Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Politique > 2010 - Un billet pour convaincre…

2010 - Un billet pour convaincre…

2007 - Au lendemain de la campagne présidentielle qui a vu naitre entre des millions de Français et François BAYROU une vraie complicité basée sur la promesse de dépasser le clivage bi partisan UMP/PS, le Mouvement Démocrate est né avec l’ambition originale et primitive de proposer un autre chemin politique. 

Pari difficile. Chacun sait dès le départ que les élections législatives et municipales marqueront un recul, mais il est promis que les Européennes en 2009 puis les Régionales en 2010 seront des élections plus faciles pour le Mouvement Démocrate. Deux rendez-vous à ne pas manquer pour permettre son enracinement avant l’élection capitale de 2012.

PATATRA ! Le Mouvement Démocrate ne rencontre pas les français à l’élection européenne. Sonnés à l’échec du résultat, les militants et les dirigeants doivent repenser la communication et la stratégie du Mouvement. Certains militants sont-ils suffisamment désorientés pour se lancer sans réflexion sur des chemins hasardeux et prôner une alliance précipitée avec le PS ? La visite de Marielle de SARNEZ chez Vincent PEILLON est interprétée par les média et par les Français comme un virage à gauche.
 

De la Grande Motte…

Ma participation aux Universités de Rentrée à la Grande Motte, ne m’a pas rassuré sur la stratégie du Mouvement Démocrate. Si le discours de clôture est un chef d’œuvre d’équilibre, la proposition d’un contrat « d’alternance » (le mot est prononcé 13 fois dans le propos de François BAYROU) repose sur la nécessaire convergence des projets.

Je perçois que le hold-up d’Europe-Ecologie sur une partie de l’électorat précédent du Mouvement Démocrate n’est pas pris en compte dans la réflexion de François BAYROU. Pourquoi le Mouvement Démocrate créé à partir de l’UDF résiliente (celle qui a résisté à la victoire de Nicolas SARKOZY), avec l’apport de CAP 21 et le ralliement de démocrates venus des Verts, n’a-t-il pas su trouver la confiance des électeurs démocrates et écologistes, alors que se présentaient comme têtes de listes aux élections européennes Corinne LEPAGE et Jean-Luc BENNAHMIAS, ou Yann WEHRLING en troisième place.

Je fais également le constat que le Parti Socialiste, tout seul, ne sait pas proposer un corpus idéologique cohérent, et cela depuis très longtemps ! Je pense aussi que cette lacune est la cause principale de l’échec de Ségolène Royal à l’élection présidentielle. Le qualificatif « de gauche » et l’incantation « à gauche », employés à tout bout de champs, sont les cache-misère idéologiques de partis politiques qui ne savent plus se penser, à commencer par le parti socialiste. Comment les démocrates sauraient-ils s’y reconnaitre ?

En 2006, à La Grande Motte déjà, l’UDF recevait Nicolas HULOT, Michel ROCARD et Michel BARNIER et nous parlions projet. Quel contraste avec La Grande Motte millésime 2009 ! Quelle personnalité politique de premier rang le Mouvement Démocrate a-t-il accueilli cet été ? Et avons-nous suffisamment parlé « projets », du nôtre bien entendu, mais également de ceux des autres partis politiques, avant de lancer à la mer la bouteille « Alternance » ?

Ce n’est pas la visite de Marielle de SARNEZ chez Vincent PEILLON à Marseille qui nous aurait encouragés mais bien la visite de Daniel COHN BENDIT à La Grande Motte : un brin d’explication devant les militants, une analyse du résultat des élections européennes, une confrontation des propositions d’Europe-Ecologie avec celles du Mouvement Démocrate …

Enfin, nous aurions dû mettre les commissions projet au cœur de cette Université de Rentrée pour retrouver notre originalité et l’ambition de proposer aux français un programme indépendant du PS et de l’UMP. Je crains que ceci, qui a été porté dans la campagne présidentielle de François BAYROU en 2007 et par le Mouvement Démocrate depuis sa naissance, ne soit abandonné.

