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Accueil du site > Actualités > Politique > Appel pour l’intelligence

Appel pour l’intelligence

Il a été annoncé, il est publié dans le nouvel Observateur de cette semaine, cet appel d’intellectuels en faveur de Ségolène Royal. Ils font masse, ils font nombre. Et le titre choisi par le NO pour le résumer fait froid dans le dos : "Avant qu’il ne soit trop tard". La situation est donc si grave, le péril si imminent, une guerre civile nous menace et toutes affaires cessantes, courons nous armer !
Ce n’est qu’un texte de plus dans la campagne présidentielle. Il vise à démolir Nicolas Sarkozy et cherche à sanctifier la candidate socialiste. Ce n’est que cela et en cette période reconnaissons que le procédé n’est pas d’une originalité bouleversante. Sans doute veut-on nous appâter avec l’hameçon qui parfois fait frétiller l’esprit français, le recours à des professionnels de diverses disciplines qui s’auto-proclament intellectuels. Pourquoi pas, après tout ? On croyait tout de même la méthode passée de mode. On sait qu’André Gluksmann, par son soutien, ne va pas apporter à NS d’autres voix que la sienne. Quelle présomption il convient donc d’avoir pour estimer que sa voix, même multipliée par celle d’autres, va constituer un argument à elle seule ? Pour ma part, j’éprouve de la sympathie, de l’estime, même de l’amitié pour certains des signataires. Mais ce n’est pas parce que Jacques Audiard est un grand cinéaste que je le crédite d’une once de légitimité pour l’influence décalée qu’il aurait sur les citoyens que nous sommes. La sincérité de Dominique Barella, les qualités du magistrat qu’il a été sont d’autant plus indiscutables que le plus souvent elles ont su fuir l’étiquette politique affichée. Quant à Jean-Pierre Mignard, s’il a été et demeure un très grand avocat ce n’est pas parce qu’il pense comme SR, mais au contraire parce que son talent et sa pratique ont été toujours plus forts que son idéologie. Depuis quelque temps, celle-ci a tendance à les rattraper mais la période est singulière et justifie quelques débordements. Arrêtons donc de présumer que l’intellectuel fait recette tout simplement parce qu’il le serait. Il me semble qu’il y a plus de ridicule que de grandeur à se juger ainsi investi d’une mission qui consisterait à donner au peuple la lumière et la science infuses. Sans évoquer les industriels de la pétition comme Philippe Sollers ou Benjamin Stora qui nous lassent parce qu’ils ressassent. Les prévisibles fatiguent tandis que les imprévisibles, qui veulent demeurer libres, ne signent pas d’appel. Le halètement de l’esprit et et de la parole avec lequel, lors du dernier Ripostes, la gauche officielle cherchait à faire avouer à Alain Finkielkraut son appartenance politique était pathétique. Mais il a tenu bon.
La qualité d’intellectuel qu’on s’octroie se révèle d’autant plus choquante qu’elle dénature le travail et l’effort de l’intelligence en les mettant d’une manière dogmatique au service d’une cause. Le militant, dont l’implication partisane et sommaire est affichée, cherche à tromper son monde en se parant d’une capacité de réflexion, d’une faculté de doute et d’une volonté d’élucidation qui relèvent précisément de l’intellectuel digne de ce nom. Il me semble qu’il convient ou de proclamer sa foi politique ou d’accepter le retrait, la distance, les forces et les limites de l’analyse, l’exigence de tolérance intellectuelle en pleine conscience de l’infinie complexité du monde et de la vie publique. Qu’on m’entende bien : un intellectuel a le droit de nous informer de l’événement capital que représente son soutien à tel ou telle candidate mais il ne peut pas se contenter d’un registre que ne désavouerait pas l’inféodé basique qui sévit dans toutes les structures partisanes. Il lui revient d’expliquer, de s’expliquer, de convaincre, d’ébranler, de répondre, de ne pas mépriser et d’affirmer ses options. Appelant à voter pour NS, il a non seulement le droit mais le devoir de ne pas s’enfermer dans sa position comme dans une forteresse, en compensant par une rigidité bête et haineuse la faiblesse intrinsèque de son argumentation. Désireux d’élire SR, est-il obligatoire qu’il la sublime au point de nous proposer une apparition plus qu’une personnalité publique ? La politique ne devient-elle pas adulte à partir du moment où elle sait ne pas fermer ses fenêtres sur l’extérieur, même si elle est décidée dans sa résolution ?
Lorsque je lis la fin de l’appel où on oppose la droite de l’arrogance à la gauche de l’espérance et où tout est décrit en amont pour correspondre à cette caricature, je trouve réponse à mon interrogation. Je n’ai pas affaire à des intellectuels mais à des partisans. Des sociologues, physiciens, cinéastes, écrivains, avocats, biologistes, historiens, acteurs, etc... dont le seul souci a été de tordre la réalité pour nous en faire accepter la leçon partielle et partiale qu’ils en tirent. Perçoivent-ils qu’en usant d’une telle démarche, ils font clairement le jeu d’un François Bayrou dont le discours aujourd’hui efficace n’est qu’un discours de la méthode ? C’est pour échapper à une espérance qui, chevalier blanc, détruirait le démon noir de l’arrogance adverse que beaucoup de citoyens en ont assez, par-dessus l’esprit. Ils veulent aimer, détester, choisir de manière intelligente.
Les intellectuels auto-proclamés mènent-ils au fond une lutte contre l’intelligence ? Les intellectuels véritables ont-ils fui parce qu’on ne fait plus appel à l’intelligence mais à l’étiquette qu’il conviendrait d’apposer, à notre place, sur les débats politiques sociaux et culturels ? Les intellectuels d’aujourd’hui nous inondent de leurs conclusions alors que nous aurions voulu être informés de leurs prémisses et de leur raisonnement intime. L’intelligence cherche, creuse, appréhende, suscite, fait penser, questionne, décrit, s’inquiète, s’angoisse, est pétrie de doute et d’incertitude, s’avance sans timidité mais sans vanité, choisit son camp si elle le désire mais n’invective pas l’autre.
L’intelligence ne signe pas d’appel mais j’en appelle à elle. Les intellectuels sont admis.


