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Accueil du site > Actualités > Politique > A l’attention des partisans de la censure : Quelques remarques (...)

A l’attention des partisans de la censure : Quelques remarques générales sur la liberté d’expression

Ce dimanche matin à Bruxelles, la tenue du « Congrès de la dissidence » se voyait interdire pour « risques de troubles à l’ordre public ». Cette interdiction, confirmée plus tard dans la journée par le Conseil d’Etat, n’est pas une pratique neuve. En effet, le motif de « troubles à l’ordre public » est régulièrement invoqué, par exemple, lors de l’interdiction de spectacles de Dieudonné. Dès lors, il convient d’éviter les faux débats du type « Pour ou contre Laurent Louis ». Il me semble plus judicieux de rappeler quelques principes de base concernant la liberté d’expression en général (et donc également d’application dans ce cas particulier).

Avant d’entrer dans le vif du sujet, je voudrais commencer par m’adresser à ceux qui croient au bien-fondé du motif de « troubles à l’ordre public ». Tout d’abord, peuvent-ils citer une représentation de Dieudonné, pour prendre cet exemple, dans lequel des spectateurs auraient créé des troubles à l’ordre public en s’en prenant, disons, à des manifestants anti-Dieudonné ? Il n’y en a aucune. Ensuite, même si l’on supposait que ces troubles soient réels, il faudrait remarquer plusieurs choses. Premièrement, lorsqu’on interdit la tenue d’une réunion quelques heures avant le début de celle-ci, des spectateurs sont déjà présents sur place. Dès lors, l’interdiction n’enlève en aucun cas les risques d’affrontements réels ou supposés. Ensuite, ce motif est utilisé de manière sélective et a donc une dimension politique et subjective. Ainsi, pour prendre un exemple théorique, on ne verrait jamais une manifestation contre l’antisémitisme interdite parce que des antisémites menaceraient d’y effectuer une action violente. Sans pratiquer le deux poids deux mesures, il semble donc plus intelligent d’assurer la sécurité des manifestants (dans les deux cas) plutôt que de céder à des menaces. En effet, le fait de généraliser l’interdiction à tout événement sujet à des menaces de troubles mènerait inévitablement à interdire toutes formes de revendications qui font polémique (par exemple, manifestations pour le mariage pour tous, l’immigration etc.)

Par conséquent, cette utilisation sélective de la menace de « troubles à l’ordre public » cache en réalité un déni de liberté d’expression, à propos de laquelle voici quelques remarques.

1. Bien qu’ils ne soient pas les seuls à se montrer favorables à la censure, le raisonnement des gens avec une sensibilité de gauche est particulièrement représentatif d’une certaine bien-pensance. En effet, un argument que l’on rencontre souvent consiste à dire : « je défends la liberté d’expression de tout le monde MAIS dans ce cas-ci, les idées du personnage sont tellement immondes que je ne vois pas pourquoi il faudrait le défendre. » Le problème de ce type de raisonnement réside dans un mot : « MAIS » (et également dans le mot « le défendre », cf. point 2). En effet, ce mot pose la question des limites qu’on va fixer à l’expression d’idées abstraites. Celles-ci seront nécessairement arbitraires et subjectives : qui sera chargé de fixer les idées acceptables ou non ? Il est fort à parier que c’est l’idéologie dominante qui fixera ces limites, et dès lors, qu’on tombera dans la « pente glissante » du politiquement correct. A terme, toute opinion déviant de l’idéologie dominante sera considérée comme non-acceptable. Pour cette raison, prétendre que l’on défend la liberté d’expression de ceux pour qui elle n’est pas menacée et appeler à l’interdiction de ceux pour qui elle est menacée revient à adopter une posture intellectuelle confortable d’autosatisfaction. Ainsi, par exemple, défendre la liberté d’expression de BHL n’aurait pas beaucoup de sens. Comme l’explique d’ailleurs l’intellectuel d’extrême droite (sic) Noam Chomsky, « Goebbels était en faveur de la liberté d’expression pour les opinions qu’il aimait. Même chose pour Staline. Si vous êtes en faveur de la liberté d’expression, cela veut dire que vous êtes pour la liberté d’expression précisément pour les opinions que vous méprisez. »[1]

