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À propos d’un aspect de l’École

À la mémoire de L. Althusser

J’ai retrouvé jadis un copain qui fit l’École normale d’instituteurs, mais il n'est plus là pour me lire.

Il me raconta qu’en notre temps les élèves, méritants et issus de milieux modestes, recevaient une éducation élémentaire de savoir-vivre dans la "bonne société" : savoir par exemple tenir correctement son couteau et sa fourchette à table, s'essuyer avec la serviette avant de porter son verre à la bouche, qui ne doit pas être pleine quand on veut parler...

Cela pouvait sembler nécessaire à l' École de la République compte tenu du rôle social souvent essentiel de l’instituteur, encore à une époque qui n’est pas si reculée.

Ce qui ne l'empêchait pas, lorsque je le retrouvai, de n'avoir confiance qu'en son couteau de poche qu'il dépliait après avoir écarté celui du restaurant.

Même chose, mais à un degré évidemment supérieur, à l’École polytechnique où les élèves étaient initiés à bon nombre de pratiques et au code bonne conduite pour les milieux dans lesquels ils seraient amenés à évoluer. Très utile aux Élèves, j’en connais intimement au moins un, qui ne sortaient pas du sérail.

J’ai personnellement écouté un professeur de philosophie dont la femme tenait la librairie progressiste de la ville et qui correspondait exactement au type évoqué par L. Althusser (dont il était un pair), lui qui était de ceux

"qui, dans des conditions épouvantables, tentent de retourner contre l’idéologie, contre le système et contre les pratiques dans lesquels ils sont pris, les quelques armes qu’ils peuvent trouver dans l’histoire et le savoir qu’ils « enseignent ». Ce sont des espèces de héros. Mais ils sont rares, ..."

http://www.legrandsoir.info/ideolog...

Conditions épouvantables certes, puisqu’aux jours où la prégnance idéologique du milieu et de la société n’était pas moindre que de nos jours, s’ajoutaient les risques d’attentat et de plasticage par l’OAS. Dont les héritiers d'aujourd'hui s'affirment d'ailleurs champions en démocratie et poursuivent en Justice ceux qui les dénomment fascistes.

Bref, il annonçait la couleur dès son premier cours, en s’affirmant "marxiste", non par provocation à l’égard de sa classe (préparatoire) qui comptait quelques activistes avoués, de tendance "Jeune Nation", voire carrément familiers de l'OAS, ni par souci de propagande, mais comme simple rappel du fait qu’un enseignant est nécessairement, qu’il le veuille ou non, qu'il le sache ou non, qu'un enseignant est nécessairement "orienté".

Je me souviens d'une de ses prises de parole à la Mutualité dans un meeting à un moment très chaud qui précéda l'accès de l'Algérie à l'indépendance, et de mon enthousiasme d'élève un tantinet chauvin pour cet enseignement hors du cadre scolaire.

Il lui fut d’ailleurs proposé par son parti d'intégrer le Comité central du PCF, mais il préféra en rester à l’échelon fédéral car il tenait à la qualité de son d'enseignement.

C’est à lui, ainsi qu’à un modeste instituteur militant passionné de physique, science pour laquelle il s'était mis aux études supérieures, que je veux rendre hommage maintenant, au fil du clavier.

Le nom du premier n’est pas un secret : Michel Verret, ancien élève de l'E.N.S. dont les dernières publications sont, en particulier, à l’Harmattan.

 


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14 réactions à cet article    


  • leypanou 17 mars 2014 11:20

    "qui, dans des conditions épouvantables, tentent de retourner contre l’idéologie, contre le système et contre les pratiques dans lesquels ils sont pris, les quelques armes qu’ils peuvent trouver dans l’histoire et le savoir qu’ils « enseignent ». Ce sont des espèces de héros. Mais ils sont rares, ..." : c’est ce que tout citoyen qui ne se veut pas passif devrait faire dans sa vie de tous les jours.

    Au moins on pourra dire : j’aurais au moins essayé d’écarquiller les yeux des autres, même modestement. Mais la tâche est rude et le combat inégal : raison de plus pour ne pas désespérer. Tout est question de priorité.


    • leypanou 17 mars 2014 11:22

      J’ai moinssé AU LIEU de plussé l’article ...par manque de zanshin (les amateurs d’arts martiaux apprécieront).


      • Dwaabala Dwaabala 17 mars 2014 11:26

        Cela arrive. Je vous plusse, sans me tromper.


      • Chabinpolitain 17 mars 2014 13:29

        Le titre de l’article est à lui seul un détournement du propos de l’article d’Althusser !
        Comment Mr Dwaabala pouvez-vous ainsi travestir l’intention de cet article qui ne parle pas « d’une certaine école » mais bien des moyens de reproduction du système capitaliste par l’intermédiaire de l’école qui lui est aliénée et porteuse de son idéologie ?
        Vos anecdotes ne sont que des écrans de fumée qui vous servent à ne pas remettre en cause la charge idéologique dont chaque membre de toute société est porteuse, qui lui permet simplement d’être fonctionnelle.
        Vous échappez au discours sur la possession des esprits par la manipulation et la préparation à l’asservissement consenti.
        C’est sans doute ce « consenti » qui vous empêche de digérer, il vous semble insane d’envisager que vous pourriez bien faire partie du monde des humains et ne pas être une exception, comme vos congénères, vous portez votre croix et la vôtre doit être particulièrement lourde puisque vous êtes dans un déni le plus absolu !
        Mr Dwaabala, j’ai le regret de vous dire que je vous crois un frein au changement et pas un révolutionnaire comme vous semblez vouloir le faire croire à vos lecteurs.
        D’autre part cet article est en réalité un commentaire au texte original dans Le Grand Soir, pourquoi ?
        Une question d’ego ?


