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Accueil du site > Actualités > Politique > Anatomie du pouvoir politique - partie 1

Anatomie du pouvoir politique - partie 1

Si Hobbes a raison, si l'homme est par nature mauvais, pervers et égoïste, alors ce principe est aussi vrai pour les hommes qui composent et dirigent l'État.
Georges Kaplan, Assoiffés de pouvoir

Il existe un lieu commun, fort répandu, qui voudrait qu'il n'y ait que trois sortes de pouvoir : l'exécutif, le législatif et le judiciaire. C'est une fausse représentation de la réalité, et plutôt nuisible, car elle conduit à de fausses pistes les citoyens désireux d'agir à fin de changer cet état de fait ; il est donc assez évident qu'une telle vision des choses profite en définitive aux pouvoirs établis. À observer les choses attentivement, tout au plus, soupçonne-t-on vaguement un quatrième pouvoir, volontiers désigné par certains pseudo-dissidents comme étant celui de la presse. Cependant, la presse n'est pas un pouvoir, elle est un outil. Les pouvoirs réels derrière le pouvoir de la presse sont celui de l'argent et celui de l'information, à savoir, l'idéologie établie. L'idée de Messieurs Locke et Montesquieu, qui observaient qu'il fallait s'efforcer de veiller à séparer et équilibrer les pouvoirs paraît assurément très bonne et pleine de bon sens ; toutefois, ces pouvoirs qu'ils préconisaient de séparer et d'équilibrer ne l'étaient pas, quant à savoir si il est possible ou seulement souhaitable de les séparer au bénéfice du citoyen, cela se discute, le problème étant alors le moyen d'y parvenir. Si l'on admet que ce moyen serait d'ordre juridique ou constitutionnel, alors, il devient clair que toute l'idée n'est qu'une prodigieuse couillonnade. Messieurs Locke et Montesquieu prétendirent donc un jour qu'il serait possible, en vue d'instaurer un sage et bon gouvernement, de réaliser la séparation de réseaux de pouvoir tels que la Police, la Banque et l'Église d'État (fût-elle catholique ou laïque), et des millions d'abrutis ont été assez bêtes pour les croire. C'est qu'ils ne savaient pas, les imbéciles, que Messieurs Locke et Montesquieu ne pensaient nullement à leur intérêt de plébéiens en disant cela, mais bel et bien aux intérêts des grands et des puissants, dont ils n'étaient eux-mêmes que de simples employés, des "intellectuels de service" et ne faisaient que leur habituelle besogne d'endoctrinement des foules en produisant cet obscur concept de "séparation des pouvoirs". On a souvent tort de prendre les choses à son propre compte. Le premier principe du populo raisonnable devrait être la méfiance systématique lorsqu'on condescend à s'adresser à lui.

Les pouvoirs réels sont aussi anciens que le Monde, et leur principe n'a pas changé depuis la première heure où un homme en força un autre à se plier à sa volonté ; en outre, c'est bien en les combinant de façon synergique qu'on parvient à gouverner efficacement, et certainement pas en les "séparant". Pour s'en convaincre, qu'on imagine simplement ce qu'il adviendrait d'un navire qui aurait trois capitaines à son bord, ou bien, d'une armée où chaque général serait entièrement libre de faire ce que bon lui semblerait de ses divisions.

Seule la façon dont les principes du pouvoir s'expriment et s'exercent a changé, au fur et à mesure que les avancées des sciences, des industries et des infrastructures rendaient les sociétés de plus en plus complexes, de plus en plus nombreuses et, par conséquent, de plus en plus difficiles à gérer. Cette rapide étude se propose de montrer quels sont les ressorts concrets du pouvoir politique ainsi que d'en expliquer les principes de fonctionnement.

Le pouvoir de la Force

Le premier d'entre les principes de pouvoir, le plus antique, le plus visible et le plus impressionnant est la Force. Ce principe-là ne fait pas dans la dentelle et se fait obéir bien promptement par la simple menace de violence physique ; si il ne peut se faire obéir, il en use, et en cas de résistance, élimine tout simplement les indociles. Quand elle est habilement employée, c'est-à-dire mise en scène et théâtralisée, La Force fait naître la Peur, qui en est un puissant effet secondaire. C'est bien pour mettre la Force en scène qu'on exécute ou qu'on châtie physiquement des condamnés en public (et non quelque part à l'abri des regards, ce qui serait plus conforme à la morale, mais n'aurait en ce cas aucune utilité politique). Certes, on n'exécute plus personne dans les pays soi-disant "civilisés", mais on continue de le faire à l'heure qu'il est dans de nombreux autres. D'ailleurs, même dans ces pays "civilisés", on n'a pas entièrement renoncé à cette pratique : on l'a remplacée par une sorte de succédané pervers - les images de guerre ou les faits divers que l'on diffuse à la télévision, de préférence à l'heure du JT. Ou encore, toutes les saloperies qu'on propage sciemment via Internet sous couvert du "devoir d'informer", sans parler de toutes celles mises en ligne par les internautes eux-mêmes pour des raisons qu'ils ne savent même pas très bien définir, et qui se font ainsi les auxiliaires bénévoles du système de pouvoir. L'une des plus dégueulasses parmi celles diffusées récemment de la sorte était probablement le "lynchage" de Khadafi (en réalité son exécution, qui n'avait plus rien de "civilisé" ; la différence de définition n'est pas du tout anodine). Dans le même genre, nous avons eu droit, selon l'"actualité", à l'"élimination", devant les caméras du monde entier, du "terroriste" Ben Laden (il serait plus approprié de parler d'assassinat), à la pendaison, tout autant publique, du président Saddam Hussein (de quel droit et pour quel motif ? s'est-on, au moins, posé cette question ?), et enfin, à l'"effondrement" des tours du WTC (la catégorie retenue a été celle d' "attentat terroriste", encore eût-il fallu, pour qu'elle fût valide, d'en préciser de manière crédible les auteurs et les victimes). Comment avez-vous trouvé cette séquence hallucinante où l'on voit des gens sauter par les fenêtres, sommés de choisir entre la mort par crémation ou bien par défenestration ? Il est certain qu'à l'heure du dîner, la scène dut avoir le plus bel effet sur les bonnes consciences réunies devant la grande messe du JT (qu'attendons-nous donc pour défenestrer notre TV ? et dire qu'il y aurait, selon certaines statistiques officielles, au moins 98% de la population française qui en possèderaient une...). D'ailleurs, nous avons été soumis, tout récemment, à une variante du même "événement", mais cette fois à Odessa, avec cette atroce exécution publique d'une centaine de personnes, dont au moins une femme enceinte, enfermées de force dans un bâtiment incendié ensuite. Il ne s'agissait nullement d'une situation qui aurait "dérapé", puisque ceux qui sont parvenus à en sortir ont été tout simplement massacrés à coups d'objets condontdans, sous l'oeil indifférent des quelques policiers présents. Il ne fait nul doute pour personne que pour mériter pareil châtiment, leur délit devait être d'une gravité tout à fait exceptionnelle. Pensez-donc : ils ont eu l'outrecuidance d'avoir une opinion différente des normes que nous tenons pour universellement admises — l'Europe et les Zétazunis, c'est bien, la Russie c'est pas bien. Il se trouve que ces criminels pensaient exactement l'inverse, pensez-donc ! Des zagents du méchant Vlad Poutine, ma bonne dame ! Ça fera une bonne leçon pour tous ceux qui s'aviseraient de penser comme ces sous-hommes !

Il y a une certaine logique là-dedans. La Peur frappe toute l'assemblée, tandis que la Force ne frappe que la victime ; bien plus, la Peur frappe les esprits tandis que la Force ne peut atteindre que les corps. Toutefois, c'est le maximum qu'il est possible d'en tirer en tant que source de pouvoir politique. La Peur ne suffit pas contre des hommes déterminés ou qui n'ont plus grand-chose à perdre, et il devient alors nécessaire de les tuer. Chacun peut voir un exemple de ce mécanisme à l'oeuvre aujourd'hui-même, dans les provinces de l'Est de l'ex-Ukraine, où des insurgés déterminés tiennent toute l'"armée ukrainienne" en échec depuis presque un mois. Aujourd'hui, c'est encore loin de chez nous, mais qu'on se rassure : demain ou après-demain, c'est sous nos fenêtres que cela va se dérouler.

Cet outil de gouvernement a néanmoins un inconvénient, qui devient assez gênant à partir d'un certain degré de "civilisation" : la Force est difficile à doser. Son usage est peu flexible et uniquement répressif ; à partir du moment où l'on émet une menace, l'étape suivante, sous peine de se ridiculiser, est de la mettre en pratique. Cela peut avoir un coût économique ou social assez élevé. De plus, il devient de plus en plus périlleux de se servir de la violence au fur et à mesure que le nombre des opposants potentiels grandit ; dans le pire des cas, l'affaire se solde par une défaite, au mieux, par un massacre. Comme système de gouvernement, c'est tout de même assez limité, et pour cette raison très peu répandu de nos jours (à l'exception de quelques bantoustans, ici ou là, comme l'Afghanistan ou la Somalie). Il est d'autant plus inquiétant de voir cette pratique revenir en Europe même, tel un spectre surgi tout droit des âges sombres.

Dans une situation où l'on confine à l'anarchie, ce qui est le cas des deux pays tout juste cités en exemple, la Force demeure en revanche l'unique principe efficace. Quand il ne reste plus rien qui tienne debout, que les infrastructures sont délabrées, que l'économie a régressé au simple stade de la survie élémentaire, bref, quand on se retrouve en plein Far-West, il convient de recourir aux métodes du Far-West : le Colt et la carabine Winchester. Le Colt de notre temps, ce serait plutôt l'AK-74, mais le principe reste identique. D'ailleurs, on constate de nos jours une prolifération plutôt inquiétante de cette redoutable arme de guerre en pleine Europe occidentale. Provenant des arsenaux de l'ex-bloc socialiste, toutes ces Kalachnikov yougoslaves, tchèques, roumaines, polonaises ou à présent ukrainiennes ont fini par arriver jusqu'aux tout petits caïds de banlieue. Elles servent aujourd'hui à commettre des braquages de bijouterie ou à procéder à des réglements de comptes sanglants. Or, les autorités ne semblent pas si pressées de prendre les mesures adéquates, et ce n'est certainement pas faute de savoir-faire ou de moyens. Ça ressemble bien davantage à un manque alarmant de volonté politique, ou même franchement à une politique délibérée de laxisme sécuritaire. À l'heure où la France se débat dans une crise sociale, économique et identitaire grave, les autorités mobilisent toutes leurs ressources bureaucratiques pour sanctionner les "quenelles" et traquer un comique nègre. Faut-il attendre que l'anarchie ne devienne totale pour faire l'acquisition d'un de ces fabuleux fusils d'assaut russes ? La sagesse élémentaire commanderait plutôt de s'en procurer un aussitôt que possible. Juste au cas où...

Le pouvoir de l'Argent

À un certain moment du développement des sciences, du capital et du potentiel technologique des sociétés humaines apparut le deuxième principe majeur de pouvoir politique : l'Argent. Il s'avéra vite extrêmement prometteur : facile à doser de façon très précise, il n'abîme rien ni personne (du moins, en apparence) et peut même être récupéré après usage si l'on s'y prend bien. L'appât du gain à lui seul représente déjà une formidable carotte, toujours aussi largement utilisée par les puissants pour faire marcher les masses selon leur bon vouloir. Dans ces conditions, il n'est même pas nécessaire de posséder soi-même de l'argent pour faire miroiter la possibilité d'en gagner à ceux dont on veut s'assurer les services ; la seule chose nécessaire est d'être crédible. De l'assurance et quelques oripeaux bon marché peuvent parfaitement suffire à duper les crédules. Qu'on se rappelle simplement la fameuse scène du Théâtre des Variétés, dans Le Maître et Marguerite de Boulgakov, où le diable fait pleuvoir des billets de banque sur les spectateurs ébahis, puis ouvre une boutique de vêtements de luxe pour dames, où les "clientes" étaient habillées gratuitement de la tête aux pieds, à la seule condition de se défaire des loques qu'elles portaient à l'entrée (procédé dont certaines boutiques de prêt-à-porter n'hésitent guère à s'inspirer de nos jours). Tout cela en plein essor du communisme russe, les années 1930, soit la glorieuse époque de l'industrialisation stalinienne. Le résultat fut évidemment de manquer d'abord provoquer une bagarre générale, au moment des billets de banque, avant de finir en scandale (pour rester décent), lorsque les luxueux et "gratuits" atours dont les compagnes de ces Messieurs avaient recouvert leurs charmes se volatilisèrent tout à coup au beau milieu de la rue, telle la parure princière de Cendrillon, aux douze coups de minuit. Il serait sans doute bon que l'on médite, à l'occasion, sur la question de savoir si c'est bien l'habit qui fait le prince, ou bien, le prince qui fait l'habit...