2. Chose plus inquiétante, dans l’idéologie dominante, la distinction entre le fait de défendre le droit d’une personne à s’exprimer et le fait de défendre les idées de cette personne semble avoir disparu. Si l’on s’en réfère à la citation précédente de Noam Chomsky, ce raisonnement semble absurde. Il a cependant des conséquences : les gens qui défendent la liberté d’expression à contre-courant, c’est-à-dire là où elle est menacée, sont immédiatement taxés de fascistes, d’extrême droite etc. Avec un raisonnement de la sorte, par exemple, toute personne s’opposant à la Loi Gayssot serait un négationniste et par association un antisémite[2]. A l’inverse, par un tour de passe-passe, les partisans de la censure deviennent les défenseurs des droits de l’homme, de la démocratie etc. Les adeptes de ce raisonnement devraient peut-être méditer cette parole, faussement attribuée à Voltaire : « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai pour que vous ayez le droit de le dire. »

3. Ce à quoi les partisans de ces interdictions devraient également réfléchir, c’est que, si pour l’instant, la censure s’applique à leurs ennemis, elle pourrait demain s’appliquer à eux. C’est là le problème du raisonnement qui veut, en forçant un peu le trait, que tous les coups soient permis contre l’adversaire. Imaginons maintenant que demain, le pouvoir (au sens de l’idéologie dominante) change de mains. Il est fort à parier que ce pouvoir utiliserait les mêmes méthodes contre les personnes qui, aujourd’hui appellent à la censure ! En effet, à long terme, la censure n’est bonne pour personne, quelles que soient nos convictions politiques. Elle fait des victimes à gauche comme à droite, et en se propageant, elle englobe de plus en plus d’idées non-conventionnelles. Dans ce sens, la censure d’idées « nauséabondes » n’est pas meilleure que la censure d’idée « acceptables ».

4. Ensuite, admettons que l’on veuille lutter (comme le prétendent les adeptes de la censure) contre les idées que l’on considère comme nauséabondes. La première des remarques est que le fait d’interdire à quelqu’un de s’exprimer va généralement le renforcer dans ses idées. Prenons un exemple théorique : on fait interdire une salle à une personne qui cultive une haine des Congolais. Il est fort probable que le raisonnement de cette personne va se radicaliser, prétendant par exemple que les Congolais ont tous les droits, dont celui de me faire interdire, donc ils contrôlent la politique etc. Ceux qui pensent que cette personne va, au contraire, déménager au Congo feraient mieux de réviser leurs leçons de logique. Le pire, selon la technique de la censure, est que cette opinion radicalisée ne pourra pas être sujette à un débat contradictoire, puisque celui-ci est de facto empêché par l’interdiction de s’exprimer. Il s’agit donc d’imposer une opinion à quelqu’un qui ne la partage pas tout en l’empêchant de se défendre, méthode somme toute assez peu pédagogique.

5. Concernant les références constantes à la Seconde Guerre Mondiale faites pour justifier la censure, je ferai remarquer plusieurs choses. D’abord comparer Dieudonné ou Soral à Hitler relève purement et simplement de la malhonnêteté intellectuelle (voire, pourrait-on dire, du négationnisme si l’on se voulait taquin !). Ensuite, comme le fait remarquer Jean Bricmont, « l’accusation d’antisémitisme ne marche que parce qu’on vit dans un monde qui n’est pas antisémite ».[3] En effet, des personnages dont l’antisémitisme ne fait aucun doute tels qu’Hitler, Drumont etc. n’ont jamais caché leur antisémitisme, et celui-ci dérangeait somme toute assez peu. Au contraire, aujourd’hui, l’antisémitisme n’est plus toléré dans la société, à en juger par exemple par les accusations d’antisémitisme, par ailleurs abusives, qui foisonnent concernant des gens comme Siné, Mermet etc. Quoi que l’on pense de lui, il semble donc peu probable que, dans la conjoncture actuelle, Laurent Louis rétablisse le Parti unique et la solution finale…

