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500 signatures, 9 chaînes de télé et 1 CSA

Doit-on parler d'acte démocratique ou d'imposture à propos des 500 signatures, le sésame, ou le garde-fou -au choix- des présidentielles ? Nous entendons certaines personnes dire que sans le système des signatures, n'importe qui pourrait se présenter comme futur Président(te) de la République française sans aucune légitimité. Cette absurdité tourne en boucle dans les médias. Mais, vous êtes-vous déjà posé la question sur le coût d'une campagne présidentielle ?

500 signatures d'accord, mais budget électoral et patte blanche aussi.

Voici les chiffres de celle de 2007 : 20 millions d'euros pour Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, 10 millions pour François Bayrou et 9 millions pour Jean-Marie Le Pen. Des sommes qui servent surtout aux "moyens de propagande", selon la terminologie officielle : meetings, affiches, tracts et désormais Internet.

Pensez-vous réellement que n'importe quel « uluberlu », comme on veut nous le faire croire, serait capable de mobiliser tout un staff de campagne, trouver ces sommes assez conséquentes pour s'amuser à se présenter aux présidentielles, en passant entre les mailles des filets de l'intelligentsia politique et médiatique qui ne manqueraient pas de descendre le pauvre candidat qui ne ferait pas parti du sérail. Sans oublier la notoriété qu'il faut, avant d'être reconnu et sérieusement accepté par la population : Sarkozy, député en 1993, Hollande premier secrétaire de PS en 1997, Marine Le Pen fille de Jean Marie Le Pen, lui-même présent au premier tour des présidentielles de 1974, Mélenchon, Bayrou etc... je m'arrêterai là, vous l'avez compris, aucune de ces personnes ne nous est inconnue. Nous ne sommes pas aux USA où l'on nous sort un Obama du chapeau.

Car l'excuse qui dit : « Les signatures sont là pour empêcher toutes les dérives, elles maintiennent le sérieux électoral », nous dit également, que le fait d'avoir assez d'argent et la possibilité de se présenter, suffirait à devenir Président, au détriment de l'intelligence des électeurs. Mais dites moi chers électeurs... derrière cette analyse, n'avez-vous pas l'impression que l'on vous considère comme n'ayant aucun sens critique ? Un rigolo venant de nulle part, pourrait-il se présenter aux élections présidentielles françaises uniquement parce qu'il a de l'argent, et rien dans la tête ? Et qu'il réussirait à mettre en danger les institutions ? Non, mais sérieusement, ne pensez-vous pas qu'avec cette manipulation, c'est une preuve de plus, qui nous réaffirme que les politiques ne nous considèrent absolument pas, ils nous méprisent. Il faut savoir que Sarkozy avait pour projet de monter le nombre de signatures à 1000. Tout est dit !

CSA et protection des chaînes de télé.

La même tartufferie se retrouve avec le temps de parole médiatique et le CSA, où ce matin 31/01/2012, Pascale Clark (de France inter), reçoit Christine Kelly, membre du Conseil Supérieur de l'Audiovisuel, présidente du groupe de travail "pluralisme et campagnes électorales".

Cette personne nous explique que son organisme de régulation était chargé de faire la différence pendant la dernière intervention de Sarkozy, entre le Sarkozy Président et le Sarkozy candidat. Et que par exemple lorsque Sarkozy dit : « J'ai rendez-vous avec les français... », c'est le candidat qui parle, et lorsqu'il dit : « Je suis le chef de l'Etat... », c'est le président qui parle.

Donc, le CSA arriverait à distinguer et à faire la différence, entre la signification d'une phase électoraliste et une phrase présidentielle, ainsi qu'à comptabiliser le tout ?

Puis à la question sur la monopolisation de 9 chaînes de télé pour cette prestation, cette dame répond : « Ce n'est pas de notre ressort, c'est la liberté éditoriale des chaînes qui a le pouvoir de choisir de recevoir un candidat. Nous, CSA on constate . »

Pour le CSA, il n'existe aucune différence entre le temps de parole et le nombre de chaînes TV. En poussant à l'absurde, 9 mn de discours présidentiel sur 9 chaînes à un impact électoral proche du 0/10, comparé à 1 mn de discours électoral sur 1 chaîne, qui serait égale à 10/10 d'impact électoral. Nous sommes aux limites de la 4ème dimension. Le nombre de chaînes ne multiplie pas la présence de Sarkozy. Le Sarkozy président, n'est absolument pas le même que le Sarkozy candidat. Et les deux discours sont totalement distincts l'un de l'autre. Pour le CSA, l'électeur, non pardon, le téléspectateur ne fait évidemment aucune relation entre les deux.

Cette contradiction me fait penser à une réflexion de Michel Lemieux à propos de son livre « La télé cannibale », qui nous explique que les producteurs de films violents nous disent que 1h 30 de violence n'a aucun résonnance sur l'esprit et donc le comportement des individus, mais qui reconnaissent que 30 secondes de publicité ont un impact certain sur les ventes.

