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Accueil du site > Actualités > Politique > Adrien Zeller, le centriste alsacien atypique, personnaliste et (...)

Adrien Zeller, le centriste alsacien atypique, personnaliste et européen

La France a perdu l’an dernier un personnage très spécifique du paysage politique, dont l’ambition était focalisée avant tout sur les actes et pas sur une carrière personnelle qu’il aurait pu juger dérisoire.

Il y a juste un an, le 22 août 2009, le président du Conseil régional d’Alsace Adrien Zeller disparaissait à 69 ans d’un second accident cardiaque à l’hôpital d’Haguenau. Le premier l’avait conduit à un coma artificiel le 14 juillet 2009. Plus de mille cinq cents personnes ont assisté à son enterrement les 26 août 2009 à Saverne et 27 août 2009 à Strasbourg avant l’adieu définitif sous l’Ode à la Joie de la 9e Symphonie de Beethoven.

S’il était connu pour avoir été le seul président de conseil régional UMP réélu aux élections régionales de mars 2004 (avec celui de Corse) qui a consacré au PS un quasi-grand chelem électoral, Adrien Zeller n’était pas pour autant un "homme de droite" mais d’abord un centriste, d’un centrisme atypique qui s’est parfois opposé au centrisme traditionnel alsacien incarné par Pierre Pflimlin dont on a fêté le dixième anniversaire de la disparition le 28 juin 2010 et par son "héritier" Marcel Rudloff.

Proche et à l’écoute

J’ai eu la grande chance d’avoir rencontré à plusieurs reprises Adrien Zeller, souvent dans des situations à la fois politiques et détendues. Deux mots me viennent immédiatement à l’esprit : simple et atypique.

Simple car proche des personnes avec qui il était dans l’instant présent. Je me souviens d’avoir trinqué avec lui dans un bar de Saint-Tropez à la fin de l’été, et il discutait volontiers autour d’un verre sans penser à autre chose, sans manier de téléphone mobile, sans se soucier de ses préoccupations personnelles. Un homme chaleureux, humain et respectueux de ses interlocuteurs. Présent.

Atypique car il est assez difficile d’étiqueter Adrien Zeller. Son atypisme se montrait jusque dans sa démarche où le pas était un peu saccadé, la tête se balançant doucement lui donnant un faux air de Professeur Nimbus.

Centriste mais particulier

Centriste, il l’a toujours été, et par voie de conséquence, européen et régionaliste. Contrairement à ses prédécesseurs à la tête du Conseil régional d’Alsace, qui étaient excessivement "légitimistes" et toujours prêts à accepter les directives de Paris, Adrien Zeller prenait ses décisions en fonction de l’intérêt des Alsaciens sans aucune allégeance. Il a soutenu tous les grands projets de décentralisation (notamment celui de Jean-Pierre Raffarin).

Centriste, cela veut dire aussi très favorable aux regroupements des communes. Il a fondé ainsi la structure intercommunale de sa ville, Saverne, en 1992.

Centriste, cela veut dire aussi démocrate social, très préoccupé par la condition sociale des gens tout en s’efforçant de préserver les conditions d’un développement économique, seule chance de créer de la richesse et de la répartir par la suite : le credo justice sociale dans l’efficacité économique était pour lui une évidence. Ce n’est ainsi pas un hasard s’il fut, avec Pierre Méhaignerie en Ille-et-Vilaine, l’un des précurseurs du RMI au niveau local (il avait déposé une proposition de loi le 13 juin 1985 [n°2782] pour assurer un "revenu minimum d’existence").

Centriste, cela veut dire qu’il était favorable, le cas échéant, à une grande coalition contre le Front national, à l’instar des positions courageuses de Bernard Stasi.

Européen, il a toujours soutenu la construction européenne et tous les projets visant à accroître l’efficacité d’une gouvernance européenne. Il a siégé trois ans au Parlement européen. Il aimait surtout les actions concrètes pour montrer l’intérêt de l’Europe, en créant des écoles bilingues, en favorisant les jumelages et en créant des liens transfrontaliers.

