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Accueil du site > Actualités > Politique > A propos du Revenu de Base

A propos du Revenu de Base

Je voulais vous communiquer mon impression concernant l’idée d’un revenu inconditionnel d’existence (ou revenu de base), qui est un sujet dont on entend parler de plus en plus. Étant personnellement dans une situation d’exclusion sociale et ne dépendant plus, pour ma subsistance, que du dernier cercle de solidarité que sont mes parents, il va sans dire que dans le cadre d’une économie monétisée telle que celle où nous vivons actuellement, je serais bien content de recevoir un tel revenu ! Quand on n'a pas un kopeck, la perspective de recevoir même un petit quelque chose semble forcément enviable.

Toutefois, sensible à cette question depuis plusieurs années déjà et après avoir analysé plusieurs approches concernant les différentes alternatives au système économique actuel, j’en suis arrivé à la conclusion que cette solution ne représentait, au mieux, qu’un pis-aller permettant aux plus faibles de ne pas sombrer inéluctablement dans la misère (ce qui n’est évidemment pas un mal), au pire un alibi permettant à ceux qui contrôlent le système monétaire et l'économie financiarisée de poursuivre leur hégémonie sur les ressources précieuses de notre belle planète au profit d’une petite minorité de voleurs de ressources et de pouvoirs.

Bien évidemment, pour parvenir à une telle conclusion, il faut aborder un certain nombre de domaines liés entre eux et renverser pas mal d’idées toutes faites (culturelles) concernant la manière dont le monde et son économie, ainsi que les êtres humains, fonctionnent. Je me propose donc ici de vous communiquer quelques réflexions qui remettent cette idée en perspective et présente un certain nombre de vices qui n'apparaissent pas au premier abord. N'oubliez pas deux grands principes : chercher la cause des causes des problèmes, mais aussi songer aux conséquences à moyen et long termes des solutions envisagées.

 

LE REVENU DE BASE, C'EST QUOI ?

D'abord, que propose l'idée du revenu de base (ou du revenu inconditionnel d'existence) ? Ce projet propose d'offrir un revenu minimum d'existence à tous sans condition d'accès préalable. Une sorte de RMI inconditionnel valable pour tous. L'argent nécessaire à cette allocation à vie serait issu de taxes ponctionnées sur les profits financiers dégagés d'année en année par le secteur financier privé et/ou via une TVA portée à 50% sur les produits dit « de luxe ». Ce revenu offrirait, primo, d'obtenir un minimum financier qui permettrait d’assurer les besoins vitaux, comme la nourriture, le logement et les soins de santé, secundo de palier au manque d’embauche dû à l'inévitable diminution des postes de travail qui est essentiellement le fruit de la pertinence et de l'efficacité grandissante de la technologie - ce qui serait une façon de lutter contre le chômage dit « technologique » (un bel euphémisme de la novlangue oligarchique).

Remarquons d'abord une chose, c'est que ce principe n’est éthiquement applicable que si et seulement si il concerne la totalité des humains du globe. Nous ne pouvons en effet pas présenter comme étant un incontestable progrès social un système qui permettrait seulement à certains, sur base de leur lieu de naissance, d’avoir accès aux besoins de base sans travailler, tandis que d’autres seraient toujours asservis à des conditions de travail précaires pour accéder à cette même survie. Même si cette réalité est celle que nous observons déjà en grande partie aujourd'hui, l'instauration d'un revenu de base uniquement pour une partie des peuples de la planète (nés dans les pays les plus développés et les plus riches) ne ferait qu’accentuer cette situation d'inégalités et dans ce cas, cet avantage deviendrait ni plus ni moins une injustice et une inégalité flagrante de plus. Des humains pouvant assurer leur survie grâce aux profits engrangés par le travail d'autres humains surexploités et largement sous payés nous ramènerait aux grandes heures de l’esclavagisme. Bien entendu, si le revenu de base n’est pas mondialisé, l’immigration ne pourra qu’exploser et avec elle, les inévitables guerres de territorialités (chaque pays offrant un revenu de base à ses habitants défendant farouchement ses frontières).

 

ANALYSE MACRO ECONOMIQUE DU PROJET

L’économie basée sur la monnaie et les échanges commerciaux ne peut fonctionner que si et seulement si la valeur (le prix) d’un produit est suffisamment élevé pour que tous ne puissent y avoir accès. La monnaie ne sert pas à gérer l'abondance ; elle a précisément été créée pour gérer la rareté, la pénurie. Si un certain nombre de produits ne sont pas rares, les profits sont rendus possibles par la grande quantité mise en vente et l'impérieuse nécessité des dits produits, comme la nourriture, par exemple. Le profit ne peut survenir que par la rareté des denrées. Pour illustrer cela, imaginez que vous deviez vendre du sable à un bédouin du Sahara. Ce serait ridicule étant donné la disponibilité et l’abondance du produit. Abondance = gratuité tout comme rareté = coût élevé.

L'idée sous-jacente qui se dégage de notre actuel système économique basé sur la monnaie est qu'il n'y en a jamais assez pour tous, et notamment qu'il n'y a pas assez de denrées de base pour nourrir les sept milliard d'individus de la planète. Cette croyance est accentuée par le fait que nous savons que des millions de personnes meurent encore chaque année de faim, de malnutrition, de même que par l'accroissement de la pauvreté et de la misère dans le monde. Elle est finalement cristallisée dans nos esprits par le fait que nous-même ne pouvons avoir accès à tout ce que nous souhaitons, et que pour beaucoup, nous faisons l'expérience du manque. Ce conditionnement psychologique et culturel va même jusqu'à inciter les industriels à créer artificiellement la rareté lorsqu'ils sortent un nouveau produit, afin de stimuler, par le réflexe du désir pulsionnel de posséder « ce qui est rare », une ruée vers les magasins (Apple est passé maître dans ce domaine de manipulation commerciale).

Or, cette idée fausse de la rareté et de la pénurie des denrées alimentaires est contredite par les rapports de l’ONU (rapport Ziegler) qui concluent sur la possibilité de nourrir, actuellement, douze milliards de personnes !

Pas de rareté = pas de profits. Les profits n’existant plus, à très court terme, le revenu de base - dont le financement est basé sur des taxes ponctionnées sur les excédants financiers - diminuerait et ne pourrait plus être versé. En suivant la même logique, les produits indispensables n’étant plus suffisamment onéreux puisqu'ils seraient accessibles à chacun grâce au revenu de base, et par là même, n’occasionnant plus de profit, c’est tout un pan de l’économie qui s’écroulerait. Souvenez-vous que le système économique actuel est fondé sur une croissance exponentielle, et que sans cette croissance (excédants financiers toujours plus grands d'année en année), le revenu de base ne peut être alimenté. Que deviendrait-il ?

Supposons alors que, tout le monde ne vivant pas QUE du revenu de base, l’économie se rééquilibrerait par une sorte de principe des vases communiquant grâce à d’autres produits d’achats (de deuxième nécessité et de luxe) plus onéreux, auxquels les personnes profitant du revenu de base mais disposant également d’un salaire, auraient accès plus largement. Le modèle social qui se dessinerait dans cette perspective serait alors que, pour que chacun puisse manger à sa faim, se loger et profiter d’une protection de base, il faut que certains consomment des produits dits « de luxe » afin que l’économie garde un équilibre de profit qui permette le versement du revenu de base.

On se retrouverait avec une stratification sociale à 2 ou 3 niveaux :

1) une large majorité de personnes ne disposant que d'un revenu de base pour (sur)vivre

2) Un nombre très réduit (moins de 5 % de la population) de travailleurs ayant accès à leurs besoins essentiels grâce au revenu de base et qui pourraient s’offrir en plus, grâce à leur salaire, quelques produits dits « produits d’envies »

3) des « riches » (ultra-riches) ayant le revenu de base et les immenses revenus issus de leurs excédents financiers faramineux, donc ayant accès aux meilleurs services et technologies. Nous constatons que l’écart entre la base et les nantis se creuserait d’autant plus. Est-ce là le progrès social que nous souhaitons ?