 

… aux élections régionales

Le Mouvement Démocrate en deux mots ce pourrait être « Démocratie et Ecologie » puisque les deux valeurs sont consubstantielles de l’humanisme : l’homme au centre de l’organisation de la citée et l’homme dans son environnement. « Europe-Ecologie » c’est l’ouverture des verts à la société civile : de l’Ecologie à la Démocratie. S’ils ne sont pas « bonnet blanc et blanc bonnet », les deux mouvements partagent des valeurs essentielles et ont une même singularité : ils ouvrent le champ du débat politique.

Je ne suis pas courtisan de Daniel COHN BENDIT. Je me souviens de l’avoir copieusement vilipendé dans la rue en 1986 dans une valse « manifestation contre la réforme DEVAQUET et contre-manifestation », pas très loin du jardin du Luxembourg, du temps de mes 20 ans quand je le trouvais vieux ### et que les excès de mai 68 me crevaient les yeux en même temps que je comprenais que la société de consommation n’était pas durable.

Esprit brillant et visionnaire, Daniel COHN BENDIT, a été le promoteur de l’association des « Verts », parti politique en perte d’audience depuis quelques années, avec des responsables associatifs et Eva JOLY. Il est l’artisan incontestable du succès d’Europe-Ecologie qui prouve que l’écologie retrouve du sens quand elle sort de son ghetto idéologique pour remettre l’homme au centre de son intention.

Des listes « Régions - Démocratie - Ecologie » pourraient obtenir plus de suffrages que le Parti Socialiste en mars prochain dans certaines régions, pour assurer une alternative au duopole UMP/PS si souvent dénoncé par François BAYROU. Elles préfigureraient un rassemblement des démocrates et des écologistes pour construire cette proposition politique originale qui doit répondre aux crises de notre société.

L’alliance dessinée dans les média avec la gauche, Parti Socialiste global et Parti Communiste compris, est incohérente. Les partis politiques le voient bien qui la refusent au premier tour. Les verts ont été victimes, une fois déjà il y a quelques années, de la gauche plurielle au risque de perdre leur originalité et leur électorat. Le Mouvement Démocrate court aujourd’hui exactement le même risque.

 

Une note d’espoir

Ce billet longtemps inachevé avait d’abord pour titre « Tout va très bien Mme la Marquise… » et la conclusion qui était autre était empreinte de pessimisme. Qu’est-ce qui a changé depuis ? Les verts ont refusé l’ouverture ; ils sont qualifiés de sectaires. Le Mouvement démocrate a refusé l’ouverture… Je n’y crois même pas ! La force de l’évidence doit ramener tout le monde à la raison avant quelques semaines, pour qu’en mars prochain on ne chante pas : « Non ! Non ! Rien n’a changé ! Tout ! Tout a continué... »


Moyenne des avis sur cet article :  2.33/5   (9 votes)




Réagissez à l'article

2 réactions à cet article    


  • Axel de Saint Mauxe Nico 7 novembre 2009 18:06

    Quel est précisément le « corpus idéologique » du MODEM que vous évoquez ? Au delà de la stratégie électorale, qu’en est des valeurs de ce parti en déshérence ?


    • resistance 7 novembre 2009 22:34

      Pour préparer son rassemblement des 4, 5, et 6 décembre, le Modem est justement en train de travailler et de discuter un document de travail de plus d’une soixantaine de pages. Vous pourrez alors vous mettre au courant du « corpus idéologique » de ce mouvement, si toutefois vous avez le courage de lire et de ne juger qu’après examen. Car malheureusement, votre réaction est typique de l’attitude très répandue, et d’ailleurs encouragée par le gouvernement actuel, qui consiste à sous-estimer et même à ridiculiser les pensées politiques que l’on ne connaît pas ou mal parce que les médias n’en parlent pas ou mal (cela, ce n’est pas votre faute) et parce qu’on a négligé de s’en instruire (cela, si, cela relève de votre responsabilité).

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON

Auteur de l'article

piernic


Voir ses articles






Les thématiques de l'article


Palmarès