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60ème anniversaire du traité de Rome : toujours le même discours angélique...

Le 25 mars 2017 était célébré le 60ème anniversaire de la signature du traité de Rome donnant naissance à la communauté économique européenne (CEE), devenue l’Union européenne (UE) le 1er novembre 1993.

A cette occasion, les chefs d’Etat, réunis dans la capitale italienne pour rappeler leur vision commune du projet européen, se sont montrés globalement satisfaits du bilan. En fait, c’est toujours le même message angélique qui est délivré depuis 1957 mais ce 60ème anniversaire devrait être plutôt un jour de deuil européen, tant les méfaits de ce système sont désormais évidents, le « cas » grec en étant une preuve tragique...

Depuis 1957, les politiques européennes se sont déclinées sur trois niveaux :

- d’abord, en son sein, par la libéralisation et la mise en concurrence, sans harmonisation fiscale ou sociale entre les systèmes nationaux.
 
- ensuite, à ses frontières, par l’élargissement à de nouveaux États membres et en imposant aux pays candidats de véritables programmes d’ajustement structurel qui laminent tous les dispositifs de protection sociale.
 
- enfin, avec les pays tiers du Sud, notamment ceux du pourtour méditerranéen, par des traités de libre-échange par nature inégaux. Les accords commerciaux préférentiels conclus avec les anciennes colonies européennes d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP), ont été vidés de leur contenu par la Commission européenne en les alignant sur ceux qui ont été signés avec les autres pays tiers.
 
Le 29 mai 2005, le peuple français disait NON au traité constitutionnel européen (TCE) et infligeait une défaite aux européistes de tous bords : UMP, PS, Centristes, Radicaux, Verts, Medef, puissances financières, médias et instituts de sondage. Les résultats étaient sans appel : 55% de voix contre le TCE ! Mais le Parlement s’est réuni ensuite à Versailles pour ratifier le traité de Lisbonne, qui n’est que la copie conforme du TCE, rejeté par les Français.

Dans une intervention à l’assemblée nationale, Nicolas Dupont-Aignan a parfaitement résumé ce qui s'est passé au congrès : « La situation est surréaliste. A-t-on vu un pays démocratique comme le nôtre appeler ses propres parlementaires à contredire la voix du peuple qui s’est exprimée il y a à peine deux ans ? ». De son côté, répondant à Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste à l’assemblée nationale, Henri Emmanuelli qui nous quitté récemment, dénonçait le soutien de fait apporté par le PS à Nicolas Sarkozy, en vue de la ratification de ce traité.

En mai prochain, les engagements que prendra le futur président ou présidente de la République donneront le ton du prochain quinquennat sur les questions internationales et européennes. Le prochain élu devrait soutenir au minimum :
 
- La fin du monopole d’initiative législative de la Commission européenne, le partage de ce pouvoir avec le Parlement européen, le Conseil, les gouvernements nationaux, les Parlements nationaux et les citoyens.
 
- Le contrôle, par le Conseil et le Parlement, des pouvoirs propres de la Commission en matière de concurrence.
 
- L’élargissement des pouvoirs du Parlement européen, ainsi qu’une participation des parlements nationaux au processus de décision communautaire.
 
- Une capacité d’intervention directe des citoyens par la saisine des instances de décision de l’UE au moyen d’une pétition européenne rassemblant un million de signatures ou par la tenue d’un référendum européen sur un projet de directive par une pétition européenne rassemblant cinq millions de signatures.

Les politiques de l’Union européenne doivent donc aujourd’hui changer radicalement en faveur d’un autre ordre social fondé sur les solidarités nationales et internationales, et d’un autre modèle de développement respectueux de l’environnement, qui intègre une redéfinition de la richesse, du travail et de la consommation. 
 
Mais Il est bien loin le temps où des hommes politiques d’envergure comme Pierre Mendès France critiquaient déjà, dès 1957, le traité de Rome au motif que celui-ci faisait la part trop belle à l’économique au détriment du social. De son vivant, sans aucun doute, PMF n’aurait jamais accepté une telle trahison du peuple par les deux grands partis de gouvernement, LR et PS. Et il n’est pas sans intérêt aujourd’hui de se remettre en mémoire son discours prononcé le 18 janvier 1957, à l'assemblée nationale ; un discours très instructif et clairvoyant qui reste d’une terrible actualité sur l’Europe.
 
