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Accueil du site > Actualités > Politique > Analyse stratégique de la présidentielle 2007

Analyse stratégique de la présidentielle 2007

Analyse stratégique détaillée de la présidentielle en l’état actuel, illustrée par des sondages, afin de déterminer les dynamiques en présence et leurs possibles évolutions.

Cet article a été rédigé en réponse à celui Vicnent (sic) "François Bayrou de Condorcet" afin d’élargir l’analyse à l’ensemble du champ politique. Je procèderai en analysant l’espace qu’occupent les différents courants et les interactions à leurs frontières en tenant compte de la posture des candidats qui les composent. J’essayerai de passer en revue un maximum de paramètres sans en pondérer la valeur d’impact. Ne vous attendez donc pas à trouver en conclusion le nom de votre prochain président mais plutôt la dynamique actuelle et ses possibles évolutions futures.

Tout d’abord, je voudrais revenir sur l’article de Vicnent (t’aurais pas fait une faute de frappe dans ton login, mec ?). Je partage tout à fait l’hypothèse selon laquelle Bayrou est le Condorcet du fait qu’il se trouve au point d’équilibre de la société et que Le Pen est l’anti-Condorcet du fait qu’il se situe en une extrémité. En revanche, Vicnent conclut que tout supporter de Sarkozy se doit de supporter Ségolène ; or j’estime cette conclusion réductrice car ne prenant en compte qu’un point de vue, le point de vue militant. Pour ma démonstration je m’attacherai donc à formuler pour chaque candidat deux hypothèses. L’une établie depuis un regard militant, et l’autre depuis un regard affranchi. Avant de commencer, définissons ces deux notions.

Le vote militant

Le vote militant : l’hypothèse du vote militant considère que l’électeur a déjà pris parti pour un candidat et que, donc, il souhaite plus que tout l’élection de ce candidat et de ce seul candidat. Son vote se fera donc en faveur de la configuration qui garantira au mieux l’élection de son candidat.

Le vote affranchi

Le vote affranchi : l’hypothèse du vote affranchi considère que l’électeur hésite entre plusieurs candidats ou bien qu’il n’a pas de préférence absolue pour un candidat particulier.

Nuances

La frontière qui sépare les deux cas n’est ni imperméable, ni pleinement distincte. Chaque individu peut à tout moment passer de l’un à l’autre. Le passage de l’affranchi vers le militant étant le plus courant, l’autre n’est toutefois pas à exclure.

La différence caractéristique notable entre ces deux types d’électorat est leur facilité à passer d’un à un autre (volatilité) qui est bien entendu plus grande dans le second cas que dans le premier.

Je pars donc sur la base de deux postulats qui sont :

-#Seuls les candidats à plus de 8% dans les sondages à l’heure actuelle peuvent prétendre au second tour. Sont donc concernés : Sarkozy, Royal, Bayrou et Le Pen.

-#Parmi ces candidats, Bayrou est perçu par les électeurs comme le Condorcet et Le Pen comme l’anti-Condorcet. Contexte : une extrême gauche dispersée.

Contexte :

Une extrême gauche dispersée

En pariant sur l’union, l’extrême gauche a cristallisé la dispersion. Une branche forte d’une représentation nationale de près de 15% (13,4% en 2002) sur laquelle seront probablement assis entre trois et cinq candidats dont aucun ne semble se détacher à en croire les intentions de vote. L’échec du rassemblement a été psychologiquement très difficile à accepter pour une majorité d’électeurs votant traditionnellement pour l’extrême gauche. Quelle sera alors la réaction de ce corps électoral lors des prochaines élections ?

Des écolos vulgarisés

Depuis la fracassante tentative de Nicolas Hulot d’imposer l’écologie dans le débat, les Verts ne peuvent plus se proclamer uniques défenseurs de notre planète. Certes, ils restent le premier parti à vocation environnementale (Cap21 restant un peu dans son ombre) mais les autres ont aussi étudié la question. Evidemment, elle ne reçoit pas la même attention (intention ?) de la part de tous mais désormais les positions de chacun sont connues. Peut-on donc envisager une dispersion de l’électorat « écolo » ? Si oui, au profit de qui ?

Une gauche rassemblée

S’il y a bien une chose sur laquelle Ségolène a fait ses preuves jusqu’ici, c’est sur sa faculté à rallier à elle les autres partis de gauche. PRG et MRC ; voici deux partis ayant totalisés 7,6% aux dernières présidentielles désormais présents aux côtés du PS. Les directions de ces partis n’ont pu que succomber au charme de la madone. Un charme qui par ailleurs se quantifie en nombre de circonscriptions. Cependant il faut savoir faire la part des choses entre l’ambition d’une direction et les attentes d’un électorat. Nous tenterons donc de déterminer si l’électorat de gauche est réellement homogène.

Un centre décomplexé

A force d’efforts prononcés, le centre s’est créé un espace à part entière au sein du paysage politique français. Pour preuve un sondage  [1]IFOP paru fin janvier dans lequel il est dit que 53% des Français situent Bayrou au centre, 11% à gauche, 10% à droite et 22% ni à gauche ni à droite. De plus, les médias prennent de plus en plus en considération le centre dans leur discours. Comment donc cette nouvelle force émergente peut-elle s’affirmer électoralement ?

Une droite accoutumée

La guerre des chefs étant de coutume à droite, elle se voit représentée par le grand (façon de parler) empereur Sarkozy exerçant de plein droit sa supériorité et un trublion de service, Dupont-Aignan, prêt à en découdre jusqu’à la mort. Un schéma classique, sans grande surprise donc. Seulement, cette fois-ci, la droite va devoir combattre deux courants à sa gauche du fait de la rébellion centriste autrefois acquise à sa cause. Nous tenterons donc d’identifier la relation qu’entretient la droite avec son aile gauche.

Une extrême droite dépossédée

Le 21 avril 2002 sera douloureusement passé dans les esprits mais aura permis l’éveil d’une certaine conscience politique. De l’insécurité et de l’immigration, thèmes personnifiés de l’extrême droite, les autres (inquiets, convaincus, opportunistes ?) se sont emparés. Alors même si Le Pen a encore la plus grosse part, il ne peut plus prétendre au gâteau tout entier. Nous décortiquerons donc l’état du vote frontiste pour en jauger la portée.

La stratégie électorale :

Je vais commencer par balayer le paysage politique en partant des extrêmes pour repiquer au centre (là où tout va se jouer).

Vote utile et inutile

Tout d’abord intéressons-nous à la notion de vote utile. Ce terme sera régulièrement employé, c’est pourquoi nous nous attacherons à bien nous entendre sur sa définition et sur son importance présumée. Je pourrais débattre durant des heures sur la nature même du vote utile mais je vous l’épargnerai. Nous considèrerons donc le vote utile comme le remède d’urgence contre la gangrène «  lepenisante ». Interrogeons-nous sur la valeur du niveau d’alerte de la menace Le Pen pour ces prochaines élections.

Le vote Le Pen est bien plus qu’un vote d’adhésion. En effet, au fil des élections et des échecs politiques à répétition, Le Pen a su emmagasiner la colère de la société jusqu’à l’incarner. Son électorat se manifeste donc sous deux formes. Une partie qui vote par adhésion à ses thèses xénophobes et l’autre qui vote par contestation envers la société. La proportion occupée par chacune n’est pas formellement établie, notamment parce que la frontière qui sépare ces deux électorats n’est pas distincte. Toutefois, on peut raisonnablement penser que le vote contestataire en représente la plus grosse part.

Le Pen canalise donc la colère populaire. Seulement, il n’a pu empêcher l’explosion du 21 avril 2002 avec les conséquences que l’on connaît et notamment la sacralisation du vote utile. Cependant plusieurs raisons me laissent penser qu’elle est excessive. Pourtant, la société semble aller toujours aussi mal. Alors pourquoi donc le vote contestataire devrait-il s’arrêter ?

