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Accueil du site > Actualités > Politique > Alain Minc : la France est une monarchie absolue...

Alain Minc : la France est une monarchie absolue...

 

          "Si vous vous trompez de monarque, vous le payez cher !"

           Pas mieux Alain Minc, vous en prenez pour 5 ans sans pouvoir réellement intervenir dans les choix politiques ! 

           Et comme c'est depuis toujours le bipartisme, faute d'élections législatives à la proportionnelle, vous en reprenez pour 5 ans à la présidentielle suivante ! Et ainsi de suite ! 

           Il est pas "Veau" le français ? 

 

         Nous aurions souhaité que nos "intellectuels"se soient exprimés (comme ils ne manquaient pas de le faire jadis) sur la continuation de cette Vè république liberticide que nous allons tenter de présenter et que n’ont pas manqué de dénoncer, souhaitant un passage à la VIè constitution, des personnes politiques de tendances aussi diverses que A.Montebourg, J.L.Mélanchon, A .Dupond-Aignan et d’autres. 

 

         Quelques rappels : la Constitution de 1958 proposée par le Général de Gaulle qui avait besoin d’un exécutif fort face aux « événements d’Algérie », a été adoptée par référendum puis remaniée en 1962. Elle accorde au Chef de l’Etat des pouvoirs qui n’existent dans aucun autre pays occidental. 

         En 2000 la démocratie française a été encore plus mise à mal : sous la présidence de Chirac (Premier Ministre Jospin), le mandat présidentiel a été ramené de 7 à 5 ans. A priori, un progrès… 

         Cependant, regardons-y de plus près… 

         Paradoxalement, la durée du mandat du P.R. à 7 ans permettait au peuple de sanctionner éventuellement sa politique lors des élections législatives (selon les périodes, tous les 2 ou 3 ans). Ce n’est désormais plus le cas depuis que les deux élections se succèdent ... et que les risques d'avoir une assemblée "godillots", simple chambre d'enregistrement, apparaissent. Constatons que, lors de ces dernières années, 90% des projets de loi (émanant du gouvernement) contre 10% des propositions de loi (émanant des députés) ont été adoptés ! 

         Depuis, il est coutume que le Président demande au pays de lui apporter une majorité aux élections législatives devant se tenir quelques semaines plus tard afin de pouvoir gouverner. 

 

         Et c’est ici que survient le problème de la séparation des pouvoirs. 

 

        Après les élections législatives 2012, il convient de dresser un constat : la Démocratie, au sens où l’entendait Montesquieu dans « L’esprit des Lois » (prônant la séparation des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaireva toujours aussi mal et cela dure depuis plusieurs dizaines d’années…. 

         L’Assemblée Nationale ne sera-t-elle qu’une chambre d’enregistrement comme elle l’a été précédemment ?

 

         Seul est concevable pour une démocratie digne de ce nom le Régime Parlementaire avec un Premier ministre chef de l’exécutif et un président de la république réduit, comme en Allemagne ou en Italie, à un rôle moral de garant des institutions.

         Précisons : un Premier ministre directement issu du résultat de l’élection majeure, les législatives.

         Des législatives qui devraient en outre revenir, sinon vers la proportionnelle intégrale, du moins vers une dose significative d’au moins 33 % afin que les diverses tendances du pays soient mieux représentées et ce, sans courir le risque de revenir au régime instable d'assemblées de la IVè. 

 

         Afin que cesse cette sinistre farce : un Président de la République, qui conduit en réalité la politique du gouvernement comme nous l’avons constaté avec Nicolas Sarkozy, et qui est donc, quoiqu’en dise hypocritement la « constitution », le Chef de l’Exécutif, avec comme super fusible le premier ministre, seul responsable avec son gouvernement devant l’Assemblée qui peut les renverser par une motion de censure, le Chef de l’Etat restant, lui, inattaquable. Quid du principe du contre-pouvoir ? 