Qu'en serait-il de la surexploitation des ressources et denrées dites de seconde nécessité et de luxe ? Car sur ce principe, où est la réflexion et la mise en application de la sauvegarde des ressources de la planète ? Qu'en serait-il du nombre de travailleurs salariés, sachant que le travail rémunéré disparaît et qu’il ne reviendra pas ? Qui et que devenons-nous sans salaire dans une société d’économie basée sur l’argent ?

Le revenu de base à lui seul garantit une sécurité liée aux besoins indispensables mais l’accès au travail salarié se raréfiant de façon exponentielle, seuls certains pourront accéder aux meilleurs soins, meilleurs produits nutritifs, meilleure sécurité. Aujourd’hui, étant donné la progression galopante des technologies et de leurs possibilités, l’écart n’en sera que plus criant. Du point de vue de la santé cela donnerait que les personnes disposant uniquement du revenu de base resteraient mal voyante (une paire de lunette standard en guise de "soin"), les salariés aurait un implant de la cornée et les plus riches auraient un œil bionique. Même si cela est déjà le cas aujourd'hui dans une large mesure, l'instauration d'un revenu de base sacraliserait ce principe sous prétexte que l’accès aux besoins de base représente déjà un « sacrifice » sur la part de profit des plus riches et qu’il faut bien qu’il leur reste un avantage. Les valeurs fondamentales issues du paradigme de l'économie basée sur la monnaie resteraient les mêmes : compétition, avantage différentiel, concurrence, consommation à l'excès, etc.

Dans ce système, les causes premières donnant lieu à l’envie, la jalousie, la délinquance, la guerre ne sont pas minimisés mais accentuées. On pourrait me répondre qu’il y a toujours eu des riches et des pauvres, que c'est dans la « nature humaine », etc. Bullshit ! Il n'y a eut disparités sociales et instauration de classes sociales (donc de hiérarchisation des sociétés) que depuis l'avènement des civilisations, c'est-à-dire pas plus de 8000 ans (environ), ce qui représente moins de 1% de l'histoire de l'homme sur l'échelle de l'évolution. A propos de la « nature humaine », Gandhi disait qu'il ne faut pas confondre ce qui est naturel et ce qui est habituel. Il ne faut pas confondre ce qui est inné et ce qui est acquis par la culture et la tradition.

Le problème n’est donc pas de nourrir la planète mais de donner accès à la nourriture à tous. C'est seulement parce que les plus pauvres n'ont pas d'argent qu'ils ne peuvent se procurer la nourriture disponible, et non parce que la nourriture manque. Seulement, que se passerait-il si tous avaient accès à la nourriture avec le revenu de base ? Cela aurait pour conséquence inévitable de faire chuter le marché du secteur alimentaire. L’économie liée à ces denrées s’écroulerait.

 

IMPACT SUR LES INDIVIDUS

Aujourd’hui la misère peut se définir par deux approches souvent liées : la misère dite financière et la misère dite culturelle. Actuellement, la grande misère culturelle (sociale et environnementale) produit des personnes en manque de reconnaissance individuelle qui cherche à palier se déficit grâce à l’acquisition de biens affichés et affichables et d'argent. Voyez l’enquête issue de « spirit level » (référence au bas de l'article) disponible sur le site Equality trust sur l’attache donné à la notion de « respect » chez les pauvres (au sens financier) et chez les prisonniers. Qu’en sera-t-il de ces personnes dans une société qui leur garantira un revenu de base ? Quelle nécessité, selon les critères de valeur qui ressortiront de leur situation sociale, d’aller étudier sachant qu’ils n’auront jamais accès à un travail rémunéré qui leur offrirait l’accès à certains biens ? A quoi occuperont-ils leur temps s’ils n’ont pas à gagner leur vie pour (sur)vivre et qu’un maximum de biens inaccessibles pour eux leurs sont vantés en permanence ? Qu’en sera t-il de toutes ces personnes de plus de 40 ans à qui l’on a inculqué depuis de nombreuses générations que seul le travail salarié et bien rémunéré est LA valeur principale de la réussite dans la vie quand on leur dira qu’ils n’ont plus accès à un travail salarié et qu’ils vivront de ce qu’il ne manqueront pas de percevoir comme un subside avilissant ? Certains auront le droit au travail, pas d’autres. Si par malheur vous perdez votre poste de travail vous devenez tamponné « revenu de base » avec la quasi certitude de ne plus jamais être salarié.

On peut rétorquer que, bien amené, il est possible que grâce au revenu de base, notre temps de créativité est totalement libéré et que c’est une richesse sans commune mesure que de pouvoir se lever sans avoir à se préoccuper de « gagner » sa vie pour subvenir à ses besoins premiers. Certes. Envisageons donc la situation sous un angle optimiste. L’imagination se débride, les mutualisations de savoirs se panachent, les regroupements créent de l’idée et de l'innovation. Dans un monde financier, si les moyens monétaires ne sont pas aux rendez-vous, comment concrétiser ces nouvelles idées créatives ? Il foisonne aujourd’hui de projets extraordinaires chez des particuliers et dans moult associations. Qu'en est-il concrètement ? Il faut dépendre de l’argent public (qui implique plus ou moins certaines tractations, consensus, promesses et comptes à rendre) qui à chaque échéance électorale voit le projet stoppé pour favoriser celui de partenaires plus en adéquation avec les vues de tel ou tel parti. Ou bien dépendre de l’argent privé qui cherchera, dans le meilleur des cas un partenariat avec les créateurs, dans le pire à voler les idées et les breveter à leur profit. Il reste l'option de solliciter un emprunt bancaire pour développer un projet mais pensez-vous que la banque vous prêtera de l’argent sachant que vous émargez seulement du revenu de base ? Les banquiers ne prennent jamais de risques dans l'économie réelle.

QUELLES SONT LES ALTERNATIVES ?

Il existe bien sûr d'autres propositions similaires dans le principe, bien que différentes dans leur logique et leur mode d'application, comme par exemple la proposition de Bernard Friot d'un « salaire à vie ». On ne parle plus de "revenu" ou d' "allocation" mais bien d'un "salaire" correspondant, dans son approche, à une qualification. Vous recevez une somme d'argent correspondant à un certain degré de connaissance, d'expérience et de qualification sur une échelle restreinte de quatre niveaux (allant de 1500 euros à la sortie des études secondaires, et pouvant aller jusqu'à 6000 euros au dernier stade). Vous recevez cette somme que vous ayez un emploi ou non : c'est le salarié qui est qualifié, et non le poste de travail à pourvoir (ce qui change complètement le rapport actuel au travail, il faut le reconnaître). C'est une proposition intéressante et à mon avis plus rigoureuse que le revenu de base, néanmoins, cette proposition reste dans un contexte d'économie globale basée sur la monnaie, ce qui fait que le résultat à moyen ou long terme reste le même, que ce soit avec un revenu de base ou un salaire à vie.

Alors quelle serait l'alternative permettant d'atteindre les mêmes objectifs de résolution des nombreux problèmes de la société actuelle qui constituent la motivation de la proposition mais sans les effets pervers ? Rappelons-nous que pour apporter une solution à un problème, il nous faut agir sur la cause principale du problème. Agir sur les conséquences ne résoudrait pas le problème. Nous avons observé que ce qui relie l'ensemble des problèmes sociaux, économiques et humains, c'est l'argent, la monnaie. Peut-on vivre dans un monde sans argent ? peut-on concevoir une société où les activités et les rapports humains ne sont pas régit par l'argent et le profit ? La réponse est oui : il est possible dès aujourd’hui de vivre dans un monde sans argent ! Il est bien sûr difficile, au premier abord, d’imaginer cette possibilité et ses innombrables conséquences. Pourtant, une réflexion autour d’une économie basée sur le partage des ressources (EBR) et non sur la monnaie (l’échange, le troc ou tout symbole impliquant une valeur) permet de faire sauter tous les verrous des perversions énumérées jusqu’à maintenant.

