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Accueil du site > Actualités > Politique > 2007, populismes, année inutile

2007, populismes, année inutile

Autant l’accepter, la course pour l’Elysée a commencé avant même la trêve des vacances. Décidément, les politiques et les médias ne nous accordent aucun répit. Et chaque candidat à la candidature de nous abreuver de sa manière de voir, non pas le monde, mais l’action politique (son monde), et de signaler quels thèmes seront essentiels, tout en se réclamant d’un projet, et surtout en décrédibilisant l’adversaire. Pas facile d’être politicien. Le plus puissant des ordinateurs aurait subi un infarctus (un bug) depuis longtemps. La gent médiatique s’affaire autour des manœuvres politiciennes.

Et la communauté des internautes relaie à sa manière les questionnements que les élites instruisent. Les uns pratiquent le down top et les autres l’inverse, autrement dit, les élites voient le monde de leur point de vue, derrière les vitrines et autres tableaux de bord pour VIP, alors que les internautes sont immergés dans le « monde réel » et tentent de faire remonter leurs idées vers les centres décisionnels. De ce mélange des points de vue se dégagent parfois quelques lignes cohérentes. Les médias évoquent les tendances populistes en Europe et ici, les phénomènes autour de Sarkozy, Royal et Le Pen, tandis que sur le Net les blogueurs suivent le mouvement, accompagnés par les rédacteurs d’AgoraVox. Le social-nationalisme y est évoqué, autant que l’éventualité d’une présence de Le Pen au second tour en 2007. Voir ici ou ici ou ici ou ici

Un peu d’histoire. La version canonique de l’histoire admet que le XXe siècle a été le théâtre d’un combat idéologique mais aussi économique, politique et militaire, ayant conduit au triomphe de la démocratie contre les deux systèmes totalitaires adverses que furent le fascisme et le communisme. Bref, triomphe de la liberté, de l’Etat de droit et de la libre-entreprise. Cette thèse est recevable, bien qu’elle masque quelques subtilités ; mais elle reste opérationnelle pour penser le cours du monde dans ses orientations générales. L’ère du fascisme et du communisme est révolue. Actuellement, ce qu’on appelle les populismes, de droite ou de gauche, n’ont rien de totalitaire. Tout au plus, on les prendra pour des systèmes peu ou prou coercitifs mais pour l’instant, assez anodins, sauf pour les populations en marge. Comme le dévoile ce politologue bulgare, les populismes avérés et investis en Europe centrale ne sont pas opposés au libéralisme, et c’est pour cela que les libéraux les tolèrent, du moment que les affaires peuvent prospérer. Cela dit, brandir le populisme dans un éditorial est chose facile pour dénigrer le peuple, et ceci dans le cadre d’une opposition élite-peuple qui caractérise le populisme sans en épuiser les différentes facettes, nationalistes, sécuritaristes, xénophobes, et j’en passe.

En bref, les différents populismes semblent constituer des sortes de synthèses (hégéliennes ?) entre la démocratie et les anciennes idéologies. Voilà pourquoi les uns accusent Sarkozy de fascisme et les autres Besancenot ou Buffet de stalinisme. Ce qui ne fait guère avancer le débat. Tout au plus, on admettra que des penchants populistes s’expriment à l’UMP et au PS avec des variantes relativement étatiques ou relativement anti-étatiques. Les uns optant, comme Ségolène Royal (qui pique le thème à Fabius) pour un Etat protecteur face à la mondialisation, les autres comme Sarkozy (imitant Madelin) préférant moins d’Etat pour une meilleure croissance face à la mondialisation et une lutte économique pour celui qui veut travailler plus dans la société.

Si histoire il y aura, avec comme sens la démocratie, la République, la liberté, alors le combat ne sera pas tant économique (la croissance ne rend plus les gens plus intelligents ni meilleurs), militaire (plus d’affrontements violents), politique (le pouvoir central et médiatique ayant trouvé ses limites) que personnel, et spirituel. En une formule, la seule espérance de progrès repose sur ce hiéroglyphe mystérieux où quelques questions fondamentales furent posées, en Mai 68, à l’occasion du Festival de Woodstock, à travers ces quêtes spirituelles d’une tradition dégagée de tout emprisonnement de l’esprit tel qu’il fut appliqué, pour le meilleur et pour le pire, servant de béquille, par les institutions religieuses et politiques de la modernité. Le phénomène actuel des populismes et autres tendances nationalistes montre que les sociétés ont encore besoin de ces béquilles, ou alors qu’une ruse des pouvoirs fait en sorte de ne pas faire prospérer les voies de l’affranchissement.