         Nous avons présentement affaire dans ce pays à un régime monarchique absolu masqué, la seule différence avec l’Ancien Régime étant que le peuple élit son monarque tous les 5 ans sur un discours de politique générale le plus souvent non tenu, le vieil adage « les promesses n’engagent que ceux qui y croient  » restant d’actualité.

         Le monarque absolu, à la différence du monarque constitutionnel, représente au sens propre du mot la « monarchie » en ce sens que tout le pouvoir repose sur un seul être : le roi, qui regroupe les trois pouvoirs de l'État : législatif, exécutif et judiciaire. S'il dirige le royaume lui-même avec ses ministres et « en ses conseils », il rend la justice par le biais de tribunaux et de cours (c'est la justice « distributive », chaque sentence étant écrite « de par le roi », et édicte tous les textes législatifs que l'assemblée des trois ordres (Clergé, Noblesse et Tiers-État) préconise quand le roi les regroupe lors des États-généraux. Mais à bien regarder, cela perdure encore aujourd'hui puisqu'une loi ne peut être applicable qu'une fois que le décret d'application a été signé par le pouvoir exécutif...C'est ainsi que Louis XIV s'est vu refuser par le Parlement de Paris l'enregistrement du traité d'Utrecht sur la partie où le roi renonçait au trône de France pour son petit-fils Philippe (devenant roi d'Espagne) et sa descendance. Le Parlement de Paris a rappelé au « roi Soleil » que personne, même lui , ne peut disposer de la dévolution de la Couronne qui se fait indépendamment de lui selon un ordre prévu par les Lois fondamentales du Royaume (loi salique de primogéniture mâle pour la France). Source : Wikipédia

 

        Rappelons que dans les monarchies parlementaires actuelles (Grande-Bretagne, Espagne, Belgique, Pays-Bas, Suède, Danemark…), le chef du gouvernement est nommé par le Parlement et responsable devant lui. C’est lui qui conduit la politique du pays et, en cas de manquement, le parlement peut le renverser par une motion de censure, le monarque se réduisant à être le représentant de l'État au titre de Chef de l'État et le garant de la continuité des institutions.. 

 

       Quant au 3è pouvoir, l’indépendance de la Justice, il serait judicieux d’élire le Garde des Sceaux au suffrage universel et ce, avant tout début de campagne présidentielle ou législative afin que l’électorat ne soit influencé. Une réforme du Conseil Supérieur de la Magistrature offrant  la garantie d’un organisme réellement indépendant voudrait que les magistrats y soient minoritaires afin d’échapper aux toujours possibles problèmes de copinage, la question à résoudre étant de trouver les autres membres échappant à toutes influences et lobbying. 

       Nous ajouterons qu’il serait souhaitable que le CSM s’affranchisse du rôle consultatif qu’il a eu jusqu’ici quant à la nomination des membres du Parquet pour arriver à un rôle décisionnaire pour les dits membres ainsi que pour les magistrats du siège en raison du principe de la séparation des pouvoirs comme réclamé par le Syndicat de la Magistrature.

 

       On pourra ajouter finalement le 4è « pouvoir », les médias, qui serait effectif s’il n’était soumis aux censures des propriétaires de journaux, souvent proches de la finance….Des journaux télévisés offrant une information de qualité, non tronquée, devraient constituer un minima sur les chaînes de télévision publiques. 

      Rappelons que, curieusement, les USA (et le monde anglo-saxon plus généralement) semblent s’être affranchis en partie de cette censure.

 

      Quatre idées fortes supplémentaires à retenir :

-Mandat non renouvelable. 

-Non-cumul des mandats.

 -Compte-rendu à la population, à mi-mandat, et sanction aux manquements aux engagements (les fameuses " professions de foi) pris lors de l'élection. 

 -Un Référendum d'Initiative Populaire, comme il en existe dans certains pays européens comme la Suisse, soumis à un certain nombre de pétitions préalables, est indispensable pour redonner la voix au peuple.

 

Ex. :Art. 138 Initiative populaire tendant à la révision totale de la Constitution Suisse

1) 100 000 citoyens et citoyennes ayant le droit de vote peuvent, dans un délai de 18 mois à compter de la publication officielle de leur initiative, proposer la révision totale de la Constitution.

