voie de déclassement et Louis Chauvel dit qu’elles sont a la dérive, donc pas de quoi motiver les classes moyennes.

                      http://www.louischauvel.org/deriveclassesmoyennes2.pdf

                      http://fr.wikipedia.org/wiki/Classes_moyennes


                    • Vox Populi 27 mars 2010 21:13

                      De grâce, déjà que les journaliste traditionnels parlent bien trop de stratégie politique que d’idées politique, ne tombons pas dans le même travers ici...
                      Le développement intérieur de l’article est plutôt pertinent.
                      Mais parler de stratégie quand les français ont des préoccupations bien plus concrètes, c’est juste s’enliser...


                      • LOKERINO LOKERINO 28 mars 2010 09:56

                        en tout cas , le modèle Modem/Bayrou est assez effrayant !!!!

                        Nouvelle chape de plomb lors du dernier conseil national ( samedi 27 )
                         -tout va bien ,
                        - vote -à main levée-sic, à l’unanimité,
                         - le score de 4% ?, uniquement de la faute des autres
                        - dernière decision , dorénavant tout personne critiquant la direction sera exclu du modem illico

                        un modèle de democratie rarement atteint...
                         
                        même au Fn ou au Pc ils n’auraient pas osé !!

                        Je me contre f.. du Nc mais l’article est particulièrement biaisé et orienté

                        Outre le couplet habituel sur la « trahison » de morin end co ( avaient ils le choix lorsque Bayrou a changé de camps dans l’entre deux tours ? ), l’auteur fait référence à 2% des suffrages exprimés en France pour les candidats Udf/Nc/centristes alors qu’il n’y avait que 80 candidats ..et que le Modem/udf en présente 577 ( et au passage empoche ainsi le troisième financement public..) ce qui est plus « facile » au niveau national pour être devant les anciens copains....

                        Vous illustrez votre article d’un « camembert » délirant ( on peut toujours prendre ses désirs pour des réalités....)

                        Alors les centristes peuvent peut être se réunir pour proposer des solutions alternatives, que ce soit alliance centriste/modem/Nc ou que sais je , mais de grâce , débarrassez nous du megalo autocratique Bayrou

                        Depuis bientôt 40 ans d’activité politique publique, il a quand fait la démonstration u’il n’était jamais a la hauteur des enjeux auxquels il prétendait .

                        Du conseil général des pyrénées atlantiques
                        De ses candidatures médiocres à Pau et de son mépris pour l’opposition municipale
                        De son mandat européen écourté
                        De son passage médiocre au ministère pendant 4 ans sans aucune reforme d’envergure
                        De ses gestions calamiteuses de multiple formations politiques, de Force démocrate au Modem en passant par l’udf et la nouvelle udf
                        De son personnage d’éternel candidat aux présidentielles depuis plus de 10 ans et son passe temps favori de donneur de leçons

                        etc etc


                        • HASSELMANN 28 mars 2010 14:03

                          Bien vu, je ne sais pas qui vous êtes, mais l’analyse est pertinente.
                          N’ayant pas de contraintes d’anonymat, que je comprends fort bien, j’ai toujours signé mes articles.
                          Pour avoir cotoyé de trés prés C BLANC au sein d’ENERGIES DEMOCRATES, avoir été de ceux qui ont rencontré H MORIN, bavardé avec F BAYROU, et participé avec C LEPAGE et CAP21 a la fondation du MODEM, je ne peux que souscrire a votre analyse.
                          Elle démontre une chose et l’abstention le conforte la première des urgences n’est pas CLIMATIQUE elle est DEMOCRATIQUE.Le désamour vis a vis du politique est irrémédiable.
                          c’est en ce sens que LIBR’ACTEURS oeuvre pour le non cumul de certains mandats, le statut de l’élu et la remise a plat de notre fonctionnement démocratique.
                          Nous bavardions LUNDI avec JF KAHN, il a eu cette image (il en est friand), la DROITE et la GAUCHE politiciennes ont échoué et datent, vouloir se placer au CENTRE de 2 échecs....
                          Voilà pour quoi, nous prétendons qu’il faut être ailleurs, le projet sociétal du XXIem siécle est en 3 dimenssions.


                          • werbrowsky werbrowsky 28 mars 2010 20:10

                            Merci beaucoup pour ce commentaire qui me va droit au coeur.

                            Effectivement, il faut que nous cherchions de nouvelles voies, et surtout sortir des idéologies capitaliste et socialiste, qui nous ont toutes deux menés dans une impasse. J’espère que JFK soutiendra cette ligne dans la curée actuelle contre la troisième voie.


                          • werbrowsky werbrowsky 28 mars 2010 20:07

                            Je suis assez d’accord sur le fond avec vous, mais nous sommes malheureusement pris dans un tourbillon qui nécessite de prendre un peu de recul si l’on veut préparer d’autres solutions.

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