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« Attractions » du monde politique et gouvernement d’union nationale

Dans un point de vue diffusé par Le Monde le lundi 28 août, Corinne Lepage appelle au rassemblement et à la formation d’un « gouvernement d’union nationale ». Rien de moins. Pour cette ancienne ministre, les notions de « droite » et de « gauche » n’ont plus de sens et doivent laisser la place à un « projet innovant », mettant en mouvement les « forces de la société civile ». Mais cette référence très générale, sans programme social ni stratégie d’alliances transparente, qui ne nous dit pas vraiment ce qui remplacera dans son esprit la « droite » et la « gauche », ressemble trop à de la récupération de la part d’un monde politique qui craint comme jamais la défection de son électorat.

"Témoignage" Sarkozy, "quasi-affiches" Royal, larmes Jospin, "dimension sociale" Borloo, "grand calme" Hollande, "courage" Villepin, "reprise en main Voynet", "discrétion" Chirac... Chaque possible candidat aux présidentielles de 2007 nous joue en ce moment son numéro, avec un total manque d’autocritique par rapport à la politique dont il (elle) est (a été) responsable.

Dominique de Villepin a annoncé lundi le début d’un catalogue pré-électoral de "mesures sociales". L’UMP prépare entre autres l’attribution d’accréditations à des blogueurs à la veille de son Université d’été. Alain Juppé, jadis "condamné à payer sa fidélité", refait surface espérant reprendre la mairie de Bordeaux. On évoque en même temps un possible "ticket Sarkozy - Borloo"... Mais le Parti socialiste s’est montré le plus "brillant" ces derniers jours. Américanisé, jusqu’au mot "éléphants" qu’emploient les médias pour parler de ses dirigeants, et qui ressemble à une copie du symbole du Parti républicain US. Même si, à force de trop en faire, les "éléphants" français risquent bientôt de ne plus tromper personne.

Dans le Journal du dimanche (JDD) du 27 août, Alain Krivine a déclaré : "Le spectacle donné par le PS est affligeant. [...] Nous assistons à une Star Ac’ de la candidature..." Sur ce point, on peut difficilement lui donner tort. Photos grand format de Ségolène Royal dont le pays est submergé, la une du dernier JDD où les "larmes de Jospin" (sic !) font plus fort que la rupture de Paramount avec Tom Cruise ou la "fièvre Madonna"... et, dans Le Monde de vendredi dernier, François Hollande affichant la sérénité du grand garçon posé. Au festival PS, tous les amateurs de spectacles pouvaient trouver leur compte. Il manquait un John Wayne, mais ça aurait pu faire trop "rétro". De toute façon, pour des "émotions fortes", il y a déjà eu la "période Mitterrand" dont Ségolène Royal revendique "lignée" et "héritage".

Saluons également le cours magistral de refus d’autocritique de Lionel Jospin qui "au bord des larmes" dans un "moment d’émotion", "lâché, déboutonné" d’après le JDD, a déclaré à l’Université d’été PS de La Rochelle : "Le 21 avril 2002 a été pour moi une épreuve cruelle. [...] Je ne pensais pas que c’était possible... [...] Cet événement surprenant, injuste..." au cours d’une scène d’anthologie où "la colère se mêle à l’émotion, la voix s’étrangle..." Lionel Jospin avait montré beaucoup moins d’émotion lorsqu’il a adopté ou fait adopter un certain nombre de mesures (accords de Barcelone de mars 2002, privatisations, LOLF, lois et décrets sur la justice, alliance EDF-Agnelli pour le rachat de Montedison en 2001, développement de la précarité et bien d’autres) que ses électeurs ont pu lui reprocher en avril 2002 sans que le "beau temps" et la "pêche" soient pour quoi que ce soit dans le déroulement du premier tour des présidentielles. Rien de cela n’est mis en cause dans les ébauches de nouvelles propositions de programme du PS, basées toujours sur la stratégie du "c’est ça ou rien" dont les tentatives de blocage des "petits candidats" font également partie.