S’il n’a pas pris part le 14 février 2008 à la ratification du Traité de Lisbonne (qu’il soutenait), c’est parce qu’hostile au cumul des mandats, et contrairement à de nombreux "homologues", il avait démissionné de son siège de député national (le 18 avril 1998) pour se consacrer pleinement à la présidence du Conseil régional d’Alsace.

Agronome et économiste

Né le 2 avril 1940 à Saverne, Adrien Zeller est entré dans un monde chaotique quelques jours avant l’annexion de sa région par les nazis dans une famille d’élus locaux : son père et son grand-père furent maire d’un petit village près de Saverne.

Adrien Zeller a entrepris des études d’économie puis d’agronomie (il est devenu ingénieur agronome) puis a suivi les cours du Collège de Bruges pour devenir haut fonctionnaire européen de 1967 à 1973 (administrateur principal auprès de la Communauté économique européenne).

Député et ministre

À presque 33 ans, Adrien Zeller est élu député réformateur le 11 mars 1973 en battant le député sortant gaulliste Alfred Westphal (avec les encouragements d’un sénateur centriste et le soutien des jeunes agriculteurs) et a été réélu six fois sans discontinuité. Lui, catholique croyant, avait réussi à convaincre une terre protestante.

Il entra au premier gouvernement de cohabitation dirigé par Jacques Chirac sur le "quota" du Centre des démocrates sociaux qu’il avait rejoint en 1982 lorsque Pierre Méhaignerie en prit la présidence (Pierre Méhaignerie est lui aussi un agronome). Adrien Zeller fut ainsi Secrétaire d’État chargé de la sécurité sociale du 20 mars 1986 au 10 mai 1988. Son ministre de tutelle était Philippe Séguin dont il comparait la stature avec celle d’un Jacques Delors. Il n’eut cependant pas beaucoup de liberté et s’il a réussi à faire avancer la lutte contre la pauvreté, il n’a pas réussi à convaincre de créer ce qui devint quelques mois plus tard le RMI créé par le gouvernement de Michel Rocard.

Au sein du gouvernement, Adrien Zeller développa les initiatives locales de compléments de ressources (CLR) qui consistent à mettre en place pour une durée limitée une allocation en compensation d’un travail à mi-temps et d’une formation.

Il exerça ensuite son mandat de député surtout sur les enjeux économiques et sociaux et présida la Commission spéciale sur les lois de financement de la sécurité sociale du 17 avril 1996 au 21 avril 1997.

En un quart de siècle d’exercice parlementaire, Adrien Zeller a montré ce qu’était un député hyperactif. Son bilan est éloquent (voir notamment le détail ici). Son action était inlassable pour aider les personnes en situation difficile à l’image de cette question au gouvernement du 3 octobre 1984 sur les chômeurs chefs de famille en situation de fin de droits et le développement de la grande pauvreté.

Son "humanisme alsacien" le poussa à poser la question sur le TGV-Est dès le 25 avril 1984 afin de désenclaver les régions de l’Est de la France (ce fut en tant que patron d’une des principales collectivités territoriales impliquées qu’il a inauguré le 9 juin 2007 la ligne TGV Paris-Strasbourg).

Sa première question au gouvernement (le 20 novembre 1974) concernait l’implantation d’une usine allemande de chimie en Alsace. Ses dernières propositions de loi furent pour créer un fonds national de prêts d’honneur aux étudiants (n°615 du 7 janvier 1998), pour faire intégrer des conseillers régionaux dans les comités régionaux de l’ANPE (n°617 du 7 janvier 1998) et pour permettre la validation pour la retraite des années d’études par rachat des cotisations (n°572 du 17 décembre 1997).

Sa principale contribution au débat national restera sans aucun doute sur le RMI : au-delà de sa proposition de loi dès le 13 juin 1985 et de son expérimentation à Saverne, il fut le premier orateur inscrit le 4 octobre 1988 à la discussion parlementaire sur la loi n°88-1088 du 1er décembre 1988.