Il se peut bien que les luttes politiques et idéologiques soient achevées. A quoi bon combattre Sarkozy si ce n’est pour laisser l’initiative à Ségolène, et inversement ? Quant aux extrêmes, autant les écarter du terrain démocratique en les censurant dans les urnes, mais les laisser s’exprimer pour ce qu’ils témoignent en termes de combats symboliques. L’avenir se joue autant dans les esprits que dans les productions économiques. L’âge du progrès politique est achevé, et c’est ce qui inquiète les individus, que les partis aux tendances populistes tentent de rassurer. Quand les individus auront retrouvé la voie de l’intelligence, de la confiance, en soi, pour soi, en l’autre, alors de cette nouvelle énergie, solidaire mais nullement totalitaire, émergeront des sociétés inédites. Pour l’instant, contentons-nous de décréter les élections de 2007 comme nécessaires, mais inutiles.


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68 réactions à cet article    


  • Marsupilami (---.---.174.235) 23 juin 2006 11:44

    Ouaf !

    « Quand les individus auront retrouvé la voie de l’intelligence, de la confiance, en soi, pour soi, pour l’autre, alors de cette nouvelle énergie, solidaire mais nullement totalitaire, émergeront des sociétés inédites »...

    Ah bon ? les « individus » auraient été nantis de ces qualités ? Quand ça ?

    Houba houba !


    • (---.---.168.211) 23 juin 2006 11:47

      Et dire que t’as la prétention d’être intelligent !


    • Bernard Dugué Bernard Dugué 23 juin 2006 12:35

      Ah bon ? les « individus » auraient été nantis de ces qualités ? Quand ça (...)

      Oui, les philosophes l’on même appelé le Sujet !


    • Marsupilami (---.---.50.207) 23 juin 2006 15:27

      Ouaf !

      Les philosophes, ça fait combien d’individus ?

      Il est vrai que l’individualisme subjectiviste, consumériste et moutonnier qui sévit aujourd’hui est à l’opposé exact d’une authentique individuation, qui seule permet un réel sens de l’Autre et donc des possibles solidarités collectives.

      Mais delà à dire que c’était mieux « avant », c’est pousser le bouchon un peu loin. Les « individus » idéaux que tu décris ont toujours été une minorité. Pour les autres, seule la dure loi de na nécessité obligeait les autres à être solidaires à leur famille, leur clan ou leur tribu.

      Houba houba !


    • Antoine Diederick (---.---.207.166) 23 juin 2006 22:18

      Toujours aussi bon Monsieur le Marsupial, à tel point que je ne postes plus vu qu’à chaque coup vous m’arrachez les mots, que dis-je, les phrases de la bouche...eeeuh du clavier.


    • Antoine Diederick (---.---.207.166) 23 juin 2006 22:21

      c’est vrai, un des problèmes centraux aujourd’hui est en effet une question liée à l’individuation.


    • Antoine Diederick (---.---.207.166) 23 juin 2006 22:34

      Sur un autre fil de discussion j’ai fait allusion au Kitsch.

      Disons, au manièrisme post-moderne dont la « société » de communication et Internet aussi font à leur manière écho.

      Le populisme est un avatar de ce manièrisme dès lors que les questions politiques n’ont pas besoin actuellement d’incarnation tant les engagements sont dissous et peu clairs pour l’instant.

      Le manièrisme suit souvent les époques fondatrices et parfois mythiques. Je pense mme qu’Internet n’est pas forcement une innovation mais un prolongement de ce qui existe déjà.

      Le populisme revient à mettre au centre des préoccupations de la société et forcement du politique les objets dérisoires ainsi que les désirs de la sublimation du quotidien. Devient « drama » ce que d’autres verraient comme l’assouvissement de la vie tranquille et sans histoire.