Chez les Verts, qui tenaient en même temps leurs journées d’été, ayant invité Corinne Lepage et Nicolas Hulot, l’heure n’était manifestement pas à des bilans critiques. Même si, pour José Bové, Dominique Voynet a choisi de faire de la thématique écologiste un sous-produit du social-libéralisme, et si, dans l’affaire des OGM, les gouvernements Jospin auxquels les Verts ont participé ont fait le contraire de ce que ce parti était censé défendre.

Quant à Jacques Chirac, après le foot, il a trouvé un excellent créneau dans la politique étrangère et le danger du divorce entre les mondes. Qui dit mieux ?

Bref, qui a vraiment envie de parler des problèmes du pays, de leurs causes profondes, de solutions concrètes... ? Dans le panorama politique français du moment, il n’y a guère que des "winners" autoproclamés qui n’ont rien à se reprocher et qui ne pensent qu’à "aller de l’avant". La relation de ces "merveilleux meneurs" pourrait être beaucoup plus longue. Mais si la France a la chance immense de pouvoir disposer de tant de génies de la politique, pourquoi ce malaise croissant depuis trois décennies, pourquoi tant d’alternances-sanctions depuis 1981 ?

Peu importe, c’est du passé. La candidate Corinne Lepage aurait trouvé la solution à tous nos problèmes : récupérer ceux qui se dispersent et les rassembler autour d’un gouvernement d’union nationale. Euréka ! Malheureusement, non seulement la référence à l’union nationale a été fréquente dans la politique française depuis 1944, mais de surcroît les citoyens reprochent à ceux qui les ont gouvernés depuis les années 1970 d’avoir fait tous, à peu de chose près, la même politique. Dans ce cas, que pourrait apporter un tel gouvernement ? Même pas une synthèse, car la "pensée unique" existe depuis belle lurette. Les cercles "transversaux" comme le Siècle, également. L’ordonnance instituant l’ENA et Sciences Po date du 9 octobre 1945 et fut signée par un gouvernement d’union nationale. Nihil sub sole novum, donc. Sauf à changer, événtuellement, de "pensée unique" sans changer de système. Car il ne suffit pas de se référer verbalement à la société civile, sans autre précision, pour ouvrir la voie à un changement politique. Précisément, ce qui a discrédité les notions de droite et de gauche, c’est leur intégration dans un édifice global que de plus en plus de citoyens rejettent.

Toutefois, on pourrait opter pour une version alternative de la proposition de Corinne Lepage. Cette ancienne ministre n’avance aucun programme social précis. Elle se rapproche notamment d’une autre ancienne ministre comme Dominique Voynet, membre en 1997-2001 d’une équipe gouvernementale sous laquelle des entités publiques ont joué un rôle décisif pour envoyer José Bové en prison. Rien n’oblige à emprunter cette voie.

Au lieu de se retrouver tous ensemble au gouvernement, "nos" génies de la politique pourraient "se retrouver" dehors, loin de tout pouvoir de décision. Laisser, tous ensemble, la place à des gens issus du peuple, étrangers aux lobbies qui ont imposé leur "gestion" au pays au cours des dernières décennies. Il serait alors possible de refaire de fond en comble le panorama politique français, d’en finir avec la dinosaurisation des décideurs. Les vrais dinosaures fossiles suffisent amplement : on vient encore d’en découvrir un au Brésil.


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23 réactions à cet article    


  • DR (---.---.99.97) 29 août 2006 13:06

    Ces appels à l’union nationale sont bidon. Aujourd’hui, dans le pays, il y a des SMIcards, des RMistes, des gens sans ressources... et d’autres qui se font plein de fric, précisément, grâce à l’effondrement du niveau de vie des premiers.

    Corinne Lepage est une ancienne ministre de Chirac. Elle lance cette récup au moment où Juppé revient en politique. Il sera intéressant de relire ce « point de vue » du Monde dans quelques mois, lorsqu’on en saura davantage sur les alliances de Mme. Lepage.