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44 réactions à cet article    


  • Tam (---.---.192.30) 2 mars 2007 15:31

    Dans l’appel des 150, il manque Diam’s !! La rappeuse au physique de barquette de Moussaka et qui a volé la tête de son frère, est l’une des inspiratrices - l’une des muses devrais-je dire - de Ségo (http://supernunuche.unblog.fr/2007/01/25/quand-sego-de-rappe/)

    Tam


    • Senatus populusque (Courouve) Courouve 2 mars 2007 15:47

      Les signataires de l’appel sont de plus parfaitement représentatifs de la société française :

      29 écrivains, éditeurs

      28 historiens

      19 anthropologues, sociologues

      14 cinéastes, metteurs en scène , producteurs, réalisateurs

      11 mathématiciens, physiciens

      11 avocats, juristes, magistrats

      7 philosophes

      6 comédiens, directeur de théâtre

      5 psychanalystes, psychiatre

      4 artistes, plasticien

      4 biologistes

      4 journalistes

      3 universitaires

      3 chimistes - géochimiste

      3 musicologue, pianistes

      3 politiste, politologues

      2 économistes

      2 linguiste, littérature comparée

      1 assistante à la mise en scène

      1 astrophysicien

      1 photographe

      1 président d’un mouvement laïque (cerise sur le gâteau)


      • space_cowboy (---.---.37.172) 2 mars 2007 16:22

        complètement idiot comme commentaire : ce sont des signataires dit intellectuels... c’est fait pour être représentatif de l’« élite », pas la france dans sa globalité...

        Il aurait été beaucoup plus judicieux de dire qu’on s’en fout « royalement » de ces gens là ! Il lui faudra beaucoup plus de signatures au premier tour de l’élection et au moins 50% plus une des signatures du deuxième tour !

        Bon en même temps, si je prends ces gens là et que je les compare aux trouducs de sarkozy... bon y pas photo...

        Enfin tout ça, ça serait drôle si ct pas aussi grave !


