L’affaire
que Nicolas Sarkozy surveille de très, très près
Il n’y a pas que Clearstream qui mobilise en ce moment l’attention du chef
de l’Etat. Le journal Bakchich
Hebdo daté du 7 octobre avait révélé le contenu des cahiers de Gérard-Philippe
Menayas, ancien
directeur financier de la direction des Constructions navales (DCN). La DCN est bien connue pour avoir
fabriqué les frégates de Taïwan. Les carnets sont placés sous scellés au pôle
financier. Et que disent ces fameux cahiers ? Ils évoquent des noms de
personnalités politiques, de gauche comme de droite. D’Edouard Balladur à
Elisabeth Guigou en passant par… Nicolas Sarkozy et Charles Pasqua. Ceux-ci
auraient perçu des commissions pour l’exécution des grands contrats de la DCN
internationale et notamment au moment de la vente de frégates à Taïwan et de
sous-marins au Pakistan.
Mediapart
, le 16 octobre indiquaient que “selon une enquête interne à la DCN, menée en
2002 sous le nom de code « Nautilus » par un ancien agent de la Direction de la
surveillance du territoire (DST), Claude Thévenet, les causes véritables de
l’attentat, initialement imputé à la mouvance Al-Qaida, seraient en réalité
liées au non-versement de commissions occultes dues par la France à des
officiels pakistanais. (…) L’arrêt de ces paiements fut le fait, en juillet
1996, du nouveau président de la République, Jacques Chirac. Celui-ci aurait
alors suspecté son rival de l’époque, Edouard Balladur, d’avoir financé
illégalement sa campagne présidentielle de 1995 à la faveur de deux gros
contrats d’armement signés sous son gouvernement.”
L’ancien directeur général délégué de DCN Alex Fabarez entendu le 2 octobre
par les magistrats, affirme qu’une partie de ces commissions a continué d’être
versée jusqu’en 2008, selon des sources proches du dossier, confirmant une
information de Libération.
Dans un document interne de DCN non datée, que l’AFP
a consulté et révélé par Médiapart, l’entreprise évoque les soupçons de
rétrocommissions, illégales mais non prouvées à ce stade.”En juillet 1996, les
paiements sont bloqués sur instruction des autorités françaises faisant état de
retours illicites de tout ou partie des commissions en France”, est-il noté
dans ce document intitulé “Concultancy agreement 12 juillet 1994 - Note sur le
dossier”.
Nicolas Beau et Xavier Monnier, dans Bakchich, précisaient que “à la
manœuvre de tout le système servant à alimenter les caisses noires des partis
politiques, se trouvait un personnage forcément discret, Jean-Marie Boivin,
alias Bacchus. Un monsieur au mieux avec l’ensemble du personnel politique
tricolore. Sous Chirac, Bacchus avait ses entrées à l’Élysée. Et ce sont les
confidences de cet homme de l’ombre, consignées par le scrupuleux Menayas, qui
tourmentent un président de la République qui l’est déjà trop. L’encombrant «
verbatim » signé Gérard Menayas est aujourd’hui dans les scellés d’une discrète
instruction menée par les juges Françoise Desset et Jean-Christophe Hullin.”
Samedi dernier, Libération consacrait trois pages à cette affaire. Avec
un article sur Bacchus : “C’est le fantôme de l’affaire DCN. Jean-Marie
Boivin, en charge des commissions offshore, était convoqué jeudi [15 octobre]
par les juges d’instruction. Il n’est pas venu : partie remise… Boivin,
dit « Bacchus », a longtemps été membre de l’état-major du fabriquant de
sous-marins avant de s’installer au Luxembourg pour prendre directement en main
la structure chargée de répartir les flux financiers : Eurolux. Toujours
inconnu de la justice française, Bacchus ne l’est pas de Sarkozy, qui surveille
l’affaire DCN comme le lait sur le feu.”
Renaud Lecadre concluait cet article avec cette précision : “Heureusement
pour Sarkozy, le procureur de Paris, Jean-Claude Marin, veille au grain. Dans
une note au parquet général, remontant illico à la chancellerie et à l’Elysée,
il écrivait en 2007 que « le périmètre le plus pertinent d’une éventuelle
information exclut en l’état les faits relatifs à des structures écran ». Hélas
pour lui, les juges antiterroristes sont en train de faire exploser le
périmètre.”
Dans l’article
principal de Libération, Guillaume Dasquié et Renaud Lecadre constatent la
“panique dans les palais nationaux” et cite Jean-Claude Marin : « Un document
non daté et non signé laisse supposer des relations ambiguës avec les autorités
politiques en faisant référence au financement de la campagne électorale de M.
Balladur en 1995 […]. Le contentieux a été l’occasion de menaces proférées par
les dirigeants des sociétés écrans de révéler la nature des missions qui leur
avaient été confiées.. ».”
Le nouvelobs.com
notait que “quelques lignes du cahier de Gérard-Philippe Menayas à propos du
patron du parquet de Paris Jean-Claude Marin, sèment le trouble quant à
l’avenir de l’information judiciaire : “JC Marin, petit frère, pilote
l’instruction, dont il a sérieusement réduit le périmètre”. Et le site de se
demander : “Bref, les éléments embarrassants vont-ils finir aux oubliettes ?”
Jean-Claude Marin… oui, c’est bien le même qui, aujourd’hui, livre ses
réquisitions au tribunal correctionnel dans le procès Clearstream.
France declassifies Pakistan bombing documents
PARIS
(Reuters) - Documents sought by French judges investigating a bomb attack in Pakistan that
killed 11 French nationals in 2002 have been declassified, Justice Minister
Michele Alliot-Marie told parliament on Wednesday.
A coach
carrying French naval engineers and technicians was bombed as it left a hotel
in Karachi in
May 2002. In all, 14 people were killed in the attack.
Pakistani
authorities at first blamed Islamist militants and two men were sentenced to
death for taking part in the attacks, but their convictions were overturned on
appeal in 2003.
French
magistrates Marc Trevidic and Yves Jannier have since begun investigating
allegations the attack was orchestrated by unnamed Pakistani officials angry
with France
over the non-payment of bribes tied to a defense deal.
They were
seeking access to 40 classified documents relating to the case.
French
President Nicolas Sarkozy dismissed the allegations as a "fable" when
they surfaced in June, but Alliot-Marie said it was up to the judges to decide
independently "the consequences they intend to draw from all the evidence they gather."
(Writing by James Mackenzie ; Editing by Jon Hemming)