    • René (---.---.235.24) 30 août 2006 08:16

      Corinne Lepage n’est pas la seule à venir nous chanter que « la lutte des classes est dépasée, etc... » Mais le MEDEF ne pratique-t-il donc pas la lutte des classes au quotidien ? Et les financiers ?

      On a l’impression que, de nos jours, les seuls marxistes qui restent, mais qui ont bien lu Marx et savent s’en servir, ce sont les patrons.


    • Voltaire (---.---.192.14) 29 août 2006 13:20

      Au travers d’une analyse cynique mais assez juste du comportement de notre classe politique, vous rejetez et passez à travers l’essentiel de la contribution de Mme Lepage.

      Si l’idée d’un « gouvernement d’union nationale » est en effet un peu simpliste, deux arguments repris par Mme Lepage sont en revanche très valides :

      - le clivage droite-gauche n’existe réellement qu’au parlement (j’exclue ici les extrêmes), mais pas dans notre société actuelle. Il existe un large consensus non seulement sur l’analyse des problèmes que nous traversons mais aussi sur un grand nombre de solutions à mettre en oeuvre, que ce clivage artificiel empêche de réaliser. Il faut d’ailleurs souligner à ce sujet le tournant majeur pris par la CFDT, et même par une partie de la CGT, vers une attitude constructive dans la discussion vers des solutions concrètes, contrairement à ces responsables politiques traditionnels pour qui ce qui vient de l’autre camp est nécessairement mauvais et à défaire.

      - l’urgence d’un certain nombre de problèmes (sociétaux, économique et environnementaux notamment) impose à notre pays la recherche et l’application de solutions urgentes, parfois douloureuses, qui ne peuvent être entreprises que si un consensus politique suffisant, précédé ou suivit par un dialogue avec les citoyens et ratifié par référendum, est réalisé. La réforme de notre système de retraite ou d’assurance maladie, imposé par notre démographie, le problème de l’emploi et de la couverture du chômage, celui de la non-intégration des français issus de l’immigration, nos choix en matière de politique énergétique... tous ces problèmes majeurs ne peuvent être traités de façon uniquement partisane. Or, le PS est prisonnier de dogmes et d’alliances qui paralysent toute velléité de réformes, et la droite de Sarkozy propose un combat frontal entre « ceux qui en veulent » et les autres, garant d’une explosion sociale.

      C’est bien parce que notre pays doit faire face à des problèmes graves, fruit de la frilosité de nos responsables pendant 25 ans, que l’approche proposée par Mme Lepage ou Mr Bayrou a tout son sens ; qu’au moins pendant une mandature, les problèmes les plus sérieux soient abordés dans un soucis d’intérêt général plutôt que d’intérêt partisan.


      • (---.---.207.87) 30 août 2006 01:19

        « C’est bien parce que notre pays doit faire face à des problèmes graves »

        Mais ces « problèmes graves » sont une conséquence du pouvoir de plus en plus incontrôlé de multinationales et holdings financiers. Y compris par rapport aux catastrophes écologiques.

        Que vient donc faire l’union nationale dans tout cela ? Va-t-on la faire avec les financiers et le patronat, qui sont très largement responsables de ce qui arrive ?


      • DR (---.---.99.97) 29 août 2006 13:37

        « ...solutions urgentes, parfois douloureuses, qui ne peuvent être entreprises que si un consensus politique suffisant... »

        C’est, justement, ce qu’il y a avait à craindre. L’union nationale pour nous faire avaler la potion !

        Ce n’est pas pour rien que Mme. Lepage a été ministre sous la présidence de Chirac (l’ancien premier ministre qui avait illégalement fait venir en métropole les « époux Turenge » auteurs de l’attentat contre le Rainbow Warrior), qu’elle travaille avec l’officine des multinationales qu’est Transparency International, etc...