      Sans histoire, voilà bien le plus effrayant de l’effrayant vide des jours lorsqu’il ne faut pas lutter pour son pain et sa survie.


    • Adolphos (---.---.59.170) 23 juin 2006 12:10

      « Il se peut bien que les luttes politiques et idéologiques soient achevées. »

      Tsss, dans toute l’Europe un mouvement massif anti immigration est en train d’émerger, alors affirmer ca, c’est n’importe quoi.


      • space-cowboy (---.---.1.10) 23 juin 2006 15:01

        je suis abassourdi par la médiocrité des posts qui sont faits...

        qu’on ne soit pas d’accord avec l’auteur d’un article, je le conçois tout à fait mais en arriver à lui tenir des propos aussi dédsagréables, c’est honteux...

        ici c’est lynchage et compagnie... je suis vraiment sidéré... en fait, nombre d’entre vous doivent prendre du plaisir à descendre ceux qui ont le courage d’écrire ici !!!

        je commençais à donner l’adresse d’agoravox à plusieurs de mes amis mais sincérement ici c’est complètement noyauté par des voyous virtuels agressifs...

        en très grande majorité les articles sont bien écrits mais les posts sont catastrophiques, insultants et manquent d’intelligence et de courtoisie...

        à croire qu’on est sur des forums de l’ump version populiste et défaitiste ou sur de villiers !!!

        j’arrête ici ma consultation régulière d’avox pour de plus tranquilles débats...


      • machinchose (---.---.129.40) 23 juin 2006 15:34

        le problème c’est que tout le monde abandonne agoravox au profit des Milan et autres adolphos et autres droitiers extrêmes... c’est triste... Je pencherais plutôt pour un minimum de resistance ici.

        En ce qui concerne adolphos il se décrédibilise tout seul.


      • yoan (---.---.104.26) 23 juin 2006 15:49

        pour adolphos, c’est sur. il vit dans sa bulle idéologique...

        mais je parle maintenant pour la personne venant de critiquer agoravox... le but meme d’un débat n’est il pas d’opposer des idées, de la maniere qu’on le souhaite ? il est normal que les détracteurs postent plus que les partisan d’un article, dans le but de démontrer le point de vue contraire a cet article. pour ce qui est de la violence des débats, un mot est un mot, qu’il soit dur ou non il sert a la meme chose : s’exprimer.


      • Adolphos (---.---.59.170) 24 juin 2006 01:29

        Enfin, moi j’insulte pas l’article ni sont auteur, je fais simplement remarquze qu’il y a une énorme cassure idéologieque, et donc un combat, entre les immigrationnistes et les autres, c’est tout.


      • levoisin (---.---.84.11) 23 juin 2006 16:23

        L’auteur a raison sur un point. Les combats politiques et idéologiques majeurs sont actuellement terminés :

        le modèle politique de gouvernement démocratique l’a complètement emporté sur tous les autres modèles connus (seuls quelques arrangements à la marge sont encore discutés, comme le rôle exact d’un président et du chef du gouvernement),

        le modèle philosophique de droit au bonheur (fondé sur l’hédonisme) l’a emporté sur tous les autres modèles de mode de vie (morale et honneur, obéissance familiale, vie communautaire, religion) ou presque (seuls les intégristes religieux musulmans proposent un contre-modèle à l’échelle mondiale et ils sont en train doucement d’être annihilés). Bref une civilisation en impasse et indépassable tant qu’elle ne s’écroule pas d’elle-même.

        Par contre, je ne partage pas l’optimiste de l’auteur dans les capacités à l’être humain à acquérir tant de qualités en aussi peu de temps pour offrir une nouvelle voie de civilisation. Cela serait sans doute nécessaire, car l’humain possède déjà la capacité d’anéantir la planète alors qu’il ne sait pas encore résister à ses désirs immédiats et déraisonnables, qu’il est gouverné par la peur et la volonté de domination.


        • Marsupilami (---.---.50.207) 23 juin 2006 16:36

          Ouaf !

          « Le modèle philosophique de droit au bonheur (fondé sur l’hédonisme) l’a emporté sur tous les autres modèles de mode de vie (morale et honneur, obéissance familiale, vie communautaire, religion) ou presque (seuls les intégristes religieux musulmans proposent un contre-modèle à l’échelle mondiale et ils sont en train doucement d’être annihilés) ».