Voici quelques extraits du discours de PMF qui restent d'une brûlante actualité :
 
" Le projet du marché commun, tel qu’il nous est présenté, est basé sur le libéralisme classique du XIXe siècle, selon lequel la concurrence pure et simple règle tous les problèmes. (…). L'abdication d'une démocratie peut prendre deux formes, soit le recours à une dictature interne par la remise de tous les pouvoirs à un homme providentiel, soit la délégation de ces pouvoirs à une autorité extérieure, laquelle, au nom de la technique, exercera en réalité la puissance politique, car au nom d'une saine économie on en vient aisément à dicter une politique monétaire, budgétaire, sociale, finalement « une politique », au sens le plus large du mot, nationale et internationale."

" En fait, mes chers collègues, ne nous ne le dissimulons pas, nos partenaires veulent conserver l'avantage commercial qu'ils ont sur nous du fait de leur retard en matière sociale. Notre politique doit continuer à consister, coûte que coûte, à ne pas construire l'Europe dans la régression au détriment de la classe ouvrière et, par contrecoup, au détriment des autres classes sociales qui vivent du pouvoir d'achat ouvrier."
" Il est prévu que le Marché commun comporte la libre circulation des capitaux. Or, si l'harmonisation des conditions concurrentielles n'est pas réalisée et si, comme actuellement, il est plus avantageux d'installer une usine ou de monter une fabrication donnée dans d'autres pays, cette liberté de circulation des capitaux conduira à un exode des capitaux français. Il en résultera une diminution des investissements productifs, des pertes de potentiel français et un chômage accru."
 
" Il est évident que le mouvement naturel des capitaux, surtout des capitaux privés, sera orienté vers les pays à faibles charges, c'est-à-dire vers les pays où la politique sociale, les obligations militaires et autres sont les moins coûteuses."
 
(Source du discours de PMF : Marché commun européen, dans Journal officiel de la République française. 19 janvier 1957, n° 3, p. 159-166)

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7 réactions à cet article    


  • La Voix De Ton Maître La Voix De Ton Maître 30 mars 08:37

    Vous croyez que les allemands vont accepter un socialisme à la française ?

    Vous croyez que les pays hébergeant les sociétés déjà délocalisées vont penser fraternité, mais bon sang c’est bien sûr !

    Vous pensez que la Bourse de Paris reviendra un jour en France ?

    Fallait y penser avant ! Justement lorsque Seguin ou Mendès France en parlaient pendant que les socialistes écoutaient le chant des sirènes.
    Vous ne renégociez pas votre maison avec le notaire 20 ans après l’avoir achetée, non ?


    • Yvance77 Yvance77 30 mars 08:57

      Tant que l’on acceptera, qu’un état voyou comme le Luxembourg, paradis fiscal et vaste lessiveuse pour pognon malpropre, se comporte ainsi ; rien de bon ne pourra advenir de cette Europe.


      Tant que ceux qui mettent en lumières les turpitudes du pays de Juncker, via Luxleaks, et finissent en taule ou devant les tribunaux, on ne pourra pas envisager une Europe qui fera le bien des peuples.



      • zygzornifle zygzornifle 30 mars 09:02

        60 ans d’équarrissage des peuples Européens sous les applaudissement des lobbys européens et internationaux .....


        • BA 30 mars 10:29

          Mai 1974 – mai 2017.


          43 ans de construction européenne.


          Nous venons de vivre 43 ans de pétainisme : maintenant, ça suffit.


          Le pétainisme, c’est quand des dirigeants politiques français font une politique favorable à l’intérêt national de l’Allemagne.


          Après 43 ans de pétainisme, nous devons revenir au programme du Conseil National de la Résistance.


          François Asselineau est candidat à l’élection présidentielle.


          Le programme de François Asselineau adapte le programme du Conseil National de la Résistance :


          « Adapter aux conditions de 2017 le programme du Conseil national de la Résistance de 1944. »


          C’est la page 3 :


          https://www.upr.fr/wp-content/uploads/2011/01/Programme-Francois-Asselineau-2017.pdf


          Rappel :


          Conformément au programme du CNR, voici tout ce qui avait été construit à partir d’octobre 1944 par le gouvernement de Charles de Gaulle :


            - 18 octobre 1944 : ordonnance sur les profits illicites.