        Autrement dit, ce qu’elle propose, c’est un gouvernement « au centre » de massacre social. Vous venez vous-même de le dire.


        • Voltaire (---.---.65.37) 29 août 2006 14:37

          Je ne porte aucun jugement particulier sur les activités de Mme Lepage que je connais mal, et dont je ne partage pas l’ensemble des prises de position. Pour autant, son objectif semble être celui de metre l’environnement au centre des préoccupations des politiques, ce qui au vue des problèmes actuels ne me semble pas une mauvaise idée.

          Quant aux solutions à mettre en oeuvre, bien sûr que la potion sera amère ! quand on ne fait rien pendant 25 ans (ou en tout cas pas assez), il ne faut pas s’étonner que le remède soit dûr à avaler !

          Prnons l’exemple du cancer du colon :

          - si vous faites une coloscopie tous les 5 ans, on détectera les polypes avant qu’ils ne se transforment en cancer, on les enlévera lors de la coloscopie, et tout ce que vous aurez subit comme désagrément, c’est la coloscopie et la nécessité d’avaler 4 litres de purgatif la veille.

          - si vous attendez d’avoir du sang dans les selles, vous avez déjà un cancer et la solution sera sans doute une chimiothérapie, l’ablation d’une partie colon et peut-être la pause d’un anus artificiel... moins drôle, mais vous en réchappez

          - si vous attendez d’avoir des douleurs, de maigrir, de ne plus bien digérer les repas, vous avez des métastases et votre espérance de vie est de quelques années au mieux avec un traitement lourd...

          A vous de choisir, on en est pas loin du deuxième stade, si vous préférez encore attendre, vos enfants vous remercierons car ce sont eux qui paierons vos retraites alors qu’il y aura un actif pour un retraité, un environnement délabré, des crises sociales permanentes etc...


        • Martine (---.---.99.52) 29 août 2006 17:24

          « Prenons l’exemple du cancer du colon... »

          Mais en l’occurrence, le problème ne vient pas de la population mais des milieux financiers et des multinationales. Vous n’avez qu’à leur appliquer A EUX le traitement.


        • Daf (---.---.237.129) 29 août 2006 14:43

          ça m’a toujours fait rire les écolos de droite smiley


          • Voltaire (---.---.192.14) 29 août 2006 14:58

            Marrant, moi ce sont les écolos « de gauche » qui me font sourire, enfin, un peu jaune (et pas vert) car voir tant de mesquineries, chamailleries et inconsistance chez ces derniers alors que ce sujet est tellement important, c’est pas franchement drôle au fonds.


          • corinne lepage (---.---.80.193) 29 août 2006 17:25

            je suis heureuse de susciter le débat et donc l’intéret. Certes , en 6000 signes, il n’est pas aisé de dresser un programme. Mais mon propos était davantage méthodologique. L’idée de l’intelligence collective, c’est-à-dire de la capacité de chercher les idées et solutions en fonction de critéres d’opportunité et non d’a-priori idéologiques me parait saine. Non, il ne s’agit pas de laisser le pouvoir à une classe politique qui a effectivement peur de perdre ses privilèges, mais de le rendre aux citoyens pour s’occuper des questions de fond qui nous préoccupent tous.


          • René (---.---.143.190) 30 août 2006 08:26

            « L’idée de l’intelligence collective, c’est-à-dire de la capacité de chercher les idées et solutions en fonction de critéres d’opportunité et non d’a-priori idéologiques... »

            IL existe des « a priori » SOCIAUX. En ce moment, les gens en bavent pendant que la Bourse ne cesse de grimper.


          • Ulmo (---.---.254.6) 29 août 2006 16:52

            Un article qui se plain de tout sans proposer d’autre solution qu’une vague passation de pouvoir des politiques à « des gens issus du peuple ».

            C’est pas comme ca qu’on va avancer. Article de peu d’intérêt, chronique de ce qu’on sait déjà.