      • Senatus populusque (Courouve) Courouve 2 mars 2007 16:33

        Pas de médecins ni de chirurgiens, pas d’ingénieurs, pas de techniciens, pas de chefs d’entreprise, pas de policiers ni de militaires, pas de libraires, pas de commerçants ni d’agriculteurs, ils ne font pas partie de l’élite ceux-là ?

        C’est pour le moins une conception intellectualiste et mondaine des intellectuels ...

        On se demande bien qui ces signataires espèrent convaincre ...


      • Crjo (---.---.9.21) 2 mars 2007 17:19

        Juste pour pinailler mais je n’ai pas vu 1 seul pharmacien non plus !

        ... et c’est censé représenté la population française... smiley


      • Jojo2 (---.---.10.72) 2 mars 2007 21:07

        « Pas de médecins... »

        Les psychiatres sont forcément médecins, les biologistes le sont quelquefois. Etc...


      • Jojo2 (---.---.10.72) 2 mars 2007 21:08

        Allez, avouez...

        On ne vous a pas sollicité...

         smiley


      • Jojo2 (---.---.10.72) 2 mars 2007 21:10

        J’ma trompé (je suis pas intello...)

        C’était pour Mr Bilger.


      • Blablabla (---.---.225.84) 4 mars 2007 08:54

        Je ne savais pas qu’un photographe était un intellectuel !

        Pourquoi pas un cuisinier aussi... ?


      • (---.---.37.71) 4 mars 2007 09:39

        Un ramassie de fonctionnaire défendant leurs ignobles priviléges !

        Intello=Salaud !


      • Crazy Diamond (---.---.108.221) 4 mars 2007 09:46

        rADIO gogo rADIO gaga

        EVERYTHING i HAD TO KNOW

        I heard it on my Radio


      • (---.---.109.12) 2 mars 2007 17:08

        Ceux qui craignent Sarkozy se trompent de sauveur en se ralliant à Royal : celle-ci n’a qu’un chance mitigée de gagner face à lui au second tour.

        Si l’on tient à voter contre Sarkozy, c’est le vote Bayrou qui est le plus pertinent : si ses espoirs de passer le premier tour sont encore modérés, un duel Bayrou-Sarkozy au second tour verrait se rallier une grande partie des voies de gauche et certaines de l’extrême droite derrière Bayrou.


        • JulienW (---.---.8.54) 2 mars 2007 19:42

          Cet article est une arme qui mérite une diffucsion massive. Vous analysez l’état de notre pseudo élite intellectuelle avec lucidité, les mots sont juste, le verbe tappe fort. Cet article est bien plus profond que son sujet, transcende la présidentielle et appelle une guerre plus profonde : y’à t’il encore en France des intellectuels intelligents ? Des esprits libres ?

          Je ne parle pas ici de « bon sens » ou d’érudition, qu’on me comprenne bien, mais cette capacité à élever le débat et à prendre le risque d’aller à rebours de l’apathie ambiante pour AVANCER la réflexion globale ??????

          En mettant de coté votre missive, j’en doute sincèrement et c’est la un vrai sujet de désolation.

          Amicalement


          • (---.---.37.71) 4 mars 2007 09:41

            « y’à t’il encore en France des intellectuels intelligents ? Des esprits libres ? »

            Entre tous les intellos facho, nazi, maoiste, stalinien, Polpotiste, Castristes, bref, entre tous ces admirateurs de dictateurs et tout ceux qui ont du sang sur les mains, ou avez vous vu des intello libre et intelligent en France, vous ?


          • (---.---.251.130) 2 mars 2007 20:36

            Merci pour cet article : cela avait besoin d’être dit.


            • Hervé Torchet (---.---.72.43) 2 mars 2007 21:12

              On a été frappé de voir la hâte suspecte de personnalités de toutes les notoriétés annoncer leur soutien au candidat qui se dit de droite. On voit ici la tentative du parti qui se dit de gauche d’incarner encore le prestige de l’intelligence.

              Or vous avez raison, Philippe Bilger, de nous rappeler que l’intelligence ne peut être incarnée par un bibelot posé sur une cheminée, ce qu’est la liste très officielle de tout comité de soutien à un candidat.

