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Accueil du site > Actualités > Politique > Bayrou : et maintenant ?

Bayrou : et maintenant ?

Il n’y a pas trente-six solutions si le leader centriste veut préserver l’existence d’un pôle central dans le paysage politique français. Il faut qu’il prenne clairement position pour le second tour, contrairement à 2007.

Le premier tour de l’élection présidentielle de 2012 risque fort d’être la dernière douche froide avant noyade pour le candidat centriste François Bayrou. L’échec du 22 avril 2012 est patent, avec une perte de près de 3,5 millions de voix par rapport à 2007. Mais le plus grave n’est pas cela, car avec ses plus de 3,3 millions de voix, François Bayrou pourrait encore peser sur le second tour qui se terminera avec un écart bien plus faible que ce nombre.

Le plus grave, c’est le risque de se retrouver une fois encore avec une division de ses partisans comme dans l’entre deux tours de 2007. Ce qui prouve d’ailleurs qu’il n’était pas si isolé que ça !

Certes, François Bayrou est dans une position intenable : ayant fustigé à la fois Nicolas Sarkozy et François Hollande, il ne voudrait pas montrer qu’il retourne sa veste pour soutenir l’un des deux. Pourtant, est-ce vraiment responsable de ne soutenir aucun des deux candidats, ne serait-ce que du bout des lèvres ? Même partisan de la reconnaissance du vote blanc, François Bayrou doit forcément prendre position.

Car ce fut sa principale erreur de 2007 : refuser de prendre position dans le second tour, ce qui a abouti à dilapider en trois jours tout son "capital électoral" de près de 7 millions de suffrages. La plupart des parlementaires qui l’avaient soutenu en 2007 le quittèrent avec armes et fracas sous la houlette (molle) d’Hervé Morin pour créer le Nouveau centre et préserver un groupe centriste à l’Assemblée Nationale et les espoirs du Mouvement démocrate (MoDem) rassemblant au début entre quatre-vingt et cent mille adhérents se sont vite épuisés au fil des scrutins du quinquennat.

À l’époque, François Bayrou tablait sur une explosion du Parti socialiste, en proie à des divisions irrémédiables et à son incapacité à se trouver un leader et un candidat. Le PS est effectivement tombé jusqu’au fond du trou en novembre 2008 à Reims, mais grâce à la reprise en main de Martine Aubry, la préparation de la primaire organisée par Arnaud Montebourg et la victoire de François Hollande en octobre 2011, les troupes socialistes se sont trouvés des raisons de croire en leur victoire.

Aujourd’hui, la situation semble s’inverser : au contraire de 2007, les pronostics donnent Nicolas Sarkozy perdant et François Bayrou pourrait alors miser sur l’explosion de l’UMP, d’autant plus que les pressions provenant du score élevé de Marine Le Pen amplifieront les forces centrifugeuses créées par une éventuelle défaite présidentielle.

Là encore, l’idée d’éclatement de l’UMP paraît mauvaise : quand on voit Jean-François Copé mais aussi Alain Juppé anticiper les risques d’un échec du second tour et prévenir tout éclatement en verrouillant au maximum pour les législatives, on peut comprendre que l’UMP, en pleine tourmente, pourrait au contraire gagner en unité, par un mécanisme assez simple qui pourrait s’exprimer simplement par la trouille de ses élus.

Déjà, beaucoup de proches de François Bayrou ont pris position, sans trop de surprise, en faveur de l’un ou de l’autre des candidats du second tour. Ancien secrétaire national des Verts, Jean-Luc Bennahmias, avec très peu d’élégance, s’est précipité dès l’annonce des résultats dans son soutien à François Hollande. Olivier Henno, conseiller général et premier président de la communauté urbaine de Lille dont la présidente est Martine Aubry, a pris également la même position. Plus inattendue, l’ancienne ministre chiraquienne Dominique Versini a aussi annoncé son vote Hollande. En revanche, les sénateurs centristes Jean Arthuis et François Zocchetto ont annoncé leur soutien au Président Nicolas Sarkozy.

Il est d’ailleurs faux de dire que l’électorat de François Bayrou de 2012 penche plus au centre droit qu’en 2007. Les sondages sont relativement précis dans les reports de voix, un tiers pour Nicolas Sarkozy, un tiers pour François Hollande et un tiers qui refuse de choisir. La perte de plus de la moitié de son électorat entre 2007 et 2012 s’est traduit par un soutien dès le premier tour du centre droit à Nicolas Sarkozy (à l’instar d’Hervé Morin) et du centre gauche à François Hollande. Ceux qui ont persévéré à voter François Bayrou le 22 avril 2012 sont au contraire des "centristes du centre" qui souhaitent l’autonomie complète (ni droite ni gauche). Il est donc normal que ce noyau dur de centristes (9,13%) se disperse dans un second tour qui consacre la bipolarité du paysage politique.

Il est donc faux de dire que le score de François Bayrou en 2012 correspond à l’audience classique du centre en France autour de 10%. Parce que déjà, il vaut plus, Raymond Barre avait eu plus de 16,5% et avait rassemblé tant à droite qu’à gauche (beaucoup de reports de voix avaient bénéficié à François Mitterrand au second tour de 1988), et ensuite parce qu’une grande partie de ce centre, ou plus exactement, de ce centre droit avait choisi Nicolas Sarkozy dès le premier tour.

yartiBayrou 02

C’est d’ailleurs le vrai problème du MoDem qui est une sorte d’auberge espagnole pour ne pas parler d’ovni dans le paysage politique : il n’est pas l’héritier de l’UDF ni du centre droit car il rassemble aussi des personnes issues de la gauche, soit des Verts, soit du PS captées en 2007 par une opposition à Ségolène Royal. Le risque est donc fort, plutôt que d’une explosion de l’UMP, d’un éclatement du MoDem et il serait quand même étrange de vouloir coûte que coûte la survie du MoDem alors que ses principaux dirigeants prennent une position divergente lors de l’échéance principale de la vie démocratique.