Oui, le vote contestataire veut s’exprimer mais il hésite. En effet, quelles ne furent pas les bien brefs enseignements tirés du second tour Chirac-Le Pen. Chirac élu avec plus de 80% des voix, le constat est sans appel : le vote Le Pen est un vote contestataire inutile. On peut alors douter de la volonté des contestataires, quelle que soit leur colère, à reproduire ce schéma improductif, car, oui, de fait Le Pen est le candidat anti-Condorcet.

Cependant, la colère doit être évacuée car toujours présente. Cet électorat particulier (mais représentatif d’un malaise généralisé) sera donc à la recherche d’une nouvelle bombe capable de faire voler en éclat le système contesté. Actuellement, le mieux placé pour semble être Bayrou, à la différence qu’il n’est pas un candidat destructeur mais refondateur. Cependant il est difficile de certifier la capacité de Bayrou à capter l’électorat contestataire. Certains lui reprocheront d’avoir été depuis toujours dans le système puis, il est dans le fond à l’opposé de Le Pen (tolérant/sectaire, européen/nationaliste, progressiste/rétrograde...). Si Bayrou ne peut réellement nuire à Le Pen, qui le peut ? Bové ? Vraisemblablement pas plus que Bayrou.

Non, ce n’est pas tant l’électorat contestataire de Le Pen qui risque de filer ni ses fidèles de longue date, mais plutôt celui qui se trouve entre ces deux eaux. Celui qui n’en peut plus de cette société française perméable. Une société qui donnerait plus aux étrangers qu’aux Français. L’opération séduction lancée par Sarkozy à cet électorat a indéniablement portée ses fruits. Sa popularité chez les électeurs frontistes est depuis 2004 constamment au-dessus de 60% passant même parfois la barre des 70%  [2] ! Le Pen pourrait alors compter sur l’absence de Mégret qui l’avait tout de même privé de 2,3% aux dernières élections, malheureusement pour lui c’est de Villiers qui jouera cette fois-ci le rôle de soupape de sécurité.

Plus encore qu’un candidat, son plus grand ennemi sera sans doute la participation. En effet, un fort taux de participation nuit catégoriquement aux extrêmes, or cette année les inscriptions sur les listes électorales ont connu une très nette augmentation notamment dans les quartiers difficiles. On voit alors mal comment cette nouvelle masse électorale pourrait profiter à Le Pen. De plus l’abstention sera très certainement faible car cette élection sera une élection majeure du fait de l’arrivée d’une nouvelle génération politique (Le Pen faisant d’ailleurs un peu tache à ce niveau) et d’un changement probable de cap.

Ajoutons à cela que le thème de l’insécurité sera moins présent, la somme de cette addition semble affaiblir considérablement le potentiel de Le Pen et c’est sans compter sa nouvelle place faite dans les médias. Certains y voient un risque, moi je crois davantage que cela lui nuira, car il glisse petit à petit dans le système, la diabolisation laissant place à la banalisation qui fait de Le Pen un candidat presque « ordinaire ».

Alors que reste-t-il à Le Pen ? En apparence plus grand-chose, mais ce serait une erreur de ne plus s’en méfier (c’est justement dans ces moments-là qu’il resurgit). Toutefois, l’argument du vote utile semble de faible portée. Puis le meilleur remède contre Le Pen, c’est de proposer de nouvelles voies pour sortir le pays de la situation dans laquelle il s’est enfermé, car le meilleur dopant de Le Pen n’est autre que l’immobilisme.

Avec ou contre moi

Gesticulateur de première, Sarkozy est par conséquent farouchement opposé à l’immobilisme. La valeur qu’il accorde à l’effort semble toucher une grande partie des Français. Depuis son intronisation officielle, il paraît intouchable dans les enquêtes d’opinion, fait la quasi-unanimité au sein des militants et n’a pas de véritable adversaire en face de lui. Dupont-Aignan parviendra peut-être à exhorter les derniers survivants gaullistes, mais certainement pas de quoi l’inquiéter. Le premier tour sera certainement pour lui une formalité et Sarkozy se positionne donc déjà pour le second en prônant l’ouverture. Erreur stratégique ?

Impossible de l’affirmer, le changement qu’il amorce pourra lui être utile pour le second tour s’il est perçu comme sincère (mais l’est-il ?). Rassembleur, Sarkozy ne l’a jamais été. Son discours est systématiquement fondé sur une opposition binaire de la société (lève-tôt/fainéant, patriote/déserteur...). Ce qui est sûr c’est qu’il ne laisse pas indifférent.

D’un autre côté, ses multiples références faites au socialisme peuvent désarçonner et trahir sa sincérité. Mais Sarkozy parie sur la fidélité que lui accorde son électorat. Une fidélité qui ne fait pas de doute en ce qui concerne l’électorat militant, mais qu’en est-il de l’électorat de droite affranchi ? Les écarts de Sarkozy dans son positionnement, combinés au fait que sa présence au second tour est quasi acquise (il recueille constamment près d’un électeur sur trois selon les sondages), pourraient pousser l’électorat affranchi à se disperser.

Deux choix sont possibles. Voter pour Dupont-Aignan histoire de donner du poids à la branche gaulliste, ou bien voter pour Bayrou pour tenter le coche et éliminer Ségolène. Car oui, ce que craignent avant tout les électeurs de droite, c’est de voir Ségolène à l’Elysée, alors que Bayrou, par sa volonté de réanimer les PME et l’Europe, est en mesure de séduire cet électorat. Finalement, ces derniers se diraient qu’un second tour Bayrou-Sarkozy écarterait tout risque de déception. Mis à part l’électorat 100% sarkozyste, les électeurs de droite auraient donc tout intérêt à voter Bayrou. Par conséquent, l’UMP se devrait alors de ne pas trop faire de critiques anti-Ségolène comme c’est le cas actuellement (bien que cela semble se calmer). A moins que l’intention ne soit de la victimiser, en tout cas, à ce stade, l’UMP en a fait suffisamment pour la décrédibiliser du moins temporairement.

La belle et la bête à moustache

Venons-en désormais à l’extrême gauche. Par rapport à 2002, rien ne semble avoir changé en apparence. Mais en réalité, un profond malaise s’est installé au sein de son électorat. La volonté commune de se réunir pour défendre les mêmes idées a été anéantie par les intérêts de partis.

C’est pourquoi je pense que l’électorat militant ne s’exprimera pas de la même manière que l’électorat affranchi de sensibilité antilibérale. Je pense que le premier soutiendra le parti d’extrême gauche auquel il adhère le plus. En effet, avec peut-être cinq candidats, les moindres dixièmes de pour cent ne seront pas de trop et le parti qui se retrouvera en tête sera aux yeux de la majorité le plus légitime pour incarner la cause antilibérale. En revanche, l’électorat affranchi excédé par ces luttes intestines risque fort de soutenir un combat plus serein. Qui peut en profiter ?

A n’en pas douter, la gauche et donc, Ségolène. D’autant plus que depuis Villepinte, cette dernière a marqué un virage clairement à gauche. Seulement, Bové (s’il est candidat) pourrait bien jouer les trouble-fête. Il est le seul représentant antilibéral à ne pas s’inscrire dans une logique partisane (quoi qu’en pense Buffet). Il est le seul véritable et digne héritier des collectifs antilibéraux. En se plaçant entre l’extrême gauche traditionnelle et la gauche, Bové joue le rôle d’éponge, un rôle qui pourrait porter un fort préjudice à Ségolène.

Car oui, l’électorat du PS demeure l’un des plus indécis de la campagne. Malgré l’unité (de façade ?) de la direction, l’électorat n’a jamais été aussi tenté d’aller voir ailleurs. Le positionnement de Ségolène n’a jamais vraiment été clair et ce qui aurait dû, à Villepinte, matérialiser définitivement l’aura latente autour de Ségolène n’a fait que cristalliser le doute dans les esprits socialistes. 100 propositions donc. 100 propositions pour relever la France. 100 propositions 100% socialistes, mais 100 propositions à caractère homéopathique. Un long discours qui a certes pu convaincre l’aile gauche du parti mais qui laisse sans voix le restant, qui s’est senti abusé. Pourtant, la parole, elle nous l’avait donnée, Ségolène. Seulement, elle n’a été que peu considérée. Les 100 propositions semblent avoir été pour la majorité piochées (au hasard ?) dans le projet socialiste.