Sous sa forme matérielle (généralement, les monnaies polymétalliques) l'Argent est certes fort puissant, mais encore limité par sa matérialité. Entre un régiment en armes et quelques sacs remplis d'or, il est plus avantageux de choisir le régiment et de s'en servir pour s'emparer de de l'or ; et puis, que faire, seul, de ces sacs bourrés de ducats, alors que le premier bandit de grand chemin venu nous en délesterait bien prestement ? D'où il résulte qu'il est en effet assez habituel que l'on fasse la guerre pour des raisons essentiellement économiques. Les guerres de l'ancien temps se résumaient souvent à s'emparer de terres, d'esclaves, de femmes, de richesses diverses ou de bétail ; même à notre époque se voulant "civilisée", on a tout de même plus que fréquemment l'impression qu'il s'agit bien davantage, en réalité, de pétrole ou d'uranium que de "démocratie" ou de "droits de l'homme" (ou encore, que la "démocratie" et les "droits de l'homme" ne sont guère plus qu'un alibi bien commode pour s'approprier à bon compte des ressources stratégiques ou pour "sécuriser" un gazoduc). Ces ressources, fort nécessaires à l'accroissement et au bien être des peuples, ne sont certes pas de l'argent, mais elles sont aussi le moyen pour quelques individus d'en gagner de grandes quantités en les vendant au plus offrant. Une fois dépassée la période d'erreurs et d'essais au cours de laquelle les maîtres de ce monde apprirent à exploiter l'Argent en tant que principe de pouvoir, il restait encore une dernière chaîne à briser avant que Mammon n'accédât à la toute-puissance : le problème de la masse monétaire [1].

Au fur et à mesure que la population et les besoins de l'État s'accroissaient, les monnaies faites de métaux précieux devenaient rares et entravaient le bon fonctionnement de l'économie. En outre, cette sorte de monnaie circule mal parce qu'elle se prête trop bien à la thésaurisation. On eut alors recours à l'expédient consistant à diluer la quantité d'or dans la monnaie. Mais bientôt, des protestations vigoureuses s'élevèrent, contraignant les souverains à rester prudents.

Le déficit chronique de monnaie fut une cause majeure des guerres et des troubles de la fin du Moyen-Âge. À la Renaissance, la mise en coupe réglée des richesses de l'Amérique, tout juste découverte, relança la machine pour quelque temps. Néanmoins, l'effondrement spectaculaire de l'Espage et du Portugal, les mieux servis pourtant par cette manne inespérée, provoqua un certain désarroi dans toute l'Europe. L'or ne serait donc pas analogue à la richesse ? On se mit à réfléchir et à imaginer des solutions nouvelles pour pallier au manque d'argent, ou bien pour en faire meilleur usage. C'est à peu près à ce moment que fut créée la Banque d'Angleterre, qui adapta à une échelle industrielle un système qui, pour l'essentiel, avait déjà été pratiqué par les Templiers, quelques siècles auparavant : les lettres de change et de crédit.

L'Argent acquit sa véritable puissance aussitôt qu'il fut débarrassé de son enveloppe matérielle, c'est à dire, dès l'utilisation à grande échelle de ce système. Il devint possible alors de transférer dans le temps et l'espace des sommes colossales au moyen d'un simple papier, sans être contraint de trimbaler avec soi de lourds et encombrants coffres remplis d'or. De puissantes organisations financières et militaires disposant de succursales dans les plus grandes cités s'en chargeaint pour vous et changeaient vos deniers en monnaie locale moyennant une commission ; elles pratiquaient également le crédit. Elles étaient les ancêtres de nos banques actuelles.

De nos jours, l'Argent vient d'accéder à un niveau de puissance plus élevé encore : les lettres et les ducats ont été abolis et sont devenus des données informatiques, transférables quasi instantanément aux quatre coins du monde. Il faut bien reconnaître que ce néo-argent numérique, créé ex nihilo par certaines institutions très spécifiques que nous appelons "les banques", organisées en "système bancaire", a au moins ce mérite d'avoir réglé une bonne fois pour toutes les problèmes relatifs à la masse monétaire. Malheureusement, comme cela arrive bien souvent, il en a créé de nombreux autres. Par le jeu des "réserves fractionnaires", ces établissements bancaires peuvent aujourd'hui créer en toute légalité des quantités virtuellement illimitées d'unités monétaires, dont ils peuvent faire à peu près tout ce qu'il leur plaira. La seule limite à ce procédé est la contrainte inévitable de l'inflation, qui entraîne à son tour la dépréciation de la monnaie. On peut éventuellement s'en affranchir pour un temps, grâce à divers procédés (conquête et création de nouveaux marchés, y compris virtuels, investissements de long terme, dark-trading, instruments financiers complexes, off-shoring, etc.), mais non l'abolir tout à fait. La question se pose alors inévitablement de savoir où se trouve encore la véritable souveraineté politique : est-ce bien toujours du côté de l'État, ou bien, déjà du côté de la Banque ? Par ailleurs, du fait des qualités inhérentes aux données numériques — et la monnaie "numérique" étant une donnée comme une autre — nous nous retrouvons également confrontés à la désagréable question du contrôle que cette sorte d'argent confère à la Banque par rapport aux usagers, qui représentent au moins la quasi totalité de la population occidentale. De quel droit, et à quelles fins ? Autant de questions qu'il est devenu carrément dangereux de poser, et qui, selon votre statut social, peuvent vous valoir de très sérieux ennuis.

L'essence de l'Argent consiste en ce que l'on nomme "le pouvoir d'achat", c'est à dire le pouvoir de s'attribuer pour une durée, définie ou non, de façon légale ou non, la possession d'un objet quelconque ayant au moins les propriétés suivantes :

  • il existe, réellement, virtuellement ou potentiellement et peut donc être défini, plus ou moins précisément ;
  • il peut faire l'objet d'un contrat, d'un accord entre au moins deux "personnalités juridiques" (soit, des contractants quelconques, pouvant être des individus, des groupes d'individus ou toute entité reconnue comme bénéficiant de la "personnalité juridique" par le droit en vigueur).

En clair, on pourrait dire que tout est susceptible d'être ainsi acquis par à peu près n'importe qui en échange d'argent (donc, acheté), pourvu qu'on offre le meilleur prix : les biens matériels, les infrastructures, les ressources naturelles (on voit, depuis les années 1990, que l'eau, la pluie peuvent s'acheter, comme de vulgaires hydrocarbures), les services les plus variés, les personnes humaines (ceci étant toutefois considéré "illégal", mais en réalité, pratiqué depuis la nuit des temps sous des formes diverses), les droits et privilèges, et même des États entiers ou encore, depuis peu, des concepts logiques, scientifiques et l'essence même du vivant (c'est-à-dire, des brevets donnant des droits exclusifs sur quelque chose relevant du domaine du vivant : une plante, une espèce sauvage, ou encore, certains gènes particuliers). La seule chose qu'on ne sait pas encore acheter est l'esprit humain (ainsi que toutes ses productions spirituelles), car on ne sait pas précisément ce que c'est. Mais qu'on se rassure, ça devrait venir bientôt : en 2008, un Néo-Zélandais aurait vendu son âme, non pas au diable, mais à une chaîne de pizza [2]. Certes, on peut toujours refuser de vendre, mais en réalité, qui peut résister à un chèque affichant le nombre de zéros adéquat ? Bien peu de gens, hélas.

Ainsi décrit, le pouvoir de l'Argent nous apparaît dans toute son étendue, et il est tout à fait courant qu'on en dise qu'il "mène le monde" ou quelque chose d'approchant. Il est clair par ailleurs qu'il tend à jouer un rôle de plus en plus incontournable dans la politique, y compris lors des élections. La meilleure illustration est peut-être celle des États-Unis, c'est presque une caricature ; basiquement, le candidat ayant réussi à réunir les fonds les plus importants a les meilleures chances de s'imposer. Est-il nécessaire, à ce stade, de s'étendre sur les indénombrables publications de presse et chaînes de radio ou de TV, toutes différentes, toutes on ne peut plus "libres" et "indépendantes", mais toutes véhiculant les mêmes publicités et la même "idéologie", et toutes aux mains d'un tout petit groupe d'"empires" médiatiques ? Il est fort douteux, dans ces conditions, qu'on puisse encore sérieusement parler de "presse libre" sans injurier le sens des mots.

La corruption politique et administrative, fléau bien connu, reste toujours aussi actuelle. Puisqu'on ne parvient pas à s'en débarrasser, en dépit de tous les "efforts" entrepris dans ce sens, on prétend qu'elle n'existe plus et en même temps qu'il est légitime que les lobbies défendent leurs intérêts en "démarchant" les hommes politiques, ce qui serait un procédé totalement différent. Problème réglé. Fait contingent, Bruxelles est connue comme étant la (deuxième, après Washington) "capitale du lobbying" [3]. C'est probablement un pur hasard si les gens pratiquant cette sorte de business se débrouillent toujours pour être là où travaillent les principaux organes de décision politique, dans le cas de Bruxelles, ceux de l'UE, c'est à dire, de l'Europe tout court ou presque. Non qu'il faille tout de suite en conclure que les commissaires, les parlementaires et tous les technocrates européistes sont tous vendus à la Banque ; les "fonctionnaires européens" perçoivent des salaires extrêmement confortables, et tout porte à croire que c'est bien plus complexe que cela en réalité. Cependant, l'Argent, source majeure de pouvoir, ne peut pas ne pas jouer un rôle là-dedans. Un exemple tout à fait récent : le commissaire européen John Dalli, soupçonné de "trafic d'influence" (c'est-à-dire, de corruption) au bénéfice de l'industrie du tabac, a été forcé (par qui ?) à démissionner pas plus tard qu'il y a deux ans de cela [4].

Quelques mots, enfin, au sujet de cette systématisation de la mise en esclavage de peuples entiers par le système du crédit contre intérêts, que l'on voit se répéter inlassablement depuis au moins les années 1960 (point de départ approximatif de l'accession à l'"indépendance" de nombreuses "anciennes" colonies européennes). En vue de développer tous ces nouveaux États issus de la "décolonisation", des banques privées ainsi que des institutions internationales, comme le FMI, commencèrent par leur accorder des prêts, à taux d'intérêts élevés, que ces nouveaux États "indépendants" ne pouvaient évidemment pas rembourser, puisque les prêts étaient précisément conçus de manière qu'ils ne pussent l'être ; pour rembourser les anciens prêts, on leur en accorda de nouveaux, mais cette fois assortis de conditions de plus en plus draconiennes, et ainsi de suite. Tout cela visant en réalité à une prise de contrôle directe de la politique économique (voire, de la politique tout court) des territoires "décolonisés" par le biais de toutes sortes d'institutions et d'intermédiaires spécialisés dans le "développement" et les services financiers, mais en réalité, au service des oligarchies occidentales. Le procédé s'est récemment simplifié au point de faire intervenir dans un premier temps les forces armées occidentales afin de "démocratiser" de force tel pays riche ou "renverser" tel dirigeant incommode, avant d'envoyer dans un deuxième temps les généreux prêteurs. En appelant les choses par leur nom, ce genre de pratique s'appelle tout simplement de l'usure forcée, à fins d'extorsion ou de soumission. On peut encore améliorer le procédé en recourant éventuellement à de la corruption bien ciblée, ou carrément à l'assassinat, pour s'épargner les dépenses superflues d'une expédition armée [5]. Quoi qu'il en soit, le résultat sera le même : les États, c'est à dire leurs peuples, paieront bien gentiment leurs échéances et feront bien sagement ce qu'on leur demandera de faire, si ils ne tiennent pas à voir les taux d'intérêt augmenter. Une "notation" de dette est si vite dégradée...

En vérité, et on le voit très bien dans cet exemple qui n'a rien d'une fable, ce n'est pas tout à fait l'Argent qui mène le monde ; la Force et la dés-Information ne sont jamais très loin ; elles pèsent de tout leur poids lorsque c'est nécessaire. L'art de gouverner, c'est l'art de choisir le bon outil selon les circonstances, et de savoir l'employer à bon escient, en l'associant éventuellement à d'autres. Cependant, tous ces outils se déclinent en trois grands principes ou sources, c'est à dire, ce à quoi on peut les réduire quand on simplifie les choses — ceux qui relèvent de la Force, ceux qui relèvent de l'Argent, et ceux qui relèvent de l'Information. Enfin, concernant l'Argent en particulier, il convient bien de comprendre qu'il n'a que peu de valeur en soi, puisque son intérêt est évidemment qu'il permet l'acquisition de quasiment tout ce qu'on voudra bien imaginer. Autrement dit, on aurait pu parler tout simplement de coercition économique, ou encore, selon les exemples, d'escroquerie.

Le rôle du droit

À ce stade, quelques mises au point s'imposent concernant la portée et le rôle des systèmes législatif et judiciaire. Si ceux-ci n'interviennent que très modestement dans la mise en place de l'ordre politique existant, ils ont néanmoins un rôle important à jouer dans son organisation. En ce sens, le système juridique existant sert surtout d'une part à justifier, codifier et rendre public l'ordre politique qui a produit ce système juridique, et d'autre part à fournir l'outillage juridique qui permettra de faire respecter l'ordre politique établi. La rédaction du droit repose sur le législateur, tandis que le juge se charge de son interprétation et de son application, secondé en cela par le gendarme.