6. Mais c’est pourtant bien le fait que Laurent Louis ou Dieudonné auraient comme agenda caché le fascisme, qui légitime l’interdiction a priori, selon laquelle « mieux vaut prévenir que guérir ». Le problème de ce type d’interdictions, en plus d’être purement arbitraires, est de rétablir le délit d’opinion. Prenons par exemple le « Congrès de la Dissidence ». Selon ses organisateurs, il n’avait pas pour sujet « l’antisémitisme » (comme cela fut matraqué par les médias mainstream), mais bien la « liberté d’expression ». Dès lors, l’argument des partisans de la censure consiste à dire qu’« il y aurait sans doute eu des débordements antisémites etc. ». Mais comment peut-on savoir ce qui se serait dit à ce fameux Congrès, alors que celui-ci n’a pas eu lieu ? Même chose pour Dieudonné : en 2012, son spectacle à Bruxelles fut interrompu par la police, et ce avant qu’il n’y ait eu enquête sur son contenu. L’enquête, qui eut lieu par la suite, détermina que le spectacle n’était pas condamnable, alors que l’interdiction, elle, avait déjà eu lieu.[4] Par conséquent, en censurant quelqu’un avant qu’il n’ait pu s’exprimer, on censure son opinion. Les antifascistes prônant cette option devraient s’interroger sur le degré de « démocratie » des régimes qui utilisent de telles méthodes contre leurs opposants…

Pour conclure, je voudrais donner un conseil aux partisans de la censure : pourquoi ne demandez-vous pas directement à mettre en prison tous les gens qui n’ont pas des opinions acceptables ? Au moins, le doute serait levé : plutôt que d’appeler hypocritement aux « troubles à l’ordre public » on saurait qu’aujourd’hui, en France ou en Belgique, le seul fait d’avoir une opinion intolérable pour l’idéologie dominante est un délit.


[2] Il serait intéressant de le faire remarquer aux signataires juifs des pétitions contre la Loi Gayssot.

 


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95 réactions à cet article    


  • Massada Massada 6 mai 2014 11:10

    Bravo aux autorités Belges que je félicite pour leur détermination à faire appliquer la loi.


    La démocratie l’a emporté face à la haine !

    Ce revers s’apparente à une véritable douche froide au sens propre et au sens figuré pour les Laurent Louis, Dieudonné, Alain Soral, Joe Le Corbeau, Hervé Ruyssen, Kemi Seba, etc…

    • philoxera philoxera 6 mai 2014 11:17
      Démocratie=dictature, liberté=censure

      La novlangue a retourné le cerveau de tout le monde...

      PS : J’ai « moinssé » l’article par erreur ! surement un coup des retourneurs de cerveau



    • Hermes Hermes 6 mai 2014 11:21

      Bonjour,
      La détermination à faire appliquer la loi n’a jamais été un gage d’humanité, cerains peuples en ont assez souffert par le passé en Europe, n’est-ce pas ?
      Je ne sais pas si la liberté d’expression est une valeur à défendre « absolument », mais si on ne la pose pas comme un objectif à tenir, il y a peu de chances que les hommes apprennent a dialoguer. Quand il n’y a pas de dialogue, il n’y a que la violence pour s’exprimer, et les points de vue n’évoluent pas.
      Cdt.


    • Louis Maréchal Louis Maréchal 6 mai 2014 12:10

      Une douche froide ? Vous n’avez manifestement pas entendu la détermination des manifestants qui criaient « Debout les Belges » après l’intervention de la police... Si vous pensez réellement que ce genre de censure fera baisser l’antisémitisme, je ne peux rien pour vous.. smiley


    • Massada Massada 6 mai 2014 13:19

      - Ils n’ont pas pu organiser leur réunion de merde


      - la Ligue Belge Contre l’Antisémitisme (LBCA) à porté plainte à l’encontre de la librairie Xsime à Uccle ainsi que contre des particuliers non identifiés, le parquet de Bruxelles a décidé d’ouvrir une information judiciaire

      -La gérante de l’établissement a été entendue par la Police judiciaire fédérale et cinq livres ont été saisis.

      - les pigeons qui ont payé pour le congrès ne seront pas rembourser

      - Le député Laurent Louis, visé par une plainte en justice du Centre pour l’égalité des chances pour incitation à la haine à l’encontre de plusieurs communautés 

      - La LBCA a déjà déposé une plainte auprès du parquet de Bruxelles à la suite des propos récemment tenus par le député Laurent Louis

      - Le député Laurent Louis avait à plusieurs reprises traité Elio Di Rupo, hors l’enceinte parlementaire dans laquelle il bénéficie d’une immunité de parole, de « pédophile ». Le parquet général a demandé à la Chambre de lever son immunité parlementaire afin qu’il puisse être jugé, non seulement pour ces outrages mais aussi pour des faits de calomnie et le recel de pièces issues du dossier Dutroux, dont les photos de l’autopsie de Julie et Melissa qu’il s’était proposé de mettre en ligne sur son site internet.