Ce qui est crucial, c’est surtout le positionnement personnel de François Bayrou entre les deux tours. Car celui-ci aura des conséquences essentielles sur l’avenir du centre en France, en terme de structure partisane et d’élus. L’enjeu, c’est la renaissance ou pas d’une mouvement centriste possédant une force de frappe parlementaire non négligeable (un groupe à l’Assemblée Nationale qui ne soit pas un clone de l’UMP comme le NC).

La personnalité de François Bayrou est exceptionnelle : il a montré un courage politique sans faille (malgré les innombrables appels du pied), une intégrité, une honnêteté intellectuelle, des convictions solides comme du roc. À presque 61 ans, il a encore beaucoup à apporter au pays. Mais à la condition de prendre un positionnement utile à ses idées.

D’ailleurs, son score du premier tour de l’élection présidentielle du 22 avril 2012 (3,3 millions de voix) est nettement plus élevé que celui du MoDem au premier tour des élections législatives du 10 juin 2007 qui était de 7,6% (à peine 2 millions de suffrages), un mois et demi seulement après avoir recueilli près de 7 millions de voix. Il est aussi beaucoup plus élevé qu’aux élections européennes du 7 juin 2009 où le MoDem n’avait même pas convaincu 1,5 million d’électeurs (soit 8,5%).

La question franche, c’est : quel serait le positionnement de François Bayrou où il serait le plus utile ? Et la réponse fait peu de doute.

À gauche, François Hollande a repris toute la mythologie du 10 mai 1981, celle de l’union de la gauche de François Mitterrand et celle de la gauche plurielle de Lionel Jospin. Cette alliance PS-EELV-PCF est certes traditionnelle mais plombe toute tentative de recentrage, notamment sur un aspect essentiel de la politique de la nation, l’équilibre budgétaire. Par ailleurs, François Hollande n’a pas besoin de François Bayrou pour gagner : donné largement favori dans les sondages, il peut se permettre de bouder les électeurs centristes (d’autant plus qu’il cible plutôt ceux du FN).

À droite, au contraire, Nicolas Sarkozy a besoin de faire le plein de toutes les voix qui ne se sont pas portées vers son nom au premier tour. Il essaie avec une dextérité politique incroyable de rendre compatibles ses clins d’œil aux électeurs du FN et du MoDem. Dans une interview dans la presse régionale de l’Est le 25 avril 2012, Nicolas Sarkozy a ainsi expliqué doctement : « Si on laisse l’immigration sans contrôle, la première conséquence, ce sera l’aggravation des déficits de nos régimes sociaux (…). De ce point de vue, les préoccupations des électeurs de M. Bayrou et du Front national sont les mêmes, même si les chemins sont différents. ».

Un jeu d'équilibriste qui a mis en colère François Bayrou, interrogé par l'AFP le 25 avril 2012, qui a réfuté catégoriquement l'équation sarkozyenne : « Aborder la question de l'immigration en validant la thèse du Front national et en prétendant que les déséquilibres des comptes sociaux étaient dus aux immigrés, c'est un reniement d'un demi-siècle de politique sociale en France. C'est un reniement du gaullisme aussi bien que des démocrates-chrétiens et humanistes. ».

François Bayrou semble s'être nettement éloigné d'un soutien à Nicolas Sarkozy ce mercredi : « Les propos de Nicolas Sarkozy tendant à confondre les électeurs qui ont voté pour moi et ceux de Marine le Pen sont absurdes et offensants. (...) Le courant politique que j'anime s'est toujours défini par des valeurs qui sont d'abord humanistes. (...) Cette course ventre à terre derrière les thèses du Front national est humiliante. Elle est de surcroît vouée à l'échec parce que la France est un pays construit autour de principes qui ne se laisseront pas entacher. ».

Mais l’idée principale, c’est quand même la faisabilité d’un groupe centriste indépendant à l’issue des législatives de juin 2012. Et là, il n’y a pas vraiment photo. Le PS a déjà scellé ses accords avec le PRG et EELV et jouera à fond, comme toujours, la "discipline républicaine" pour favoriser le maintien d‘un groupe communiste ou Front de gauche.

En revanche, il y a une réelle attente à droite pour la construction d’un tel groupe au centre droit : les radicaux valoisiens de Jean-Louis Borloo qui étaient prêts à quitter le groupe UMP (Jean Leonetti, avant d’être ministre, était cependant contre), le Nouveau centre, des centristes de l’UMP (sous la houlette de Pierre Méhaignerie).

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Radical après avoir été centriste à l’époque de l’UDF, Dominique Paillé a donné une petite idée de cette attente : « François Bayrou a raison de vouloir créer un pôle central. Mais la difficulté, c’est que son leadership soit accepté. ». Pour qu’il soit accepté, ce leadership, il faut que le leader centriste se positionne clairement.

On le voit, une position favorable à Nicolas Sarkozy serait la moins mauvaise des choses pour l’avenir du centre, d’autant plus que Nicolas Sarkozy aurait peu de chance de l’emporter le 6 mai 2012 (ce qui éviterait de devoir ensuite se positionner pour participer ou pas à un gouvernement).