              L’impréparation thématique de la campagne par le défunt parti qui se dit socialiste a abouti à une mascarade où le postiche participatif n’a pas suffi à masquer la calvitie des idées novatrices : le débat a été participatif, pas ses conclusions.

              C’est par une telle activité, qui n’est plus que de façade, pour la frime, que les partis d’aujourd’hui prétendent continuer à incarner la réalité vivante de notre pays.

              Tout y est pantomime : le vote, le débat, et finalement la bipolarisation, qui ne se cristallise plus dans les défunts partis.

              Le besoin de la France est tout autre : vraies réflexions, actions efficaces, personnel compétent, goût du travail bien fait et engagement de toute l’intelligence au service des vérités, par la liberté.

              C’est ce que vous dites, c’est bien.


              • Gentil diable (---.---.87.148) 2 mars 2007 21:30

                Cet article essaye de nous faire douter de l’intelligence des personnes qui ont soutenu R contre S. L’esprit critique est une qualité immense, Monsieur Bilger, mais votre analyse est davantage du domaine de la défiance. Accordez au moins aux signataires le droit de nous mettre en garde, même si vous estimez que ce n’est pas leur rôle ou qu’ils ont tort. Or là, j’ai l’impression que vous leur refuser le droit de signer...


                • ExSam (---.---.188.231) 2 mars 2007 21:43

                  Sans vouloir célébrer la Dame du Poitou, certains éléments de cet article ne me plaisent pas.

                  La distinction intellectuel/militant : le militant ne serait qu’un individu à la compréhension limitée qui l’incline à être partisan faute de savoir faire des nuances et se tenir, donc, à distance.

                  Ainsi, l’auteur se replace dans son monde, celui des intellectuels, des vrais. Rejettant la militance au rang des inclinations un peu limbique, vaguement primitive et hautement suspecte.

                  Je crois que les militants sont des gens qui regardent le monde, l’appréhendent avec toutes les armes intellectuelles dont ils disposent, et font un choix pour changer la réalité.

                  La différence me semble être celle-là. La différence évidente. Elle n’implique nullement que le militant n’a pas réfléchi et qu’il n’a pas les moyens de réfléchir, contrairement à ce que certaines phrases de l’auteur, fleurant bon une dose de mépris homéopathique, développent.

                  Par ailleurs, cette distinction arbritraire que pose l’auteur présente l’intellectuel - cet être d’une capacité de compréhension par essence supérieure - comme « asexué », détaché du monde imparfait où il se meut et construit sa vie imparfaite, comme tout ce qui l’entoure.

                  Hors, l’intellectuel est au monde, me trompe-je ?..Il fait des choix, il est bien obligé même dans son monde des Idées. Et pourquoi diable ne le ferait-il pas, ne s’engagerait-il pas, en connaissance de cause, sur un projet ?..

                  Enfin, faut-il penser qu’être intellectuel c’est ne pas pas choisir un thème de réfexion, d’analyse, une thèse, et satisfaire, ce faisant, bien souvent indépendamment de soi, une inclination profonde, quand on remplit ce qui est dit être la fonction de l’intellectuel : développer avec ce regard éloigné, si impartial, une pensée ?..

                  Je crois que Nieztsche avait un peu répondu, en moquant les philosophes qui soutiennent que leur nombril et leurs appétits sont à des années-lumière de leur tête.


                  • (---.---.42.115) 2 mars 2007 22:17

                    > Et pourquoi diable ne le ferait-il pas, ne s’engagerait-il pas, en connaissance de cause, sur un projet ?..

                    Parce que, peut-être, il sait, ou croit savoir, que tout effort de ce type est vain ; ou peut-être parce que les « objets » de son étude sont, ou lui paraissent, autrement plus importants, et qu’il ne souhaite donc pas « gaspiller » ses efforts.


                  • Philippe (---.---.77.242) 2 mars 2007 22:42

                    Merci pour la très grande qualité de votre commentaire critique qui, en plus et c’est rare sur AV, traite exactement le sujet.Au sens que je donne à intellectuel, c’est une certaine manière d’être militant.


                  • ExSam (---.---.188.231) 3 mars 2007 10:42

                    IP 54.........

                    vanitas, vanitas..Non.