Pour finir, deux petits "détails" :

Madame Kelly dit clairement que son travail consiste à défendre les chaînes TV devant le conseil constitutionnel (à 6mn 18s). J'ignorais totalement que les chaînes avait un organisme gérer par 39 personnalités, au budget de plus de 38 millions d'euros pour l'année 2008, pour être défendu. J'en étais resté : aux contrôle et respect des lois audiovisuelles, à l'impartialité des chaînes publiques, à veiller à la protection du jeune public, à veiller à une programmation qui reflète la diversité de la société française. Sur ce sujet : bonjour les DOM-TOM.

A la question de Pascale Clark :
« Vous trouveriez normal que Marine Le Pen soit empêchée de candidature faute de signatures ? ».
Réponse embarrassée de Mme Kelly : « Cà, je n'ai pas à m'exprimer là-dessus... »,
Pascal Clark qui est loin d'aimer Marine Le Pen, lui rétorque quand même tout de go : « Pluralisme ! ».
Réponse : « Non, çà n'est pas du tout moi qui décide de...(là, elle se met à pouffer de manière gênée), ...des signatures où pas... Ah, ah, ah... ».

A cette dernière question, à l'heure où l'on peut lire dans la presse du même jour que 70% des Français souhaitent que Marine Le Pen puisse se présenter démocratiquement, Mme Christine Kelly, membre du Conseil Supérieur de l'Audiovisuel, présidente du groupe de travail "pluralisme et campagnes électorales" bla...bla..., est incapable de répondre librement et démocratiquement, comme toute citoyenne à une question qui fait appel à sa légitimité d'électrice, ainsi qu'à ses convictions profondes sur les lois d'égalité de son pays, qu'elle est censée représenter officiellement et faire respecter au sein du CSA.

A ce moment, Mme Kelly, semble engluée entre sa fonction et, on s'en doute, sa désapprobation personnelle, devant la candidature de Mme Le Pen. A tel point qu'elle n'est même plus capable de faire appel à la langue de bois -le réflexe minimum pour un représentant à cette fonction- dans le style : « Nous sommes dans un pays démocratique, et à ce titre, tous les Français doivent être représentés. » Voila entre quelles mains nos médias sont tenus. C'est pathétique...

http://www.journaldunet.com/economi...

http://www.franceinter.fr/player/re...

http://fr.wikipedia.org/wiki/Consei...

par cathya (son site) mercredi 1er février 2012 - 37 réactions
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  • Par ROBERT GIL (xxx.xxx.xxx.190) 1er février 13:23

    Le parrainage n’est pas un soutien : il ne s’agit pas d’un choix et encore moins d’un vote en faveur de l’un ou l’autre candidat. Le parrainage est un acte républicain : il ne doit pas être compris comme un droit de veto destiné à empêcher une candidature adverse. Bien au contraire, il a été conçu pour garantir le bon fonctionnement de nos institutions ...mais, voir :

    http://2ccr.unblog.fr/2012/01/23/parrainages-les-500-signatures/

  • Par cathya (xxx.xxx.xxx.90) 1er février 12:05
    cathya

    Bonjour chantecler,

      Rectification, je tiens à être bien compris : Je parle de la supercherie des signatures en général dans le système et non de la position du FN. Mme Christine Boutin a elle-même un problème avec ses signatures.
     
    Quant a l’exemple de Mme Kelly, vis à vis de son absence de vraie réponse au sujet de Marine Le Pen, c’est comme je l’explique son mélange des genres -sa fonction d’une part et sa liberté de parole comme citoyenne d’autre part- et son impossibilité à s’exprimer qui me fais mettre l’accent sur l’incapacité d’indépendance des personnes au contrôle des médias.

    Ce jour là, comme par hasard, l’actualité des sondages parlait de Le Pen, mais mon interrogation eut-été la même pour le cas d’un autre candidat.

    Merci

  • Par Yohan (xxx.xxx.xxx.232) 1er février 12:42
    Yohan

    Votre raisonnement est totalement erroné et vous le savez bien. Vous développez l’argumentaire habituel de la nomenklatura politique de ce pays.

  • Par democradirect (xxx.xxx.xxx.121) 1er février 12:59
    democradirect

    Il y a différentes idées dans l’air pour limiter le nombre de candidats autrement qu’en demandant 500 signatures d’élus. Par exemple en demandant un certain nombre de signatures de citoyens. Une autre idée (je ne sais plus de qui) serait de faire 3 tours : dans le premier chacun pourrait se présenter, dans le second ne seraient retenus que les 10 premiers, et pour le troisième tour les deux premiers. Quoiqu’il en soit, c’est le peuple lui-même qui devrait décider ce genre de règles.

    Pour commencer, introduisons un véritable droit de référendum d’initiative populaire qui permette au peuple de modifier la Constitution (le peuple pourra ensuite se saisir de cet instrument pour adopter d’autres réformes). Exigeons des candidats qu’ils prennent l’engagement suivant :

    « Si je suis élu à la présidence de la république, je m’engage à soumettre en votation populaire durant la première année de mon mandat l’introduction du droit de référendum d’initiative citoyenne suivant : si une proposition de modification de la constitution est soutenue par un million de signatures de citoyennes et de citoyens inscrits sur les listes électorales réunies en 18 mois, alors cette proposition devra obligatoirement être soumise en votation populaire. De plus, toute modification de la Constitution – même voulue par les élus – devra obligatoirement être soumise en votation populaire ».

    Voir ici une brève motivation de cette revendication, et un argumentaire.

     

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