Comme aucun candidat n’est propriétaire de ses voix, la position de François Bayrou sur le second tour aura certainement peu d’influence dans son électorat (à part une part très faible d’hésitants), mais elle sera déterminante pour l’avenir du centre.

Officiellement, François Bayrou a envoyé ce mercredi une lettre aux deux candidats finalistes pour connaître leur position sur la moralisation de la vie politique, la réduction de la dette et la réindustralisation de la France, et il prendra ses responsabilités après le débat télévisé du 2 mai 2012.

S’il répétait la même erreur que 2007, celle de ne pas prendre position, l’idée d’un rassemblement au centre de la vie politique serait remisée aux oubliettes de l’histoire, dans le casier des bonnes idées jamais mises en pratique pour défaut de méthode.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (26 avril 2012)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Le vote Bayrou.
Résultats définitifs du premier tour.
Les deux finalistes en otage du FN ?
Le PS veut récupérer les électeurs du FN.
La famille centriste.
Bayrou votera-t-il Hollande en 2012 ?
La fin de l’hypothèse Bayrou ?
Une excellente analyse qui n'a pas froid aux yeux.
Lettre de François Bayrou aux deux candidats finalistes (25 avril 2012).


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42 réactions à cet article    


  • Michel DROUET Michel DROUET 26 avril 2012 09:58

    Pour espérer continuer à exister, F. Bayrou doit miser, comme Mme Le Pen, sur une défaite de Sarkozy et un éclatement de l’UMP : au Front National, la droite populaire, au Modem, la droite classique effrayée par les prises de position du candidat sortant en direction de l’électorat FN.

    En dehors de cette stratégie, ce qui reste du Modem est condamné à disparaître, et Bayrou avec (cf les prises de position discordante entre Bennamias, Arthuis, etc...)


    • Fergus Fergus 26 avril 2012 11:19

      Bonjour à tous.

      Rochefort, interrogé hier, n’a pas indiqué qu’il voterait Hollande, mais l’a clairement laissé entendre entre les lignes.

      Bayrou, après avoir raté sa campagne, n’a le choix qu’entre des mauvaises solutions : voler au secours de la victoire hollandaise, mais sans bénéfice politique pur lui ; soutenir Sarkozy et se renier après les attaques virulentes qu’il a portées contre lui (encore hier sur les « valeurs ») ; laisser les électeurs du Modem libres de leur vote (ce qui sera de toute façon le cas) et subir la frustration de n’avoir pas été un faiseur de roi.

      Bayrou a raté le coche en 2007 ; il en paie le prix en 2012 !


    • Robert 27 avril 2012 01:07

      Objection !
      Bayrou n’a pas raté sa campagne, il a été censuré par les média. C’est différent !
      Et pour cause, il portait deux gros handicaps :
      - son projet d’extraire les média de l’influence des grands groupes industriel (Bolloré, Bouygues...). Cela n’a évidemment pas plu aux ténors de l’info, ces pourritures grasses que sont les journalistes politiques qui nous imposent leur interprétation plutôt que de nous livrer l’information.
      - sa campagne était basée sur la vérité dite aux français, dans toute sa complexité que les média n’ont pas su (voulu) transmettre au peuple, et surtout une vérité plutôt moins rose ou bleue que les démagogues tout autour.

      Bilan, Bayrou a essayé d’élever le niveau de la campagne (le produire en France, le redressement du niveau de l’Education Nationale.... thèmes repris par les ténors) et s’est opposé becs et ongles aux discours démagogiques de Hollande (et Mélenchon anecdotiquement) et de Sarkozy, les 2 gros menteurs qui ont bâti leur programme sur une croissance que nous n’auront pas.

      Aujourd’hui Bayrou est attendu sur un choix entre deux menteurs, lui qui s’est efforcé de dire la vérité. C’est pas simple !

      Pour les valeurs personnelles je ne vois pas comment il pourrait soutenir Sarkozy alors qu’il a très tôt dénoncé les dérives du système Sarkozy (livre « Abus de pouvoir » en 2007). Pour le redressement de la France, je ne vois pas trop comment il pourrait soutenir Hollande à part en lui demandant de ne pas appliquer son programme (ce qui sera évidemment le cas).


    • Inquiet 26 avril 2012 10:11

      Zut alors (pour rester poli), Bayrou s’est exprimé sur la tournure nauséabonde de la reprise des thématiques FN reprisent pas l’UMP.


      En 2002, la gauche s’était sans ambiguïté tournée vers Jacques Chirac pour faire barrage à ces idées.

      Pour moi, Bayrou est déjà discrédité par le simple fait de ne pas avoir appelé à voter Hollande spontanément.

      Personne ne croit qu’il approuve le programme d’Hollande, on ne lui en aurait jamais tenu gré.

      Qui plus est, le clan Chirac (hormis l’insoutenable pilleuse de pièces jaunes) a tendu la perche à toute la droite démocratique en appelant à voter Hollande.

      Que je sache, Chirac ne s’est jamais comporté comme un partisan du PS.

      Ce qu’on reproche au FN, c’est ses idées. On ne devient pas plus respectable que le FN, si on lui emprunte ses idées sans s’appeler FN.

      Voter Hollande, ce n’est pas le bon choix, c’est juste le bon sens.


      • sisyphe sisyphe 26 avril 2012 11:05

        On le voit, une position favorable à Nicolas Sarkozy serait la moins mauvaise des choses pour l’avenir du centre,

        Au delà des pinaillages stratégico-fumeux, voila annoncer clairement de quel côté se situe le pseudo « centre » de Bayrou ; du côté de la droite devenant de plus en plus extrême (Guéant, Hortefeux, Buisson, plus les appels du pied de plus en plus pressant au FN)...