Le droit ne crée donc rien par lui-même ; il ne fait que fournir les textes qui servent à faire connaître dans la mesure la plus grande l'ordre politique. Le travail législatif est en réalité entièrement réalisé sous la supervision des technocrates et des idéologues au service de ceux qui tiennent effectivement les leviers du pouvoir ; leur tâche consiste à veiller à ce que le juriste respecte le cadre imposé par les maîtres le plus précisément et le plus fidèlement possible. Ce n'est donc en aucune façon le droit qui crée l'ordre politique, mais bel et bien l'inverse. C'est notamment pour cette raison que l'on voit, de temps à autre, de véritables procès fabriqués sur mesure, comme le fameux procès des Templiers, ou encore, les procès dits de Moscou (années 1936-1938), dont le rôle est surtout de justifier l'élimination d'individus, d'organisations, de partis ou de réseaux devenus gênants pour l'ordre politique en place, tout en assurant à l'affaire le retentissement le plus large, et éventuellement, à la faire passer pour ce qu'elle n'était pas en réalité. Ainsi, les procès dits "de Moscou" ont surtout été interprétés en tant que moyen de terreur à l'encontre de l'infortuné peuple soviétique ; en réalité, il s'agissait, d'une part, de justifier aux yeux du public la liquidation d'une vieille garde léniniste et trotskyste ayant basculé dans l'opposition politique clandestine et pour cette raison devenue intolérable, d'autant plus qu'on était à la veille d'une agression militaire qui n'avait rien d'imaginaire. D'autre part, il s'agissait, pour l'État soviétique, de récupérer auprès de ces gens des capitaux qu'ils auraient clandestinement exfiltrés vers la Suisse par le "canal Baltique" et déposé sur des comptes numérotés, au cours d'une période qu'on peut situer à peu près entre 1920 et 1935. Il s'agit, pour les quelques très rares personnes renseignées qui en auraient entendu parler, de ce que les services secrets soviétiques avaient dénommé l'opération "Croix" (affaire toujours classifiée à l'heure qu'il est). Les crimes tout à fait extravagants dont le terrifiant procureur Vichinsky faisait l'étalage devant le public stupéfié ont clairement été inventés de toutes pièces, mais ils visaient surtout à épater la galerie et discréditer les accusés de la manière la plus grande possible. Le gros de la besogne, c'est à dire, la surveillance, l'obtention des preuves, les filatures, les interrogatoires, avait déjà été faite bien auparavant et avait nécessité plus d'une dizaine d'années de labeur opiniâtre et méticuleux. D'après certaines informations, il paraîtrait qu'en dépit de tout, une partie non négligeable des trotskystes ait tout de même réussi à passer au travers des mailles du filet. L'argent non plus n'a pas non été perdu pour tout le monde, puisqu'à l'heure qu'il est, on parle encore en Russie d'une mystérieuse "Corporation des Tchékistes Unis" consituée des héritiers de ces gens.

La plupart du temps, cette sorte de manfestations spectaculaires n'a pas lieu d'être, car il est généralement préférable de régler les problèmes importants en dehors du cadre juridique et, si possible, à l'amiable. On peut éventuellement faire intervenir le législateur et le juge à postériori, si c'est utile, mais on peut tout aussi bien s'en passer lorsque ce n'est pas le cas. Après tout, il n'est pas toujours bon que le public ait connaissance de certaines choses.

Il est bon en revanche qu'il ait du respect pour la loi, ce qui dans certains cas pathologiques confine à une déférence quasi religieuse, assimilable à de l'idiotie ; la "crise" ukrainienne qui se déroule en ce moment-même sous nos yeux est une excellente leçon de choses à cet égard. C'est pourquoi la maréchaussée se charge, de temps à autre, de faire respecter la loi au moyen de la Force. En ce sens, la loi n'est qu'une manifestation bureaucratique de la Force ; elle en fait peser la menace sur la société toute entière et concourt par là même à en encadrer l'usage tout en le restreignant. C'est tout le sens de la célèbre formule de Pascal : "La justice sans la force est impuissante ; la force sans la justice est tyrannique".

Il est indispensable par ailleurs qu'il y ait des règles écrites et identiques pour tous (du moins, en théorie), fussent-elles injustes et liberticides, pour que celles-ci soient acceptées. Un conflit politique entre divers partis ou groupes d'intérêts peut éventuellement déboucher sur une révision de l'ordre politique existant, et entraîner les amendements juridiques correspondants, mais ils touchent rarement à l'essentiel. Lorsque des changements majeurs se produisent, c'est qu'il y a eu coup d'État ou Révolution. Il est rare, quoiqu'on ait déjà vu des exemples de cette sorte, que l'ordre existant consente à se réformer lui-même de façon réellement radicale sans y avoir été forcé par des forces extérieures ou des circonstances exceptionnelles. L'inertie des intérêts établis est bien trop grande, et la société est plutôt conservatrice dans son ensemble. C'est pourquoi il peut s'avérer utile de parcourir régulièrement le Journal Officiel : si des lois exceptionnelles y apparaissent, c'est qu'il se passe des choses extraordinaires. Seulement, on n'est pas toujours mis au courant, et on ne les remarque pas forcément.

Conclusion / transition

Les trois sources principales de tout pouvoir politique sont demeurées identiques depuis des millénaires. De même, la science politique universitaire n'a presque pas été réformée de façon fondamentale depuis Aristote. En revanche, la praxéologie politique a énormément évolué dans les dernières décennies, grâce à des percées majeures qui se sont produites au cours des XIX-ème et XX-ème siècles, du fait notamment d'un puissant mouvement de perfectionnement des techniques de communication et de transmission de l'information ainsi que du développement des sciences dites "humaines", dont les branches les plus récentes sont la cybernétique et l'ingénierie sociale. La combinaison de ces deux tendances a très considérablement renforcé le pouvoir de l'oligarchie sur les citoyens, en admettant que ce terme ait encore un sens. Si bien que certains chercheurs d'avant-garde comme par exemple Peter Dale Scott ou Andreï Ilitch Fursov vont même jusqu'à postuler, ou laisser entendre, que les sciences politiques, telles qu'on nous les enseigne dans les établissements grand public, en sont restées au début du XX-ème siècle, alors que nous vivons dans des sociétés qui ont largement évolué depuis lors ; les récentes évolutions techniques (Internet, réseaux sociaux, offre de chaînes de TV) et démographiques les ont transformées au point de les rendre méconnaissables par rapport à ce qu'elles étaient il y a à peine 25 ans. De ce fait, tout le corpus méthodologique et conceptuel mériterait une sérieuse mise à jour pour nous être d'une réelle utilité. Les méthodes que nous employons pour élaborer nos représentations du réel, parce qu'elles sont périmées, nous conduisent à avoir des représentations inadéquates, et donc à agir et à nous comporter de façon inadéquate par rapport à la réalité.

Ainsi, la science politique "grand public" ne connaît pas, par exemple, le concept d' "État profond" ou celui d' "organisations discrètes et supranationales de gouvernance" ; elle ne s'intéresse pas non plus à l'ingéniérie sociale, ni au marketing (dont les applications électorales sont pourtant évidentes), qui est plutôt étudié dans les écoles de commerce et de gestion. Certains faits bien réels tels que les "sociétés secrètes" ou plus ou moins secrètes, comme certaines "fondations" ou think tanks, tombent pourtant dans cette catégorie ; nous nous en débarrassons d'un revers de main en les classant dans la masse hétéroclite des "théories de la conspiration" [6]. Or, si c'est réel d'une part, et exerce un pouvoir ou une influence politique d'autre part, cela devrait pourtant être pris au sérieux et étudié selon les règles de la méthode scientifique. Mais non, nous persistons à ignorer la question et à faire comme si elle n'existait pas. Est-ce un comportement raisonnable et adéquat ? Les exemples de cette sorte sont nombreux, bien plus qu'on ne le pense. Le concept même de "conspirationnisme" est d'ailleurs un excellent exemple de modélisation du comportement : il suffit désormais d'évoquer cet argument-massue pour discréditer un interlocuteur pénible ou pour mettre fin à tout débat, ce qui est bien pratique par ailleurs pour indiquer clairement quel est le périmètre admissible pour un "débat" entre gens "sérieux". Ce procédé s'est même tant répandu qu'il est devenu une sorte d'équivalent du fameux "point Godwin" [7]. Si "la communauté Internet" eut assez de perspicacité pour retourner l'argument "nazi" contre ceux qui en font abusivement usage, pourquoi donc continuons-nous à prendre l'argument "conspirationniste" pour argent comptant ? C'est pourtant bien la même variété de sophisme qui est à l'oeuvre dans la reductio ad hitlerum et la reductio ad conspirationem...

Bien entendu, ce n'est pas une raison pour prendre au sérieux le premier charlatan venu nous présentant ses spéculations délirantes sur les Illuminati, les Témoins de Jéhovah ou l'Apocalypse de Jean pour de la vérité vraie. Mais ce n'est pas non plus une raison pour déclarer comme "complotiste" une théorie sérieuse s'appuyant sur des catégories inhabituelles pour la science dite politique. Le monde évolue, et il évolue extrêmement vite depuis le début du XX-ème siècle ; la "science politique" et les sciences sociales en général devraient donc évoluer aussi, sous peine de perdre toute crédibilité, et, ce qui serait bien pire, de nous priver ainsi de tout système de référence pour appréhender la politique, fût-ce vaguement.

De sorte que l'idée que nous nous faisons du pouvoir politique doit elle aussi évoluer. Il devient évident, si nous nous débarrassons de nos préjugés, que les pouvoirs politiques au sein de nos sociétés sont non seulement totalement déséquilibrés au plus grand détriment du citoyen, mais de plus, ne sont même pas là où nous croyons qu'ils se trouvent, et, dans leur substance même, ne correspondent pas du tout à l'idée que nous nous en faisons. Nos États, quand bien même ils ont l'apparence de dictatures, comme par exemple le Chili de Pinochet, en réalité, ne maîtrisent pas leur monnaie, ne disposent que de forces assez peu considérables et, parce que très mal informés, se font rouler la plus part du temps à notre plus grand détriment, puisque ce sont bien les citoyens qui essuient les plâtres, comme le font les Chypriotes, les Espagnols, les Grecs ou les Russes d'ex-Ukraine en ce moment même.

On nous a menti. Le Père Noël n'existe pas, le système électoral tout entier n'est qu'une imposture sophistiquée, le pouvoir véritable est aux mains de gens dont nous n'avons jamais entendu parler, et, en outre, ne correspond en rien à ce qu'on nous en a dit à l'école ou à la faculté ; enfin, nos États n'ont rien à voir avec la démocratie, système de gouvernement extrêmement peu répandu que nous serions bien en peine de savoir définir à peu près correctement. Nous vivons et nous comportons en fait comme si nous étions prisonniers d'une espèce de fausse réalité, qui viendrait s'intercaler entre notre esprit et la réalité, tout à fait comme la "matrice" du film du même nom (qui semblerait-il soit précisément à interpréter comme une métaphore politique ; dans le même genre, il y a eu également Inception).

Avec le pouvoir de la Force et celui de l'Argent, nous venons d'examiner brièvement le côté "hardware" de cette "matrice", c'est à dire, ce qui a rendu sa mise en place possible. La suite de cet article traitera de la partie "software", soit du pouvoir de l'Information et des multiples moyens de s'en servir à des fins politiques.

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Petrovitch

 

[1] À ce sujet, les intéressés peuvent parcourir un précédent article que j'avais consacré au thème de la monnaie — lien sur AgoraVox.fr : http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/considerations-sur-la-monnaie-146764

[2] Site web Silicon.fr : http://www.silicon.fr/vendre-son-ame-au-diable-rapporte-3800-dollars-sur-internet-30821.html

[3] Site web Brussels Metropolitan : http://www.brusselsmetropolitan.eu/FR/capitale-europe/lobbies-representants-d-interets.php

[4] Site web Les Echos.fr : http://www.lesechos.fr/26/10/2012/LesEchos/21300-037-ECH_a-bruxelles—les-zones-d-ombre-du-lobbying.htm

[5] Voir John Perkins, Les confessions d'un assassin financer

[6] À ce sujet, on gagnerait à s'intéresser au discours du président Kennedy du 27 avril 1961 ; texte intégral en français sur Wikisource.org - http://fr.wikisource.org/wiki/Discours_de_John_F._Kennedy,_le_27_avril_1961

[7] Wikipédia, au sujet de la "loi de Godwin" : http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_de_Godwin


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80 réactions à cet article    


  • claude-michel claude-michel 26 mai 2014 09:40

    Article fort intéressant...mais l’argent est il vraiment l’instrument suprême qui dirige le monde.. ?
    L’argent reste un moyen puissant bien sur mais fragile (les différentes crise sont là pour l’attester)...donc la machine n’est pas si bien huilée que cela...(l’argent reste entre les mains des humains)..c’est là que la machine s’emballe de temps en temps..L’argent est neutre..les humains sont cupides..l’argent ne pense pas..les puissants sont impuissants à tenir le gouvernail tout le temps..Ils passent leur temps a se faire des croches-pieds..provoquant des chutes mortelles pour bon nombre de personnes...Il n’y aura jamais de trêves en manipulant l’argent (instable).. !


