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Alstom, Lafarge, Publicis, Peugeot : le scandaleux laisser-faire sur le rachat de nos entreprises

Quel paradoxe ! Comme le notait François Lenglet sur RTL, la très libérale Grande-Bretagne a imposé à Pfizer une audition au Parlement sur son projet d’OPA sur Astra-Zeneca. Malgré l’annonce d’un décret, le fait qu’il ne gène pas GE souligne la mollesse de notre gouvernement.

Courage, laissons-faire !
 
Arnaud Montebourg est très bavard et n’a pas hésité à poser en marinière pour défendre le fabriqué en France (tout en parlant trop souvent, bien maladroitement de « made in France »). Mais sur le fond qu’a t-il fait de concret depuis deux ans à la tête de son ministère ? Pas grand chose en réalité. Son action se limite à encourager telle ou telle entreprise dans le grand Monopoly capitaliste du rachat d’entreprise. C’est ainsi qu’une entreprise chinoise a pu mettre la main sur 14% de PSA en bas de cycle, et donc à bon compte, ce qui devrait lui permettre de réaliser une grosse plus-value, outre le fait d’être devenue le 1er co-actionnaire d’une des 10 premiers constructeurs automobiles mondiaux.
 
De même, sur Alstom, il est révoltant à voir Montebourg s’agiter pour pousser son démantèlement par Siemens plutôt que par GE, comme si la nationalité de l’acheteur allait améliorer quoi que ce soit pour les salariés de l’entreprise et notre pays. Cela est d’autant plus rageant que les résultats de l’entreprise montrent qu’elle n’a pas forcément besoin d’alliance, et que si tel était néanmoins le cas, il faudrait investiguer des solutions plus franco-françaises, sans doute avec Areva. De même, le gouvernement laisse faire le rachat de SFR par une entreprise luxembourgeoise. Il a également laissé faire la fusion Publicis-Omnicom, avant que celle-ci n’échoue pour d’autres raisons.
 
Une autre politique possible

Bien sûr, beaucoup de commentateurs présentent les transactions multi-nationales comme une chose qui est inévitable. Pourtant, comme le rappelle François Lenglet, il est toujours possible d’agir. De nombreux pays ne laissent pas faire le rachat d’entreprises nationales. Les Etats-Unis ou l’Allemagne ont bloqué des transactions qui leur déplaisaient (tout comme la France avec Danone). Et même la Grande-Bretagne, peu regardante jusqu’à peu (Mini racheté par BMW, Jaguar par Ford puis Tata), commence à changer de point de vue du fait du poids d’AstraZeneca dans son économie (près de 10% de la R&D privée du pays). Bref, la tendance de fond semble être à une plus grande protection.

Il est d’autant plus préoccupant de constater l’apathie du gouvernement que cela envoie le signal à de potentiels acheteurs que la France est en libre-service. En outre, certaines opérations de rachats peuvent être maquillées en fusion d’égaux. Pire, notre pays peut être une proie pour des prédateurs qui imaginent générer de grosses économies fiscales en déplaçant le siège de l’entreprise. Il est difficile de ne pas voir le poids d’un tel facteur dans le projet, heureusement avorté, de la fusion Publicis-Omnicom (dont le siège social devait être à Londres…) ou dans l’opération de rachat de Lafarge par le Suisse Holcim. Bref, toutes ces opérations pénalisent notre pays à un double niveau.
 
Le gouvernement, par la voix d’Arnaud Montebourg, s’agite en publiant un décret qui pourrait lui permettre d’intervenir. Mais s’il s’agit seulement de choisir qui sera celui qui pourra dévorer Alstom, comment cela semble être le cas, alors, il s’agira encore une fois d’une agitation totalement vaine.

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12 réactions à cet article    


  • claude-michel claude-michel 19 mai 2014 11:22
     le scandaleux laisser-faire.. ?...Non la volonté de vendre notre pays aux étrangers tout simplement..Nous en avons la preuve tous les jours..La caste politique Française ( a de rares exceptions) travaillent à cette dilution de notre pays depuis des années..Chômage..dette..ventes de nos industries sont les preuves indéniables de ce travail de sape.. !

    • lsga lsga 19 mai 2014 11:24

      Notre industrie ? 

       
      Déjà, « avant », l’industrie française ne t’appartenait pas, mais appartenait à la bourgeoisie française. Ensuite, cette industrie reposait sur le pillage des matières premières africaines, de la même manière que l’industrie américaines reposait sur le pillage de l’amérique du sud. 
       
      Bref, l’industrie Française appartenait à la bourgeoisie française, et elle revient de droit au prolétariat africain. 