                    Sartre s’est engagé, Bourdieu s’est engagé, Chomsky s’engage...Ont-ils pour autant perdu en respect et des autres et d’eux-mêmes ?...

                    L’intellectuel peut ne pas s’engager directement, mais c’est ignorer que ses écrits l’engagent déjà.

                    Il peut aussi s’engager explicitement.

                    A lui de choisir. Il est un être au monde. Jeté dans ce monde, et s’il ne fait pas de choix explicite c’est bien souvent par confort et par peur, plutôt que par indifférence ou dédain.

                    D’ailleurs, on sentait bien ce retour à la citadelle distante quand Bourdieu, après avoir mis les mains « dans le cambouis » pour travailler dans le Ministère et produire, finalement, le rapport Apprendre à apprendre, déclara « je retourne à mes chères études ».


                  • (---.---.37.71) 4 mars 2007 09:47

                    « Sartre s’est engagé, Bourdieu s’est engagé, Chomsky s’engage...Ont-ils pour autant perdu en respect et des autres et d’eux-mêmes ?... »

                    Oui, et sérieusement même ! « Un Anti coco est un chien ! La liberté de critique en URSS... »

                    Un Intello est un débile de militant spécialisé dans tout autre chose que la politique, domaine dans lequel il est complétement ignorant. C’est pour cela qu’il se trompe toujours, et soutient toujours le plus démago, le plus violent, le plus réactionnaire ; Donc le Socialisme, qu’il soit nationale ou internationnale, et ses crimes, et ses camps de la morts, bref, qu’il soutient le MAL.


                  • conetfierdelêtre (---.---.4.235) 4 mars 2007 10:01

                    Ce que tu écris est parfaitement méprisable : tu rejoins ce que disait Goebbels, « quand j’entends le mot culture, je sors mon revolver ».

                    On sait sur quoi ça débouche.Perso je déteste les ignares arrogants et sectaires, soumis à leur chef.


                  • km1883 (---.---.103.95) 2 mars 2007 22:20

                    Je suis perplexe.


                    • Forest Ent Forest Ent 2 mars 2007 22:36

                      Si j’ai bien compris l’article, un « intellectuel » ne devrait pas prendre position politiquement ? C’est Zola qui serait content, sans parler de Jaurès, cher à Sarkozy... Presque tout citoyen en a le droit, et il n’influencera que ceux sur lesquels il exerce une influence.

                      Par contre, le terme « intellectuel » est de plus en plus galvaudé, et son abus finit par détourner les gens de la confiance en la connaissance et le raisonnement. TF1 salit tout.

                      Il est vrai qu’il y a dans la liste citée des « vrais » et des « faux ».

                      Cela dit, dans la liste Sarkozy, il n’y a que des « faux ». Ca rassure quelque part.


                      • Philippe (---.---.77.242) 2 mars 2007 22:38

                        Vous n’avez pas compris.


                      • Forest Ent Forest Ent 3 mars 2007 00:56

                        Ah ? ........


                      • (---.---.140.198) 3 mars 2007 08:26

                        Ce ne sont pas des intellectuels qui prennent position pour l’UMPS ! Ce sont des subventionnés !

                        Ils défendent leurs avenirs ! Normal, mais petit. très petit.


                        • JHAD (---.---.27.246) 3 mars 2007 10:23

                          Ces « intellectuels » autoproclamés nous fatiguent.A chaque élection on les voit ressortir de leur naphtaline,sans avoir ni vu, ni entendu ,ni compris quoi que ce soit sur le monde dans le quel nous vivons. Qu’ils restent confits dans leurs idéologies et leurs idées fixes ! La caravane du monde libre passe ...et les nourrit quant même ! Ils pourraient dire merci.


                          • Spiderman (---.---.104.154) 3 mars 2007 11:13

                            Tres bon article, dont je partage entierement la reflexion de fond. Continuez comme ca !


                            • Grégory Chidiac (---.---.230.40) 3 mars 2007 12:04

                              Monsieur Bilger,

                              Sans partager vos opinions, j’apprécie généralement vos billets, fluidement construits, et intelligemment écrits. Mais il semble que vous vous êtes laissés aller, dans celui-ci, à une auto-contradiction flagrante, doublée d’une certaine posture anti-intellectualiste assez décevante dans son caractère généralisant.

