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Accueil du site > Actualités > Politique > Abstention, piège à cons !

Abstention, piège à cons !

A l’heure où on nous annonce que plus de 30 % de nos compatriotes s’apprêtent à ne pas aller voter, que de “grands intellectuels” comme M. Onfray ou A. Badiou annoncent qu’ils vont voter blanc, il est facile de retourner le mot de Sartre “élections, piège à cons” en “abstention, piège à cons”. Sartre inventa paraît-il ce slogan à l’occasion de mai 68, qui a donné le résultat qu’on connaît : droite renforcée plus que jamais aux élections législatives de juin 68, élections présidentielles remportées par Pompidou en 69 avec un opposant de centre droit au second tour, victoire encore de la droite en 74 malgré l'union de la gauche.

Ainsi, les abstentionnistes ou les belles-âmes aux “mains propres” du vote blanc seraient les intelligents qui ne se laissent pas happer par le système, tandis que les votants seraient des faibles d’esprit se laissant piéger par le leurre grossier que constituerait l’élection en légitimant un pouvoir qui serait par nature et pour toujours injuste, traitre, menteur, usurpateur etc. Voyons si l’abstention est vraiment ce que nos avons de plus intelligent à faire en vue des élections de demain.

Les raisons sartriennes du rejet de l’élection
Sartre fît de son slogan “Elections, piège à cons” un article théorique dans les Temps modernes en 1973. L’idée principale est que l’élection au suffrage universel conduirait l’homme du peuple à se comporter comme un propriétaire terrien, sur le modèle de l’ancien suffrage censitaire. Voter selon lui ce serait accepter l’atomisation de l’individu coupé dans l’isoloir de toute action concrète qui ne peut qu’être collective et publique, et ce au service d’une institution “qui nous maintient en état d’impuissance sérielle”, c’est-à-dire pour parler plus communément qui nous divise pour mieux régner.

Il est vrai au moins qu’ayant accompli son “devoir civique”, le citoyen, défini comme tel par le droit de vote principalement, peut être tenté, une fois redevenu homme ordinaire de considérer que la question politique s’arrête là pour lui, qu’il peut rentrer chez lui, la conscience tranquille, laissant au pouvoir qui sortira des urnes décider pour lui de ce qui est bon pour tous.

Mais il n’y a là évidemment aucune nécessité : rien n’interdit, à côté de la participation à l’élection, l’engagement dans des mouvements collectifs et locaux en faveur du respect de l’humanité de chacun. De même rien n’interdit de s’engager dans un parti qui se propose de gouverner pour se retrouver avec ceux qui veulent participer aux débats internes et à l’élaboration de son projet collectif. Les militants du Front de Gauche, beaucoup à EELV, quelques uns dans d’autres partis sont le plus souvent des militants sur différentes autres formes d’actions locales, syndicales ou associatives et inversement. Bien sûr, si l’on ne connaît pour tout bien que les petits bonheurs privés, on risque fort de voter pour des partis petits bourgeois, comme aujourd’hui le PS et l’UMP et alors on ne risque pas se poser beaucoup la question du bien commun, mais ce n’est pas en soi l’isoloir qui est ici en cause, c’est la culture ou plutôt la non-culture politique qu’on maintient.

Mais que propose donc Sartre à la place de l’institution républicaine du suffrage universel ? Un “vaste mouvement antihiérarchique et libertaire qu’on rencontre partout mais qui n’est point encore organisé”... L’année prochaine, cela fera 40 ans que ce “vaste mouvement” est toujours aussi “nombreux” et au moins aussi peu organisé si tant est qu’on ait jamais pu s’organiser selon le principe d’une souveraineté collective sans le vote. A force d’attendre les lendemains qui chantent du mouvement spontané des “individus concrets”, on finit bêtement par mourir sans avoir fait grand chose de durablement utile.

Les héritiers de Sartre
Aujourd’hui, nous avons encore quelques anarchistes, situationnistes et bien sûr toute la confrérie trotskyste pour nous expliquer que les élections n’ont jamais rien changé, qu’une fois au pouvoir, les hommes sont immanquablement corrompus et qu’on ne peut compter que sur les luttes sociales au jour le jour pour améliorer notre sort. N. Arthaud ou P. Poutou, annoncent clairement que voter pour eux, ce n’est pas voter pour des partis qui veulent gouverner mais qui ne sont là que pour témoigner de leur existence, non pour présenter un projet de gouvernement. Ils prennent les élections comme tribune pour parler de leur espérance d’une fin complète du capitalisme, rêvant peut-être que le jour où toutes les banques imploseront, on viendra les chercher en sauveurs. Voter pour eux, c’est donc équivalent à voter blanc.

Répondons cependant de plus près aux principaux arguments encore utilisés aujourd’hui pour justifier l’abstentionnisme.

“Les élections n’ont jamais rien changé”
Il faut tout de même être peu attentif à l’évolution politique pour soutenir cela. Bien sûr, les élections n’ont jamais rien changé du jour au lendemain, mais qui peut prétendre que l’élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la république française n’a rien changé à la vie des français ? Moins de services publics, moins de sécurité sociale, plus de précarité et de chacun pour soi, n’est-ce donc pas un changement ?Mais quand Philippe Poutou reprend cette antienne des élections qui ne servent à rien, veut-il dire pls précisément qu’elles n’ont jamais rien apporté de positif ? Donc les 35 h, la Couverture maladie universelle et avant cela le RMI plutôt que le dénuement absolu, l’augmentation sensible du salaire minimum etc. ce n’est rien ?

Ah mais en fait on voulait dire “les élections n’ont jamais rien changé de fondamental dans la vie humaine”... C’est à voir, quand sous le gouvernement de Giscard d’Estain, et sous la pression d’une gauche affirmée et forte (avec un PCF à plus de 20% notamment), l’IVG est autorisée, c’est la conception même du rapport des êtres humains à leur corps qui change radicalement. Autrement, s’il s’agit de dire que le seul véritable changement qui vaille, ce serait une abolition pure et simple du capitalisme, qui comme Marx le pensait ne pourrait se faire dans un seul pays mais par une implosion généralisée du capitalisme au niveau mondial, autant dire en effet qu’aucune action politique au présent n’a d’intérêt et que la seule chose à faire est d’attendre que l’Histoire accouche d’un monde meilleur. Mais alors on n’est pas loin de la superstition que Spinoza dénonçait dans son Traité théologico-politique dès le XVIIIème siècle : s’en remettre aux signes, à l’espoir, à la crainte plutôt qu’à l’action.