        • Dwaabala Dwaabala 17 mars 2014 15:45

          Veuillez vous reporter à l’un des derniers commentaires sous l’article de @ C’est Nabum,
          Pourquoi ont-ils fait la révolution ?

          Vous y constaterez qu’une réaction peut être très différente de la vôtre.

          Le présent article n’est pas une exégèse de la pensée althussérienne mais une simple évocation de souvenirs personnels, qui fut provoquée par le passage qui s’y trouve cité. Avec son lien. Il est plutôt un invitation à découvrir cette pensée.

          Il semble que dans votre esprit règne une confusion entre le niveau de l’anecdote, qui se voudrait attrayante, et celui de la théorie ; entre celui de la simple vie personnelle et celui de la révolution. 

          Le procédé employé est un phishing ( tout ce qu’il y a de plus honnête !), puisqu’il invite implicitement à aller au texte de l’Auteur, ce que vous avez d’ailleurs fait.

          Pour toutes ces raisons, son titre ne dément pas le contenu de l’article.

          Il me semble effectivement important de faire connaître ce philosophe à la jeune génération.

          C’est pourquoi la série d’articles qui passent actuellement dans Le Grand Soir, est bel et bien de mon fait : leur découpage, les chapeaux de présentation, et la proposition de leur publication à la rédaction de Le Grand Soir, sont du pauvre en révolution que j’avoue humblement être.

          Je demeure attentif à vos remarques de théoricien et d’expert dans l’art de la révolution.


        • Jean-François Dedieu Jean-François Dedieu 17 mars 2014 16:13

          Ah, les cocos qui n’ont pas viré la cuti, et ceux, pire, qui défilaient petit livre rouge en main et dont la conscience ne revient pas sur les 30 à 40 millions de victimes du « grand bond en avant » ! Et ces gesticulateurs habillés comme Malcolm X, qui en sont restés à l’esclavage et au colonialisme... on les retrouve chez l’Harmattan parce qu’ils trouvent un espace d’expression chez cet éditeur et que cette maison, par ses pratiques apparentées à du compte d’auteur, exploite la manne. Si le fascisme, l’impérialisme doivent être honnis et combattus comme doivent l’être tous les crimes contre l’humanité, on ne saurait pour autant cautionner ces combats qui ont mis en place des totalitarismes et trahi les espoirs des peuples révoltés. Le choléra rouge comme seule alternative à la peste noire n’est pas passé et ne passera pas !


          • Dwaabala Dwaabala 17 mars 2014 16:17

            Le genre de commentaire sans surprise.


          • Jean-François Dedieu Jean-François Dedieu 17 mars 2014 16:59

            Certes sans surprise mais sans la moindre amorce, en réponse, qui entretiendrait l’espérance. 


          • Dwaabala Dwaabala 17 mars 2014 18:25

            Je n’ai pas à prendre en charge ici votre désespoir.
            « L’amorce », comme je l’indique plus haut (« phishing »...) est dans le texte, si vous voulez bien le lire


          • Jean-François Dedieu Jean-François Dedieu 17 mars 2014 18:59

            Merci mais ces intelligences supérieures nous sortent un jargon si hermétique... Merci les théoriciens du parti, le dogme, on sait ce que cela a donné !


          • Dwaabala Dwaabala 17 mars 2014 21:00

            Alors, pourquoi venir ici ? Pour avoir le dernier mot ?
            Je vous le laisse bien volontiers.


          • mmbbb 17 mars 2014 21:20

            @ Dwaabala

             Admettez que les intellos ont l’art de jargonner Sarte est a lire en punition dans une cellule de prison Ne faites pas dire qu’il fut un grand visionnaire D’ailleurs comme tout bon coco le mythe fut entretenu Il ne tient plus De surcroit c’etait dans l’air du temps durant les annees 1970 plus les phrases etaient hermetiques plus son contenu paraissait intelligent Que restent ils de tous ce charabia ? L’ecole a ete detruite par ces cretins et la gauche bourgeoise met ses rejetons comme le fils Fabius a Henri IV Le peuple a ete abuse 


          • Dwaabala Dwaabala 17 mars 2014 22:08

            @ mmmbb
            Ne me poussez tout de même pas à défendre Sartre ! Il n’a jamais été ma tasse de thé.
            Comme dans tout domaine, sévissent des charlatans. Je ne parle pas de Sartre, qui avait sa sincérité, parfois poussée jusqu’au ridicule... mais j’admets bien volontiers à votre demande que celui de la théorie politique est particulièrement gâté.
            Si vous aimez les jargons, allez dans les entreprises par exemple.


          • Jean-François Dedieu Jean-François Dedieu 18 mars 2014 04:01

            Oh ! moi qui vous croyais mûr pour l’autocritique avant la rééducation ! 

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