2) Cette proposition est soumise au vote du peuple.

 

Commentaire : La population de la Suisse se montant à près de 10 millions d’habitants, ramené à notre pays il faudrait, proportionnellement, 700.000 signatures….

 

       Et lorsque ces « intellectuels » se proposent d’aller interpeller les parlementaires, pourquoi n’ont-ils pas rappelé à la population ce que nous préconisions il y a quelques mois :

 

       Le député devenu, par la voie des urnes, officiellement le représentant des citoyens de sa circonscription a non seulement des attributions mais aussi des devoirs, comme précisé sur le site de l’Assemblée Nationale. 

Contrôle du gouvernement : Les questions permettent aux députés d'interroger directement les ministres, soit oralement (questions au gouvernement, questions orales sans débat, soit par écrit : 13 à 15 000 questions sont publiées chaque année au Journal officiel.

  Le député et le débat politique:Le député est généralement membre d'un parti. A ce titre, il anime le débat politique dans sa circonscription avec tous les habitants. Il est l'acteur principal du débat démocratique quotidien sur le plan local. 

http://www.assemblee-nationale.fr/connaissance/travail_depute.asp

 

          Problème : tout le monde sait parfaitement, que le député, une fois élu, de quelque bord qu’il soit, ne tient plus de grandes réunions où l’électeur puisse l’interpeller sur ses interventions au Palais Bourbon et lui rappeler le cas échéant le rôle de l’Assemblée Nationale dans le contrôle du Pouvoir exécutif.

           Et c'est bien là que le bât blesse !

Organiser des réunions publiques tous les ...5 ans lorsqu'on est candidat ne suffit pas !

         Tant que le citoyen ne le rappellera pas à ses devoirs, tant qu'il continuera, ignorant ses propres responsabilités et pouvoirs, de râler au café du commerce ou, mieux, je le concède, de se perdre en discussions (stériles car n'aboutissant sur aucune action) sur certains forums, pourquoi voulez-vous que ce parlementaire aille se mettre en position difficile devant une foule d'anciens électeurs qui pourraient lui rafraîchir la mémoire ?

 

         Il est du devoir du député, représentant du peuple qui l'a élu, de rendre compte dans sa circonscription et d'accepter le débat contradictoire en réunions publiques et ce, tout au long de son mandat !

 

          Il est du devoir du citoyen de le lui rappeler :

1) En lui envoyant un courrier email avec CC à la presse locale.

2) En cas (probable) de non-réponse, en allant l'interpeller poliment mais fermement à sa permanence par groupes de quatre ou cinq et ce, régulièrement. Ces quatre ou cinq personnes seront différentes, si possible, chaque fois, ce qui ne devrait pas poser problème quand on sait combien d'électeurs comptent une circonscription.

L'événement finira fatalement par être rapporté dans la presse locale ou régionalece qui est le but : faire entendre la voix du citoyen. 

 

          Et que résonnent constamment à leurs oreilles ces paroles de Danièle Mitterrand :

 En France on élit et les élus font des lois qu’ils n’ont jamais proposées et dont nous n’avons jamais voulu. Est-ce la démocratie quand après avoir voté nous n’ayons pas la possibilité d’avoir de l’influence sur les élus ? 

 


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29 réactions à cet article    


  • TSS 6 mars 2013 10:33

    Il est dommage que Alain Minc,l’homme qui dit tout et son contraire,n’est point eu cette saillie

    pendant le regne de son copain Sarkho... !!


    • Aldous Aldous 6 mars 2013 19:30

      Ce qui le gene, ce n’est pas que le president soit un monarque, c’est qu’il faille parier tous les 5 ans sur deux dauphins...


      Avec une chanse sur deux de se trouver en dehors de la cour...