          Faux :

          - les évangéliques néocalvinistes étasuniens sont en pleine forme, font du prosélytisme sur toute la planète et prêchent une vision du monde qui n’a rien à voir avec le « droit au bonheur ».

          - l’Islam radical est en constante progression idéologique et démographique sur toute la planète.

          - et que dire de ce qui se passe dans tous les misérables pays Africains ?

          - le bonheur est-il un droit ?

          Houba houba !


        • Bernard Dugué Bernard Dugué 23 juin 2006 18:40

          «  »ar contre, je ne partage pas l’optimiste de l’auteur dans les capacités à l’être humain à acquérir tant de qualités en aussi peu de temps pour offrir une nouvelle voie de civilisation.«  »

          Je ne vois pas où est mon optimisme. Je pense être plutôt réaliste, j’ai dit que les élections de 2007 seront inutiles, ce qui marque une défiance


        • Antoine Diederick (---.---.207.166) 23 juin 2006 22:47

          @ Le Voisin

          « Les combats politiques et idéologiques majeurs sont actuellement terminés »

          Je n’en suis pas si sûr et je crois mme que non, de nouveaux sont en train de naître et ceux ci vont sans doute prendre corps au sein mme des systemes démocratiques. Et c’est là le plus grave...méfions-nous de la naissance (je vais employer une formule) du déni démocratique de la Démocratie.

          Ensuite, voyez que les enjeux sont devenus planétaires dés lors que ce ne sont plus les idéologies uniquement qui menacent l’Homme mais aussi la surcouche supra-naturelle que nous les hommes en nous éloignant du fait de nature, nous créons sous l’oripeau de la technique plus que sous l’habit de la science.


        • Antoine Diederick (---.---.207.166) 23 juin 2006 22:52

          @ Monsieur le Marsupial.

          « ....les évangéliques néocalvinistes étasuniens sont en pleine forme, font du prosélytisme sur toute la planète et prêchent une vision du monde qui n’a rien à voir avec le »droit au bonheur« .  »

          En effet et c’est un aspect de choses qu’il est bien de dire et qu’en fait la pluspart des mouvements idéologiques étasuniens sont comme des sectes pas loin de celles qui ont inventé le terrorisme contemporain.


        • Antoine Diederick (---.---.207.166) 23 juin 2006 23:03

          Populisme ?

          Pourquoi les élites politiques font elles des surenchères sur les mme thèmes et abordent les questions à résoudre par les mmes biais ?

          Bonne question.

          Pourquoi n’y a t - il pas en ce moment de questions qui rassemblent, obligent les engagements et les collaborations citoyennes...un manque d’enjeux ? Pourquoi remplir l’espace public et politique d’attitudes populistes ? A quoi, cela répond-t-il ?


        • Antoine Diederick (---.---.233.12) 25 juin 2006 22:26

          "le bonheur est-il un droit ?

          Le bonheur est un état subjectif de la conscience et fait appel a des valeurs relatives.

          Le ’droit’ au bonheur suggère que l’on puisse faire une classification exhaustive et non relative et non subjective uniquement, dés lors il semble qu’il soit pas possible de définir pleinement le ’droit au bonheur’, sans doute mme il n’existe pas et ne peut être defini de manière universelle mme si sa recherche est sans doute un invariant de l’attitude humaine.

          Disons plutôt la possibilité d’un accomplissement pleinier qui n’est pas forcement celui de l’extase permanente du plaisir ou du désir assouvi mais aussi celui de la vacuité et de l’échec et de la soufrance...par exemple


        • Antoine Diederick (---.---.233.12) 25 juin 2006 23:50

          Ajout....sur le bonheur...

          Comme le Monde est empli de fureurs et que le scepticisme est l’attitude de la distance et du recul nécessaire pour une bonne « écologie du cerveau » mais aussi l’enthousiasme pour ce que l’on croit être bon ; j’attends avec impatience la voix de celui qui dirait (pour paraphraser un titre de bouquin, je crois me souvenir) : « Le bonheur existe, je l’ai rencontré » ce qui me ferait personnellement le plaisir d’un intérêt soudain pour celui là en paix et en joie tranquille.