      Que des points positifs
      Ce dossier est très bien géré et pris en main de manière claire, collective et cohérente par les autorités belges, bien mieux qu’en France.


    • Croa Croa 6 mai 2014 14:17

      « La démocratie l’a emporté face à la haine ! »

      Nous n’avons pas vu le même évènement !

       D’évidence la haine (les tarés qui veulent censurer tout ce qui les gênent) l’a emporté sur la démocratie (des citoyens qui rêvent de liberté et de partage.)


    • Nums Nums 6 mai 2014 14:25

      Massada,


      J’aime bien ton nouvel avatar inversé ! smiley

    • Massada Massada 6 mai 2014 14:43

      Il reflète notre optimisme et moral à tout épreuve !



    • asterix asterix 6 mai 2014 15:01

      Bonjour à tous,

      Je ne partage pas l’avis de ceux qui estiment nécessaire de refuser le droit de s’exprimer à des imbéciles nuls à chier du genre Laurent Louis, Soral, Dieudonné et toute leur clique. Empêcher, de par la loi encore bien, la possibilité de critiquer le message ( vide ) de fond victimise ses propagandistes.
      Debout les Belges ou coucouche panier les bouffeurs de frites ?
      Réponse légale : interdit d’en débattre, on pense pour vous...
      Comment s’opposer en petit lutin à ce qu’on ne permet pas ? Pourquoi ne pas avoir laissé le flop faire par lui-même son effet ? Sont-ce vraiment 300 imbéciles réunis dans la même profession de foi stupide qui mettent la démocratie en danger ? Mais ce serait leur faire trop d’honneur ! Qui fait encore confiance en ceux qui, sous prétexte d’avoir été élus, obligent le troisième pouvoir à différencier ce qui est recevable de ce qui ne l’est pas, puisque c’est bien de cela qu’il s’agit ? Position complémentaire : n’y a t’il vraiment que l’infâme Laurent Louis que la société dite de libre expression est en devoir de baillonner ? Pire encore : de quelle manière répondre de berger à la bergère à tous les frustrés qui vous rétorquent : et pourquoi ne prive t’on pas du droit à leur position publique les exégèses du sionisme à outrance par exemple puisqu’on prohibe l’inverse ? N’est-ce pas prendre fait et cause pour tout ce qui est « anti » entendu que l’anti est de plus en plus le seul message recevable dans une société qui n’a plus de repères ?
      Le clan des victimes a encore fait quelques adeptes de plus...
      Et personne ne s’est intéressé à l’inanité vomitive du soi-disant message de fond puisqu’il n’a pas eu le droit d’être émis. Sauf et c’est un comble face aux autopompes.
      Débattre, donc critiquer ne nous est plus permis au nom de la bienpensance, une bienpensance qu’il ne nous est plus permis de discuter. Allons même plus loin, une bienpensance qui réduit la notion de génocide à un seul.

      Quel méli-mélo !
      En fait, c’est nous prendre tous pour des demeurés incapables d’avoir une pensée propre, d’évoluer, de tirer par nous-mêmes les leçons du passé. pas si lointain. La liberté n’a rien de dirigiste. Si on n’y prend garde, c’est vers l’inverse qu’on tend.
      Au nom de quoi, je vous prie ?


    • L'enfoiré L’enfoiré 6 mai 2014 16:54

      « Au nom de quoi, je vous prie ? »

      Bonne question.
      Il faut se rappeler que la démocratie a en elle les germes de sa propre destruction.
      Nous sommes à l’ère du partage, mais, absolument pas, de la sécurité.
      Nous avons eu la parti du VB qui n’a pas changé de signe mais de valeur des mots.
      Le « cordon sanitaire » s’est constitué.
      La « sonnette d’alarme » a été une manière de temporiser les décisions quand les minorités étaient prises en dindons de la farce.
      Beaucoup de protections sont nécessaires pour rester à flot. 

    • asterix asterix 6 mai 2014 18:42

      La Belgique devient en effet le pays de l’anti-démocratie.
      Dans la partie francophone ET SOCIALISTE du pays, on s’attaque à la liberté d’expression
      Dans la partie flamande et ULTRA-NATIONALISTE du pays, on s’attaque à qui n’est pas flamand d’abord.
      Le 24 mai, elle va voter aux élections européennes ET législatives ET régionales. Dès le lendemain, elle deviendra de facto ingouvernable.
      C’est un paradoxe, seule son équipe de foot peut encore la sauver.