                              Concernant votre contradiction, vous raillez quelque peu ces personnalités parce que précisément ils soutiennent Ségolène Royal, et que vous soutenez ouvertement Nicolas Sarkozy. Vous êtes donc dans une démarche strictement identique ; symétrique plutôt. Vous stigmatisez le caractère partisan de tout engagement politique de gauche, mais vous-mêmes ne cachez pas le fait que vous avez tranché pour un camp, et pas pour un autre. Tout choix est discriminant. D’autre part, vous prenenez la parole sans que l’on vous la demande pour exprimer votre point de vue, et c’est exactement ce que font ces personnalités. Rien de mal à ça, c’est la démocratie. « La démocratie d’opinion », vous entends-je déjà murmurer.

                              La démocratie d’opinion n’est que la forme contemporaine de la démocratie, cette démocratie comme processus, insupportable à Monsieur Finkelkraut, mais que j’appelle processus d’émancipation, permise par les moyens technologiques, dont ni vous, ni Monsieur Finkelkraut ne se privent d’usage. J’admet que certains des aspects de cette démocratie vont trop loin, notamment dans le caractère médiocre de certains commentaires ou de certains articles de blogs. Mais elle n’est certainement pas à jeter. Jamais les citoyens n’ont pu s’exprimer si librement, qu’ils soient artistes, intellectuels, juristes, avocats à la cour de cassation, ou simples étudiants comme moi. Jamais par ailleurs, nous n’avons eu une vision aussi précise et aussi claire de ce que « les gens pensent et veulent ».

                              Permettez-moi de noter par ailleurs, non sans un léger sourire, que Nicolas Sarkozy ne rechigne jamais de son côté à s’afficher auprès de ses « stars », Doc Gyneco (que vous devez beaucoup apprécier), Stevee Boulay, et autres « amis », bref à utiliser cette démocratie d’opinion lorsque l’opportunité médiatique est ouverte. Le soutien public des personnalités à Ségolène Royal vous choque-t-il plus que les rapports d’amitié étroits, et jamais affichés, qui lient NS à certains grand patrons de groupes de presse ou de chaînes de télévision ?

                              Alors ceci dit, j’admets que cette débauche de moyens médiatiques mis en oeuvre dans la perspective de promouvoir un candidat n’a au fond aucune autre utilité que de créer des évenements afin de structurer « l’actu » scénarisée d’aujourd’hui. Que voulez-vous, c’est le jeu, et NS n’a jamais fait oeuvre de la discrétion médiatique que vous souhaiteriez pour Ségolène Royal.

                              Il n’empeche que ni ces personnalités, ni les militants des divers partis politiques ne méritent la critique assez acerbe, que dis-je, le réquisitoire que vous faites.

                              Vous stigmatisez les militants de partis politiques comme étant idéologiquement rigides, d’affreux dogmatiques incapables de pragmatisme ou de réflexion construite et contradictoire. Etant moi même adhérent à un parti, je vous remercie des qualificatifs dont je me suis vu, par ricochet, affublé dans votre article.

                              Désolé de vous le dire, mais je ne m’y reconnais pas. Un militant a simplement choisi une famille politique pour un ensemble de sensibilités, ou d’insensibilités avec les méthodes et les idées affichées par des partis politiques au terme d’un parcours comparatif. Il essaye de réflechir rationnellement aux solutions à apporter aux problèmes de notre temps, économiques, politiques, sociaux. Un parti n’est pas une religion, et je pense que tous les militants que vous regardez avec une certaine hauteur ne sont certainement pas les zombies idéologiques que vous décrivez. Pour preuve un parti (de gauche en tout cas) est parcouru de courants, d’oppositions, de tensions internes, qui aboutissent à des délibérations contradictoires, puis des compromis. La gauche n’est pas plus idéologique que la droite. Ni moins pragmatique.