          Et il nous en faudrait quelqu’uns comme cela ces jours ci pour ne pas voir la lumière falôte des marchands de malheur bien trop nombreux aujourd’hui.

          Bonne nuit.


        • Internaute (---.---.242.91) 23 juin 2006 16:54

          Il y a quand-même pas mal de mélange dans cet article.

          « Un peu d’histoire. La version canonique de l’histoire admet que le XXe siècle a été le théâtre d’un combat idéologique mais aussi économique, politique et militaire, ayant conduit au triomphe de la démocratie contre les deux systèmes totalitaires adverses que furent le fascisme et le communisme. Bref, triomphe de la liberté, de l’Etat de droit et de la libre-entreprise. »

          Depuis quand le fascisme est-il contre la libre entreprise ? Le communisme évidemment mais le fascisme pas du tout. On essaye donc de mettre dans le même sac des choses qui n’ont rien à voir.

          « En une formule, la seule espérance de progrès repose sur ce hiéroglyphe mystérieux où quelques questions fondamentales furent posées, en Mai 68, à l’occasion du Festival de Woodstock, »

          Pour ce que j’en sais, Mai68 a été la réponse du lobby juif au Général de Gaulle. En 1967 il décrète l’embargo sur les livraisons d’armes à l’Israël pendant la guerre des 6 jours. En 1968, le noyau actif des intellectuels juifs parisiens lui casse la baraque et l’oblige à partir. Daniel Cohen-Bendit met le feu aux poudres à la Sorbonne, aidé par Alain Geismar à la Gauche Prolétarienne et par Alain Krivine à la Ligue Communiste Révolutionnaire (souvenez-vous des CAL, comités d’action lycéens). Excusez-moi mais je ne vois absolument pas quel rapport il y a entre le mouvement hippy (hédoniste) qui s’exprime à Woodstock et la ressucée de la révolution judéo-communiste qui causat la mort de dizaines de millions de personnes en Russie. A titre historique je rappelle que celui qui s’est levé contre Mai68 était Alain Madelin, (re)fondateur du mouvement fasciste extrémiste Ordre-Nouveau. Avec un certain amusement on peu constater que sur les 4 cités, trois ont occupé des postes ministériels ou équivalents.

          « par levoisin (IP:xxx.x84.84.11) le 23 juin 2006 à 16H23 L’auteur a raison sur un point. Les combats politiques et idéologiques majeurs sont actuellement terminés :

          Le modèle philosophique de droit au bonheur (fondé sur l’hédonisme) l’a emporté sur tous les autres modèles de mode de vie (morale et honneur, obéissance familiale, vie communautaire, religion) ou presque »

          Je pense pour ma part que l’histoire politique récente a fait tomber la frontière entre la gauche et la droite dans le sens ou tout le monde est d’accord sur un certain libéralisme économique, la gauche accordant cependant moins de libertés à l’individu.

          Le combat politique ne se situe plus du tout entre la gauche et la droite mais entre les nationalistes et les mondialistes. Les premiers veulent que les nations continuent d’exister avec leurs peuples et leurs diversités tandis que les seconds veulent un pouvoir mondial, un Big Brother qui régente tout et optimise les moyens de production. Là-dessus, il y a encore des années de débat et de lutte en perspective.


          • Bernard Dugué Bernard Dugué 23 juin 2006 18:37

            «  »Depuis quand le fascisme est-il contre la libre entreprise ? Le communisme évidemment mais le fascisme pas du tout. «  »

            C’est ainsi qu’il faut lire le texte. Je ne vois pas où est le problème. C’est étrange toutes ces attaques qui cherchent des fautes formelles.

            Big Brother, ce sont plutôt les nations qui en sont responsables. Autant que je sache, les écoutes, les surveillances en tous genres, caméras en ville etc... sont le fait des Etats. La mondialisation n’a rien à voir avec ça.

            Pour ce qui est de mai 68 je préfère ne pas commenter, c’est dirais-je, consternant.


