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Accueil du site > Actualités > Politique > Appel des appels : un SOS désespéré et pluriel des acteurs de la (...)

Appel des appels : un SOS désespéré et pluriel des acteurs de la République

C’était en 2007. Nicolas Sarkozy s’était fait élire, non sans manier les références historiques et faire écho à quelque propos papal du genre, entrons dans l’espérance, ensemble, tout est possible. 20 mois plus tard, le résultat est accablant. C’est tous ensembles, que des professionnels d’horizon multiples signent un appel dont la traduction est : nous sommes désespérés.

C’est le journal Libération, retrouvant ses vieux réflexes de porte-parole des frondeurs, publie un appel commun assez court mais très explicite*** Selon les analystes du journal, cet appel est singulier et constitue même un précédent. C’est d’ailleurs ce qui marque les crises politiques et sociales, le fait qu’il y ait des précédents. Comme il y a peu, ces députés socialistes chantant la marseillaise devant un président Accoyer imperturbable sur son perchoir. Ce n’est pas un scoop, la France est en crise, pas seulement économique mais surtout sociale et politique.

Qu’y a-t-il de singulier dans cet appel ? Tout simplement le fait qu’il dépasse les revendications catégorielles, rassemblant de nombreuses professions sur service public et pas les moindre. Ce sont celles qui participent à la texture du lien social, au maintient de l’espace républicain, de l’Etat de droit, à l’éducation de toutes les tranches d’âge, depuis la maternelle jusqu’au doctorat de l’Université en passant par les enseignements dits professionnels. Ajoutons les professionnels du système de santé, qui assument l’héritage d’une institution créée par le Conseil national de la résistance. Et la recherche, domaine sans lequel il n’est pas de grande et prestigieuse nation. Et la presse, sans laquelle il n’y a pas de démocratie et de liberté fondée sur une opinion bien informée. Et la culture, qui donne un sens à la civilisation. La qualité des signataires surprend aussi. Les clivages syndicaux sont dépassés et parmi les frondeurs, des professionnels haut placés, pour employer une formule évoquant les directeurs de recherche, les professeurs d’université, les médecins, les psychiatres, les magistrats, les responsables de rédaction, des directeurs dans le champ culturel.

Cet appel s’avère exceptionnel et sans doute, historique, du moins à l’échelle de notre décennie et plus particulièrement, en plein milieu du quinquennat de Sarkozy. Lequel est tout spécialement visé mais c’était son choix puisqu’il avait promis qu’en régentant tout, il serait le seul comptable des succès ou des échecs. Et là, au vu du marasme ambiant, parler d’échec est un euphémisme puisque une sorte de désastre est en vue (« conséquences désastreuses » dit le texte) Un mot sur le motif et le contenu. Tous ces professionnels reprochent au Président de la République une vision économiste et comptable applicable aux services publics.

Souvenons-nous le 8 janvier 2008, Sarkozy lançait à la cantonade la politique de civilisation. Qui devait être, selon ses termes, la politique de la vie et des repères (La politique doit être animée par le souci d’un idéal humain, a expliqué le chef de l’État. « La politique de civilisation c’est la politique de la vie ». Elle est nécessaire « quand il faut rétablir des normes, des critères, des repères » (Figaro, 08/01/08) Et que disent tous ces professionnels, que l’idéal humain qui guide Sarkozy, c’est l’homme économique. Et que pensent les professionnels de la politique actuelle ? Eh bien qu’elle désagrège peu à peu les repères dans notre société. Et que s’il y a bien un personnage dépourvu de vision humaine, de repères (exceptés statistiques et économiques) et pourvus de normes contestables, c’est le chef de l’Etat.

L’histoire le dira mais cette crise est majeure car elle révèle un schisme sans précédent entre deux volontés et deux représentations, celles d’un chef de l’Etat et celles d’une assemblée hétéroclites et plurielle de professionnels parvenus au sommet de leurs compétences pour façonner un pays à hauteur de civilisation. Cette crise de la représentation est énorme et elle doit être prise pour ce qu’elle vaut, à savoir comme une crise de la démocratie.