Pourtant on la voyait se rapprocher du centre, mais la présence de Bayrou lui a certainement paru menaçante, d’où ce repli stratégique. Un repli qui aurait bien servi Jospin en 2002, ça, Ségolène ne l’a pas oublié, mais aujourd’hui la donne est différente. Si Jospin n’a pas atteint le second tour, c’est en partie parce que son électorat a été capté par d’autres partis de gauche. Ségolène ayant rassemblé, quel est l’intérêt de s’affirmer plus à gauche que nécessaire ? A sa gauche, il n’y a que l’extrême gauche... Un transfuge de l’électorat de l’extrême gauche vers la gauche est a priori envisageable étant donné la situation sinistrée des premiers. Sauf si Bové parvient à se présenter, car cela mettra en place une zone tampon entre elle et eux. Or à sa droite, de zone tampon, il n’y en a pas ! La position de Ségolène laisse donc le champ libre à Bayrou et le centre-gauche du PS se sent tenté.

Toutefois, il n’y a pas que le positionnement qui compte. Le projet et la crédibilité sont deux facteurs déterminants dans le choix des électeurs. Or on ne peut pas vraiment dire que Ségolène fasse l’unanimité sur ces deux points. Les 100 propositions (heureusement qu’ils n’ont pas eu l’idée de trop au PS, sinon ça ne faisait plus un compte rond) manquent de cohésion et aucun projet de société ne semble se dégager. L’autre perfectibilité touche au discours de Ségolène peu cohérent. Il est très honorable de commencer par aborder le problème de la dette, mais ça en devient vide de sens, s’il n’est pas pris en compte. Puis, Ségolène navigue en eaux troubles accumulant les revirements, ce qui affecte sa crédibilité.

L’autre considération majeure dont il faut tenir compte est l’ancrage de Ségolène dans le cercle politique. Personne ne pourra contester qu’elle est née des sondages. Elle n’aurait sans doute jamais été désignée candidate si elle n’avait pas en son temps une cote de popularité aussi forte dans l’opinion et, on le sait, ce qui nous fait peut aussi nous défaire. Or depuis mi-janvier, sa cote s’effrite. Une perte de 7 points l’amenant aux alentours de 25% d’intentions de vote. Depuis cette tendance continuellement à la baisse, Ségolène n’arrive plus à passer, à l’emporter au second tour face à Sarkozy, pire, l’écart s’est dernièrement considérablement creusé  [3](46%-54%). Si la tendance se confirme dans les prochaines semaines, le « TSS » (Tout sauf Sarko) semblera ne plus pouvoir passer par Ségolène. Un fait qui pourrait bien provoquer un effet boule de neige, notamment sur l’électorat de gauche affranchi, qui déjà n’est retenu par aucune barrière et qui n’hésitera donc pas à voir ailleurs, si Ségolène se révélait être dans l’incapacité de battre Sarkozy. En proie au doute, l’électorat militant sera-t-il prêt lui aussi à franchir le pas ?

Le vote utile est brandi bien haut par Hollande qui affirme que Le Pen est le seul troisième homme possible. L’électorat sera-t-il dupe de la méthode Coué ? Je vois donc mal par quels leviers Ségolène pourrait se relever. A moins que... Ecolo un jour, écolo toujours : grâce à Hulot et à son pacte, l’écologie est devenue politiquement tendance. Une mouvance dont Ségolène semble vouloir s’emparer. En effet, elle a toujours affirmé sa volonté de faire de l’écologie l’une de ses priorités. Le problème est qu’Hulot s’est déjà retiré mais les 10% d’intentions de vote dont il était crédité semble s’être évaporés comme du CO2 dans l’atmosphère... En effet, le report de ces voix ne semble pas bénéficier à tel ou tel candidat  [4]. Pire, même les écolos restent au ras des pâquerettes. A croire que le score d’Hulot n’était dû qu’à un savant dosage médiatique.

Le centre maître

Stratégiquement Bayrou a donc une carte à jouer. Positionné au centre, entouré d’une gauche inquiète et d’une droite tentée, Bayrou a théoriquement toutes les cartes en main pour créer la surprise. Soutenu à plus de 90% par l’électorat militant malgré les désertions de quelques barons, il n’a plus qu’à tirer sur les deux fronts afin de rejoindre les deux bouts. Une position certes non évidente mais facilitée par l’instabilité de Ségolène et par l’inaptitude de Sarkozy à fédérer au-delà des clivages de droite. L’absence totale de zone tampon sur sa gauche jouera en sa faveur. Par contre, à droite, il est à craindre que Dupont-Aignan puisse occuper une zone tampon entre lui et l’UMP. Ce dernier pourrait pourtant être situé davantage entre Sarkozy et de Villiers du fait de sa position européenne, mais en dehors de ce point il est en accord avec Bayrou sur tous les sujets et devient donc un danger potentiel pour lui. Le « TSS » à l’esprit de chaque côté jouera certainement un rôle.

Bayrou adopte une posture unique. Un choix à double tranchant qui semble trouver un écho positif [5], (71% des sondés sont favorables à un gouvernement d’union nationale comme le propose Bayrou) vers un électorat qui aspire au changement. Bien que la situation puisse encore beaucoup évoluer, il reste à faire et, comme le montrent les sondages des précédentes présidentielles, le début du mois de mars sera très certainement révélateur.

Une chose est sûre, il peut incarner la surprise. En revanche, je pense qu’il ne devra pas se contenter de grignoter d’un bord et de l’autre. Son succès résidera dans sa faculté à capter ceux qui ne se sentent ni à gauche, ni à droite, ceux qui bien souvent s’abstiennent ou votent blanc, voire protestataire. C’est la base de l’électorat français, c’est l’électorat centriste affranchi. Un électorat encore muet car n’ayant jamais pu vraiment s’exprimer. Pour cela, il doit attirer son attention en suscitant chez ce dernier un nouvel intérêt pour la politique. Pour cela, il faudra hausser le niveau de la campagne car l’intérêt est latent (notamment chez les jeunes  [6] et ne demande qu’à être reconnu pour ce qu’il est.

Les autres candidats s’embarqueront dans cette voie mais seul Bayrou, par sa volonté de faire de la politique autrement en s’affranchissant des clivages, semble doté d’une certaine crédibilité.

Et les autres ?

Oui, les autres, les petits candidats comme on les appelle. Quel rôle ont-il à jouer ? Difficile de le déterminer. Déjà, combien seront-ils ? Aucune idée. La seule variable sur laquelle ils peuvent réellement influer est le réservoir d’indécis. Une branche semble-t-il davantage convoitable par Bayrou, d’autant plus que ces électeurs sont souvent des centristes qui s’ignorent faute d’avoir pu être représentés dans le passé par manque de visibilité.

Les cartes déjà distribuées ?

Je ne peux donc pas avancer plus de certitudes que les faits déjà évoqués. Malheureusement, la banque d’enquêtes d’opinion à ma disposition n’est pas suffisamment pertinente pour une évaluation poussée de l’impact cumulé de l’ensemble des hypothèses émises.

Excepté en cas de retournement majeur, mon sentiment est que la dynamique actuelle va se poursuivre. C’est-à-dire que la cote de Ségolène va continuer à s’effriter et celle de Bayrou à grignoter. Pour imager cette hypothèse, on peut se baser sur le potentiel électoral des candidats [7] qui montre très clairement que Bayrou a un plus fort potentiel électoral que celui de Ségolène et que la dynamique se poursuit dans ce sens (Bayrou : 59% (+14), Ségolène 56% (-6)). Tous les voyants sont donc au rouge pour Ségolène et au vert pour Bayrou. Tandis que, de son côté, Sarkozy va très probablement baisser sans pour autant être menacé, d’où un possible report d’une partie de son électorat sur Bayrou. On comprend bien alors que la dynamique entamée par Bayrou risque fort d’être décuplée par différents effets de levier. La question est de savoir si cette dernière sera en fin de compte assez puissante ? Le TSSES (Tout sauf Ségo et Sarko) pouvant d’ailleurs aider à l’augmenter encore plus puisque Bayrou est le Condorcet.