Mais justement, nous répondrons quelques fois les défenseurs de l’abstentionnisme, nous agissons, nous nous engageons dans de véritables actions concrètes : défense des droits de l’homme, réseau éducation sans frontières etc. Et c’est là le pendant du précédent argument : seules les luttes sociales sur le terrain sont vecteurs de changements sociaux. A cela je réponds : oui, il n’y a rien de mieux que des mouvements qui viennent de la société même pour changer la société. Mais quand ces mouvements sont systématiquement étouffés voire instrumentalisés par un pouvoir politique qu’on a contribué à mettre en place en ne faisant rien pour s’y opposer, comment ne pas voter pour éviter au moins de lui donner la légitimité de son propre consentement ?

Citons ici Sartre contre lui-même ou plus précisément le jeune Sartre contre le vieux, ainsi que contre Onfray ou Badiou : dans sa présentation des Temps modernes en 1945, il a aussi écrit “Celui qui consacrerait sa vie à faire des romans sur les Hittites, son abstention serait par elle-même une prise de position. L’écrivain est en situation dans son époque : chaque parole a des retentissements. Chaque silence aussi. Je tiens Flaubert et Goncourt pour responsables de la répression qui suivit la Commune parce qu’ils n’ont pas écrit une ligne pour l’empêcher.” Mais comment ne pas tenir alors les héritiers de “élections, pièges à cons” pour responsables des suicides à France Telecom, parmi tant d’autres effets concrets du règne de la finance alors que par leur vote et leur engagement politique, ils auraient pu au moins s’opposer à cette conception de la vie humaine ?

Ajoutons aussi ces constats pour le moins évidents : face à une pouvoir politique qui peut se réclamer de la légitimité des urnes, parce qu’on n’a rien fait pour empêcher cela en s’abstenant, on peut rassembler des millions de gens dans les rues contre le démantèlement des acquis sociaux comme la retrainte à 60 ans, on est condamnés à l’échec. Quand les accords de Grenelle en 68 obtiennent du pouvoir pompidolien des avancées sociales significatives, c’est dans un contexte qui n’existe plus : puissance du bloc soviétique justifiant quelques sacrifices marginaux du capitalisme. Mais pour arracher au capital de grandes avancées sociales comme les congés payés, c’est le mouvement social ET un gouvernement comme le Front populaire qui le permettent.

Autres arguments abstentionnistes
Après cela, nous avons l’indémodable argument de la corruption du pouvoir, qui n’est qu’une version policée du “tous pourris”. Quoi de plus facile qu’un tel argument ? Quoi de plus facile donc que de le démonter ? Car là aussi nous n’avons que les politiques qu’on mérite, par nos choix comme par nos abstentions. Vous trouvez que les jeux sont pipés ? Proposez donc quelque chose de meilleur, expliquez en quoi ce que vous avez à proposer de concret pour maintenant et pas pour les lendemains qui chantent est plus efficace que ce que proposent déjà des mouvements avec un clair objectif de prise du pouvoir pour rendre possible un monde un peu plus juste. Engagez vous dans un mouvement politique qui corresponde à votre aspiration pour la justice sociale et faites pression sur ses dirigeants pour que leur parole ne reste pas purement verbale.

Mais qu’est-ce qui me permet de savoir que je ne vais pas donner ma voix à un mouvement politique qui trahira ses engagements pour la justice sociale ? Je réponds tout de go : rien, si ce n’est votre participation à l’élaboration comme à la mise en oeuvre d’un tel projet . Qui vous a dit qu’il suffisait de glisser un bulletin dans l’urne pour que cesse la marchandisation de l’être humain ? Sarkozy, Hollande, Bayrou peut-être, à leur façon bien particulière, mais certainement pas un mouvement comme celui du Front de gauche, qui affirme que c’est au peuple de reprendre le pouvoir à la finance en passant par la mise en place d'une sixième république.

Qu’est-ce que j’en sais donc, si un Mélenchon une fois élu ne mittérandisera pas ? Rien, mais je sais encore plus certainement qu’en ne votant pas pour l’humain d’abord contre les quatre chevaliers de la finance toute puissante et du toujours plus d’austérité pour les plus modestes (Le Pen, Sarkozy, Bayrou, Hollande), ce sera encore plus certainement la trahison de l’idéal républicain de la liberté pour tous, de l’égalité et de la fraternité. Entre deux maux incertains, la raison nous conseille de choisir le moindre.

Conclusion
Au final, qu’est-ce que l’intelligence en politique ? C’est la capacité à faire les rapprochements les plus cohérents entre la situation présente et ce qui concerne la question du bien commun ou de l’intérêt général. La droite pense que le bien commun, c’est que les puissances “naturelles” de la finance et du capital gouvernent les peuples parce qu’elles savent mieux qu’eux ce qui est bon pour eux. Elle a l’intelligence de faire en sorte de décourager l’union politique des prolétaires - ceux qui n’ont que leur travail pour vivre - par ses instituts de sondages et sa médiacratie. La gauche pense que le bien commun, c’est l’égalité sociale, c’est-à-dire l’éducation, la santé, l’épanouissement social rendus possibles pour tous, par un programme cohérent et sans complexe autant que par une union cohérente des prolétaires, et pas seulement pour ceux qui ont les moyens de se l’offrir.

Qui donc a intérêt à ce que se maintienne un fort taux d’abstention à une élection où un large choix se présente, et pas seulement entre le libéralisme autoritaire et le social libéralisme ? Ce ne sont bien sûr pas les couches sociales les plus modestes, qui sont autant celles qui votent le moins que celles qui sont les plus matraquées par la brutalité néolibérale, mais ce sont ceux qui détiennent un pouvoir oligarchique qui ne repose que sur le consentement actif de ceux qui votent pour eux et le consentement passif de ceux qui laissent les autres décider à leur place.