 

*** Appel des appels « Nous, professionnels du soin, du travail social, de l’éducation, de la justice, de l’information et de la culture, attirons l’attention des pouvoirs publics et de l’opinion sur les conséquences sociales désastreuses des réformes hâtivement mises en place ces derniers temps. A l’Université, à l’école, dans les services de soins et de travail social, dans les milieux de la justice, de l’information et de la culture, la souffrance sociale ne cesse de s’accroître. Elle compromet nos métiers et nos missions. Au nom d’une idéologie de "l’homme économique", le pouvoir défait et recompose nos métiers et nos missions en exposant toujours plus les professionnels et les usagers aux lois "naturelles" du marché. Cette idéologie s’est révélée catastrophique dans le milieu même des affaires dont elle est issue. Nous, professionnels du soin, du travail social, de l’éducation, de la justice, de l’information et de la culture, refusons qu’une telle idéologie mette maintenant en "faillite" le soin, le travail social, l’éducation, la justice, l’information et la culture. Nous appelons à une Coordination nationale de tous ceux qui refusent cette fatalité à se retrouver le 31 janvier 2009 à Paris. »


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22 réactions à cet article    


  • fouadraiden fouadraiden 24 janvier 2009 05:26

     smiley


     Prends des vacances loin de la civilisation


    • Polemikvictor Polemikvictor 24 janvier 2009 09:29

      Le systeme de soins, le travail social , la justice, l’éducation, des secteurs indispensable au bon fonctionnement d’un état comme le notre, mais bloqués par un refus d’évoluer.

      Quelques questions à poser aux acteurs de ces secteurs.

       Comment faites vous pour detecter les meilleures pratiques et les généraliser ?
      Avez une définition de fonction qui défini clairement votre raison d’etre et vos secteurs clés de résultats ?
      Avez des objectifs annuels ? Où sont ils affiches ? sont ils à jour ? En discutez vous régulièrement avec voftre hiérachie ?

      Ces pratiques basiques dans une structure moderne sont réjetées systématiquement au nom du refus de la logique comptable et du refus de l’évaluation au mérite.

      La logique comptable est necessaire surtout quand on utilise l’argent public : je suis un contribuable, je ne veut pas m’appauvrir pour des gens qui refusent de mesurer leur dépenses et les performances qui sy rapportent. J’attend d’eux qu’ils me prouvent qu’ils fournissent un service de qualité au juste prix.

      L’évaluation au mérite , mot ringard pour refuser celui de performance plus mesurable et plus responsabilisant : comment peut on progresser si on ne mesure pas ce qu’on fait et qu’on ne le compare pas à ce que font les autres ? voir ma question N°1 plus haut.



      • foufouille foufouille 24 janvier 2009 10:24

        il suffit d’etre banquier et de faire payer les francais


      • Blé 24 janvier 2009 18:21

        Quelle grille d’évaluation proposez-vous pour évaluer la réussite de nos élites politiques qui nous gouvernent ?

        Le service public n’a pas pour objectif de faire des bénefs, ce qui n’est pas le cas d’une entreprise privée. Non seulement la privatisation des services ne répond pas aux besoins de la population mais en plus cela coûte 30 à 40 % plus cher.

        Le mensonge, la propagande, la pub doivent vous convenir alors surtout restez en là, ne cherchez pas à comprendre, vous risqueriez de déplaire à Sarko.



      • Panzerfaust 24 janvier 2009 20:04
        Sacrés fonctionnaires qui essaient encore et toujours de nous faire croire qu’ils montent au créneau pour défendre le service public alors qu’il s’agit tout simplement de prévenir la moindre remise en cause de leurs privilèges. Cet appel dépasse les revendications catégorielles : smiley smiley smiley smiley à d’autres.

      • jean-joseph jean-joseph 24 janvier 2009 20:49

        @polemik victor,
        l’un des principe majeur du travail social est de rendre les gens autonome, responsable. C’est à dire que nous partobns du principe que les couts d’aujourd’hui seront bien inférieurs à ceux de demain : frais d’allocations (RSA, chomage), frais médicaux (internements, maladies chroniques par fautes de soin) ; frais de justices (frais d’assurance, d’indemnisations en cas de crime ou de délits) ; frais d’accompagnement (salaires de s travailleurs sociaux qui suive les personnes en difficulté). Vous l’aurez compris nous sommes tout aussi important dans le circuit économique que les faiseurs d’argents.


        Maintenant la question de la quantification :
        Sur une échelle de 0 à 10, seriez vous apte à déterminer votre taux d’autonomie, de rsponsabilité ?
        Il est toujours très périlleux lorsqu’on parle de l’humain de le décrire comme on décrit un paquet de jambon ou une voiture.
        Quant aux objectifs, sachez que dans tout les cas optimisé et qu’il est de 100% de réussite.