    • Emmanuel Aguéra Emmanuel Aguéra 6 mai 2014 19:20

      @ Massada.

      Pas mal le job, pas mal... Il ne reste qu’à savoir pour quel côté exactement : Mêmes les plus excités des lobotomisés du Mossad n’oseraient pas vos inepties qui au contraire, semblent taillées pour au final, les discréditer. Je devrais m’en réjouir, vu que la politique d’Israël me fait gerber moi aussi, mais il y a d’autres moyens que cette provoc infantile.


    • Pierre-Joseph Proudhon Pierre-Joseph Proudhon 6 mai 2014 21:00

      Bonjour Hermes.

      La détermination à faire appliquer la loi n’a jamais été un gage d’humanité, certains peuples en ont assez souffert par le passé en Europe, n’est-ce pas ?
      Je ne sais pas si la liberté d’expression est une valeur à défendre « absolument », mais si on ne la pose pas comme un objectif à tenir, il y a peu de chances que les hommes apprennent a dialoguer. Quand il n’y a pas de dialogue, il n’y a que la violence pour s’exprimer, et les points de vue n’évoluent pas.

      Je suis tout à fait d’accord avec vous.

      Même si une personne défend des idées qui me donnent la nausée, je
      suis certain que la réciproque est AUSSI vraie.
      Mes pensées ne plaisent pas à tout le monde, et c’est normal. Le fait que je croie (sinon je penserais autre chose) que mes pensées sont justes ne me donne pas le droit de les imposer aux autres.

      C’est aussi ça le respect de l’autre.

      Il faut impérativement entrer dans ses propres pensées le concept « je n’aime pas MAIS je n’ai pas le droit d’interdire... Je DOIS dialoguer, je DOIS expliquer pourquoi je suis opposé, c’est une OBLIGATION, un DEVOIR ».

      Si on refuse obstinément de communiquer avec des personnes qui ne pensent pas comme nous, autant directement supprimer leurs pensées, voire supprimer physiquement tous ceux avec lesquels nous avons des divergences.
      Bref, c’est le retour du fascisme pur et dur.
      Voici ce que les humains DOIVENT penser, et ceux qui s’en écartent doivent être irrémédiablement détruits.

      Le plus interpellant, quand je regarde aujourd’hui qui sont les plus liberticides, est de constater avec effarement que ce sont justement ceux qui combattent ouvertement tous ceux qui ne pensent pas comme eux, à savoir :
      - Les « Antifa » qui sont devenus experts en ratonnades expéditives (trouvez l’erreur). Un véritable antifasciste devrait convaincre, pas « exterminer ».
      - Les « Défenseurs des Droits de l’Homme » qui vomissent tous ceux qui mettent en doute leur « sacro-sainte intégrité ». Très belle démonstration du grand-écart assumé de certains.
      - Les « Défenseurs des Minorités Opprimées » qui jettent des fatwas sur ceux qui dénoncent leurs excès et qui leur font simplement remarquer qu’ils font justement aux autres minorités ce qu’ils reprochent qu’on leur fait ou qu’on leur a fait dans le passé. Ils devraient mener une réflexion sur ce qui leur est reproché et corriger leurs actes pour être en cohérence avec leurs positions affichées.
      - Tous les autres dont une liste à la Prévert ne tiendrait pas sur toutes les feuilles de papier produites et à produire.

      Ils ont amélioré le célèbre dicton « Je ne parle pas aux cons, ça les instruit » pour qu’il devienne « Je ne parle pas aux cons, je les détruits »...

      Ensuite, ils viennent jouer les pleureuses en annonçant que « la peste brune est de retour !!! ».
      Ce sont bien eux, par leur refus de débattre, par leur « Immaculée Sainteté », par leur censure « constructive » qui favorisent la montée des intransigeances.

      Par contre, ils se garderont bien de nous informer que cette montée des « troubles à l’ordre public » a été volontairement organisée par leurs soins afin de brouiller les cartes, de faire monter un ressentiment extrême de la part de ceux qu’ils dénigrent, et surtout pour nous prendre en otages de leurs manigances pour nous forcer, contre notre volonté, à être obligés de les « suivre » dans leur « grande œuvre humaniste », et d’approuver des « lois » liberticides qui ne servent que leurs propres intérêts.