          • pingouin perplexe (---.---.56.242) 24 juin 2006 20:43

            A M.Dugué

            Vous dites :

            « Big Brother, ce sont plutôt les nations qui en sont responsables. Autant que je sache, les écoutes, les surveillances en tous genres, caméras en ville etc... sont le fait des Etats. La mondialisation n’a rien à voir avec ça. »

            En etes-vous persuadé, vous qui avez par ailleurs le souci de ne pas négliger l’utilité des approches systémiques ?


          • Gil (---.---.93.79) 25 juin 2006 15:30

            Bonjour internaute,

            Vous nous dites : « Le combat politique ne se situe plus du tout entre la gauche et la droite mais entre les nationalistes et les mondialistes. Les premiers veulent que les nations continuent d’exister avec leurs peuples et leurs diversités tandis que les seconds veulent un pouvoir mondial, un Big Brother qui régente tout et optimise les moyens de production. Là-dessus, il y a encore des années de débat et de lutte en perspective ».

            En effet, je vous rejoins totalement sur cette opinion. En fait, les multinationales et les élites politiques font croire à qui veut l’entendre, que la mondialisation est inéluctable et que c’est le seul choix possible.

            Les uns pour générer un profit maximal de leur business, les autres par facilité : ils n’ont plus à lutter puisque c’est inéluctable, et il ne sont plus responsables, puisque la responsabilité est « ailleurs », quelque part dans le monde, on ne sait pas trop où d’ailleurs, peut-être à l’OMC...

            D’ailleurs, contrairement aux peuples qui généralement demandent des réponses simples et clairs à des questions simples, ces gens-là n’arrêtent pas de nous dire que le monde est complèxe, et tiennent d’incessants discours eux-mêmes hyper-complèxes dont le but n’est autre que de noyer le poisson...

            Dans ce contexte, le populisme apparait comme l’expression du « faire-simple ». D’aucun diront à tort ou à raison, simpliste.

            Il n’y a pourtant rien de compliqué : PS et UMP ont ouvert les frontières au libéralisme international contre lequel les entreprises françaises pour des questions de coûts sociaux ne peuvent pas entrer en compétition. A partir de là, c’est toute la société qui se délite en même temps que tous les équilibres antérieurs sont détruits inéluctablement.

            Face à ça, ceux qui en sont responsables n’assument pas. Les uns disent qu’il faut continuer vers la dérèglementation et le liberalisme, qu’ils confondent souvent à dessein avec la liberté ( mais est-on encore libre quand on est ruiné ?), et les autres que de nouveaux équilibres sociaux vont émergés au niveau européen d’abord, puis mondial. Quand on voit à quelle vitesse ils construisent cette europe sociale, on peut légitimement se poser des questions sur leur honnêteté...

            Dans ce bordel généralisé qui émerge, l’auteur de l’article suggère de baisser les bras et de se tourner vers la spiritualité individuelle... Moi je dis : « ohmmmmm ! », vous me comprenez ?


          • Internaute (---.---.242.91) 23 juin 2006 17:10

            Pour info. Le festival de Woodstock a eu lieu les 15, 16 et 17 août 1969. En le situant en Mai 68 l’auteur fait un amalgame de plus.


            • Marsupilami (---.---.50.207) 23 juin 2006 18:14

              Ouaf !

              Faut le comprendre, c’est un vieux, avec plein de trous de mémoire. Déjà qu’il nous avait fait le coup de Led Zeppelin c’est mieux que Franz Ferdinand, alors...

              Houba houba !


            • Bernard Dugué Bernard Dugué 23 juin 2006 18:30

              1969 c’est l’année de Jane.

              Je ne vois pas où amalgame il y a, qu’on me le fasse savoir, mais bon, à force de causer d’amalgame, Sarkozy a plombé les cerveaux des Français

              Sinon, je n’aurais pas dû comparer FF à Led Zep, entretenant la confusion entre le rock et la chanson pop


            • Bernard Dugué Bernard Dugué 23 juin 2006 18:31

              1969 c’est l’année de Jane.