 

CE QUE LE PRINCIPE DE L' « EBR » CHANGE

Dans une économie basée sur le partage équitable des ressources (sans argent), où toutes les ressources naturelles et technologiques seraient considérées comme patrimoine commun de tous, primo tout est accessible à chacun - ce qui permet de supprimer les stratifications sociales qui sont sources d’envie, de jalousie, de conflits, etc. - et secundo, les ressources ne sont plus surexploitées en quête de profits financiers et de croissance constante, mais gérées de leur production jusqu'à leur distribution pour répondre au mieux et au plus près aux besoins et aux envies de tous. La question n’étant plus « avons-nous les moyens financiers pour acquérir ou réaliser nos projets ? » mais « disposons-nous des savoirs et des matériaux nécessaires pour les réaliser ? »

D’un point de vue humain, il n'y a plus de stratifications sociales (le prestige du niveau de vie étant actuellement calculé sur le pouvoir d’achat), il n'y a plus de citoyens de deuxième zone (pas d’exploitation de l’homme par l’homme possible puisque plus de rapport à l’argent ni au profit, plus de concurrence ni de compétition économique et sociale) et il n'y aurait plus non plus de vagues de migrations économiques (chacun ayant ce qu’il lui faut là où il se trouve). De même, il n'y aurait plus de guerres puisque les guerres sont dues à la volonté de s'approprier les ressources des autres pour s'assurer un avantage différentiel.

Il ne s'agit plus de gérer la pénurie - principe qui a peut-être été pertinent durant une certaine période de croissance de la civilisation pendant la phase d'exploration et de découverte du globe mais qui est maintenant obsolète - mais bien de générer l'abondance que permettent nos connaissances et notre technologie actuelle ainsi qu'un monde entièrement relié. L'ancien paradigme de l'échange, fondé sur l'idée que « j'ai tel ou tel excédent à échanger contre telle ou telle denrée dont je ne dispose pas » (principe du troc qui sera implémenté par l'usage de systèmes monétaires) est remplacé par le paradigme du partage à l'échelle mondiale.

En ce qui concerne la misère culturelle, dès l’instant où l’envie n’a plus lieu d’être, quel intérêt à voler (qui vole du sable dans le Sahara) ? Qu’en est-il du besoin de reconnaissance lié à l’image du pouvoir d’achat sachant que cette notion disparaît ? ... On résout ainsi 90% des problèmes civiques qui, de près ou de loin, sont liés à l’argent. Il ne reste finalement que les problèmes dits « sentimentaux / passionnels ».

D’autre part, chaque enfant de cette planète naît artiste et scientifique (tous les enfants aiment danser, chanter, dessiner… et sont curieux et à la recherche de compréhension : « Pourquoi la mouche vole ? Pourquoi ça s’appelle de la moutarde ? Pourquoi la tomate est rouge ? ... »). Si nous laissons s’épanouir ces deux tendances naturelles et qu’il n’y a plus besoin de « formater » un individu dès son enfance pour qu’il réponde aux besoins d’une société de travail rémunéré, quel genre d'hommes et de femmes deviendrons-nous ? A ce propos et pour éclairage, visionnez la conférence de Marc Giget (président de l’institut européen de stratégies créatives et d’innovations) sur la culture de l’innovation dans les pays nordiques (référence au bas de l'article).

Concernant l’adaptation des personnes de plus de 40 ans (sur la notion de travail rémunéré) : Vous parait-il plus facile de vous retrouver tous à égalité dans une société sans argent où tout ce que vous n’avez pu faire ou avoir accès est dorénavant réalisable ou à contrario vous retrouvez avec de quoi survivre dans une société financière où vous avez la quasi certitude que tout ce qui est autre que vos besoins de base ne sera plus à votre portée ? Pour la réalisation de vos projets, préférez-vous avoir comme interlocuteur, un banquier, un mécène, l’état ou pouvoir réfléchir et passer à l’action seul ou avec des personnes choisies sans contraintes ni barrières de coût financier ?

Et ces quelques questions ne concernent que la partie émergée de l’iceberg.

 

CHOISIR LE PROJET LE PLUS ADEQUAT

Donc, tant qu’à œuvrer pour un changement de société - et nous sommes nombreux à partager l'idée qu'un changement est devenu indispensable -, il m'apparait nettement préférable de choisir un projet qui apportera un progrès radical (c'est-à-dire qui traite les problèmes à la racine de leurs causes) qui agisse à la fois sur le concret (les conditions de vie) et sur l'abstrait (les mentalités et la conscience collective qui en découle) plutôt que sur un projet qui n'agit que sur des symptômes afin d'atténuer les effets de la maladie sociale et culturelle qui nous ronge. Si au départ, sans analyse, le projet du revenu de base inconditionnel parait séduisant, opportun, généreux, progressiste, j'en suis donc venu, après réflexion, à conclure qu'il ne nous permet pas d'obtenir les résultats escomptés mais au contraire, permettrait de prolonger - et sans doute même aggraver - la maladie sociale qu'il se propose au départ de combattre.

Albert Einstein disait qu'il est impossible de résoudre un problème avec le mode de pensée qui l'a engendré. Il n'est donc pas difficile de comprendre que nous ne pourrons pas résoudre des problèmes liés au paradigme de l'économie monétarisée avec le mode de pensée qui a engendré ce paradigme. C'est encore plus vrai si nous constatons que c'est précisément ce paradigme qui est à la racine des problèmes que l'on cherche à résoudre.

 

LA TRANSITION

Il nous revient souvent le mot « transition ». Comment passer d’une économie basée sur la monnaie en place depuis plusieurs milliers d'années à une économie basée sur les ressources ? Il est vrai que nous avons culturellement occulté le fait que ce mode d'existence a existé pendant près de 350 000 ans mais sans disposer des apports technologiques actuels. Alors qu’en serait-il de la transition dans une économie basée sur les ressources ? Le revenu de base ne serait-il pas une étape, un palier qui tendrait vers un futur encore meilleur, le système qui amènera cette transition ?

Nous venons de démontrer que le revenu de base n’est pas une transition vers une économie basée sur les ressources mais l’extrême opposé. Le revenu de base est la suite logique de l’avilissement de l’individu face au pouvoir de l’argent. Il ne pourra qu’accentuer les pathologies sociales actuelles qui sont pour la plupart les fruits des inégalités sociales. Il est sans doute exact de dire que le revenu de base est précisément l'évolution logique, l'étape suivante qui va permettre au système actuel de se perpétuer. Sous l'impulsion d'un réflexions sincères pour certains et sous prétexte démagogique pédant de complexe de supériorité pour d’autres, on parle d’aide aux plus démunis, de dignité retrouvée… et on tue la fierté de la créativité et donc celle de l’épanouissement. Les dés du système financier sont pipés tant et si bien que rien de bénéfique ne pourra sortir d'une solution qui repose sur ce système. Dans cette époque de mutation où les consciences se réveillent, montrer le revenu de base comme un progrès revient au même que focaliser les esprits en leur proposant une grappe de raisin alors que c'est tout le champ de vigne que nous pourrions cultiver ensemble. De plus, cette grappe, on la payera chère, très chère, bien plus chère que la somme prévue pour un revenu de base.

Cela étant, entre le monde de maintenant et la réalisation globale de ce projet, il est évident qu'il y aura des étapes. Sachez déjà que différents projets sont actuellement en cours. Un film grand public permettra d’ici peu de vulgariser, d’appréhender et de conceptualiser les idées clefs et les applications directes d'une société organisée selon l'économie basée sur le partage équitable des ressources. Une université couplée à un centre de recherche, tous deux dédiés au Projet Venus, sont en cours de mise en place et un show room permettra de visualiser les concrétisations tant en sciences appliquées, qu’en sciences humaines. Peu à peu, des parcs de démonstrations verront le jour et des villes pilotes commenceront à émerger. Mais pour le moment, dans ce système financier, vous vous doutez bien qu'il faut (encore) de l’argent pour concrétiser tout cela. Nous disposons des ressources technologiques et des savoirs mais seuls les peuples du monde peuvent faire avancer plus vite cet indispensable changement qu’il nous faut adopter rapidement si nous ne voulons pas que la portance de la planète - c'est-à-dire sa capacité à renouveler ses ressources - ne soit par trop dégradée. Nous vivons déjà à crédit de notre monde (wikipedia : le jour de dépassement global). Les plus optimistes des spécialistes assurent que les alentours de 2100 sont une date buttoir avant l’inéluctable effondrement. Les plus pessimistes s’accordent autour de 2025/2030 et nombreux sont ceux qui annoncent 2050. Une chose est certaine, notre Terre est une île dans l’océan de l’univers et si ses ressources indispensables à notre survie (qui nécessitent du temps à leur renouvellement) disparaissent ou sont par trop hypertrophiées, de même que les habitants de l’Ile de Pâques, nous disparaîtrons.