    • Bovinus Bovinus 26 mai 2014 12:53

      Article fort intéressant...
      Merci.
      -
      mais l’argent est il vraiment l’instrument suprême qui dirige le monde.. ?
      Je ne le pense pas. L’instrument le plus puissant est à mon avis l’Information, ce sera l’objet de la partie 2.
      -
      L’argent est neutre..
      Comme n’importe quel outil, au fond.


    • kanine 26 mai 2014 15:44

      >L’instrument le plus puissant est à mon avis l’Information


      Entierement d’accord, l’argent (qui prend differentes formes en passant et donc differentes definitions mais contentons nous de l’argent fiat que l’on utilise tous quotidiennement) n’est qu’un outil dependant du controle du savoir pour fonctionner.

    • kanine 26 mai 2014 15:49

      >L’argent est neutre..


      En l’occurence pas l’argent fiat non, c’est la toute la beauté de l’arnaque, dissimuler la chaine de l’esclave dans un medium que d’aucun considerent comme neutre. Mais l’argent fiat n’est absolument pas neutre, sortez vous ca de la tete, il est genere par des gens dont les buts ne sont pas les notres.

      Il existe cela dit des argents neutres, le bitcoin ou les metaux par example (si vous avez d’autres exemples de monnaie politiquement neutre ca m’interessse mais je crois pas que ca existe), ou une heure de mon temps contre une heure du tiens.

    • Bovinus Bovinus 26 mai 2014 16:45

      @ kanine
      -
      En l’occurence pas l’argent fiat non, c’est la toute la beauté de l’arnaque, dissimuler la chaine de l’esclave dans un medium que d’aucun considerent comme neutre. Mais l’argent fiat n’est absolument pas neutre, ...
      -
      Je me permettrai de vous contredire sur ce point. Je suppose que « fiat » signifie « fiduciaire ». Cependant, si on réfléchit un peu, on s’aperçoit que n’importe quelle monnaie est par nature fiduciaire. L’or, le « bitcoin », les coquillages, les cigarettes, tout cela fonctionne sur le même principe de confiance : on n’accepte la monnaie que parce que l’on est à peu près certain de pouvoir acheter des biens avec. C’est aussi le cas pour l’euro ou le dollar.
      -
      Ce qui fait qu’une monnaie quelconque est profitable au peuple, c’est tout simplement son émetteur, et non la monnaie elle-même. Si demain une Banque de France re-nationalisée se mettait à émettre du franc pour le compte de l’État, ce franc serait tout autant fiduciaire que l’est l’euro actuel. Mais il serait par ailleurs aussi beaucoup plus favorable aux intérêts des citoyens : en admettant que sa masse monétaire soit gérée correctement, on n’aurait pas à supporter les pertes de pouvoir d’achat dues à l’inflation, pas plus qu’on n’aurait à rembourser aux rapaces de la finance une dette usuraire et injuste.


    • kanine 27 mai 2014 17:29
      Le franc n’etait pas plus dans interet du peuple que l’euro et donc son retour ne serait pas plus favorable aux interets des citoyens que l’euro.

      Vous avez raison quand vous dites que c’est l’emission qui est importante, mais certainement pas par sa localisation geographique ou son eventuel potentiel patriotisme, ce qui n’a jamais existe dans le contexte des banques centrales selon Machiavelli (que vous avez lu j’espere...), on pourrait citer napoleon m’enfin son epopee aura surtout servi a convertir l’Europe aux bienfaits de la banque centrale privee...

      Aussi quand vous mettez sur le meme pied bitcoin et argent, vous devez manquer d’information : la creation du bitcoin est completement decentralisee : y a pas un mr bernanke qui peut decider de surfinancer l’armement, ou que sais-je encore, pour gratuit et pour son benefice (non financier mais politique...), si il veut aller de l’avant avec son plan dans un contexte bitcoin, il est OBLIGE de MERITER des bitcoins au lieu de les imprimers dans le secret... Vaste difference !

    • Bovinus Bovinus 27 mai 2014 22:32

      Le franc n’etait pas plus dans interet du peuple que l’euro et donc son retour ne serait pas plus favorable aux interets des citoyens que l’euro.
      -
      Pourquoi donc ? j’ai bien pris soin d’expliquer quel genre de franc j’avais en tête. Si vous voulez, on peut prendre l’exemple du rouble soviétique.
      -
      Vous avez raison quand vous dites que c’est l’emission qui est importante, mais certainement pas par sa localisation geographique ou son eventuel potentiel patriotisme ...
      -
      Il n’a jamais été question de géographie ni de patriotisme. Vous avez bien lu le paragraphe auquel vous répondez ? Quand à Machiavel, je ne crois pas qu’il se soit jamais attaqué sérieusement à l’éco, si ? Après, il est bien entendu évident que quiconque maîtrise la monnaie, détient un instrument politique extrêmement efficace, là je pense qu’on sera d’accord.
      -
      Aussi quand vous mettez sur le meme pied bitcoin et argent, vous devez manquer d’information
      -
      J’ai un peu étudié la théorie monétaire, du coup, j’ai tendance à considérer que n’importe quelle monnaie convient, à condition que son émission soit gérée par celui qui va s’en servir (c’est à dire, le peuple). Et non, je ne me suis jamais intéressé au bitcoin, il m’a suffi de voir que son cours était extrêmement chaotique pour savoir que ça le fait pas. Il y a un autre souci potentiel avec - la traçabilité. Vu que ce sont des données numériques, ça peut potentiellement faire office de mouchard, ce qui me paraît rhédibitoire. Enfin, une monnaie est nécessairement un bien, sinon, c’est autre autre chose (substitut ou moyen de paiement, devise...). Le bitcoin est-il un bien ?
      -
      Le problème majeur avec les monnaies polymétalliques (cuivre, argent, or, platine), c’est leur excessive rareté par rapport au donné démographique actuel. Mais pour le reste, ça le fait.


    • Daniel Roux Daniel Roux 26 mai 2014 09:57

      L’homme est un animal et comme les animaux, il est soumis à des pulsions. L’éducation (ou l’ élevage), qu’il reçoit pour devenir « homme » a pour but principal de lui permettre de contrôler ces pulsions et de s’obliger à un comportement civilisé.

      Nous savons tous combien ce contrôle est difficile. Quelquefois, il échoue. Il y a toujours des crimes, des viols, des tortures, des vols.

      Tout pouvoir repose sur la contrainte, acceptée ou combattue, dans la mesure où tout pouvoir crée une société et que toute société exige des règles de fonctionnement. 

      La mafia, par exemple, utilise un système de contrainte simple et efficace : Tu acceptes ou tu meurs.

      Les hommes au pouvoir, élus ou non, au fond, emploient la même méthode.


      • Bovinus Bovinus 26 mai 2014 13:04

        Merci de votre commentaire.
        -
        Tout pouvoir repose sur la contrainte, acceptée ou combattue, dans la mesure où tout pouvoir crée une société et que toute société exige des règles de fonctionnement.
        Exact, encore que cette contrainte n’est pas forcément perçue comme telle. Après, ce qui différencie un bon système de gouvernement d’un mauvais, c’est le degré d’élévation culturelle et spirituelle qu’il parvient à susciter chez son peuple ; la prospérité économique vient ensuite. Tout cela est bien entendu vain si la société en question est incapable de préserver ses acquis sur le long terme.
        -
        Les hommes au pouvoir, élus ou non, au fond, emploient la même méthode.
        C’est l’objet de l’article. Je ne fais, en somme, que décrire les moyens d’application concrets de ce système. Il existe peut-être une autre façon de faire, mais je n’en ai pas connaissance. Même la démocratie (version athénienne) s’est avérée finalement assez portée sur la guerre et la conquête, ce qui a fini par provoquer un long et meurtrier conflit avec Sparte (la guerre du Péloponnèse).


      • Hervé Hum Hervé Hum 27 mai 2014 09:29

        La nécessité de chef nait de la guerre et se meurt par la paix.

        Tout système de pouvoir à donc besoin en permanence d’une menace de conflit extérieur pour préserver son pouvoir, par sa capacité à fédérer les énergies et évacuer les conflits internes.

        En temps de paix, le chef ou un système de pouvoir, devient le pire ennemi du peuple, parce qu’il aura toujours besoin de créer une situation de crise, pour se justifier en tant que pouvoir.


      • Bovinus Bovinus 27 mai 2014 14:58

        @ Hervé Hum

        Je ne partage pas votre vision des choses. Ce que vous dites pourrait être vrai, mais l’ennui, c’est qu’on ne sait jamais quand la guerre va surgir. Du coup, il faut être prêt à cette éventualité en permanence, d’où la nécessité d’avoir un chef en permanence, étant bien entendu que quand on parle de « chef », on entend surtout des structures de commandement efficaces et adéquates, quelles qu’elles soient.
        -
        Moralité : si vis pacem, para bellum.


      • Hervé Hum Hervé Hum 27 mai 2014 16:28

        Bovinus, mes deux commentaires sont intrinsèquement liés l’un à l’autre, mais pour cela il me faut l’expliciter. Et là, j’hésite encore à l’écrire et comment l’écrire.

        Cela dit, votre commentaire n’invalide pas cet aphorisme, mais révèle votre incompréhension face à celui ci. Vous dites « on ne sait jamais quand la guerre va surgir », non, ceux qui dirigent le monde à leur profit le savent toujours, pour la simple raison que comme le dit l’aphorisme, la paix est leur pire ennemi, la guerre leur meilleur allié. Ceux qui ne savent jamais quand la guerre va arriver sont les simples citoyens.

        Maintenant, pour comprendre cet aphorisme aujourd’hui, il faut tenir compte d’un petit détail.... L’histoire de l’humanité !

        C’est dire, qu’il vous faut considérer cet aphorisme et son évolution dans le temps, depuis l’origine de l’histoire humaine jusqu’à la situation actuelle.

        Or à l’heure actuelle, qui et où est l’ennemi ??? Il est fabriqué ou réactivé suivant l’évolution de la situation géopolitique, non en fonction d’imprévu. 

        Mais cet aphorisme et votre réponse, met en lumière une sorte de quadrature du cercle, dans le sens où il faut un chef pour faire la paix et le supprimer pour la conserver. 

        Enfin, cet aphorisme ne s’applique pas uniquement à la guerre militaire, mais aussi à la guerre économique. Aujourd’hui, on pourra dire, surtout la guerre économique. Autrement dit, la concurrence justifie la nécessité de chefs économiques, la coopération les supprimant.

        Toutefois, vous avez raison sur le point essentiel que vous souligné et que j’ai omis de préciser, il y aura toujours nécessité de chefs pour répondre aux crises, car elles sont toujours liés à des situation d’urgence où la prise de décision doit être immédiate et ne permet effectivement pas le temps de réflexion et le débat citoyen.


      • Bovinus Bovinus 27 mai 2014 22:41

        Enfin, cet aphorisme ne s’applique pas uniquement à la guerre militaire, mais aussi à la guerre économique.
        -
        C’est la seule chose que j’aie compris dans votre message. Y a-t-il vraiment lieu de faire la différence entre les deux ? ça tend à devenir une seule et même chose. En fait, une guerre économique peut faire plus de ravages chez l’agressé qu’une guerre militaire, tout en coûtant moins à l’agresseur.
        -
        Pour le reste, je préfère pas prendre le risque de répondre à côté.


      • kanine 26 mai 2014 16:40

        > Même la démocratie (version athénienne) s’est avérée finalement assez portée sur la guerre et la conquête


        L’information n’y etait toutefois pas aussi libre que de nos jours.

        • Bovinus Bovinus 26 mai 2014 23:46

          L’information n’y etait toutefois pas aussi libre que de nos jours.
          -
          De nos jours, l’information tend malheureusement à être de moins en moins libre. Jetez un coup d’oeil à cette page, vous y trouverez tout ce qu’il faut pour appréhender cette importante question (j’espère que vous savez lire l’anglais...).
          -
          Je vous concèderai tout de même qu’Internet a considérablement libéré la pensée dissidente ces dernières années. Cependant, d’une part on n’a aucun contrôle dessus, donc, ça peut être « remballé » du jour au lendemain, et d’autre part, est-ce que le Net nous pousse à l’action pour autant ? J’ai pas vraiment l’impression.
          -
          Juste un exemple. Aux États-Unis, dans les années 1960, des manifestations monstres ont secoué le pays dans tous les sens pendant toute la décennie, au profit de causes diverses, mais toutes politiques et « démocratiques » : l’attribution de droits civils pour les Noirs, contre la guerre du Viet-Nam, contre l’assassinat de Martin Luther King, pour la « libération » de la femme, etc. Et il n’y avait pas d’Internet, à l’époque.
          -
          De nous jours, on a Internet, des téléphones mobiles en veux-tu en voilà, mais on est même pas foutu de faire une grève générale pour défendre des acquis sociaux majeurs tels que le droit à la retraite. Faites vos conclusions...


        • kanine 27 mai 2014 16:16

          >De nos jours, l’information tend malheureusement à être de moins en moins libre. 


          Si vous aviez raison vous seriez alle voter pour l’ump ou le ps, et vous ne parleriez certainement pas de tout ce dont vous parlez.

