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Après 20h, après Sarkozy, avant les législatives...

Que des éloges… Cap, cohérence maintenus dans la bouche de Martine Aubry… Rassemblement, réconciliation résultant de la même cohérence pour Laurent Fabius… Lionel Jospin témoigne avec reconnaissance et d'un sincère respect pour les qualités du nouveau Président qu'il estime d'une intelligence vive, talentueux et d'un bon niveau économique… François Hollande quant à lui mesure l'honneur qui lui est fait et la tâche qui l'attend, promettant le dévouement et l'exemplarité pour que l'austérité ne soit plus une fatalité et veut être jugé sur des engagements majeurs, la justice et la jeunesse.

La victoire de François Hollande a un double avantage, celui de mettre sa politique à l'épreuve des faits et d'avantager tous ceux qui mettaient un bémol à la fin du comportement idéologique de Nicolas Sarkozy en contestant ses orientations où chacun y allait de sa petite nuance dans l'espoir de devenir le nouveau pôle rassembleur de l'opposition qui s'oriente de plus en plus vers une recomposition à droite où Sarkozy ne présiderait plus mais dont l'avis sera toujours le bien venu… Tous ces perturbateurs espérant prendre des galons en vue d'une candidature pour 2017 qu'un J-L Borloo ou une Rama Yade raviraient aux hypothétiques Jupé ou Fillon déjà mis en avant à moins qu'un Nicolas Sarkozy ne vienne à nouveau spontanément à l'esprit de sa formation politique qui s'empresserait de le rappeler pour le soutenir et lui donner la possibilité de la représenter une troisième fois…

Explosion de records dans certaines régions où les moyennes pour François Hollande dépassent 60%… Là ça devient intéressant… L'Ariège à 64,5, les Hautes-Pyrénées à 62 et presque et demi pour cent, la Creuse et le Lot ainsi que le Puy-de-Dôme à peine au-dessus et la Corrèze à 65% se rajoutent aux hauts scores réalisés par les territoires d'Outre-Mer… La Nièvre et la Vienne s'en approchent avec la Charente et les Deux-Sèvres ainsi que les Côtes-d'Armor et le Finistère en atteignant presque al barre des 60%… Nombreuses sont quand même celles qui ont toutefois dépassées les 55% des suffrages en faveur du candidat du Parti Socialiste… L'Indre, l'Aude et les Landes tout comme les Pyrénées-Atlantiques, le Tarn et la Gironde ainsi que la Pas-de-Calais, l'Ille-et-Vilaine et le Val-de-Marne réalisent cette excellente performance qui est de hisser François Hollande à plus de 55% des suffrages… La Somme et la Seine-Maritime s'en approchent aussi. Les Alpes-Maritimes, l'Alsace et le Var faisant toujours contre poids et rempart symbolique à la gauche avec inversement, une large majorité encore en faveur de Sarkozy avec respectivement 64%, 63% et 62% des préférences pour le président sortant perdant. La Haute-Savoir franchissant difficilement la barre des 60% il est à remarquer que le Jura et la Haute-Saône, tout comme les Vosges et surtout la Manche concèdent une courte préférence pour Sarkozy sans dépasser les 51% ; Seine-et-Marne et Hauts-de-Seine également… François Hollande s'impose Président en France et laisse envisager d'âpres épreuves locales pour élargir et solidifier une nouvelle majorité présidentielle chèrement acquise qui doit être confirmée et transformée en une victoire législative incontestable qui permettra de diminuer la fracture de la société française que les deux blocs, pour soudés par le rassemblement de tous les Français auquel chacun aspirait, ont laissé transparaître des urnes... 