Quant à Le Pen, je le vois en quatrième position mais assez en retrait du trio de tête, le vote utile est donc pour moi un argument fallacieux mais il n’est pas à exclure que l’électorat populaire tombe dans le panneau, ce qui offrirait un second souffle à Ségolène (et si ce n’est pas le cas, elle se consolera sur Second Life). En tout cas, ça donne matière à réfléchir sur le fossé séparant les intérêts partisans des intérêts populaires.

Il convient toutefois de relativiser tous ces sondages et analyses, car n’oublions pas que le résultat d’une élection n’est pas que question de stratégie et de posture. Il est aussi, et surtout, la conséquence d’une synergie, même plus, d’une alchimie entre un peuple et un homme ou une femme. Un homme ou une femme qui le représentera pour cinq années.


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26 réactions à cet article    


  • jujubinche (---.---.235.222) 21 février 2007 13:08

    Je trouve votre analyse d’une belle pertinence. Néammoins, les choses me paraissent tellement confuses, l’opinion tellement versatile, les messages tellement brouillés ...

    J’aime beaucoup le positionnement de F Bayrou, mais j’ai peur que la présentation de son projet ne le laisse face à un mur de contradictions ... Nous verrons.


    • Hugues-P (---.---.32.123) 21 février 2007 13:45

      Bravo, très bonne analyse, pour moi juste et surtout cohérent concernant les comportements psycho-politiques des électeurs de mai 2007. Un plaisir de vous lire.


      • candidat 007 (---.---.41.75) 21 février 2007 14:00

        Votre analyse qui s’appuie sur des sondages est donc démentie dès aujourh’hui par un sondage. puisque Ségo remonte au lieu de « s’effriter » et passe devant Sarko au premier tour.

        Les sondeurs s’extasient devant les 17 % de bayrou. Mais en fait Bayrou rassemble des déçus de partout qui ne peuvent plus s’exprimer au premier tour. Il n’y a plus de radicaux de gauche, de chevenementistes qui a eux deux ont fait près de 8% au premier tour. (Ne serait-ce qu’en enlevant ces 8 %, Bayrou n’est déjà plus à 10 %). Le PS a fait place nette avec la peur du vote utile, et bien bayrou joue ainsi le supplétif.

        Les partis écolos sont ratatinés par la bourrasque Hulot qui les a déconsidérés, les antilibéraux n’ont pas réussi à s’entendre, et tout ce beau monde se bataille sur des 1 à 2 % loin des scores des primaires de 2002.

        Tous ces déçus se rapprochent donc momentanément le temps des sondages) dans le giron de Bayrou, pour voir ce que ça donne. Ca permet aussi de bousculer préventivement certains.

        La montée de bayrou dans les sondages exprime donc le fait que les électeurs sont toujours aussi déçus sinon en colère contre les partis de gouvernement et veulent encore marquer leur « ras le bol » et aussi que, Sarko à Droite, et Ségo à gauche, n’ont pas réussi à rassembler les déçus de leur camps pour le moment.

        ceci est d’autant plus vrai que le PEN, lui continue de monter ; Il est à 14 % , dans ce dernier sondage. Donc le besoin de protester est toujours là. Bayrou en profite un peu , saura t’il transformer cette protestation en projet constructif et réaliste apte à transformer les sondés en électeurs. Ceci me parâit bien aléatoire, Bayrou ne peut ainsi brouiller son vécu de politicien, en deux mois. Il est de ce milieu politico’médiatique depuis longtemops. C’est son monde. Il en joue , assez bien même. Alors attention aux désillusions dans les deux mois à venir.


        • PasKal (---.---.201.240) 22 février 2007 11:52

          ah non, pour ma part et CLAIREMENT : JE VOTE BAYROU AU 1er ET AU 2nd TOUR PAR ADHESION (à ses idées, son programme et sa personnalité) et pas par rejet des autres !

          C’est marrant comment les soutiens de Sarkosy et de Royal restent dans le cliché ancien et les réflexes du passé en penssant que ceux qui ne choisissent pas leur candidat ne le font que ’par rejet’. Comme si ceux qui votaient Bayrou n’étaient que des crétins sans cervelle qui choisissaient Bayrou comme ils auraient pu choisir un autre.

          Bah non . C’est bel et bien PAR CONVICTION et PAR ADHESION que NOUS CHOISISSONS et VOTONS pour FRANCOIS BAYROU !

          Faudra vous y faire...


        • Al Bundy (---.---.31.238) 21 février 2007 15:49

          Analyse percutante et claire de la situation. Je suis totalement en phase avec vos arguments. J’ajouterais que Bayrou bénéficie de 2 dynamiques qui se conjuguent pour créer sa fameuse vague (Tsunami ???).

          La première est effectivement un besoin de l’électorat de se ré-approprier son due, a savoir la démocratie. Et a ce titre le vote sanction contre Sego/Sarko est une réalité indéniable dans sa montée dans les sondages.

          La deuxième dynamique est constituée du projet et du personnage, que beaucoup d’électeurs découvrent a l’occasion de cette élection. Nous ne pouvons pas le nier ses propositions et ses prises de positions séduisent la classe moyenne.

          A mon sens, ses prises de parole s’appuient sur des argumentaires fondés et ses propositions semblent crédible sur la forme et le fond, contrairement à ses deux autres compétiteurs.

          Je pense effectivement que cette vague va s’amplifier au fur et a mesure de l’intérêt croissant des médias a son sujet. C’est pourquoi le paris d’être présent au deuxième tour devient de plus en plus crédible.

          Pour finir j’ajouterais que pour exister après l’election présidentiel dans l’hypothese ou FB ne passerait pas le 2ieme tour, il ne faut pas qu’il donne de consigne de vote à son éléctorat, afin de se présenter comme une force politique a part entiere dans le paysage électoral.


          • non666 non666 21 février 2007 16:03

            Vote « utile », vote inutile, c’est une question de point de vue.

            A mon sens tous les votes basées sur les familles politiques historiques des droites sont positifs. Ils permettent de chiffrer les rapports de force et les inflexions a faire.

            Au contraire le vote « generaliste » de l’UMP qui pretend etre a la fois le vote nationaliste/gaulliste, le vote « droite sociale » ET le vote liberal est une utopie. Car il suppose que l’arbirage sera fait par Sarkozy, sans tenir compte des rapports de force entre ces familles. Qui sera le premier trahi ?

            Voter Bayrou et voter Lepen sont donc deux votes qui ont du sens. Maintenant peut etre que oui, LePen ne sera jamais elu. Et ce sera de sa faute vu son incapacité a deleguer, a entendre d’autres voix que la sienne, a tendre la main aux Gaullistes, aux Chevenementistes et au Villieristes.

            Mais il ne faut pas sous-estimer l’immunité acquise a la propagande par la population. Dans la Fable Pierre et le loup, Pierre crie « aux loups » deux fois pour rire. La troisieme fois, personne ne le croit plus et il finit devoré. C’est bien fait pour lui !

            Les politiciens ont ignoré les cris d’alarme sur l’immigration, l’insecurité, une « Europe » qui ressemble de plus en plus a « NATO-Land », les menaces de la mondialisation purement liberale depuis 5 elections.

            Il ne faut pas sous-estimer le ras le bol general. Pour que des gaullistes comme moi se mettent a hesiter entre LePen et Bayrou, qui sont pourtant très eloignés de mes positions personnelles, il faut que l’ecoeurement soit ENORME !

            Donc les sondages des instituts mercenaires, qui vendent leur cul aux plus offrants , sont une chose, ce qui se dit autour de la machine a café dans les entreprises en est une autre...

            La Finale LePen-Bayrou serait pour moi ideale. Bayrou aurait juste un choix clair a faire. Tant pis pour lui s’il joue la carte de la diabolisation. Tant pis pour lui s’il essaie de sauver les socialistes en plein naufrage... S’il est au deuxieme tour, c’est parce que les gens auront fondamentalement voulu autre chose que le duo de siamois UMP/PS. Alors si il les rehabilitent, ce sera lui qui aura été un vote inutile.