La réalité sociologique de l’abstention de masse, pour en revenir à Sartre, ce n’est bien sûr pas celle des intellectuels qui s'ils trouvent toujours le moyen de sublimer leurs engagements à ne pas s’engager restent très minoritaires. La réalité sociologique de l’abstention, c’est justement la division sociale, le règne du chacun pour soi. C’est aussi l’ignorance et le désintérêt pour tout ce qui peut concerner le devenir commun. La télévision ici, comme seule source d’information et de réflexion sur la chose politique y est pour beaucoup. Mais quand les intellectuels et ceux là même qui s’intéressent à la vie humaine au delà des limites de leur appartement ou de leur pavillon ne proposent au final rien de mieux que la télévision, ce sont les premiers fossoyeurs de l’intelligence qui ne se développe et se renforce que dans l’échange et donc la question immédiate de l’utilité commune la plus large possible.

Que les faiseurs de satires se moquent donc tant qu'il leur plaira des choses humaines ; que les théologiens les détestent à leur gré, que les mélancoliques vantent de leur mieux la vie grossière des champs, qu'ils méprisent les hommes et prennent les bêtes en admiration ; l'expérience dira toujours aux hommes que des secours mutuels leur donneront une facilité plus grande à se procurer les objets de leurs besoins, et que c'est seulement en réunissant leurs forces qu'ils éviteront les périls qui les menacent de toutes parts.
Spinoza, Éthique IV.



Citons pour finir ce retraité aux propos très clairs et cohérents qui valent bien ceux d’un Sartre :

 


Mélenchon : l'espoir d'un autre modèle de... par A-C-S


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57 réactions à cet article    


  • morice morice 17 avril 2012 09:18

    Purée, toujours pas vaccinés par un 22 avril 2002 ? Sont cons ou quoi là ????



    z’ont envie que ça recommence les demeurés du vote ?

    ceux qu’on a entendu pendant 5 ans SE PLAINDRE DE SARKOZY et qui vous disent la gueule enfarinée : oh, moi, je ne vote JAMAIS ????

    alors c’est simple les mecs : libre à vous de ne pas allez voter, mais le lendemain, je ne veux plus vous entendre VOUS PLAINDRE.

    allez pleurnicher ailleurs....

    • gaijin gaijin 17 avril 2012 09:38

      démocratie :
      ceux qui ont voté pour n’ont rien a dire puis qu’ ils ont voté pour
      ceux qui ont voté contre n’ont rien dire puisqu’ils ont perdus
      ceux qui n’ont pas voté n’ont rien a dire puisqu’ils n’ont pas voté
      démocratie ?

      un système que l’on ne peut pas changer est il une démocratie ?


    • medialter medialter 17 avril 2012 12:44

      Abstention, piège à cons
      Vote utile, piège à débiles

      Dans un pays fait à 80% de zombies rendus aux fastes du lavage médiatique de cervelles, où est le choix démocratique s’il n’y a pas de vote éclairé, mais un vote sous influence hypnotique savamment entretenu ?

      Ce n’est pas Sarkozy qu’il faut rejeter, c’est le principe du vote dans un système soviétique où les merdias rendent des comptes au pouvoir.

      Conclusion : NE PAS ALLER VOTER (d’autant dans un système où ne figure aucun candidat représentatif). Quand il y aura 90 % de taux d’abstention, le principe du vote deviendra obsolète de lui-même. En attendant, celui qui va voter participe à la mascarade, quoiqu’il vote.


    • Henrique Diaz Henrique Diaz 17 avril 2012 13:10

      A Medialter,
      A te suivre, plus il y aurait d’abstention, plus il y aurait de véritable démocratie, celle du peuple qui s’autodétermine et s’autogère, c’est-à-dire l’anarchie chère à Proudhon. Or qu’est-ce qu’on a pu voir depuis les années 70 où l’abstention croît de façon exponentielle ? Plus de pouvoir réel du peuple, plus d’autogestion ? Laisse moi rire. Le repli dans le chacun pour soi, le progrès de l’extrême droite qui en découle, c’est la conséquence du désintérêt grandissant de ceux qui ont le plus besoin de la politique pour pouvoir vivre dignement.

      Quand il y aura 90% d’abstention, crois-tu donc que les puissances économiques et militaires laisseront le peuple s’autogérer ?


    • medialter medialter 17 avril 2012 15:07

      « plus il y aurait d’abstention, plus il y aurait de véritable démocratie »

      Non, plus il y aura d’abstention, plus le principe de vote téléguidé actuel perdra de son sens. Il sera alors temps d’envisager un autre principe, ce n’est pas les propositions qui manquent, voire celle de Chouard.

      Info-medialter


    • Henrique Diaz Henrique Diaz 17 avril 2012 16:46

      D’où vient l’abstention massive ? De la partie de la population qui traditionnellement votait à gauche. Aujourd’hui, moins on vote dans la classe ouvrière et le précariat, moins les politiques qui sortent des urnes sont conduites à s’intéresser à ces classes là.

      Qu’arrive-t-il alors ? Ceux qui votent encore le font plus que jamais de façon téléguidée par les sondages : on vote de plus en plus difficilement pour ce que l’on juge juste mais pour celui qu’on est conduit à estimer être le « mieux placé » pour éviter le pire.

      S’il n’y avait pas toute cette partie de la population qui s’est désintéressée de la chose politique, à cause du sentiment pas complètement faux que tout est joué d’avance et qu’au final ce sont toujours les plus faibles qui payent, le rapport de force gauche authentique/droite décomplexée ou honteuse, serait beaucoup moins déséquilibré et alors les votes se feraient beaucoup moins sous la pression de sondages qui formatent l’opinion.

      Quant aux idées pour donner à la démocratie d’autres formes que le vote, comme la cliocratie de Chouard, leur seule chance de voir le jour, c’est de voter FdG afin de rendre possible la convocation d’une constituante pour une sixième république innovante en termes de démocratie.