      Bande de faux-culs, vous me donnez envie de vomir !!

      Pour rappel, je tiens encore à rappeler que je ne suis pas du tout favorable à certains propos ni à certaines théories nauséabondes.

      Je pense que seuls l’éducation objective (en dehors de tout embrigadement dogmatique), l’explication et le débat contradictoire peuvent permettre d’éveiller une conscience suffisante permettant de rejeter certains concepts dans le néant.

      Le seul problème qui pourrait résulter de l’usage de ces « remèdes de bonne-femme » serait la remise en cause de certains « dogmes » qui précipiterait leurs défenseurs dans les poubelles de l’histoire.

      D’où leur résistance à un usage illimité de la réflexion au lieu de la censure.


    • Petrus Amritam Romanus Petrus Romanus 6 mai 2014 22:34

      Toute cratie est une dictature :

      Quelque soit X, Xcratie est la dictature du fait de X.

      De même, tout système de lois est un système de censure puisque les lois du système ne font qu’interdire ce qui, de droit divin, est autorisé...

      Il n’y a donc rien de nouveau...


    • kalon 7 mai 2014 13:38

      Il y avait un Juif parmi les orateurs prévus : Jacob Cohen

      Ainsi, empêcher les Juifs de s’exprimer devient de la défense contre l’antisémitisme !

      N’importe quoi, plutôt qu’empécher les Juifs de s’exprimer librement, notre ministre de l’intérieur ferait mieux de surveiller ses mômes, cà lui éviterait de devoir insulter anonymement une mineure de « détraquée sexuelle »


    • izarn 7 mai 2014 15:26

      La ou je ne suis pas d’accord, c’est votre envie de vomir, sur Soral, Faurrisson, etc...Pour les plus connus médiatiquement. Et ensuite : Je suis démocrate dont je me force à vomir au nom d’une Trés Haute Idée de l’Humanité. Amen.
      Je vous retourne le gag de Dieudonné :
      « -Il parait que le dernier spectacle de Dieudonné scandalise Valls, Hollande, la Licra et le Pape.
      -Tiens, si on allait le voir ?
       »
      En fait intellectuellement rien ne fait « vomir ». Au contraire, plus c’est délirant, plus on est curieux. Comme le cadavre de l’accidenté au bord de la route, voyez ?
      Franchement, vous n’avez pas envie de lire Mein Kampf ? Rien que par curiosité intellectuelle ? Vous preferez mourir idiot ?


    • Bluezy Bluezy 8 mai 2014 22:50

      Arf !! la LOI ???
      la douche froide peut aussi changer de camp !! (hé non ce n’est pas une allusion à certaines douches de certains camps) :

      http://www.youtube.com/watch?v=b6r7zz9H55M

      Quel bonheur de voir la tête déconfite de ces « représentants de la loi selon Massada »

      On dirait que le peuple prend enfin conscience de beaucoup de choses, n’en déplaise à Massada et ses complices smiley


    • lautrecote 6 mai 2014 11:32

      Massada, 

      faire appliquer la loi n’est pas, n’a jamais été une garantie de démocratie.
      D’autre part, si le peuple veut manifester, si le peuple veut se soulever (et dans le cas présent, il ne s’agit même pas de ça), c’est justement contre une loi.
      Mais visiblement vous êtes partisan de la loi du plus fort, comme le prouve l’attitude de vos copains à la tête d’Israël. Sauf que la loi du plus fort finit toujours par se retrouver contre celui qui se croit le plus fort, ce que l’histoire vous (re)prouvera un jour.

      • cathy30 cathy30 6 mai 2014 12:46

        lautrecoté

        avez-vous essayé d’alterner vos lectures entre le coran et mein kampf ?

      • lautrecote 6 mai 2014 13:02

        Cathy30

        le rapport ?

      • cathy30 cathy30 6 mai 2014 13:03

        Et Israël, le rapport ?


      • lautrecote 6 mai 2014 13:11

        La rapport c’est Massada et la démocratie



      • lautrecote 6 mai 2014 13:13

        Et le rapport entre faire appliquer la loi, et la démocratie ?


      • lautrecote 6 mai 2014 13:13

        et le rapport entre le coran et mein kampf ?