            • mj357 (---.---.227.99) 21 février 2007 17:09

              Belle analyse, c’est hyper fouillé et vous semblez ne jamais prendre parti et vous restez objectif et méthodique jusqu’au bout. Vous avez visiblement un avenir dans le journalisme.

              Je voudrais simplement ajouter quelques éléments sur F.BAYROU.

              Historiquement sa tendance démocrate chrétienne représente 10 à 16 % ( Voir BARRE en 1988 ou plus près de nous les européennes). Les 17 % ne semblent donc pas être un effet de mode. Les 6.8 % de la dernière présidentielle sont un accident survenu au lendemain de l’OPA de la future UMP sur les cadres d’alors de l’UDF. En réalité l’UMP a ralié à elle les anciens cadres UDF de tout bord mais pas l’idée du mouvement chrétien-démocrate. Au contraire L’UMP a « nettoyé » l’UDF alors parti politique fourre tout de ses ultras-libéraux tendance mafia immobilière (le Parti Républicain qui a force de voir ses cadres empétrés dans les affaires s’était rebaptisé démocratie libérale), de ses cathos intégristes style BOUTIN, des radicaux valoisiens (ça par contre c’est dommage que fait BORLOO à l’UMP ?)qui par leur héritage laïque pouvait parfois être en opposition avec les démocrates-chrétiens. Résultat là ou l’UDF était un parti illisible où se cotoyait tout et son contraire, il s’est réellement créé une force centriste parfaitement identifiable comme je vais tenter de la décrire ci dessous débarassé de ses vieux vêtements tradi-catho ou encore de ses idées contradictoires.

              Deuxième point : Visiblement cette force centriste qui a toujours existé en France que ce soit chez les chrétiens démocrates où chez les radicaux et qui a toujours été représenté par des hommes brillants (Mendes France, Scherban-Schreider...) monte en puissance dans le reste de l’Europe (Italie, Allemagne...)depuis quelques années. Je pense qu’il ne s’agit pas d’un effet de mode mais réellement d’une conviction profonde qui se développe en Europe qui consiste à dire ou penser que les grands idéaux du XIX ou XXème siècle (Socialisme, Libéralisme) appliqués sans recul et dans leur globalité ne valent pas grand chose mais qu’il existe une voie médiane à définir. Ligne médiane dont le succès ne dépend que du chef qui la conduit tant il est vrai que le subtil mélange peut être difficile. Il existe donc de plus en plus un électorat éclairé qui pense que seul la libéralisation du marché du travail (permission de travailler autant que l’on veut, absence de contraintes administratives pour l’employeur....) peut créer de la valeur ajoutée. Que l’augmentation du coût du travail si il n’est pas accompagné d’un gain de productivité ne crée que de l’inflation et une baisse de compétittivité mais que l’Etat ne peut se désengager de son rôle de régulateur et qu’une certaine politique sociale ne peut s’accomoder de baisses d’impôts trop importante, notamment lorsque le déficit est à un niveau historiquement haut.

              Troisième point, je cotoie beaucoup de gens autour de moi issu du mouvement social-démocrate, je peux vous affirmer que les mentalités changent et que le phénomène BAYROU est tout sauf un vote contestataire. Les socialiste dans leur majorité sont des gens instruits qui comprennent que l’accumulation de chèque en blanc pour seul programme électoral est d’un autre temps. Beaucoup se tourne donc vers le centre qui additionne pensée progressiste, sociale et pragmatisme économique.

              Je pense donc en conclusion que BAYROU fera au moins 15 ou 16 % et que même si il baissait en intention de vote en Mars il va quand même dépasser en nombre de votes en sa faveur le réservoir des symphatisants UDF.


              • (---.---.41.75) 21 février 2007 18:39

                Le difficulté de Bayrou c’est que ce n’est pas une dynamyque très constructive malgré tous ses efforts et ses qualités personnelles. je ne crois pas que le bond dans les sondages exprime un ralliement au programme Bayrou, de « vision consensuelle de l’avenir ».

                Dans les 17 % de Bayrou, il y a des déçus , des contestataires, des protestataires.

                C’est le ralliement de déçus de la gauche « plurielle » qui le propulse à 17%.

                Il bénéficie aussi d’un certain ralliement de contestataires qui ne trouvent plus a s’exprimer (absence des radicaux et des chevenmentistes auxquels je rajoute les Hulotistes),

                et également de protestataires qui pensent que peut être bayrou peut représenter un moyen de faire exploser les leaderships PS et UMP et le système droite gauche. Ces protestataires sont un peu perdus et amers sur l’extrême gauche, écrasés chez les écolos mais , n’osent pas encore franchir le rubicon et voter LEPEN, bien que l’expression d’une envie de tout renverser soit puissante. (ceux qui disent , il faut que ca change. !!!)

                C’est pour cela que l’électorat de Bayrou est fragile et volatil et que d’après un autre sondage seuls 30 % de ceux qui disent voter pour bayrou sont certains de leur vote ; soit 6 à 7 % % , ce qui est son score de 2002).


              • candidat 007 (---.---.41.75) 21 février 2007 18:44

                commentaire de candidat 007. j’avais oublié de remplir les cases.


              • baz (---.---.93.134) 21 février 2007 18:04

                Je suis un peu surpris par le fait que vous ne comptiez pas Bayrou dans ce qui pourrait être, pour les gens de gauche, le vote utile pour empêcher Nicolas Sarkozy d’être président. Cette situation ne serait d’ailleurs pas, pour la gauche, sans rappelé, ironie de l’histoire, le deuxième tour de 2002 avec Bayrou à la place de Chirac et Sarkozy à la place de Le Pen sauf, qu’en cas de duel Sarkozy-Bayrou, le candidat de l’UDF serait beaucoup plus enclin à travailler avec la gauche et cela, surtout, si le PS pouvait lui apporter les voix manquantes en appelant à voter pour lui au second tour. Le PS aurait donc peut-être perdu au premier tour mais le véritable perdant de l’affaire serait alors l’UMP si Sarkozy échoue au deuxième tour face à la cette « coalition » d’un autre genre que celle de 2002. Et à la veille d’élections législatives où la personnalité des leaders sera moins mise en avant, je ne donnerais pas cher de la peau de la droite... smiley


                • (---.---.98.196) 22 février 2007 07:54

                  Baz, je ne peux qu’être d’accord avec vous.

                  Pour un homme de gauche, la priorité de priorités c’est de faire en telle sorte que Sarkozy ne soit pas président.

                  Un Sarkozy président, c’est le capitalisme sauvage, c’est le règne sans partage des affairistes et des coquins (voir les amis dont il s’entoure). C’est un alignement inconditionnel sur la politique états-unienne, si Sarkozy avait été président en 2003, l’armée française serait maintenant en Irak et combien de foyers français pleureraient un disparu ? C’est aussi un facteur de division entre les français. Compte tenu des mesures qu’il prendrait en faveur de ses copains du CAC40, c’est la garantie de troubles sans fin, de grèves à répétition, faute pour les français « d’en-bas » de pouvoir se faire entendre autrement.

                  Sarkozy président, en moins de 2 ans est à moins de 25 % d’opinions favorables. Je n’ai jamais compris pourquoi Chirac, qui pourtant dit le détester, ne l’a pas nommé premier ministre, c’était le plus sûr moyen de l’anéantir, maintenant, on n’en parlerait tout simplement plus. Mais sans doute Chirac ne le déteste-t-il pas autant que ce qu’il veut bien en dire !

                  Alors le vote Bayrou, un vote utile pour les sensibilités de gauche ? Sans aucun doute, s’il apparait, maintenant, comme le seul capable de faire barrage à un dangereux arriviste.


                • En passant... (---.---.203.48) 21 février 2007 21:15

                  Je ne pense pas que Bayrou prenne réellement des voix de gauche...Il n est pas de gauche, ne l a jamais été et a toujours pactisé avec la droite, et le fossé reste infranchissable pour la plupart des gens « de gauche » à qui il a laissé de mauvais souvenir lors de ses passages au gouvernement(les professeurs et personnels educatifs par exemple).