        Enfin la notion d’évaluation au mérite, je ne sais pas si je dois rire ou pleurer : croire que notre champ d’action est diu meme ordre qu’un vendeur de meuble c’est se fourer le coude dans l’oeil. Vous tombez dans les clichés, en effet comment imaginer qu’un éducateur, qu’un enseignant, qu’un psychologue soit le SEUL adulte pivot de l’évolution d’un enfant ou d’un ado ? La prise en charge et l’accompagnement social ne se fait pas sous l’égide d’un seul adulte omnipotent ; c’est toute une équipe de différents champs professionnels. Nous fonctionnons sous un principe d’obligation de moyen.


      • Polemikvictor Polemikvictor 25 janvier 2009 09:58

        Quel que soit le domaine d’activité, social ou autre, les intervanants sont la pour faire quelque chose.
        Il y a des gens qui recevent leurs service, il y ades gens (pas necessairement les memes) qui sont capables de dire si ce service à été plutot bien rendu ou plutot mal.
        Dire à quelqu’un ou à un groupe : nous vous avons comparés avec d’autres, traitant du meme sujet dans des conditions comparables et nous avons demander à ceux qui peuvent évaluer votre travail ce qu’ils en pense et vous etes dans les 10% des meilleures évaluations ou dans les 10% plus mauvaises et on aimerais comprendre pourquoi est faisable partout .
        Si on parle des 10% meilleurs cela est motivant de savoir qu’on fait bien son travail, si on est dans les 10% plus mauvais , il serais bon de prendre contact avec les meilleurs pour s’en inspirer.
        Cela me parait trivial.


      • Polemikvictor Polemikvictor 25 janvier 2009 10:03

        L’évaluation de nos politiques existe : on les comparent et on choisis régulièrement dans le cadre d’une évaluation globale, cela s’appelle des élections.
        Les grilles plus fines devraient étre établies par les politiques eux meme et diffusées régulièrement. L’évaluation régulière des ministre va dans ce sens.


      • foufouille foufouille 25 janvier 2009 13:24

        tres drole
        les politiques sont "evalues" !!!!
        dis plutot menteurs et tricheurs
        95% des salaries gagnent moins de 2500€
        le chomage dure depuis 30a
        la police defend uniquement les riches

        en cas d’accident demande donc autant d’argent que tapie


      • jean-joseph jean-joseph 25 janvier 2009 22:03

        @polemikvictor,
        ce que vous décrivez, c’est la fonction de la DDASS, qui par le biais des validations des projets d’institutions agrément accordés ou non) ; de leurs conformité avec la loi, les besoins départementaux, et les thèmes "à la mode" (aujourd’hui c’est la maltraitance institutionnelle, il y a 10 ans c’était les mesures de signalement) a un droit de véto sur l’existence d’une structure de soin.
        Son pouvoir est immense dans le champ socio-éducatif et médicosocial, la DDASS peut fermer un établissement du jour au lendemain, doubler en effectif (ou en moyen financier) une institution, demander le licenciement d’un cadre, faire des inspections au résultats et au conséquences tranchantes etc... une sorte de police du secteur.

        Enfin pour rejoindre votre idée, il est evident qu’il n’y a pas 100% d’efficience dans les secteurs que j’ai décrits, tant de la part de professionnels que de la part des institutions, voire de la part des organismes de controles. Je veux juste rappeler nous travaillons AVEC la subjectivité, c’est un facteur essentiel car le résultat de nos actions se voient au mieux à moyen terme sinon à long terme( 6 mois-1an pour des jeunes enfants, 2-3 ans pour les enfants et les ados ; 3-4 ans parfois pour les populations adulte les plus carencées).

        Mais aujourd’hui, on veut faire croire au grand public, que le secteur social et médico social est un trou à fric, malgéré et occupé par une bande d’arrivistes fainéants aux méthodes alternatives et non évaluables.


      • Yohan Yohan 24 janvier 2009 11:30

        Responsabilités partagées. Des professionnels qui campent sur leurs positions, un Etat borné qui ne sait pas gérer ses ressources. Des années perdues à ne rien faire. Et maintenant qu’il n’y a plus d’argent dans les caisses, le couperet s’abat n’importe où, n’importe comment, entraînant des dégâts qui seront irréparables et qui coûteront plus encore à la société indirectement.