            - 14 décembre 1944 : ordonnance instituant les Houillères nationales du Nord et du Pas-de-Calais.

            - 3 janvier 1945 : rétablissement de la gratuité dans l’enseignement secondaire.

            - 16 janvier 1945 : ordonnance nationalisant les usines Renault.

            - 22 février 1945 : ordonnance sur les comités d’entreprise.

            - 9 avril 1945 : nationalisation de Gnome et Rhône. Nationalisation d’Air France.

            - 12 juin 1945 : suppression de la censure de presse.

            - 22 juin 1945 : réforme de la fonction publique. Création de l’Ecole Nationale d’Administration. Elle doit former des haut-fonctionnaires. Leur mission est de servir l’Etat. Je vous laisse comparer avec ce que sont devenus nos énarques aujourd’hui.

            - 28 juin 1945 : ordonnance sur les loyers.

            - 30 juin 1945 : ordonnance sur le blocage des prix.

            - 15 août 1945 : lancement de l’impôt de solidarité nationale.

            - 4 et 19 octobre 1945 : ordonnance sur la Sécurité sociale.

            - 11 octobre 1945 : ordonnance sur la crise du logement.

            - 17 octobre 1945 : ordonnance sur le statut du fermage.

            - 2 novembre 1945 : ordonnance sur les conditions de séjour des étrangers.

            - 2 décembre 1945 : nationalisation de la Banque de France. Nationalisation des grandes banques de crédit.

            - 21 décembre 1945 : création du Commissariat au Plan.


          En 1946, le gouvernement de Félix Gouin continue de réaliser le programme du Conseil National de la Résistance :

            8 avril 1946 : nationalisation du gaz et de l’électricité

            25 avril 1946 : nationalisation des grandes compagnies d’assurance

            16 mai 1946 : loi sur les comités d’entreprise

            17 mai 1946 : loi créant les Charbonnages de France.


          Toutes les mesures ci-dessus étaient dans le programme du CNR.


          Et dans le camp d’en face ?


          Dans le camp d’en face, les ennemis du CNR dirigent la France depuis 43 ans.


          Dans le camp d’en face, les ennemis du CNR détruisent tout ce qui avait été construit à la Libération entre 1944 et 1946.


          Dans le camp d’en face, Denis Kessler écrivait cet article ahurissant, paru dans “Challenge” le 4 octobre 2007 :


          « Adieu 1945, raccrochons notre pays au monde ! »


          https://www.legrandsoir.info/Adieu-1945-raccrochons-notre-pays-au-monde.html


          Les ennemis du CNR sont nos ennemis.


          Nous devons les virer.


          • babelouest babelouest 30 mars 15:05

            Depuis le traité de Rome, soixante ans de mensonges. Qu’on ne s’y trompe pas, ceux qui les proférèrent, parfois, se mentaient à eux-mêmes.

            Il est temps, il est grand temps d’en finir, de claquer la porte IMMÉDIATEMENT parce qu’un pays souverain n’a pas à s’embarrasser de simples accords pris dans son dos, qui ont pour but de l’emprisonner.

            Au nom du référendum du 29 mai 2005, reprenons notre liberté. Nous pouvons le faire (voir le programme en 10 points du Pardem), donc nous DEVONS le faire.

            articles 61 et 62 de la convention de Vienne de 1969.


            • UnLorrain 30 mars 21:36

              Petain avait en memoire les 900 morts Francais par jours pendant 4 annees,imaginer que cela se reproduise en 39 ne pouvait se concevoir. Degaulle aurait du y rester a propos,sous un marmitage.

              Le CNR,en 1948,il reste des comptes a regler se dit il,il va s’y atteler,il choppera Amiral Platon,pour lui ca ira vite,il sera dechirer par des chevaux vapeurs,enchaines. Pour un autre dont le nom m echappe,ce sera une mise a mort savante,studieuse,la plus lente possible,en effet quelle idee de genie que de perforer son corps avec sa propre epee chauffee au rouge,car ca cauterise et le corps ne se vide pas de son sang.


              • eau-du-robinet eau-du-robinet 31 mars 00:02

                Bonjour,
                .
                L’Utopie d’une autre Union Européenne !
                https://www.youtube.com/watch?v=UPpXKtSJcRI
                .

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