            • Martine (---.---.99.52) 29 août 2006 17:22

              Ce que « vous savez » peut-être, mais que vous CAUTIONNEZ certainenemnt, du moment que l’article vous dérange.

              Qu’on le veuille ou non, la politique est devenue l’otage d’un groupe restreint d’exécutants des milieux financiers. On ne devient pas ministre avec Chirac ou Juppé sans en être un (une).


            • (---.---.79.184) 30 août 2006 01:20

              « la politique est devenue l’otage d’un groupe restreint d’exécutants des milieux financiers »

              C’est le moins que l’on puisse dire.


            • stanislas (---.---.179.252) 29 août 2006 17:24

              Avec cet article, c’est la voix du « conservatisme politique » qui s’exprime ! C’est-à-dire de ceux qui pensent qu’il y a deux sortes de Français : ceux de droite, qui sont persuadés que la gauche est la cause de tous nos malheurs, et ceux de gauche qui sont convaincus que la droite est le péril du pays ! Et qu’il ne peut y avoir d’autre manière d’envisager la politique en dehors de cette bipolarisation.

              Tout ceci est absurde !!

              Voila une candidate, Corinne LEPAGE, qui ose dire tout haut ce que beaucoup d’électeurs et tous les abstentionnistes pensent tout bas : le système politique actuel est un échec, qu’il faut le reconstruire, et que le seul vrai clivage n’est pas le binome droite-gauche mais plutôt « s’agit-il d’une bonne ou une mauvaise idée » ;

              Que nous avons à faire face à des crises écologiques, sanitaires et sociales sans précédents dans l’Histoire de l’Humanité, et qu’au-lieu de passer notre temps a nous chamailler entre la France soit disant de droite, et la France soit disant de gauche, nous aurions intérêt rapidement à nous réunir tous pour trouver des réponses à ces enjeux qui nous menacent ;

              Qui explique depuis des années que la lutte contre les OGM, contre le développement des polluants et des toxiques, pour une qualité de l’air qui préserve notre santé, pour une utilisation rationnelle et économe de nos ressources, etc... ne sont pas des combats de droite ou de gauche, mais un impératif pour tous ;

              Que les solutions à ces crises ont, pour beaucoup, été mises en oeuvre dans toute l’Europe par des gens aussi bien de droite, de gauche, et même apolitiques ! C’est simplement une question de « culture écologique », de prendre conscience des problèmes tels qu’ils se posent vraimment, et d’agir avec un esprit de précaution et de responsabilité pour le bien de tous !

              Que la politique, ce n’est pas uniquement la chose des partis et de leurs dirigeants, et que dans la société civile, il existe des personnes qui, sans être engagés politiquement, ont une connaissance suffisamment complete des problèmes pour proposer des alternatives réellement crédibles et efficaces.

              ........ et sitôt qu’elle pointe le bout de son nez dans le débat national, les gardiens de la pensée politique traditionnelle, ces représentants d’un système qui a échoué maintes fois et qui échouera encore, lui tombent dessus en criant : « ca ne marchera jamais votre gouvernement d’union national ! surtout, ne changeons rien ».

              Pire encore, ces mêmes conservateurs se permettent de dire que Mme LEPAGE n’a aucun projet social... mais se sont-ils au moins renseignés ? Ont-ils pris la peine de s’intéresser à ce que dit cette candidate ? Non...

