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Accueil du site > Actualités > Politique > Austérité molle, façon Hollande, ou dure, façon Fillon ?

Austérité molle, façon Hollande, ou dure, façon Fillon ?

Hier, le gouvernement a présenté son projet de budget pour 2015. Même si le déficit prévu l’an prochain sera comparable à celui de 2013, c’est bien la logique austéritaire qui s’impose. Et François Fillon propose d’aller encore plus loin, même s’il n’était pas allé aussi loin que le PS aujourd’hui.

L’austérité molle
 
Les chiffres présentés par le gouvernement peuvent paraître extrêmement paradoxaux. D’une part, Michel Sapin affiche 21 milliards de réduction de dépenses, mais en réalité la baisse des crédits en valeur absolue ne serait que de 2,5 milliards, la réduction s’exprimant par rapport à la tendance. Malgré tout, il s’agit d’un effort historique, rarement réalisé, s’il est tenu. Tout le monde est mis à contribution : Etat, Sécurité Sociale et collectivités territoriales. Cependant, le déficit budgétaire prévu ressort à 4,3% du PIB, soit à peine 0,1 point de mieux que ce qui est prévu cette année et le même niveau que l’an dernier. A quoi bon faire 21 milliards d’efforts pour un résultat si minuscule ?
 
La logique, reconnue par le FMI, est simple : en augmentant les impôts ou en coupant dans les dépenses, l’Etat pèse sur la croissance, ce qui réduit ses rentrées fiscales, et annule une grande partie de l’effort de réduction des déficits. Les rendements de l’austérité sont très faibles, comme on le voit depuis 2011 en France. Quatre euros d’efforts de réduction du déficit ne produisent en général qu’une baisse du déficit d’un euro, du fait de la réduction de la croissance : chaque euro d’effort de baisse du déficit produit entre 0,9 et 1,7 euros de baisse du PIB selon les études du FMI, ce qui pèse sur les recettes budgétaires, et donc la réduction du déficit. Pourtant, Hollande persiste dans l’erreur.
 
L’austérité vacharde

Tout le paradoxe de la situation actuelle est que l’échec des politiques d’austérité ne provoque pas leur remise en cause, mais semble pousser leur amplification, comme on peut le voir avec les idées avancées par François Fillon. Il n’est pas à un paradoxe près, en critiquant le manque de radicalité de l’équipe actuelle, alors qu’elle va plus loin que lui, qui n’avait pas diminué les dépenses en valeur. Mais l’ancien collaborateur de Nicolas Sarkozy fait son mea culpa, et reconnaît son erreur dans les colonnes des Echos. La faillite dont il pointait le danger en 2007, et qui n’est pas venue malgré une situation largement dégradée, serait en vue alors que nous empruntons à des taux historiquement pas.

Modéré au pouvoir, François Fillon se fait radical dans l’opposition. Il propose 110 milliards d’économies, la suppression de 600 000 postes de fonctionnaires, en les passant aux 39 heures, tout en promettant de meilleures conditions salariales (son équation semblant bien mal ficelée), 3,5 points de TVA de plus pour financer 50 milliards de baisse des cotisations sociales, la suppression de l’ISF, la baisse de l’impôt sur les sociétés, et un élargissement de l’assiette de l’impôt sur le revenu. Un agenda moitié austéritaire, moitié néolibéral, à destination des plus riches et des multinationales, dans une course à la compétitivité internationale complètement suicidaire pour un pays comme le nôtre.
 
Même si l’austérité façon Hollande n’a rien à voir avec les variantes espagnole et grecque, il est effarant de constater que c’est l’agenda des austéritaires qui s’impose alors même qu’il démontre son échec dans toute l’Europe depuis 2010. PS et UMP se montrent moins nuancé que le FMI sur le sujet. Un comble !

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7 réactions à cet article    


  • Scual 2 octobre 2014 16:10

    La parole est une chose mais il y a les faits.

    L’austérité sous François Hollande est 5 fois supérieure à celle sous Sarkozy et donc sous Fillon.

    Les fais sont têtus : le couple Sarkozy/Fillon faisaient figure de progressistes modérés à coté de ce qui se passe sous François Hollande.

    Alors le mou n’est pas celui que l’on croit.


    • eau-du-robinet eau-du-robinet 2 octobre 2014 17:17

      Bonjour,
      .
      « L’austérité sous François Hollande est 5 fois supérieure à celle sous Sarkozy et donc sous Fillon. »
      .
      C’est ce qu’un appel la mutation du socialisme !
      .
      Une fois muté c’est la dévastation totale ....
      http://i81.servimg.com/u/f81/12/81/58/76/sauter10.jpg
      .
      Hollande est un serviteur fidèle du monde le la finance de la TROIKA et du CRIF !


    • eau-du-robinet eau-du-robinet 2 octobre 2014 17:02

      Bonjour,
      .
      Les milliardaires sont plus nombreux et plus riches en 2014 !
      .
      Le classement Forbes des milliardaires de la planète met en évidence que cette crise financière qui durée depuis 2008 à bien épargné les riches.
      Cela na rien d’étonnant pour moi, c’est eux qui sont les instigateurs de la crise, et c’est nous qui se font plumer, plus que jamais au part avant dans ses deniers 40 années.

      .
      Le nombre d’ultra-riches est en effet en hausse de 15,3% et ils sont désormais 1.645 à faire partie de ce classement, un record absolu depuis sa création il y a 27 ans. Pour l’anecdote, ils n’étaient plus que 793 en 2009 en pleine débâcle financière.
      .
      C’est la preuve irréfutable que cette dite « crise » est volontairement imposé aux états européens par la TROÏKA pour spolier le bien des travailleurs et de la classe moyenne et pour transformer les états européens ainsi les citoyens en serviteurs ou vaches à lait du monde de la finance.
      .
      Robert Mundell, un canado-américain est un des pères de l’euro, volontaire et obstiné, était résolu à faire une chose : trouver une arme qui pourrait balayer la législation gouvernementale et le droit du travail. (Il détestait vraiment les plombiers syndiqués qui l’avaient empêché de déplacer son trône.)
      .
      L’Euro combiné avec cette (rigueur budgétaire) crise volontairement maintenu et renforcé par la TROÏKA sont les instruments donc les oligarchies ont rêvé !
      .

      « Il est très difficile de licencier des travailleurs en Europe », se plaignit-il. Sa contre-attaque : l’euro.

      .

      L’euro fera vraiment son travail quand la crise aura frappé, expliquât alors R. Mundell . Le retrait du contrôle du gouvernement sur la monnaie empêchera alors l’utilisation des politiques monétaire et budgétaire keynésiennes par les vilains petits élus pour sortir une nation de la récession.

      .

      Sortons de l’Europe et vite !


      • zygzornifle zygzornifle 2 octobre 2014 17:16

        Sarkozy Hollande, chacun à eu sa star , sa guerre , sa récession et sont aussi bons menteurs l’un que l’autre .....en fait ils sont les 2 de droite .....


        • heliogabale heliogabale 2 octobre 2014 22:10

          C’est un peu ce qui s’est passé dans les années 1980 : suite au virage de la rigueur pris par les Socialistes en 1983, la droite avait radicalisé son propos. En 1986, le programme RPR-UDF était un pur programme néo-libéral et en certains points liberticides...

          Tout le monde sait comment ça a fini : projet Devaquet, manifestations étudiantes, les voltigeurs tabassant à tout va et la mort de Malek Oussekine.


          • diogène diogène 3 octobre 2014 12:05

            Molle ou dure,

            c’est toujours les mêmes qui l’ont dans le fion,
            et c’est lassant,
            voire exaspérant !

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