    • Rémy Mahoudeaux 6 mars 2013 10:43

      Merci pour cet article qui trace une feuille de route crédible. 
      qq pts que je livre à la réflexion : 
      chambres législatives 1/3 issus des territoires, 1/3 issus des partis (proportionnelle) 1/3 par tirage au sort
      CSM : 10 personnes élues / scrutin de liste + 5 magistrats élus par leurs pairs

      Les procureurs sont élus comme aux US
      Médias ; je n’ai à ce jour pas de solution à proposer pour mettre fin au jeu de barbichette entre politique et média. Comment rendre les médias plus responsables est un vrai problème. 
      Le dernier soucis, c’est que le triumvirat qui en appelle à une VI° république est composé de ses membres ... pas de quoi déchaîner un fol enthousiasme ni un optimisme délirant. 

      • alberto alberto 6 mars 2013 11:47

        De Gaulle s’était taillé un costard à sa taille : la constitution de la Vème République.

        Certains y voyaient déjà, avec raison, quelques risques de dérapage vers « le pouvoir personnel » , à commencer par Mitterrand qui lui aussi dénonçait le « coup d’état permanent » !

        Ce même Mitterrand qui après avoir été élu, s’est empressé d’enfiler le même costard sans retouches !

        Même si déjà un peu grand pour lui...

        Par la suite, les successeurs se garderont bien d’y apporter d’autres modifs sinon celles de ravaler le premier ministre au rôle « collaborateur », grand mot pour désigner « la voix de son maître » !

        Bref, d’accord avec M. Belloy, et ses propositions, il serait temps de changer de constitution pour mieux répartir les pouvoir : quand ?

        Bien à vous.


        • alberto alberto 6 mars 2013 11:52

           Scusi : les pouvoirS ... smiley


        • Guy BELLOY Guy BELLOY 6 mars 2013 12:59

          @Alberto : « Bref, d’accord avec M. Belloy, et ses propositions, il serait temps de changer de constitution pour mieux répartir les pouvoir : quand ?


          Quand les électeurs auront le »courage« et la responsabilité citoyenne d’écrire en nombre à la permanence de leur député de circonscription pour lui rappeler qu’il ne peut pas les représenter à l’Assemblée Nationale sans jamais leur demander leurs avis tout au long de ses 5 années de mandat, ce qui est par trop évident. 
          C’est bien la raison pour laquelle ledit député est dans l’obligation, comme dit la constitution, de provoquer le débat en réunions publiques dans sa circonscription, chose qu’il se garde bien de faire par »prudence", les 2 partis UMP et PS s’entendant bien pour cacher cette obligation. 
          Interpeller régulièrement chaque député individuellement comme la loi le prévoit est bien plus efficace qu’une journée de manif dans les rues de Paris. 
          C’est à se demander pourquoi les petits partis n’ouvrent pas les yeux des citoyens....

        • ffi ffi 6 mars 2013 13:44

          Cette information est intéressante :

          ledit député est dans l’obligation, comme dit la constitution, de provoquer le débat en réunions publiques dans sa circonscription

          Auriez-vous un lien, une référence ?


        • alberto alberto 6 mars 2013 13:51

          Très bien M. Belloy,

          Perso, je ne me prive pas d’interpeller « mon » député (DVD), je l’ai fait à plusieurs reprises par internet sur la justification de ses votes au parlement, et chose qui peut surprendre, en général il me répondait !

          J’ai mis « répondait », car depuis il n’a pas, lors des dernières législatives, souhaité renouveler son mandat. Je n’ai pas l’outrecuidance de penser que mes questions perfides en sont la cause...

          Quant à son remplaçant (PS) au siège de ma circonscription, je n’ai pas encore eu l’opportunité de l’interroger mais je pense que ça ne serait tarder.

          Donc nous sommes d’accord et pourquoi ne pas relayer périodiquement les questions à poser à nos députés sur ce « forum citoyen » ?

           


        • Guy BELLOY Guy BELLOY 6 mars 2013 15:25

          « Le député est généralement membre d’un parti. A ce titre, il anime le débat politique dans sa circonscriptionavec tous les habitants. Il est l’acteur principal du débat démocratique quotidien sur le plan local. »

           

          http://www.assemblee-nationale.fr/connaissance/travail_depute.asp


        • Guy BELLOY Guy BELLOY 6 mars 2013 15:32

          @alberto : Donc nous sommes d’accord et pourquoi ne pas relayer périodiquement les questions à poser à nos députés sur ce « forum citoyen » ?"