        Tu parles d’un « centre » !
         smiley


        • musashi 26 avril 2012 11:14

          A part un votre blanc je vois pas d’autre choix crédible.... smiley


          • mbdx33 mbdx33 26 avril 2012 12:09

            Franchemant Musashi, je ne vous comprends pas sur le vote blanc dont vous connaissez pourtant la non prise en compte.


          • musashi 26 avril 2012 13:47

            Après cela peut évoluer selon les discours...si Hollande commence à parler de moralisation de la vie politique par exemple de la réduction du nombre de députés et sénateurs, etc...ou si Sarkozy commence à parler sociale et répartition des richesse...bon je vous accorde que les probabilités du cas 1 sont supérieures au cas 2.... smiley


          • Peachy Carnehan Peachy Carnehan 26 avril 2012 16:01

            @ Musashi.

            C’est fait :

            « Moralisation : Hollande reprend la proposition de Bayrou
            Au micro de France Info, François Hollande a annoncé un recours au référendum pour faire adopter le projet de moralisation de la vie publique, également dans le programme de François Bayrou, en cas d’absence de majorité au Parlement.
             »

            http://lci.tf1.fr/politique/elections-presidentielles/moralisation-hollande-reprend-une-proposition-de-bayrou-7199719.html


          • 4A+++ 26 avril 2012 18:33

            @ Musashi,

            Pour ma part je pense qu’il a tout intérêt de dire que l’alliance UMP avec les thèses du front National sont suicidaires et anti républicaine, et vis à vis de Hollande que le programme ne tend pas à résoudre la diminution de la dette (pour rester en conformité avec sa pensée) et de préconiser le vote blanc voir PS (en cas d’ entente sur certains postes de députés).

            Comme ça l’ honneur est sauf, et il n’aura plus qu’ a attendre l’implosion de l’ UMP et récupérer les ouailles d’ Hervé Morin, Boorlo et autres qui s’étaient égarés et refonder un bon parti de droite.


          • credohumanisme credohumanisme 26 avril 2012 12:03

            Je ne suis pas sûr qu’il y ait un bon choix stratégique. La notion même de choix stratégique est en contradiction avec la « moralisation de la vie politique »
            En revanche je suis à peu près sûr qu’il y a des mauvais choix moraux.

            Soutenir Sarkosy est un très mauvais choix, sarkosy ressemble de plus en plus à Le Pen sur les thématiques anti-immigrés, pour moi et pour beaucoup de Bayrouïstes c’est un contresens moral que de soutenir cette candidature.

            Soutenir Hollande est un très mauvais choix car les choix économiques de Hollande ne paraissent pas acceptables. Moralement ça paraitrait un ralliement stratégique incohérent avec une bonne partie de l’argumentaire du Modem.

            Appeler à voter blanc est acceptable mais ne le serait plus si, ce qui semble probable, Le Pen appelle à ce vote.

            Ne pas donner de consigne me semble la moins mauvaise des solutions.
            Mon sentiment est qu’il y a (malheureusement) bien peu d’avenir pour un centre raisonnable et vertueux.


            • bernard29 bernard29 26 avril 2012 12:37

              Si Bayrou ne dit pas qu’il vote personnellement pour Hollande, c’est qu’il n’a aucun courage politique. 


              • Inquiet 26 avril 2012 12:53

                Absolument, le précédent de 2002 est une énorme épine dans le pieds de la droite ou du centre-droit :


                Doit-on laisser penser que seule la gauche est capable de mettre entre parenthèse l’idéologie au profit de l’intérêt de la nation ?


                François (Bayrou) dépêche toi, chaque secondes qui passent te dé-crédibilisent de plus en plus.

              • Robert 27 avril 2012 01:09

                En quoi y a-t-il urgence ?
                On n’attend pas d’un politique qu’il prenne des décisions à chaud. C’est bien justement ce qu’on reproche à Sarkozy, non ?
                Bayrou a légitimement le droit de peser le pour et le contre.


              • dom y loulou dom y loulou 26 avril 2012 12:52

                et vous vous êtes occupés durant ces cinq dernières années de ces machines électroniques qui permettent de ausser les votes si facilement ?


                non ?

                et vous coryez encore à une quelconque réalité de ce cirque de bouffons et de valets des rothschild ?