    • 1984 17 avril 2012 17:05

      "qu’est-ce qu’on a pu voir depuis les années 70 où l’abstention croît de façon exponentielle ? Plus de pouvoir réel du peuple, plus d’autogestion ? Laisse moi rire."

      Peux tu démontrer un rapport de causalité ?


    • YVAN BACHAUD 17 avril 2012 18:47

      NON il n’y a pas DEMOCRATIE sier le peuple est privé de parole pendant les 5 ans qui séparent deux scrutins de même niveau.

      TOUS LES CANDIDATS qui ont une chance de partciper à une majorité de droite ou de gauche veulent CONFISQUER le pouvoir au peuple.

      PAS UN SEUL n’a déposé le moindre amendement en faveur du référendum d’initiative citoyenne qui permet de tenter d’abroger des loins injustes ou d’en proposer de nouvelles.

      PAS DE CHE7QUE EN BLANC don l’abstention est la seule position logique ou le vote « blanc et nul » pour ceux qui veulent aller voter.

      MAIS l’abstention est préférable car elle sera le seul CHIFFFRE que l’histoire retiendra.

      les blancs et nuls seront qq fois cités le jour des résultats puis seront oubliés.

      Il faut reconnaitre le vote blanc comme exprimé mais sans conséquence sur le scrutin car il n’y a aucun intérêt pour les citoyens à revoter 3 fois au lieu de 2.

      Que ceux qui pensent le contrair s’expliquent en prenant l’exemple de la démopcratie.


    • Henrique Diaz Henrique Diaz 18 avril 2012 00:15

      A Yvan Bachaud,
      Le principe du référendum d’initiative citoyenne se trouve dans le programme du Front de Gauche, l’humain d’abord, p. 24 : « Le référendum, ou toute autre forme de consultation populaire directe, pourra être initié par voie de pétition réunissant un pourcentage conséquent de la population. »

      A partir du moment où on est prêt de 70 millions que voulez vous faire d’autre que d’élire des représentants ? Le problème, c’est quand ces représentants peuvent ne pas avoir à répondre de leurs actions en vertu du mandat qui leur a été confié. Mais pour répondre à ce problème, Mélenchon est partisan du référendum révocatoire, vous en connaissez d’autres des candidats à la présidentielle qui sont pour ça ?

      Pas de chèque en blanc donc, mais un mandat qui peut être contrôlé par les citoyens. Le seul mouvement politique qui propose ce que vous appelez justement de vos voeux, c’est le FdG. Voter pour ce mouvement, c’est donc la seule façon de donner corps à vos idées.

      Ce que vous dites des votes blancs s’applique parfaitement au chiffre de l’abstention : il sera oublié dans un mois. Le chiffre de l’abstention sera peut-être enregistré mais par lui-même il ne dit rien : on ne retient vraiment que le positif, ce qui est affirmé. On peut faire dire à l’abstention tout et n’importe quoi : « ce sont ceux qui sont dégoûtés par la politique », aussi bien que le fait que ce sont des gens qui préfèrent aller pécher, ou tout simplement tellement à l’ouest qu’ils ne savaient même pas qu’il y avait des élections etc.


    • Prismo Esse Prismo Esse 18 avril 2012 02:40

      Excellent article... Merci à l’auteur.


    • morice morice 17 avril 2012 09:21

      Quant à ressortir UMPS comme le fait LePen pour placer Mélenchon, c’est une autre crétinerie évidente.


      Le meilleur moyen de réélire Sarkozy est de faire ce genre d’appel au peuple. Crétin, c’est complètement crétin.

      • Tall 17 avril 2012 18:01

        Non, ne vous en f aites pas, morice ...un 2002 bis est impossible cette fois

        Parce que pour avoir Le Pen et Sarkozy en tête, il faudrait une baisse spectaculaire de Hollande, MAIS qui se ferait alors au profit de Mélenchon qui serait lui, du coup, devant Le Pen.

        Autrement dit, par un effet de vases communicants entres les électorats de gauche, Le Pen ne pourra jamais battre Hollande ET Mélenchon en même temps

      • gaijin gaijin 17 avril 2012 09:33

        de Sartre a Mélanchon en passant par spinoza ?
        bravo
        peut être auriez vous pu aussi citer saint augustin :
        « Quant à leur fabuleuse opinion qu’il y a des antipodes, c’est-à-dire des hommes dont les pieds sont opposés aux nôtres et qui habitent cette partie de la terre où le soleil se lève quand il se couche pour nous, il n’y a aucune raison d’y croire."


        • Henrique Diaz Henrique Diaz 17 avril 2012 14:53

          Parce que pour vous, rappeler avec Spinoza que c’est uniquement en s’unissant que les hommes peuvent éviter les périls qui les menacent, c’est du même niveau que celui de St Augustin sur la platitude de la Terre ? Il y a deux excès : ou bien utiliser les auteurs du passé comme s’ils pouvaient nous dispenser de réfléchir aujourd’hui ou bien les ignorer sous prétexte que beaucoup se sont trompés. Il y a aussi la question de la précision intellectuelle qui consiste à rendre César ce qui est à César. Le juste milieu consiste à utiliser les auteurs de façon critique pour réfléchir par soi-même.


        • gaijin gaijin 18 avril 2012 08:34

          ben oui
          c’est ce que je veut dire ( mais pas que )
          ce n’ est pas que j’estime que l’érudition soit inutile mais si vous savez marcher par vous même pourquoi utilisez vous des béquilles ?
          ne comprenez vous pas que, entre autre, notre société crève du rabachage de toutes ces vieilles lunes ?
          ce type de pensée est fossilisé, à l’image de celle de saint augustin, incapable de sortir de ses ornières et d’envisager de jeter un coup d’oeil neuf sur le monde.

          posez vos lunettes, regardez par vous même et marchez sur vos propres jambes ......


        • Valeska 17 avril 2012 09:43

          Les abstentionnistes sont par défaut des indécis et votent en dernière minute pour l’UMPS, donc plus il y en aura, mieux ce sera.