Son discours a été à la hauteur de l’enjeu : « Il est évident que notre pays se doit d’assurer à chaque concitoyen, dès lors qu’il accepte les obligations que la société est en droit de fixer et d’attendre de lui, la sécurité et les moyens de subvenir aux besoins élémentaires de son existence. Il doit d’ailleurs à chacun non seulement l’accès à un revenu mais aussi l’accès à une utilité et à un rôle social. (…) Le revenu minimum ne doit pas devenir un substitut aux insuffisances de notre protection sociale, par exemple en matière d’assurance veuvage, en matière d’assurance invalidité ou en matière d’aide aux handicapés. ».

En écoutant son intervention de vingt-huit minutes (voir la vidéo et le texte ici), on voit à quel point Adrien Zeller était une personnalité méticuleuse, rigoureuse, précise dans son expression et très exigeante dans ses idées puisqu’il insistait pour que le RMI ne fût pas seulement une simple prestation matérielle mais aussi une aide au retour à l’activité productive, condition indispensable pour sortir de la pauvreté.

La conquête de l’Alsace

La lutte pour le Conseil régional d’Alsace n’était pas gagnée d’avance pour Adrien Zeller.

Au début des années 1990, le Centre des démocrates sociaux (CDS) était très divisé en Alsace entre, d’une part, des élus locaux vieillissants refusant de préparer leur succession (avec l’échec de Marcel Rudloff, le CDS venait de perdre la mairie de Strasbourg le 19 mars 1989 au profit de la socialiste Catherine Trautmann), et d’autre part, une jeune génération, représentée entre autres par Adrien Zeller et essentiellement les Jeunes démocrates sociaux (JDS) dont firent partie notamment Fabienne Keller (maire de Strasbourg de 2001 à 2008 et actuellement sénatrice) et Odile Ulhrich (conseillère régionale plus tard). Le clivage n’était pas seulement générationnel mais également politique, les premiers étant jugés trop conservateurs par les seconds.

Incarnant la dissidence centriste le 22 mars 1992, Adrien Zeller présenta sans succès ses propres listes contre celles de Daniel Hoeffel et du président sortant du Conseil régional, Marcel Rudloff, tous les deux aussi CDS. Pour rester conseiller régional, Adrien Zeller démissionna de son mandat de député européen acquis en troisième position sur la liste centriste menée par Simone Veil et Jean-Louis Borloo le 18 juin 1989 (issue des Rénovateurs et en concurrence directe avec la liste RPR-PR menée par Valéry Giscard d’Estaing et Alain Juppé).

Mais à la mort de Marcel Rudloff le 23 mars 1996, Adrien Zeller parvint à réunir une majorité avec les écologistes et fut finalement élu président du Conseil régional d’Alsace le 10 avril 1996 contre le "dauphin" de Marcel Rudloff, Hubert Haenel, sénateur RPR (qui vient d’être nommé au Conseil constitutionnel en février 2010).

Le 15 mars 1998 puis le 28 mars 2004, Adrien Zeller fut naturellement soutenu par la majorité régionale et malgré son atypisme, il quitta l’UDF en 2002 pour rejoindre l’UMP (au grand dam de François Bayrou dont il était le soutien à l’élection présidentielle de 2002).

Président du Conseil régional d’Alsace (1996-2009)

Cette responsabilité régionale qu’il a assumée plus de treize ans était l’un des rôles qu’il préférait où des idées simples pouvaient se concrétiser comme le TGV-Est, Alsace-Biovalley qui est un pôle de compétitivité mondial sur les technologies médicales. Il favorisa les relations internationales de l’Alsace dans un but essentiellement de développement économique et encouragea l’innovation par la création d’une agence régionale. Adrien Zeller s’était également félicité le 18 mai 2009 de la construction d’une grande mosquée à Strasbourg (prévue pour l’été 2010), pour que « la société multiculturelle, multireligieuse s’inscrive maintenant dans la pierre ».