              Car s’ils l’avaient fait, ils se seraient appercus que Mme LEPAGE défend des concepts qui marchent très bien ailleurs dans le monde, et même en France :

              - développement de l’économie sociale (renforcement des secteurs mutualistes et du tissu associatif)
              - imposer une éthique sociale et environnementale aux acteurs économiques, conformément à l’approche dite de « Responsabilité sociale de l’entreprise »
              - développer le dialogue social dans le processus de décision des entreprises, mais aussi avec les autres parties prenantes de la vie économique tels que les associations de consommateurs, les collectivités publiques, etc...
              - développer l’investissement socialement responsable (fonds d’investissement éthiques) et les démarches de notation sociale et environnementale
              - sécuriser les parcours professionnels, et travailler sur les conditions de vie des travailleurs notamment par l’économie de services
              - renforcer la logique de solidarité nationale dans la Sécurité sociale, et la logique de cohésion sociale dans la protection sociale dite « de marché ».
              - etc.... (la liste est longue)

              On peut ne pas être d’accord avec ses orientations. Mais on n’a pas le droit de dire, de manière préremptoire, qu’elles n’existent pas !

              Vous avez le droit de ne pas aimer Mme LEPAGE, et les valeurs qu’elle représente. Vous avez même le droit de penser qu’elle a tors sur tous les sujets qu’elle développe... c’est cela la démocratie républicaine !

              Mais vous n’avez pas le droit de déformer sa pensée, voir d’affirmer qu’elle ne pense rien du tout !


              • (---.---.79.194) 30 août 2006 01:03

                « des concepts qui marchent très bien ailleurs dans le monde... »

                Où ? En ce moment, c’est le recul social partout.


              • (---.---.79.194) 30 août 2006 01:06

                « développement de l’économie sociale... »’

                C’est quoi, l’économie sociale ? Attention à ce genre de concepts creux. La propagande de Franco, dans le temps, parlait de « démocratie sociale ».

                Que fait-on avec le pouvoir des multinationales, des milieux financiers... ?


              • André (---.---.33.80) 30 août 2006 00:09

                « Avec cet article, c’est la voix du »conservatisme politique« qui s’exprime ! C’est-à-dire de ceux qui pensent qu’il y a deux sortes de Français : ceux de droite, qui sont persuadés que la gauche est la cause de tous nos malheurs, et ceux de gauche qui sont convaincus que la droite est le péril du pays ! Et qu’il ne peut y avoir d’autre manière d’envisager la politique en dehors de cette bipolarisation. »

                Vous ne faites pas la bonne lecture, il me semble. C’est vrai que « gauche » et « droite » ne sont que deux côtés de l’hémicycle. Mais, en revanche, les CLASSES SOCIALES existent et leurs intérêts ne sont pas les mêmes.

                Si la « gauche » était ce qu’elle dit être, elle défendrait les intérêts des classes populaires, mais ce n’est plus le cas depuis belle lurette. Pour autant, cela n’implique pas qu’il faille recourir à un gouvernement d’union nationale pour faire avaler les mauvais coups à la grande majorité de la population, ce qui constitue manifestement l’obectif de Mme. Lepage au nom de sa conception de l’écologie et de l’Europe.


                • www.jean-brice.fr (---.---.26.101) 30 août 2006 09:14

                  Avant de faire un gouvernement d’union nationale, il faudrait peut être en créer les conditions : actuellement, EN SUPPRIMANT L’ANONYMAT DES PARRAINS, on a redonné le pouvoir aux PARTIS, donc en fait on a encouragé la DIVISION DES FRANCAIS. L’union nationale ne peut se faire dans la Vème République qu’autour du PRESIDENT ; cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de partis, mais ceux doivent rester dans le législatif et le CONTROLE DE L’EXECUTIF ... Pour en savoir plus, allez sur www.jean-brice.fr


                  • rodrigue (---.---.185.122) 30 août 2006 11:40

                    L’argument du dépassement gauche-droite et de la nécessité d’un travail en commun au-delà des clivages partisans est une vieille affection qui touche aussi nos blogeurs les plus en vue, tout émoustillés de leur rutilante modernité(cf. le podcast entre Loïc Lemeur et Thierry Crouzet) ! Le point de convergence de tous ceux qui nient -contre les faits- les oppositions et les luttes de classe pourtant aveuglantes au plan national comme international. Même si bien sûr c’est beaucoup plus compliqué que ça dans les dédales et les infractuosités du réel. Pourtant, la recherche de solutions alternatives au dispositif politique et institutionnel qui repose sur l’ALTERNANCE en gros entre l’UMP et le PS (cf. le matraquage médiatique sur un second tour imposé par avance c’està-dire AVANT l’expression du suffrage universel Royal/Sarko) concerne beaucoup, beaucoup de citoyens ! Cette conjoncture ne rend que plus urgente et plus nécessaire l’instauration d’un vrai débat citoyen sur les véritables enjeux de société à l’encontre d’une peopolisation intéressée de la vie politique.