          • Henrique Diaz Henrique Diaz 17 avril 2012 10:39

            Ces abstentionnistes là ne lisent pas Agoravox. Je m’adresse dans cet article à ceux qui ont une conscience politique dans la ligne de Sartre, et qui propagent autour d’eux l’idée que l’abstention serait un acte de saine résistance contre la bêtise... Je dis que ceux-là, comme Badiou ou Onfray aujourd’hui, contribuent mieux que personne au maintien d’un système qu’ils dénoncent mais dont ils doivent il est vrai ne pas trop souffrir : ce n’est pas eux pour qui un smic à 1700 euros ou la retraite à 60 ans représentent quoique ce soit d’important. Mais il y aussi des admirateurs de Badiou ou de Sartre qui eux ne gagnent pas grand chose et qui sont encore plus incohérents dans leur façon de se mettre à genou devant le système par leur propre abstention.


          • Romain Desbois 17 avril 2012 11:06

            Ne nous laissons pas manipuler par les sondages et faisons en sorte que dimanche Sarkozy et Hollande ne soient pas au deuxième tour !

            Nous avons ce pouvoir en allant voter !


          • 1984 17 avril 2012 18:43

            Un smic à 1700 euros c’est bien gentil pour les idiots mais ça ne veux rien dire d’autre qu’une inflation immédiate des prix ; Les pauvres seront toujours aussi pauvres et les classes moyennes un peu plus !
            Il faudrait assortir cette mesure d’une indexation des salaires sur le cout de la vie, mais cela semble vraiment trop révolutionnaire pour Mélenchon, surtout que c’est son ancien parti de droite le PS qui a fait sauté cette indexation !

            Mélenchon c’est vraiment un beau joueur de flute !


          • Henrique Diaz Henrique Diaz 17 avril 2012 19:45

            A 1984,
            Le smic à 1700 euros brut n’est évidemment qu’une respiration nécessaire pour les deux ou trois ans à venir parce que ce n’est plus possible autrement pour énormément de ménages, notamment ceux où il y a le travail à temps partiel. L’inflation aujourd’hui est contenue par l’euro, il ne faut plus raisonner comme à l’époque du franc, c’est pour cela que Mélenchon est contre la sortie de l’euro, sans que cela empêche une fois au pouvoir de revoir la gouvernance de la BCE. Il y a de l’inflation sur des produits comme le pétrole, mais ce n’est pas en maintenant la bride sur les salaires qu’on va en faire baisser le prix !

            Quant à l’indexation sur les salaires, c’est Delors qui l’a supprimée dans les années 80, Delors qui n’était pas spécialement à la gauche du PS. Mélenchon a essayé pendant des années de réorienter le PS à gauche, il n’a pas à porter la responsabilité de sa droitisation, lui qui a fait tout ce qu’il a pu pour l’empêcher. Et contrairement à ce que tu dis par ignorance de son programme - mais ce n’est pas étonnant tant les médias de masse occultent le fond - Mélenchon avec le FdG est pour le retour à l’indexation des salaires sur le coût de la vie.


          • 1984 17 avril 2012 20:30

            « L’inflation aujourd’hui est contenue par l’euro »

            Elle est bien bonne celle là, dis moi tu vis sur quelle planète ?

            T’as pas remarqué que les prix ont quasiment doublé depuis le passage à l’euro ?

            Euro tant souhaité par Mélenchon le joueur de flute !

            Quand aux promesses des candidats, faut aussi vivre sur une autre planète pour y croire encore, trouve moi plutôt des faits ! Genre la révolte de Mélenchon quand la coalition PS PC (et pas seulement cette ordure de Delors) ont fait passer la pire mesure de droite depuis les 50 dernière année ?
            Sans cette mesure le passage à l’euro aurait été indolore pour tout le monde, mais ça n’était évidemment pas le choix de l’oligarchie européenne dont sieur Mélenchon fait partie !


          • Henrique Diaz Henrique Diaz 18 avril 2012 00:38

            A 1984,
            Après que tu aies dit que Mélenchon ne voulait pas toucher à la mesure Delors, et que je t’ai prouvé que tu te trompais, tu en es réduit à dire que Mélenchon ne fait que des promesses en l’air, bientôt tu vas nous dire que de toutes façons c’est un franc-maçons et autres tentatives misérables du FN pour discréditer Mélenchon. En plus tu en es réduit aussi à incriminer ce pauvre PCF qui avait quitté le gouvernement Mitterand depuis longtemps au moment où Delors a mis fin à l’indexation des salaires sur le coût de la vie et auquel il fût bien seul pour s’y opposer à l’assemblée nationale.

            Mais puisque malgré l’oreille que tu prêtes manifestement au discours de Le Pen, tu tiens avec raison à cette question de l’indexation des salaires sur le coût de la vie, alors que pour Le Pen, il n’est pas question de revenir sur cette abrogation, qu’as tu donc à perdre à voter pour le seul candidat important qui propose de rétablir cette mesure ?


          • Romain Desbois 17 avril 2012 10:15

            S’abstenir c’est :
            - s’interdire de juger le choix des autres.
            - donner plus de poids au vote des autres
            - contribuer à l’élection du gagnant ( ce qui revient à voter pour lui)

            « La neutralité sert toujours l’oppresseur , jamais l’opprimé » ElieWiesel


            • 1984 17 avril 2012 18:46

              S’abstenir c’est surtout décider de ne pas participer à un cirque servant à justifier l’oligarchie !

              IL NE S’AGIT ABSOLUMENT PAS de neutralité !


            • 1984 17 avril 2012 20:32

              J’ai toujours adoré les arguments des moinseurs de service !