Pour plus d'informations sur la transition, le mieux est de lire et visionner le travail effectué par Jacque Fresco et la multitude de professionnels et amateurs qui ont œuvré à une réflexion holistique pour la promotion d’un nouveau paradigme, d'une nouvelle culture permettant d'édifier - dès aujourd'hui si nous sommes nombreux à le comprendre et à le vouloir ! - une civilisation durable et responsable, autrement dit : le Projet Venus. Au minimum, lisez la FAQ (foire aux questions) sur le site du Projet Venus et visionnez le documentaire « paradis ou perdition ».

Pour commencer à y réfléchir et pour conclure cet article, je vous transmet cette recommandation de Jacque Fresco le pionnier de l'économie basée sur les ressources :

« En ce qui concerne le besoin d’un gouvernement durant la transition d’un système monétaire vers une économie cybernétique de haute technologie basée sur les ressources héritées en commun, il serait nécessaire d’utiliser les services d’analystes de systèmes, d’ingénieurs, de programmeurs, etc. Ceux-ci ne dicteront pas les règles et n’auront pas plus d’avantages que d’autres personnes. Leur tâche sera de mener à bien la restauration de l’environnement afin qu’il se rapproche le plus possible des conditions naturelles sur terre et en mer. Ils devront également planifier de façon responsable la manière la plus efficace de gérer les transports, l’agriculture, l’urbanisme et la production. Ce processus sera également en constante mutation afin de pouvoir répondre aux besoins d’une civilisation elle-même en perpétuelle évolution. »

Dans ce bon sens nécessaire à notre survie, il n’est pas question d’argent ni de pouvoir mais de responsabilité. Le changement ne commence pas demain, il se passe ici et maintenant.

Thierry Desesquelle & Morpheus

 

REFERENCES

- Enquête issue de « spirit level » (Richard Wilkinson - professeur émérite de l'université de Nottingham) disponible sur le site Equality Trust (http://www.equalitytrust.org.uk/) ou un résumé en français sur la page : http://dsql.perso.sfr.fr/Alternative/... au chapitre : "Le banditisme, la délinquance, la violence (...)".

- Pour visionner la conférence de Marc Giget (président de l'institut européen de stratégies créatives et d'innovations) sur la culture de l'innovation dans les pays nordiques (http://vimeo.com/60213107).

- Wikipedia - le jour de dépassement global : http://fr.wikipedia.org/wiki/Jour_du_...

- Rapport Ziegler : http://itinerairesud.unblog.fr/files/2007/10/rappjanv07onujeanziegler.pdf

- Prosper (le distributisme) : http://www.prosperdis.org/n_spm.php

 

SOURCES

Sur le Projet Venus :

- Documentaire « paradis ou perdition » : http://www.youtube.com/watch?v=VL091t...

- Le site officiel du Projet venus : http://www.thevenusproject.com/

- FAQ du Projet Venus : http://www.thevenusproject.com/fr/projet-venus/faq

- Contact francophone du Projet Venus : http://thevenusprojectfrance.org/

- Le site relais des sciences et technologies positives : http://civilisation2.org/

Sur le revenu de base :

- Le RdB, un nouveau droit humain : http://www.youtube.com/watch?v=pZOUv5QQMz0

- Un revenu de base pour tous : http://www.youtube.com/watch?v=WPckyX...

- Le revenu de base (fr) : http://www.youtube.com/watch?v=-cwdVDcm-Z0


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101 réactions à cet article    


  • foufouille foufouille 29 avril 2013 10:31

    « Remarquons d’abord une chose, c’est que ce principe n’est éthiquement applicable que si et seulement si il concerne la totalité des humains du globe. »

    dans le meme genre, il faudrait supprimer le smic, etc, car les autres payes en ont pas


    • Morpheus Morpheus 29 avril 2013 11:09

      Ce n’est pas ce que j’ai dis.

      J’ai même précisé que ce ne serais pas - en soi - un mal d’empêcher les gens de sombrer dans la misère (et je vous rappelle que je suis moi-même un exclu social, je sais de quoi je parle).

      Je n’ai pas parlé de supprimer, je développe une critique concernant un projet qui se présente comme une avancée sociale majeure.

      Je précise que pour que ce le soit vraiment, il faut que ce soit généralisé à tous, sinon cela n’en est pas une. Et d’ailleurs, le fait que le SMIC (et autres mesure sociales du genre) n’est pas généralisé à tout le globe engendre précisément des inégalités entre personnes de diverses origines et toute une série de problèmes en découle.

      Merci de ne pas me faire dire ce que je n’ai pas dis.

      Cordialement,
      Morpheus


    • JL JL 29 avril 2013 11:59

      Le smic, foufouille, n’est pas une rente : il faut travailler pour le toucher. Et le RSA n’est pas universel. Ne mélangez pas tout.


    • foufouille foufouille 29 avril 2013 12:45

      @jl
      va bosser en allemagne, tu comprendras a quoi sert le smic et tes allocs universelles


    • zozoter 29 avril 2013 10:36

      Bonjour,

      Le titre est trompeur ! Pourquoi avoir utilisé le revenu de base comme prétexte ? Vous pouviez développé votre idée sans faire mention du revenu de base. 
      Tout le monde peut avoir des doutes sur le revenu de base mais vous le démolissez sciemment.


      • Morpheus Morpheus 29 avril 2013 11:15

        Le titre n’est pas trompeur. Mon article traite du revenu de base et en montre les failles. Cela peut déranger, je le conçois, mais mon article se veut objectif.

        J’invite chacun à se pencher sur ce sujet et je donne également des références pour approfondir les arguments proposés par les défenseurs du projet.

        J’ai moi-même été très intéressé par l’idée du revenu de base lorsque j’en ai entendu parler pour la première fois. J’ai étudié cette proposition et au début, je l’ai trouvé bonne. Puis, en analysant d’autres projets - notamment la proposition de Bernard Friot - mon analyse a évolué, j’ai perçu des défauts. Et puis cela a encore évolué avec l’EBR.

        Il m’a paru normal (et même avantageux), outre la critique, de proposer une autre alternative, qui me semble meilleure.

        Vous pouvez ne pas être d’accord (mais il me semble que cela serait de votre intérêt d’analyser plus en profondeur les tenants et aboutissant avant de juger), mais ma démarche n’est pas trompeuse.

        Cordialement,
        Morpheus


      • Le printemps arrive Le printemps arrive 29 avril 2013 13:18

        Toute proposition a nécessairement des défauts et c’est pour cela qu’il faut réfléchir à les limiter dans l’intérêt global.


      • daniel paul 29 avril 2013 11:02

         Salut à l’auteur....

        La société , pour moi est la fabrication collective ensemble des besoins vitaux par et pour tous,car sans cela il n’y a rien du tout qui est fabriqué, survivre devient impossible ,l’humain a disparu... enfin pourrait être cela..car pour tous n’est pas le cas, certains pour ne pas dire 80 % des habitants de cette planète non seulement méritent tous mieux que les autres mais refusent de collaborer...

        ce qu’ils vont malgré tout faire mais pourquoi donc ? Et oui il est impossible de se passer du groupe...le groupe est ce qui assure survit et toute fabrication, alors la société de « moi je vaux mieux que toi » ,va axer toute sa « communication » sur la valeur ,des gens, des métiers etc etc pour en arriver à leur but : voler le collectif sans lequel rien ne se fait même pas la guerre..nous sommes dans une société dirigée par des voleurs du collectif à tous les niveaux est ce que je vois clairement...Bon je ne développe pas plus ici, l’auteur a bien entammé le sujet à mon sens.

        Jacques Fresco semble avoir une vision d’après l’écroulement de l’appât du gain comme moyen « harmonieux » de vivre ensemble....intéressant !

        Cela dit cela ne concerne que l’aspect « matériel » de la vie humaine...or ce matériel est devenu la seule chose que nous « adorons », le sens ,objet de vénération et peur ultime de manquer...la violence entre humains est la caractéristique du groupe..est ce vraiment intelligent ? Évidemment non.....la société n’étant que la multiplication de nos rencontres multiplié par X milliards....a t’ on globalement le monde que l’on mérite ??