L'opposition présumée ne compte pas le devenir aussi rapidement qu'elle risquerait de l'être annoncée… À preuve du contraire elle est la majorité et la restera encore puisqu'il y a les législatives derrière annonçait Rama Yade sur France2… On croit rêver ! Sarkozy éjecté n'empêche pas son gouvernement de s'accrocher aux quelques semaines de pouvoir qui lui reste et appelle à une union à droite en vue d'un objectif démocratique d'équilibre… Pas facile à déboulonner la droite ainsi solidement rivée à ces quelques jours qui la sépare de sa destitution intégrale de la planète politique de notre pays où elle sera reléguée au statut de vilaine sorcière ce qui plaira à son Président dores et déjà déchu, lui qui dans plusieurs de ses interventions électorales reprochait à ses rivaux de se regarder dans un miroir, voyant là la seule satisfaction qu'il pourraient vouer à leur mission allant presque jusqu'à les identifier à des vampires… N'était-il pas grotesque dans ses tentatives de déstabilisation dans la manière qu'il avait à chercher à effacer son adversaire, n'osant l'affronter qu'en d'imaginaires débats permanents… Du midi au soir ou du soir au matin il était prêt à l'affronter dans une sorte de défi politique transformé en jeu où ce brave Nicolas Sarkozy aurait pu rester l'organisateur et l'arbitre, distribuant à la fois les règles et les récompenses, organisant des questions qui répondraient à des réponses toutes préparées… Il faisait le futé mais n'amusait déjà plus personne, surpris qu'il était dans les retranchements de ses bilans mis à rude épreuve…Néanmoins le coude à coude aux législatives semble se préciser et la courte euphorie des militants sera vite écourtée car il est indispensable de consolider à l'Assemblée la courte avance des présidentielles pour que la nouvelle majorité ne se trouve pas dans une situation inconfortable pour acheminer sa politique où elle doit la mener, vers le rassemblement de la gauche et le pouvoir de faire adopter par le vote ses projets.

Les retentissants remerciements et le calme affiché devant les responsabilités qui attendent François Hollande lui en enlèveraient presque le sourire - c'est que la tâche va être difficile - et le mettent dans une situation d'attente, un peu coincé entre la confirmation législative qu'il reste à acquérir et l'avancée présidentielle dûment gagnée… Joie maîtrisée et émotion contenue mais bien présente, la soirée se termine par les félicitations en bonne et due forme de la Chancelière allemande très empressée de tirer un trait sur les années Sarkozy et impatiente de travailler en commun sur un nouveau pacte de croissance l'invitant par la même occasion immédiatement à Berlin certainement pour fixer ses conditions et établir ses refus… Obama pour la Maison Blanche également puisque le retrait des troupes françaises d'Afghanistan avant la fin de l'année ne l'arrange pas ! Comme on s'en rend compte, ce sont des dossiers chauds qui attendent l'entrée en fonction d'un François Hollande fraichement élu. Lorsque la liesse cèdera rapidement la place à la force de persuasion qui sera nécessaire à l'échelle internationale pour rappeler au monde des orientations qu'il n'aurait jamais dû quitter, nous verrons bien alors si il s'y est bien préparé.


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4 réactions à cet article    


  • MKT 7 mai 2012 12:05

    Une simple précision concernant l’état actuel des pouvoirs.

    Jusqu’à la passation de pouvoir (15 mai me semble-t-il), le pouvoir exécutif reste aux mains de l’actuel gouvernement. Ce pouvoir n’est que réglementaire (décrets et arrêtés). Ces dispositions (décrets ou arrêtés) peuvent être annulées dès la formation du premier gouvernement du président Hollande.

    Pour le pouvoir législatif cela fait déjà un moment qu’il est « out », l’assemblée nationale ne siégeant plus donc plus de lois.

    Pour cela il faudra attendre la nouvelle assemblée mi juin.

    En conclusion un pouvoir actuel très fragile, mais suffisant pour assurer les affaires courantes.


    • doctorix doctorix 7 mai 2012 21:21
      sarko, à ses sarkolâtres :
      « Jamais, je ne pourrai vous rendre tout ce que vous m’avez donné. »

      Et s’il nous rendait simplement tout ce qu’il nous a volé ?

      • mortelune mortelune 8 mai 2012 11:40

        Excellent !


      • mortelune mortelune 8 mai 2012 11:50

        Avec Hollande le rêve d’une europe sociale et la remise en cause du mode de fonctionnement des institutions financières vient de s’envoler. Le bateau France a changé de capitaine mais le cap vers le nouvel ordre mondial est conservé. 

        Son programme est trop mou, il manque de panache et d’exigences socialistes. A l’international il soutient les mêmes thèses que Sarkozy. Ce n’est plus la gauche « caviar » c’est la gauche « champagne » qu’il va falloir supporter, sauf que ce champagne là manque de bulles. Il va falloir secouer la bouteille de temps en temps pour que ça pétille un peu.

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