            • benedicte_gab 17 avril 2012 11:11

              J’ai été abstentionniste et si au second tour il ne reste que la droite (j’inclus le PS dans la droite) je n’irais pas voter ... de toute façon Sarko ne peut pas être réélu, une partie de l’électorat de droite votera Hollande, et puis de toute façon le PS fera la même politique à un chouilla près que l’UMP et que ce soit l’un ou l’autre, en moins de 5 ans on se retrouvera dans la même situation que les grecs ... désolée mais je ne donnerais pas ma voix à un de ces poux du peuple.
              Mais étant donné que c’est la première fois, depuis 30 ans, qu’on a un candidat de gauche qui semble rassembler, ne pas voter pour lui, même si l’on adhère pas à 100% et n’en attend pas des miracles, c’est ne se donner aucune chance de changement. Je voterais pour Mélenchon, parce que nous n’avons rien à perdre à voir s’il sera honnête ensuite, les autres on sait qu’ils mentent comme des arracheurs de dents.
              Je considère donc qu’à cette élection, pour une fois qu’une partie de mes concitoyens semblent prêts à sortir du « toujours pire connu » parce qu’on leur bassine que faire autrement n’est pas possible, voire que ce serait encore pire ... l’abstention est une adhésion au « surtout ne rien changer », une posture intellectuelle déconnectée de la réalité, une absence de lucidité et de cohérence de la part de personnes qui ont un discours anti-système. Pour autant je n’attends pas de miracle, parce que la société ne changera que si les gens cessent de vouloir un sauveur à suivre, mais décident de reprendre leur vie en main ...et malheureusement nous sommes très lojn de ça !


              • Henrique Diaz Henrique Diaz 17 avril 2012 11:39

                Quand il n’y a pas de choix véritable, comme entre libéralisme dur et libéralisme mou, le vote blanc peut se justifier. Du moins on peut hésiter entre ces deux arguments « il faut prendre le moins mauvais, même s’il n’y a pas d’avancée sociale significative du côté de Hollande, les reculs sociaux seront moins importants en votant pour lui » et d’autre part « en contribuant à donner une forte victoire à Hollande, on légitime l’idée qu’il n’y a rien à faire contre les marchés d’autre que se mettre à genou ». La question de la vie réelle des gens pendant les cinq ans à venir me semble cependant un élément décisif. Aujourd’hui, au moment du premier tour, il faut être aussi retourneur de veste que Onfray pour aller chercher presque au dernier moment du côté de Cuba ou de Robespierre des raisons pour justifier le vote blanc à un moment où une vraie alternative sociale et politique est envisageable en France, alors que ce n’est pas arrivé depuis 30 ans.


              • 1984 17 avril 2012 18:50

                « une vraie alternative sociale et politique est envisageable en France »

                J’imagine que vous parlez de Mélenchon ?

                Qu’est-ce qui vous permet d’avoir ne serait-ce qu’un atome de confiance dans ce personnage ?


              • Henrique Diaz Henrique Diaz 17 avril 2012 19:56

                1984,
                Je parle d’abord d’un vrai choix possible entre d’un côté une soumission plus ou moins marquée à la puissance des marchés dont la seule logique est le profit indéfini, au mépris de l’humain, et d’autre part un acte de résistance et la possibilité de construire, comme en Argentine ou en Equateur, un ordre social dans lequel l’argent est un moyen au service de tous et pas une fin en soi au profit de quelques uns.

                Quant à la question de la crédibilité de Mélenchon, je suis son blog depuis quelques années, il y écrit beaucoup, ça permet de se faire une petite idée de la personne. Mais l’important n’est pas la personne : dans le programme du Front de Gauche, il est question de mettre en place une sixième république qui mettra fin à cette monarchie élective qu’est la cinquième république pour revenir à un régime parlementaire dont la forme est à définir par une assemblée constituante qui sera appelée à écrire une nouvelle constitution. Enfin as-tu écouté la vidéo à la fin de mon article ?


              • 1984 17 avril 2012 21:04

                Oui j’ai vu la vidéo. C’est beau mais aussi bien pathétique de mettre encore autant d’énergie à se berner soi-même. Heureux les simple d’esprit comme disait l’autre qui à fini comme on sait !

                Ce n’est pas aux belles paroles des politiciens qu’ils faut les juger mais à leurs actes. A ce sujet monsieur Mélenchon est aux abonnés absents depuis le début de sa carrière. Faut dire que se goinfrer sur le dos des contribuable ne semble pas lui avoir fait trop mal au sénateur/député dictatorial !
                Il écrit ou fait écrire un nègre sur son blog. La belle affaire ! A les juger sur leurs écrits ils sont toujours merveilleux !

                Quand à la nouvelle constitution pensez vous vraiment faire partie des oligarques qui l’écriront ?

                Bravo de défendre vos idées avec autant d’énergie, mais pourquoi ne pas plutôt la placé dans la lucidité (superbe roman de José Saramango) ?

                Quand l’eau risque de déborder on fabrique des égouts pour la canaliser. Quand c’est le peuple qui menace de déborder on fabrique des Mélenchons. L’odeur reste la même !


              • Henrique Diaz Henrique Diaz 18 avril 2012 00:41

                A 1984,
                Bon à part de purs procès d’intention et du « tous pourris », tu n’as pas de vrais arguments ?


              • ottomatic 17 avril 2012 12:22

                Pathétique !

                « Il faut voter, le PS et l’UMP c’est mal vive melanchon ».
                Et bien non, je ne voterai pas et surtout pas pour le faire valoir du PS !

                • Henrique Diaz Henrique Diaz 17 avril 2012 15:44

                  Je n’ai peut-être pas assez pris le temps de préciser ma pensée mais comme cela ressort de la citation de Spinoza à la fin, il s’agit de dire que ce n’est pas en s’isolant les uns des autres par l’abstention qu’on fait preuve d’intelligence. Le vote est un engagement en faveur d’une union par la loi conçue comme résultat de cet acte collectif, plutôt que la soumission au plus fort. La loi énoncée au nom de la volonté générale est alors le seul moyen par lequel je peux sortir des rapports naturels de domination/soumission entre les êtres vivants : en obéissant à la loi, je n’obéis à aucune volonté particulière.

                  L’isoloir qui déplaît tant à Sartre et aux défenseurs du mouvement spontané des groupes, est le minimum pour garantir que le choix pour ce qui utile collectivement soit le résultat d’un choix délibéré et réfléchi. Quand je suis dans un groupe d’action ou une communauté identitaire à l’intérieur de la république, je m’isole des autres groupes ou communautés extérieures, je m’isole de la communauté nationale par laquelle une loi est possible. Dans l’isoloir, je peux m’isoler de cette isolation, je peux décider en toute conscience de ce qui est bien pour tous, même si mon groupe d’appartenance me conduirait plutôt à dire le contraire en public.