        Merci....


        • Morpheus Morpheus 29 avril 2013 11:23

          Je suis d’accord avec vous, daniel paul.

          Il est vrai que le projet de Jacdque Fresco se rapporte à une amélioration des conditions de vie matérielle - au premier abord. En allant plus loin, cependant, vous constaterez, j’en suis sûr, que cela va plus loin.

          Par l’universalité de son projet (le fait qu’il propose une abondance pour tous, partout sur la planète), cela engendre un changement radical de la culture, qui ne sera plus axée sur le manque, la compétition, la jalousie, le « struggle for live ». Songez à tout ce que cela implique au niveau du tissus socioculturel dans lequel nous évoluerions, nos enfants et nous, et l’impact que cet environnement aurait sur nos comportements.

          Nous sommes des créatures qui nous adaptons aux conditions de notre environnement - en l’occurrence, dans la civilisation, l’environnement socioculturel. Nous devenons méfiant et développons des réflexes violents dans un environnement violent et a contrario, nous développons des réflexes d’entraide et de collaboration dans un environnement bienveillant (cela se vérifie, voyez les communauté Amish, par exemple).

          Donc, je pense que cela va dans le bon sens, et que la spiritualité pourra enfin se développer dans un monde ou tous on accès aux richesses, et non seulement quelques-uns qui profitent de la situation de faiblesse et de manque des autres.

          Très bonne journée à vous,
          Morpheus


        • daniel paul 29 avril 2013 11:45

           Merci Morpheus...j.’adhère à tes propos...à developper encore et encore..alors bon courage smiley

          salutations..


        • Inquiet 29 avril 2013 11:31

          Ce qui est amusant dans votre propos, c’est qu’en gros vous avez 2 chapitres :

          - un qui traite du revenu de base qui « serait » financé par la taxe des produits de luxe et autres transaction
          - un qui traite de la « disparition » de la monnaie en évoquant à juste titre la cause première de tout

          Mais à aucun moment, vous n’avez mis en relation la création monétaire et le revenu de base.

          Car plutôt que le taxe ne serait-il pas plus pertinent de créer une banque publique qui aurait les mêmes prérogatives que les banques commerciales de créer de la monnaie ex-nihilo pour stabiliser le revenu de base en fonction des événements inflationnistes ?

          Comprenez-moi bien, je rejoins totalement votre idéal de suppression purement et simplement de la monnaie, mais je n’oublie pas les vivants d’aujourd’hui. Cette révolution des mentalités prendrait encore plus de temps que la mise en place d’un revenu de base.

          A mon sens ça peut être une étape intermédiaire intéressante dès lors qu’on échange, comme vous le faite, pour cerner les effets pervers de mise en place mal évaluées.

          Je vous rejoint sur l’effet pervers liée au financement par la taxe, mais n’enterre pas le dispositif avec un mécanisme lié sur de la création monétaire ex-nihilo. Cela peut même aller jusqu’à ajuster le financement en y intégrant les flux migratoire et donc se faire précurseur et référent à l’échelle internationnale.


          • Morpheus Morpheus 29 avril 2013 11:50

            Je n’ai pas évoqué la création monétaire, c’est vrai. Et je suppose que vous en faite mention dans la mesure où vous considérez que dans le cas où la création monétaire reviendrait entre les mains du peuple (je dis bien « du peuple », pas de l’État, étant donné que nos États ne sont pas démocratiques), vous supposez que cela pourrait changer la donne et permettre de rééquilibrer la répartition de la monnaie et des richesses (dites-moi si je me trompe).

            J’entends bien cette approche, et sachez que j’y ai également longuement réfléchis (j’étudie les principes de la création monétaire depuis environ quatre ans).

            L’ennui, c’est que même en supposant que nous reprenions en main la création monétaire (une vrai création monétaire publique et interdiction aux banques privées de créer de la monnaie), cela ne change rien au principe du commerce qui se fonde sur l’échange.

            Or, l’idée centrale, je veux dire le changement principal au cœur du PV, c’est que l’on ne situerait plus dans une logique marchande ni d’échange, mais de partage. Comprenez bien l’argument essentiel : la monnaie sert dans une situation de pénurie. Elle a été créée pour gérer la pénurie et actuellement, elle entretient (artificiellement) et même pousse à l’excès les principes de la pénurie (loi de l’offre et de la demande). Or, cela a toute une série d’effets profondément pervers. C’est sur cela que j’essaye d’attirer l’attention. Mais je sais que ce n’est pas facile au premier abord.

            Et songez à ceci : imaginons que nous créions autant de monnaie que nécessaire pour que tout le monde dispose de ce qu’il veut : au final, à quoi servirait la monnaie ? ...

            Cordialement,
            Morpheus


          • ObjectifObjectif 29 avril 2013 12:15

            Le revenu inconditionnel existe déjà dans nos pays, mais il n’est pas « de base » et il est hors impots, c’est effectivement le revenu de la création monétaire par le crédit et seules les banques le reçoivent ! La question n’est donc pas de le créer mais bien de le distribuer directement aux citoyens, sans passer par l’état, constamment détourné, aussi par les vrais propriétaires des mêmes banques.

            La monnaie est au départ un outil pour lutter contre la peur du manque, et l’on ne peut pas nier cette peur. Et je vous rejoins quand vous pensez que l’on ferait mieux de travailler sur cette peur plutôt que d’utiliser cet outil monétaire, détourné depuis si longtemps en exploitant la peur qui l’a créé ! Pour expliquer un peu, la monnaie sert à limiter les transferts économique pour ceux qui n’en ont pas.

            Toutefois, si je soutiens le fond, je trouve votre argumentation initiale maladroite, car elle tend à nier le besoin de distribuer la création monétaire aux citoyens, en attendant que ceux ci se rendent compte qu’ils n’en ont pas besoin...

            Quand à défendre implicitement la mondialisation dans votre argument « le revenu de base devrait être universel », cela ressemble vraiment à de la propagande NWO.

            la solution est en nous, il faut d’abord sentir puis dépasser cette peur en nous.


          • Morpheus Morpheus 29 avril 2013 12:37

            @ ObjectifObjectif

            Je suis presque d’accord avec votre remarque, sauf sur le terme « nier ». Je ne nie pas le besoin (c’est-à-dire la perception du besoin) que nous avons collectivement qu’il faudrait répartir équitablement la monnaie ; ce que j’essaye (peut-être maladroitement, je ne sais pas ), c’est d’amener les gens à comprendre que ce n’est pas de monnaie (moyen d’accéder aux biens conditionné par l’économie monétisée c’est-à-dire basée sur la rareté) dont les gens ont besoin, mais d’accéder aux biens dont ils ont besoin pour vivre. Et, partant, de montrer que, dès aujourd’hui, nous serions en mesure de le faire, pour tous, sans monnaie.

            Très cordialement,
            Morpheus


          • zozoter 29 avril 2013 11:33

            (chacun ayant ce qu’il lui faut là où il se trouve)


            Depuis quand les ressources naturelles sont équitablement réparties !!!
            La monnaie n’est qu’un moyen, un instrument. Ce n’est pas la cause du problème. Le problème c’est la raréfaction des ressources naturelles et leur répartition géographique (Voir Jean-Marc Jancovici). Nos hommes politiques font les autruches sur ce sujet.

            • Morpheus Morpheus 29 avril 2013 11:57

              Euuuh...

              Peut-être que si aviez lu l’article en entier, vous n’auriez pas posté cette remarque.

              Mais je vais tout de même vous répondre.

              La monnaie n’est pas « qu’un instrument ». En disant cela, on induit l’idée que la monnaie est un instrument neutre. Or, ce n’est pas le cas. Comme dis plus haut (et dans l’article), la monnaie est un instrument créé pour résoudre une situation de manque, de rareté et/ou de pénurie. Peut-être que cet instrument est adapté dans ces cas de figure (et je dis bien peut-être), mais en l’occurrence, cet instrument est maintenant obsolète.