        • kanine 27 mai 2014 16:47
          Le modele revolutionnaire que vous semblez regretter fait partie du simulacre et de la simulation, il n’y a de lutte de classe que si il y a des classes... 

          Par ailleurs, la fed, veritable centre du pouvoir politique us, a survecu a toutes les manifestations aussi monstre soit-elle que vous citez, mobiliser tant de monde pour ne jamais s’en prendre au coeur du probleme, c’est quand meme balot... se peut-il qu’il faisait face à un deficit de savoir ? voulu et organisé ? bon je m’arrete, je voudrais pas trop empieter sur votre prochain article...

        • Bovinus Bovinus 27 mai 2014 21:28

          Par ailleurs, la fed, veritable centre du pouvoir politique us, a survecu a toutes les manifestations aussi monstre soit-elle que vous citez, mobiliser tant de monde pour ne jamais s’en prendre au coeur du probleme, c’est quand meme balot...
          -
          Vous êtes plus fin qu’il n’y paraît smiley et vous avez parfaitement raison de souligner ce point. Et oui, évidemment, le problème est bien un « déficit de savoir ». Cela dit, à l’époque, la FED n’était pas encore aussi omnipotente qu’à présent, donc les luttes sociales n’étaient pas si insensées que cela.
          -
          Le modele révolutionnaire que vous semblez regretter fait partie du simulacre et de la simulation, il n’y a de lutte de classe que si il y a des classes...
          -
          Des classes, il y en a toujours eu et il y en aura toujours, mais grosso-modo, ce sont toujours les mêmes deux classes principales qui s’affrontent : les riches et les pauvres. Ce qui est bien plus important, c’est la conscience de classe.
          -
          À part cela, non, je ne suis pas un marxiste fanatique. Le seul modèle que je regrette et que je trouve réellement performant, ce serait plutôt le stalinisme, ce qui est assez différent.


        • Hervé Hum Hervé Hum 27 mai 2014 09:18

          Cher auteur, l’article est long, je prendrai le temps de le lire un peu plus tard.

          En attendant, je vous propose un petit aphorisme

          le capitalisme est l’art et la manière de vendre ce qui est gratuit (la terre et la création monétaire), pour se rendre gratuit ce qui lui coûte.

          Et la seule chose qui coûte vraiment, c’est le temps de vie. Vous pouvez capitaliser du temps de vie dans l’espace, mais pas dans le temps lui même. C’est à dire, vous pouvez utiliser le temps de vie d’autrui à votre avantage, mais uniquement dans le temps de vie qui vous est imparti. Au delà, ce sera vos enfants... Ainsi, en capitalisant le temps de vie d’autrui, vous multipliez le votre et divisez celui d’autrui. Car sans cela, personne ne pourrait faire construire un château et dire « ceci est ma propriété ».


          • Bovinus Bovinus 27 mai 2014 14:50

            le capitalisme est l’art et la manière de vendre ce qui est gratuit (la terre et la création monétaire), pour se rendre gratuit ce qui lui coûte.
            -
            Il me semble qu’il y ait bien d’autres termes qu’on pourrait mettre à la place du capitalisme dans ce que vous dites : escroquerie, arnaque, exploitation de l’homme par l’homme, néo-libéralisme, néo-féodalisme, etc. Le capitalisme n’a pas le monopole de cette sorte de pratique. En fait j’ai de plus en plus tendance à voir le capitalisme comme un système politique - ce serait plutôt l’art de gouverner dans l’ombre au service d’un seul et unique objectif : la rentabilité maximale du capital, qui doit être assurée coûte que coûte. Tout le reste découle de là.
            -
            Je me méfie beaucoup des simplifications et des formules toutes faites. Elles masquent souvent des aspects importants de la réalité. Par exemple, votre métaphore sur le temps de vie est séduisante, mais il ne s’agit malheureusement pas que de temps. Il serait en fait plus approprié de parler de temps de travail, ce qui est différent, et souvent pénible. Par ailleurs, il ne s’agit pas non plus simplement de détourner du temps imparti à d’autres à son profit, la question qui se pose de plus en plus est carrément la spoliation ou l’extorsion pure et simple de ressources vitales, telles que l’eau, la nourriture, ou la santé (prélèvement d’organes, prostitution, kindnapping, achat d’enfants, etc.). C’est bien pire que juste du temps de loisir, ou même du temps de travail.


          • Hervé Hum Hervé Hum 27 mai 2014 16:36

            Perso, je ne me méfie pas des simplifications, puisque je les recherches !

            Par contre, j’ai horreur des raisonnement simplistes ! La différence, c’est qu’une simplification n’est que le retour à la source d’un mécanisme complexe, voir hyper complexe, alors que le simplicisme, n’a d’autre but que de cacher un raisonnement sophiste, fallacieux. La différence est difficile à appréhender, je vous l’accorde.

            Mais cet aphorisme répond à un développement parfaitement élaboré, dont je vous ferai part peut être après avoir lu votre article.

            En attendant, merci pour votre attention.


          • Hervé Hum Hervé Hum 27 mai 2014 21:01

            Rebonjour Petrovitch,

            je viens de finir de lire l’article et de mon point de vue, vous tapez à coté de la cible, comme tous ceux que j’ai pu lire qui s’y sont essayé.

            Je vais écrire un article pour montrer la chausse trappe dans laquelle tout le monde s’engouffre et explique l’impasse actuelle.

            en attendant, je voudrais revenir un instant sur votre réponse à mon commentaire sur l’aphorisme du capital.

            la définition donnée par wikipédia est « Le Capital est une somme d’investissement utilisé pour en tirer un profit, c’est-à-dire un stock de biens ou de richesses nécessaires à une production. »

            Or, qurel est le premier capital historique ? La terre ! On peut le nommer « capital primaire », mais il s’agit bien d’un capital. L’arnaque, l’escroquerie Petrovitch, c’est d’avoir dénié à la terre, pour protéger la propriété, qu’il soit le premier des capitaux productif.

            Dernière chose, j’ai remplacé le terme de « temps travaillé » par « temps de vie », car le travail n’est qu’une partie du temps de vie qu’une personne peut dédier à autrui, c’est donc trop restrictif.

            Enfin, toutes les ressources naturelles sont offertes par la nature et donc gratuite, seul coûte le travail humain nécessaire à son traitement et acheminement jusqu’à son utilisateur final. Que ce soit la terre, l’eau, le pétrole et tout ce qui vit.

            Voilà pourquoi je parle de capital et non d’arnaque, parce que c’est ce système de capitalisme qui fait l’escroquerie. Toutefois, il faut relativiser cette escroquerie, c’est à dire qu’il faut considérer le fait historique de la colonisation de la terre. L’escroquerie devient manifeste au moment de la prise de pouvoir par la bourgeoisie sur la monarchie et doit être arrêté par notre génération pour permettre aux suivantes de poursuivre l’aventure humaine.


            • Bovinus Bovinus 27 mai 2014 21:48

              je viens de finir de lire l’article et de mon point de vue, vous tapez à coté de la cible, comme tous ceux que j’ai pu lire qui s’y sont essayé.
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              Si vous voulez... c’est peut-être aussi vous qui avez mal compris, qui sait ?
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              Or, qurel est le premier capital historique ? La terre ! etc.
              -
              Il n’y a pas de capital « primaire », ni secondaire. Le capital, c’est du travail accumulé. En soi, la terre, ou n’importe quelle ressource lambda n’a aucune valeur, si le travail n’est pas là pour l’exploiter, c’est à dire, en tirer quelque chose d’utilisable pour l’homme. C’est bien pour cela que j’ai parlé de temps de travail, et pas repris votre terme smiley
              -
              Voilà pourquoi je parle de capital et non d’arnaque, parce que c’est ce système de capitalisme qui fait l’escroquerie.
              -
              J’avoue que j’ai un peu de mal à comprendre ce que vous cherchez à dire. Quel que soit le système, il n’invalidera en rien les concepts de capital / ressources / travail, il va simplement les gérer différemment. En fait, j’ai l’impression que notre désaccord tourne non pas autour du capital, du travail ou d’un « système » X, mais tout simplement autour du concept de propriété.


            • Hervé Hum Hervé Hum 27 mai 2014 23:39

              En soi, la terre, ou n’importe quelle ressource lambda n’a aucune valeur, si le travail n’est pas là pour l’exploiter, c’est à dire, en tirer quelque chose d’utilisable pour l’homme.

              Je suis évidemment d’accord avec vous là dessus, sauf que si vous ne possédez pas de terre, vous ne pouvez rien produire du tout. Or, la monarchie consistait à se répartir la terre en propriété, plaçant ceux qui y vivaient sous la tutelle du propriétaire de la terre. Il devait donc payer tribut au noble et au roi pour avoir le droit d’exister en cette terre. De fait, la terre est un capital, tirant intérêt et profit de la ressource humaine. Bref, il s’agissait donc de vendre ce qui est gratuit, le droit d’habiter et de travailler la terre, pour se rendre gratuit ce qui coûte, le travail de la terre, qui est un temps de vie dédié à cette activité harassante.

              Le temps de vie est un trésor qui s’épuise inexorablement jusqu’à arriver à la valeur 0. Pour l’optimiser, il n’y a d’autres solution que de capitaliser le temps de vie d’autrui dédié à son service de manière à se libérer des tâches jugés non profitable pour soi. Voilà pourquoi je ne parle plus de temps travaillé mais de temps de vie, parce que, pauvre ou riche, le temps de vie est le seul vrai trésor. Et aujourd’hui, l’argent représente le temps de vie dédié, soit à son profit, soi à son détriment.

              Ce que je cherche à dire sans le dire pour l’instant, n’invalide pas en effet le rapport capital/ressource/travail, il vise à le resituer dans sa dimension historique, c’est à dire dans son évolution temporelle depuis la privatisation de la terre commencé par le système monarchique. Ceci pour faire émerger la solution aux problèmes de notre civilisation.

              Ce qui veut dire que de mon point de vue, la propriété (toujours privé, jamais publique) commence ou finit (suivant d’où l’on regarde !) à la frontière de son pays et se termine (ou l’inverse) à la clôture de son jardin. Et fait naître et perdurer le système capitaliste, jusqu’à aujourd’hui.

              Vous voulez une preuve ? Regardez dans l’histoire de l’humanité, des peuples n’ayant pas basé leur civilisation sur la propriété de la terre, combien ont survécu ? Et de ceux qui ont survécu, que reste il de leur espace de vie originel ?

              Voilà la grande manipulation de la bourgeoisie, faire croire en une rupture entre elle et le système monarchique, alors qu’il s’agit de sa perpétuation dans ses fondements. Du même système capitalistique.

              Toutefois, c’était dans un processus d’évolution normale... Mais ne l’est plus depuis la fin de la seconde guerre mondiale.