                  Aussi je ne dis pas que le PS et l’UMP, c’est le mal. En partant du point de vue de Sartre, je me plaçais évidemment d’un point de vue de gauche. Mais je prétends d’abord que ceux qui se comportent comme les mélancoliques dont parle Spinoza en voulant s’isoler de la communauté politique et ainsi de la question du bien commun, se tirent une balle dans le pieds, agissent contre leur intérêt même, ce qui n’est pas très intelligent tout de même. Et alors, je dis que ceux qui votent PS, UMP et même FN sont plus intelligents, parce qu’au moins avec eux on peut débattre, échanger et s’enrichir de nos désaccords quand on accepte le principe du débat civilisé.

                  Il se trouve qu’il existe pour l’élection de dimanche prochain une véritable alternative, entre acceptation de la domination d’une classe économique mondialisée, acceptation franche avec le PS et l’UMP, indirecte avec le FN qui ne remet en cause que l’immigration et non en son principe même l’exploitation de l’homme par l’homme ou bien résistance à cet ordre mondial. Dans l’absolu, droite et gauche veulent le bien de tous ; pour la droite, cela passe par l’acceptation des inégalités sociales de plus en plus importantes ; pour la gauche, cela passe par l’opposition à ces inégalités, chacun peut se tromper dans l’évaluation de ce qu’il y a de mieux à faire.

                  Je dis donc que si vous pensez qu’il est bon de se soumettre à la loi de la finance, votez pour l’UMP ; si vous pensez qu’il faut accompagner cette soumission de mesures d’adoucissement et en n’y allant pas trop vite, votez PS. Si vous pensez que la loi de la finance doit s’exercer certes mais en limitant toutefois la libre circulation des capitaux aux biens matériels et pas aux hommes, alors je vous le dis, votez FN ! Je dis qu’il vaut mieux que les choses soient claires pour qu’on n’aie pas ces situations foireuses où on peut toujours faire dire ce qu’on veut à la foule invisibles. Et si vous pensez que la loi de l’humain doit l’emporter sur celle de l’argent, soyez cohérent, votez FdG, voire DLR si vraiment l’idée de voter à gauche vous insupporte. Mais intéressez vous à la question du devenir collectif, parce que c’est aussi votre devenir !

                  Quant à répéter la propagande de Le Pen selon laquelle Mélenchon serait le faire valoir du PS, elle a depuis plusieurs semaine déjà été démentie par les faits : en progressant au delà de 12%, le vote FdG devient ennuyeux pour le PS, notamment en vue des législatives. Si vous voulez rabattre vers Hollande, votez pour le FN : plus il est fort, plus la peur qu’il inspire au bon peuple de gauche l’incite à se raccrocher au « vote utile ». Si vous voulez embêter Hollande, votez FdG : plus le FdG est fort, plus la ligne sociale-libérale du PS devient problématique et surtout plus l’idée d’un renouvellement de la classe politique en dehors des sentiers du libéralisme battus depuis depuis 30 ans deviennent envisageables.


                • banzai 17 avril 2012 14:11

                  Une sombre inquiétude semble gagner les rangs des adorateurs du bulletin de vote à l’approche du premier tour de l’élection présidentielle : l’abstention menace !
                  Alors que durant des mois les instituts de sondage ont « oublié » de nous faire part du taux d’abstention estimé, voilà que soudain les politiques, aidés en cela par les commentateurs autorisés du Médiatisme, mettent l’accent sur ce phénomène, qu’on peut raisonnablement supposer important pour qu’ils s’en émeuvent à ce point.
                  Il est amusant de constater que, dans leur appel éploré lancé aux éventuels abstentionnistes, chaque candidat s’imagine que si ces derniers, dans un sursaut citoyen de dernière minute, se rendaient finalement aux urnes, ils voteraient forcément pour lui. Car dans leur argumentation d’une logique implacable il est bien entendu que, pour la gauche, l’abstention fait le jeu de la droite, et que pour la droite celle-ci favorise la gauche. C’est quasiment scientifique !
                  Plutôt que de se demander si l’éternel choix entre peste et choléra, si la désespérante situation économique et sociale comme la perspective, quel que soit l’élu, de continuer à vivre des lendemains désolants y seraient un peu pour quelque chose ; plutôt que d’envisager le rôle joué dans cette désaffection par le fossé grandissant entre une immense partie de la population et une classe politique élue que les années de crise ont épargnée, voire enrichie, la recette demeure éternellement et stupidement la même : faire culpabiliser le mauvais citoyen renonçant à son droit et surtout à son « devoir ».
                  A la traditionnelle accusation de faire le jeu de l’adversaire portée contre le déserteur des bureaux de vote – reproche d’une rare stupidité puisque l’adversaire est changeant suivant le camp où l’on se situe – est venue s’ajouter de plus en plus fréquemment, depuis qu’un parti nauséabond joue les trouble-fête dans cette comédie, l’accusation de faire rien moins que le lit du fascisme en refusant simplement de jouer démocratiquement avec les tricheurs. Le sens de la nuance n’est pas vraiment la principale qualité de l’électeur militant…
                  L’actualité, surtout lorsqu’elle est bien dramatique, bien sordide, peut aussi venir en aide à ceux qui ont entrepris de désigner le coupable, l’abstentionniste, celui qui portera demain la lourde et honteuse responsabilité de la défaite – car là où il y a des vainqueurs, dans une élection, il y a aussi des vaincus, c’est quasiment scientifique.

                  in:le blog de floréal
                  paquerettes et caniveau


                  • Henrique Diaz Henrique Diaz 17 avril 2012 17:30

                    Les commentateurs inféodés à la médiacratie sont toujours très satisfaits de l’abstention de masse car elle signifie de fait la conservation des équilibres actuels dont ils sont les gardiens. Et en effet, l’abstention profite toujours plutôt à la droite, que ce soit celle de Sarkozy, assumée, ou celle de Hollande, mal assumée. Car ceux qui s’abstiennent en masse, ce ne sont pas les petits propriétaires, ni les grands bourgeois qui historiquement se reconnaissent plutôt dans la droite, mais ce sont les masses populaires divisées, atomisées et sérialisées comme le dit Sartre mais par l’abstention bien plus que par le suffrage universel. Toutes les enquêtes sur le taux de participation par catégories socio-professionnelles que j’ai pu lire le montrent : plus on est précaire, moins on vote. C’est aussi ce que montre l’histoire : dans les années 60-70, il y avait peu d’abstention et le PCF était entre 20 et 30 % à lui tout seul et la SFIO puis le PS étaient sur une ligne réformiste mais radicalement de gauche sous la pression de masses populaires unies dans le vote pour leurs propres intérêts.