                bonjour les camps de la FEMA et l’astre à l’ouest

                • ilias 26 avril 2012 13:10

                  Le raisonnement du commettant de l’article est spécieux et démantèle ce qui fait la force d’un véritable pôle socio-politique central, et non pas centriste.
                  Ou bien vous n’avez rien compris à ce que c’est qu’un centre au sens véritable du terme dans son sens fondamental du déploiement du politique et de l’humanisme opérationnel de mouvement de renouveau de la pratique démocratique.
                  Ou bien vous voudrez continuer, tout en étant encastré consciemment ou inconsciemment, dans des réflexes conditionnés cultivant beaucoup plus l’égo et son corollaire le rendement (spéculatif) à échéance rapide et la navigation à courte vue pour des objectifs non pas politiques mais politiciens.
                  Le mouvement socio-politique central de bayrou n’est épistémologiquement , philosophiquement et idéologiquement ni celui de l’UDF, ni celui du transfuge Morin et consorts.
                  C’est en fait un mouvement qui entend transcender les clivages politiciens mesquins qui escamotent sciemment les véritables graves problèmes de l’heure de la société française en elle -même et de sa relation avec le reste du monde en cette entrée dans la nouvelle ère civilisationnelle.
                  Une nouvelle ère caractérisé par la prééminence productive de l’immatériel et de l’intelligence synergique homme-machine artificiellement intelligente, le tout en un état du monde et de la planète terre qui commence à rétroagir directement aux effets pervers et autres méfaits dus à des actions « sauvages » de « domination » et de surexploitation des ressources.  
                  Monsieur Bayrou, s’il est cohérent avec sa ligne politique (et non pas politicienne de l’opportunisme vulgaire et improductif à moyen et long terme) devrait dés maintenant se déterminer sans condition en faveur du candidat F. Hollande.
                  Un autre choix autre que celui-ci, comme l’abstention ou pire encore l’alignement derrière le candidat sarkozy (et par ricochet LePen) constitue une véritable offense aux valeurs du centre et un cautionnement d’une ligne politicienne nauséabonde pleine de haine d’autrui, d’égocentrisme pervers et d’enclenchement d’une dynamique de « pathologisation » des liens sociaux.
                  Pourquoi ? Il y va de la défense d’une valeur princeps de ce mouvement, à savoir l’humanisme non pas hypocrite et de circonstance, mais celui du retissage au jour le jour du lien social positivement productif pour tous les membres de la société française pour qu’elle puisse peser, pour ses intérêts propres et ceux d’autres pays , dans le devenir du monde et le partage de ses ressources.
                  La fin de la politique n’est pas le film des joutes politiciens joués par des comparses politicards « opportunistes » dépassés par les évènements, mais bien la mise en place de toutes les conditions à ce qu’il y’ ait une bonne gouvernance publique à tous les niveaux de l’Etat en faveur de tous les membres de la société française, et non pas au bénéfice seulement d’une ethnie, d’une catégorie sociale ou d’une « secte » oligarchique. 
                  Pour plus de compréhension de ce que c’est, selon nous, le mouvement politique centre, je vous invite à visiter l’URL suivante :
                  http://you.leparisien.fr/actu/2012/02/20/manifeste-pour-une-refondation-de-la-democratie-13587.html


                  • Khanofer Khanofer 26 avril 2012 15:54

                    Mazette !!
                    Je ne savais pas qu’il y avait une explication intellectuelle au « pôle centrale humaniste machine a perdre de Bayrou ! »
                    quelle démonstration !!
                    sur que cela va attirer les foules et donner les clés et toutes les solutions aux Français

                    masturbation intellectuelle pour être poli...


                  • Grattounette 26 avril 2012 18:43

                     smiley Mazette aussi.. Ilias, cachez ce lien que je ne saurais voir smiley Heureusement que vous ajoutez « pour plus de compréhension »... smiley smiley 

                    Ah c’est sûr qu’en parlant comme ça on ne va pas recruter dans le populaire, si on doit prendre le dico à chaque ligne, par pitié Ilias vous ne pouvez vraiment pas causer normalement ? 

                    Sinon oui pour faire simple, logiquement il n’y a pas de positionnement possible à droite ou à gauche, d’ailleurs moi bien que venant de gauche ce sera blanc, pas possible de choisir entre la peste et le choléra, mais je reconnais que les circonstances sont particulières, la foule en délire voulant absolument virer l’affreux sarko, et comme le MoDem est composé de tendances modérées gauche ou droite la logique et le respect de chacun doit laisser le libre choix. Je pense d’ailleurs que les sondages sont bons et qu’il y aura 30 % de chaque. 
                    Contrairement aux autres partis, le Modem n’est « un camp » et c’est ça que beaucoup n’arrivent pas à se rentrer dans le crâne, journalistes en tête. 
                    Bayrou est avant tout en effet un humaniste, avec tout le respect d’autrui que cela implique. 
                    C’est un mot dont ici on a aussi beaucoup affublé Mélenchon, champion pour insulter avec violence et mépris tous ceux qui ne pensait pas comme lui, alors avec ces critères on va aussi dire que sarko est humaniste... smiley

                    J’ajoute que je suis sûre que Bayrou n’aurait jamais pu pencher vers Sarko qu’il n’aime pas depuis longtemps, il a même écrit un livre sur le sujet. Son énorme hésitation n’est dûe qu’à la pression que tout le monde lui fait depuis des mois. Bon sang mais pourquoi ne savez-vous pas respecter tout autant quelqu’un qui ne veut pas soutenir des actions qu’il réprouve, comme le programme pharaonique de Hollande et toutes les magouilleries d’un PS qui penche aussi à droite que la tour de Pise ? En quoi un homme serait plus respectable parce qu’il a cédé sous la pression de moralisateurs de pacotille pour vendre son âme au diable ? :->

                  • Pelletier Jean Pelletier Jean 26 avril 2012 14:15

                    Sylvain,

                    ET vous ? après cette analyse et cette gerbe de compliments à françois Bayrou vous penchez de quel côté ?

                    http://jmpelletier52.over-blog.com/ 


                    • arobase 26 avril 2012 14:28

                      si bayrou veut garder son âme, il ne peut que voter hollande car voter un sarkosy lepénisé serait une hérésie et signerait la disparition du centre.


                      le centre n’est pas de droite ! ceux qui étaient de centre droit ont déjà rejoint la droite en se fondant dans l’UMP. ceux notemment de l’ex UDF. 

                      le centre de bayrou est un centre gauche, n’en déplaise à certains de ses sénateurs qui ne visent que leur réélection !!

                      s’ils votent sarkosy lepénisé avec ses « droitistes populaires » et son chouchou Buisson, pires que lepen, il disparaitront.