            • Bovinus Bovinus 28 mai 2014 14:10

              Je commence à comprendre votre raisonnement. Cela dit, je ne suis pas d’accord avec, je vais tâcher de vous expliquer pourquoi :
              -
              Bref, il s’agissait donc de vendre ce qui est gratuit, le droit d’habiter et de travailler la terre, pour se rendre gratuit ce qui coûte, le travail de la terre, qui est un temps de vie dédié à cette activité harassante.
              -
              Ça, ce serait plutôt la situation actuelle. Le concept de monarchie repose sur un facteur que vous semblez perdre de vue : le droit divin. Dans ce système-là, le pouvoir se subdivise en deux piliers : temporel et spirituel, et c’est le détenteur du pouvoir spirituel (le pape, le patriarche ou le grand mogol, peu importe) qui nomme le monarque. Le monarque règne d’après les principes de la religion de son peuple, ce qui suppose déjà quelques règles qu’il ne peut outrepasser en théorie.
              -
              Par ailleurs, non, la terre n’est pas « gratuite ». Au minimum il faut la défendre contre les éventuels agresseurs (et en général, ça ne manque pas). Qui s’en charge ? le monarque et ses vassaux. Ils y risquent leur vie, et doivent s’entraîner pour le métier de la guerre donc, il semble juste qu’ils soient « dispensés » de celui de cultivateur.
              -
              Ce qui veut dire que de mon point de vue, la propriété (toujours privé, jamais publique) commence ou finit (suivant d’où l’on regarde !) à la frontière de son pays et se termine (ou l’inverse) à la clôture de son jardin.
              -
              Deux remarques là-dessus. D’abord, demandez-vous de quel droit êtes-vous « propriétaire » de votre jardin. Vous en êtes propriétaire aussi longtemps que l’État s’en accomode. Le jour où pour telle ou telle raison il décide de le réquisitionner, vous irez bien gentiment camper au fond du bois. Qui est le véritable proprio, du coup ? vous, le code de la propriété, l’armée, la banque ou l’État ?
              -
              Ensuite, la propriété publique, ça existe. C’est le cas en Israël actuellement, par exemple. D’après leur loi, un Juif ne peut vendre sa terre à un goy. C’était le cas en URSS (la terre était cédée en bail de 99 ans, non héritable), mais également dans l’Empire russe, où en fait, c’est même pas le Tsar, mais le peuple tout entier qui possédait la terre, le Tsar n’ayant que le pouvoir de la prêter. Sous l’Ancien régime, jusqu’au XVIIIème, c’est le roi qui était propriétaire de la terre, et qui la cédait en jouissance à des tenanciers, mais il pouvait la leur retirer. On est dans une forme de propriété déjà plus personnelle, et il est donc dans une certaine mesure logique que ça ait fini par donner la propriété bourgeoise de nos jours (et tout son développement capitaliste).
              -
              Cependant, il fallut pour que cela se produise, que le pouvoir spirituel devînt discrédité auprès du peuple (enfin, une partie du peuple, mais surtout, auprès des « élites »). Le poisson pourrit toujours par la tête, c’est bien connu. Ça a pris du temps, et ça démarre à peu près en 1378 avec le Grand schisme d’Occident, quoique le précédent du Procès des Templiers ait déjà bien ébranlé la religion dominante auparavant. L’évolution suivante fut la Réforme, qui déboucha ensuite sur le jansénisme et les (soi-disant) « Lumières », pour s’achever par la Révolution française. Voilà pourquoi, en substance, je considère que ceci est faux :
              -
              Voilà la grande manipulation de la bourgeoisie, faire croire en une rupture entre elle et le système monarchique, alors qu’il s’agit de sa perpétuation dans ses fondements. Du même système capitalistique.
              -
              Ce n’était pas le même système, voilà tout. Le système féodal se distingue du système bourgeois ou capitaliste par le fait religieux. Ça change tout. De nos jours, la source du droit c’est la force et l’argent, comme je l’écrivais dans mon papier (sans oublier le pouvoir de l’information, qui sera traité dans la partie 2), mais autrefois, c’était l’autorité religieuse suprême. Notez que ça ne fonctionne qu’aussi longtemps que le pouvoir temporel s’abstient de manipuler le pouvoir spirituel, et que le pouvoir spirituel s’abstient de s’occuper d’affaires temporelles. Quand le Temple juif se mêle trop ostensiblement de jouer à la Banque, un Jésus Christ finit par se pointer et les prêtes y laissent leur autorité (dans le cas du Vatican vendant des indulgences en veux-tu en voilà, c’est Martin Luther qui porta le premier coup et les révolutionnaires le coup final).
              -
              Toutefois, c’était dans un processus d’évolution normale... Mais ne l’est plus depuis la fin de la seconde guerre mondiale.
              -
              Je ne vois pas en quoi c’est « normal », et à fortiori, pourquoi cette normalité aurait cessé après 1945. Quant à ceci :
              -
              Regardez dans l’histoire de l’humanité, des peuples n’ayant pas basé leur civilisation sur la propriété de la terre, combien ont survécu ? Et de ceux qui ont survécu, que reste il de leur espace de vie originel ?
              -
              C’est, à mon avis, une autre question. Les peuples nomades et les peuples sédentaires, ce sont deux archétypes différents, qui vivent d’après des règles différentes. Entre autres, le nomade renonce justement à la propriété de la terre, sinon il devient sédentaire (c’est pourquoi Caïn l’agriculteur finit par « tuer » Abel le berger). Il y a un papier de René Guénon là-dessus, je vous en ai retrouvé un extrait ici : http://esprit-universel.over-blog.com/article-rene-guenon-cain-et-abel-80957812.html . Ça devrait vous intéresser.


            • Hervé Hum Hervé Hum 28 mai 2014 17:09

              Salut Petrovitch,

              j’attendais ou plutôt, j’espérais ces réponses pour les avoir confronté à ma pensée.

              Ainsi, je n’ignore pas le facteur de droit divin, je lui déni sa prééminence sur la force physique. En fait, c’est même l’inverse qu’il faut considérer, c’est à dire, que la religion chrétienne a été choisi par les monarchie parce qu’elle donnait un argument supplémentaire et surtout moral auprès des prolétaires pour asseoir leur autorité sans même avoir recours à la seule loi des armes. Vous inversez le rapport de force.

              L’histoire pourtant devrait vous l’avoir enseigné !

              Pour prendre un exemple fameux, lorsque le roi Henri d’Angleterre se fut refuser de divorcer, il changea simplement pour l’église qui le lui permettait... La sienne !

              Souvenez vous justement des templier avec Philippe le Bel. Non, la loi est à la force et le pouvoir du pape dépendait de la piété du souverain. Mais il est évident que les monarchies avaient un très grand intérêt à défendre la religion, pour la simple raison que cela cimente le peuple autour de lui et renforce sa soumission.

              Concernant la propriété, ce que vous dites n’est qu"’affaire de formulation, ce qu’il faut retenir ce sont les faits. Et les faits donne au souverain, quel qu’il soit, le droit de prélever l’impôt, donc l’intérêt sur capital terrien. Point barre. Autrement dit, je consens à vous laisser la propriété tant que vous versez votre part de récolte.

              De mon point de vue, la propriété n’est pas publique car un pays est une propriété privé relativement aux autres pays. C’est le dernier niveau ou premier niveau de la propriété. Donc, dire propriété publique et un oxymore, d’ailleurs on distingue propriété de l’Etat et domaine public. Pour qu’il n’y ait plus de propriété il faut qu’il n’y ait plus de frontière, alors, on réalise bien que la Terre est une et indivisible, car sinon, c’est qu’elle a explosée !!!

              Quand vous écrivez

              non, la terre n’est pas « gratuite ». Au minimum il faut la défendre contre les éventuels agresseurs (et en général, ça ne manque pas). Qui s’en charge ? le monarque et ses vassaux. Ils y risquent leur vie, et doivent s’entraîner pour le métier de la guerre donc, il semble juste qu’ils soient « dispensés » de celui de cultivateur.

              C’est surtout là que je vous attendais, donc merci de l’avoir écrit !

              Et pourquoi donc je vous y attendais ? Parce que cette nécessité de défense naît de la propriété elle même !!! Et comme toute menace ou agression nécessite des guerriers pour se défendre, la propriété faisait naître de facto la nécessité de chefs. La boucle est bouclée. D’autant plus bouclée, que si vous admettez ce que je viens d’écrire, alors... Tout cela s’inscrit bien dans un processus normal de l’histoire humaine qui est celle de la colonisation de la terre.

              Sur ce que vous écrivez sur le processus ayant amené la révolution française, ma réponse se trouve dans un article que j’ai publié dont voici le lien
              http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/pour-changer-de-paradigme-ii-120659

              Moi, je maintien que le fondement du capitalisme commence avec la division de la terre en propriété, car le capital terrien est le premier qui permet de tirer profit d’un bien sans le travailler, par le prélèvement de l’impôt. Comme dit plus haut, c’est l’intérêt du guerrier de diviser la terre en propriété... Pour la défendre car pour lui, son temps de vie c’est l’art de la guerre, pas l’agriculture ou l’artisanat. De plus, une fois établi sa domination, il n’a plus obligation de sa battre, seulement à profiter pleinement de son temps de vie.

              La plupart des peuples d’Amérique vivaient de manière sédentaire, mais ne voyait pas le sens de la propriété de la terre... Résultat, ils ont accueilli les européens et se sont vu pratiquement exterminés.

              Vous avez une lecture trop détaillé de l’histoire ce qui vous empêche d’avoir une vision générale, globale, ce qu’aujourd’hui on appelle « big data ».

              Quoiqu’il en soit, je suis en train de rédiger un article plus conséquent et mettant en lumière ce qui fait défaut à l’analyse historique... Le principe de responsabilité.

              J’ai écris un premier article la dessus, défendant la définition suivante

              la responsabilité est la capacité de répondre de ses droits et devoirs envers autrui.

              Appliqué à l’histoire de l’humanité, c’est très éclairant. Toutefois, je n’aborde que l’idée, un développement débouche sur une véritable théorie, mais j’avoue que le travail que cela me demanderait me rebute, d’autant que mon manque d’érudition m’obligerait à un travail double.

              Mais l’idée centrale est de remplacer la propriété par le principe de responsabilité individuelle et collective. Bizarrement, lorsque j’écris cela, la majorité se fait silencieuse, pourtant, cela ne change rien à la majorité silencieuse, bien au contraire, cela améliore leur condition de vie...


            • Bovinus Bovinus 28 mai 2014 19:06

              Ainsi, je n’ignore pas le facteur de droit divin, je lui déni sa prééminence sur la force physique.
              -
              Je ne vous suis pas sur ce point. Ce n’est pas une question de prééminence, mais de légitimité, tout simplement. Quand le brave roi Henri répudia son épouse, le pape aurait dû l’excommunier en bonne et due forme, et les autres monarques lui tourner le dos. Enfin, le peuple anglais aurait dû se révolter. Évidemment, la force a toujours le dernier mot si on choisit cette façon de faire, mais dès qu’on a un minimum de cervelle, on se rend bien vite compte que cette voie mène à l’anarchie, ou au massacre, tout simplement (voir ce qui se passe en ex-Ukraine actuellement).
              -
              Non, la loi est à la force et le pouvoir du pape dépendait de la piété du souverain.
              -
              Inutile de me faire la leçon, je l’explique en long, en large et en travers juste en haut de l’écran. Je vous rappellerai simplement que la révolution française dut asseoir son autorité par un génocide (celui des Chouans), qui défendaient le système féodal de droit divin. Parfois, une offense trop grossière à la « vraie foy » peut conduire à la guerre, et se solder par une défaite dans le pire des cas.
              -
              De mon point de vue, la propriété n’est pas publique car un pays est une propriété privé relativement aux autres pays.
              -
              Je désagrée. Le simple fait qu’il existe de très diverses cultures et langues légitime qu’il y ait des frontières (qui se fixent soit par la guerre, soit l’absorption culturelle). Ainsi, pardonnez-moi, mais je ne voudrais pas avoir des cannibales du Pacifique comme voisins. Et par ailleurs, je ne vois pas pourquoi nous aurions le droit de les assimiler culturellement (c’est à dire, leur imposer un lavage de cerveau). Si ils veulent se bouffer entre eux, eh bien, qu’ils le fassent, mais chez eux.
              -
              Et pourquoi donc je vous y attendais ? Parce que cette nécessité de défense naît de la propriété elle même !!! Et comme toute menace ou agression nécessite des guerriers pour se défendre, la propriété faisait naître de facto la nécessité de chefs.
              -
              Euh... ceci est un raisonnement simpliste, pour le coup. Voyez vous-même : la nécessité de défense n’entraîne pas la nécessité de chefs, mais seulement de guerriers (l’un n’équivaut pas forcément à l’autre). Dans certains pays, comme par exemple l’Afghanistan, il est d’usage que le général en chef (et non le chef « politique », qui serait plutôt l’imam local) redevienne un type comme les autres, il ne commande que les guerriers et en vertu d’un certain mandat, pour une durée définie (je crois savoir que c’est le même système chez les Cosaques - qui ne sont pas des Russes). Gare à lui si il subit une défaite retentissante, il est aussitôt remplacé, voire mort si il a l’outrecuidance de protester. Dans les pays de culture chrétienne, c’est à dire où le roi et le connétable sont deux personnes différentes, eh bien, le coup d’État, ça existe. Sinon, on a encore le système de la démocratie hellénique, où l’armée est composée de tous les citoyens (qui sont donc propriétaires de leurs propres armes), qui peuvent à tout moment se rebeller, et où le général n’a que des pouvoirs relatifs au domaine strictement militaire.
              -
              Moi, je maintien que le fondement du capitalisme commence avec la division de la terre en propriété
              -
              Eh bien, que voulez-vous que je vous dise ? vous avez le droit hein smiley
              -
              Vous avez une lecture trop détaillé de l’histoire ce qui vous empêche d’avoir une vision générale, globale, ce qu’aujourd’hui on appelle « big data ».
              -
              Là, par contre, les jugements de valeur de ce genre, ça le fait moyen. Vous ne me connaissez pas. On parle d’un point précis là. Si ça peut vous rassurer, nul n’a tort ou raison, la politique est une affaire d’opinion (maxime de l’antiquité), on ne fait qu’édicter des opinions. Il y a assez peu de chances qu’on arrive à se convaincre l’un l’autre, mais la controverse est toujours intéressante et enrichissante.
              -
              Par ailleurs, je vous ferai remarquer que pour faire de la synthèse correctement (non, « big data », c’est autre chose), il faut avoir de l’érudition, hélas. Et c’est vous qui vous plaignez plus loin de ne pas en avoir « assez ». Soit vous l’ambition vous dévore au point de vous faire perdre (un peu) la tête, soit vous êtes un génie illustre.
              -
              Le problème que vous essayez de traitez est vieux comme le monde, vous n’êtes ni le premier, ni le dernier. Un monsieur très intelligent qui s’appelait P.-J. Proudhon s’y était essayé également, je pense que son essai « Qu’est-ce que la propriété ? » devrait vous intéresser (c’est assez chiant à lire, mais ça vaut le coup).
              -
              la responsabilité est la capacité de répondre de ses droits et devoirs envers autrui.
              -
              Ceci m’intéresse. Ayez la bonté, je vous prie, de m’expliquer de quelle manière vous envisagez qu’on « réponde de ses droits envers autrui ». Par la force ? smiley
              -
              Mais l’idée centrale est de remplacer la propriété par le principe de responsabilité individuelle et collective.

              -
              Ça pourrait être intéressant, j’attends votre définition de la responsabilité.