                  A mon avis, Bayrou récupère surtout des voix « contestataires » de Lepen(qui ont compris l inutilité du truc), les voix des gens « de droite » non racistes/communautaristes qui ne peuvent décemment voter villiers-UMP-FN, et les voix d une partie des « jeunes » , en partie grace à son positionnement assez ouvert lors des débats sur DADVSI.


                  • Alexandre (---.---.112.95) 21 février 2007 21:33

                    Une gauche rassemblée ???????

                    - DSK ne dit mot (et donc consent) quand Bayrou parle de lui comme ministre...
                    - Besson se tatte pour voter ailleurs...

                    - Quand à MONTEBOURG, voici une NOUVELLE REVELATION :

                    http://www.dailymotion.com/search/bayrou/video/x19ggc_montebourg-et-bayrou

                    ( Arnaud montebourg en campagne en 2002 : "...Jospin, c’est le programme de Bayrou en moins bien. Tu l’a lu le programme de Bayrou ? Mais moi il me plais beaucoup plus ! )


                    • Hermes Fanfan la tulipe 21 février 2007 22:21

                      Tres intéressanr article. Certains disent que le vote Bayrou c’est le contestataire, le décu de L’ UMPS pour remplacer LE PEN. EN partie oui mais c’est aussi plus que cela, c’est une envie de changement, de tenter quelque chose d’autre, de nouveau, une nouvelle approche, il y a des risques que cela ne marche pas, oui. Mais est ce que l’atreance gauche-droite a donné quelque chose non. C’est peut une des seule chance des francais pour retrouver un nouveaux souffle je ne dis pas que c’est la meilleur. Mais elle semble moins catastrophique que celle que nous prévoit L’UMPS. par contre il est certains que Bayrou doit nous montrer à fond l’homme qu’il est et d’après ce que je recent , ce n’est que le début. Puet être que sa stratégie c’est d’être au top juste dans le dernier mois.

                      Par exemple SARKO : je disais que comme il avait proposé pas mal de choses depuis 4 mois, il serait facile de le démonter pièce par pièce car on à le temps avec les elections. Et c’est ce qui passe, je l’ai démonté et découvert qui il était, moi qui aurait voté pour lui je suis très hésitant actuellment, j’attend l’éffet bayrou. En ce qui concerne Royal j’avis eut l’impression avant ces grandes prises de paroles, une grande réflexion, donc quand elle aurrait cmmencer a parler cela aurait été une explosion mais même pas , juste un petit petart en fin de compte.

                      En fin de compte au niveau de l’entrée Sarko et Bayrou sont ont faient pareil, par contre l’un est parti tot l’autre tard mais on verra qui du lièvre ou de la tortue gagnera. Donc à suivre avec attention.

                      Ps aujourdh’ui encore Sarko,a dit qu’il suprimerait les droits de succesion comme toujours pas de precision si c’est sur 5 ans ou plus Alors que quelques jour auparavant cela ne se fesais plus, une vraie girouette


                      • Jim How 21 février 2007 23:20

                        Je trouve votre article très clair et très intelligent comme celui de vicnent d’ailleurs.

                        Néanmoins, je n’y vois ni dans l’un ni dans l’autre mention de la tendance de la V ème république à un « ministre en fonction » de ne pas gagner d’élection (ce qu’on nous a rabaché avec Jospin)... Qui pourrait s’appliquer à M. Sarkozy, sous un motif de « pourquoi ne pas l’avoir fait avant de devenir candidat ? ».

                        Il y a aussi une tendance que je soumet, issu de mon expérience auprès de mes proches, les élections présidentiels sont loin d’être le « prix d’Amérique »... A défaut de parier sur le meilleur, l’élection est plutôt sur le « moins pire » qui au final ne fait que décevoir de plus en plus la population. Je ne vous l’enlève pas de vos analyse, ce sont les votes blancs et les indécis qui en sont les premiers représentants.

                        La « Nouveauté », c’est que je ressens dans mes proches de divers bords politiques confondus de l’appétence pour M. Bayrou, un ligne de discourt moraliste sur la politique et les médias. Et cela sort du contexte « tiens en v’la un qui raconte pas trop de bourdes », pour une réelle intention vers un vote non pas favorable mais bien une « envie ». Le seul frein à ceux qui reste indécis, et son plus gros problème au delà du « UMPS » (comme cité plus haut), c’est la difficulté à faire croire qu’il pourrait travailler avec des gens de bords opposés dans un même gouvernement... Sans parler de constituer une équipe cohérente pour les législatives.

                        Reste à savoir si les gens sont suffisamment désabusé pour tomber dans un vote « UMPS » en sachant que ce ne sera que « reparti pour un tour » (plus ou moins fondé). Ou s’il reste un peu d’espoir pour voter dans une idée ardue de rassemblement français (si là aussi on ne tombe pas sur un candidat totalement démagogique).

                        (Merci de votre tolérance à mon premier post citoyen smiley)


                        • Fanfan la tulipe (---.---.52.120) 22 février 2007 08:22

                          il a ete cite plus haut qu’il lui serait difficile à faire travailler l’UMPS ensemble. Dans un de ses discours, il à formellement dit que viendrais qui veut des deux bord pour travailler ensemble tout en restant chacun dans son parti et ses idées, mais le but c’est surtout d’avoir des personnes de valeurs et de haute qualité des deux bords qui ont envie « vraiment » de remonter le niveau de la France, bien sur dans le lots certains viendrons juste pour avoir un poste de haut fonctionnaire donc la est difficile des les débusqués. D’après ce qu’il parait, beaucoup d’hommes politiques de L’UMPS s’apprécie d’un bord à l’autre, mais c’est dans la facon de faire de que cela diverge assez souvent.

                          Ce que je pense par une image c’est que Bayrou veut faire un effet de père et de mère, dans une famille les parents doivent toujours trouver des compromis pour bien élever leurs enfants, bien en ayant par moment des idées diamétralement opossé, pour aider leurs enfants le seul moyen qu’ils ait est le dialogue et la discution , le conpromis lui en est le résultat. J’ai l"impression que c’est cette immage que Bayrou veut faire passer, asoccier par emple dans les archétipes, la douceur de la mère et la dureté du père.

                          Quand je vois l’assemblé nationale assez souvent c’est surtout de la confrontation, et peu de dialogue, une oposition droite-gauche et qu’a t’elle apporté ? rien, juste plus d’injustice, plus de déficit, plus de délinquance, plus de méfiance envers la politique, comme si deux parents étaient en train de disputer et que le gamin veut partir pour plus voir ca (cette queurelle permanente).

                          Tiens encore une image qui m’ai venu hier. Ségo aurait tendance à joué la mère, Sarko le père et Bayrou un parent moderne ou un grand frère dans l’arquétype de la famille


                          • (---.---.73.200) 22 février 2007 09:47

                            La politique, c’est déjà très compliqué pour les adultes.

                            C’est pas à la portée d’un gamin de maternelle, même très doué ! C’est pas une question d’intelligence, c’est une question de naïveté. smiley


                          • Blablabla (---.---.191.60) 22 février 2007 10:06

                            Ce discours défendant la cause Bayrou est tombé comme une lettre morte. Soit Agora ne rassemble plus autant de participants qu’il y a peu encore (...), soit ses « habitués » sont partis en vacances de neige. Le discours n’est ni sage ni posé, ses arguments sont « fallacieux » pour reprendre un terme de l’auteur à propos du vote contestataire.
                            - Article qui pose les bonnes questions, mais comme Le Pen ne donne pas les bonnes solutions.
                            - Article rédigé par les petites mains (des nègres ?) car il n’a pas été fait tout seul : Je cite : « malheureusement, la banque d’enquêtes d’opinion à ma disposition n’est pas suffisamment pertinente pour une évaluation poussée de l’impact cumulé de l’ensemble des hypothèses émises ». Pourtant l’auteur se défend de faire de la stratégie politique ! Passons.

                            Quelques éléments de réponse à moi tout seul.

                            A propos de la gauche : On devrait placer la réflexion, à l’inverse de ce que suggère cet article tout dévoué à Bayrou, sur le plan d’une gauche diabolisée, que nombre d’électeurs souhaitent voir réhabilitée au « risque » de voter utile vers l’extrême gauche. Le vote utile à la Droite et ses valets : une fois, pas deux !