              Mais ce n’est pas tout. Cet instrument n’est pas neutre car il induit un mode de pensée et des réactions qui sont à la source de la plupart des pathologies sociales et psychologiques des être humains civilisés. L’idée que la monnaie est un instrument « neutre » est une idée reçue et il se trouve que c’est une idée fausse. Mais vous n’êtes bien sûr pas obligé de me croire sur parole.

              Je vous enjoins tout de même à approfondir cette question, parce que ses implications sont majeures.

              Cordialement,
              Morpheus


            • JL JL 29 avril 2013 11:43

              Bonjour Morpheus,

              félicitations pour ce travail.

              J’ai moi-même bataillé longtemps sur ce sujet au point de perdre l’inspiration pour faire un article. C’est pourquoi je vous suis reconnaissant de l’avoir fait.

              Étant pris sur d’autres sujets, je n’ai lu que votre introduction et le premier §, et je dois dire aux gens pressés qu’à mon avis, la lecture en est incontournable pour qui veut y comprendre quelque chose.

              J’ajoute que, non seulement, ce ’revenu’ devrait être universel (mondial ?) comme vous le démontrez, ce qui pose des problèmes insurmontables, mais de plus, il ne devrait pas être financé sur les revenus du travail mais sur les seuls revenus de la rente. C’est facile à comprendre.

              Or cela, le système capitaliste ne l’admettra jamais. Et si l’on mettait un terme à l’aventure capitaliste, la question du travail et des revenus se poserait autrement.

              Les promoteurs du ’RU comme panacée universelle’ ( Tout changera ! ) sont comme Tancrède dans ’le Guépard’ qui disait : ’’Il faut que tout change pour que rien ne change’’. 

              Le RU n’est clairement qu’un miroir aux alouettes destiné à détourner les peuples des authentiques combats qu’ils ont à mener contre ce Système moribond devenu oppresseur et prédateur.


              • Morpheus Morpheus 29 avril 2013 12:00

                Merci JL, cependant, lorsque vous aurez un peu de temps pour pouvoir lire l’article en entier, vous serez peut-être moins enthousiaste smiley

                L’article montre en effet que l’idée du revenu de base , même si elle est universellement établie, sera vouée à l’échec du fait même des mécanismes de l’économie financiarisée.

                On va sûrement en débattre smiley

                Bonne journée ensoleillée à vous,
                Morpheus


              • JL JL 29 avril 2013 13:30

                Morpheus,

                moi, enthousiaste ? A quoi donc ?

                La meilleure analyse non partisane qu’il m’ait été donné de lire est cet article de Claude Guillon, publié en 2004, intitulé ’Revenu garanti’, un extrait de son livre ’Economie de la misère’.

                Attention, il y a six articles qui s’enchaînent par les liens (une petite vingtaine de pages).


              • Morpheus Morpheus 29 avril 2013 13:40

                Wouaouh ! Source qui m’a l’air d’être très intéressante. Je vais m’imprimer ça pour pouvoir analyser ces articles. Merci beaucoup pour ce lien très instructif.

                Et désolé pour le mot « enthousiasme », ce doit être un malentendu (de ma part) smiley

                Cordialement,
                Morpheus


              • ecophilopat 30 avril 2013 14:20

                Bonjour JL

                Je ne comprend plus rien, je vous ai toujours lu vent debout face au RU et là, la série d’article que vous nous proposez en fait quasiment l’éloge.

                J’ai par exemple bien aimé ce paragraphe :

                Pour Cargo (tract du 24 juin 1995), le revenu garanti anticipe l’avenir en permettant le dépassement des conditions actuelles de la production, et constitue du même coup le sésame, ou à tout le moins une bonne partie de la formule permettant la transition vers une autre société :

                « Simultanément contrepartie d’un travail déjà effectué et non reconnu, reconnaissance d’éléments clés de la qualification sociale du travail (mobilité, disponibilité, polyvalence, intellectualité) et pari sur le développement, anticipation d’une production à venir [souligné dans l’original] , le revenu garanti vise un dépassement dans les faits de l’étroite “rationalité” capitaliste (le profit, mesure de toute chose). Le pari politique est le suivant : la production sociale peut être libérée, transformée, développée, si nous parvenons à l’affranchir des diktats économiques. Ainsi comprise, loin d’être platement conjoncturelle, la revendication du revenu garanti participe d’une approche nouvelle du classique problème de la transition vers un autre mode de production. »

                Moulier Boutang le déplore à son tour : « Aujourd’hui nos modernes mercantilistes, défenseurs du travail industriel et du travail salarié repoussent comme une utopie tout ce qui pourtant affleure de façon aveuglante dans les transformations du “capitalisme mondial intégré”. » Or ceux-là qui refusent de voir l’aveuglante réalité, risquent fort - en vertu de la tautologie ci-dessus définie - de rompre le charme, c’est à dire d’interdire à la réalité du capitalisme mondial intégré d’avoir lieu ! »

                « [C’est] une autre raison, poursuit le même auteur, qui fait du revenu universel de citoyenneté la clé de la transformation de l’économie vers le haut et non vers le bas. Il n’y aura pas de mobilité sectorielle, de « souplesse » des créations d’entreprises, d’investissement dans les secteurs à haute technologie, s’il n’y a pas un nouveau filet de protection qui protège le travail immatériel, ce travail non reconnu pleinement par la société, actuellement exploité sans vergogne par les entreprises pionnières. Tous ceux qui travaillent tantôt comme salariés, tantôt à leur compte, au rythme des charrettes, par à-coups ont besoin d’une garantie de revenu pour déployer leur force d’invention. Tous ceux qui contribuent à la productivité collective, à la création des nouveaux territoires productifs, au développement durable, à la qualité de la vie, à la santé de la population, sont aujourd’hui aussi productifs que le salarié du secteur marchand [3]. »


              • JL JL 30 avril 2013 14:44

                bonjour écophilopat,

                j’ai bien précisé qu’il s’agit d’un article objectif. Qui fait le procès à charge et à décharge. Chacun peut y trouver ce qu’il cherche. Je n’ai pas dit que c’était un plaidoyer en faveur du RU, même si vos citations tendraient à dire le contraire. Je vous laisse trouver le soin d’y les arguments contre.

                ’’De nombreux services sociaux, comme la formation ou la santé, ont été transformés en assurance individuelle ou en crédit. Le mode de développement néolibéral est fondé sur le crédit et l’endettement. Cette situation s’est aggravée avec la crise des subprimes de 2007. Un exemple ? La formation aux États-Unis : la Réserve fédérale (Banque centrale) a récemment évalué que le montant total de prêts aux étudiants était de 1 000 milliards de dollars ! C’est un chiffre astronomique. Pour avoir accès aux services, à la formation, vous devez tout payer par vous-même. Vous devenez débiteur. Entrepreneur de votre vie, de votre « capital humain ». (Maurizio Lazzarato)

                Ce que veulent ces gens là, c’est ne plus payer d’impôts, et se procurer des rentes colossales, transmissibles à leurs descendances. Vous croyez que ces créanciers accepteraient, non seulement de renoncer à leurs rentes, mais en plus, de vous verser une rente, qui la priverait de la leur ? Faut pas rêver !

                Si je suis opposé au RU, j’ai mille et une raisons, mais à quoi bon les invoquer, puisque je sais qui si ça se faisait un jour, nous le regretterions : l’histoire nous a appris que le pouvoir - en l’occurrence le Système - ne cède jamais rien autrement que par la force. Je ne vois pas quelle force pourrait imposer une rente universelle et équitable à 7 milliards d’humains.


              • cevennevive cevennevive 29 avril 2013 11:58

                Bonjour l’Auteur,


                Il me semble que vous avez abordé le sujet du revenu de base avec « l’esprit d’aujourd’hui »...

                Je m’explique : votre approche, si fouillée soit-elle, est trompeuse. La disparition du travail, de la monnaie semble un rejet pur et simple de ce que vous vivez (de ce que nous vivons) actuellement.

                Les denrées ne seront jamais gratuites car elles représentent du travail. Même planter des patates et en vendre une partie donne un coût au kilo de patates. C’est un profit justifié et honorable.

                Votre argument de « rareté » me semble, lui aussi, faux. La rareté n’est pas partagée par tous les pays du monde. Dans certaines contrées, il n’y a pas de blé, ou de riz, ou de légumes verts...