                    Que des gens comme Onfray ne votent pas ne reste qu’une forme de snobisme qui consiste à trouver une sorte d’équilibre intérieur entre le souvenir d’idées sociales auxquelles il a pu adhérer et son intérêt présent qui est plutôt de s’accomoder au final du règne du capital où il a sa petite musique à jouer.

                    Je dis qu’il y a à choisir entre d’une part la soumission, active ou passive, à la finance mondialisée et d’autre part la résistance à cet ordre des choses et la volonté de promouvoir une autre forme de vie en société, fondée sur l’égalité sociale plus que sur le compte en banque. Vois-tu d’autres choix ici ? Merci de me détromper si tu vois autre chose. Si on choisit la résistance, on choisit l’unité la plus large possible et on se donne les moyens de prendre le pouvoir pour renforcer cette résistance. Dans ce cas on vote FdG. Si au contraire, on choisit la soumission, comme on en a bien le droit, on le fait activement en votant FN, pour dire d’accord aux marchés mais sans les immigrés, en votant UMP pour dire d’accord aux marchés et le plus vite possible ou encore en votant PS pour dire d’accord mais pas trop vite.

                    Si on prétend ne pas choisir, on laisse les autres choisir à sa place et donc forcément il faut accepter que son consentement au résultat quel qu’il soit finisse par servir à légitimer les politiques adoptées. Je ne dis pas que c’est impossible que la gauche de gauche gagne sans les abstentionniste mais ce serait difficile ; si toutefois cela arrivait, alors ce serait donc aussi grâce à l’acceptation passive des abstentionnistes. C’est comme ce que disait Sartre à propos de la résistance à l’occupant nazi dans sa conférence L’existentialisme est un humanisme juste après guerre : il y avait ceux qui résistaient, ceux qui collaboraient activement et tous les autres qui de fait collaboraient passivement : choisir de ne pas choisir, c’est nécessairement choisir d’apporter son soutien, par sa non résistance même, au pouvoir en place.

                    Et donc oui, l’abstentionniste est responsable de son consentement à l’ordre existant. Si cet abstentionniste est un précaire qui aurait plutôt de bonnes raisons pour que le principe de l’égalité sociale et ainsi la justice redistributrice soit mis en avant, je dis qu’il est responsable de son propre sort et je l’invite autant que possible à en prendre conscience pour qu’il puisse ensuite choisir en conscience de se soumettre ou de résister.


                  • Fergus Fergus 17 avril 2012 15:02

                    Bonjour, Henrique.

                    Que ce soit par idéologie personnelle ou par solidarité avec les victimes du sarkozysme, il faut voter pour barrer la route d’un 2e mandat dévastateur du « Président des riches ».

                    Pour ma part, ce sera sans hésiter Mélenchon au 1er tour et Hollande au 2e tour. Et les électeurs de gauche qui utilisent l’amalgame de la peste et du choléra sont à mes yeux des irresponsables qui courent le risque de faire le jeu de Sarkozy.


                    • Valeska 17 avril 2012 15:10

                      Oh oh, je me sens visée. ^^

                      Les amerloques aussi ont cru au Yes We Can, fini l’affreux vilain Bush, fini les guerres Otanesques, fini l’injustice sociale, fini la loi des banksters. Guantanamo ? Oubliez ça mes amis, cela fait déjà parti du passé.

                      On en est ou aujourd’hui ? ...

                      Chacun est libre de ses choix, mais me concernant si deuxième tour UMPS >> Abstention.


                    • YVAN BACHAUD 17 avril 2012 18:56

                      J’ai lu les professions de foi . SEUL NDA propose le référendum d’initiative populaire qui a par exemple permis aux SUISSES d’abroger une loi qui allalit baisser leurs retraites avec 73% de OUI.

                      On peut a la riguer voter pour lui mais depuis 10 ans il n’a rien fait en faveur du RIP qu’il découvre tardivement.

                      ABSTENTION OU vote blanc est plus sûr. Et pour les LEGISLATIVES il faut se presenter aux élections pour faire connaitre le référénedulm d’initiative citoyenne. CELA NE COUTE RIEN.

                      et peut a terme rapporter gros.. smiley Voir www.ric-france.fr


                    • Henrique Diaz Henrique Diaz 18 avril 2012 00:45

                      A Yves Bachaud,
                      Sur le référendum d’initiative populaire et sur l’importance véritable de l’abstention, voire ma réponse un peu plus haut au message similaire que vous avez déjà posté.


                    • lebreton 17 avril 2012 15:14

                      Ceux qui ne votent pas sont des sous citoyens ,qui ne méritent aucune attention quand a ceux qui les approuvent voir les encouragent ce n’est que par intérêt ,celui de ceux qui sont déja plein aux as qui se foutent royalement des autres ,jolie mentalité ! quand poutout dit qu’entre sarko et Hollande il n’y a rien c’est un imbécile a la mémoire courte ,s’il y les congés ,la protection sociale pour laquelle nous cotisons ,la cmu ,les allocations familiales etc.... et ça c’est bien la gauche qui a tout instauré et que la droite veut détruire ! lui et certain de ses amis vivent mieux que certains ouvriers,je suppose et d’ou vient le fric pour le soutenir dans cette campagne ?? ceci est d’ailleurs valable pour Arthau ! et ce n’est pas parce que ce sont des petits candidats ,ce sont des nuls manipulés point.

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