                            A propos des indécis : « Un électorat encore muet car n’ayant jamais pu vraiment s’exprimer ». Mais que fait-on des sourds et des aveugles ?

                            A propos du vote militant : « (Il) se fera donc en faveur de la configuration qui garantira au mieux l’élection de son candidat ». C’est-à-dire, le vote utile utile à Bayrou et non à Ségo. C’est ça ?

                            A propos de l’extrême droite : Si comme le dit l’auteur, « le vote utile est un vote contre la gangrène Le Pen », qu’en est-il alors de l’affirmation : « cette année les inscriptions sur les listes électorales ont connu une très nette augmentation notamment dans les quartiers difficiles ». C’est déjà une partie de la réponse à son auteur dans sa propre phrase « on voit alors mal comment cette nouvelle masse électorale pourrait profiter à Le Pen ».

                            Selon lui, elle est « dépossédée » : « Le 21 avril 2002 sera douloureusement passé dans les esprits mais aura permis l’éveil d’une certaine conscience politique ».

                            Oui, on peut affirmer aujourd’hui, sans peur, que le FN a été exorcisé (dépossédé), que le vote frontiste partage ses idées comme il l’a toujours souhaité.

                            L’auteur s’enfonce encore en ajoutant : « moi je crois davantage que cela lui nuira, car il glisse petit à petit dans le système, la diabolisation laissant place à la banalisation qui fait de Le Pen un candidat presque ordinaire ».

                            Comme il est à la mode de dire que les élites politiques ne sont plus en prise avec la réalité que vivent les gens, de la même façon, l’auteur ignore complètement que le vote frontiste est à la mode chez les jeunes.

                            Bien que « on peut alors douter de la volonté des contestataires, quelle que soit leur colère, à reproduire ce schéma improductif », « le vote utile est donc pour moi un argument fallacieux mais il n’est pas à exclure que l’électorat populaire tombe dans le panneau ».

                            C’est donc là la clé de voûte de tout l’article.

                            « Alors que reste-t-il à Le Pen ? En apparence plus grand-chose, mais ce serait une erreur de ne plus s’en méfier (c’est justement dans ces moments-là qu’il resurgit) ». Je me demande qui joue au chat et à la souris.

                            Pour finir : « le meilleur remède contre Le Pen, c’est de proposer de nouvelles voies pour sortir le pays de la situation dans laquelle il s’est enfermé, car le meilleur dopant de Le Pen n’est autre que l’immobilisme ».

                            Ce que suggère l’auteur, c’est de changer l’immobilisme de place. Un peu comme le gars qui change sa voiture de place pour échapper aux pervenches.

                            Le parti blanc : « Son succès résidera dans sa faculté à capter ceux qui ne se sentent ni à gauche, ni à droite, ceux qui bien souvent s’abstiennent ou votent blanc, voire protestataire ». C’est le parti blanc qui n’existe pas car on lui a donné un nom et un programme : Bayrou.

                            En conclusion, on peut retourner à son auteur le paradoxe de Condorcet qui prouve l’impossibilité, dans son système, de dégager avec certitude une volonté générale à partir d’une somme de volontés individuelles.

                            PS - Dernières nouvelles en Italie : « La coalition de centre-gauche a d’ores et déjà renouvelé son soutien au président du conseil démissionnaire. Giorgio Napolitano (chef de l’Etat) va entamer dès ce jeudi des consultations politiques avec les principaux leaders politiques du pays. A l’issue de ces entretiens, le président de la République peut décider de maintenir sa confiance à Romano Prodi, choisir une autre personnalité de la majorité, opter pour un gouvernement technique ou dissoudre le Parlement et donc provoquer de nouvelles élections. C’est le plus gros revers de Romano Prodi depuis sa courte victoire d’avril dernier, d’autant qu’il est venu de ses alliés de gauche, opposés au maintien des troupes en Afghanistan. » Source : http://fr.news.yahoo.com - mercredi 21 février 2007, 21h44.


                            • Justin Themiddle Justin Themiddle 22 février 2007 12:53

                              Bon je vous arrête tout de suite j’ai lu uniquement le premier paragraphe de votre intervention et je ne lirais pas la suite car je n’ai malheureusement pas le temps de réagir à tout. Mais sur les « accusations » que vous me portez dans le premier paragraphe :

                              Oui je soutiens Bayrou néanmoins j’ai eu pour la rédaction de cet article le souci de rester objectif le plus possible et juste de faire un état des lieux et non pas une critique sur le fond. Sur le fond, je m’accorde pleinement avec Bayrou autant dire que si j’étais parti dans cette voie les autres en auraient pris plein la gueule de ma part. S’il y a un point où l’on aurait pu me reprocher de ne pas être objectif c’est à propos de mon jugement sur la non cohérence des propositions de Ségolène. Néanmoins j’estime que cela est perçu comme tel par une majorité des électeurs de centre-gauche mais je reconnais que non appuyé par une enquête cela reste subjectif.

                              Après sur les propos comme quoi cet article ne serait pas de ma propre main laissez moi rire... La banque de donnée en question à laquelle je fais allusion n’est autre que Google et les différents sites d’instituts de sondages... Ce que je voulais dire c’est que l’analyse aurait gagné à être appuyé par davantage de sondages plus pertinents. Des sondages qui n’ont pas été fait ou du moins que je n’ai pas trouvé. Par exemple j’aurais voulu un sondage m’indiquant la perception qu’ont les sympathisants de gauche sur les 100 propositions de Ségolène. Peut-être que le terme « banque de données » était inapproprié mais comme vous pouvez le constater tous les liens sont tirés de sources communes.

                              Maintenant, si le constat que je fais vous dérange dite-le clairement mais ne jetez pas le doute sur ma démarche...


                            • petruknik (---.---.69.4) 22 février 2007 10:44

                              « la cote de Ségolène va continuer à s’effriter » Comme cela a été dit, votre affirmation un peu trop gratuite est déjà démentie. Votre article est intéressant mais je reste convaincu que nous n’avons pas suffisament tiré les leçons de 2002 en ce qui concerne les sondages.

                              Outre leur marge d’erreur, de nombreux phénomènes biaisent leur résultat.

                              En premier lieu la cote de Le Pen est systématiquement sous-évaluée. En 2002 Le Pen et Maigret pesaient 19%. Vous affirmez que le vote contestataire se reportera ailleurs mais ou ? Les gens préfèrent toujours l’original à la copie et je pense que la banalisation de ses thèses ne peut que le renforcer.

                              En 2002 environ 5% des sondés ont voté Le Pen tout en ayant affirmé aller voter pour un autre candidat. Je pense qu’aujourd’hui le même phénomène apparait. La question est : que répondent ces gens aux sondeurs ? Si on considère que les électeurs de Le Pen viennent pour 2/3 de la droite, hypothèse souvent admise, on en déduit qu’il convient de pondérer le score de Sarko de 2 ou 3 points vers le bas. Le dernier tiers étant réparti sur la gauche.

                              Enfin le phénomène du « je dit blanc et je vote noir » existe aussi pour les autres candidats et est exercerbé par l’influence des médias.

                              Dans ce contexte je regarde la cote de Bayrou avec circonspection. Répondre à un sondeur n’engage à rien et a peu de conséquences. Une partie des gens ayant affirmé vouloir voter Bayrou peuvent vouloir envoyer un message (par exemple au PS). Que vont-ils faire dans le secret de l’isoloir ?

                              Rapellons nous de la cote de Chevènement deux mois avant les élections de 2002. D’une cote de 15%, il est passé à un score de 5%.


                              • Justin Themiddle Justin Themiddle 22 février 2007 13:02

                                La cote de Le Pen a été réévaluée depuis 2002 puisque son score est majoré par un coefficient dû au fait que certains individus n’osez pas annoncer qu’ils votaient pour Le Pen.

                                En revanche je suis d’accord avec vous sur le fait que les sondages ne disent pas tout (cf le dernier paragraphe) mais ils ne disent pas rien non plus. Je me suis donc limité à ce que disent les sondages et non d’en sortir tout un tas d’interprétation.