Le 18 mai 2005, Adrien Zeller définissait assez précisément sa politique fiscale : « S’agissant de stratégie fiscale, nous voudrions inscrire notre action dans la durée : nous ne prétendons pas ne jamais augmenter les impôts, mais nous comptons pratiquer la modération fiscale et faire preuve de régularité dans les évolutions, en jouant sur plusieurs paramètres à la fois. Le danger qui nous guette est l’accroissement des frais de fonctionnement alors que nous voudrions rester une collectivité dynamique, capable d’accompagner les mutations, d’inciter et de soutenir la réalisation d’équipements, de moderniser les universités et de jouer pleinement la carte de l’ouverture européenne. » et il expliquait ainsi ses relations avec les autres collectivités locales : « Nous recherchons la proximité dans l’exercice de nos compétences propres, notamment la formation professionnelle et l’animation du tissu économique, au plus près des entreprises, dans les bassins d’emploi, pour faire connaître les dispositifs régionaux et alerter tous les acteurs locaux sur les possibilités mises à leur disposition par la région. ».

À quelques mois près, Adrien Zeller n’aura pas eu la possibilité de terminer son mandat ni de se représenter comme il en avait eu l’intention.

Après un intérim de trois semaines assuré par le centriste Bernard Stoessel, André Reichardt, maire de Souffelweyersheim et président de l’UMP 67, succéda à Adrien Zeller à la présidence du Conseil régional d’Alsace le 14 septembre 2009 dès le premier tour avec vingt-six voix contre quatre à Bernard Stoessel, douze au socialiste Jacques Bigot et cinq au FN Patrick Binder. Le 21 mars 2010, c’est le sénateur centriste (devenu UMP) Philippe Richert, très proche d’Adrien Zeller, qui a gagné la majorité du Conseil régional d’Alsace avec 46,2% des voix (élu formellement président le 26 mars 2010) contre les listes de son rival socialiste Jacques Bigot (29,3%) et du FN Patrick Binder (14,5%).

Mandats locaux

Conseiller général du Bas-Rhin de septembre 1973 à septembre 1988 et conseiller régional d’Alsace d’octobre 1974 à août 2009, Adrien Zeller se consacra aussi beaucoup à sa ville natale Saverne (sa mère exilée à Châteauroux voulait absolument accoucher dans sa ville alsacienne), une commune dont il fut le maire pendant plus de vingt ans, de mars 1977 à mars 2001 (puis simple conseiller municipal de mars 2001 à mars 2008). Il créa notamment la structure intercommunale de Saverne le 1er janvier 1992 (district devenu le 5 décembre 1997 communauté de communes) dont il resta président jusqu’en juin 1995.

Dans son hommage exprimé lors du conseil municipal du 14 septembre 2009 à Saverne, son successeur Émile Blessig a rappelé parmi les principales réalisations d’Adrien Zeller : l’Espace Rohan (salle de cinq cents places dans un château du XVIIIe siècle), le lycée et le gymnase du Haut-Barr, la zone piétonne, le port de plaisance etc. en poursuivant ainsi : « Cette volonté de fédérer les uns et les autres autour d’un projet collectif a toujours guidé son action politique. Ce fut le sens de l’expérimentation d’un revenu minimum à Saverne et cela bien avant la création du RMI. Adrien Zeller savait bousculer et entraîner. Homme de défi, il fut à l’origine des premières sagas qui ont généré cet élan populaire et cette mobilisation typiquement locale d’acteurs bénévoles. De même, il fut précurseur du bilinguisme dès 1988 et c’est à son courage que la ville doit être dotée d’écoles maternelles et primaires bilingues, ainsi que du collège et du lycée, faisant de Saverne une des rares villes à bénéficier d’une filière bilingue complète. ».

La grande attention d’Adrien Zeller portée aux personnes et à leur condition sociale ne lui a pas empêché quelques ratés au sein même de sa mairie comme l’a relaté le magazine "Politis" du 3 mai 2007.

Parmi ses plus récentes prises de position, Adrien Zeller s’inquiétait, le 4 février 2009, de la réforme des collectivités territoriales du gouvernement et de la possible suppression de la clause de compétence générale qui risquerait de brider les collectivité dans leur politique d’innovation.