                    • CP (---.---.224.61) 30 août 2006 13:40

                      Voir plus bas mon commentaire de 13h36 au sujet de l’écologie « apolitique ».

                      En ce qui concerne une éventuelle candidature de Buffet, quel crédit peut avoir un parti politique comme le PCF qui a participé au gouvernement Jospin et a laissé faire des montagnes des privatisations et de mesures antipopulaires ? C’est le même problème qu’avec les Verts et les Cochet, Voynet...


                    • CP (---.---.224.61) 30 août 2006 13:44

                      « il ne faut pas confondre l’image que les médias renvoient et l’intérieur d’un parti »

                      Mais il y en a qui en profitent bien : Royal, Jospin... Et les copains des patrons de la presse ne manquent pas au PS, dont la coupole participe en force au Siècle avec la droite, les PDGs... et, justement, les patrons de la presse.


                    • (---.---.224.61) 30 août 2006 13:36

                      « ils sont intelligents et ont décidé de faire fi du clivage ’écologie de droite’ et ’écologie de gauche’ pour défendre une seule chose, l’écologie.... »

                      L’ennui, c’est que ce n’est pas le peuple qui magouille les pavillons de plaisance à qui « on doit » les catastrophes pétrolières ; ce n’est pas le peuple qui déverse des produits chimiques ; ce n’est pas lui qui a déclenché les guerres d’une violence sans précédent qui polluent la planète depuis le début du XX siècle, etc...

                      L’écologie « apolitique » peut être très dangereuse et même mener on se sait où. C’est un peu comme lorsque René Dumont en arriva à écrire dans « La Terre française » au nom du pacifisme. Voir :

                      http://www.voltairenet.org/article13.html

                      " René Dumont, pacifiste, fasciste et tiers-mondiste, est mort

                      par Réseau Voltaire 8 août 2001

                      René Dumont, candidat écologiste à l’élection présidentielle de 1974, est mort. La presse salue à juste titre son oeuvre d’agronome qui mit en évidence les effets négatifs du productivisme et plaida pour le « développement durable ». Elle relate aussi, mais sans débat, son « pacifisme intégral ».

                      Le Réseau Voltaire rappelle que René Dumont, comme de nombreuses personnes de sa génération, fut profondément marqué par la « Grande guerre » au point d’adopter un « pacifisme intégral » au sein de la Ligue internationale des combattants pour la paix (LICP). Pour qu’on ne connaisse « plus jamais ça ! », René Dumont milita d’abord contre la guerre avec l’Allemagne nazie, puis, après la débâcle, pour la Collaboration. Il écrivit des articles très techniques sur l’agriculture dans un grand hebdomadaire fasciste rural, « La Terre française ». Cette publication de propagande soutenait la Révolution nationale de Philippe Pétain, militait pour le retour forcé des citadins à la terre et pour le corporatisme agricole. Les éditoriaux d’André Bettencourt (alors responsable français de la Propaganda Staffel, aujourd’hui actionnaire de référence de L’Oréal et de Nestlé) prêchaient l’union du Christianisme et du Nazisme et appelaient au châtiment des juifs et des francs-maçons. René Dumont émaillait ses articles de considérations politiques. Il citait l’agriculture nazie en modèle, invitait à s’unir derrière « le Maréchal », et exhortait les paysans à faire des enfants pour régénérer la race et disposer d’une main d’oeuvre abondante...."

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