        • pissefroid pissefroid 24 janvier 2009 11:54

          C’est tout à votre honneur de répercuter cet appel.


          • Lisa SION 2 Lisa SION 2 24 janvier 2009 15:07

            Bonjour Bernard,

            J’ai découvert cet appel des appels sur le site " Ars Industrialis " de Bernard Stiegler, il y a même la listes des 194 premiers signataires et j’ai pu remarquer qu’il s’agit en grande partie de psys. J’aimerais bien savoir s’il n’y aurait pas un rapport avec " sauvons la clinique " dont un article de Karim Sarroub sur avox avait fait l’objet d’une étrange polémique toujours pas éclaircie... ? http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=42202 .

            Si les psys donnent l’alerte quand à la santé mentale de notre Société, on peut les croire. " Tous ces professionnels reprochent au Président de la République une vision économiste et comptable applicable aux services publics. ". l’impôt n’a de sens que s’il est émis à l’usage du bien commun, si celui-ci est privatisé, il n’a donc plus lieu d’être...

            Moi, personnellement, cela ne me gène pas de confier le budget de l’Etat à des commerçants, mais sauf s’ils sont de mèche avec les banquiers...








            • energieverte 24 janvier 2009 15:07

              Bonjour,

              Le monde a changé, les Français ne croient pas plus à la société socialiste que les élus socialistes eux-mêmes qui s’entre-déchirent du fait de leur désarroi ou cherchent à se refondre dans un ennemi commun ; Sarkozy, au point d’en devenir ridicule.
              La crise financière passera, elle ne remet pas en cause l’économie de marché qui a démontré il y a longtemps qu’elle était la moins mauvaise des solutions. En attaquant l’économie de marché tant décriée, les fonctionnaires mordent la main qui les nourrie, et cette main en a un peu marre d’être seulle à porter le poids du monde en se faisant en même temps traiter de tous les noms. C’est peut-être énervant pour un énarque/normalien/polytechnicien/interne des hôpitaux (de gauche comme de droite) de se faire expliquer par un licencié en droit (Sarkozy) qu’il faut améliorer l’efficacité ou la compétitivité de notre service public, ça ne choque pas les Français. Le schisme est la mais il a pour origine ces mêmes élites intellectuelles qui avaient le pouvoir à gauche comme à droite, pas le gouvernement que la France s’est donné. Les fonctionnaires sont au service de la communauté et cela passent en priorité par l’optimisation de l’usage qu’ils font de l’argent public. C’est en voyageant à l’étranger qu’on découvre que la France est à la traine ou a perdu beaucoup dans de nombreux domaines ; éducation , santé, R&D...Nous crevons sous un système qui ne sait pas se réformer. Les entreprises elles se sont réformées il ya longtemps et continuent à le faire en permanence car il n’y a pas d’alternatives...sinon c’est la mort. 
              Alors s’il vous plait, messieurs les fonctionnaires réformer vous si vous voulez vraiement que la démocratie triomphe. 


              • rushalakon 24 janvier 2009 21:20

                Energie verte, je ne vois pas en quoi l’appel des appels remet en cause l’economie de marché !!!!!???

                C’est quoi ce cliché : les fonctionnaires sont tous des rouges privilégiés bobo c’est ça ???

                Reveillez vous un peu Sarko n’est pas en train d’optimiser quoique ce soit, il est en train de FORMATER la france aux normes états-uniennes pour qu’elle soit compatible avec l’établissement programmé par les grands oligarques de cette planète, du "nouvel ordre mondial" (anoncé par Bush père notament).

                Tous ces zigs qui, comme notre cher sarko, ont une vision babelienne et eugéniste du monde sont certes, aujourd’hui, des ultra- libéralistes. Mais à mon avis l’argent n’est pas vraiment leur "truc". Je pense que le fond du problème c’est leur idée d’un fonctionnement pyramidale de nos sociétés. Aujourd’hui l’argent leur permet de gravir la pyramide.
                Mais je pense que demain, quand il ne restera plus qu’une poignée de multinationales qui se partageront le marché, le régime politique mondial sera celui du communisme. Enfin un faux communisme (le terme exact serait plutot une "oligarchie") qui fait semblant d’être égalitaire alors qu’il est secrètement controlé par une poignée de fachos.

                Non, sarko n’est pas un libéral, c’est un internationaliste (c’est le terme utilisé par rockfeller). Et remettre en cause aujourd’hui l’économie de marché ne fait qu’arranger les affaires de ceux qui sont responsables de la soit disante faillite du système...