          Nous sommes bien d’accord que l’union fait la force et je vous en remercie. 
          Mais étant donné que les mails doivent être plutôt adressées aux permanences des députés de circonscription, c’est au travers d’assemblées locales citoyennes regroupant plusieurs dizaines voire centaines de membres qu’il peut faire entendre sa voix. 

          Imaginez ! Des dizaines voire des centaines de lettres de même type adressées au député de circonscription avec CC à la presse locale qui ne pourra manquer de rapporter l’événement. 

          Croyez-vous alors que ce député restera coi ? 


        • ffi ffi 6 mars 2013 12:53

          Montesquieu n’a jamais parlé de contre-pouvoir, mais de leur distinction et de la manière dont ils se coordonnent.

          Il a toujours admis que l’exécutif devait être monarchique, pour des raisons d’efficacité.
          Parallèlement il a estimé, en revanche, que la loi était à priori meilleure si parlementée.
          Lisez Montesquieu.
           
          Aujourd’hui, nous sommes en pleine contradiction des vues de Montesquieu : le chef de l’exécutif est élu selon ses intentions législatives (son programme). C’est pour cela que les députés sont des godillots : le débat législatif est prédéterminé par la désignation de l’exécutif. Les élections législatives n’ont d’autre but que d’assurer au chef de l’exécutif la possibilité de faire sa loi.
           
          Par conséquent, si nous voulons un modèle tel que celui prôné par Montesquieu, il faut établir une monarchie constitutionnelle, à l’Anglaise (qui était d’ailleurs le modèle dont s’inspirait Montesquieu, il me semble).


          • Guy BELLOY Guy BELLOY 6 mars 2013 13:16

            @ffi : disserter sur Montesquieu est bien stérile lorsqu’il s’agit d’ouvrir au peuple les yeux sur ses droits. 

            Si vous souhaitez instaurer une monarchie constitutionnelle à l’anglaise, libre à vous mais je doute que le peuple français demande à ce que la Royauté soit rétablie. C’est effectivement paradoxal quand on sait que la Reine d’Angleterre n’a aucun pouvoir (c’est le symbole de l’unité du Royaume) alors que le Président de la République (sic) française les détient tous pendant 5 ans, ce qui fait de lui un « monarque absolu » comme le déclare Alain Minc. 

            La monarchie constitutionelle anglaise, bien plus démocratique, n’est cependant pas la panacée, le Référendum d’Initiative Populaire, entre autre n’existant pas. 
            Le seul modèle qui vaille et qui permet de redonner la voix aux citoyens de façon permanente est la VIè constitution qui encore une fois, ne viendra pas toute seule. 

            Inutile donc de nos emmener dans des chemins de traverse. 

            • ffi ffi 6 mars 2013 13:40

              Il y a, parmi le peuple, certains qui y seraient favorables.
               
              Maintenant, comment comptez-vous faire appliquez le résultat d’un référendum si l’exécutif a lui-même déjà un parti-pris contraire au résultat du suffrage ? (Exemple 2005).
               
              De plus, comment comptez-vous faire respecter les décisions d’un conseil constitutionnel qui constaterait des irrégularités dans une élection, si le résultat de l’élection a désigné le chef de l’exécutif ? (Exemple Jacques Chirac en 1995)
               
              Un minimum de démocratie n’est possible que par un monarque qui veut la faire vivre de manière équitable. C’est à l’exécutif de faire respecter les consultations démocratiques. Or comme notre exécutif est toujours partisan, car il a ses idées préconçues, il est bien peu enclin à cela... Tout juste se sert-il du peuple quand cela arrange ses vues.