                Il est bien évident que je ne parle là que des denrées consommables.

                Autre chose, vous êtes dans l’erreur lorsque vous dites « L’argent nécessaire à cette allocation à vie serait issu de taxes ponctionnées sur les profits financiers dégagé... »
                Non, pas, ou peu ! Que faites-vous des différentes aides, allocations, RSA, etc, inégalement réparties et souvent injustement demandées ou données ?

                Quant à disparition de la monnaie... Cela ne peut se réaliser que dans un petit espace géographique, mais en aucun cas dans le monde entier.

                Cependant, il faut que je lise plus profondément votre article pour, peut-être, changer un peu mon orientation primordiale.

                C’est ce que je vais faire.

                Cordialement.

                • Morpheus Morpheus 29 avril 2013 12:09

                  Bonjour cevennevive,

                  Connaissez-vous les incroyables comestibles ?

                  Si ce n’est pas le cas, vous serez peut-être surprise de voir que dans ce mouvement qui commence à s’étendre, des gens font pousser tout un tas de fruits et légumes, dans des espaces publiques, et les proposent gratuitement, sans aucune contrepartie.

                  C’est un phénomène qui montre les prémisses d’un changement de mentalité, une volonté déjà présente dans la conscience collective, que la société marchande est parvenue à son terme. Nous vivons la fin d’une ère, la fin d’un cycle.

                  Et contrairement à ce que vous dites, je suis persuadé que la monnaie ne peut disparaître QUE globalement, et non dans de petites régions. Car pour que la véritable abondance soit là, il est nécessaire de prendre en compte l’ensemble des ressources de la planète pour les partager. la raison en est simple : dans des régions bien déterminées, seuls quelques ressources peuvent être disponibles en abondance, mais pas toutes les ressources nécessaire. C’est particulièrement vrai dans certaines régions désertiques. Or, nous ne voudrions pas que certains soient défavorisés.

                  Donc c’est un changement culturel (un changement de paradigme, de croyance) qui est appelé. Et dont les incroyables comestibles sont un signe que le changement a bien commencé. Il est déjà à l’œuvre ici et maintenant smiley

                  Très bonne journée ensoleillée à vous,
                  Morpheus


                • cevennevive cevennevive 29 avril 2013 12:34

                  Morpheus,


                  Chez moi, il pleut aujourd’hui !

                  Bon, en ce qui concerne les denrées rares dans une contrée et leur abondance dans d’autres, il faut bien les transporter d’un point à un autre pour répartir équitablement la nourriture. Comment feriez-vous sans que cela ne représente un coût ?

                  Et puis, faire pousser des légumes dans les endroits publics et les distribuer, cela ne peut se faire que par l’échange (échange de travail, de service). C’est d’ailleurs ce que nous faisons à l’échelle de petits villages où nous donnons aux très vieux des champignons, des truites ou des légumes qu’il ne peuvent plus planter eux-mêmes. Mais dans un pays, ou d’un pays à un autre ?

                  Quant au revenu de base, le faire à l’échelle mondiale est impossible et relève de l’utopie.

                  Pour ce qui est de l’immigration que provoquerait cette mesure dans un pays, il faudra (il faudrait...) mettre des conditions bien entendu voyons ! Il est impossible de « distribuer » les revenus d’un pays sans que ses ressortissants n’aient un tant soit peu participé à son économie.

                  Bon, allez, je rêve, comme me l’a dit JL maintes fois.

                  Mais les rêves se réalisent parfois, non ?

                • Morpheus Morpheus 29 avril 2013 13:10

                  Les transport (et tout le reste, d’ailleurs) représenteraient en effet un « coût ». Mais comme le mode d’économie du PV ne repose pas sur la monnaie, le coût n’est pas évalué en argent. Il est évalué en quantité de ressources nécessaire pour produire, transporter et distribuer le bien ou le service.

                  Donc, ce qu’on fait, dans ce modèle d’économie, c’est que grâce à un réseau d’échange d’informations en temps réel sur les disponibilités des ressources, on évalue la « charge » au niveau des cycles de reproduction des ressources selon les lois naturelles afin de ne pas les dépasser (ce qui hypothèque les ressources pour les générations futures).

                  On produit au plus juste en fonction des demandes et des besoins des gens, et avec un énorme avantage : le « coût » n’étant que celui des matériaux et du travail (pour l’essentiel automatisé), il n’y a aucun coût intermédiaire comme dans le système monétaire et commercial, où chaque personne ajoute au coût en matériaux, le coût du bénéfice qu’il doit tirer.

                  Si vous réfléchissez à cela, vous verrez que le coût de la plupart des biens dans le système actuel sont largement surévalués. Cela d’autant plus que nous sommes dans une logique de profit. Maintenant, je comprends que cette conception est un peu difficile à appréhender au début, tant elle va à l’encontre de tout ce que nous avons connu depuis des millénaires.

                  Mais bon, je reste persuadé que nous ne sommes pas foncièrement idiots et incapable d’évoluer, au contraire. J’ai moins peur de l’idiotie que de la paresse intellectuelle (qui est hélas fortement encouragée dans notre société).

                  Très cordialement,
                  Morpheus

                  PS : je suis bien désolé qu’il pleuve par chez vous, ici il fait plein soleil, et ça fait du bien après ce trop long hiver


                • Bur K Bur K 29 avril 2013 12:14

                  Le Projet Venus est séduisant... Peut-être trop ? 

                  Vision trop mondialiste à mon gout, avec la disparition des particularités identitaires, voire linguistiques, pour aboutir à un être humain vidé de sa substance originelle. 

                  Le Projet Venus est une vision projective idéale d’un monde dans lequel l’humain aura été débarrassé de ses « engrammes » passionnels multimillénaires. Science-fiction ? Mais ne soyons pas défaitistes, Jules Verne a été un grand visionnaire, pour le meilleur et le pire toutefois.

                  Mais pourquoi présenter ce sujet sous le titre « à propos du revenu de base », puis apporter une argumentation minutieuse à le dénoncer comme diabolique, pour amener finalement le Projet Venus sur un plateau d’argent... pardon pour l’association d’idées aporétique.

                  Cela dit, si un monde parfait est annoncé, je serai preneur. Dans l’attente de son avènement, je soutiens l’établissement du Revenu Inconditionnel de Base.


                  • Morpheus Morpheus 29 avril 2013 12:28

                    Bonjour Bur K,

                    Je comprends bien votre méfiance vis-à-vis d’un projet qui, par son essence, ne peut qu’être mondial. Je partage certainement, comme vous et bien d’autres ici (et ailleurs) un rejet de l’idée d’une gouvernance mondiale (qui serait, dans le projet du Nouvel Ordre Mondial, un gouvernement oligarchique totalitaire).

                    Mais ce n’est pas du tout ce que le PV propose. Il ne repose pas sur un principe de gouvernement mondial, mais plutôt, si je devais l’exprimer dans des termes et des concepts que nous avons l’habitude d’entendre (peut-âtre pas de comprendre, mais bon...) une sorte de fédération de communes à l’échelle mondiale, où chaque « commune » (ville, cité, localité) serait en grande partie autonome pour une partie de ses besoins, mais interconnectées à un réseau mondialisé de partage des ressources pour celles qui ne sont pas disponibles dans leur endroit.

                    De ce fait, nous sommes aux antipodes d’une uniformisation. Déjà, bien que la liberté de circuler partout dans le monde, quand et où vous voulez, serait d’application, nous n’assisterions pas à des exodes massifs pour cause économique. chaque région garderait ses particularités (car exemple, la cusine locale serait fondée sur les produits essentiellement locaux).

                    Jacque Fresco insite bien, dans l’une de ses vidéos, sur le fait que l’on encouragerait les particularités, parce qu’elles constituent un enrichissement, et que l’uniformité serait contraire à tous les principes qu’il défend et expose.

                    Alors, pourquoi présenter cela sous le titre « à propos du revenu de base » ? Parce que je suis parti d’une réflexion de fond sur le projet du revenu de base, qui m’a bien spur interpelé dès que j’en ai entendu parler. Depuis ce moment, et après moult réflexion et étude d’autres projets, j’en suis arrivé à la conclusion qu’il y avait des failles importantes dans ce projet.