Les mémoires d’Adrien

Adrien Zeller a laissé dans la peine une veuve, quatre enfants et plusieurs petits-enfants. Ses obsèques et son inhumation eurent lieu à Saverne le 26 août 2009 pendant lesquelles le père Xavier Naegert s’adressait ainsi à lui : « Mon vieil Adrien. Te voilà couché au milieu de nous comme un enfant. Ce n’était pas ton habitude, toi qui étais toujours en mouvement et qui montais les escaliers deux à deux » tandis que son autre ami, le pasteur Reinhart Wild, témoignait : « À sa sortie du coma, Adrien nous a dit : J’ai ma place là-haut. ». Son copain d’enfance, Émile Blessig, qui lui a succédé en 1998 et 2001 comme député-maire de Saverne, reprenait son expression : « Eh bien aujourd’hui, "j’ose le dire", nous avons mal, très mal, mais dans la dynamique de ta mémoire, nous nous relèverons. ».

Un dernier hommage fut célébré à la cathédrale de Strasbourg le 27 août 2009 au cours d’une messe présidée par l’archevêque de Strasbourg, en présence de nombreuses personnalités politiques, en particulier le Premier Ministre François Fillon et son ancien ministre Philippe Séguin aux traits tirés, mais également des personnalités allemandes comme Wolfgang Schäuble, Ministre allemand de l’Intérieur.

Mgr Jean-Pierre Grallet termina son homélie par ces mots : « En agronome averti, [Adrien Zeller] avait patiemment labouré, semé, récolté ; labouré et semé à nouveau… Il n’a pas eu le temps de finir, ni le bouquet pour tous ceux qu’il affectionnait, ni les gerbes de moisson en cours… Ce qu’il laisse, il l’offre et nous en sommes infiniment reconnaissants. Monsieur le Président, cher Adrien Zeller, du fond du cœur, nous vous disons Merci ! ».

François Fillon y a brossé également le portrait d’un homme très atypique : « C’était la voie d’un homme libre, repoussant le confort des convenances et bousculant les conservatismes. C’était la voix d’un homme intègre dont la franchise ignorait les faux semblants qui hantent parfois la vie publique. C’était la voix d’un rhénan dont la fierté régionale éclairait le service de la nation et le combat pour une Europe fraternelle. Une Europe qu’il n’imaginait pas autrement que soudée et entraînée par l’amitié franco-allemande. Il était le militant d’une démocratie équilibrée et respectueuse des différences. À l’image de cette terre rhénane où s’entremêlent depuis plusieurs siècles les cultures et les confessions, la tolérance naturelle d’Adrien Zeller ne trouvait ses limites que devant les partis extrêmes. Pas de complaisance pour l’intolérance : ce principe guida ses pas lorsque les circonstances politiques l’exigèrent. ».

La conviction paie-t-elle ?

Rien ne laissait prévoir une fin si rapide, une sorte de queue de poisson du destin. Adrien Zeller n’était pas revenu au gouvernement après son expérience un peu amère de 1986-1988. Il est l’un des centristes victimes de l’UMP, croyant que cette formation créée par Jacques Chirac et Alain Juppé en avril 2002 à la suite du tremblement de terre du succès de Jean-Marie Le Pen, aurait joué le jeu du pluralisme politique. En cela, François Bayrou a eu raison dès le début et le pôle centriste de l’UMP peine encore aujourd’hui à exister politiquement (et plus encore électoralement).

L’homme de frontière (selon l’expression de Pierre Méhaignerie) n’hésitait pas à mettre en avant la sincérité de ses convictions : « Je pense que je suis plutôt respecté parce que je suis sur une ligne qui n’est pas d’abord partisane, se ce n’est partisane de l’intérêt général. Mes conviction reposent sur quatre fondements : la politique comme engagement sans opportunisme, la recherche de la cohésion sociale et le développement économique, la compréhension d’en haut en gérant le bas, la pensée et l’action locales tout en pensant et en agissant global. ».

Il disait également : « Je ne suis pas l’homme des ruses, des habiletés, des stratagèmes. Je veux être jugé sur la réalité de mon action. ».