            • ffi ffi 6 mars 2013 13:31

              D’autre part, il me faut ajouter qu’absolu vient du latin absolutus, ce qui signifie « sans lien ».
              Du XIIème et XVIème siècle en France, le terme a le sens de « achevé », « parfait », « saint ».
              En revanche, dans la langue anglaise, « monarchie absolue » signifiait l’indépendance à l’égard de toute suzeraineté ou autorité extérieure, par exemple à l’égard du Pape. Ce sens s’est aussi retrouvé en France.

              « Monarchie absolue », signifie donc que l’arbitre royal doit être délié de tout partis, afin d’être impartial. L’élection au suffrage universel d’un chef de parti en tant que monarque républicain, ne saurait donc être qualifiée de « monarchie absolue », dans le sens historique qu’a cette expression en Français. À la limite, cela peut se dire pour affirmer que l’exécutif de la République est parfaitement (absolument) monarchique. Mais il faut prendre garde à ne pas s’emmêler avec des expressions qui jouent avec la polysémie qu’à pu avoir un mot à travers les époques.
               
              Aujourd’hui, l’exécutif n’est pas délié de liens partisans, au contraire.


              • sirocco sirocco 6 mars 2013 13:38

                @ l’auteur

                Ce bouffon mérite-t-il l’intérêt que vous lui portez ?


                • Guy BELLOY Guy BELLOY 6 mars 2013 15:38

                  @Sirocco : Il a déjà eu l’honnêteté de reconnaître l’évidence et .... de servir d’introduction à l’article.


                • jullien 6 mars 2013 13:58

                  @ l’auteur
                   Seul est concevable pour une démocratie digne de ce nom le Régime Parlementaire avec un Premier ministre chef de l’exécutif et un président de la république réduit, comme en Allemagne ou en Italie, à un rôle moral de garant des institutions.

                  Euh... vous êtes en train d’affirmer que aucun État du continent américain (y compris des exemples très discutés comme les États-Unis ou le Vénézuela chaviste) n’est une démocratie digne de ce nom à l’exception peut-être du Canada (et encore : le chef de l’État canadien n’est autre qu’Elizabeth II). Même chose pour la Suisse où il n’y a pas de chef de l’État ou du gouvernement au sens où nous l’entendons en France.
                  Votre définition de la démocratie me paraît beaucoup trop restrictive.


                  • citoyenrené citoyenrené 6 mars 2013 14:19

                    bon article Guy

                    à part un point : votre mésusage du mot « démocratie » qui empêche absolument d’entrevoir la solution...Si c’était la première fois, si vous ignoriez l’usage du tirage au sort en politique, passe encore, mais là, à force c’est de l’obscure obstination

                    vous citez Montesquieu et son « Esprit des lois », ce même Montesquieu qui qualifie la démocratie par le biais du tirage au sort, et l’élection comme relevant de l’aristocratisme ?

                    il n’avait pas la même pudeur que vous et appelait un chat un chat

                    d’accord avec tout le reste de l’article, mais cet obscure usage que vous faites du mot démocratie est très décevant à force...prônez un « gouvernement représentatif amélioré » si vous voulez mais arrêtez d’empêcher une solution que serait la démocratie


                    • ffi ffi 6 mars 2013 15:02

                      C’est surtout que la démocratie, ce serait que le peuple qui gouvernerait.
                      Or, le peuple, par définition, c’est tous ceux qui sont gouvernés.

                      Dès que quelqu’un du peuple entre au gouvernement, il quitte la catégorie « peuple » pour entrer dans la catégorie « gouvernant ». Par conséquent, la démocratie est impossible, intrinsèquement.

                      On peut tenter de s’en approcher par divers artifices techniques (tirage au sort, suffrage, représentation, syndicats,...etc), mais on ne parviendra jamais à une démocratie.