    • claude-michel claude-michel 19 mai 2014 12:19

      Par lsga...merci de votre fréponse...mais c’est du grand n’importe quoi... ?


    • lsga lsga 19 mai 2014 12:24

      qu’est-ce qui est n’importe quoi ? Que Chavez ait dégagé les entreprises US du Vénézuela, ou qu’il n’y ait pas encore de Chavez africain qui ait dégagé les entreprises françaises d’Afrique ?

       
      La majorité de l’industrie française devrait être en Afrique. 

    • Martha 19 mai 2014 12:59

       @Isga,

       C’est un peu primaire et Manichéen votre façon de voir les choses. C’est ce que croyaient certains pays qui ne raisonnaient qu’en terme de colonisation. Dans bien des cas le bilan était positif pour les populations et surtout pour les deux Pays, aux économies souvent complémentaires. Centre Afrique, Côte d’Ivoire ou Madagascar, par exemple. Notre départ s’est fait trop brusquement, on a vu le résultat. Il y a eu une rature, c’est évident.

       Cette relation Nord/Sud n’est pas à considérer uniquement en terme d’investissements et « bonnes affaires ». Les relations humaines sont à mettre au premier plan.

       N°1 reprendre en main notre économie et la maîtrise de notre monnaie.
       N°2 renouer nos relations traditionnelles tombées en déshérence que l’orientation « européiste » nous à fait abandonner. Sauf à « traiter » çà à la hussarde, style Lybie ou Côte d’Ivoire.

       Ce retour à nos relations traditionnelles, toujours vivantes, fait parti du projet UPR.

       


    • lsga lsga 19 mai 2014 13:13

      Martha : aujourd’hui, l’essentiel de l’emploi industriel qui devrait être en Afrique est en France, et en plus, on prétend empêcher les africains de venir travailler en France.

       
      Heureusement, la mondialisation fait éclater la main mise de la France sur l’Afrique, et les relocalisations vont pouvoir commencer. 

    • zygzornifle zygzornifle 19 mai 2014 11:48

      L’industrie Française est en solde depuis longtemps .....


      • lsga lsga 19 mai 2014 11:50

        non, elle est en solde depuis que le marché africain est ouvert à tous, et que les Capitalistes peuvent directement transformer la matière première africaine là-bas.


      • mmbbb 19 mai 2014 21:45

        @ Par lsga alors n’utilsez pas votre portable votre teliviseur et de l’electronique etc votre propos est assez fallacieux puisque ces matieres premieres sont certes en Afrique pour la plupart mais demande comme en electronique un savoir afin de de produire des objects Entre l’extraction du tantale est la fabrication d’un condensateur il y a quelques etapes intermediares un peu compliquee Idem pour le contreplaque qui est fait avec l’oukoume bois africain ....


        • Renaud Delaporte Renaud Delaporte 20 mai 2014 10:07

          Laissez tomber Isga. Il est convaincu qu’il est moralement répréhensible d’entreprendre et que les Chinois lui paieront sa retraite par solidarité ouvrière.

          Maintenant, pour l’Afrique... jamais vu la gauche de la gauche moderne et progressiste manifester contre la Shoa des grands lacs, avec ses cinq millions de morts. Pourquoi ? Parce que le massacre profite aux intérêts coloniaux amerloques et qu’il ne faut pas se montrer désagréable vis-à-vis de nos bons maîtres : ils sont si cruels.


        • babadjinew babadjinew 20 mai 2014 12:47

          L’erreur n’est pas de vendre ou de délocaliser, l’erreur vient du simple fait de ne pas exiger la continuité du bon sens social.


          Nous n’en serions pas la aujourd’hui si d’emblée nous avions exigé la mise en place des même normes sociales/salaire en Chine, Afrique.... Partout !!!

          Wake Up



           

          • Renaud Delaporte Renaud Delaporte 20 mai 2014 14:56

            +10. Les chinois prennent en compte autant qu’ils peuvent cette dimension pérenne des échanges économiques en achetant les matières premières aux cours mondiaux au lieu de les piller.
            On peut nuancer leur bonne fois en observant qu’ils exportant leur propre main-d’œuvre - parfois des prisonniers pas vraiment payés - sur les chantiers prévus dans les engagements d’achat et que la qualité de ces travaux peut ne pas toujours répondre aux attentes...
            Néanmoins, les échanges sont contractualisés dans un esprit de coopération gagnant-gagnants au profit des États et réalisés par les entreprises et non dans un esprit de profit maximum des entreprises dans le cadre d’échanges d’États à États qui ne sont rien d’autre qu’une couverture diplomatique jetée sur un pillage en règle.

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