            • Hervé Hum Hervé Hum 28 mai 2014 22:30

              Bonsoir Petrovitch,

              pour un connaisseur de Proudhon, vous confondez allègrement anarchie et chaos et pour un défenseur du Marxisme, vous appuyez étrangement les religieux !?

              Je ne vous suis pas sur ce point. Ce n’est pas une question de prééminence, mais de légitimité, tout simplement. Quand le brave roi Henri répudia son épouse, le pape aurait dû l’excommunier en bonne et due forme, et les autres monarques lui tourner le dos. Enfin, le peuple anglais aurait dû se révolter.

              Si vous ne me suivez pas, je ne vous comprends plus. Ce que vous dites est une idéalisation d’un système où vous niez la nature même de ce qu’est le culte de la personnification du pouvoir, telle que l’est la monarchie. Vous défendez avec votre phrase le principe de sanctuarisation des classes sociales basé sur le divin, lui même issu d’une manipulation flagrante de la religion par des religieux mettant la robe pour cacher leur mensonges. Vous oubliez les fameuses indulgences, contraire à la foi. Qui alors aurait dû protester contre cette pratique ? On peut disserter à l’infini, mais les arguments ne manquaient pas pour devenir protestant.

              Je désagrée. Le simple fait qu’il existe de très diverses cultures et langues légitime qu’il y ait des frontières (qui se fixent soit par la guerre, soit l’absorption culturelle). Ainsi, pardonnez-moi, mais je ne voudrais pas avoir des cannibales du Pacifique comme voisins. Et par ailleurs, je ne vois pas pourquoi nous aurions le droit de les assimiler culturellement (c’est à dire, leur imposer un lavage de cerveau). Si ils veulent se bouffer entre eux, eh bien, qu’ils le fassent, mais chez eux.

              Où donc Marx défend la propriété ? Les frontières ? Je n’ai certes lu de Marx qu’une partie du capital, mais j’ai surtout lu qu’il voulait abolir la propriété. D’autre part, c’est la persistance même des frontières dans un monde en opulence qui maintient la famine, la misère, l’exploitation et les guerres entres les peuples, alors même qu’une sage gestion des ressources et intelligente utilisation de l’outil de production permet de satisfaire tout le monde en terme de travail et d’activité choisie. De telle sorte que personne n’ait à fuir son pays pour quelque mauvaises raisons que ce soit, mais par attirance culturelle, donc, non invasive et destructrice de culture comme le fait le pseudo libéralisme bourgeois actuel.

              Euh... ceci est un raisonnement simpliste, pour le coup

              Votre démonstration n’invalide pas la nécessité du chef dont par ailleurs vous défendez la nécessité ! Simplement correspond à ce que j’écris, la nécessité du chef naît de l’urgence, de la crise politique, menace militaire, mais peut et doit être limité à ces seules urgences, pour ensuite être effectivement supprimé. Mais tant qu’il y aura des frontières qui divisent, tant qu’il y aura la compétition économique qui fait la guerre, il y aura donc nécessité de chef. Pourquoi donc en monarchie le peuple n’était pas instruit au maniement de l’arme, mais au contraire maintenu dans la peur de celles ci ? Pour qu’il restât soumis. Ceci est la règle, le peuple en arme était l’exception. On ne présente une exception pour justifier une règle qu’en l’y opposant, non en l’y substituant.

              Ce qui donnait et légitimait le pouvoir de la noblesse sur la bourgeoisie et les prolétaires était bien la maitrise de la force, non du droit. Le génie de la bourgeoisie est d’avoir su créer une bourgeoisie paysanne en redistribuant les terres des nobles déchus aux prolétaires... Bref, en leur « vendant »’ ce qui est offert par essence, la terre. Parce qu’en devenant les maitres du pouvoir, ils gardaient tout le bénéfice du capital productif et monétaire, alors que dans le même temps, ils n’avaient plus de tribu à payer à la noblesse, mais collectait l’impôt à sa place. N’étaient plus limités par elle mais devenaient les seuls maîtres du peuple. Pouvaient toujours acheter la terre et cerise sur le gâteau, faisaient de ces prolétaires devenus capitaliste terrien, leur meilleurs alliés et soldats pour leur propre défense. Devenant une force brute sans cervelle, donc docile.

              Ceci m’intéresse. Ayez la bonté, je vous prie, de m’expliquer de quelle manière vous envisagez qu’on « réponde de ses droits envers autrui ». Par la force ?

              La réponse est contenu dans la définition, la défense de ses droits se fait par l’accomplissement de ses devoirs. C’est le principe absolu de l’éthique, c’est à dire basé sur la réciprocité. Le principe relatif de l’éthique étant dans la différentiation entre intériorité et extériorité ou appartenance et exclusion au groupe.

              Si vous voulez lire un premier développement (je suis en train d’écrire le second), vous le trouverez ici :

              http://www.agoravox.fr/actualites/citoyennete/article/droits-devoirs-et-responsabilite-12032


              • Bovinus Bovinus 29 mai 2014 12:52

                pour un connaisseur de Proudhon, vous confondez allègrement anarchie et chaos et pour un défenseur du Marxisme, vous appuyez étrangement les religieux !?
                -
                D’où avez-vous sorti que j’étais proudhonien ou marxiste ? c’est pas parce que je connais un peu leur travaux que je suis forcément d’accord avec l’intégralité de ce qu’ils disent. Je ne me rattache à aucun mouvement, et si j’ai exprimé une certaine admiration pour l’oeuvre de Staline, je n’ignore pas que d’une part il a échoué (puisque ses ennemis « marxistes » ont finir par avoir raison de lui et démolir son système), et d’autre part, je ne le considère pas comme un marxiste. On l’a souvent accusé en Russie (peut-être avec raison) d’être un contre-révolutionnaire et un bonapartiste.
                -
                Par exemple, chez Marx, que je considère comme un charlatan de haut vol, il y a tout de même un truc qui vaut le coup d’être retenu, c’est « son » concept de lutte des classes. Seulement, vous serez probablement surpris de savoir que celui de « classe » provient de Guizot... évitez de mettre les gens dans des cases, ça pourrait vous jouer des tours.
                -
                Si vous ne me suivez pas, je ne vous comprends plus. Ce que vous dites est une idéalisation d’un système où vous niez la nature même de ce qu’est le culte de la personnification du pouvoir, telle que l’est la monarchie.
                -
                Ce n’est pas une idéalisation, c’est la façon dont est censé fonctionner ce système-là, c’est tout. Je sais bien que l’homme n’est pas parfait et faillible, mais en l’occurence, dans cette sorte d’exemple, le roi n’est pas le seul fautif. Les autres rois, l’Église et le peuple ont des responsabilités aussi. Si la monarchie s’est effondrée, c’est du fait de tous, pas seulement de quelques-uns. Les seuls s’étant courageusement opposés à la révolution furent les Chouans, je ne suis ni pour, ni contre, je constate, c’est tout.
                -
                Le culte de la personnification du pouvoir, là, on est dans le domaine de la psychologie, laissons cela.
                -
                Où donc Marx défend la propriété ? Les frontières ? Je n’ai certes lu de Marx qu’une partie du capital, mais j’ai surtout lu qu’il voulait abolir la propriété.
                -
                Sur Marx, pour en finir une bonne fois pour toutes, d’une part je me fous de ce qu’il pensait, et d’autre part, je ne sais pas où et comment il voulait « abolir la propriété », je crois savoir qu’il espérait que le prolétariat s’en emparerait « collectivement » suite à la révolution mais sans préciser comment ce serait géré concrètement.En effet, on s’est vite rendu compte en URSS que ce n’était pas si simple, et on a réglé le problème en attribuant la propriété de tout à l’État, mesure temporaire efficace mais qui s’est retournée contre les citoyens en 1991. Et oui, Marx était internationaliste, ce que je ne suis pas.
                -
                D’autre part, c’est la persistance même des frontières dans un monde en opulence qui maintient la famine, etc ...
                -
                Excusez-moi, mais je ne crois pas aux contes de fée. Ce problème a déjà été abordé par Malthus dans son « Essai sur le principe de population », et la démographie actuelle confirme qu’il y a un gros souci à ce niveau-là (voir les graphiques ici pour vous en convaincre http://fr.wikipedia.org/wiki/Population_mondiale ). 7 mds d’individus, dans un monde de rêve semblable à celui que vous décrivez, ça donnerait combien de mds dans seulement 1 génération ? À moins que vous ne proposiez également de stériliser tout le monde ?
                -
                D’autre part, c’est la persistance même des frontières qui maintient la famine, la misère, l’exploitation et les guerres entres les peuples
                -
                Je pense que vous vous faites une représentation peu adéquate du réel, et inversez les choses (propagande, quand tu nous tiens... smiley ). Jamais les frontières n’ont été aussi « poreuses » que de nos jours (la mondialisation, ça vous dit quelque chose ? OMC, OSCE, TAFTA, UE, ALENA, tout ça, vous connaissez ?). En somme, vous êtes en train d’essayer de me vendre l’idée du « nouvel ordre mondial », avec 1 seule langue et 1 pseudo-culture pour tous. La tour de Babel, quoi. Remballez, je mange pas de ce pain-là. J’ai même tendance à croire que pour sauver le peu de diversité qui reste encore à sauver sur Terre, il faudrait justement que les pays reviennent massivement à un isolationnisme / protectionnisme raisonnable.
                -
                Votre démonstration n’invalide pas la nécessité du chef dont par ailleurs vous défendez la nécessité !
                -
                Il me semble qu’on n’a pas la même idée du chef, vous y voyez de suite une sorte de rapace, alors que je considère qu’il peut très bien rester cantonné dans les limites de son mandat sans se mêler forcément de vouloir mettre son peuple en esclavage. Et d’autre part, si le peuple se laisse mettre en esclavage, tant pis pour lui. Dans la vie, on n’a que ce qu’on mérite.
                -
                Par contre vous avez correctement saisi l’idée de base :
                -
                Pourquoi donc en monarchie le peuple n’était pas instruit au maniement de l’arme, mais au contraire maintenu dans la peur de celles ci ? Pour qu’il restât soumis. Ceci est la règle, le peuple en arme était l’exception.
                -
                Le peuple en armes n’était pas si exceptionnel, mais certes beaucoup plus rare. Et la faute n’incombait pas au roi ou à la noblesse, mais au peuple lui-même. Pourquoi ne s’armait-il pas ? par couardise et paresse, voilà tout (ben ouais, quand on prend une épée, on risque fort de périr par l’épée). Comme disait un Noir respectable parlant de l’esclavage de son peuple : « Le premier esclavagiste, c’est l’esclave ». Si l’esclave n’a pas le courage de se révolter, eh bien, qu’il vienne pas se plaindre d’être exploité.
                -
                La réponse est contenu dans la définition, la défense de ses droits se fait par l’accomplissement de ses devoirs.
                -
                J’ai lu votre article, et je le trouve superficiel et insuffisant. Votre problématique est intéressante, mais vous échouez à en tirer quelque chose de suffisamment complet. En particulier, vous escamotez le problème de la révolte, qui ne peut s’accomplir que par la force (et, évidemment, par une information adéquate, ce dont vous ne parlez pas non plus).
                -

                La responsabilité parcequ’elle est une relation entre droit et devoir ne fait pas appel au pouvoir sur autrui ou à un degré d’intelligence ou de compétence mais au respect de l’équilibre entre droit et devoir.

                -

                Ça veut dire quoi concrètement, « respect de l’équilibre entre droit et devoir » ?

                -

                En fait vous proposez ni plus ni moins de substituer à la piété féodale le respect contemporain ?

                -

                Le respect, ça ne se demande pas, ça s’impose. Par la force, la peur, l’autorité, le bluff, bref, tout moyen approprié. Être responsable implique donc d’être prêt à défendre ses droits quoi qu’il arrive, ce qui nous renvoie à la problématique du chef, et à celle de l’autonomie de chacun. D’après moi, le meilleur exemple d’un système exigeant l’implication citoyenne est celui de la démocratie hellénique, partant justement de l’idée que l’homme est imparfait et tenté de faire usage de son pouvoir à son profit exclusif. Pour dire les choses simplement, les Grecs considéraient comme normal que les « chefs » soient tentés d’abuser de leur position, donc, plutôt que de contrer cette tendance par la « piété » (comme dans le cas du féodalisme), on la combattait par l’armée citoyenne et la participation politique de chacun. Sinon, fallait pas se plaindre que les chefs deviennent des oligarques. Sur la démocratie, je vous recommande cette vidéo d’Étienne Chouard : http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?2011/11/15/163-conference-de-metz-du-22-octobre-2011-video .


              • Hervé Hum Hervé Hum 29 mai 2014 21:46

                Bovinus, je mettais en lumière le fait que vous prenez l’anarchie comme étant le chaos, alors que l’idée de l’anarchie n’est pas cela. Pour ce qui est de Marx, admettons.

                Pour la mondialisation, regardez donc vos statistiques, les pays où la natalité est la plus forte sont les pays pauvres, et plus particulièrement les pays en crise permanente, pas les pays stables et riches . Votre réponse à cela consiste à vouloir fermer les frontières et revenir à d’avant la seconde guerre mondiale. Ensuite vous me sortez les organisation mondiale actuelle, alors que celles ci sont l’instrument d’une politique dédié à favoriser la cupidité d’une extrême minorité au détriment des autres. Cela vous permet de zapper complètement ce que j’écris par ailleurs.