                    • citoyenrené citoyenrené 7 mars 2013 00:19

                      @ffi,

                      « Or, le peuple, par définition, c’est tous ceux qui sont gouvernés » en démocratie, le peuple, par définition, c’est ceux qui se gouvernent eux-mêmes ! élisent par le sort en leur sein des représentants, car on ne peut se réunir à 40 millions d’électeurs, il n’y a pas de pièce assez grande pour l’assemblée, représentants au mandat non-renouvelable...votre démonstration de l’impossibilité de la démocratie ne tient pas


                    • citoyenrené citoyenrené 7 mars 2013 10:40

                      bonjour Guy,

                      juste pour être précis, il me faudrait citer le passage de « l’esprit des lois » :

                      « Le suffrage par le sort est de la nature de la démocratie ; le suffrage par choix est de celle de l’aristocratie. Le sort est une façon d’élire qui n’afflige personne ; il laisse à chaque citoyen une espérance raisonnable de servir sa patrie »
                       livre II, chapitre 2

                      totalement d’accord avec le reste de votre article, et le gouvernement représentatif amélioré, ou tournant à plein régime, vers lequel vos articles pointent est une solution souhaitable plus rapidement atteignable....(même si l’idée de mon dernier article sur un bicamérisme Assemblée Nationale « classique » + Sénat Citoyen est un mariage agréable entre démocratie et gouvernement représentatif, normal que je trouve mon idée bonne me direz-vous)

                      bon, bravo et merci pour vos articles, sans rancune j’espère


                    • mortelune mortelune 6 mars 2013 15:24

                      Alain Minc est un étrange homme mais sur ce point je le ’plus’ 1000 fois.


                      Merci pour votre article Guy
                      NB. « On pourra ajouter finalement le 4è « pouvoir », les médias »
                      J’ai le sentiment que le CRIF est entrain de construire le 5e pouvoir via les médias.

                      • Jules Elysard Jules Elysard 7 mars 2013 08:30

                        « Alain Minc est un étrange homme mais sur ce point je le ’plus’ 1000 fois. »

                        Vous pouvez développer cette assertion.


                      • Mani Mani 6 mars 2013 15:46

                        Merci pour la pertinence de l’article !

                        Il est bon de rappeler les obligations existantes afin de faire exister les obligations qui forceraient nos dirigeants à écouter les peuples, à rendre des comptes et à enfin être responsables (mot très lourd de sens) !
                        Il y a quelques députés qui semblent intègres, j’ai eu la chance d’en rencontrer une suite à une sollicitation de ma part sur un sujet précis, et l’impression qu’elle ma fait étai particulièrement positive, aussi bien à travers son discours qu’a travers ses actes et son implication sincère dans les combats qu’elle mène !
                        Peut être « ceux là » peuvent ils finalement avoir un rôle clé dans le processus de démocratisation (au sens réel) de la société que nous et tant d’autres souhaitons ?
                        Je vais essayer de revenir vers elle, comme elle me l’avait d’ailleurs proposé !

                        • lulupipistrelle 6 mars 2013 15:56

                          Dans l’Ancien régime le pouvoir royal était limité par les parlements de province... c’est même la raison qui a conduit Louis XVI a convoqué les Etats Généraux : les parlements refusant de nouveaux impôts... aujourd’hui qui limite le pouvoir exécutif puisqu’il a le parlement à sa botte ? 


                          • Aldous Aldous 6 mars 2013 19:27

                            Elle accorde au Chef de l’Etat des pouvoirs qui n’existent dans aucun autre pays occidental


                            Ni aux USA ? Ah bon !


                            • Guy BELLOY Guy BELLOY 6 mars 2013 19:54

                              Parfaitement, voyez la constitution américaine !



                            • soi même 6 mars 2013 19:37

                              L’improbable Alain Minc, la girouette à mettre sur le même plan que BHL.


                              • vida18 8 mars 2013 15:11

                                Monarchie absolue non mais il faut admettre que le Président de la République a plus de pouvoirs que les rois de la Restauration (Louis XVIII, Charles X et Louis-Philippe 1er) et l’Empereur Napoléon III en auraient jamais rêvé.

                                D’ailleurs Le Président de Gaulle était furieux lorsque certains parlementaire l’avait surnommé « Napoléon IV »ou « Charles XI » mais je trouve qu’ils avaient raison.

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Guy BELLOY

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