              • Ronny Ronny 24 janvier 2009 21:59

                Faut arreter de manger de la soupe UMPesque TF1unesque...

                La fonction publique, je connais, mais je ne suis pas sur que vous, vous la connaissiez. 

                Se moderniser ? Mais cela veut dire quoi ? Pour le moment, on nous demande toujours plus avec toujours moins de moyens. Dans un service de 12 personnes il y a 6 ans, on n’en trouve plus que 8 (ben oui, cela fait longtemps que la FP ne remplace pas les départs). Comment penser que l’on peut faire autant et surtout aussi bien ? A votre avis ? Et bien Nicolas il a trouvé la solution : il faut "des critères d’évaluations" et des "contrats d’ objectifs". 

                Alors que fait on depuis 2 ans ? On remplit des beaux tableaux excel à longueur de journée, pour montrer que l’on "produit" autant qu’avant voir plus ! Vous voyez, me direz vous, on peut y arriver. Bien sur, mais à deux conditions : une, truander un peu les chiffres, deux, faire baisser la qualité du service rendu. Du coup, pour pouvoir travailler, tel service ne recevra plus d’appel téléphonique un jour par semaine (certains préfectures), ne recevra pas le public un autre jour par semaine (centre des impots), etc. Dans certains services, on attribue à chaque agent un "temps donné" pour traiter un dossier. Ainsi les agents de l’ANPe sont ils surveillé en permanence et gare à celui qui souhaite passer un peu de temps sur un dossier délicat. Son chefaillon lui signifiera qu’il faut que son interlocuteur dégage pour laisser la place au suivant. Dans certaines DGCCRF, on renvoie à tour de bras des "lettres types" à des consommateurs venus se plaindre, sans pouvoir creuser leur dossier faute de temps et de personnel...

                Et oui, c’est cela avant tout les "réformes" et celles ci n’ont qu’un but, faire baisser la qualité du service rendu pour démontrer au citoyen que le "service public" cela ne marche pas... On pourra alors lui brosser le tableau idyllique d’un service au public rendu par le secteur privé si efficace, et tellement moins cher (je sais c’est faux, mais plusle mensonge est gros, mieux il passe !). 

                J’exagère ? Et bien regardez ce qui se passe à l’école ; on va supprimer la maternelle très progressivement, tout d’abord la petite section, puis la moyenne et ensuite on intégrera la grande section à l’élémentaire. De 0 à 5 ans, il faudra que les parents aient alors recours aux structures de type jardin d’enfants ou écoles privées. Et rappellez vous cette citation d’un ministre (M. Renaud Dutreil) voila peu : « Le problème que nous avons en France, c’est que les gens sont contents des services publics. L’hôpital fonctionne bien, l’école fonctionne bien, la police fonctionne bien. Alors il faut tenir un discours, expliquer que nous sommes à deux doigts d’une crise majeure - c’est ce que fait très bien Michel Camdessus -, mais sans paniquer les gens, car à ce moment-là ils se recroquevillent comme des tortues. »

                Visiblement vous avez gobé l’appat, l’hameçon et les plombs !


                 


                • Blé 24 janvier 2009 18:35

                  @ énergieverte

                  C’est assez étrange que les auteurs d’écrits qui souhaitent que les fonctionnaires "évoluent", "se modernisent", "se rentabilisisent", etc.... ne parlent jamais des paradis fiscaux. Ne serait-il pas possible de demander aux propriétaires des comptes en banques des paradis fiscaus de se réformer, d’évoluer afin d’améliorer le fonctionnement de la démocratie ? En ce moment nous crevons d’un système bancaire qui ne sait pas se réformer.


                  • energieverte 24 janvier 2009 23:41

                    Rushalakon, je ne pense pas que les fonctionnaires soient spécialement des rouges privilégiés bobo mais ils donnent certainement l’image d’une population qui ne vit pas dans le même monde que celui des entreprises. Je suis tout à fait conscient que la Fonction Publique est difficile à réformer et que réduire le nombre de fonctionnaires sans faire en sorte d’améliorer leur productivité ou réduire leurs tâches est malsain mais la faute à qui ? aux syndicats qui refusent les réorganisations constructives parcequ’elle vont réduire l’emploi (la fusion des CDI et du Tresor Public a attendu combien de décennies ?) ou les gouvernements successifs qui n’ont d’autres solutions que d’étrangler la FP pour lui imposer la réorganisation. Sarkozy a été élu pour faire des réformes et il faut qu’il les fasse, si elles sont néfastes discutons-en, si elles portent atteintes à des intérêts particulier ou remettent en cause des vaches sacrés, remettons les vaches sacrés en cause s’il vous plait.

                    le service public va se privatiser non pas parce que c’est moins cher mais parce que le privé rendra plus de comptes, en particulier parceque il faudra le soumettre à la compétition. Il est temps de montrer que le service public public peut rendre des comptes.