                Le peuple en armes n’était pas si exceptionnel, mais certes beaucoup plus rare. Et la faute n’incombait pas au roi ou à la noblesse, mais au peuple lui-même. Pourquoi ne s’armait-il pas ? par couardise et paresse, voilà tout (ben ouais, quand on prend une épée, on risque fort de périr par l’épée). Comme disait un Noir respectable parlant de l’esclavage de son peuple : « Le premier esclavagiste, c’est l’esclave ». Si l’esclave n’a pas le courage de se révolter, eh bien, qu’il vienne pas se plaindre d’être exploité.

                D’abord, relisez l’histoire, mais sans la tordre !!! Des révoltes d’esclaves il y en a eut, dont la plus fameuse fut celle de Spartacus. Mais surtout, elles étaient le plus souvent tués dans l’oeuf et avait que très peu l’opportunité de prendre suffisamment d’ampleur pour affronter une armée aguerri, organisé, bien armé et nourri et enfin, il lui fallait se doter d’un chef, c’est à dire un homme qui brise ses propres chaines et ait le temps de rassembler d’autres hommes autour de lui à un époque ou le smartphone n’existait pas.

                Ensuite, vous idéalisez le système monarchique, puis dites qu’il faut pas faire de psychologie et maintenant c’est la faute au peuple et non aux rois et à son armée

                Quand à mon article, il est en effet superficiel et insuffisant, parce qu’il exprime une idée, dans le but d’ouvrir le débat, non de le fermer et faire appel à la réflexion et intelligence, non pour me présenter en gourou.

                Ça veut dire quoi concrètement, « respect de l’équilibre entre droit et devoir »

                C’est a deuxième fois que je vous l’écris, défendre ses droits c’est accomplir ses devoirs. C’est la base de l’équilibre. C’est écrit dans l’article. Il faut certes développer, mais encore une fois, ce n’était pas le but de l’article.

                En fait vous proposez ni plus ni moins de substituer à la piété féodale le respect contemporain ?

                Vous êtes idiot ou vous le faites exprès ? Je vous renvoi à ma réponse ci dessus, ce ne sera que la troisième fois !

                Pour vous l’écrire autrement, puisqu’il semble que vous ne savez réfléchir qu’à partir de vos lectures, ici, le respect renvoi chacun à sa propre responsabilité. Tu veux des droits, alors, rempli tes devoirs. Or, aujourd’hui, parmi l’élite et les dirigeants économiques, qui veut remplir ses devoirs envers autrui ? Personne, ils clament tous une seule chose, leur droit de faire n’importe quoi et ce contre l’intérêt des citoyens. Alors les citoyens doivent certes leur imposer d’accomplir leurs devoirs ou alors de perdre leur qualité de personne responsable et d’êtres mis sous tutelle, mais si ces mêmes citoyens ne pensent eux même que par leurs droits, alors cela veut dire que personne ne pense à être responsable de rien.

                Les gouvernés veulent êtres traité comme des adultes dans un monde d’enfant, et les gouvernant représenter le monde des adultes dirigeant des enfants. Cela pose un serieux problème, la dessus nous sommes d’accord.


              • Bovinus Bovinus 29 mai 2014 22:37

                Bovinus, je mettais en lumière le fait que vous prenez l’anarchie comme étant le chaos, alors que l’idée de l’anarchie n’est pas cela.
                -
                Disons que dans un monde où chacun (j’ai bien dit chacun) serait responsable, au sens que vous donnez plus bas, en théorie ça pourrait très bien marcher, l’anarchie. Sauf votre respect, ça me paraît encore moins fiable que l’Ancien régime basé sur la piété que vous rejetez pourtant.
                -
                Pour la mondialisation, regardez donc vos statistiques, les pays où la natalité est la plus forte sont les pays pauvres, et plus particulièrement les pays en crise permanente, pas les pays stables et riches .
                -
                Ceci n’est en aucune façon un argument. La tendance à enfanter est complexe, c’est pas simplement dû à la prospérité, ça peut être lié aussi à des traditions nationales. Enfin, vos pays « stables et riches » (déjà, c’est une catégorie très hétéroclite, mais passons), n’oubliez pas que les femmes ont tendance à travailler dans ces pays-là (souvent pour augmenter le budget destiné à la consommation, donc pour pas grand-chose), ce qui évidemment n’est pas particulièrement compatible avec les enfants.
                -
                Votre réponse à cela consiste à vouloir fermer les frontières et revenir à d’avant la seconde guerre mondiale.
                -
                Plutôt à l’époque d’avant les guerres napoléoniennes, même. Savez-vous que personne ne vous emmerdait avec des contrôles de passeport ou d’identité quand vous arriviez dans un autre pays à l’époque ? Ça venait même pas à l’idée des gens, on vous demandait simplement votre nom et on vous disait « bienvenue et bon séjour ».
                -
                Ensuite vous me sortez les organisation mondiale actuelle, alors que celles ci sont l’instrument d’une politique dédié à favoriser la cupidité d’une extrême minorité au détriment des autres.
                -
                Et alors ? ça change rien au fait que ces organismes détruisent le concept de frontière. D’un côté on vous contrôle jusqu’au trou de balle dans les aéroports, mais de l’autre, vous avez des trillons qui se baladent partout sur la planète sans que personne ne soit même au courant.
                -
                D’abord, relisez l’histoire, mais sans la tordre !!! Des révoltes d’esclaves il y en a eut, ...
                -
                J’ai jamais dit que se révolter était simple ou facile. C’est même extrêmement dangereux. Sauf que vous n’avez le choix qu’entre deux alternatives : se révolter, et périr presque à coup sûr, et plier l’échine et vivre en esclave. Mais encore une fois, d’une part, la révolte est un devoir moral que vous avez auprès de vous-même, de votre condition d’homme né digne et libre, et d’autre part, si vous renoncez à tout cela juste pour vivre un peu plus longtemps, vous renoncez aussi du même coup à vos droits au respect et à la liberté. Moralité : faut pas venir chialer après comme quoi le maître il est pas cool.
                -
                Ensuite, vous idéalisez le système monarchique, puis dites qu’il faut pas faire de psychologie et maintenant c’est la faute au peuple et non aux rois et à son armée
                -
                Je l’ai dit et je peux même le redire : quand le Roi manque à ses devoirs de lieutenant du Christ, alors, il n’est plus un roi légitime, il n’est rien de plus qu’un tyran. Et dans ce cas, la révolte de tous (peuple, armée, élites, clergé, autes monarques, etc.) devient un devoir. Je n’idéalise rien, je dissèque simplement les règles de fonctionnement de cette sorte de régime. Si on laisse faire, alors on perd sa qualité de sujet, et on devient un esclave. Faut pas venir chialer après parce que la bourgeoisie a imposé une tyrannie plus sévère encore.
                -
                Tu veux des droits, alors, rempli tes devoirs.
                -
                Ben voilà, c’est simple et clair comme ça. Je suis on ne peut plus d’accord sur le principe, mais il se pose tout de même un souci : qui serait compétent pour établir quels sont les droits et les devoirs de chacun ? Vous n’ignorez pas, je suppose, que c’est souvent le rôle des systèmes spirituels ou religieux.
                -
                Personne, ils clament tous une seule chose, leur droit de faire n’importe quoi et ce contre l’intérêt des citoyens. Alors les citoyens doivent certes leur imposer d’accomplir leurs devoirs ou alors de perdre leur qualité de personne responsable et d’êtres mis sous tutelle, mais si ces mêmes citoyens ne pensent eux même que par leurs droits, alors cela veut dire que personne ne pense à être responsable de rien.
                -
                C’est exactement ce que je disais plus haut sur le devoir de révolte... dit autrement. Avez-vous songé aussi que ce qui rend un chef légitime, c’est qu’il accepte d’assumer des responsabilités qui ne sont pas forcément les siennes, mais que ceux qui sont censés les assumer rejettent ?
                -
                Les gouvernés veulent êtres traité comme des adultes dans un monde d’enfant, et les gouvernant représenter le monde des adultes dirigeant des enfants. Cela pose un serieux problème, la dessus nous sommes d’accord.
                -
                Tout à fait.


              • Hervé Hum Hervé Hum 30 mai 2014 10:09

                Bonjour Bovinus,

                ce matin a eut lieu un petit miracle, nous avons réussi à nous mettre d’accord sur certains points cruciaux !!!

                Ben voilà, c’est simple et clair comme ça. Je suis on ne peut plus d’accord sur le principe, mais il se pose tout de même un souci : qui serait compétent pour établir quels sont les droits et les devoirs de chacun ? Vous n’ignorez pas, je suppose, que c’est souvent le rôle des systèmes spirituels ou religieux.

                Je crois surtout que le domaine spirituel ou religieux n’a pas échappé à la corruption et perversion du pouvoir. Mais ils sont évidemment au coeur de la réponse. La seule manière d’éviter autant que possible que cela se produise ad vitae, est comme nous le disons, que chacun soit responsable et la majorité des personnes en ont acquis le potentiel, mais celui ci est bien restreint par le système et le pouvoir politique volontairement.

                Je le résume par cet aphorisme

                « la liberté exige une grande discipline intérieure, la servitude un minimum et l’esclavage aucune car la discipline est imposé de l’extérieur ».

                Suivant cela, nous pouvons penser que la majorité des gens sont tout près de la liberté pour être depuis longtemps dans la servitude.

                Pour votre question, il est un fait étrange que les droits de l’homme sont établis à travers une charte signé par pratiquement tous les gouvernements du monde et avalisé par la très large majorité de leur citoyen, mais quid des devoirs ?

                Or, si j’écris que les droits sont conditionnés à l’accomplissement des devoirs, cela signifie que les devoirs consistent bien à faire appliquer la charte reconnu des droits de chacun. Mais comme il n’y a pas de conditionnement des droits aux devoirs, il n’y à pas d’obligations a faire respecter les droits par les devoirs. Et pour cause, le système économique actuel ne survivrait pas aux devoirs de faire respecter les droits. Résultat, tout le monde ne parle que de droit et très peu de devoir au grand plaisir de ceux qui dirigent notre petite planète.

                n’oubliez pas que les femmes ont tendance à travailler dans ces pays-là (souvent pour augmenter le budget destiné à la consommation, donc pour pas grand-chose), ce qui évidemment n’est pas particulièrement compatible avec les enfants.

                En Afrique en Inde ou en Chine, les femmes travaillent autant sinon beaucoup plus que les hommes, mais la promiscuité, la pauvreté, l’ignorance, la violence et la tradition sont autant d’éléments poussant à la procréation. Mais éduquer, pacifier, responsabiliser, en un mot libérer les gens et le taux de natalité fond comme neige au soleil. C’est un fait établi statistiquement.

                C’est exactement ce que je disais plus haut sur le devoir de révolte... dit autrement. Avez-vous songé aussi que ce qui rend un chef légitime, c’est qu’il accepte d’assumer des responsabilités qui ne sont pas forcément les siennes, mais que ceux qui sont censés les assumer rejettent ?

                ... Ou les trahissent !!!


              • Hervé Hum Hervé Hum 30 mai 2014 10:14

                Pour ce qui est du non respect ou incapacité à faire respecter les droits de l’homme, c’est plus complexe que cela, mais le problème des commentaires c’est de faire des raccourcis qui parfois ont des effets contraires et ou négatifs.

                Mon commentaire ci dessus en est l’exemple type !!!


              • lsga lsga 29 mai 2014 12:57

                Je vais réagir au fur et à mesure de la lecture :

                 
                Tout à fait d’accord avec le premier paragraphe, mais remplacez les termes « grands et puissants » par le terme « bourgeois ». À l’époque de Montesquieu et de Lock, les grands et les puissants étaient l’aristocratie, par la encore la bourgeoisie. 

                • lsga lsga 29 mai 2014 13:53

                  « pas encore la bourgeoisie »


                  désolé pour la coquille

                • lsga lsga 29 mai 2014 12:58

                  « Seule la façon dont les principes du pouvoir s’expriment et s’exercent a changé, au fur et à mesure que les avancées des sciences, des industries et des infrastructures rendaient les sociétés de plus en plus complexes, de plus en plus nombreuses et, par conséquent, de plus en plus difficiles à gérer.  »

                   
                  C’est magnifiquement dit. 

                  • lsga lsga 29 mai 2014 13:00

                    Pour le 3ème paragraphe : 

                     
                    Vous confondez le concept d« Argent », qui existe depuis l’antiquité, avec celui de « Capital ». Avec l’essor de l’industrie, l’argent devient capital. 

                    • lsga lsga 29 mai 2014 13:01

                      oops, cété pas le 3ème ^^


                    • lsga lsga 29 mai 2014 13:04

                      Pour ce qui est de la « Force », tout à fait d’accord. Il faudrait le replacer dans un cadre historique et montrer comment à travers l’Histoire, du Néolithique à aujourd’hui, l’oppression des dominants sur les dominés évolue. 

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