              Je ne vois pas où amalgame il y a, qu’on me le fasse savoir, mais bon, à force de causer d’amalgame, Sarkozy a plombé les cerveaux des Français

              Sinon, je n’aurais pas dû comparer FF à Led Zep, entretenant la confusion entre le rock et la chanson pop


              • (---.---.34.195) 23 juin 2006 23:34

                Ce n’est pas la politique, ni les idéologies qui ont trouvé leurs limites. Ce sont les politiques qui ont réussi à dégouter tout le monde de la valeur d’un bulletin de vote. La démocratie a vaincu le fascisme, mais a perdu face aux medias et à la société de consommation. Le pouvoir est devenu souterrain tandis que les institutions sont gangrénées et les politiciens réduits à un rôle de comédiens ou de produits pour se vendre. D’ailleurs, on ne choisit plus un homme, mais le paquet dont il fait partie. Le populisme découle de toute cette publicité réductrice. Avant, on essayait d’expliquer aux gens pourquoi ils votaient. Maintenant, on leur fait des promesses trés terre à terre. Donc, c’est vrai. Ils comprennent mieux pour quoi ils votent sans en voir la manipulation. Mais c’est le débat qui a baissé de niveau. Pas l’homme qui est devenu plus intelligent. Pour que de nouvelles sociétés inédites puissent émerger, il faut reconsidérer la politique et les idéologies pour replacer l’homme-citoyen au centre des intérêts de la nation. Qu’importent les frontières de cette nation, il faut que le citoyen la reconnaisse. Pour cela, le pouvoir doit être légitime. Et donc répondre aux attentes de ces concitoyens. Sans populisme...


                • dc (---.---.91.35) 24 juin 2006 12:55

                  l’affrontement est loin d’etre terminé, même si aujourd’hui, dans les pays développés qui concentrent les pouvoirs, il semble que du coté politique la démocratie parrait avoir emportée la bataille idéologique et que du coté économique ce soit le capitalisme (ou plutot la capitalocratie...). Toute une serie de forces (consumerisme, environnement, principe de précaution sanitaire, délocalisation,..) sont en train de remettre en cause le pouvoir purement capitalistique dans la sphere de l’économie.

                  D’autre part au niveau mondial la lutte entre capitalisme avec le FMI et l’OMC, la démocratie des nations (et non des cytoyens du monde) avec l’ONU et l’expression des peuples avec les forum alter, est loin d’être stabilisée.

                  D’autres forces sont en train de modifier le paysage avec la montée en puissance de la chine (dictature capitaliste) et le développement des revendications identitaires qui se développent en amérique du sud ou au travers des mouvements islamiques.

                  la démocratie est loin d’avoir gagné la partie...


                  • bernard29 candidat 007 24 juin 2006 13:18

                    « Pour l’instant, contentons-nous de décréter les élections de 2007 comme nécessaires, mais inutiles. »

                    C’est vous qui décrêterez quand une élection sera utile ? Contentez vous de vous abstenir, ou « de cultiver votre jardin », si vous ne voulez pas combattre les populismes actuels.

                    Les luttes idéologies seraient achevées, dites vous ?

                    Eh bien alors nous pouvons entrer dans l’ère du vrai débat politique et démocratique, c’est à dire la gestion et l’organisation collective de notre Cité. Et pour cela il faut combattre l’idéologie des populismes. Chaque échéance démocratique est utile dans ce combat.

                    Attention qu’en décrêtant une échéance « inutile », nous en arrivions, à les décrêter « non nécessaires ».


                    • Professeur Couillon (---.---.238.57) 24 juin 2006 15:01

                      J’éprouve les plus grandes difficultés à partager votre conclusion. Les élections de 2007 nécessaires ? Oui : elle s’inscrivent dans le fonctionnement normal de la démocratie, à laquelle beaucoup d’entre nous restent, fort heureusement, très attachés. Inutiles ? Non, car si, dans tous les cas de figure, elles entérinent un certain progrès des populismes, elles offrent encore une chance de leur refuser l’accès inconditionnel au pouvoir. Non, car le choix entre Ségolène Royal gouvernant avec le PS, les Verts et peut-être avec le soutien d’autres courants de gauche, et Nicolas Sarkozy gouvernant avec l’UMP et allez savoir qui d’autre, n’est pas un choix entre le pareil et le même !


