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Accueil du site > Actualités > Politique > A quoi joue le parlement avec la Roumanie et la Bulgarie ?

A quoi joue le parlement avec la Roumanie et la Bulgarie ?

Directive Bolkestein, Turquie, référendum constitutionnel ou encore funérailles papale et princières auront été les principaux thèmes (sur)abordés au cours de ces derniers jours. Au point, peut-être, d’en oublier une actualité bien plus pesante à court terme et rappelée il y a deux semaines par la Commission des affaires étrangères du Parlement européen. Au premier janvier 2007, et sauf faux pas de dernière minute, les États membres de l’Union ne seront plus vingt-cinq mais vingt-sept. Certes, la perspective peut encore paraître lointaine, mais force est de constater que le 25 avril, Bulgarie et Roumanie signeront leur traité d’adhésion à l’Union, après avoir reçu, demain, le feu vert d’eurodéputés visiblement enthousiastes, comme semble l’indiquer le vote de la commission des affaires étrangères qui s’est prononcée sur le cas roumain par 59 voix en faveur du « oui » contre seulement 2 contre et 9 abstentions. Par 71 voix pour, 1 contre et 1 abstention en ce qui concerne le dossier bulgare ! A quelques vaguelettes prêt, ces scores frôleraient presque le tsunami politique.

Pourtant les questions ne manquent pas, surtout au regard de la liste des (vrais-faux) griefs actuellement accumulés par les opinions publiques française, allemande ou autrichienne contre la Turquie qui n’a, sur ce point, que peu de choses à envier aux deux pays candidats. Certes, dans la résolution politique d’accompagnement portant sur la Bulgarie, rédigée par Geoffrey Van Orden (PPE-DE, RU), les députés constatent que ce pays a accompli de remarquables progrès, notamment en ce qui concerne l’amélioration des conditions de logement dans les zones urbaines peuplées de Roms. Mais beaucoup reste à faire, nuancent les élus européens qui, bien qu’enthousiastes, relèvent que le parlement de Sofia n’a pas adopté de nouvelles dispositions du code pénal destinées à lutter plus efficacement contre la corruption. Que ce pays est encore reconnu comme une plaque tournante du crime organisé ! Qu’en ce qui concerne les Roms, tout n’est pas résolu. « Qu’il conviendra de faire davantage pour mettre fin à la ségrégation dont sont victimes leurs enfants dans l’enseignement, pour faire baisser le taux élevé de chômage et améliorer le système de soins de santé. » Bref, il reste du pain sur la planche...

Côté Roumanie, la commission parlementaire si elle se réjouit également des engagements pris pour renforcer la liberté de la presse ou améliorer les équipements scolaires ne manque pas non plus de stigmatiser des « carences graves auxquelles il faut encore remédier » ; dont la nécessité de mettre efficacement en oeuvre les réformes administratives et judiciaires, de poursuivre la lutte contre la corruption au sein même de l’Etat, d’éradiquer les violences et discriminations encore en vogue contre les minorités, d’améliorer le traitement des malades psychiatriques, de gagner en efficacité en matière de contrôles frontaliers, de renforcer la protection de l’environnement etc.. La liste n’est pas exhaustive, comme le rappelle la Confédération européenne des syndicats (CES) qui s’inquiète quant à elle du peu de conformité des codes du travail roumain et bulgare avec les acquis communautaires en matière de dialogue social et de négociations collectives. Certes une clause de sauvegarde existe et permettrait à l’Union de repousser d’un an l’adhésion définitive de ces deux États s’ils n’étaient pas prêts à échéance. Mais sera-ce suffisant pour rétablir l’équilibre avec les standards européens ? Cette question, nul ne la pose officiellement. Ni le Parlement, qui demande pourtant à pouvoir se prononcer le cas échéant sur ce point, ni la Commission, ni le Conseil. Comme si rien ne semblait pouvoir empêcher cet élargissement à vingt-sept, bien surprenant au regard des ambitions humaines, sociales et économiques de l’Union. A moins que, comme certains observateurs le laissent entendre, certains objectifs stratégiques (économiques pour la Grande-Bretagne, politiques pour la France en ce qui concerne le dossier roumain) suffisent à tordre le cou aux idéaux européens... Ce serait en ce cas triste et dangereux pour ne pas dire plus.


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