                              J’ajoute pour conclure que rien n’empeche ces personnalités de s’exprimer. En critiquant leur « légitimité » à s’exprimer un point de sur une question politique, vous signalez implicitement la philosophie politique qui guide ceux qui soutiennent Nicolas Sarkozy : celle de l’expression publique « capacitaire », c’est à dire fondée sur le principe que « n’ont le droit de s’exprimer sur la cité ou sur leurs choix politiques que ceux qui sont des experts »légitimes« , à savoir les fonctionnaires, les technocrates, les juristes, les économistes, et les hommes politiques. Tous les autres devraient-ils se taire ? La démocratie ouvre justement le droit à la parole à tous. Vous ayant un peu lu, j’entend déjà votre réponse. »Qu’ils s’expriment certes, mais qu’ils ne fassent pas passer leur point de vue comme une panacée, amplifiée par le haut-parleur médiatique". C’est vrai, mais ça vaut pour tout point de vue subjectif, tout choix, le votre comme le mien, intrinsèquement discriminant.

                              L’intelligence que vous appellez ne consiste-t-elle pas justement à relativiser et à voir que, dans la démocratie, et à fortiori dans notre République, vous mêmes autant que ces personnalités êtes légitimes à exprimer votre point de vue (liberté), que votre légimité est identique à la leur pour l’exprimer (égalité). Et que c’est enfin la fraternité qui permet que, dans la différence d’idées et d’opinions, on puisse continuer à vivre ensemble, à débattre respectueusement, sans stigmatisations globales.

                              Cordialement.


                              • professeur Tournesol (---.---.67.156) 3 mars 2007 15:51

                                Réaction à la lettre de Mr Grégory C.

                                Merci d’exprimer aussi clairement des idées sur lesquelles je vous rejoins après la lecture de l’article de Monsieur Bilger. Comme vous le dîtes :« rien n’empeche ces personnalités de s’exprimer. En critiquant leur »légitimité« à exprimer un point de sur une question politique, vous signalez implicitement la philosophie politique qui guide ceux qui soutiennent Nicolas Sarkozy : celle de l’expression publique »capacitaire« , c’est à dire fondée sur le principe que »n’ont le droit de s’exprimer sur la cité ou sur leurs choix politiques que ceux qui sont des experts « légitimes », à savoir les fonctionnaires, les technocrates, les juristes, les économistes, et les hommes politiques. Tous les autres devraient-ils se taire ? La démocratie ouvre justement le droit à la parole à tous."

                                Ceci dit, notre société prépare-t-elle réellement les citoyens à penser par eux mêmes ? Ne sommes nous pas déjà tous manipulés ? Quelle marge de manoeuvre, les intellectuels (ceux qui réfléchissent et pas seulement les « labellisés »)ont-ils ? Quels moyens peuvent-ils utiliser en dehors de ceux de l’exercice de la démocratie et de l’engagement citoyen ? Il est temps de mettre de l’éthique et de « l’intelligence » dans toute chose pour que la jeunesse, qui est le présent et non pas l’avenir ait envie de s’engager pour agir concrètement sur les défauts de nos sociétés qu’il n’est pas nécessaire d’énumérer ici. Amicalement.CG


                              • Philippe (---.---.212.57) 3 mars 2007 16:08

                                Pardon de contredire votre commentaire passionnant sur un point qui n’est pas dé détail et qui explique mon point de vue au-dessus des factions.Contrairement à ce que vous affirmez, vous ne pouvez induire de mon soutien judiciaire à Ns une quelconque adhésion politique explicite.Pour faire court je suis aussi plein de doutes que je souhaiterais à tous ceux qui à droite ou à gauche croient plus commode d’afficher, de proclamer, d’étiqueter et d’exclure.


                              • Yves GILLIS (---.---.228.109) 3 mars 2007 12:24

                                Merci pour cette article lucide et clair.

                                Dans le débat électoral, le doute, la réflexion, l’interrogation sont considérés comme autant de trahisons ; obligation est faite de choisir son camp sans hésiter ; comme si on nous obligeait à devenir hémiplégique !

                                La diabolisation, la dérision sont élevées au rang d’argument ; et des intellectuels dont on attendait plus de recul, s’empressent de nous faire le coup du Père Fouettard ! pour qui se prennent-ils ? et pour qui nous prennent-ils enfin ?