                      • Pyrathome Pyrathome 26 avril 2012 14:34

                        Bayrou : et maintenant ?

                        Faut qu’il répare son tracteur, bientôt les foins à faire....


                        • Voltaire Voltaire 26 avril 2012 15:33

                          Bonne analyse.

                          Il est évident que F Bayrou est tiraillé entre son inclinaison personnelle, qui serait de voter Hollande, et l’intérêt de sa famille politique, qui serait de soutenir à contre-coeur Sarkozy.

                          Sa lettre et les réponses qui seront fournies lui permettraont peut-être de clarifier ce choix, mais j’en doute. A quelques jours d’une élection, les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent.

                          Finalement,la question est un peu de savoir si F Bayrou souhaite encore jouer un rôle politique, ou pas. S’il souhaite abaodonner, il peut en effet soutenir Hollande. Celui-ci ne lui donnera rien en échange, mais il pourra ensuite se draper dans le manteau d’un sage et tenter de rejoindre l’académie française par exemple, ou le conseil constitutionnel. Ses troupes s’égailleront un peu à gauche et un peu à droite, et une page se tournera pour le centre.

                          S’il souhaite en revanche permettre la reconstitution d’une famille politique centrale, en ces temps de difficulté et de tentation extrêmiste, il n’a pas le choix. Etant donné le positionnement des autres composantes de la famille centriste, il ne peut que se situer dans l’opposition à un futur gouvernement socialiste. Certes, il perdrait en route certains de ses soutients actuels, mais il permettrait la reconstitution d’un parti central contrepoids d’une UMP droitisée et concurrencée par le FN. Dans la perspective de 2017, cela rabattrait les cartes.

                          Pour autant, peut-il réellement appeler à voter Sarkozy ? Moralement, cela semblerait incohérent.

                          La solution la plus logique serait donc pour François Bayrou d’annoncer qu’étant donné le projet politique et économique présenté par François Hollande, il ne peut que se placer en opposition à son éventuel futur gouvernement, opposition au sein de laquelle il mettra tout en oeuvre pour refonder un parti central fort et indépendant, en contrepoids aux dérives populistes constatée dans une partie de la droite actuelle. Mais que même s’il approuve les orientations économiques raisonnables proposée par le président sortant, il demeure peu convaincu par sa capacité personnelle à défendre les valeurs essentielles à sa famille de pensée ; En conclusion, il votera blanc à titre personnel mais rejoindra l’opposition en cas d’élection de François Hollande, tandis qu’en cas de réélection du président sortant, il discutera avec le futur premier ministre des orientations de sa majorité et décidera alors de la rejoindre ou pas.

                          Cette solution, qui n’a rien d’idéal, permettrait néanmoins de concilier au mieux son éthique personnelle et ses responsabilités politiques vis à vis de sa famille politique et de ses électeurs.


                          • musashi 26 avril 2012 15:41

                            Sur la même longueur d’onde...


                          • Inquiet 26 avril 2012 16:09

                            Ou alors appeler à voter Hollande (ou contre Sarkozy, puisque c’est plus facile à dire) sans approuver le programme politique.


                            Cerise sur le gâteau, il peut même le faire en se positionnant à ..... droite, ou tout du moins de centre-droit.

                            La rhétorique n’est pas « gauche contre droite », mais « républicains contre non-républicains ».

                            Il n’y a aucun crève-coeur à y adhérer.

                            La voie à été dégagée par le soutien massif de la gauche à Jacques Chirac en 2002, et Jacques Chirac lui-même à demandé à voter Hollande aujourd’hui.

                            En aucun cas, j’estampillerai Chirac à gauche.

                            Par contre, si Bayrou (et je pense sincèrement qu’il tarde) ne se prononce pas clairement contre Sarkozy sans finassé, il est mort politiquement.

                            Et quand je dis qu’il se prononce, je dis que non seulement il doit le dire à titre personnel mais aussi à appeler à voter contre (ou pour Hollande, mais je n’y songe même pas).

                            Il ne peut pas ne pas faire de choix, lui aussi peut profiter des ruines de la droite classique peut être même davantage que Le Pen.

                          • périscope 26 avril 2012 16:11

                            Votre position finale paraît sensée.
                            N’empèche, en ce qui me concerne, je ne voterai :
                            - ni Sarkozy qui a trop menti et servi son seul camp.
                            - ni le mou Hollande, et pire son associée Aubry, qui vont nous conduire au trou.

                            Donc je voterai nul (leurs deux noms barrés)


                          • Peachy Carnehan Peachy Carnehan 26 avril 2012 16:13

                            Si François Bayrou est aussi intègre, honnête et moral que le prétendent ses soutiens, il condamnera l’extrême-droitisation de Sarkozy et appellera publiquement à le battre. S’il ne le fait pas, s’il se lance dans des calculs politiques, il perdra ce qui fait sa différence : la droiture et la crédibilité.


                          • Voltaire Voltaire 26 avril 2012 16:22

                            @ inquiet et peachy

                            Bayrou ne peut pas appeler à voter contre Sarkozy ; même s’il le souhaite, ce serait se tirer une balle dans le pieds. Un responsable politique a des responsabilités vis à vis de son parti et de ses électeurs ; la disparition du centre laisserait 10 à 15% de l’électorat orphelin. A partir du moment où Hollande a choisi Mélanchon plutôt que Bayrou, la seul solution pour le centre était de se refonder dans l’opposition. Pour autant, la campagne de Sarkozy constitue un repoussoir pour les humanistes. Donc il me semble que sa seule option est de dire qu’il sera dans l’opposition à Hollande mais qu’à tire personnel, en raison de la campagne de Sarkozy, il votera blanc.