      • cathy30 cathy30 6 mai 2014 13:23

        C’est la même chose. La haine du juif. 


      • lautrecote 6 mai 2014 13:27

        Si vous le dîtes...

        Personnellement, je ne déteste pas les juifs.
        Je ne déteste pas les gens.
        Je déteste simplement certains comportements.
        Et, en l’occurrence, certains amalgames, comme par exemple l"assimilation du respect de la loi avec la démocratie.
        Mais visiblement, vous êtes prête à confondre les deux, et à vous battre pour cela.

      • lautrecote 6 mai 2014 13:30

        Et pour que ce soit clair, je n’ai pas, moi, parlé des juifs, j’ai juste parlé des copains de Massada, ceux qui sont à la tête de l’état d’Israël.


        Je ne confonds pas l’état d’Israël et les juifs.

      • cathy30 cathy30 6 mai 2014 14:22

        Le problème lautrecoté c’est qu’il semblerait que l’on vous manipule :


      • Croa Croa 6 mai 2014 14:25

        Tout à fait la loi n’est que l’expression du droit, généralement celui du plus fort ou du plus malin mais le peuple peut être fort lorsqu’il a conscience de l’être.

        La loi peut organiser la répression comme elle peut garantir les libertés : Cela dépend qui écrit la loi !


      • lautrecote 6 mai 2014 15:48

        Je ne vois toujours pas le rapport.

        Qui parle des juifs ici ?


      • lautrecote 6 mai 2014 16:35

        ma réponse était pour Cathy30



      • Emmanuel Aguéra Emmanuel Aguéra 6 mai 2014 19:21

        Comme Massada ?


      • izarn 7 mai 2014 15:15

        Non, il n’y a pas de haine du juif dans le Coran, une critique religieuse, oui.


      • scylax 6 mai 2014 12:02

        Je suis effectivement pour la liberté d’expression totale, y compris les appels au meurtre envers l’auteur de cet article. Je suis sûr qu’il est d’accord avec cela.


        • Louis Maréchal Louis Maréchal 6 mai 2014 12:07

          L’appel au meurtre n’est pas une idée abstraite, dès lors il n’est pas couvert par la liberté d’expression. (Je vous ferais d’ailleurs remarquer que, malgré tous leurs défauts, les gens qu’on censure n’ont jamais appelé au meurtre)


        • scylax 6 mai 2014 13:23

          Votre réponse s’apparente à une pirouette, Louis.


        • Qaspard Delanuit Qaspard Delanuit 6 mai 2014 17:28

          Non, Louis répond d’une manière claire à votre remarque qui, elle, est un sophisme. Appelez à un meurtre ne relève pas de l’expression d’une idée, pas plus que de se mettre à hurler pendant un concert de musique de chambre ou dans un avion, juste pour faire chier le monde. 


        • scylax 6 mai 2014 21:00

          La liberté d’expression, ce n’est pas QUE l’expression des idées. Renseignez vous. C’est aussi d’émettre des jugements et des préconisations sur des choses ou des êtres.


        • Petrus Amritam Romanus Petrus Romanus 6 mai 2014 23:15

          N’importe quel mot (symbole) placé sur n’importe quelle perception (objet) n’est-il pas un jugement... définitif ?


        • Qaspard Delanuit Qaspard Delanuit 7 mai 2014 05:42

          « La liberté d’expression, ce n’est pas QUE l’expression des idées. »


          Nous ne parlons ici que de la liberté d’expression des idées. Sans quoi vous pourrez aussi dire qu’on peut s’exprimer avec les mains et donc que donner une claque relève de la liberté d’expression, voire que donner un coup de couteau est aussi une manière de s’exprimer, d’exprimer sa violence, sa haine, sa colère, etc. 

          Les partisans de la liberté d’expression ont bien conscience qu’il existe des formes d’expression que l’on nomme « performatives », qui sont en réalité des actes et non une simple manière de communiquer ce qu’on pense et croit juste. Exemple : tuer un cardiaque en hurlant dans son oreille pendant qu’il dort, personne ne croira que ça relève de la liberté d’expression sous prétexte que « ça sort de la bouche comme une parole. »

          Il ne s’agit donc pas tant de limiter la liberté d’expression que de bien délimiter ce qui relève de « l’expression » ... Nous parlons bien d’expression des idées, et de rien d’autre !! 

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