                      • Bernard Dugué Bernard Dugué 24 juin 2006 20:43

                        Ce n’est pas pareil en effet, le chaos risque d’être entre les citoyens et le pouvoir en cas d’élection de Sarko qui sait être un chef et mettre au pas ses Députés, si Ségo l’emporte, le chaos risque d’être à l’Assemblée. Dans les deux cas, l’ordre sera au rendez-vous. Bref, ce n’est pas une affaire de conviction mais de style. Quel style le marasme français ? tel sera la vraie question en 2007


                      • fredericKH (---.---.102.41) 24 juin 2006 18:37

                        Autre approche :

                        Peut-on admettre que ce n’est pas la vérité ou l’éthique qui importe en politique, mais la capacité d’étonnement et de scandale des différents publics.

                        Si, comme cela s’avère, les citoyens préfèrent le vétéran aguerri et malhonnête au novice pur et inexpérimenté, on gaspille sa salive à dénoncer les malversations.

                        Le phénomène, qui introduit et même impose dans la gestion de la chose publique une forme assez sordide de « réalisme politique », est observable sous tant de latitudes qu’une généralisation fait son chemin : les principes ne résistent pas aux assauts d’un pragmatisme répugnant, mais qui obtient la faveur populaire.

                        Être le plus fort fait pardonner d’avoir commis les pires crimes. La capacité d’étonnement subit l’érosion.

                        Ce qui déconcerte et décourage, c’est que, tant pis pour les idéalistes, cela fonctionne ! Ce bon peuple auquel on offre le spectacle son et lumière d’une visite guidée à l’intérieur de la caverne magique de la politique politicienne.

                        Par ici, Messieurs, Dames !


                        • Marsupilami (---.---.39.117) 24 juin 2006 19:14

                          Ouaf !

                          Ben oui. La politique, pour la majorité d’entre nous c’est panem & circences. La politique n’a en général rien à voir avec l’éthique ou la morale, sauf pour les losers de la politique.

                          Lire sur ce sujet Qu’est-ce que la politique, de Julien Freund, aux éditions Points-Seuil.

                          Houba houba !


                        • fredericKH (---.---.102.41) 24 juin 2006 19:45

                          @ Marsu

                          Merci pour les liens.

                          De Julien Freund, bien que controversé de part son adhésion (tardive) au groupe GRECE, j’ai lu « L’essence du politique », (Thèse de son doctorat d’État soutenue en Sorbonne le 26/6/1965), Une réflexion à caractère philosophique sur la nature de la politique qui souligne sa rationalité propre et l’importance de sa dimension polémique.

                          Je lirai « Qu’est ce la politique » si je le trouve. smiley


                        • Marsupilami (---.---.39.117) 24 juin 2006 20:07

                          Ouaf !

                          Je sais bien que Julien Freund est très borderline. Je le suis aussi, et il me semble bien que c’est également ton cas.

                          Freund n’appartient pas à ma famille politique (cf. le GRECE et son admiration-fascination pour Carl Schmitt, mais ses analyses sont intéressantes, vu que je suis démocrate tout en pensant que la démocratie est une couillonade, mais qu’il vaut mieux pour l’instant cette couillonade qu’autre chose que la démocratie (par ex. un truc à la con genre « gouvernement des sages autodécrétés »).

                          Houba houba !


                        • Daniel Milan (---.---.2.15) 24 juin 2006 20:26

                          Ne parle-pas du GRECE, tu ne sais pas de quoi tu parles !


                        • Bernard Dugué Bernard Dugué 24 juin 2006 20:40

                          Sages éclairés ? Hans Jonas y a songé avant de reconnaître que cette idée est dangereuse

                          Le dernier mot, le plus heureux, serait une démocratie éclairée, avec des élites éclairées et des citoyens éclairés, mais c’est illusoire pour l’instant

                          2007-2012 risque d’être inutile.


                        • Marsupilami (---.---.39.117) 24 juin 2006 21:11

                          Ouaf !

                          C’est clair, le prochain vrai rendez-vous politique (du court terme, je précise pour Zen le philosophe pas zen) sera 2012. Et il est à peu près sûr qu’il décevra les envies de sagesse des uns et des autres, y compris la mienne.

                          Mais bon, 2012, ce sera juste un épisode franco-français. La longue Histoire, qui n’est pas franco-française, se rit de ces péripéties du court terme...

                          Houba houba !

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