                          • Inquiet 26 avril 2012 17:46

                            Voltaire, je crains que vous fassiez fausse route à vouloir trouver des circonstances « intelligentes » au positionnement ni-ni.


                            Comme je vous l’ai dit, le positionnement ne se fait sur un modèle classique « droite-gauche ou même ni droite et ni gauche », mais sur un positionnement, validé par toute la classe politique depuis le précédent de 2002, « démocrates contre non démocrates ».

                            Si Bayrou ne se positionne pas franchement, il se positionne par défaut pour Sarkozy que ça vous plaise ou non, car il valide intrinsèquement son caractère de démocrate, ce qui est intenable vu les propos qu’il a tenu à l’encontre de Sarkozy.

                            Hollande et le PS, bien que pour l’instant très précautionneux à l’égard de Bayrou, ne lui feront pas de cadeaux, une fois l’élection passée.

                            Ils ne tarderont pas à rappeler aux Bayrou, Villepin, Borloo .... et tout ceux qui se disent « non de gauche » (pour faire court) mais démocrate, que jusqu’à présent seule la gauche à fait preuve de courage politique pour appeler à voter sans ambiguïté et très clairement pour le seul candidat républicain restant en lice.

                            Les « non de gauches » seront mis devant le fait accompli qu’ils sont prêts à sacrifier le pacte tacite républicain aux intérêts les plus vils et les plus malsains du calcul politique.

                            Par un effet boomerang, plus l’impression du calcul électoraliste apparaîtrait comme intelligent, plus il serait ressentis comme une trahison de part les électeurs ayant des valeurs républicaines.
                            Si j’ai bien compris, cela serait intelligent, dans l’optique de récupérer des transfuges de la droite modérée : il doit bien exister des gens compétents au sein du MODEM pour se passer de tels transfuges non ?


                          • Peachy Carnehan Peachy Carnehan 26 avril 2012 22:50

                            @ Voltaire

                            « Bayrou ne peut pas appeler à voter contre Sarkozy. »

                            Ce serait un peu comme s’il ne pouvait pas exclure de vendre son âme au diable. Il y perdrait toute crédibilité.


                          • aloha aloha 26 avril 2012 22:55

                            Tout à fait !

                            Surtout ne pas sortir du chemin tout tracé. Ne pas prendre de risque - bouhouh - c’es trôôp dangereux....

                            Et pis, si jamais il me réservait un poste de ministre, hein, si jamais ?

                            Lamentable et bien dommage. Il y avait du potentiel, pourtant....


                          • Agerate Agerate 27 avril 2012 16:51

                            Vous oubliez un truc : nous, centristes, démocrates, savons que le FN puise aussi ses forces dans l’absence de démocratie en France, l’absence de représentativité, dans l’éternelle reconduction du PS et de l’UMP.

                            Nous savons que Hollande ou Sarkozy au pouvoir, c’est une victoire pour Marinne Le Pen. Une victoire qui lui promet une nouvelle progression dans cinq ans (jusqu’à quand ?)

                            C’est pour cela que nous avons conscience que créer une troisième voie en France, c’est nous sauver de l’extrémisme. Si la révolution n’est pas civique, démocrate, alors elle sera extrémiste. Un jour ou l’autre.

                            C’est parce que nous avons une conscience supérieur de ces enjeux que nous savons, plus que d’autre, que choisir entre le PS et l’UMP nous mènera de toute façon au désastre (sans même parler d’économie).

                            Et que saborder le centre c’est une façon d’abandonner toute porte de sortie à la France.


                          • Abou Antoun Abou Antoun 26 avril 2012 18:14

                            Le rapprochement UMP-PS (tout le monde est aujourd’hui convaincu que c’est la même soupe) a réduit l’espace politique des centristes.
                            Cet espace existait du temps ou (en théorie) il y avait une droite elle-même multiforme à la fois bonapartiste et libérale et une gauche théoriquement marxiste. Des gens comme Lecanuet avaient donc une petite liberté de manœuvre et pouvait dans certains cas jouer le rôle d’arbitre ou de conciliateur. L’épreuve du pouvoir a transformé la gauche pour l’amener sur les positions de la droite sur tous les dossiers importants (Europe, économie, diplomatie, etc.). Les gens ne sont pas dupes, le 6 mai, ils voteront pour une personne plutôt qu’une autre pas pour une politique contre une autre.
                            Bayrou dont le rôle de ’mouche du coche’ entre deux formations libérales et atlantistes n’a plus lieu d’être n’a plus qu’à choisir son maître ou disparaitre.


                            • Lord WTF ! Lord Franz of the F. in S. 26 avril 2012 18:58

                              L’épreuve du pouvoir a transformé la gauche pour l’amener sur les positions de la droite sur tous les dossiers importants (Europe, économie, diplomatie, etc.).