                                Si j’avais voulu aller plus loin j’aurais pu dire que la dynamique favorable à Bayrou avait encore plus de chance de s’amplifier du fait que grâce à ces derniers résultats dans les sondages, l’hypothèse qu’il atteigne le second tour n’est plus farfelue et que de plus en plus d’électeurs pourraient s’intéresser à lui.


                              • Fanfan la tulipe (---.---.52.120) 22 février 2007 11:07

                                Tiens au fait une question fondamentalle dans le programme de Bayrou au nievau de la coalition, est ce que cela est bien possible ? il parle souvent des autres pays qui sont sur ce mode avec la phrase ca marche chez les autres. Mais personne ne semble le contre-dire la dessus que ce soit au niveau d’agoravox ou au niveau de l’UMPS. Donc a t’il raison , a t’il tor ? comme personne ne contre argumente c’est que cela peut dire qu’il a raison.

                                Au niveau des deux programmes de l’UMPS, par Sarkozy je viens bien d’avoir la réponse du chiffrage en fait, est joué par la croissance une très bonne croissance annonce des benefs pour l’état et une mauvaise croissance un déficit. Donc tout est dans la croissance, donc aucun des deux programmes ne permet de garantir le succes et donc les promesses des deux candidats UMPS, on se retrouve alors qu’a parrier dans le vide, car d’après ce qui parait la croissance francais est modifié aussi par la croissance mondiale, par l’import-l’export, donc beaucoup d’éléments variables et impssibles à connaitre. Enfin c’est ce que j’en ai compris. Donc aussi sujet du programme UDF, comme tout n’est pas encore dit au nivau du financement, de la facon de le faire, ect ; on ne peut pas encore se faire une idée aussi precise que ceux de l’UMPS.

                                Donc j’attend de voir pour Bayrou s’il propose mieux, sinon je m’abtiendrais de voter pour la première foi de ma vie, car je déteste les paris dans un vide béant donc ne crois pas du tout au programme UMPS.


                                • Blablablz (---.---.191.60) 22 février 2007 12:07

                                  Faire le lien avec l’article du 22/02/2007 de Jean Veronis.

                                  Campagne de désinformation Bayrou tous azimuts.

                                  Ca décourage de penser... et de répondre.

                                  Pour ce qui est de lire, j’en ai lu assez pour aujourd’hui.

                                  Rendez-vous dans les bulletins de vote, ou pire, dans 5 ans.


                                  • garbure64 (---.---.79.137) 22 février 2007 12:37

                                    Bien que l’on sente malgré tout en filigrane une certaine appétence de son auteur pour Bayrou, cet article ne manque pas d’intérêt. Il appelle, et certains commentaires avec lui, les réflexions suivantes de ma part :

                                    1-Pourquoi un choix binaire entre les deux partis principaux serait-il nécessairement une condamnation à l’immobilisme. Est-ce que d’autres démocraties ne fonctionnent pas ainsi de façon satisfaisante ? Je pense pour ma part qu’il s’agit plutôt d’une question d’homme (ou de femme) capable, une fois élu, d’imprimer le mouvement.

                                    2-Pour ce qui est de Bayrou, son discours me semblerait plus précis et plus crédible s’il disait « Si je suis élu grâce à elle je formerai un gouvernement avec la gauche ». Car enfin que pourrait-il espérer de l’UMP ? D’ailleurs cette question amène avec elle celle des législatives : Je souhaite bien du plaisir à l’UDF si Bayrou, avec l’aide de la gauche (sans elle il ne le peut pas), bat NS à la présidentielle ! Il risque de voir son groupe fondre comme neige au soleil. De même que j’entrevois le foutoir à l’Assemblée, entre une UDF croupion dépendante du PS et une UMP godillot revancharde ! Bon courage alors à Bayrou pour gouverner s’il y arrive ! Mais c’est à se demander si le citoyen Français ne raffole pas de ces situations de cohabitation (forcée ou voulue), dont il espère plus d’assistance pour lui-même et plus de réformes pour les autres (c’est ça l’électorat centriste affranchi ?).

                                    3-Que penser maintenant de l’hypothèse d’un vote JMLP important au premier tour, qui aurait pour but de provoquer une situation contrastée : On pourait envisager JMLP en 3ème, Bayrou éliminé. Une probabilité non négligeable serait alors de voir SR élue avec les voix de l’UDF et celles de certains TSS d’ailleurs. Autre option JMLP en 2ème, ça ne vous rappelle rien ?

                                    On peut raisonnablement déduire de ce qui précède qu’un vote « utile » important JMLP au premier tour présenterait autant de risques que d’avantages et pour NS et pour SR.

                                    4-Pour NS comme pour SR, la meilleure configuration reste donc leur duel au second tour. Pour y parvenir reste à empêcher JMLP de cartonner au premier tour et à maintenir FB en 3ème. A nous les grandes manoeuvres ! Ne pas trop enfoncer SR, attaquer NS sans excès, concentrer les feux sur FB, draguer les votes flottants de JMLP. Axe d’effort prioritaire : les « affranchis ». On va voir ce qu’il en sera dans les prochaines semaines.


                                    • Bertrand Maux (---.---.150.67) 22 février 2007 12:48

                                      J’ai trouvé votre analyse très pertinente, bien étayée et surtout non partisane. Seuls 3 candidats seront pour moi capables d’aller au 2nd tour au regard de la situation actuelle.

                                      Une brève remarque : les sondages donnent pour le moment le pouls de la situation à date. J’attends avec impatience les débats de confrontation d’idées entre les candidats.

                                      Le virage de la campagne se fera, je crois, à ce moment là.


                                      • highway61 (---.---.175.151) 22 février 2007 21:42

                                        L’analyse « politique » est d’une belle rigueur, elle intègre tous les paramètres disponibles et exploitables mais sa principale faiblesse tient à sa nature. La science politique, ou ce qui en tient lieu, relève peu ou prou du domaine très vaste et fort mouvant des sciences humaines voire économiques qui ont comme seule vertu d’analyser un résultat acquis mais beaucoup plus difficilement de prévoir l’avenir.

                                        Le nombre d’inconnues est tel dans cette équation, les variables si instables que tout le monde ignore ce qui sortira des urnes (gardons en mémoire le résultat du 1er tour de 2002, pour ne retenir que cet exemple). Près de 40% des sondés ne s’expriment pas, que feront-il dans deux mois ? Sont-ils de ce bord ou d’un autre ? Vont-ils voter pour ou voter contre, ou comme bien souvent choisir le moins pire des inconvénients ?

                                        La situation actuelle traduit bien l’état complet de vacuité dans lequel on se trouve. Dans tous les messages entendus où se trouve un VRAI projet politique qui affirme une identité propre (tous les sens sont admis). Pour l’essentiel on nous propose un brouet pas très net de libéro atlantisme à la sauce « j’aime tant le pouvoir » que je suis prêt à tout pour récupérer des voix (même les pires), un vague relooking d’un socialisme usé jusqu’à la trame et qui se sait sans avenir, et puis un produit un peu attrape tout, populiste et provincial semblant donner quelques illusions de fraicheur. J’ignore JMLP et sa bande de tristes sires qui avec l’extrème gauche va rassembler un peu plus de 20% des suffrages (c’est l’une des rares constantes depuis longtemps - la somme des extrèmes donne toujours un taux de cet ordre).

                                        Alors qui va bien se partager ce qui reste ? Et l’abstention ? à quel niveau ? Que pensent tous ces électeurs qui se sont inscrits en nombre fin 2006. Vont-ils être sensible sau marketing médiatique que nous offrent les médias, se reconnaissent-ils dans les lieux communs, phrases toutes faites et fraichement pondues par le scribe de service ?

                                        Parmi tout ces candidats potentiels lequel a pris le temps de la réflexion et proposer ensuite une grille de lecture et d’analyse du monde à la fois simple et intelligente, non réductrice, respectueuse des droits et des libertés et qui puisse nous faire espérer pour nos enfants au moins le minimum syndical inscrit au fronton des écoles et des mairies ...

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