                    Puis après avoir étudié le PV, j’en suis arrivé à la conclusion qu’il offrait la meilleure proposition, la mieux construite et la mieux élaborée, d’alternative au système actuel. Et il se fait que en comparant les différents sujets, et en voyant la montée de l’idée du revenu de base dans l’opinion, il m’a semblé utile de partager mes rélfexions, et cela d’autant plus que ce que je vois dans le revenu de base, c’est un prolongement du système, ce qui repousse encore à plus loin l’avènement du PV.

                    Voilà, j’espère avoir répondu à vos questions smiley

                    Bonne journée et merci de vos remarques,
                    Morpheus


                  • Le printemps arrive Le printemps arrive 29 avril 2013 13:30

                    @Bur K,

                    peut-on avoir votre définition de la substance originelle de l’être humain ?


                  • Bur K Bur K 29 avril 2013 15:18
                    le printemps :
                     La substance originelle de l’être humain ?

                    Je m’étonne de la question, c’est tellement évident pour qui s’intéresse un tant soit peu à l’histoire de l’humanité : c’est l’âme, plus ou moins, à titre individuel et à titre collectif, y compris mémoire génétique et héritage civilisationnel. 

                    Et là, vous allez me demander ma définition de l’âme... 

                    Vous avez certainement la vôtre. Prenez là, elle fera l’affaire smiley

                  • foufouille foufouille 29 avril 2013 12:50

                    des emigres ou immigres, on en a deja
                    surtout pour le fric
                    un RU ne changerait au fait que notre smic est de 1100 environ


                    • Le printemps arrive Le printemps arrive 29 avril 2013 13:27

                      Bonjour et merci pour les réflexions que vous apportez.
                      Nous devons tous nous impliquer dans ces réflexions , nous écouter les uns les autres sans préjugé. Et pour l’instant c’est le plus dur...


                      • Morpheus Morpheus 29 avril 2013 13:45

                        J’en parlais justement avec mes parents ce midi à table. Il n’est pas toujours facile de partager certaines réflexions, surtout lorsqu’elles vont contre un ensemble d’idées reçues du fait de notre environnement socioculturel.

                        Avec un brin de patiente et de persévérance, on peut tout de même progresser. Et pour cela, vous avez raison, il faut savoir écouter et entendre les opinions des autres, même si elles sont contraires à celles que l’on avance.

                        Sans cela, on ne peut pas progresser nous-mêmes non plus.

                        Merci smiley

                        Morpheus


                      • Ruut Ruut 29 avril 2013 15:50

                        Seulement face a un danger, ou face a un problème bloquant, la motivation est présente.



                        • S.B. S.B. 30 avril 2013 12:07

                          Et pour élever vos enfants ? La motivation est là. Pour découvrir de nouvelles choses ? La motivation est aussi là. Pour partager ce que vous connaissez ? La motivation est là. Je pourrai continuer longtemps, mais je pense que vous m’avez compris.

                          Ne mettez pas les mêmes œillères que celles que le système vous a confectionné. ;)

                        • nekroman 1er mai 2013 19:42

                          Cela est vrai pour ce qui est des changements qui appels à un virement radical de pensée et de mode vie, comme c’est le cas aujourd’hui. Une menace « bio-social » nous pousse tous à la réflexion et à l’action.



                        • gege061 gege061 29 avril 2013 16:09

                          Bonjour,
                          merci pour ce texte.
                          Quelques pistes :
                           - le monde est fini donc un jour ou l’autre , et ce malgré tous les progrès, les biens nourriciers vont se tarir.
                          - produire est une activité et les échanges ont toujours eu lieu. Pour cette raison toutes les tentatives de réforme de commerce se font par échange d’un bien contre un autre
                          - les ONGs participent pour 11% du PIB mondial ( sauf erreur de ma part)
                          - L’universalité inclut que les pays autre qu’occidentaux veulent le même niveau de vie que nous
                          comment alors planifier
                          - Belle idée généreuse, humaniste mais utopiste même si l’utopie c’est avoir raison avant les autres


                          • Morpheus Morpheus 29 avril 2013 17:31

                            Bonjour gege061,

                            Selon le rapport du rapporteur pour l’ONU, Mr Ziegler (rapport Ziegler, voir lien au bas de l’article), la planète est, actuellement - en mesure de nourrir douze milliards d’individus (nous somme sept milliard aujourd’hui). En changeant notre culture économique (qui n’est pas du tout économe, mais gaspilleuse - en témoigne une enquête européenne qui évalue à 50 % la quantité de denrées alimentaires gaspillées rien qu’en Europe), nous pourrions encore améliorer les rendements. La question est donc bien comment faire en sorte que tous ait accès aux ressources, non de nourrir la planète. D’autre part, on observe que le taux de croissance démographique reste stable et calculable (équilibré par rapport au taux de mortalité et à la portance de la planète) s’il ne dépasse pas un facteur 3. Dès qu’il dépasse un facteur trois et des poussière (je ne sais plus le chiffre exact), le système devient chaotique et imprévisible. C’est démontré par un théorème mathématique (me demandez pas lequel, je suis un illettré scientifique, à mon grand regret).

                            Vous avez raison, les tentative de réforme du commerce se font par... des principes d’échange. Puisque le commerce dérive de l’échange. En ce qui concerne le Projet Venus, par contre, il ne s’agit pas de réformer le commerce. On supprime le commerce. Et la monnaie. On passe à une économie distributive. C’est bien sûr radicalement différent.

                            Pour la planification (très bonne question), je vous invite à consulter les sources indiquées au bas de l’article.

                            Je conclurais en disant que les seuls aspect utopistes que je perçois dans le Projet Venus sont dû à la volonté politique de l’actuelle oligarchie qui nous gouverne à l’échelle mondiale (puisqu’ils ont pillé les ressources et les contrôle et que leur pouvoir et leur richesse viennent de ces ressources) et des résistances psychologiques des peuples (surtout les peuples développé), parce que cela fait des siècles, voir des millénaires que nous sommes conditionnés à un autre modèle. Par contre, d’un point de vue technique, rationnel, scientifique, le Projet Venus est l’inverse d’une utopie, en cela qu’une utopie est un projet de société idéal et figé. Or, le Projet Venus est un principe de société émergente, c’est-à-dire qui s’adapte sans cesse aux nouvelles conditions de l’environnement, à la fois l’environnement naturel (la planète) et l’environnement culturel (les humains).

                            Cordialement,
                            Morpheus


                          • Morpheus Morpheus 30 avril 2013 12:57

                            A propos du taux de croissance que j’ai évoqué ci-dessus, bien que je n’ai pas trouvé la formule mathématique en elle-même, j’ai trouvé cette précision de l’astrophysicien Trinh Xuan Thuan.

                            Dans son livre « Le chaos et l’harmonie : la fabrication du réel » (1997), il explique :

                            « Les calculs par ordinateur confirment que, tant que le taux de croissance est modéré, avec une valeur comprise entre 1 et 3, la population reste stable. Mais lorsque le taux de croissance dépasse la valeur de 3, l’équilibre est rompu et la population se met à osciller entre deux valeurs distinctes d’une année sur l’autre. Si le taux de croissance est encore plus élevé, les dédoublements se produisent (4, 8, 16, 32, 64, ...) et les cycles s’allongent de plus en plus. Cette régularité disparait lorsque le taux de croissance dépasse 3,57. Le chaos prend alors le dessus ; la périodicité laisse place à l’aléatoire. »

                            Cordialement,
                            Morpheus


                          • ecophilopat 29 avril 2013 16:36

                            Bonjour Morpheus,

                            je trouve votre article malhonnête ou tout au moins très partial dans le sens ou il ne présente que les aspects négatifs du RU, qui de plus sont largement réfutables, pour ensuite ne nous parler que des aspects positifs DE l’EBR, qui doit certainement en avoir son coté sombre.

                            Il serait, je pense, plus judicieux d’écrire un article expliquant un peu plus concrètement le fonctionnement d’une économie basée sur l’échange.

                            Une question par exemple :
                            Dans une société ou quasiment tout est automatisé (mais pas tout justement) devrait-je fournir une contrepartie pour avoir une maison, de la nourriture, du carburant, et si oui quelle sera t-elle ?

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