                               Tout à fait, il y a eu un déplacement général du curseur vers la Droite dans le champ politique : et cela ne fera que continuer avec comme conséquence – non des moindres- la possibilité d’une néo-x-droite à potentiel gouvernemental, une fois la fusion opérée avec les x composantes de droite et même de gauche qui continueront à virer vers la droite : processus de syncrétisation politique en cours. Actuellement, ce n’est ni la Droite ni la Gauche (en tant que pensée politique) qui dominent le champ politique : la première force « politique » (entre guillemets, puisque le constat de l’absence de toute forme d’intelligence politique –sous entendu  inexistence manifeste de la capacité de proposer un réel projet de société et se se projeter à long terme-) est le Conservatisme : la préservation du « système » les options dites de « droite et gauche » ne variant que sur la forme. Face au Conservatisme : la Réaction : qui pour sa composante majeure est d’x-droite oscillant entre x-droite tradi et néo-x-droite hybride (à savoir autant avatar du néofascisme des 70ies que de la néo-x-droite surfant sur les thématiques anti-UE, islamophobie, etc…), l’autre étant incapable de passer en mode post-gauchiste et de s’atteler à développer un nouveau système de pensée, débarassé d’une grille de lecture marxiste ou marxisante, certes possiblement pertinente durant l’ère industrielle mais invalide en contexte post-moderne (èere digitale, e-capitalisme/capitalisme cognitif, globalisation).

                               

                              Problème étant que la force majoritaire conservatrice se fonde sur un conservatisme « faible » : la préservation du système est conçue au niveau individuel et/ou particulariste ou « chacun pour sa gueule » : bref un consensus « mou » : PROBLEME étant que le « fascisme » est le plus grand bénéficiaire lorsque les sociétés sont fondés sur ce type de consensus « mou » ( conservatisme faible ou affaibli) au final : nous sommes bel et bien entrés en phase « proto-fasciste » : la question étant qui accouchera du néofascisme à venir : 1) les forces conservatrices en fusionnant avec la réaction x-droite ou 2) les forces réactionnaires en donnant le « la » de la (pseudo) pensée politique ?

                               

                              Dans le cas d’une victoire de Hollande, ce devrait être l’option 2) qui s’affirmera avec l’implosion de l’UMP et l’hybridation de nombre de ses composantes avec le FN (sans parler de possibles mouvements depuis la dite « gauche » notamment sur les questions laïcité/immigration) et ainsi la constitution d’une force « politique » à potentiel gouvernemental dans la décennie qui vient ; dans le cas d’une victoire de Sarkozy ce devrait être l’option 1) avec la constitution d’un front conservateur autoritarien visant à neutraliser toutes formes de réaction et préserver le « système ». All to say : we’re f...ed…rien de pire que le syncrétisme politique. Si aucune PENSEE politique cohérente avec le Réel n’émerge assez rapidement.


                            • caillmi 26 avril 2012 18:21

                              Bonne analyse, mais comme Sarkozy va perdre sèchement, il faut qu’il prépare la fusion des centres : tous ceux qui partagent les valeurs de droit de l’homme et de l’Europe humaniste.


                              Maintenant que nous avons LePen et LePen bis (Sarko), si les français s’aperçoivent de l’imposture sarkoziste, alors le même phénomène qu’au second tour 2002 pourrait se produire, Hollande va gagner haut la main comme rejet de la « peste brune », avec un score moindre que Chirac à l’époque, mais très élevé. A lui (Hollande) de faire ce que Chirac n’avait pas fait,un gouvernement d’Union nationale incluant les centristes européens. 

                              • aliante 26 avril 2012 19:05

                                en 2002 la gauche n’a pas voter pour Chirac mais pour le candidat republicain


                                • vachefolle vachefolle 26 avril 2012 20:41

                                  Vous connaissez la fable du scorpion et de la grenouille ?
                                  Une grenouille prend un scorpion sur son dos pour l’aider a traverser une riviere, et au beau milieu pique la grenouille, entrainant sa mort en suivant.
                                  La grenouille lui demande pourquoi il a fait cela, et le scorpion lui répond « parce que c’est dans ma nature ».

                                  En 2007 Bayrou n’a pas reussi a se décider pour Royal, alors qu’il avait un vrai coup a jouer.
                                  En 2012 Bayrou ne votera pas Sarkozy et il entrainera la fin du modem et de sa vie politique.

                                  De la meme facon, MLP aura tout interet a faire voter Sarko, car si jamais celui-ci est elu, l’UMP arrivera sur les rotules en 2017, et alors elle sera au deuxieme tour de la presidentielle.
                                  Mais elle ne le fera pas, car c’est dans sa nature....

                                  Les hommes politiques ne choisissent que rarement les bons choix pour le pays lorsqu’ils sont au pouvoir. Pourquoi feraient-ils les bons choix pour leurs propres partis ?


                                  • Soi Même 26 avril 2012 22:01

                                    La morale de l’histoire, c’est que l"on attend un véritable changement, et non pas un réchauffé, et non pas une tambouille.
                                    Cela ne s’adresse pas exclusivement à Bayrou, mais bien à tous ces candidats qui ne comprement rien à rien à part nous servir du réchauffé politique.

                                    Les français crèvent de ses imbéciles politiques !


                                    • Robert 27 avril 2012 01:13

                                      Les français vont surtout crever de la rigueur budgetaire que Hollande devra imposer à l’opposé de la moindre de ses promesses.


                                    • Soi Même 27 avril 2012 11:20

                                      @ Robert, < Les français vont surtout crever de la rigueur budgetaire que Hollande devra imposer> c’est une évidence qui s’appliquaient aussi aux 9 autres, si tu le subodore pour Hollande, et l’honnêteté de le pensé, que les programmes présentes avaient tous une astuces comptable pour dissimule se fait !


                                    • Nanar M Nanar M 27 avril 2012 08:22

                                      Et maintenant ?

                                      Il retourne dans sa montagne à cheval (Bis)
                                      Il retourne dans sa montagne (Bis)
                                      Il retourne dans sa montagne à cheval

                                      Youkaïdi, youkaïda ......

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