                                Les leçons de l’Histoire récente devraient nous garder de ces manichéismes enfantins qui me font penser aux manipulations de G.W. Bush ! on doit pouvoir trouver mieux comme modèle intellectuel, non ?

                                YG


                                • bidule (---.---.147.214) 3 mars 2007 12:40

                                  Je n’aime pas le ton de cet article : biaisé et réactionnaire. smiley Néanmoins, je suis d’accord sur le fond. Une pétition d’individus, intellectuels ou pêcheurs à la ligne, n’apporte strictement aucun crédit au discours de SR.(pas plus que Gluksmann chez NS) Pour moi c’est de l’orgueil mal placé : Si, effectivement, ils pensent pouvoir apporter quelque chose à la campagne, qu’ils s’engagent et argumentent ; mais leur nom ne constitue en aucune cas un argument d’autorité ; heureusement : nous sommes en démocratie. Si j’ai bien compris l’article, je répète un peu la même chose sur ce point,...mais ce que je n’ai pas aimé, c’est la guerre menée aux « intellectuels auto-proclamés » Cela conditionne, à mon sens, des commentaires plus « beauf » comme celui de JHAD : - ils connaissent pas la vraie vie ces gens-là !La vraie vie du petit peuple qui travaille vraiemnt et qui souffre lui ! -le petit peuple qui travaille et les nourrit ! Cette bande de parasite ! -Heureusement qu’on est là pour faire avancer les choses nous... On retrouve toujours les mêmes idées. Je préfèrerai dire que ces intellectuels là ont juste un orgueil mal placé (oui je sais je me répète smiley) et que ceux qui se revendiquent de l’élite intellectuelle ne font d’effet qu’à leur propre personne. Mieux vaut ignorer les intellectuels qui n’apportent rien, comme les gens qui n’apportent rien en général, plutôt que de tous les mettre dans le même sac pour les lapider ensuite. C’est l’impression que j’ai eu dans cet article... De plus, les intellectuels n’ont pas le monopole de la raison et de la vérité, tout le monde le sait, sauf certain d’entre eux peut-être. Merci pour cet article smiley


                                  • (---.---.37.71) 5 mars 2007 00:04

                                    « réactionnaire »

                                     ?? Vous savez qu’on emploi plus d’insulte comme ca depuis.. Au moins la fin de la Guerre Froide ! Vous êtes une relique de l’idéologie (à la con) du « Progrés » ?


                                  • (---.---.140.117) 3 mars 2007 16:18

                                    Les chiens aboient, la caravane UMPS passe...


                                    • arnaud31 (---.---.153.14) 3 mars 2007 19:08

                                      Je ne vois pas ce qu’il peut y avoir de gênant dans l’appel d’un certain nombre d’intellectuels à voter pour Ségolène Royal.Celà l’est d’autant moins qu’on trouve sur les forums..et ailleurs...une contetstation larvée de ses capacités à exercer le mandat qu’elle brigue. Que des gens qui représentent la recherche, les arts, la culture, les sciences lui temoignent du soutien signifie pour moi que ces femmes et hommes là ne la prennent pas, eux, pour la gourde que certains décrivent. S’ils n’etaient pas convaincus de ses capacités,ils ne la soutiendraient pas. Pour ma part, directeur associé d’une boite privée, j’aurais pu aussi signer ce type d’appel ! bref des gens qui s’engagent c’est quand même mieux que des ectoplasmes et j’ai le même respect pour ceux qui le feront pour Bayrou ou pour Sarko. Je n’aime pas l’hypocrisie et la pseudo neutralité !


                                      • (---.---.37.71) 5 mars 2007 00:06

                                        Et combien d’intello Allemands (pour ne pas parler des français) on signé pour Hitler ? Comme pour ceux qui signe ce texte stupide, la honte retombe sur eux !


                                      • (---.---.252.249) 3 mars 2007 22:49

                                        La France a besoin d’action.Pour l’action,ce n’est pas l’intellectuel qui prime mais le bon sens. D’ailleurs,l’intellectuel n’est que celui qui possede une memoire tres developpee.Il n’a pas necessairement un bon jugement. Mon beau-pere,grand universitaire,avait coutume d’appeler les intellectuels « des chiens savants ».

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