                    Maintenant Blé je me moque des paradis fiscaux et des gens qui ont de l’argent la-bas, ces gens n’ont pas vraiement d’influence sur la manière avec laquelle nous vivons, sauf d’attiser nos jalousies. La crise est un phénomène qui ne s’explique pas comme une conspiration de banquiers véreux planqués aux Bermudes et les relations entre les Français et le service public n’a rien à voir avec la crise.


                    • foufouille foufouille 25 janvier 2009 13:30

                      les assurances sont prives
                      comme c’est obligatoire, le service rendu est proche de zero
                      les banques sont prives
                      les usines de voitures........

                      on voit ce que ca donne


                    • Polemikvictor Polemikvictor 25 janvier 2009 12:26

                      Dans sa vie professionnelle ou privé on peut toujours choisir entre l’enfer et le paradis :

                       
                      J’ai l’impression que ceux qui representent la fonction publique sont souvent en enfer....

                      • zwardoz 26 janvier 2009 12:42
                        Qu’il y ait des réformes possibles, évidemment, comme dans n’importe quel service privé ou public ; que cela s’effectue sans concertation aucune non seulement ça n’est pas normal, mais ce sera pour aboutir nécessairement à une moindre efficacité (puisque les acteurs sont en première ligne).
                        Mais la non concertation démontre autre chose ; c’est qu’il ne s’agit pas de réformer mais d’abolir (auquel cas l’opinion des acteurs est effectivement ce dont on peut se passer .......)
                        Quant à la hâte ("réformes hâtives") de nos politiques ... je crois qu’il n’y a rien de hâtif là dedans mais une préparation de longue haleine ; et sans doute n’est-elle pas pensée par nos élus , mais par les groupes de pression ; qui eux sont au fait des marchés privatisables à portée de leurs mains (avides smiley
                        Et qu’il est même prévu à chaque décision importante, un rideau de fumée ... une explication tirée par les cheveux mais reprise en cœur, une diversion quelconque, une longue préparation de l’opinion : ce qui tend à montrer qu’il s’agit d’une pression continuelle des flux économiques sur tous les marchés possibles ; et que si l’Etat se désengage de telle partie, ce vide sera immédiatement comblé par le privé.
                         
                        Préparation à coup de flashs marquants (ah les fonctionnaires, etc), ce qui nous prive totalement de débats, de toute intellectualité dans les débats ; on ne comprend rien à rien et l’attaque fait office d’argument et de raisonnement (pour le bas, si bas peuple ... ).
                        De fait le sarkozisme consiste à imposer un discours de rassemblement (et souvent populiste, peu importe pourvu que cela fasse des voix) par tous les canaux possibles (et les flux d’informations sont vite balayés dans les flux d’actionnariat en grande concentration accélérée) discours que contredisent totalement ses décisions et ses actions. Je dis ; totalement. Ils avancent masqués.
                        Peu importe puisque ce qu’il visait n’était ni plus ni moins que d’ouvrir tous les marchés possibles aux immenses possibilités d’actionnariat du privé … (bref ils ont plein de sous et pas de débouchés … et l’Etat leur barre la route, comme le droit du travail, les juges d’instruction, l’épargne des français , qui ne consomment pas assez ; tant pis , on va leur piquer ! qu’ils disent ) (etc)
                        Et il ne s’agit pas vraiment d’un combat idéologique ; parce que si le privé veut bien accepter les bénéfices, il se décharge et se déchargera toujours sur l’Etat des infrastructures. Il s’agit purement et simplement d’une confluence d’intérêts et de groupes de pression.
                        Pensez à ceci ; il y a des gens qui sont payés, professionnellement s’entend, à tisser leurs toiles ; croyez-vous qu’ils vous laisseront dormir en paix ?
                        Ou ne cherchent-ils pas constamment à étendre leur pouvoir ?

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