Adrien Zeller ne cherchait pas les portefeuilles. Sa modestie ne l’a cependant pas empêché d’occuper des postes importants. Il fait partie de ces personnalités, à l’instar de Raymond Barre ou de Bernard Stasi, qui ont toujours mis en avant leurs convictions bien avant leur ambition. Et finalement, c’est plutôt rare.

Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (20 août 2010)


Pour aller plus loin :

L’activité parlementaire d’Adrien Zeller.
Le débat sur le RMI.

Hommage de François Fillon.

Hommage de Mgr Jean-Pierre Grallet.

Hommage d’Émile Blessig.

Site dédié pour les hommages à Adrien Zeller.


(Illustrations : 1. Photographie de Paul Guntz à Wingen-sur-Moder datant du 1er octobre 1977 ; 2. Hommage de François Fillon).

Documents joints à cet article

Adrien Zeller, le centriste alsacien atypique, personnaliste et européen

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8 réactions à cet article    


  • morice morice 20 août 2010 13:49

    voila que ça change de Jorg, hein...


    «  Fervent adversaire du Front national, il s’est dit prêt à une « coalition anti-FN »

    • brieli67 22 août 2010 22:45

      PENSES TU !!!

      faudrait se renseigner avant M. L’ Historien....


    • Laminak 20 août 2010 16:44

      Merci de cet article. Effectivement j’ai souvenir d’une discussion passionnee dans les forets de Saverne a propos du TGV en 90.
      Mes pensees a sa famille, notamment a Maria.
      Un Savernois.


      • brieli67 22 août 2010 22:54

        Ha ha LADRIEN

        et ses « Langschaeffter » ses caleçons longs.....

        Trouvez vs ça normal sa veuve élue sur la liste UMP des régionales ??

        Déci-dément la Droite sans complexes en Alsace.

        Pendulaire qu’il devait être le TGV àl’époque selon sa conseillère Buchmann ex élue écolo devenue « technicienne » à la Région par ses bons soins


      • Yoann Yoann 22 août 2010 10:45

        D’accord avec son ambition qui était focalisée avant tout sur les actes et pas sur une carrière personnelle mais s’est il rendu compte de l’imposture qu’est l’Europe ? Je ne le pense pas ...


        • brieli67 22 août 2010 23:04

          comme haut fonctionnaire européen comme son collègue Caro..... ???

          Initiatives Alsaciennes.....son club UDF diisident, comprenait des futurs rocardiens comme le maire de Schillick Muller.
          et le Muller Xavier de Marlenheim ..... qui s’est retrouvé defendre les couleurs de Spieler ex député FN

          Et Mme Veil, la Présidente, qui avait installé son QG -rénovation de l’UDF chez le Xavier à Marle à côté du Cerf.

          LADRIEN est passé sous des nuées de grêlons.... on se demande, on se demande....


        • Astury 24 avril 10:04
          S’il vous plait d’autorisé ainsi :
           
          A mon avis de simple idiot, Zeller était certes humble, mais
          cela devrait s’arrêter là, mon brave gars h’mm
           
          La place Zeller, à Strasbourg, ne mérite pas son nom, selon moi.
           
          D’ailleurs, avant de donner de cette sorte le nom de quelqu’un à
          une rue ou place ou autre, il faudrait ou conviendrait, et toujours
          selon moi et mes raisonnements d’idiot patenté, une dizaine
          d’années, non ? – pour y réfléchir, vu les historiens alsaco ?
           
          Vu, les Historiens ?
           
          Bien à vous tous, les loustics, je vous au à l’oeil – je vous parlerai
          d’El II une autre fois ma foi endimanchée jalouse, pour un dimanche matin, c’est pas mal, les loustics du conseil régional alsacien - god bless !

          • Astury 24 avril 10:09

            @Astury : - c’est du 24 avril 2016,, faut préciser le quel d’avril, et les 10 ans ne sont pas passés ma foi d’idiot patenté et ainsi soit-il de la place Adrien Zeller et ses proches de la maison du conseil régional si couillons ma foi de si ordonnée déjà ! - paix à son ame tranquille et Vive la France !

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